Menace de dissolution, déclarations de Bruno Retailleau, inondations au Texas... Le 8h30 de Roland Lescure
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Roland Lescure, nombreux sujets à aborder avec vous, on va parler notamment du président qui retrouve son pouvoir de dissoudre aujourd'hui, qui évoque déjà son potentiel retour pour quand, pour 2032 par exemple, mais le député Les Républicains Olivier Marlex est mort hier, je voulais que nous commencions par cela, il a mis fin à ses jours, on a eu la confirmation hier soir, il avait présidé le groupe LR, c'était un spécialiste de l'industrie, sujet que vous connaissez bien, vous l'avez côtoyé sur les bancs de l'Assemblée en commission, c'est ça ?
Oui, écoutez, moi j'étais à l'Assemblée hier en hémicycle quand la nouvelle de sa disparition a commencé à circuler, comme une onde de choc avant même que ce soit rendu public, c'est évidemment une tristesse profonde qui m'habite aujourd'hui, j'ai eu l'occasion de débattre avec Olivier Marlex, notamment sur les sujets industriels énergétiques, on n'était pas souvent d'accord, des débats souvent vigoureux, mais toujours avec un verbe précis, extrêmement aiguisé, un humour assez aiguisé également, souvent un peu pince sans rire, qui était difficile du coup à combattre ou à débattre, ça a été vraiment des débats intéressants, il était encore la semaine dernière en commission des lois, dont je fais partie aujourd'hui pour présenter une loi qui sera votée cet après-midi, aujourd'hui c'est vraiment une tristesse absolue, je pense évidemment à ses collègues et ses amis républicains à l'Assemblée et ailleurs, je pense surtout, puisque vous l'avez dit, il a mis fin à ses jours, c'est un drame personnel poignant, à ses proches, à sa famille, à ses compagnes, à ses filles, aujourd'hui c'est vraiment extrêmement triste.
Une dernière question, on a entendu dans les hommages des gens qui évoquaient la brutalité, la dureté de la vie politique, de l'engagement politique, vous ressentez cela vous aussi ?
Écoutez, c'est la vie qui est dure, franchement je ne ferai pas plus de commentaires sur les raisons qui ont pu l'amener à commettre ce geste, la vie c'est dure, la vie politique ce n'est pas facile non plus, je vous le confirme.
Roland Lescure, le chef de l'État peut de nouveau agiter cette menace d'une dissolution, il a retrouvé ce pouvoir précisément depuis ce matin, un an après, que lui dites-vous aujourd'hui, surtout pas ?
On va essayer d'éviter en tout cas, alors ça ne dépend pas que de lui, c'est sa prérogative institutionnelle, mais je suis à peu près convaincu qu'il n'utilisera pas s'il n'a pas à le faire, donc il faut éviter un blocage, il faut éviter un blocage qui malheureusement est aujourd'hui possible, moi je suis extrêmement préoccupé aujourd'hui, de la séquence budgétaire qui s'ouvre, on va devoir prendre des décisions difficiles, il y a deux manières de prendre des décisions difficiles, soit on arrive à les prendre ensemble, au sein d'une assemblée nationale qui débat, avec des gens qui sont prêts à faire des compromis, faire des compromis ça fait mal, et donc il faut être prêt à faire des avancées, chacun, nous, les socialistes, pourquoi pas les écologistes, les communistes, les membres de la droite républicaine, de manière à ce qu'on puisse voter un budget, qui j'espère nous éloignera de l'écueil, parce que je pense qu'aujourd'hui on n'est pas loin du mur.
Justement, vous dites qu'il faut éviter un blocage, Emmanuel Macron n'a pas exclu d'avoir recours à une dissolution, il dit je ne vais pas me priver d'un pouvoir constitutionnel, si les oppositions bloquaient la vie politique, est-ce que ce n'est pas la situation dans laquelle on est ? Est-ce qu'on n'est pas dans une impasse ? Et quand vous voyez ces réformes à l'arrêt, ce parlement fragmenté, ce gouvernement affaibli, vous ne vous dites pas, finalement on aurait peut-être intérêt à dissoudre, non ?
