Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC — Apolline Matin· 17 mars 2026 9 min

L'invité d'Apolline Matin : Bally Bagayoko - 17/03

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. LFI remporte la deuxième plus grosse ville d'Île-de-France.

0:07
Invité

RMC, élection municipale.

0:11
Présentateur

Bonjour Badi Bagayoko, vous êtes le nouveau maire de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, 150 000 habitants. Vous avez battu le maire PS sortant. Nouveau maire donc, Mathilde Panot disait hier que vous étiez la grande fierté d'LFI, cette nouvelle France. On va y revenir, mais d'abord, vous êtes maire, ça y est. C'est quoi votre première mesure ?

0:33
Bally Bagayoko

La première mesure, ça va d'abord être de présenter des remerciements à l'ensemble de celles et ceux. Donc, les plus de 13 000 électeurs ont fait compte que de Pierfitte et de Saint-Denis, d'ailleurs, qui nous ont apporté leur confiance. Et très rapidement, en réalité, nous allons rencontrer le personnel communal. Parce que, pour pouvoir déployer l'ensemble des différentes mesures, en particulier en direction du pouvoir d'achat, nous aurons besoin d'avoir un service public fort et donc du coup du personnel apaisé.

0:56
Présentateur

Donc d'abord, vous allez remercier ça, ok ? Pourquoi apaisé ? Parce que ça ne se passait pas de manière très apaisée ?

1:00
Bally Bagayoko

Apaisé parce que nous avons l'occasion dans cette campagne d'observer la situation compliquée, en fin de compte, d'un certain nombre de personnels, que ce soit de pleine commune, que ce soit bien sûr des personnels communaux, et qu'avec des situations extrêmement difficiles, des gens qui sont en situation de stress, des gens qui sont en situation, en forme de maltraitance, en fin de compte, professionnelle.

1:17
Présentateur

Ils avaient été maltraités par votre prédécesseur ?

1:19
Bally Bagayoko

Traités par des formes de management qui sont des formes de management un peu toxiques. C'est aussi une organisation de services qui peine, en fait, à respecter les missions des différents professionnels, que sont les agents de services publics, et surtout un certain nombre de démantements de services publics, notamment en matière d'animation, ici, y compris en matière de politique, y compris sportive.

1:38
Présentateur

Vous avez promis un bouquet pouvoir d'achat, en effet, avec un certain nombre de mesures pour aider les familles, les familles monoparentales, un vélo offert à tous les élèves en fin de collège, la prise en charge des fournitures scolaires, il va y avoir beaucoup, beaucoup de gratuits, mais enfin, à la fin, qui payent ?

1:53
Bally Bagayoko

C'est très clair, c'est-à-dire qu'il y a beaucoup de gratuits, pas tant que ça, en réalité, parce qu'il y a une forme de solidarité qui doit être construite, et donc le pouvoir que nous avons, c'est bien sûr de créer ce bouquet pouvoir d'achat, et dans ce bouquet pouvoir d'achat, vous avez cité un certain nombre, il y a bien sûr le statut, en fin de compte, de parents solos, qui est un enjeu extrêmement important pour nous, et il y a aussi la mutuelle communale, qui est un enjeu extrêmement important aussi, et donc, c'est pas gratuit, c'est-à-dire qu'en fin de compte, c'est bien sûr la solidarité des habitants de Pierfitte et Saint-Denis qui y auront contribué, et donc, il y a bien sûr une contribution dessus, et nous le ferons par la réinterrogation d'un certain nombre de dépenses qui ont été organisées à la fois par la municipalité pour pouvoir les réorienter sur les politiques que nous sommes essentielles.

2:31
Présentateur

Bali Bagayoko, Mathilde Panot, hier, a immédiatement parlé de vous, vous étiez immédiatement la fierté d'LFI, lorsque je l'ai interrogée hier dans le Face à Face, et elle disait de vous que vous étiez la Nouvelle France, ça veut dire quoi ?

2:45
Bally Bagayoko

Cette Nouvelle France, c'est bien sûr celles et ceux qui sont héritiers de l'immigration, moi j'aime pas trop le terme racisé, ce sont celles et ceux, en fin de compte, qui sont les enfants de la République, qui l'assument en tant qu'elle, et qui marchent en fait sur leurs deux jambes. Leur capacité à la fois d'être très humaniste, en fin de compte, au regard de l'ensemble de ce qui se passe en fait dans le monde, et qui en même temps représentent aujourd'hui cette fierté qu'est la France, et qu'on souvent applaudit sur les terrains de foot, mais qu'on a du mal, y compris à pouvoir voir Percy dans les lieux du pouvoir, comme être maire d'une ville importante comme Saint-Denis.

