Budget : ou trouver les 40 milliards ? - Reportage 15.04.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
mois, mais F.Bayrou tire déjà la sonnette d'alarme. "La vérité permet d'agir", c'est le nom qu'il a donné à cette opération de communication.
La France va devoir économiser au moins 40 milliards d'euros pour le budget 2026. - Ce matin, rue de Ségur, c'est bien le Premier ministre qui a convié la presse, mais c'est le professeur Bayrou qui a pris la parole. - F.Bayrou: La ligne bleue qui est désormais en bas de l'écran, c'est la production française.
Nous sommes le pays du monde qui dépense le plus d'argent public. C'est l'explication brute du taux d'emploi qui est faible chez les travailleurs français. - La France en état d'alerte budgétaire, assure le Premier ministre.
Son obsession: le poids de la dette, plus de 3000 milliards d'euros. - F.Bayrou: C'est comme si chaque Français devait à sa banque près de 50 000 euros. - Avec des intérêts qui pèsent chaque année sur le budget de l'Etat. - F.Bayrou: Il y a une bonne dette à côté d'une mauvaise.
Nous aurions dû investir dans la recherche et dans l'innovation, nous avons préféré la dette de facilité qui finance le train de vie quotidien, nos feuilles de maladie d'aujourd'hui, les déficits de fonctionnement et les dépenses courantes. - Constat cinglant. Mais quelles mesures pour économiser 40 milliards d'euros sur le prochain budget?
Aucune précision du Premier ministre. Au locataire de Bercy de détailler. - E.Lombard: Nous ne souhaitons pas, malgré les demandes faites, augmenter les impôts ou les charges des entreprises.
Ce sont des entreprises qui sont au coeur de la compétitivité. - Pas d'impôt supplémentaire pour les particuliers, assure E.Lombard, mais une baisse des dépenses de la Sécurité sociale ou des coupes budgétaires dans le fonctionnement de l'Etat.
Pour la CGT, c'est aux entreprises et aux plus aisés de payer. - S.Binet: Les débats de ce matin étaient limités.
Il s'agissait juste de regarder la réalisation du budget 2025 sans possibilité de débattre du budget 2026, sans avoir d'informations sur quels crédits seraient gelés alors qu'on nous parle d'au moins 5 milliards de crédits qui seraient gelés. Nous n'avons eu aucune information ni aucun dialogue constructif ce matin. - Pas touche aux entrepreneurs pour le patron des patrons.
Mais pourquoi pas rééquilibrer les comptes en s'attaquant aux retraites? - Ma position est connue et très raide. Je l'assume.
Il faut qu'on équilibre notre régime de retraite. Quel est l'intérêt des entreprises directement à ce que les retraites soient équilibrées? Il n'y en a pas.
On prend en compte l'intérêt des retraités eux-mêmes. Il ne faut pas se raconter d'histoires. Les régimes de retraite voleront en éclats si on ne les équilibre pas. - Autre solution du Medef: supprimer l'abattement de 10 % sur les impôts des retraités.
Un moyen d'épargner les actifs. Mais pour l'heure, l'essentiel de l'effort devrait être supporté par les collectivités territoriales avec 8 milliards d'euros d'économies demandés par le gouvernement. Les élus locaux contestent leur responsabilité dans le déficit. - C'est de l'hyper-bureaucratie qui multiplie les dépenses inutiles et absurdes.
Si on veut plus de policiers, d'infirmiers et d'enseignants au contact des gens, il faut qu'il y ait moins de bureaucratie. - Un ensemble de mesures encore à arbitrer d'ici la mi-juillet, promet F.Bayrou.
Objectif clair: repasser sous la barre des 5 % de déficit en 2026. - A.de Tarlé: Question.
Il y a l'idée de supprimer l'abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités pour frais professionnels et il y a la Cour des comptes qui dit qu'il ne faudrait plus indexer les retraites sur l'inflation. - B.Boucher: C'est les 2 pistes qui tournent pour les retraités.
La Cour des comptes avance ça en disant qu'on peut désindexer les retraites de l'inflation et pourquoi pas les indexer sur les salaires. Cet abattement fiscal avait déjà été discuté dans le précédent budget. Ca fait plusieurs fois que les retraités sont dans la ligne de mire.
Pourquoi? Parce que dans les années 70, il y avait 4 retraités pour 1 actif. Aujourd'hui, il y en a 1,8.
En 2070, il y en aura 1,2. Notre système par répartition est voué à l'échec si on continue comme ça. Il faut trouver d'autres solutions.
Est-ce qu'on fait de la répartition et de la capitalisation? C'est très tabou en France, même si ça existe déjà avec l'Agirc-Arrco. Aujourd'hui, le système social, la charge sociale repose quasiment essentiellement sur les actifs.
Comme il n'y a pas suffisamment d'actifs pour le nombre de retraités à l'avenir et dès aujourd'hui, on a un système en déséquilibre et un taux de natalité trop faible pour pouvoir assurer cet équilibre dans l'avenir. Il est probable que les retraités soient mis à contribution, mais c'est politiquement inflammable. Les retraités votent pour E.Macron, pour la droite.
Aller taxer les retraités, c'est aussi dangereux dans la perspective des municipales et de la présidentielle. - A.de Tarlé: On a vu dans le reportage P.Martin, président du Medef, qui pointe du doigt le côté saugrenu que les retraités bénéficient d'un abattement fiscal de 10 % pour frais professionnels.
Quand on est à la retraite, on n'est plus en activité. - C.Barbier: L'efficacité économique et la justice sociale plaident pour une mesure qui pénalise un peu les retraités.
Du moins, certains retraités. Beaucoup de retraités ont une toute petite retraite. Il y a toute une génération, les baby-boomers, qui a connu le plein-emploi, qui a connu une augmentation du niveau de vie, qui a profité de l'inflation pour rembourser ses dettes...
Cette génération doit se dire: "Stop. On doit aider nos enfants et petits-enfants." Il y a 100 ans, c'était simple.
On mourrait beaucoup plus jeune. Les petits-enfants et enfants héritaient. Là, ce n'est plus le cas.
Il faut faire un transfert générationnel pour aider les actifs et les enfants des actifs. Les retraités qui le peuvent le font déjà. Ils font des donations, hébergent leurs petits-enfants...
Ils le font naturellement. Il faut le mettre au coeur de la réforme. Encore faut-il bien expliquer.
Sinon, il y a une sanction terrible: le vote. Les retraités votent beaucoup. Un gouvernement qui vient les ponctionner est un gouvernement qui prête le flanc à la sanction électorale.
Dans un an, il y aura les municipales. - A.de Tarlé: Dire qu'on supprime l'abattement fiscal de 10 % sur les retraités, ça ne toucherait que les retraités les plus aisés.
Ce n'est pas une économie. Ca revient à augmenter les impôts. C'est la recette classique qu'on fait tout le temps. - S.Hoibian: Les gens ne sont pas dupes.
Ils se rendent compte que ça augmente leurs impôts. Les retraités, ils ont eu de manière générationnelle des conditions de vie plutôt favorables. C'est un peu en train de changer avec la réforme des retraites notamment.
Ils ont un niveau de vie proche de celui des actifs. Ils ont des plus petits revenus, mais c'est aussi des plus petits foyers. Ils sont déjà en général propriétaires de leur logement.
Avec la réforme des retraites en cours, mais on ne sait pas ce que va donner le conclave, on est sur un possible appauvrissement de la population des retraités. Tout le monde ne va pas arriver à aller jusqu'au bout des années
François Bayrou