Non, je ne me dis pas ça, parce que je reste convaincu qu'il y a une alternative à ça. Ce risque, il existe aujourd'hui, effectivement. C'est qu'au fond, on soit tous plus ou moins dans l'opposition, qu'on attend les bras croisés, que le gouvernement nous fasse des propositions, l'oracle va parler le 15 juillet, et puis dans la foulée, on sera tous amenés, qu'on soit dans la majorité ou dans l'opposition, à réagir et à critiquer telle ou telle mesure. Dans tous les pays du monde, si on avait une assemblée comme on a aujourd'hui en France, les gens se mettraient autour de la table, loin des plateaux télé d'ailleurs, pour trouver un compromis, notamment sur le budget.
Vous savez qu'hier, la France a emprunté sur les marchés un taux supérieur à l'Italie. Ce n'est pas arrivé depuis des années. Ça doit nous interpeller, ça. On est aujourd'hui face à un risque que la dette française ne prenne plus, ne trouve plus en tout cas preneur à des taux adéquats sur les marchés financiers. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, il y a des investisseurs qui nous disent « Mais mettez-vous d'accord ? » Un peu d'ailleurs comme les Français nous l'ont dit il y a un an.
Mais précisément pour que tout le monde se mette d'accord, le président de la République a un rôle institutionnel. Qu'est-ce qui change entre hier, où il n'avait pas de pouvoir de dissolution, et ce matin, dans le rapport de force entre l'Elysée, le gouvernement et l'Assemblée, pour aller dans le sens de compromis ?
Écoutez, je pense qu'aujourd'hui, on n'a pas intérêt à une dissolution. Donc on pourrait, je dirais, qualifier la dissolution comme une espèce d'arme de dissuasion qui devrait nous amener encore plus à être responsables.
Mais ça redonne du poids au président ?
Non, mais on n'est pas des enfants. Moi, je pense qu'aujourd'hui, face à une situation internationale totalement bouleversée, face à des conflits mondiaux qui sont en train de monter en puissance partout, face à un risque économique, et on y reviendra sans doute, un risque écologique qui est de plus en plus prégnant, on va juste attendre d'une menace de dissolution pour se réveiller. Non, moi j'ai vraiment envie de dire à l'ensemble des groupes politiques, aujourd'hui, franchement, réveillons-nous, on a autre chose à faire que de débattre de telle ou telle petite mesure qui permettra d'emporter une petite victoire. On fait face à un défi énorme.
Moi, j'ai l'impression aujourd'hui qu'on est un peu comme dans le Titanic, on joue du violon et l'iceberg se rapproche. Vraiment, il est encore temps de l'éviter, l'iceberg. Mais on a besoin que tout le monde soit à rendez-vous. Nous les premiers, je ne jette la pierre à personne, mais que tous les partis dits républicains fassent preuve de responsabilité, je pense que c'est essentiel.
Roland Lescux, on va écouter le Président de la République qui était au meeting des jeunes avec Macron, devenu Les Jeunes en Marche, c'était samedi soir à Paris. Écoutez.
Je suis là pour vous dire, j'ai encore besoin de vous et je compte sur vous pour les deux ans qui viennent. Mais j'ai aussi besoin de vous pour dans deux ans, pour dans cinq ans.
Ça fait longtemps que vous ne l'aviez pas entendu comme ça, le Président, non ? Ça doit vous rappeler des souvenirs.
Oui, ça rappelle des souvenirs, effectivement.
Et qu'est-ce que ça veut dire, je serai là dans cinq ans, j'aurai besoin de vous dans cinq ans, dans dix ans ?
Écoutez, c'était l'anniversaire des jeunes avec Macron, ça faisait dix ans qu'ils étaient là. Il leur a dit qu'ils seraient dans son doute là, eux aussi, dans les dix ans qui viennent. Et je pense que ce qu'il dit, c'est qu'il ne va pas se désintéresser de la vie politique. Et ça, ça ne me surprend pas.
