Sébastien Lecornu à Rabat : le Maroc, 1ère priorité de la diplomatie française au Maghreb
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Questions et réponses
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Quels sont les principaux résultats de cette réunion de haut niveau ?
- 3:28OuverteRéponse directe
Quels projets ont été signés lors de cette visite ?
- 4:56OuverteRéponse directe
Pourquoi une délégation aussi importante de ministres français ?
- 5:40OuverteRéponse directe
Cette visite envoie-t-elle un signal politique fort pour le gouvernement français ?
- 8:33OuverteRéponse directe
L'enquête Pegasus est-elle une coïncidence avec cette visite ?
- 11:27OuverteRéponse directe
La confiance diplomatique est-elle désormais institutionnalisée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Première visite officielle du Premier ministre français à l'étranger. »
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[musique] [musique]
Madame, monsieur, bonsoir. Au menu de cet épisode de question d'actu, [musique] cette 15e réunion de haut niveau entre le Maroc et la France. [musique] 15e réunion et une quinzaine de signatures à la clé dans des domaines aussi [musique] variés que le transport, l'enseignement, la sécurité, la défense en passant par l'immigration. Il s'agit aussi [musique] de la première visite officielle du premier ministre français à l'étranger. Et le calendrier n'a rien [musique] d'anodin. On pourrait même dire que c'est la consécration, l'aboutissement et le suivi d'une entente [musique] renouvelée.
Oui, cette réunion intervient 2 ans après la reconnaissance paris de la souveraineté [musique] du Maroc sur son Sara. Depuis, les visites sont accélérées. Le [musique] dialogue politique a trouvé un rythme inédit avec justement ses visites ou quand les deux [musique] capitales affichent une volonté commune d'aller beaucoup plus loin. Et si pendant [musique] des décennies l'intégrité territoriale du Royaume du Maroc occupé toutes les conversations aujourd'hui [musique] et bien les discussions portent surtout sur les chaînes industriel l'IA, les [musique] minera critiques, la culture, les infrastructures, même l'Afrique atlantique et bien sûr la préparation
[musique]
de la Coupe du monde 2030 qu' organorganisée par le Maroc, l'Espagne et le Portugal. Le Maroc avance avec une feuille de route et son partenaire français revient [musique] lui avec une nouvelle lecture de la région. Les intérêts ouverts sur de nombreux dossiers d'ailleurs et comme disait Henry Kissinger, il n'y a pas d'amis [musique] permanent seulement des intérêts permanent. Fin de citation. Plongeons donc ce soir au cœur de [musique] cette nouvelle séquence où Paris semble considérer le Maroc comme son principal partenaire [musique] stratégique au Maghreb et un acteur incontournable pour ses intérêts en Afrique.
Au-delà du [musique] partenariat d'exception et en attendant le traité d'amitié Maroc-Fance hors norme pour reprendre les [musique] termes du premier ministre français quel indicateur trouvera réellement le changement d'échelle ? C'est l'une des questions que nous poserons ce soir à nos invités. Avec moi en plateau mon cher confrère directeur de publication du site yabiladi.com Mohammed Zar. Bonsoir. Bonsoir. Merci pour l'invitation. Merci à vous et je suis ravie aujourd'hui d'accueillir [musique] deux de mes confrères. Le deuxième se joint à nous depuis Paris. Il est donc journaliste et professeur universitaire. Bonjour Medy Michbal. Bonjour Khadijsan. Bonjour Mohamed. [musique] Zo.
Un plaisir d'être avec vous. Plaisir largement partagé. Medichbal. Nous allons commencer par du factuel parce que nous avons [musique] avec nous deux journalistes éditorialistes. Bien sûr, on va commencer par le factuel. C'est Mohamed Zou, premier déplacement à l'étranger du Premier ministre Sébastien le Cornu. Et aujourd'hui, plusieurs signatures donc, mais aussi plusieurs déclarations à la presse à pendant cette conférence de presse à laquelle vous avez assisté. Qu'est-ce qui en ressort principalement ? C'est Mohamed ?
Effectivement, on était des plusieurs journalistes français, journalistes marocains étaient présents d'abord lors du discours introductif euh des deux chefs de gouvernement marocain et français. Ensuite, on a dû quitter la salle pendant 2 heures. Il y a eu des discussions qui ont duré un peu plus de 2h euh pour ensuite faire la déclaration finale, enfin d'abord la signature des différentes conventions, lettre d'intention et cetera, 14 au total.
euh et euh à un une déclaration finale euh où il a été euh en fait cette réunion euh euh cette réunion interministérielle euh a plus valeur de euh en tout cas à vocation d'abord de faire le bilan euh de tous les projets qui ont été signés depuis la visite d'État du président Emmanuel Macron au Maroc en à l'automne 2024. Donc à la fois de faire le bilan mais aussi de préparer la visite royale qui devrait avoir lieu aussi à l'automne prochain en France ou de grandes annonces selon les propres termes de Sébastien Lecnu, le chef de gouvernement de grandes annonces devraient être faites.
Donc en fait les conventions qui ont été signées ne sont pas des éléments importants, aussi importants que lors de la visite d'État. Je pense que beaucoup ont été réservés à la visite d'État. de sa majesté en France, c'est plus des conventions techniques ou de suivi ou bien de financement. Il y a notamment le financement de la ligne à grande vitesse euh Kenitra Marrakech, il y a le financement du RER de Rabata, il y a aussi d'autres financements de l'AFD notamment sur des projets hydrauliques euh et cetera, l'Institut du monde arabe aussi avec le ministère de la culture. Euh mais euh ce ne sont pas d'aussi gros projets que ceux qui avaient été signés en en en 2024.
Euh et donc on peut s'attendre à des projets importants qui devraient être annoncés à l'automne 2026. Nous allons entrer dans le détail aussi parce que c'est intéressant d'plucher le contenu hein de ces signatures. Aujourd'hui, vous avez parler de transport, il y a le RER de Rabat, les les les projets hydriques avec la politique de l'eau. Ce sont là des projets qui sont essentiels hein pour le Maroc et ce positionnement français sur ces projets vitaux pour l'économie marocaine.