3:12
Présentateur

Donc pour vous c'est important, vous l'avez dit d'ailleurs, vous avez dit c'est aussi la ville désormais, alors qu'un de mes confrères vous interrogeait sur la ville des rois, vous disiez c'est aussi la ville des noirs, est-ce que ça, ça compte pour vous ?

3:24
Bally Bagayoko

C'est pas la ville des noirs, c'est la ville donc des rois et du peuple vivant. C'est ça en fin de compte le terme complet en fin de compte qui a été rappelé, et donc du coup c'est aussi bien sûr une diversité où il y a beaucoup de gens issus...

3:36
Présentateur

Mais vous n'aimez pas le terme racisé, il a été utilisé ? Non, alors franchement celui qui l'utilise le plus, c'est la France insoumise.

3:42
Bally Bagayoko

Oui, la France insoumise l'utilise et donc du coup c'est pas parce que je suis membre de la France insoumise, je suis fier de l'être d'ailleurs, que je suis forcément en adhésion totale en fait avec ce mot-là, parce que ça résonne différemment pour moi. Voilà, donc je préfère héritier de l'immigration, parce que pour moi c'est un héritage et que j'assume en tant que tel.

3:57
Présentateur

Lorsque vous avez été élu, il y a eu ces cris dans la salle des fêtes, écoutons. Vous êtes maire de Saint-Denis ou de Gaza ?

4:14
Bally Bagayoko

Non, clairement je suis maire de Saint-Denis et d'ailleurs de Pierrefitte, et je suis aussi à la tête d'une ville qui est une ville humaniste. 150 nationalités d'origine différentes qui viennent quasiment des 5 continents, donc forcément ce qui se passe en fin de compte dans le monde a une résonance particulière sur Saint-Denis.

4:28
Présentateur

Vous avez dit, je vais commencer par remercier les plus de 13 000 personnes qui ont voté pour moi. Vous avez été élu par 13 506 voix pour une population de 149 077 habitants.

4:41
Bally Bagayoko

Donc bien sûr il y a toujours la réalité concrète qui est de dire qu'il y a toujours ce flot de l'abstention qui est une réalité avec un niveau de participation bien sûr qui a été amélioré. Donc les remerciements à l'endroit des 13 000 est un point d'éclat.

4:53
Présentateur

13 000 sur 149 000 ?

4:54
Bally Bagayoko

Sur 140 000, forcément. Mais c'est un résultat qui est nettement mieux que ce qui a été fait d'ailleurs en 2014 et encore mieux que ce qui a été fait en 2020. Donc si la question est de dire en fin de compte est-ce que je suis légitime pour l'erreur ?

5:05
Présentateur

Je ne dis pas du tout que vous le seriez plus ou moins que les autres, je dis juste que c'est désespérant.

5:09
Bally Bagayoko

Mais c'est la raison, non ce n'est pas d'espérance, c'est un objet de travail. C'est un objet de travail à la fois pour les responsables politiques que nous sommes, c'est la raison pour laquelle nous avons mis le paquet dans cette campagne sur la question de l'inscription sur les listes à la fois électorales et surtout sur la question de l'éducation populaire.

5:24
Présentateur

Malib Agayoko, vous avez été élu contre le maire sortant. Le maire sortant c'était le maire socialiste Mathieu Anotin. Il avait été qualifié par Jean-Luc Mélenchon en meeting pour vous soutenir de petit bourgeois visqueux. Comment vous avez réagi à ça ?

5:37
Bally Bagayoko

C'est un terme en fin de compte qui a beaucoup été décrié dans la presse à l'échelle nationale mais qui à l'échelle locale a bien résonné avec la perception en fin de compte des habitants.

5:47
Présentateur

Ça veut dire que c'est un petit bourgeois visqueux ?

5:48
Bally Bagayoko

Jean-Luc en tout cas a mis des mots sur ce qui était dit dans la population de manière massive et ça a été traduit dans les actes d'ailleurs juste quelques jours après dans les urnes. Donc c'est un terme en fin de compte qui renvoie au décalable. Non, ça ne m'a pas mis forcément mal à l'aise. Comme d'ailleurs je n'ai pas le sentiment que c'était mis mal à l'aise. Beaucoup de gens quand le même maire sortant m'avait qualifié en fin de compte d'être complice de narcotrafiquants. Vous avez porté plainte d'ailleurs. D'ailleurs j'ai porté plainte. C'est juste pour dire qu'il y a ce qui relève des mots utilisés mais nous replacer dans le contexte.