Ce n'est pas tout à fait ça qu'il dit Roland Lescux, parce que, par exemple, Emmanuel Macron a été interrogé, mimé sur TF1 par Gilles Boulot, qui lui a demandé s'il excluait de se représenter en 2032. Et Emmanuel Macron a refusé d'exclure cette option. Il a dit qu'il n'y avait pas encore réfléchi. Il avait aussi qualifié, à l'été 2023, de funeste connerie la règle constitutionnelle qui l'empêche de faire plus que deux mandats successifs. Donc, c'est bien qu'il y pense, un retour à un potentiel troisième mandat. Moi, je ne suis pas dans ces pensées.
Je ne suis pas dans ces pensées, mais franchement, aujourd'hui, qu'on se projette sur 2032-2037, personnellement, je trouve ça un peu décalé par rapport aux urgences auxquelles on fait face.
Mais ce sont les propos du Président qui nous menènent à vous poser cette question.
Il y a aujourd'hui beaucoup de gens qui souhaitent présider et qui se projettent sur 2027. Moi, j'ai l'impression qu'aujourd'hui, l'essentiel, quand même, c'est comment on gouverne la France, comment on fait face à cette triple crise à laquelle on fait face. Une crise économique possible, une crise financière possible, une crise écologique qui est déjà là, et à laquelle je rajoute, quand même, une crise politique qui est loin d'être résolue. Donc, moi, personnellement, vous savez, en 2032, j'aurai 65 ans. Je serai sans doute passé à autre chose. Donc, je ne serai peut-être pas avec les jams, en tout cas, je ne serai plus jeune avec Macron depuis très longtemps, en 2032.
Moi, je me concentre sur les 18 mois qui viennent qui sont extrêmement risqués, extrêmement préoccupants, et sur lesquels on a vraiment besoin que tout le monde prenne ses responsabilités.
On vous entend, vous dites, c'est décalé. Il y a un décalage, pour ne pas dire un abîme, entre ce bilan contesté du Président, ce gouvernement affaibli, un Président pas populaire, un pays qui ne fonctionne pas. Et on a le sentiment que ce qui galvanise le chef de l'État aussi, aujourd'hui, c'est de se dire qu'il pourrait revenir.
Vous avez parlé du bilan. Moi, je suis évidemment beaucoup moins sévère que vous semblez l'être quand vous évoquez les commentaires des uns et des autres qui le qualifient. On n'a pas tout bien fait depuis 7 ans. Mais on a un chômage au plus bas. On a un chômage des jeunes au plus bas. On a plus d'apprentis en France qu'on n'en a jamais eu. On a réussi à rendre la France attractive. Et moi, ma préoccupation, mon inquiétude, c'est que dans les 2 ans qui viennent, on détricote ça. On a fait des efforts sur l'environnement, peut-être pas assez, selon certains, qu'on n'avait jamais fait auparavant.
On a baissé les gaz à effet de serre tout en créant de l'emploi, notamment dans les industries de la nouvelle économie et de la technologie. On fait face à une révolution massive qui est celle de l'intelligence artificielle. Pour moi, c'est ça qui compte. Les 18 mois qui viennent, Est-ce qu'on est capable ? Donc vous dites au président
arrêtez de parler de ça pour l'instant.
Il a aussi parlé des 2 ans qui viennent. Je pense qu'il a insisté. Et si j'ai bien compris, il s'y implique pas mal ces temps-ci dans les 2 ans qui viennent. Et je pense qu'il a raison.
Il s'y implique un peu trop peut-être.
Non, je pense qu'il a raison de suivre ça de près parce que je pense que c'est important.
