Période de Confinement. Spiritualité du Sacré-Cœur : Anne-Madeleine Rémusat
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Chers amis, bonjour. J'espère que votre confinement n'est pas trop douloureux, que tout cela se passe bien en famille. On vous accompagne par notre prière. N'hésitez pas à nous appeler si vous avez besoin d'aide. Et vous savez aussi que si vous allez faire vos courses, eh bien vous pouvez passer dans nos paroisses qui sont ouvertes l'après-midi pour l'adoration en veillant toujours bien sûr à ce qu'il y ait peu de personnes. Nous voudrions à travers ces enseignements sur le Sacré-Cœur vous accompagner durant cette période. On devait faire une récollection ces jours-ci qui a dû être annulée où nous devions vous parler de la spiritualité du Sacré-Cœur, du Sacré-Cœur et de la France, du
Sacré-Cœur et de l'Eucharistie, du Sacré-Cœur et de l'Écriture et cetera. Et du coup, on va pouvoir faire ces enseignements d'ailleurs en pouvant approfondir un peu plus. Et j'espère que vous allez pouvoir approfondir cette belle spiritualité pour nous missionnaires de la Miséricorde. Évidemment, c'était essentiel de pouvoir mieux comprendre le Sacré-Cœur puisque c'est du cœur de Jésus que jaillit la Miséricorde divine. C'est vraiment le cœur de notre Seigneur et qui est à l'origine de toute la dévotion de la Miséricorde. Et je voudrais pour ce premier enseignement ne pas commencer dans l'ordre, ne pas commencer comme on le fait habituellement par Saint Jean Eudes, Sainte Marguerite-Marie ou par les les
origines du Sacré-Cœur. Je voudrais vous parler d'Anne Madeleine Rémuzat. Pourquoi sœur Anne Madeleine Rémuzat à Marseille dont nous fêtons l'anniversaire puisque elle est décédée en 1730 à l'âge de 33 ans et nous fêtons la consécration de la ville de Marseille au Sacré-Cœur qui a eu lieu en 1720 et 1722. Parce que dans ce temps d'épidémie, même de pandémie, et bien la figure d'Anne Madeleine est absolument incroyable. Cette jeune religieuse qui va recevoir des des visions du Sacré-Cœur
va proposer à l'évêque de consacrer la ville de Marseille au Sacré-Cœur qui va être délivrée de la peste. C'est donc je pense qu'aujourd'hui c'est une grande espérance cette vie, c'est avoir plus de confiance dans le Sacré-Cœur, comprendre le rôle unique du Sacré-Cœur dans l'histoire de notre pays, dans l'histoire évidemment de la ville de Marseille, mais tout simplement aussi pour tout homme, il est capital de pouvoir se consacrer au Sacré-Cœur et de comprendre dans l'histoire de la spiritualité la place de ces révélations du Sacré-Cœur qui va bouleverser l'histoire de l'église, ça sera le but de ces enseignements. Alors commençons avec Madeleine Rémuzat. Qui est-elle ?
Anne Madeleine en religion, mais elle s'appelle Madeleine Rémuzat, naquit à Marseille le 29 novembre 1696 au numéro 15 de la rue de la Mure sur la paroisse Notre-Dame des Accoules qui inspira tant de peintres. Alors voilà, ça parle évidemment à nos chers amis Marseillais. Elle fut baptisée le même jour. Son père était un riche bourgeois de la ville issu de la petite noblesse bas-alpine. Il n'avait plus la particule parce que Charles IX avait jugé bon un jour de permettre à certains nobles de faire du commerce mais on a enlevé la particule. Sa mère Anne Coste pouvait se réclamer d'une longue lignée d'échevins, de consuls.
Madeleine fut la 7e d'une famille de neuf enfants et quand elle vint au monde, on dit qu'une étoile en plein soleil apparu au-dessus du château de la glacière à Auriol propriété des Remusat. Je profite pour saluer toute la famille Remusat et tous les descendants que nous avons parmi nos paroissiens. Alors elle passa là ses jeunes années. Au départ, c'est une enfant qui est vive, enjouée, emportée, coquette, généreuse, mais à 9 ans à l'autan une voix lui dit "Enfant, donne-moi ton cœur." Et elle en est profondément troublée. Elle a un vrai désir de pénitence qui va s'emparer de tout son être. Elle entre comme élève aux petites Marie
à Marseille. Mais c'est une enfant aussi avec le péché originel et quelque part ça nous rassure aussi que cet enfant qui semblait être prédestiné pour une grande sainteté est là avec ses défauts et un jour elle n'hésite pas à commettre un larcin à 10 ans et sans raison apparente et bien elle vole un écheveau et des pelotes de laine à sa maîtresse de couture. Et alors elle se met à nier vraiment les avoir volé, elle s'obstine dans son mensonge pique une colère avec un tel aplomb que la maîtresse en est sidérée. Elle profite de ce que la cloche du repas sonne pour se délivrer de l'interrogatoire auquel elle est soumise, elle court au réfectoire en
feignant l'obéissance et elle crie "Ce n'est pas moi, ce n'est pas moi." Et puis tout d'un coup elle éclate en sanglots. Sa course la mène au réfectoire puis à la chapelle et c'est au bout du corridor qu'il y a ainsi un tableau représentant le baiser de Judas avec ces mots qui se mettent à flamber sur l'or du cadre "Celui qui voudra me trahir n'aura qu'à user de mensonge." Et pour une enfant de 10 ans elle va le ressentir profondément. Vous voyez, ça peut nous paraître tout ça la légende dorée, mais je crois que le Seigneur a un grand souci de la sanctification des enfants. Il y a des mystiques enfants. Et je crois que ça c'est essentiel. Parce que nous ça nous dépasse dans notre orgueil humain. Non non mais c'est
