Rapprochement Carrefour - Couche-Tard, chloroquine, Trump exclu des réseaux sociaux... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Retailleau
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Bonjour Bruno Retailleau. Bonjour Père Fauvel. On va parler bien sûr avec vous des mesures sanitaires que devrait annoncer le Premier ministre tout à l'heure en fin d'après-midi. Mais d'abord, la situation chez Carrefour, le géant français de la distribution qui pourrait se faire racheter par l'un de ses concurrents, le groupe québécois Couchetard. Est-ce que vous y êtes favorable ? Moi j'invite Bruno Le Maire, puisque j'ai entendu qu'il avait fait cette proposition, j'invite à être cohérent. Pourquoi ? La proposition de Bruno Le Maire, je vais la préciser pour nos auditeurs et téléspectateurs, il l'a menacée d'un veto de l'État sur ce qui est pour l'instant un rapprochement.
Au titre de la souveraineté alimentaire. La souveraineté alimentaire, il y a aussi le CETA, vous savez cet accord entre le Canada et puis l'Europe, que je trouve moi une atteinte à notre souveraineté alimentaire. D'ailleurs, les députés En Marche l'ont voté, mais ce texte depuis 18 mois devrait arriver au Sénat. Il n'arrive pas au Sénat. Pourquoi ? Parce que le Président de la République, le Premier ministre, savent que le Sénat veut refuser ce texte au nom de la souveraineté alimentaire. Donc vous voyez, il y a deux poids, deux mesures. Il y a un problème, de même qu'autre incohérence. Moi, j'ai été Président de la région Pays de la Loire.
Je me suis battu pour que les chantiers de l'Atlantique restent français. Et Bruno Le Maire voulait les vendre à Fincantieri, un Italien. Alors même que l'Italien travaille avec des Chinois, alors même qu'au chantier de l'Atlantique, vous avez l'immense cale qui va nous permettre de bâtir le successeur du porte-avions, Charles de Gaulle. Et pour en revenir à Carrefour, qui est le premier employeur privé de France, 100 000 personnes employées en France, 300 000 au total dans le monde. Est-ce que vous imaginez ce groupe passer sous pavillons étrangers ? Ce n'est pas ce qui me plaît le plus. Je pense que la question de la souveraineté alimentaire, elle est capitale.
Vous savez qu'en 2023, en France, nous importerons peut-être plus de produits agricoles que nous en exporterons. Alors qu'il y a quelques années, il y a 10 ans, nous avions une balance commerciale extérieure de 11 milliards à cause de notre compétitivité. Vous savez, la question de la souveraineté, c'est d'abord la question de la compétitivité. Moi, ce que je demande aussi au gouvernement, c'est des mesures de compétitivité, bien évidemment. Mais c'est d'abord une cohérence. On ne peut pas être pour la souveraineté alimentaire avec Carrefour et vouloir enteriner le CETA, qui est aussi un mauvais accord en termes environnementaux, parce qu'on a de la viande en France.
Pourquoi est-ce qu'on va importer de la viande à des milliers de kilomètres, qui est en plus élevé, les bovins, avec des méthodes que nous ne pratiquons pas, de moindre qualité ?
Vous n'êtes pas naïf, vous savez très bien qu'une offre de rapprochement, c'est sans doute avaler le groupe Carrefour et donc un risque de casse sociale. Qu'est-ce que vous répondez là aux syndicats qui disent, on va faire attention à ça, nous, on ne veut pas ça ?
Mais bien sûr, mais évidemment, je suis simplement, vous m'avez questionné, et moi je veux élargir la question, parce que la politique, ça doit être avant d'élargir. Bien sûr, bien sûr, mais pourquoi Bruno Le Maire dit, attention, ce n'est pas par rapport à la casse sociale, c'est par rapport, d'abord, il met en avant le principe de la souveraineté alimentaire. Non, non, et il s'appuie d'ailleurs sur un texte, un décret exactement, qui est important, parce qu'il faut qu'on se protège. Et moi, je suis partie des choses qu'il faut protéger en France, ce n'est pas votre avis, visiblement, vous dites-vous. Mais si on laisse faire la loi du marché, c'est un groupe attaqué. C'est l'inverse.