On a des sujets parce qu'on évoquait l'Assemblée nationale qui est fractionnée avec ce nouveau pouvoir de dissolution. Il y a aussi ce gouvernement auquel participent évidemment les macronistes aux côtés des Républicains. Vous disiez que vous aviez avancé sur des sujets écologiques. Mais il y a en ce moment même des sujets qui fracturent le gouvernement. On peut parler de la loi Duplon, la réintroduction d'un pesticide très contesté qui pourrait être adopté aujourd'hui. On peut parler aussi des énergies renouvelables. Bruno Rotaillot qui signe une tribune pour demander l'arrêt des subventions publiques pour les énergies renouvelables. ce gouvernement il tira à eux et à dire.
Moi ce qui me gêne sur l'exemple que vous venez de donner c'est le mélange des genres. Bruno Rotaillot il est ministre de l'Intérieur. Il s'occupe de la sécurité des Français. De ce point de vue-là je pense qu'il a pas mal de travail. Il est aussi président. Et par ailleurs il est président des Républicains et il commence à se projeter j'ai l'impression sur 2027 avec des prises de position que moi je réprouve personnellement mais qui surtout je pense ne sont pas du niveau de ce que doit être la prise de parole d'un ministre de gouvernement qui est censé être solidaire des politiques qu'on est en oeuvre y compris d'ailleurs de la mise en oeuvre des technologies de l'environnement.
Mais vous voulez je vous dis ce qui me gêne le plus moi c'est que le fameux soir du moratoire qui a été voté à l'Assemblée Nationale les premiers appels que j'ai eus
Moratoire sur les énergies renouvelables
on va arrêter de planter des mâtes éoliennes et des panneaux solaires en France. Les premiers appels que j'ai eus c'était pas des militants écolos c'était des chefs d'entreprise au Havre il y a une grande entreprise allemande Siemens Gamesa qui est en train de construire une usine pour y assembler des pales d'éoliennes et des turbines d'éoliennes géantes qu'on va installer au large de nos côtes. Si on arrête de les installer en France ben on arrêtera de les assembler en France. Et ce sera des centaines d'emplois industriels au Havre qui sont détruits. J'espère que Bruno Retailleau a ça en tête quand il publie ce genre de tribunes en essayant de se projeter sur 2027.
Il peut rester au gouvernement dans ces conditions ?
Moi je suis convaincu que j'allais dire présider ou gouverner il faut choisir. Si vous voulez présider et c'est tout à fait votre honneur de vous projeter vers une élection importante qui va permettre de trancher des débats importants et ben concentrez-vous sur ça. En attendant il faut que ceux qui gouvernent se concentrent sur une chose. Les 18 mois qui viennent on fait face à des défis majeurs. Je pense qu'il faut séparer les deux. En France tout le monde veut présider personne ne veut gouverner que ceux qui gouvernent se concentrent là-dessus. Comme l'a dit le président de la République d'ailleurs dans leur axe parce qu'ils ont tous une verticale qui sont des défis majeurs.
Je pense qu'on ne peut pas faire le mélange des genres. Moi je pense qu'il faut vraiment séparer ceux qui veulent présider tant mieux pour eux travailler le fond et proposer nous un projet qui mérite d'être élu et en attendant que ceux qui gouvernent se concentrent sur le gouvernement.
Il y a une dérive populiste de LR ou pas ?