des pauvres gosses, on a pas s'en occuper mais c'est pour cela que le catéchisme est si important, la vie de prière si important pour les enfants. Le Seigneur lui n'hésite pas à façonner déjà ses enfants en faire des saints. Et alors elle ressent profondément le sens du péché, la trahison. Elle se met à genoux, elle éclate en sanglots. Et elle comprend que ce Christ si doux qui a été trahi est quelque chose d'horrible. Et il y a longtemps le Christ qui lui dit "C'est toi qui m'a mis dans cet état." Alors dans la sincérité de ce remord et bien elle va tout avouer et la maîtresse de couture lui pardonne avec une grande délicatesse infusée par François de Sales à la Visitation. Admise dans l'intimité du divin après
une bonne confession Madeleine alors éprouve un grand désir de l'Eucharistie. Et vous le savez à l'époque c'est à 12 ans que l'on communie. Et elle va s'écrier dans un élan "Seigneur, que faut-il que je ?" Jésus lui répond, elle a une vie mystique intense, Jésus lui répond "Je veux que tu me sois fidèle." Et justement par fidélité qu'un an après elle quitte les petites Marie donc l'école attachée à la Visitation pour retourner dans sa famille. Où est-ce que c'est une nouvelle crise qui la pousse à refuser comme confesseur l'abbé Grisolle qui est un prêtre de la communauté qui ne l'a peut-être pas compris dans sa vie mystique. Enfin toujours est-il que elle va être dirigée par un jésuite éminent qui va jouer un
rôle capital, le père Millet. Ce père Millet plutôt on prononce Millet qu'elle estime beaucoup va l'aider considérablement et ce père Millet rentre vraiment dans le projet de la Visitation de Saint François de Sales. Et il y a un grand respect des âmes et on voit chez évidemment cette petite Madeleine déjà une grande liberté pour choisir son confesseur. Le père Millet est un fin psychologue, il sait qu'il a affaire une âme d'élite et qu'il lui faut employer la manière forte. On pourrait se dire il va tout de suite
rentrer dans dans ses visions mystiques. Non non, il a beaucoup de bon sens et il sait comment faire. Il semble n'écouter que peu les confidences qu'elle lui fait sur les communications divines dont elle est l'objet et il va la lancer pour lui donner de la maturité, de la force pour éprouver aussi cette vie mystique, il va la lancer dans les œuvres de charité. Elle va visiter des malades dans les hôpitaux, elle va aider les malheureux dans les taudis du catéchisme pour les petits paysans frustes. La voilà active et missionnaire. Et ça c'est toujours important dans la vie vie mystique pour éprouver et ne pas uniquement louer les extases mystiques, il faut que cela passe à travers aussi des vertus naturelles et surnaturelles mais des
vertus aussi qui s'exercent dans une vie communautaire. La grâce ne supprime pas la nature. Et la sœur de de de Madeleine Anne Victoire va la suivre jusqu'au bout, elle se joint à elle. Et alors sur le passage de Madeleine, on parle de grâce reçue, de miracle, de conversion. Jésus au milieu de ses tâches dévorantes ne cesse de ravir son âme. dire, il émane d'elle comme une force attractive absolument incroyable. On veut même prier déjà où elle a prié, s'agenouiller où elle s'est agenouillée, mettre les pieds dans ses pas. La fille a 14 ans, donc je vous imaginez
et elle reste très humble. Ses biographes la décrivent plutôt petite, un peu penchée, d'aspect fragile, mais avec beaucoup de distinction, de beauté. Et alors cette intrusion dans le monde la met en contact avec la misère, avec le vice, même la débauche. Elle voit le péché sous toutes ses formes. On n'est pas dans une ville qui est connue pour sa vertu, vous imaginez bien. Et elle va aussi être confrontée au grand courant religieux de l'époque, aux querelles religieuses, aux jansénistes qui jouent vraiment au mouvement de pure à l'époque et de renouveau, d'un renouveau, mais évidemment en distance par rapport à à l'église et à l'évêque, il y a une espèce de snobisme spirituel qui est très important. Elle est
confrontée à tout cela. Elle est une jeune fille de son temps et elle est bien dans l'église de son temps. Et bien, à travers tout cela, elle va s'offrir comme victime d'amour et de réparation Sacré-Cœur de Jésus. Adolescente, elle couche déjà sur une planche hérissée de clous, se lève la nuit, pieds nus, pour lire son office. Elle se fera des mortifications qui plus tard feront même frémir ses contemporains. Pendant 2 ans, elle va parcourir Marseille, les campagnes environnantes et elle continue cette action caritative. Le père Millet continue de de de l'encourager. Et puis, voyant son humilité, sa simplicité, sa charité, sa bonté, son
équilibre, et bien, il la réintègre à la Visitation, mais cette fois au Grand Marie, au Grand Couvent, en lui disant, sur un ton un peu bourru, "Vous irez frapper à leur porte et vous vous débrouillerez toute seule." La fille a 15 ans. Un peu comme Sainte Thérèse plus tard. Mais comment vont l'accueillir les visitandines qui l'avaient euh accueillie autrefois et qu'elle avait ? Le père Millet aurait pu la diriger vers d'autres religieuses, vers des Clarisses ou d'autres communautés mais évidemment il avait compris que la spiritualité des visitandines se rapprochait le plus du cœur de Jésus. Alors elle va