Je me suis battu sur les chantiers de l'Atlantique, pour que cette entreprise, qui va fabriquer sans doute dans sa cale le futur porte-avions, reste française.
Je me bats pour que le CETA... Pourquoi vous n'avez pas cette position-là dans le cas de Carrefour ?
Parce que je pense que sur Carrefour, il y a des concurrents. La casse sociale, c'est un vrai problème, et là, on doit être... Si l'acquisition proposée par le Canadien aboutit à une casse sociale, il faut refuser, bien sûr. Il n'y a pas de souci. Mais je veux une cohérence. La souveraineté alimentaire, ça doit être, pour l'ensemble des activités économiques, justement, de souveraineté. Et, encore une fois, les chantiers de l'Atlantique, il y a une souveraineté en termes industriels et presque militaires. On en vient à la situation sanitaire avant les annonces du Premier ministre tout à l'heure.
Oui, il doit s'exprimer en fin d'après-midi pour faire un point sur la situation, et peut-être annoncer un nouveau tour de vis pour faire face à l'épidémie. Jean Castex, qui était hier devant vous au Sénat, le Premier ministre, qui s'est montré plutôt offensif et a défendu sa gestion de la crise. La France n'a pas à rougir de sa stratégie globale de lutte contre cette pandémie. Je demande simplement que nous ne nous auto-flagélions pas. C'est de la France... Non, non, c'est pas d'auto-satisfaction, M. le Sénateur. Non, ce sont les Françaises et les Français qui ont fait les efforts nécessaires, comme on l'avait demandé entre Noël et Jour de l'An, qui en sont largement responsables.
C'est pas vous qui criez à ce moment-là. Non, ce n'est pas moi qui criez.
La France n'a pas à rougir, ce n'est pas de l'auto-satisfaction. Vous partagez ce que dit le Premier ministre.
Non, je ne le partage pas, mais je ne le partage pas du tout. Et d'ailleurs, quelle voix a-t-on entendu pour dénoncer les lenteurs en début d'année ? C'est le chef de l'État lui-même, aux côtés bien sûr de l'opposition. Il a bien vu parce que les Français, vous voyez, et les Français se sont peut-être humiliés parce qu'ils constataient que la France était à la traîne du monde, à la traîne de l'Europe. Aujourd'hui encore, j'ai regardé hier soir les chiffres de la vaccination, l'Espagne fait deux fois mieux que nous, l'Italie quatre fois mieux que nous.
Après, il n'y a pas d'autres pays européens qui font beaucoup moins que nous.
Non, mais regardez le classement. Il est sur un certain nombre de sites. Voilà, donc je crois qu'il ne s'agit pas de s'auto-flageller. Il s'agit de regarder les choses en face. Il s'agit d'accélérer, vraiment. Il y a eu un problème de logistique. Il y a eu un problème de conception. On l'a bien vu, nous avons auditionné avant-hier Olivier Véran. Lorsqu'on lui a demandé le calendrier, qu'est-ce qu'il nous a répondu ? Il dit, écoutez, le calendrier, ça ne dépend pas du ministre. Ça dépend de l'homologation des vaccins. Mais je suis désolé, ça dépend aussi du ministre. On aurait pu saturer, il faut, une stratégie de flux tendu.
Quand on a des doses, on n'attend pas d'avoir des gens qui veulent les doses. On vaccine, c'est pour ça qu'il fallait des vaccinodromes. Ils étaient opposés aux vaccinodromes. Ils ont changé. Ils ont aussi élargi le grand public. Le public cible notamment avec les plus de 75 ans, avec dès lundi... Ils ont accédéré le calendrier. Ils ont accédéré. Ce calendrier, il a été défini par un organisme indépendant, qui est la Haute Autorité de Santé. Il a été présenté le mois dernier devant le Parlement. On n'a entendu personne à droite à l'époque dire « c'est pas comme ça qu'il faut faire ».
