Aide à mourir : "Donner la mort ne peut pas être un soin" (Claire Fourcade)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 7:11OuverteRéponse directe
On en est où du texte ?
- 9:12OuverteRéponse directe
Les sénateurs ont restreint le champ mais pas le principe ?
- 12:31OuverteRéponse directe
Quelle est la portée réelle du texte pour la société ?
- 15:51OuverteRéponse directe
Les sénateurs sont plus réservés, qu'en disent-ils ?
- 19:11OuverteRéponse directe
Le débat a-t-il changé vos rapports avec les patients ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:12Claire FourcadeFait
« Donner la mort ne peut pas être un soin. »
- 9:12Claire FourcadeFait
« Une porte est soit ouverte soit fermée. Elle peut pas être entrouverte. »
- 12:31Claire FourcadeFait
« À partir du moment où notre société dit oui à certains, l'impact va être d'abord le plus fort sur ceux qui sont les plus fragiles. »
- 19:11Claire FourcadeFait
« Depuis le mois de mai à l'Assemblée, il y a une seule famille et aucun patient qui m'a reparlé de ce projet de loi. »
- 19:11Claire FourcadeFait
« Le sujet de leur quotidien, c'est comment je me fais soigner. »
- 19:11Claire FourcadeFait
« La réponse à la souffrance, c'est pas la mort, c'est le soin. »
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À 7h11 sur Europe 1 Dimitri Pavlenko, vous recevez ce matin la médecin en soi palliatif Claire Fourcade. Bonjour Claire Fourcade. Bonjour monsieur Pavinco.
Bienvenue sur Europin. On a souvent parlé ensemble à l'antenne ces trois dernières années de la fin de vie. Vous avez longtemps présidé la SFAP, la société française d'accompagnement de soins palliatifs.
Aujourd'hui, vous êtes ce qu'on appelle la responsable du plaidoyer. Donc, toujours pour la SFAP qui est l'une des associations de soignants les les plus actives contre la proposition de loi qui vise notamment à créer la fameuse aide à mourir. Alors, le texte revient au Sénat dans quelques jours dans l'hémicycle.
Il vient de passer en commission des affaires sociales du Sénat la semaine dernière. On en est où du clair ? Du du texte pardon.
Alors, on se parle Claire Fourcade. Alors, les la commission des affaires sociales du Sénat vient de valider de nouveau, comme l'assemblée, le principe du geste létal, c'est-à-dire suicide assisté et euthanasie, alors même que les deux rapporteurs disaient y être opposés. Il y a donc un très fort enjeu du retour du texte dans l'hémicycle du Sénat de savoir ce qui va se passer à ce moment-là.
Oui. Alors, pour être précis pour les auditeurs d'Européin, le droit à mourir devient une assistance médicale à mourir. Donc, c'est un peu technique, mais l'idée étant d'éviter que ça ne devienne un droit opposable, qu'on puisse imposer.
Il y a aussi une remise en cause de la prise en charge intégrale de la procédure par la sécurité sociale. Donc, pour résumer Clair Fourcade, on peut dire les sénateurs ont restreint le champ de l'aide à mourir, mais ils n'en remettent pas en cause le principe. Ils remettent pas en cause le principe et puis ils ont ajouté de la une grande confusion en remettant vraiment dans le cadre du soin ce geste en accentuant encore alors que nous les soignants, on répète depuis plusieurs années maintenant que donner la mort ne peut pas être un soin.
Euh soigner, c'est améliorer la santé, c'est prévenir les maladies, ça peut pas être donné la mort. Et là, en faisant une assistance médicale, ils remettent de nouveau une grande confusion et les soignants en première ligne. On rappelle la procédure qui est envisagée, ce serait celle de la délivrance. par un médecin donc d'un d'un produit létal que le patient s'administrerait lui-même, sauf s'il n'en est pas capable.
Et à ce moment-là, c'est un soignant qui pourrait accomplir le geste. Disons aussi que la clause de conscience a été renforcée malgré tout. Clair Forcade hein au stade on se parle bien sûr mais c'est ça le texte va encore évoluer il va revenir à l'assemblée.
Donc le ce qui ce qui me semble important dans cette étape qui se joue actuellement c'est que une porte est soit ouverte soit fermée. Elle peut pas être entrouverte. Et donc à partir du moment où on valide le principe que les médecins décident parce que non seulement ils prescrivent mais c'est eux qui décident puis ils prescrivent puis ils administral quel que soit le disons les les les barrières ou les gardes fous qu'on va se donner au départ on sait que le principe est acquis et que la porte s'ouvrira toujours plus largement.