6:17
Présentateur

Mais quand on voit précisément la bataille qui vous a opposé aux socialistes, vous LFI, lui socialiste, vous comprenez qu'au niveau national ils arrivent à toper dans la main après s'être tous en effet opposés à la fois sur le fond et sur la forme ? Quand on voit effectivement ce que vous vous êtes dit les uns les autres entre lui socialiste, vous LFI et qu'on voit qu'ailleurs finalement quelques heures après les résultats ils redeviennent tous copains comme si de rien n'est.

6:44
Bally Bagayoko

Non parce qu'à un moment donné on est capable aussi de se hisser à un niveau de responsabilité qui nous dépasse et donc je pense que la France Insoumise a été avec l'avènement de la NUPES et ensuite avec le NFP c'est aussi une responsabilité par terre que nous avons. Donc en Suisse ça n'empêche pas d'avoir des désaccords politiques et de les exprimer et puis après il y a un autre aspect c'est que moi je suis plutôt issu de la compétition c'est pas parce que j'ai un adversaire sur le terrain que demain une fois après que le match est sifflé la fin en fait que l'arbitre est sifflé la fin du match que l'on n'est pas en capacité de se serrer la main.

7:09
Présentateur

Merci beaucoup d'avoir répondu à mes questions. Première interview Bali Bagayoko. Vous êtes donc le nouveau maire de Saint-Denis et lu dès le premier tour. Restez avec nous parce que certains s'interrogent plutôt sur les questions justement nationales, des alliances. Il y a Fabien qui nous appelle de Saint-Hermine en Vendée. Bonjour Fabien. Bonjour. Fabien vous êtes routier je crois et vous réagissez à ces alliances. Vous avez vu d'ailleurs la une du journal Le Parisien aujourd'hui en France qui dit c'est vraiment l'heure des petits calculs. C'est comme ça que vous le ressentez Fabien ?

7:38
Invité

Ouais alors moi je vais encore plus loin parce que moi je ne suis pas concerné par ça. Moi je ne suis que spectateur de ce qui se passe au niveau national parce que chez moi la petite commune ça a été vite réglé. À 18h on fêtait la victoire de la liste qui a été élue. Moi je vois plutôt que c'est en fait les petites guéguières de vie qu'en face. C'est souvent sur les grandes villes ça va se représenter au niveau national et l'année prochaine on a les résidentiels. Et moi je me dis là aujourd'hui ils sont en train de nous montrer en gros qu'est-ce qui va se passer l'année prochaine.

Et je me pose la question c'est que là on entend les gens de LR dire surtout pas de LFI, les gens du PS surtout pas de l'extrême droite. Si on émet une hypothèse qu'année prochaine au deuxième tour on a LFI, RN, ils font quoi ? Ils plient la carte du jeu et on arrête ?

8:21
Présentateur

Oui c'est vrai que là pour le coup il n'y aura plus de milieu quoi.

8:26
Invité

Bah c'est ça. Donc en fait la politique c'est juste pour sauver leur petite paix.

8:28
Présentateur

Mais ça veut dire quoi Fabien ? Ça veut dire que pour vous aujourd'hui il faudrait accepter des passerelles ?

8:33
Invité

Pour moi il faudrait que leurs alliances soient faites avant. Comme ça on sait ce qu'ils pensent. On sait avec qui ils sont capables d'aller. Et on fait ça sur un tour.

8:44
Présentateur

Plutôt que d'avoir dit pendant toute la campagne « Ah ça, moi, jamais. » Et puis dès le soir du premier tour, ils retournaient quoi.

8:51
Invité

On peut croire leur parole. Ils n'ont pas de parole, ils n'ont pas de dignité, ils n'ont rien. Ils ne connaissent rien au village. Moi je dis, on ne parle que des grandes villes. Moi je demande à ces gens, comme le monsieur que vous avez eu là, monsieur Bakayoko là, il est maire de Saint-Denis, qu'il sorte un peu de son département avec ses copains de chez LFI et que pareil pour les autres parties, et aller dans les petits villages d'entre 1 et 1000 habitants. Et vous n'allez pas avoir du tout la même France que ce que vous avez l'habitude de recevoir sur les plateaux.

9:16
Présentateur

Merci beaucoup, merci Fabien. Une réponse, Balibaguet ?

9:18
Invité

Non mais c'est avec grand plaisir que j'irai et je n'ai aucune difficulté pour cela.

9:21
Présentateur

Merci beaucoup.