pour pouvoir rentrer au couvent pour rencontrer mère Nogaret la supérieure des grandes Marie dans ce couvent de visitandines et bien elle va devoir rencontrer Monseigneur de Belsunce évêque de Marseille depuis 2 ans. Marseille compte alors sachez-le 90000 habitants. Rentre donc en lice Henri François Xavier de Belsunce de Castelmoron issu d'une illustre famille de Navarre, il est né au château de la Force en Périgord le 21 décembre 1671 et figurez-vous que ses parents avaient subi l'influence de Jeanne d'Albret la
terrible Jeanne d'Albret et il fut élevé dans le protestantisme jusqu'à 12 ans âge auquel il se convertit au catholicisme incroyable. Les jésuites le prenant en charge ont découvert un esprit fort distingué intelligent pieux et ils lui font faire de brillantes études, il entra même comme novice dans la compagnie de Jésus mais opta finalement pour le bien de l'église pour le clergé séculier. Non pas que ça aurait été un mal qu'il aille chez les jésuites mais au moins on l'aura comme évêque. Il fut ordonné prêtre par Monseigneur Mascaron évêque d'Agen et puis il va être repéré rapidement et Louis XIV en 1709 le désigne comme évêque de Marseille où Monseigneur Bernard de Poudenx venait de mourir de chagrin au milieu des
conflits jansénistes. Monseigneur de Belsunce n'avait que 38 ans quand il accède à cette charge. Marseille était prise au niveau religieux à la fois entre le jansénisme très présent encore avec toutes ces contradictions, je rentre pas dans l'historique du du du jansénisme maintenant mais toute cette vision de la grâce un peu contraignante de la prédestination qui avait fini par entraîner aussi je vous dis un certain snobisme spirituel et un attrait sur le fait que nous ayons un dieu terrible un dieu dont auquel on ne peut pas s'approcher trop des des
sacrements avec un petit nombre d'élus et puis il y a aussi ce que l'église appelle le sybaritisme c'est-à-dire une forme tout simplement de de de de pourrait dire à la fois de libéralisme et de comportement hédoniste une vision d'un christianisme très relâché et qui se complait évidemment dans la luxure. Si bien que la population est livrée à ces deux courants contradictoires à la fois terrifiée à la fois une grande mollesse spirituelle et qui finit par la conduire à la débauche et on s'éloigne de la pratique
religieuse des sacrements du culte de Marie. Or c'est l'heure même où Monseigneur de Belsunce commençait à s'employer à rendre à la ville de Saint-Lazare et de Sainte-Marie-Madeleine la pureté de la foi. Et c'est là que Madeleine vient se offrir en victime contemplative pour payer la rançon des pécheurs. Aujourd'hui on a du mal à comprendre cela mais vous voyez c'est très important dans l'histoire de de de de Madeleine Rémuzat le fait que elle fasse de sa vie une offrande. Cette dimension de l'holocauste s'unir à la passion du Christ est fondamentale pour rentrer aussi dans cette spiritualité du Sacré-Cœur. Monseigneur de Belsunce avait été édifié
par l'apostolat si fécond de cette jeune fille. Il la bénit et il lui donne l'autorisation d'entrer à la Visitation. Entrée au Grand Marie le 2 octobre 1711, jour des Saints Anges, Madeleine prend l'habit le 14 janvier 1712 et devient sœur Anne-Madeleine Rémuzat. Elle avait tout juste 17 ans quand elle prononça ses vœux définitifs le 23 janvier 1713. Désormais, l'évêque va la consulter chaque fois qu'il va entreprendre quelques missions dans les quartiers désertés. Elle garde, vous voyez, cet cet cet esprit missionnaire. Elle garde cet esprit de charité auprès des plus pauvres. Le 17 octobre 1713, 23 années après le décès de Sainte Marguerite-Marie, sœur Anne-Madeleine reçoit l'inspiration
d'être en quelque sorte la continuatrice de l'œuvre de la messagère de Paray-le-Monial. Et elle va fonder l'Archiconfrérie de l'Adoration Perpétuelle du Sacré-Cœur, dont Clément XI approuve les statuts et le règlement en 1717. Donc, vous voyez, elle a un rayonnement qui va devenir euh mondial par la suite. Là, nous avons quelque chose d'extraordinaire. L'évêque fraîchement nommé, la religieuse expérimentée dans la vie mystique sont mûrs pour s'épauler l'un et l'autre quand la justice divine va s'abattre sur Marseille. Intéressant. L'avertissement divin. En 1718, Anne-Madeleine était en prière au Grand Marie lorsque Notre-Seigneur
lui apparaît et lui fit connaître ce qui se passait dans une église de la ville, en l'occurrence celle des Révérends Pères Cordeliers. À cet instant précis, en cette église, dans l'hostie exposée à l'adoration des fidèles, le visage du divin Maître, empreint de majesté et de tristesse, apparaît aux assistants qui sont figés. Figés de peur. Quand même pas facile. On peut se réjouir, mais c'est quand même toujours impressionnant un tel miracle. Et ce prodige se produisit en plein carême le jour du carnaval. Dans les rues de la ville, la fête battait son plein, le peuple de Marseille buvait, hurlait, dansait, s'adonnait à tous les débordements sans nom. D'autant plus qu'une partie des