Il y a une dérive populiste mondiale enfin moi je le vois vous le savez je suis député des français d'Amérique du Nord elle est mondiale et face à un tsunami populiste réactionnaire auquel on fait face vous avez deux solutions soit vous prenez la vague et vous surfez soit vous résistez en proposant une alternative moi je serai toujours dans le camp de ceux qui proposent une alternative qui évite de trouver des solutions simples à des problèmes complexes et qui sont prêts aujourd'hui à montrer que l'Europe elle a une réponse positive face à ses défis économiques technologiques écologiques l'Europe doit avoir sa voix et cette voix là c'est pas celle du populisme c'est pas celle de la réaction c'est celle du progrès et c'est celle du développement économique qui doit réussir
à tous. Roland Lescure on vous retrouve dans une minute le temps de laisser passer le fil info il est 8h46 Maureen Suignard
Un millier de pompiers mobilisés dans l'Aude pour lutter contre le feu il n'est toujours pas fixé le vent se lève assure le patron des pompiers du département l'incendie qui s'est déclaré hier après-midi a déjà parcouru 2000 hectares de végétation la circulation est impossible dans les 200 sur une partie de l'A9 entre Narbonne et Cijen dans le sud des Etats-Unis dans l'état du Texas les secours s'activent encore pour tenter de retrouver une vingtaine de personnes portées disparues après des inondations ce week-end le bilan humain est déjà très lourd 104 morts dont 28 enfants la perpétuité est incompressible pour Michael Chiolo l'auteur de l'attaque au couteau contre deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe dans l'Orne c'était en 2019 il s'agit de la plus lourde peine prévue par le code pénal Michael Chiolo a revendiqué son acte et son adhésion à l'idéologie djihadiste la quatrième étape du Tour de France va conduire les coureurs d'Amiens à Rouen 174 km au total après une troisième étape plus que mouvementée avec des chutes nombreuses et spectaculaires le premier maillot jaune de ce Tour de France Jasper Philipsen a dû abandonner France Info
le 830 France Info Agathe Lambret Jérôme Chapuis
toujours avec Roland Lescure ex-ministre de l'Industrie député renaissance des Français d'Amérique du Nord au moins 100 personnes sont mortes dans des crues soudaines au Texas route effondrée pont arraché vous qui êtes l'élu des Français qui vivent là-bas est-ce que vous savez si certains de nos compatriotes sont concernés est-ce que vous avez des nouvelles ?
Alors j'ai échangé avec la consul générale Valérie Baraban au Texas à ce stade il n'y a pas de victimes françaises il n'y a pas de français qui sont concernés y compris par les évacuations il y avait eu des grosses inondations en Houston il y a quelques années c'était en 2018 où à l'époque beaucoup de français avaient été touchés cette fois-ci les français sont épargnés en revanche vous l'avez dit les Texans ne sont pas on a plus de 100 victimes on a des dizaines de personnes déplacées ou confinées des jeunes qui sont morts dans une crue historique 8 mètres de hausse du niveau de la rivière en quelques minutes qui suivait une période de sécheresse extrêmement dure ça a toujours été une région sujette à ce type d'intempéries mais là on dépasse toutes les limites et ça doit évidemment nous alerter
Il y a beaucoup de questions autour de cet événement mal prévu selon des témoignages qui disent des habitants qui affirment qu'ils n'avaient reçu aucune alerte sur cette montée brutale des eaux alors il y a la météo nationale qui avait mis en garde mais les messages auraient été mal relayés et la presse américaine met en cause notamment 600 postes qui ont disparu depuis le début de l'année résultat des coupes drastiques de Donald Trump une enquête le dira mais peut-être que cette politique un peu aveugle et brutale du président américain peut-être à l'origine de cela
Oui comme vous l'avez dit c'est difficile d'avoir les détails et je sais qu'il y a des alertes SMS qui ont été envoyées assez rapidement aux habitants de la région pour leur indiquer que la crue était sans doute plus sévère qu'attendue l'alerte n'était pas au niveau de l'intensité du désastre qui est intervenu est-ce que s'il y avait eu les employés de météo USA qui avaient quitté leur poste quelles semaines auparavant le résultat aurait été différent c'est difficile à dire mais ce qui est clair en tout cas c'est que quand vous regardez toutes les données le nombre de catastrophes naturelles d'ampleur exceptionnelle dans le monde est en train d'exploser et donc face à ça je pense qu'il faut plutôt investir dans la science investir dans les dispositifs d'alerte utiliser de nouvelles technologies pour essayer à la fois d'en limiter les effets et de prévenir les victimes de manière à en limiter le nombre et ça c'est clairement pas le sentier que prennent les Etats-Unis d'Amérique aujourd'hui par là
et l'homme qui a été aux commandes pendant trois mois pour couper dans les dépenses c'est Elon Musk et je voudrais qu'on l'évoque avec vous ce matin Roland Lescure parce qu'Elon Musk qui est désormais quelque peu brouillé avec Donald Trump annonce ce week-end la création de sa propre formation politique le parti de l'Amérique qu'est-ce que c'est ? C'est une vengeance vous qui connaissez bien le personnage ?