Mais parce que quand on nous a présenté, et moi j'étais là, lorsque Olivier Véran, le Premier ministre, avait été confiné puisqu'il n'était qu'à contact du Président de la République. Mais tout était bien, comme d'habitude, dans le meilleur des mondes. Et donc nous, on veut que ça marche. Quand il a été décidé de commencer par les EHPAD... Pourquoi est-ce qu'à l'époque, j'aurais mis en cause, fait un procès d'intention, au ministre, ou au Premier ministre, ou au ministre de la Santé, j'ai simplement, moi, demandé à l'époque qu'on ne commence par les plus fragiles, oui, mais qu'en même temps, les plus fragiles, on fasse les soignants. C'est ce que j'avais demandé.
C'est pas ce que demandait la Haute Autorité de Santé ? La Haute Autorité de Santé, elle disait d'abord les pensionnaires des EHPAD et les personnes qui y travaillent. Absolument, et ensuite, pour les plus de 50 ans... Donc il aurait fallu contourner la décision de la Haute Autorité de Santé. Mais bien sûr, on a la décision politique. Il y a des instituts. On croule sous les organismes. On en a créé un autre la semaine dernière, un Haut Conseil, vous l'avez vu, pour la stratégie vaccinale. Eh bien, on a un foisonnement de comités théodules. Très bien, mais la décision politique, elle est importante.
Et à partir du moment où la décision était celle aussi de la HHS, de la Haute Autorité de Santé, il aura fallu anticiper les consentements. Le consentement, par exemple, c'est pas la Haute Autorité de Santé qui a dit qu'il fallait distribuer un document dans les EHPAD de 45 ou de 50 pages.
C'était pour le directeur des EHPAD, c'était pour le personnel, pas du tout pour les résidents.
Mais pourquoi est-ce qu'à ce moment-là...
Contrairement à ce que dit Gérard Racher, d'ailleurs.
Non, non, c'est faux. D'ailleurs, le président a dit que ce document de 58 pages avait été distribué à son père, qui est en EHPAD, alors que c'est un document... Et ça a été reconnu. Le président de la République a lui-même indiqué qu'il y avait un document de 45 pages. Alors, 58-45, on va pas chipoter à 13 pages près. Mais le document, il n'était pas réservé. Contrairement à ce qu'a dit par nombre de notables... C'est important parce que cet argument, on l'a entendu partout. Contrairement à ce qu'a dit le président du Sénat, ce document n'était pas destiné aux résidents des EHPAD, mais au personnel qui les vaccinent. Juste pour dire que je connais bien Gérard Racher, il ne ment pas.
Il a été voir son papa, et le document était dans la chambre de son papa. Son papa le lui a donné parce qu'il était tétanisé devant cette pile de pages. Et sachez qu'on a un gros inconvénient par rapport à vous. Nous, nous ne connaissons pas personnellement Gérard Racher, mais on l'a contacté cette semaine à plusieurs reprises avec la cellule Vrai du Faux de France Info pour qu'il nous fasse parvenir ce document. Il me l'a fait. Je l'ai vu. Je l'ai vu. Ah ben, vous nous l'apporterez la prochaine fois, le document ? Non, mais ça dépend de Gérard Racher. Ce que je veux dire... Pardon, je vous interromps.
Ne mélangeons pas la responsabilité de la haute autorité, c'est-à-dire de ces organismes scientifiques, et la décision politique. Parce que, une fois que la décision politique est prise, la mise en œuvre appartient aux politiques. Et ce que je dis, moi, c'est que la mise en œuvre a été défaillante. On l'avait vu avec les masques, on l'avait vu avec le dépistage, on le voit aujourd'hui encore avec l'isolement. parce qu'on va sans doute parler des mesures qui seront annoncées dans quelques heures par le Premier ministre. On y vient. On y vient. Si vous le permettez, c'est juste après le fil inférieur. Je vous en prie. 8h42, Diane Ferschit.
Nouvelle phase dans la campagne de vaccination. Dès lundi, elle sera ouverte aux plus de 75 ans. Il faut s'inscrire à partir d'aujourd'hui sur le site santé.fr où par téléphone, 5 millions de personnes sont concernées. Et le gouvernement doit annoncer de nouvelles restrictions selon les informations de France Info. Le couvre-feu des 18h risque d'être étendu à tout le pays. Jean Castex et 6 de ses ministres s'exprimeront. En fin de journée, ce sera à suivre sur France Info. Ce n'était pas arrivé depuis 8 mois en Chine. Le pays enregistre un mort dû au Covid-19 alors qu'une équipe d'experts de l'Organisation Mondiale de la Santé est arrivée sur place.