magistrats de la ville était particulièrement débauchée, on les connaît les magistrats de Marseille, sans scrupule dans les affaires, enseignant le mauvais exemple. Notre Seigneur fit savoir à sœur Madeleine Rémuzat que le prodige qu'il était en train d'accomplir à l'église des Cordeliers était le dernier effort de son amour pour contenir la justice divine et qu'il fallait en informer l'évêque, Monseigneur de Belsunce. Ce même jour, une autre religieuse carmélite dont le prélat était le directeur spirituel était l'objet de la même vision et recevait la même mission. Donc c'était clair. Si bien que lorsque le père Millet, alerté par Anne Madeleine, se rendit à l'évêché, Monseigneur de Belsunce était
tout à fait prêt à le croire puisque le message lui venait de deux sources différentes. L'enquête qu'il fit aussitôt à l'église des Cordeliers fut concluante, on avait affaire à un vrai miracle eucharistique qui avait eu lieu. Mais c'était un avertissement. Le Seigneur est miséricordieux et veut évidemment avant le le châtiment qu'il y ait une des conversions, une prière empêchée, qu'il y ait des Jonas qui empêchent le châtiment. Le père Millet demanda à Monseigneur de Belsunce donc d'avertir solennellement les magistrats de la ville et d'avoir à se ranger, de conduire le peuple sur le bon chemin. Sans tergiverser, l'évêque accomplit cette démarche.
Et il somma les idylles, plusieurs personnages importants, les échevins de la ville, de cesser leurs désordres, sinon le ciel m'a fait savoir qu'un grand fléau allait s'abattre sur Marseille. Donc on voit le courage de cet évêque qui n'a pas peur, qui n'a pas de respect humain et d'aller trouver les autorités politiques. Les magistrats rient. Pensez ! Monseigneur, vous nous faites rire. Ils restèrent sourds à ses exhortations. L'évêque n'épargna rien alors pour avertir le peuple afin de l'arracher aux mauvais bergers. Mais les plaisirs de Marseille sont là, l'amour du plaisir, du luxe, de la bonne chère, la soif du gain furent bien plus forts. Ajoutons à cela
que Monseigneur de Belsunce ne rencontra dans son clergé que peu d'écho car celui-ci, jusque d'ailleurs dans les communautés et ordres monastiques, était infiltré du jansénisme. Et par conséquent, tout ce qui venait d'un évêque qui était vraiment fidèle à Rome était combattu par ses propres fils. Mais le fléau arriva 2 ans plus tard sous la forme de la peste qui va tuer d'un seul coup 40000 personnes, vous entendez bien, c'est considérable pour l'époque, 40000 personnes à Marseille et dans sa région. Écrivant à mère de Gréard, supérieure des visitandines, Monseigneur de Belsunce confirmera plus tard, plusieurs années avant que le Seigneur introduisit dans cette ville la peste, bon,
il écrit comme ça. Il me fit avertir par le père Millet que Dieu lui avait fait connaître qu'il était irrité contre Marseille et que si cette ville n'avait recours à la pénitence, il allait appesantir sur elle ainsi son bras justicier d'une manière si terrible que l'univers à qui elle servirait d'exemple en serait effrayé. Ce témoignage de l'évêque est corroboré évidemment par mère Anne-Théodore Nogaret, supérieure de la Visitation. Alors, comment ça s'est ? Eh bien, c'est un bateau chargé de marchandises venant de Sidon, port de Phénicie, actuel Liban, qui apporta la peste. Ce navire s'appelait le Grand Saint-Antoine. Bah oui, il suffit pas d'avoir un nom chrétien pour être préservé de la peste. Il était commandé par le capitaine Château qui avait obtenu un exeat de
service de santé de Sidon constatant qu'il n'y avait pas de malade à bord. À Tripoli, à Chypre, l'exeat fut renouvelé. Cependant entre Chypre et Livourne, six hommes et le chirurgien du bateau moururent subitement. Sans toutes les rats dans le bateau. Une nourriture pourrie. L'exeat fut prorogé pourtant car l'alimentation sur les bateaux était si défectueuse que les sept décès ne parurent pas suspects outre mesure. Mais quand il accoste le 25 mai 1720, quand il y a le déchargement des marchandises qui se font pourtant dans l'allégresse, deux jours après on aurait pu s'inquiéter de la mort d'un autre matelot, puis d'un garde, de deux portefaix, mais il n'en fut rien. Le médecin de bord trouva les décès
naturels et les Marseillais ne s'en émurent pas. Mais d'autres vaisseaux arrivèrent et sur l'un d'eux, un autre chirurgien et toute sa famille moururent à leur tour. Ce fut le signal d'alarme. Le Grand Saint-Antoine et les bateaux qui venaient d'arriver furent renvoyés au large en quarantaine, mais trop tard, trop tard. Si on ferme pas le port, il y avait le fermer avant. De nombreuses marchandises contaminées étaient entrées dans la ville. Des passagers atteints par le mal avaient rejoint leur foyer. Un éminent médecin de la ville s'écria alors "C'est la !" Mais la pas du gain était si fort qu'on ne voulut pas le croire. Et les édiles furent brûlées dans l'île de Jarre quelques marchandises, mais ils