Vous dites que ce n'est pas très important mais ce qui est important c'est la présence quand même je me tourne vers Michbal la présence de 12 ministre pourquoi un tel engouement il s'agit presque de la moitié corrigez-moi si je me trompe de la moitié du gouvernement français qui a fait le déplacement à Raba effectivement moi j'ai pas eu votre chance d'être à Rabat pour assister aux réunions et à cette réunion de haut niveau, mais je peux vous dire qu'ici à Paris euh la lecture qu'on font les les observateurs et les médias français.
Surtout que le gouvernement le cornu bah comme tous les gouvernements qui qui étaient avant lui étaient un peu fragilisé politiquement et ça fait à peine 10 ou 11 mois qu'il est installé et c'est la c'est le premier déplacement du premier ministre français à l'étranger et cette ce déplacement se fait au Maroc. D'abord ça donne un signal. Deuxème signal, c'est que Sébastien Lecournu n'y va pas seul et il prend euh avec lui presque plus d'un tiers du gouvernement français donc qui se déplace. Et on parle pas de de simples ministres, c'est des ministres importants dans le gouvernement français. L'intérieur, les armées, l'économie des finances, l'industrie, les infrastructures, la culture aussi.
Donc tout cela montre en fait que euh en France le Maroc est redevenu après la période de froid que les deux capitales ont vécu est redevenue une priorité euh dans l'agenda diplomatique français. Euh ça de 1 de deux la taille de la délégation montre aussi que les sujets de coopération euh sont aussi riches que divers et que ça reflète un petit peu tout ce dynamisme que connaît le Maroc dans tous les secteurs et surtout surtout euh et ça il faudrait qu'on en parle aussi euh le besoin aujourd'hui en France du Maroc.
La France a besoin du Maroc et cette visite montre à quel point ce besoin est important dans tous les domaines à commencer par le sécuritaire, par tout ce qui est diplomatique et coopération en Afrique, l'économie, le financement d'infrastructure, la participation d'entreprises françaises de dans grand projet d'infrastructure marocain. Dans l'énergie aussi, c'est crucial. tout ce qui est énergie renouvelable, hydrogène vert, interconnexion avec l'Europe, des sujets très stratégique. Certes, les conventions signées bilatérales entre les ministres, c'est généralement des conventions de suivi de financement.
Mais il faut rappeler que que le le grand enfin le le le pilier de de cette relation a été posée lors de la visite d'état du président français. Et là, il s'agit d'une reprise des réunions de haut niveau qui était suspendu depuis 2019 pour faire un point euh sur l'avancement de tout ce qui a été décidé en 2024 et pour ouvrir aussi nouvelles perspectives dans cette relation. Alors Mad Michbel, concomitance, coïncidence, il y a aussi aujourd'hui plusieurs médias qui relèvent d'une enquête sur l'affaire Pegasus.
Et est-ce que vous pensez vous en tant que professionnel des médias que c'est une coïncidence avec cette visite quand même importante du chef du gouvernement français accompagné de plusieurs ministres ? Ah non, c'est pas une coïncidence du tout. Il faut être naïf pour croire que c'est une coïncidence. Ce qui est sûr, c'est que l'enquête n'a pas été lancée il y a 10 jours quand le Cornu a a lancé son déplacement au Maroc. C'est une enquête sur laquelle ce consortium travaille depuis longtemps.
Euh et donc la concomitance, si on veut pas aller dans des théories de complots, d'intervention, de puissance étrangère dans la gène de la politique française, ce qui me paraît un petit peu bon pas plausible. C'est on va dire que c'est pour l'intérêt médiatique quoi. C'est euh l'enquête était en cours et on a vu que il y a ce premier déplacement du gouvernement du chef du gouvernement français au Maroc avec une délégation importante que ça vient consolider un nouveau statut que que prend le Maroc dans ses relations bilatérales avec la France. Et bien sûr, il y a un intérêt médiatique. Sortir l'enquête aujourd'hui lui donne lui donne une aura. La preuve, on en parle aujourd'hui.
Euh maintenant euh l'enquête n'a d'enquête que le nom, hein. Moi, j'ai lu un petit peu tout ce qui est sorti dans la presse. Il y a rien de nouveau. Moi, je m'attendais quand j'ai euh je me suis réveillé ce matin, j'ai vu révélation nouvell faire Pegasus. Je m'attendais à trouver des preuves techniques, des preuves scientifiques sur l'implication du Maroc dans la surveillance. Et ben rien de nouveau sous le soleil, juste un témoignage anonyme d'un supposé ex-agent des services marocains qui parle en offre pour dire "Oui, oui, le Maroc utilisait bien le logiciel Pegasus".
Donc voilà un petit peu ce qu'on nous présente comme des révélations et qui fait le tour des médias français et les plateaux télé aujourd'hui. Et bon euh est-ce que ça va impacter cette visite ? Je ne pense pas. Je pense certainement pas. Certainement pas parce que de toute façon l'épisode de Pegasus a été a été tourné avec la visite d'État de d'Emmanuel Macron au Maroc en 2024 et toute tentative aujourd'hui de brouiller un petit peu ces ce réchauffement des relations. Bon ça verra un petit peu 20 surtout si on passe par des procédés pareils. Absolument. Il en faut plus pour ébranler cette confiance bel et bien installé hein.
C'est Mohammed Zou depuis cette visite en octobre 2024 du chef de l'État. Ce discours historique devant les élus de la nation. Est-ce que on peut dire aujourd'hui en juillet 2026 que la confiance diplomatique est bien institutionnalisé et aussi que la relation devient davantage plus économique au vu de ce qui a été signé et même culturel plus qu'elle est diplomatique, je dirais et aussi diplomatique en réalité dans le discours de de le corn il y avait enfin il a insisté sur cette cette nouvelle dimension en fait des relations franco-marocaines d'un point de vue politique déjà puisque on y reviendra, il a évidemment parlé du Sahara, cette ce nouvel élan qui est qui est donné.