Ils vont enquêter sur les origines du coronavirus. Après les réserves de Bruno Le Maire, hier, la ministre du Travail, Elisabeth Ban, se dit ce matin opposée au rachat de Carrefour par le groupe canadien Couche-Tard. Une opération évaluée à plus de 16 milliards d'euros. La Moselle, la Meurthe et Moselle, les Vosges et la Meus suspendent. Les transports scolaires au total, dix départements du Nord-Est sont en vigilance orange à la neige et au verglas. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Braquia, Marc Fauvel.
Toujours avec Bruno Retailleau, le président du groupe Les Républicains au Sénat. Est-ce que vous, vous êtes favorable à la mise en place d'un passeport vaccinal ?
Non, c'est ridicule. Qui permettrait aux gens d'aller dans des lieux. C'est absolument ridicule. Puisque aujourd'hui, vous avez 250 000 Français qui sont vaccinés. C'est-à-dire que vous avez des millions ou des mêmes, des dizaines de millions de Français qui voudraient se faire vacciner, mais qui ne le peuvent pas. Donc c'est un débat totalement surréaliste.
On est à 250 000 aujourd'hui, mais ça va avancer.
Totalement surréaliste. Totalement surréaliste. Non, non, on a ce retard. Et le problème, c'est qu'on est engagé contre une course contre la montre. Parce que chaque jour perdu, ce sont des vies qui seront perdues. Chaque jour perdu, c'est une reprise économique, sociale, avec des souffrances aujourd'hui, des dépressions, qu'on va aussi repousser. Et je pense qu'il faut vraiment accélérer beaucoup, beaucoup plus, faire du flux tendu et transformer tout de suite les doses en personnes vaccinées. Ce qu'on ne fait pas encore aujourd'hui. La piste du reconfinement a priori a été écartée. C'est ce que l'a suité le gouvernement, en tout cas ces derniers jours, dans la quasi-totalité des médias.
Et ce qu'a confirmé ce matin le service politique de France Info, ce sera a priori couvre-feu pour tout le monde à 18h, et plus seulement dans les 25 départements où c'est le cas depuis quelques jours. Est-ce que c'est une mesure qui vous semble un bon compromis entre la nouvelle donne de la circulation du virus, et notamment de son variant anglais, et la situation des Français qui auraient sans doute du mal à supporter un troisième confinement psychologiquement et économiquement parlant ? Faisons tout pour éviter un autre confinement. Vous avez raison, parce que ce n'est pas seulement un problème économique, c'est aussi un problème sanitaire.
On a vu les violences conjugales qui avaient explosé, on a vu des dépressions, on a vu des suicides. Aujourd'hui, il y a des étudiants, il y a des jeunes qui sont dans des situations, mais vraiment de désespoir. On doit éviter le confinement, y compris pour des raisons sanitaires. Première chose. Deuxième chose, quel est le problème auquel on doit faire face ? On sait que d'ici deux mois, la souche du virus qui sera dominante en France, ce sera le variant anglais. C'est ce que disait hier à votre place le président du conseil scientifique, Jean-François Delfoisier. Il est plus expert que moi. J'ai écouté effectivement ses propos. Le problème de ce variant, c'est la contagiosité.
Donc nous, toute notre stratégie doit être tendue sur un objectif. Casser la contamination. Comment la conste-t-on ? On la casse, évidemment, probablement par la vaccination, on vient d'en parler. Mais on doit aussi la casser sans abandonner la stratégie, le triptyque, dépister, on y arrive beaucoup mieux. Tracer, je ne peux pas vous dire aujourd'hui, malheureusement, on n'a pas la transparence, on n'a pas de chiffres. Mais aussi isoler. Et on sait que, là encore, pratiquement un an, enfin en tout cas neuf mois après l'émergence de cette pandémie en France, on n'arrive pas à isoler. Or, l'isolement, c'est important parce que le confinement, c'est isoler tout le monde.
Eh bien, l'isolement des malades, ça permet de n'isoler que les cas positifs. Il faut se battre là-dessus. Il y a des dispositifs.
Alors, vous êtes pour un isolement forcé ? Covid-San.