ne prirent pas de mesures sérieuses pour affoler affoler la population. Oui, on parlait de fièvre maligne. Ça allait selon eux bientôt disparaître, ça allait pas durer. Le 26 juillet, la mort faucha 15 personnes d'un coup rue de l'Échelle. Le lendemain, on compta 40 décès, le surlendemain 100, puis ce furent 200, 300, jusqu'à 400 morts par jour dans les maisons, dans les rues, dans la ville. Écoutez, au bout de quelques semaines, le récit de ce capucin. Alors, c'est un récit un peu ampoulé avec le style de l'époque et la vision spirituelle de l'époque, mais il faut que vous l'entendiez. Donc, ce brave père capucin décrit ainsi "Après les infirmeries, la contagion se fraya un chemin dans la ville. Les
médecins, ne connaissant pas la nature du mal, soutenaient qu'il ne provenait que des vers et des fièvres malignes. La maladie atteignit indifféremment toutes sortes de personnes. Ce fut alors que la frayeur s'empara des esprits et chacun songea à la fuite pour se garantir. Mais le Parlement rendit cette fuite impossible par un arrêt qui défendit, sous peine de vie, de recevoir ceux qui sortiraient de Marseille ou de communiquer avec eux. On se réfugia dans les maisons de campagne, les boutiques fermées, les ouvrages cessés, le commerce interrompu, les églises abandonnées. Tout nous offrait, à la vue, qu'un effrayant spectacle. Une multitude de pauvres, que la faim rendait furieux, enfonçaient les boutiques des boulangers. Ah, ça nous fait penser à quelque chose. La
contagion donnait tant de morts à la fois qu'il fallait avoir recours aux tombereaux. La vue de ces terribles chariots redoublait la frayeur des habitants. Les affligés à travers les campagnes, les autres allaient camper sous les tentes. Ceux-ci se mettaient dans des vaisseaux au milieu de la mer, ceux-là se renfermaient dans leurs maisons. Dès qu'il y avait quelques malades, la terreur obligeait les parents à les mettre à la rue sur un matelas ou bien, s'ils n'étaient pas tout à fait cruels, ils désertaient eux-mêmes la maison et les laissaient tout seuls, sans remède et sans soulagement. Les places publiques, les quais du port ne pouvaient contenir tous les mourants. Là, on voyait consumés par l'ardeur de la fièvre, demander une goutte d'eau sans qu'elle leur fut donnée. On en
voyait d'autres, emportés par le délire et n'étant retenus par personne, entrer dans des fureurs insensées qu'une mort violente seule pouvait terminer. Le ciel retentissait de cris lamentables. De petits orphelins, d'autres attachés aux mamelles de leurs mères, expirant en suçaient le funeste venin. Marseille, ce séjour de délices et de plaisir, n'était plus que celui de l'horreur, de la désolation et sa vaste enceinte n'était pour ses habitants qu'un tombeau plus étendu. Ses rues étaient couvertes de monceaux de cadavres de tout sexe et de tout état, rongés par les chiens. La mort avait fait périr tous ceux qu'on avait employés pour enlever les cadavres, il n'y avait plus dans la ville assez de vivants pour enterrer les morts. C'est là qu'on se trouva dans la dure
nécessité d'avoir recours aux galériens pour en faire des fossoyeurs. On juge des désordres qui s'en suivirent. Ce que je vous lis, évidemment, est terrible. Et c'est pas ça qui va vous remonter le moral en cette période. Mais enfin, il faut l'entendre. Oui, il semble que cette justice divine fauche indistinctement pour des raisons insondables, inhérentes à sa justice, à son amour, aussi bien les bons que les mauvais. C'est la parabole de l'ivret du bon grain. Et le père Milly est d'ailleurs mort aussi, ainsi que la plupart de ses confrères jésuites qui s'étaient tant dévoués aux malheureux. Cependant, peu après sa mort héroïque, il apparut dans la gloire, dans une vision, à sœur Anne Madeleine Rémuzat pour la consoler au milieu des tortures morales que peuvent subir des mystiques
qui, dans ces drames, essaient de vivre vraiment cette cette réparation et qui vivent intensément cette justice et cette miséricorde divine. Anne Madeleine comprit que, finalement, et comme toujours, la miséricorde l'emporterait sur la justice grâce au cœur de Jésus auquel il fallait recourir. Alors, le mal devenant de plus en plus violent, symboliquement, il ne restait plus autour de Monseigneur de Belsunce à Marseille que 12 prêtres. Vous ? 12 prêtres autour de l'évêque. En même temps, c'est tellement fort comme symbole. L'immense majorité du clergé séculier avait été décimée, on se terrait. Et le courageux évêque était sur tous les fronts. Il s'exposait sans compter et, par miracle, le mal ne l'atteignait pas. On l'a vu, écrivaient les visiteurs dignes de Marseille, traverser des
cadavres qui exhalaient une odeur intolérable pour confesser et consoler les malheureux sans faire paraître aucune crainte du danger. Quel évêque, quel ! Mère Françoise Bénigne d'Orli de Sainte-Innocent, devant l'ampleur de l'hécatombe, commanda à sœur Anne-Madeleine de conjurer Notre-Seigneur de faire connaître par quel moyen on devait arrêter le fléau. Voilà une bonne religieuse qui a bien les pieds sur terre, dit bon, on a une mystique, allez maintenant on va demander, ça suffit, moi pas durer comme ça. Combien de morts encore on va ? Alors Anne-Madeleine demande, comme avait fait Sainte-Marguerite Marie, eh bien euh elle demande à Jésus ce qu'il faut faire. Et le Seigneur va lui répondre.