Il a parlé aussi de la place de cette relation en fait dans un contexte international. Alors bien sûr, il a évoqué rapidement le Sahel, il a évoqué euh les différentes problématiques internationales, mais surtout euh il a parlé, je cite, euh du rôle de la France en tant que port d'amarage euh auprès de l'Union européenne, c'est-à-dire pour le Maroc. Donc on voit qu'il y a vraiment une volonté de d'installer cette relation. Euh vous savez, il y a un peu plus d'une dizaine d'années, on parlait de colocalisation dans le domaine de des échanges business, voilà, des échanges économiques.
il a pas utilisé le terme mais on a l'impression que que ce soit au niveau économique ou au niveau politique, il y a vraiment cette volonté de travailler de concert, de réhausser les relations au plus haut niveau parce que c'est une d'abord une volonté de la part des deux chefs d'état et donc de de situer la France comme port d'amarrage auprès de l'Union européenne comme finalement la tout premier le premier partenaire auprès Exactement ça reste quand même le premier investisseur.
Enfin, il y a quand même une compétition entre la France et l'Espagne effectivement mais que ce soit politique, que ce soit économique, servir de port d'amarage auprès de l'Union européenne et puis le Maroc par rapport à l'Afrique et ça il a dit aussi, je n'ai pas les termes exacts, mais il a aussi cité cette volonté de ce partenariat réhaussé pour partir, j'allais dire, à la conquête économique ou en tout cas dans des projets de développement en Afrique. Donc il a vraiment cette volonté de de donner un nouvel élan pour ce partenariat. On l'a vu déjà depuis l'automne 2024 et a et il a dit d'ailleurs de grandes annonces vont être faites lors de la visite de sa majesté en France.
Donc on peut espérer, on peut prévoir qu'effectivement il y a il y aura une sorte de de ils vont les deux les deux diplomaties vont se mettre au diapason pour parler d'une seule voix sur différents dossiers et peut-être aussi partir ensemble dans une dynamique commune sur des projets de développement, sur des projets de business, sur des politiques notamment sécuritaire parce que je parlais de confiance là je vais citer un extrait de la déclaration du premier ministre français à l'issue donc de cette euh 15e réunion de haut niveau. Je cite Sébastien le Cornu. Là encore, c'est la confiance qui nous permet d'être efficace.
Elle a permis d'aboutir ces dernières années à des succès opérationnels sans précédent dans le domaine de la lutte contre la criminalité criminalité organisée, le narcotrafic grâce au travail conjoint de nos policiers et de nos magistrats. C'est une réponse aussi hein à cette affaire aujourd'hui qui est sortie dans la presse notamment. Bah alors oui, on pe on peut la lire effectivement comme ça. Alors comme disait Michbel, il y a un opportunisme médiatique et politique. C'est évidemment on va attendre le meilleur agenda pour sortir une enquête.
C'est tout à fait, c'est de bonne guerre euh de la part des des confrères journalistes français et pas que parce qu'il y a aussi espagnol et d'autres pays. Euh cette enquête de Forbid Stories, mais le le discours de le Cornu effectivement, il a cité les services de renseignement, la coopération parfaite entre les services de de de renseignement mais aussi avec dans les prochains mois la conclusion d'un accord sécuritaire global. Global effectivement. Donc là aussi, il y a déjà des effets d'annonce, rien n'a été annoncé tout de suite, mais des perspectives d'annonces assez fortes. Je parlais des services de renseignement, mais aussi la justice.
Il a notamment cité des affaires de de de criminalité internationale, de narcrafic et on a vu nous journalistes, on a suivi un petit peu les différentes arrestations, les notices Interpoles, les notices rouges Interpol et cetera. Et donc effectivement, le Maroc c'est euh a été très visible ces derniers mois avec plusieurs arrestations notamment euh de citoyens français ou binationaux euh franco-marocains, franco-algériens et cetera euh qui ont été arrêtés dans ce cadre-là, qui ont été extradés ou qui sont en cours d'extradition.
Donc, on voit qu'effectivement, il y a une une euh une réaffirmation euh de l'excellence des relations sécuritaires entre le Maroc et la France comme une forme effectivement de pied de nez à euh ceux qui voudraient euh remettre un peu euh d'huile d'huile sur le feu euh pour nuire ou ralentir ou porter préjudice à ces relations renouvelées. Oui. Et toujours selon le premier ministre français, au fond, tout cela dit bien que la coopération franco-marocaine vit, elle évolue. La coopération franco-marocaine donc évolue et doit désormais changer d'échelle. Mais dit Michbel, quel projet emblématique devrait cristalliser ce changement d'échelle selon vous ?
Alors, il y a plein de projets, hein, plein de projets qui peuvent cristalliser ce changement d'échelle. Euh d'abord, il y a des sujets aujourd'hui qui ne sont pas résolus, hein, qu'il faut qu'il faudra résoudre et je pense que enfin certainement ça a dû être discuté entre le ministre de l'industrie marocain et son homologue français, peut-être même au niveau des des chefs du gouvernement. C'est l'histoire de la guerre que veut lancer la France et l'Europe en général aux industriels chinois qui qui s'installent au Maroc. Et ça ça atteint les intérêts marocains et toute sa stratégie bâtie industrielle bâtie ces 20 dernières années.
Et ça ça relève d'une hypocrisie européenne en fait sur les questions d'investissement. On on veut bien recevoir des investisseurs chinois dans le secteur des batteries parce que c'est un secteur stratégique en Europe, mais on veut pas qu'ils aillent s'installer aussi au Maroc pour nous exporter euh leur leur batterie. Sachant que ces batteries là auront une grande composante marocaine. On sait que le Maroc dispose de matières premières très utiles et qui servent à la à la fabrication batterie. Là, c'est un exemple d'un des sujets.
Je pense que si on arrive à trouver une solution, ça va lancer un dynamisme industriel économique aussi bien au Maroc qu'en Europe qui est aujourd'hui totalement dépendante de la Chine sur le secteur des batteries. Hm hm. Autre secteur, c'est je pense avec tous les chantiers lancés par le Maroc au niveau euh au niveau du ferroviaire et euh le besoin d'entreprises françaises qui travaillent dans ce domaine d'avoir des marchés parce que la traî dans le monde hein, euh avoir un marché de LGV, ce serait très précieux hein pour des entreprises françaises euh au niveau de toute la chaîne de valeur hein de de Mais mais l'idée ici c'est pas c'est pas de reproduire le schéma.