Non, mais Covid-San, regardez à Paris. Vous avez un dispositif qui n'est pas un isolement renforcé. Je pense que ça serait très difficile, effectivement, pour des questions de liberté. Mais on peut parfaitement, soit proposer dans des petits appartements, parce que l'Inserm, c'est une étude qui est totalement passée inaperçue. L'Inserm a déterminé que vous aviez deux fois et demie plus de chances d'être contaminé quand vous habitiez un petit appartement. C'est une évidence, mais en tout cas, il y a une mesure scientifique. Donc, pour cela, il faut mobiliser, réquisitionner des hôtels. Faire, non pas un isolement qui soit obligatoire, mais accompagner avec des textos, avec un coup de fil.
Les hôtels sont vides, et ils sont restés vides, vous savez, pendant toute l'année dernière. Mais c'est pour ça que je le propose, ça fait neuf mois que je le propose. Oui, mais il ne suffit pas de le proposer. Comment est-ce qu'on oblige ou est-ce qu'on incite très fortement des gens à aller s'isoler s'ils ne le veulent pas ? Est-ce qu'il faut que ce soit contraignant ? Non, je pense qu'on a des problèmes de liberté. Compliqué. Je viens de le dire. Mais on doit pouvoir l'accompagner. Je me souviens avoir eu plusieurs discussions avec le professeur Dab, qui est un éminent... William Dab, l'ancien directeur de la Santé. Exactement.
Il m'avait dit, mais vous savez, il faut avoir, un peu comme un arrêt maladie d'ailleurs, vous avez des gens, d'abord, il ne faut pas qu'ils perdent un sou de salaire, et au Sénat, on a voté la disparition du jour de carence, pour le public et pour le privé. Parce que si vous êtes isolé 7 jours, il ne faut pas que vous perdiez un jour de salaire. Voilà. Et puis ensuite, il faut que quelqu'un puisse vous apporter, par exemple, des repas. Il faut que vous puissiez être suivi. Et ça, c'est fondamental. Fondamental. Notamment avec ce variant anglais du virus. Et moi, je pense qu'avant de penser confinement, pourquoi est-ce qu'on ne met pas cela en œuvre en France ?
Donc, pas de reconfinement, c'est ce que le gouvernement a choisi visiblement.
J'espère.
Et vous l'espérez.
Oui, le confinement, c'est quand tout a échoué.
En revanche, est-ce qu'il faut fermer les écoles ? On sait que le...
Non. Je ne suis pas favorable. Je pense qu'il y a un vrai souci. Je sais, par exemple, que dans un département de ma région, on voit qu'il y a une recrudescence, notamment des contaminations, pour les moins de 15 ans. Je pense que, par exemple, en matière de cantine, parce qu'on sait que c'est là que les contaminations peuvent avoir lieu, je pense qu'on peut passer sur des pique-niques en classe. Mais je pense qu'à partir du moment où on ferme les écoles, là, du coup, on réenclenche un problème tout proche du confinement. C'est presque inconvénient. Vous avez beaucoup de parents qui devront rester chez eux, qui seront confinés pour garder leurs enfants aussi chez eux.
Donc, je pense que, là encore, on a une graduation. Et moi, je suis favorable à ce que, pour l'instant, d'ailleurs, le professeur Delfraissy l'a dit lui-même, on n'est pas dans une situation d'extrême urgence. Donc, on doit avoir des réponses flexibles. Vous nous dites depuis tout à l'heure, Bruno Retailleau, tout ce qui, pour vous, n'a pas marché, que ce soit sur l'isolement, sur le dépistage, sur la vaccination des Français. Est-ce que cette crise, depuis un an, ne nous a pas appris surtout une chose, c'est qu'il faut être particulièrement modeste dans la façon dont nous parlons, je m'inclus, du virus ?
Est-ce que vous pensez, par exemple, sur un point précis, toujours que la chloroquine sert à soigner les malades ? Je pense que, alors moi, j'étais, vous savez, un des partisans au mois de mars. C'est pour ça que je vous pose la question. Comme une grande partie de la droite. Comme une grande partie de la droite. Depuis que vous avez dit ça, Bruno Retailleau, l'OMS, je ne regrette rien du tout. Vous ne regrettez pas d'avoir dit ça ? Non, vous le rediriez aujourd'hui. Je le redirais. En dépit de tout ce qu'on sait depuis cet avion. Lorsque je l'ai dit, attendez, lorsque je l'ai dit, n'avions aucun vaccin. Nous n'avions ni vaccin, ni traitement.