Jésus demande la fête universelle du Sacré-Cœur. Mais en attendant que cet honneur solennel fut rendu au divin cœur, il convenait, dit-elle, que chaque fidèle se dévoie par une prière au choix de Monseigneur l'évêque à honorer selon le dessein de Dieu le cœur adorable de son fils. Que par ce moyen il serait délivré de la contagion et qu'enfin tous ceux qui s'adonneraient à cette dévotion ne manqueraient de secours que lorsque ce divin cœur manquerait de puissance. Ce qui veut dire jamais. Il y aura toujours la puissance du Sacré-Cœur. Ces mots déjà avaient été prononcés par Notre-Seigneur à Sainte-Marguerite Marie. Voyez, c'est très beau ce que demande le Seigneur parce que euh c'est à la fois la dimension liturgique
et en même temps une prière personnelle. Une prière personnelle qui doit être faite. Donc c'est vraiment un appel à la conversion et pour se consacrer à ce cœur adorable. Et là ils seraient délivrés de la peste. Monseigneur de Belsunce s'informait de cette nouvelle révélation, se sent pressé euh de s'y soumettre. Il est pas là en train de se dire bon, qu'est-ce qu'on va ? Il a pas réuni quantité de conseils pendant des heures et des jours pour savoir ce qu'il allait faire. Il a agi comme un évêque. Dès le 22 octobre 1720, il établissait par ordonnance la fête du Sacré Cœur dans son diocèse au jour fixé par Notre Seigneur, c'est-à-dire au lendemain de l'octave du Saint Sacrement. Et il prescrivit que cette fête fut marquée par un office double et par l'exposition
du Saint Sacrement, ce qui n'était pas encore habituel à cette époque, par l'exposition du Saint Sacrement toute la journée dans toutes les églises du diocèse. Et cela sans attendre l'année 1721. Il prépare sur le champ tout son diocèse pour une consécration solennelle au Sacré Cœur et il fit dresser le 1er novembre 1720, fête de tous les saints, à un autel, un grand autel à l'entrée du cours public. Et alors là, on vit ce spectacle incroyable. Ce grand évêque, ce grand évêque aristocrate arrive pieds nus, la corde au cou, le crucifix entre les mains. Le grand évêque savant, suivi de ses 12
prêtres, In troïbo adaltaré de il y a de déum colétificat juventutem meam. Ignorant brusquement le danger, des hommes sortirent des maisons. Les femmes, voyant ce spectacle complètement insolite de l'évêque la corde au cou, arrivant, les femmes, leurs enfants à la main, coururent à lui criant "Miséricorde, !" mais lui montrant l'autel, quand il fut arrivé aux premières marches, c'est une véritable foule qui se jette à genoux. Malgré l'émotion qui couvrait son visage de larmes, il réussit à prononcer à haute voix la consécration de son humble personne, de ses diocésains au Cœur de Jésus, puis il célébra la messe du Sacré Cœur et distribua lui-même la communion
avec ses 12 apôtres. Aussitôt, il se produisit une chose incroyable, sensible. Le mal immédiatement diminua, comme un grand vent qui arrivait, qui avait l'air de repousser la peste vers la mer. L'atmosphère parut plus limpide, plus pure, les sons plus clairs. La peste s'en allait, décrochée, vaincue par la contre-offensive surnaturelle. Le sacrifice de Jésus, renouvelé sur l'autel selon la volonté d'amour de son Sacré-Cœur, avait seul pu fléchir ainsi la justice divine. La sainte messe du Sacré-Cœur avait triomphé du mal. Comment ne pas penser alors, eh bien, à une messe perpétuelle que demandera plus tard
Jésus et comme a fait notre évêque, Monseigneur et le samedi dernier, où il a voulu au moins commencer avec cette succession de messes, je crois que c'est la messe aussi qui répond à l'appel du du Sacré-Cœur puisque c'est l'acte d'amour par excellence de Jésus. Et voilà, Marseille délivrée de la peste par le Sacré-Cœur, c'est incroyable. Mais toutefois, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, ce qui restait des responsables de cette malheureuse ville ne s'était pas associé à ce geste si important de l'évêque. Il y avait encore bien des cœurs endurcis et dans l'élite de la cité. Et à cause d'eux, dès que la la calamité
eut cessé, le peuple, souvent ingrat et versatile, retourna à ses désordres. On constata même un sacrilège dans une église de la ville. On vola des vases sacrés, on profana des hosties. Du coup, au mois de mai 1722, la peste éclata de nouveau et sévit avec autant d'intensité que la première fois. Marseille redevint un vaste hôpital et un vaste cimetière. Terrible, comment ne pas penser aussi dans dans l'Ancienne Alliance à l'histoire du peuple juif et qui retombe dans les péchés et et et Dieu permet que des calamités arrivent et le peuple se convertit puis retombe. Terrible humanité. Souvent quand le mal revient, plus il est en général démoralisateur, il
provoque bien souvent des révoltes des blasphèmes. Et bien c'est au milieu de tel cri que Monseigneur de Belsunce lui ne se démoralise pas. Il redouble de foi et de courage, il affirme que la rechute des habitants dans le péché était la seule vraie cause du retour du fléau et il s'adresse aux magistrats. Et il leur il leur adresse une exhortation. Les précautions messieurs que monsieur le gouverneur et vous prenez pour arrêter le progrès de ce qui cause nos justes alarmes sont dignes du zèle et de la sagesse des véritables pères de la patrie. Mais vous le savez messieurs, vos soins vos peines et vos travaux deviennent inutiles si Dieu lui-même ne daigne les bénir. Oh qu'il faudrait entendre cela aujourd'hui. Je viens donc vous exhorter aujourd'hui à commencer par un acte de religion qui