H vous êtes toujours aussi inquiète qu'avant en fait finalement sur la portée réelle du texte de la mesure de ce changement que ça va fortement impliquer pour les médecins mais pas seulement pour toute la société. Clair Forcade, c'est pour toute la société parce que je crois que ce dont il est question si vous voulez jusqu'à aujourd'hui notre société quand quelqu'un demande à mourir que ce soit par le suicide ou que ce soit en fin de vie, notre société dit non, on va vous accompagner. Nous réanimons les personnes qui tentent de se suicider et nous accompagnons le mieux possible les personnes qui sont en fin de vie.
À partir du moment où notre société dit oui à certains, l'impact va être d'abord le plus fort sur ceux qui sont les plus fragiles et qui doutent de leur place dans la société. Et donc je pense que nous sommes tous concernés sur le message que nous voulons adresser à ces personnes fragiles. Aujourd'hui, la loi dit "Nous tenons à vous." Et parce que nous tenons à vous, parce que vous êtes important pour nous, nous n'allons pas vous faire mourir.
Si on change, l'impact sera d'abord pour des gens vulnérables. Et c'est ça qui est une grande inquiétude. Vo on voit quand même que les sénateurs sont pas tout à fait sur la même ligne que que les députés.
Ils sont disons plus réservés malgré tout sur cette aide à mourir. Clafourcat, j'imagine que vous avez des contacts à travers laap avec eux. Qu'est-ce qu'ils vous disent ?
Qu'est-ce qu'ils vous racontent ? Bien sûr, ils sont plus prudents, c'est certains. Ils sont et c'est pour ça aussi que le le l'examen en commission des affaires sociales a quand même pour nous été surprenant puisque un grand nombre de sénateurs nous disent alors on a quelques difficultés de liaison avec Claire Fourcade.
Ça c'est les joies de la technique en direct. Je ne sais pas Jean, notre réalisateur si on va pouvoir la retrouver dans des conditions. Est-ce que vous m'entendez correctement ?
Ça y est, on vous a retrouvé. Il y avait un peu de friture sur la ligne, elle a disparu. On reprend Claire Fourcade, on vous écoute.
Parfait. Oui, je je disais que les effectivement les sénateurs sont beaucoup plus réservés qu'à l'assemblée sur ce droit, mais la la difficulté est qu'à partir du moment où on décide que dans certaines circonstances de souffrance, on va pouvoir accepter le principe de faire mourir les patients, comment traçons une ligne qui sépare de façon claire les souffrances auxquelles on dit oui et les souffrances auxquelles on dit non ? Ce travail avait été sui de l'Assemblée l'année dernière. et de dire non à oui à d'autres.
Et donc quoi qu'il arrive, ces critères vont s'élargir parce que des personnes diront mais moi je souffre aussi pourquoi à moi vous me dites non et il est impossible de trier les souffrances. Oui. La vocation d'un droit on connaît la logique he c'est de s'élargir.
Et donc même si vous l'ouvrez un tout petit peu au départ 10 ans, 20 ans plus tard, qu'est-ce qui se passe ? droit à a pris de l'épaisseur, il s'est élargi sous sous la pression de la société. Je voudrais vous demander aussi, Claire Fourcade, dans l'exercice de votre travail au quotidien en soins palliatifs, est-ce que le débat qui a maintenant 3 ans sur ce texte sur l'aide à mourir, ça a changé vos rapports avec les patients ?
Est-ce que c'est un certains vous l'ont demandé cette aide à mourir ? Alors, je travaille en milieu rural et je suis pas sûre que ce soit la même chose partout, mais moi, je suis très frappée parce que depuis le mois de mai à l'Assemblée, il y a une seule famille et aucun patient qui m'a reparlé de ce projet de loi euh depuis le printemps. Donc ça veut dire que le le en tout cas euh très clairement pour nous dans notre pratique quotidienne, c'est absolument pas le premier besoin des patients.
Première chose qui nous demande, oui, quand il y a les soins palliatifs, il y a pas de demande d'aide à mourir. Pourir accéder aux soins, comment ils vont pouvoir rester chez eux ? C'est tous ces patients qui n'ont pas de médecin traitant.
Je travaille dans un désert médical, comment on fait pour rester à domicile quand on n pas de médecin traitant ? Enfin, le le le sujet de leur quotidien, c'est comment je me fais soigner. Et moi, je pense que la réponse à la souffrance, c'est pas la mort, c'est le soin.
Et donc, comment on fait pour accompagner ces patients ? D'abord, ne pas nuire, hein, c'est quand même la devise des médecins depuis Hippocrate, on le rappelle. Merci beaucoup Claire Fourcat d'être venu nous parler ce matin.
Donc responsable du plaidoyer pour la société française la d'accompagnement de soins palliatif. Je rappelle aussi le titre de votre dernier livre journal de la fin de vie s'est paru chez Fard l'an dernier. Merci d'être venu chez nous ce matin sur Europ.
Bonne journée à