C'est pour ça qu'on parle de partenariat renouvelé. C'est pas de Alors justement m dit Michbal, comment mesurer l'égalité souveraine ? Comment mesurer cette égalité souveraine ? On parle de plus en plus de souveraineté. Je vais vous dire, on parle d'égal à égal, mais comment on peut littéralement mesurer cette égalité ? Euh par exemple sur le projet de la LGV là qui va aller jusqu'à Marrakechedir, ben il faut passer à une nouvelle étape. En en 2007-2008 euh on a eu la LGV panger casa clé en main. Aujourd'hui, le Maroc doit exiger qu'une bonne partie des rails du matériel roulant soit fabriqué au Maroc.
Donc là, le Maroc doit aussi défendre ses intérêts, l'industrialisation du pays, la création d'emplois. On n'est pas là juste pour importer les produits ou les machines françaises, mais on se présente aussi comme un pays industriel qui est capable de produire euh des des trains euh en étant compétitif, hein, même par rapport à à la France. Donc c'est là où où l'égalité où on dit que la France et le Maroc doivent se parler d'égal à égal, c'est là où cette égalité dans le dialogue, dans la négociation peut produire des choses vraiment concrètes. Autre sujet très stratégique pour la France, c'est les énergies. Hm hm.
Euh la France est engagée dans un agenda de décarbonation euh avec l'Union européenne euh qui est très exigeant et euh aujourd'hui euh le seul on va dire le seul pays qui peut vraiment offrir une source d'approvisionnement sûre compétitive à la France et à l'Europe toute entière surtout le sud de l'Europe en énergie propre, c'est bien le Maroc.
Bon, il y a d'autres pays comme l'Égypte, les Émirats, mais on voit bien qu'il y a un avantage comparatif par rapport à ces autres pays au niveau du Maroc, qui a de l'expérience au niveau de ce secteur, qui a accumulé aussi des expériences qui lui permettent de produire une énergie propre euh à moindre coût et qui peut se connecter facilement euh au réseaux européens. Et ça, c'est vraiment un sujet stratégique pour à la fois pour le grand public, hein, euh en Europe, en France. que pour les industries. Euh troisème chose où on peut voir aussi un intérêt, c'est aussi dans le cadre de cette feuille de route de décarbonation européenne.
Et ben aujourd'hui, le Maroc a un avantage compétitif par rapport à à ses concurrents qui exportent vers la France, c'est que justement il dispose de il dispose d'une plateforme de production d'énergie renouvelable qui lui permet d'avoir des industries propres et d'exporter vers l'Europe des produits décarbonnés qui seront pas taxés pour les pénaliser comme ça pourrait être le cas pour les produits chinois ou asiatiques qui ne sont pas du tout propres.
Et donc là c'est l'intérêt pour la France c'est de ce que Mohamed Zir parlait de colocalisation là je parlerai même de délocalisation de leur industrie vers le Maroc pour cette compétitif pas seulement ça m dit Michbal vous le savez mieux que moi cela risque d'être compliqué au vu justement de l'industrie. Là, on voit à l'image, une petite seconde juste, je présente notre troisème intervenant qui vient de se joindre au débat, Samish Bari, consultant en communication politique et en stratégie d'influence. Bonsoir et bienvenue à vous également parmi nous ce soir. Bonsoir. Merci pour l'invitation.
Alors, délocalisation mais di Michbal, est-ce que c'est un terme réaliste au vu de l'état actuel, de l'industrie française et aussi de l'économie ? Est-ce que la France peut se permettre à niveau de délocalisation euh qui risque d'ébranler davantage un tissu industriel déjà fragilisé ? Euh, ils ont pas vraiment le choix, hein. C'est c'est des contraintes économiques qui imposent aujourd'hui. C'est une question de survie, on va dire, pour les opérateurs industriels français et européens de manière générale. Aujourd'hui, ils font ils sont isolés.
Il y a les États-Unis d'une part, l'Asie et la Chine d'autre part qui développent de nouvelles technologies qui arrivent à produire un moindre coût qui se battent sur le marché mondial et l'Europe est là coincée entre les deux avec une réglementation très stricte, pesante, une fiscalité aussi qui est trop coûteuse et la seule alternative he pour l'Europe pour s'en sortir dans ce monde qui change qui évolue euh c'est de coopérer avec l'Afrique, je vais dire de manière générale. Et le Maroc et le Maroc aujourd'hui c'est la porte d'entrée vers cette Afrique [rires] là. OK.
Il a tous les atouts pour sauver, je dis bien sauver entre guillemets euh les quelques industries euh européennes qui sont soit menacés par la Chine, soit par les Turcs, soit par les Américains. Donc ça c'est mon avis et je pense que la délocalisation n'est pas un terme péjoratif. Au contraire, c'est reculé pour mieux sauter et ça peut se faire en bonne entente avec le Maroc et l'Afrique de manière générale. Sambari, d'un côté, pourquoi investir au Maroc qu'ailleurs au au Maghreb ou même en Méditerranée ?
Et euh il y a une autre question qui est assez intéressante puisqu'on parle de la France et de l'Afrique et du Maroc, la francophonie euh économique peut-elle être réinventée [raclement de gorge] par Paris ? Alors pour répondre à cette deuxième partie de de question avant de revenir sur la première, je pense que la francophonie économique, elle sera réinventée par Paris et avec les pays africains, en l'occurrence pour la francophonie qui concerne le continent africain, Paris ne la réinventera pas seul. Euh il y a déjà euh à mon sens un rééquilibrage de la posture française dans ses relations euh avec les pays africains et en particulier avec le le Maroc.
Euh la visite de d'Emmanuel Macron en octobre 2024 avait venu un petit peu consacrer ce changement de pied de Paris sur ce sujet-là. Mais que ce soit dans le cadre économique, politique ou géopolitique, une nouvelle approche de la francophonie de toute façon ne pourra ne pourra être mise en place qu'avec le concours de tous les pays francophones. En tout cas, les pays dans lesquels la langue française a à sa place. Le sommet de la francophonie d'il y a de mois s'est tenu au Rwanda. preuve aussi d'une ouverture de la francophonie à l'Afrique australe et à l'Afrique à l'Afrique plutôt anglophone.