soit capable de désormais le bras vengeur qui paraissait lever de nouveau contre nous. Vous souvenez sans doute qu'au jour de la Toussaint 1720, je consacrais la ville et ce diocèse au Sacré-Cœur de Jésus, source inépuisable de toutes les grâces et de toutes les miséricordes et que dès ce même jour nos maux diminuèrent sensiblement continuellement et sans rechute. Mais vous devez vous souvenir aussi messieurs les échevins ne purent alors paraître entrer dans cette consécration ni prendre aucune part à ces saintes cérémonies qui furent faites ensuite en l'honneur de Jésus-Christ notre libérateur. Pour réparer cela messieurs, je crois devoir vous proposer de faire incessamment mais sans cérémonie un vœu stable au divin Cœur de Jésus. De quoi ? Mais il leur demandait un acte
d'humilité, de conversion. Il faut admirer d'ailleurs avec quelle douceur et quelle intelligence il le fait. Monseigneur de Belsunce tâche de briser l'orgueil de ces grands personnages, il les appelle les pères de la patrie, vante leurs pauvres mérites et puis il leur dit ben puisque vous avez pu entrer dans cette création, je vous demande au moins de le faire et même individuellement, de le faire personnellement même de manière non publique mais qu'il y ait au moins un acte de foi. Il respecte même quelque part leur amour-propre. Et il désire que vraiment il puisse continuer par la suite à perpétuité aller tous les ans au jour que j'ai fixé la fête du Sacré-Cœur de Jésus entendre la Sainte Messe dans l'église du 1er monastère de la Visitation dit communier
et d'y offrir un cierge ou un flambeau de cire blanche pour brûler devant le Saint-Sacrement et assister le soir même à une procession générale d'action de grâce. Et là, cette fois il touche les cœurs. Ils comprennent. Le chef-d'œuvre de fermeté, de charité, de délicatesse, de psychologie, de diplomatie d'un tel texte n'est plus à souligner et ils comprennent que là, il faut s'y mettre et c'est Monsieur Moustier qui va faire amende honorable et qui emporte l'adhésion de ses confrères. Et on lit en effet dans le procès-verbal de cette réunion que ils décident véritablement de répondre à l'appel de l'évêque et même de venir cette fois publiquement et de communier. En fait d'acte discret non public, le texte de Monsieur Moustier dit signé
d'ailleurs de Dieu d'E de Rémusat de la famille Rémusat, de la famille Saint-Michel, des échevins de de de la ville. On voit bien qu'à travers ce texte, ils sont prêts cette fois à faire fi du respect humain et à pouvoir exercer cette cette consécration.
Cet acte se passe à la cathédrale de Marseille. Dès ce jour, comme la 1re fois, le nombre de malades diminue. En cette fête du Saint-Sacrement en revêtu des robes du jour s'étant avancé tous les quatre et mis à genoux au marche du pied du maître autel au devant de qui nous avions le Très Saint Sacrement en main pour marcher en protestant en procession. Nous attestons, disent les échevins, que le sieur Moustier portait la parole au nom de nous quatre et a fait et prononcé en nos mains le dit vœu. Le nombre de malades alors disparaît immédiatement. Devant ce constat, on redoubla de prières publiques et à la fin d'une neuvaine ordonnée par le grand évêque en la chapelle du 1er monastère de la
Visitation, la peste cessa complètement. On attendit 40 jours encore et même plus pour y croire définitivement. Marseille avait énormément souffert. Non seulement toutes les familles avaient été éprouvées, le commerce avait été réduit à néant et l'univers entier, c'était le cas de le dire, avait été frappé par la crainte, avait cessé toute activité en direction du grand port. Pour être libérés totalement, les Marseillais attendirent la parole de l'évêque, parole devenue cette fois oracle, et le 21 septembre, il leur dit "Mes très chers frères, vos craintes et vos alarmes ont fini, leur dit-il, il n'y a plus d'apparence de contagion dans cette ville et dans le terroir. Toutes les maladies, quelles qu'elles puissent être, y ont tellement cessé en temps considérable." Et figurez-vous qu'on va
observer qu'il n'y aura plus de maladies contagieuses au moins jusqu'à la Révolution. Plus de maladies contagieuses, ! C'est absolument incroyable. Il y aura d'autres foyers de la peste dans différentes régions, même en Provence, pas Marseille. Terminé. Alors, je sais pas ce qu'il en est, c'est de la grippe, mais en tout cas, je peux vous dire qu'il n'y avait plus de maladies contagieuses. "Que les souvenirs, dit-il, de ces prodiges soient jamais gravés dans vos esprits et dans vos cœurs, racontez-le souvent à vos enfants et que vos enfants le disent aux leurs et cela aux races suivantes." C'est pour qu'on l'entende aujourd'hui. "Et que la mémoire en passe aux siècles futurs. Annoncez votre délivrance et publiez-la aux extrémités du monde. Publiez la gloire de votre libérateur
parmi les nations et ses merveilles parmi les peuples chez qui le commerce vous conduira désormais." Quelle victoire ! Emporté par une inspiration irrésistible, l'évêque donnait alors une dimension universelle au Sacré-Cœur, cette dimension que Notre-Seigneur avait promise à Sainte-Marguerite Marie en lui disant "Je régnerai malgré mes ennemis. Si tu crois, tu verras la puissance de mon amour." Et bien, les Jésuites vont propager, suite à cette cette histoire de Marseille, une grande dévotion au au Sacré-Cœur. "Annoncez", poursuivait l'évêque, disait-il aux jésuites, "Annoncez que c'est au Sacré-Cœur de Jésus seul que vous devez votre salut et duquel aussi ils doivent attendre leurs forces et leurs consolations dans toutes les tribulations."