Écoutez la seule chose qui est sûre c'est qu'il ne sera pas président des Etats-Unis d'Amérique parce qu'il n'est pas né sur le sol américain donc ça au moins on peut évacuer cette hypothèse le fantasme du troisième parti aux Etats-Unis ça fait des décennies qu'il existe il revient régulièrement on a eu des candidats indépendants qui l'ont porté
Lui c'est ce qu'il dit il dit je veux créer un troisième parti entre les républicains et les démocrates vous vous dites c'est pas la culture du pays ?
C'est pas la culture c'est pas la tradition c'est pas les institutions avec des primaires qui là-bas fonctionnent et qui ont tendance à ramasser les deux partis démocrates et républicains autour de candidats ce qui est vrai vous l'avez dit c'est que la lune de miel entre Elon Musk et Donald Trump gardez-moi un petit s'il vous plaît elle est terminée franchement qu'on a deux animaux politiques et médiatiques assez particuliers la nouvelle de la nuit quand même c'est que l'action Tesla a baissé de près de 10% quand il a annoncé ça
Ceci a un lien avec cela ?
Bien sûr évidemment aujourd'hui les investisseurs lui disent écoutez les véhicules chinois électriques arrivent par millions concentrez-vous sur vos affaires et arrêtez de faire de la politique
C'est pour ça qu'on se demande pourquoi il y retourne parce que Tesla avait déjà baissé quand il était au DOJ le département de l'efficacité gouvernementale donc il quitte le gouvernement et il remet ça en fait il ne faut pas chercher la rationalité avec ce type de personnage
je ne suis pas son psy et je me garderai bien de l'être mais je pense qu'on est dans un registre personnel sans doute du domaine psychologique psychanalytique voire psychiatrique et qu'effectivement je ne suis pas sûr que les Etats-Unis s'en porteront mieux mais en tout cas aujourd'hui la capacité on parlait de populisme tout à l'heure qu'un certain nombre d'hommes d'Etat ou pas d'Etat ont à vouloir occuper la scène médiatique jour après jour en racontant à peu près tout et son contraire du jour au lendemain aujourd'hui ça tue la politique je ne suis pas sûr que ça fasse beaucoup de bien à la société
Dernière question Roland Lescure en visite à Washington Benjamin Netanyahou le Premier ministre israélien a annoncé qu'il proposait Donald Trump pour le prix Nobel de la paix en tant que député des Français d'Amérique du Nord vous en pensez quoi ?
J'en pense ça fait six mois que je le prévois je suis intimement persuadé qu'un des objectifs explicites de Donald Trump c'est d'avoir le prix Nobel de la paix il est jaloux que Barack Obama l'ait eu avant lui et voilà pour l'instant on a le chef d'Etat pakistanais et le chef d'Etat israélien qui l'ont proposé je ne suis pas sûr que ça suffise à faire un consensus la question qui se pose en fait c'est est-ce qu'il aura des résultats moi vous le savez je suis très critique sur Donald Trump mais franchement s'il arrive à faire la paix au Moyen-Orient je serai le premier à reconnaître que c'était bienvenu pour l'instant on en est loin malheureusement non mais on n'en est pas là aujourd'hui il avait prévu de régler la guerre en Ukraine en 24 heures on en est loin et le cesser le feu à Gaza c'est peut-être pour demain mais ce n'est pas pour aujourd'hui donc on n'en est pas là
merci beaucoup Roland Lescure ancien ministre de l'industrie député renaissance des français d'Amérique du Nord vous étiez ce matin l'invité du 8.30 France Info
Bruno Retailleau