En tout cas, sur ce qui concerne le Maghreb, euh évidemment euh le Maroc euh et ses voisins, mais le Maroc dans un premier temps et en premier lieu aura un rôle central euh dans cette dans cette nouvelle phase. Euh on voit aussi que le français même s' perd de son influence ou aussi même de son usage dans le secteur professionnel reste quand même un un un élément un élément central dans le pays. Mais mais je pense quand même que cette nouvelle page est déjà en train de s'ouvrir. Maintenant, il y aura aussi en France une nouvelle administration dans moins d'un an.
Le parti au pouvoir qui arrivera en mai 2027 à l'Élysée aura aussi un rôle à jouer dans cette nouvelle dans cette nouvelle approche qu'elle soit à nouveau politique ou économique. Alors justement, est-ce que le partenariat et là on parle d'un traité d'amitié Maroc France hors norme est-ce qu'il pourra survivre ? Excuser l'expression, mais je ne trouve pas d'autres mots que la survie à à à à l'alternance politique française. Si demain c'est la gauche qui prend le pouvoir, est-ce que cela pourrait être considéré ? Oui, bien sûr.
Si euh vous avez un parti qui euh euh serait moins favorable à une relation euh d'une autre échelle euh avec le Maroc, il vous voyez vous un parti aujourd'hui en France qui serait moins favorable à euh cette ce changement d'échelle de la relation français peut-être peut-être au niveau de la gauche. Oui. Alors peut-être pas Mélenchon personnellement qui a plutôt de bonnes relations avec le Maroc mais c'est lieutenant oui probablement. Mais je pense que euh quand on signe un traité de cet ordre-là, euh c'est le premier traité hors Union européenne signé par la France. Donc c'est vraiment cette volonté de de couler dans le marbre cette nouvelle dimension de la relation franco-marocaine.
Donc je pense que oui, il pourrait y avoir des ralentissements, il pourrait y avoir des bâtons dans les roues, mais la réalité fait que euh le train sera lancé et que [raclement de gorge] Alors, votre invité depuis Paris a parlé de des élections françaises et aussi des élections marocaines dans quelques mois. Euh donc là aussi ça pourrait il pourrait y avoir des petites des petits changements ou des petits ajustements en terme de vision, même si on le sait, c'est plutôt au niveau de des chefs d'état que les choses sont lancées. Mais c'est après dans la mise en pratique où il pourrait y avoir en réalité des petites évolutions.
Je voudrais revenir sur vous avez demandé tout à l'heure à à Simich Bell différents projets. Al il en a cité plusieurs qui sont très intéressants, mais lors d'une discussion il y a quelques mois avec une source euh on parlait justement que vous ne dévoilerez pas bien sûr un bon journaliste qui respecte la déontologie mais mais et d'ailleurs ça a été d'une certaine manière confirmé par la suite notamment par des médias français euh on on avait demandé tout simplement est-ce que puisque le Maroc a des ambitions dans le domaine de l'industrie de l'armement.
On a vu avec l'investissement de Tata euh à à Bched avec euh les les nouveaux véhicules là, h roues euh militaire euh on l'a vu avec d'autres acteurs aussi turcs, israéliens et cetera. Euh euh des volons voilà aussi euh les Américains qui s'intéressent. La France évidemment veut aussi euh euh vendre de l'armement au Maroc notamment de l'armement lourd hein parce que le Maroc est déjà client sur plusieurs plusieurs types de de d'armement.
Mais le Maroc effectivement est passé à un autre palier et là il demande à ce que ces achats d'armement devienne aussi de la colocalisation comme je disais tout à l'heure c'estàd qu'il y ait un développement un transfert de compétences et un développement local national de cette industrie de l'armement pour créer effectivement ce premier noyau comme on a pu le faire avec l'aéronautique comme on a pu le faire avec l'automobile et bien créer un noyau au niveau de l'industrie de l'armement pour qu'ensuite on ait des acteurs nationaux pour le coup qui pourraient venir se greffer et développer un un savoir-faire.
Donc là aussi, il y a de grandes ambitions dans ce domaineel et on l'a vu dans certaines révélations plus récentes de certains médias spécialisés français qui disaient que des discussions étaient en cours sur peut-être l'achat d'avion rafale par exemple mais qui pourrait être coproduit au Maroc. Donc on voit vraiment, puisque le Maroc est très en avance aussi sur euh sur le domaine aérien aéronautique, donc on voit très bien que ce n'est plus les même relation économique qu'avant. On est vraiment dans une euh augmentation de la valeur. Alors, je crois que monsieur le Cornu a parlé de l'intégration des chaînes de valeur, l'intégration des deux pays dans la même chaîne de valeur.
Et donc là, on voit très bien qu'il y a vraiment cette volonté. Mais ça veut dire que il y a la recherche et développement aussi au Maroc comme vous c'est facile de dire exactement de parler d'intégration mais quand l'intégration n'inclut pas la recherche et développement vous restez une plateforme d'assemblage. Bon effectivement donc mais il y a cette volonté de monter petit à petit sur l'échelle de de valeur et et sur des secteurs qui étaient vraiment la chasse gardée de quelques pays et qui est en train effectivement d'évoluer à l'international.
On a vu la Turquie, on a vu l'Inde, on voit le Pakistan qui sont en train d'émerger comme force industrielle de l'armement et le Maroc euh ne deviendra pas forcément tout de suite un pays avec une forte industrie de l'armement, mais veut aussi créer un noyau et avoir une partie de la valeur qui soit localisée et donc un savoir-faire qui soit localisé au niveau national. Quel rôle pour les provinces du sud justement dans ce partenariat Medichbal ? surtout qu'on parle d'industrie, surtout qu'on parle de décarbonation et enfin je veux dire c'est the elephant in the room. Si il y a une région exploité en tout cas en terme d'énergie verte, c'est bel et bien les provinces sahaariennes.