Le pasteur exhorta ensuite son peuple à ne plus irriter le ciel par de nouveaux désordres et il fait même allusion pour le clergé au jansénisme qui créait toujours des divisions et qui avait contribué pour sa part à tirer de si grands maux par sa rébellion. Et puis on parlait aussi de dévotion évidemment à Notre-Dame et vous savez comment les jansénistes se sont opposés violemment à évidemment à la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Ils trouvaient qu'ils trouvaient ça scandaleux, ridicule. Ce qui confirmait les paroles de sœur Anne-Madeleine Rémuzat, "Dieu m'a montré qu'il voulait purger l'église de Marseille des erreurs dont elle était infectée." Donc il y avait pas euh que les conduites immorales, les beuveries des Marseillais. C'était aussi les erreurs doctrinales.
Jésus avait ouvert son cœur adorable comme source de toute vérité, dit Anne-Madeleine. Pendant 70 ans, jusqu'en 1792, les échevins successifs de Marseille ont été fidèles au vœu du 4 juin. Il va y avoir une interruption évidemment avec la Révolution et de toutes ses conséquences, mais en 1807, lors du rétablissement du premier monastère de la Visitation, Monseigneur Champion de Cicé, et bien, rappela aux échevins ce devoir et cela reprit. Chers amis, cette histoire est extraordinaire. Anne-Madeleine Rémuzat mourra le 15 février 1730 à l'âge de 33 ans. Comme notre chère sainte Faustine.
Pour expier les péchés de Marseille, elle avait souffert énormément et y avait reçu les stigmates. À son décès, une clarté lumineuse enveloppa le monastère des Grandes Maries ainsi que le château de la Glacière à Oriol. Son évêque, des dizaines de prêtres, une foule innombrable lui rendirent les derniers hommages. Son cœur a été pendant un temps monastère de la colline Saint-Jérôme et il est maintenant à la basilique du Sacré-Cœur à Marseille. Je tiens aussi à remercier Monseigneur Elul qui a écrit une biographie qui est le postulateur de la cause qui est n'est toujours pas bienheureuse mais la cause avance bien. Espérons que pour l'anniversaire de sa mort et bien ou même avant de dire pour le centenaire de sa mort euh
on puisse avoir véritablement euh Anne-Madeleine Rémuzat comme bienheureuse. Je me suis beaucoup inspiré aussi de l'ouvrage remarquable de Claude Mouton, ils ont regardé ils ont regardé celui qu'on a transpercé et ouvrage qui nous montre comment la spiritualité du Sacré-Cœur a traversé toute l'histoire de de notre pays. En tout cas les Marseillais ont continué de prier longtemps Marie, il y a eu d'autres faits, ils ont été délivrés des Anglais en 1747 car la flotte anglaise par opposition à la France et suite à la à la guerre de succession d'Autriche, je passe sur les détails et bien empêchait
les bateaux Marseillais de de rentrer au port et parfois il il se servait. Or un jour un convoi de 40 navires richement chargé se trouva bloqué au large. Les Anglais s'apprêtaient à faire main basse sur les marchandises quand Monseigneur de Belsunce toujours plein de foi, sensible au malheur de son peuple, décréta les 40 heures en l'honneur du Sacré-Cœur et donc l'adoration l'honneur du Sacré-Cœur. Les navires marchands réussirent alors malgré les vents contraires à forcer un blocus. C'était un véritable miracle. Les pauvres Anglais étaient là, ne bougeaient pas et tous les navires ont pu rentrer au port face au blocus. À ce spectacle tout Marseille a bien compris de quoi il s'agissait. Autre fait, le vendredi 2 février, 1er vendredi du mois 1748, les troupes
ennemies qui avaient envahi la Provence menaçaient Marseille et en fin de compte, on ne sait pas pourquoi le jour de la purification et bien ou plutôt on sait très bien pourquoi et de la présentation de l'enfant Jésus jour consacré par l'évêque au Sacré-Cœur et bien ce jour-là les les troupes ennemies partir vers le Var et et ainsi Marseille fut préservée. Le Sacré-Cœur a donc montré sa puissance, prions-le aujourd'hui. Tournons-nous vers sœur Anne Madeleine Rémuzat et demandons-lui la force de résister à ce terrible fléau. Cœur sacré de Jésus, j'ai confiance en
vous. Cœur sacré de Jésus, ayez pitié de nous. Amen.