Et aussi quelle présence euh des industriels français avec ces visites he qu'on a vu ces dernières semaines euh de d'officiels français dans les dans nos provinces du sud. Euh comment cela euh peut évoluer dans le sens de capitaux français, que ce soit dans l'armement ou dans l'agroalimentaire ou que sais-je, euh qui viennent euh s'implanter dans les provinces du sud. Medi Michbel. Alors, le rôle des des provinces euh du sud est très stratégique dans cette relation avec la France. Euh surtout après la reconnaissance par la France de la marocainité du Sahara, la souveraineté du Maroc sur ce territoire-là.
Ça ça ouvre la voie aux entreprises françaises euh aux banques françaises au au fond souverain enfin au fond de pension français pour investir dans dans la région. Maintenant euh dans quel secteur est-ce qu'il y a des opportunités ? Oui, énormément.
Là euh on est en train d'assister à la naissance d'un nouveau hub d'investissement, un nouveau hub logistique euh à DLA à travers le grand port euh atlantique de Darla et qui comme on l'a vu dans l'expérience de Tangè va abriter en sensin une grande zone industrielle où seront arrimés des investissements dans l'industrie de toutes sortes pour servir de plateformes d'exportation depuis là vers soit les les Amériques, soit l'Afrique, soit le reste du monde. Si si le Maroc devient cette plateforme industrielle française vers l'Afrique via ces provinces du sud, comme vous le dites Mine Michbel, quelle chaîne de valeur peut-être totalement relocalisée euh là-bas ?
Effectivement effectivement non il y a il y a un intérêt stratégique pour rester à Tanger. Non, il y aura pas de concurrence Oui. entre le nord et le sudre voilà, il y aura pas de cannibalisation entre Tanged et le Portlantique là. Chacun a adresse adresse des marchés particuliers. Là, il y a une vraie un vrai besoin d'avoir un grand port comme celui de Dakla dans la façade atlantique de l'Afrique. Il en existe pas.
et euh avec derrière en background euh toute la panoplie de projet d'énergie renouvelable euh d'hydrogène vert euh de dessalement d'eau de mer euh et toute cette économie on va dire propre, j'aime pas dire verte qui se développe là-bas parce qu'il y a des atouts des atouts en terme de compétitivité. Le kilow produit dans les provinces du sud est moins cher que que le kilow produit aujourd'hui par le Win hein de à partir de sources traditionnel.
Donc il y a un vrai intérêt économique à être là-bas et puis il y a cette proximité euh dans la logistique avec les pays africains, avec les Amériques et surtout surtout euh être basé aujourd'hui à Derkla ou dans les provinces du sud, c'est bénéficier d'un accès sans euh sans taxe, sans barrière douanière ou non douinière à l'ensemble du continent africain avec la mise en place effective de lacar de la zone de livre échange africaine. Exact. Alors, vous avez parlé des atouts euh est-ce et vous êtes professeur universitaire. Est-ce que les talents pourraient suivre cette ambition réellement ? Oui oui oui oui oui.
Les talents aujourd'hui avec tous les projets euh de nouvelles universités aussi hein qui se crée euh même au niveau des provinces du sud. Euh l'OFBT fait aussi un travail formidable là-bas avec de la formation euh de jeunes. Euh oui bien sûr, nous avons un vivier de jeunesse qui est là, qui est bien formé, qui doit être encore formé, monté en compétence. On a des ingénieurs qu'il faut aussi. pour accompagner ce développement euh des provinces du sud, sachant que le Maroc reste un pays ouvert à toutes les compétences du monde.
On n'a jamais été un pays fermé, mais euh la ressource humaine n'est pas une contrainte à l'heure actuelle dans le développement de grands projets industriels ou même dans l'économie numérique. parce que on parle de on parle de Sahara. Il faut pas oublier qu'avec les atouts que nous avons dans la production d'énergie renouvelable et d'hydrogène vert bientôt et ben tout cela permettra euh de baliser le terrain pour des investissements dans les data centers, dans les giga factory, dans tout ce que demande l'économie numérique aujourd'hui en infrastructure et bah les provinces du sud par rapport à l'Europe.
Je pense que c'est l'endroit idéal pour pouvoir assurer une certaine souveraineté par rapport au puissance américaine et chinoise dans le domaine. Donc il y a vraiment des cartes que détient le Maroc et ce n'est pas un Odin que la première visite du premier ministre français à l'étranger face au Maroc. Ce n'est pas un odin non plus qu'il emmène avec lui près de la moitié de son gouvernement. Ce n'est pas que euh après 3 ans de froid et d'une crise assez larvée, la France cède enfin et reconnaissent la marocainité du Sahara. Tout cela n'est pas venu par hasard. Il y a des intérêts que les Français ont su reconnaître, ont su voir. Le Maroc a tenu face à la pression.
Est-ce que Est-ce que les médias français ont suivi la bascule diplomatique très rapidement ? M dit Michbel, pardon. Est-ce que les médias français ont aujourd'hui suivi la bascule diplomatique ? Non. Alors là, il y a il y a deux niveaux. Au niveau de l'État, il y a il y a une prise de conscience qu'on peut pas se passer du Maroc pour des intérêts économiques, sécuritaires, diplomatiques et cetera. Et puis il y a une grande partie des médias français qui n'acceptent pas encore euh ce cette égalité qui est en train de se mettre en place entre le Maroc et la France, voir même voire même cette dépendance qui se crée en France par rapport au Maroc.
Je ferai réagir aussi mon 3è invité depuis Paris, consultant communication politique et stratégie d'influence Samich Bari. complément de réponse par rapport à cette question et et on va peut-être clôturer notre débat avec le volet humain qui est aussi très important dans ce partenariat maroco-fançais. Samishbari, je je suis obligé de de ne pas m'inscrire dans ce que vient de dire mon mon collègue MI sur sur la perception des médias en France par rapport à cette nouvelle relation franco-marocaine depuis 2024. On a certes une partie de médias conservateurs qui continuent à monter et à garder de lecture passé. Est-ce que vous parlez de conservateur à gauche ou de conservateur à droite ?
Faud conservateur plutôt à droite dans ce sens-là. Je je pense que le terme leur est plus facilement associable. En revanche, je pense qu'il y a une réelle une réelle clarté autour du fait que la relation franco-marocaine a changé. Est-ce que certains sont nostalgiques de ce qu'elle a pu être ces dernières décennies ? très probablement glob mais mais dans la grande majorité des cas je pense que ce ce nouvelle relation elle a été consacrée, elle est visible et je pense que le fait que euh la alors on peut aussi se s'interroger sur le fait que par exemple il y a une couverture qui ne soit pas assez à la hauteur de ce que pourrait de ce qu'elle pourrait être.
par exemple la la visite de Sébastien le Cornu et de en effet la quasi moitié de son gouvernement a été très peu couverte dans un contexte où évidemment l'actualité est aussi moins suivie à cette période de l'année. En revanche, je je pense qu'il serait incorrect de dire que que ça n'a pas été vu par l'ensemble du paysage médiatique, ce rééquilibrage de la relation évidemment au profit du Maroc sur des bases nouvelles avec une séquence qui va aussi s'accélérer avec la prochaine visite de Sa Majesté et qui de toute façon reprendra le devant de la scène dans peu de temps. Oui.
Alors, je oui, je voulais réagir parce que sur ce qu'a dit les les nos deux nos deux collègues euh en visio euh vous avez une partie des médias, une partie de la scène politique euh française euh notamment plutôt des partis de gauche euh qui effectivement ont plutôt tiré la langue, ont plutôt freiné quand il y a eu euh la déclaration, d'abord la lettre et puis ensuite la déclaration du président Macron lors de sa visite d'État. Mais il y a eu un mot qui m'a enfin une phrase qui m'a marqué au niveau du discours de Sébastien Lecornu ce matin. Il a dit le Maroc sur la question du Sara, le Maroc peut compter sur la loyauté de la France et je pense que ce message n'est pas destiné au Maroc.
Le Maroc sait qu'il peut compter sur la loyauté de la France puisque ça a été inscrit noir sur blanc et cetera. C'est le message est plutôt envoyé, me semble-t-il, à la classe politique, à aux médias euh français et peut-être à des pays partenaires autres euh pour leur dire en fait ça s'inscrit vraiment dans le sur le temps long, euh c'est coulé dans le marbre. Et donc, il a réinsisté pour dire vous pouvez compter sur diplomatiquement la reconnaissance française. Tout à fait.
Donc il y a vraiment cette volonté de dire à ceux qui voient d'un mauvais œil ou qui pensent pouvoir tordre le bras à au président Macron ou peut-être au prochain prochain président que c'est quelque chose c'est une vraie politique ancrée sur la durée et qui parce que c'est les intérêts. Il y a eu un adjournamento, comme a dit Simich Bell, il y a eu un adjornamento de la politique française vis-à-vis du Sahara. Et donc ça c'est quelque chose qui est pérenne. Alors ce qui est pérenne aussi, ce sont les liens humains bien sûr entre le Maroc et la France. Et sur cela, je vais encore citer un autre extrait de la déclaration de Sébastien Lecnu aujourd'hui ce matin à Rabat.
Je le cite, je cite le premier ministre français. S'agissant d'abord de l'essentiel, nos liens humains. Nous faisons en sorte que français et marocain puissent échanger, circuler, travailler et s'associer au long cours. Il a répété beaucoup de fois hein ce long terme et long cours. C'est le cœur de notre politique en matière de visa qui cherche à faciliter les mobilités circulaires entre ceux qui sont les forces vives de la relation franco-marocaine, les entrepreneurs, les étudiants qui restent le premier contingent d'étudiants étrangers en France, faut-il le rappeler. et c'est la coopération entre nos universités d'excellence et les programmes d'accompagnement des doctorants.
En tout cas là, on le voit parce que Infin, c'est une relation de femme et d'hommes. Et ce qui nous interpelle aussi sur le rôle que devront jouer les diasporas respectives marocaines et françaises dans cette nouvelle page du partenariat, j'ai envie de dire de dans ce nouveau tome, pas page he pas ni chapitre, dans ce nouveau tome de la relation entre Rabat et Paris. Mohammed Zar, vous êtes je je [rires] vous êtes vous êtes celui qui porte justement euh cette image de la diaspora marocaine en France mais qui est retourné au Bercou.
Et alors je suis binational et en plus effectivement il a et puis je gère un site qui est qui cible la diaspora marocaine mais il a justement utilisé à plusieurs reprises en parlant des mobilités des étudiants, des entrepreneurs et cetera. il a cité à plusieurs reprises les binationaux euh et c'est je pense la première fois où en tout cas c'est quelque chose d'assez récent pour suivre les discours politiques lors des visites de ministres même le ministre de l'intérieur français au Maroc euh on parlait rarement des binationaux alors on les amenait dans des voyages présidentiels. On avait toujours les quelques figures de binationaux qu'on ramenait dans l'avion présidentiel.
Non, aujourd'hui c'est vraiment euh d'ailleurs, il a commencé euh à parler à aborder ce volet-là en parlant de de la de des liè de des des liè euh suite au match France-Maroc où des gens avaient euh le drapeau français, le drapeau marocain fêtait ensemble le match et cetera.
Et donc les binationaux ont un rôle et cet aspect humain effectivement on sent que la France c'est un petit peu euh comment dire des euh à lâcher du l'est sur la question des binationaux euh est moins crispé sur cette question-là et accepte le fait que les binationaux peuvent être utiles dans cette relation bilatérale alors qu'avant elle était quand même à un certain haut niveau et pas au niveau humain, pas au niveau des des des populations.
Là réellement on dans le discours de Sébastien Lucu, on replace en fait le la diaspora, les binationaux, les communautés des deux pays pour leur dire en fait vous allez être nos ambassadeurs, vous allez être nos catalyseurs pour que cette relation qui se veut rentrer dans une nouvelle dynamique et bien s'accélère à tous les niveaux et pas seulement au niveau des institutions. Et ça vraiment c'est un virage dans le discours officiel français depuis j'allais dire 2 ans mais surtout ces derniers mois. Oui mais bon on a eu quand même des franco-marocains qui ont assumé des responsabilités au sein même du gouvernement français.
C'est dommage d'ailleurs qu'il n'y a plus de vie nationaux dans le gouvernement il me semble he en tout cas dans le gouvernement le cornu mais en tout cas on sait avec le départ de l'ancienne ministre de la culture Rachida Dati il y a eu avant elle Najat Valkassem en tout cas mais Michbal la même question le rôle que la diaspora je vous prie que la diaspora marocaine en France mais aussi la diaspora française au Maroc pourrait jouer dans ce dans cette nouvelle séquence franchement je sais pas quel rôle peut jouer la diaspora est-ce qu'il a vraiment un rôle à jouer à part peut-être le bon représentant de son pays, de respecter les lois, de les lois de la République, de d'être un bon citoyen aussi bien au Maroc qu'en France.
À part ça, qu'est-ce qu'on peut demander à la diaspora ? Par contre, vous avez parlé des liens humains et Sébastien le Courneux parle de d'évolution positive. Moi, je pense qu'il faut sérieusement revoir la politique des visas euh de la France vis-à-vis des des Marocains. Euh, on est plus dans les années 80 90. Je pense pas que si on enlève les visas euh la moitié des jeunes marocains iront en France. Non, je pense pas. Euh puis euh il y a des faits aussi qui contredisent ce qu'il a dit, c'est que aujourd'hui les étudiants marocains euh en France euh font euh face à une montée euh exponentielle des frais d'inscription dans les universités françaises et les grandes écoles.
Et tout cela montre que bon euh ce qui se passe vraiment sur le terrain n'est pas ce qui a été dit. Et là peut-être qu'il faut il faut que nos ministres aussi parlent de ce point-là et évoquent ce point des frais de scolarité des Marocains qui viennent étudier en France. Sachant sont toujours c'est nos élites qui viennent en France pour étudier et que leur demander l'élite intellectuelle et pas que l'élite financière hein, il y a l'élite intellectuelle aussi parce que il y a les les étudiants boursiers.
Je parle pas de l'élite financière, je parle d'élite précise très bons éléments, nos très bons éléments viennent dans les grandes écoles française et ben je vois pas pourquoi on va les surtaxer par rapport à d'autres d'autres étudiants par rapport à un étudiant français normal. Très bien. Samiari votre perspective par rapport justement à ces liens humains pour clore le débat ? Alors là pour le coup, je m'inscris tout à fait dans ce que vient de dire mon mon collègue MI sur la dissonance qui peut y avoir entre le discours euh et le contenu du de la déclaration de Sébastien de Cornu, la réalité des faits.
Euh que ce soit euh sur euh la politique des visas en premier lieu parce que c'est la première chose évidemment euh qui nous vient à l'esprit, euh mais aussi le sujet euh des étudiants. Euh je suis moi-même professeur dans le supérieur. Euh j'étais en jury de soutenance toute la journée. C'est la raison pour laquelle je vous je vous ai rejoint avec un petit peu de retard. euh nos étudiants marocains et marocaines. J'insiste aussi sur le fait que euh il y a beaucoup euh de filles marocaines euh qui étudient en France et qui sont d'une très grande qualité. Moi chaque année euh les étudiants de la diaspora marocaine sont parmi mes mes meilleurs éléments dans chaque classe.
Euh c'est une réalité que je connais depuis le début de l'enseignement et ces profilslà ne sont pas appréciés à leur juste valeur, leur difficulté à trouver leurs premiers emplois en France quand ils souhaitent démarrer leur carrière sur le territoire hexagonal sont de plus en plus grandes que ce soit pour la prolongation de leur titre de séjour ou simplement pour l'accès à un premier emploi. Donc il y a il y a une réelle dissonance entre ce que dit Sébastien le Cornu et ce qui est la réalité des faits. De même, j'apporterai aussi une nuance à ce que à ce qui a été dit précédemment sur le fait que la France se serait un petit peu assouplie au niveau du sujet des binationaux.
Je pense pas que ce soit tout à fait exact. C'est peut-être une posture à nouveau de Sébastien Lecnu dans son discours de d'en faire part. En revanche, il y a quand même une partie de la population française qui continue euh à se à à se radicaliser sur ce sujet. Il y a eu il y a encore quelques mois un débat sur le fait euh évidemment un débat nourri par l'extrême droite de se demander si il était pas possible d'interdire aux binationaux d'accéder à certaines fonctions politiques. Vous parliez à l'instant de votre tristesse que je partage de ne plus voir de bisationaux représentants dans dans le dans le gouvernement français.
Euh il y a des partis qui voudraient tout simplement euh faire en sorte que ça ne puisse ne plus arriver. Euh il y a en revanche une nouvelle génération. On verra après les présidentielles l'année prochaine hein. On pourra peut-être refaire cette émission euh à ce moment-là. Oui. En quelques mots pour Sami, je vous prie. Euh écoutez moi mon mon mot euh mon mot de la fin, il sera de toute façon que je pense comme nous toutes et tous, on est absolument ravi que la relation entre ces deux pays frères euh se se poursuive. euh s'échelon sur d'autres sujets euh économiques qui sont ancrés et qui évidemment s'inscrivent sur le long terme.
Euh ça ce sont des briques qui sont posées une à une euh pour que la relation franco-marocaine euh soit euh euh garantie, soit cimentée et soit euh soit fertile pour euh pour les les prochaines années, les prochaines décennies et et je pense que ce sont les meilleurs les meilleurs signaux qui sont envoyés avec des visites comme celle-ci. Exactement avec cette réunion 15e du genre réunion de haut niveau entre le Maroc et la France euh avec à sa tête donc de cette délégation française le Premier ministre accompagné pas moins de pas moins pardon de 12 ministres du gouvernement. Donc le cornu voilà c'est la fin de de cet épisode.
Je voudrais réitérer mes remerciements [musique] à mes chers invités qui ont partager avec nous leur perspective de ce partenariat de ce nouveau [musique] tome du partenariat marocofançais. Merci encore une fois à vous Zar. Merci Michbal d'avoir été avec nous ce soir. Merci Khadij. Merci à vous également Sambari. Merci pour l'invitation. Bonne fin de journée. Merci [musique] de nous avoir suivi. Très bonne soirée à tous.
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