La chloroquine, c'est une bouée qu'on jette à la mer. Quand on a un traitement, quand on a une molécule que l'on connaît, on doit le tenter. Même si on ne sait rien de son effet sur la maladie. Mais parce que, évidemment, c'est un virus qu'on ne connaissait pas. La chloroquine a été distribuée à des centaines de millions. On connaît parfaitement les contradications. Elle a même été en vente libre. Et il y a eu, regardez l'étude de Lancet. Vous avez vu l'étude de Lancet. Et toutes les études qui ont été faites pour démentir, justement, les effets de la chloroquine. Bruno Retailleau. Et qui ont foiré en plus. Donc, attention, soyons modestes d'un côté comme de l'autre.
Mais je pense qu'on avait. Je n'y connais rien à la chloroquine. Je dois vous faire la veu. Je pense qu'on avait. Moi non plus. Est-ce que vous permettez que je vous donne simplement des faits, Bruno Retailleau ? L'Organisation mondiale de la santé ne constate aucune réduction de la mortalité avec la chloroquine. En France, l'agence du médicament a interdit son utilisation. Aucune étude scientifique de grande ampleur, aujourd'hui, n'a prouvé son efficacité. Et malgré ça, vous nous dites. Je continuerai à le dire. Non, je vous dis qu'au mois de mars, lorsque je l'ai dit, je referai la même chose. Parce qu'on n'avait ni vaccin, ni traitement. Vous ne le redites pas aujourd'hui.
Je ne le redites pas aujourd'hui. Mais je pense qu'on avait raison. Et je pense qu'il s'est abattu sur le pauvre professeur Raoul. un certain nombre de comportements que j'ai trouvés absolument excessifs. Et moi, j'étais en lien avec des professeurs de médecine qui me disent « Mais attendez, on ne peut pas faire, en cas d'urgence, des études randomnées. » Il a raison. C'est un éminent scientifique. Il faut tenter ce qu'on peut tenter.
Le principe de précaution, justement, ce n'est pas de faire attention et de ne pas tenter n'importe quoi.
Le principe de précaution, c'est d'essayer quand vous êtes médecin et que vous voulez sauver des vies humaines, vous tentez, notamment lorsque vous connaissez des molécules. Vous en connaissez parfaitement, les contradications. Au pire, ça ne marche pas. Mais vous avez tenté. Vous avez une bouée. Vous avez quelqu'un qui se noie. Vous lui envoyez la bouée. Si il y a eu des morts de la chloroquine, dont on sait aujourd'hui qu'elle a parfois des effets secondaires graves, c'est pour ça que les essais cliniques ont été arrêtés. Mais en deuxième phase, vous vous rendez compte qu'on a fait des... Regardez la fameuse étude de l'an de 7. Un vrai scandale.
Regardez ces études qu'en France, on a essayé de faire, contrairement aux prescriptions, justement, du professeur Raoul, où il fallait donner en première phase, et nous, on faisait des études pour des malades qui étaient déjà en deuxième phase. C'est scandaleux. C'est franchement scandaleux. Et regardez Gilead, vous ne me questionnez pas sur l'achat par la Commission européenne du remdesivir à 2 000 euros, à 2 000 euros le traitement. Pour la Commission européenne, mais pas par la France. Alors qu'on savait parfaitement que... Mais pas par la France, qui avait fait un choix différent de l'or. Donc, je veux dire que ne focalisons pas tout sur la chloroquine ou sur le professeur Raoul.
On n'arrivera pas à être à l'heure ce matin. Il est 8h52, le fil info, et on poursuit dans un instant avec vous, Bruno Retailleau. Voici Diane Verschitt.
La procédure a débuté il y a deux ans. L'affaire du siècle arrive aujourd'hui devant la justice 4 ONG face à l'État, qu'elles accusent d'inaction climatique. Elles espèrent une victoire historique. 250 000 personnes déjà vaccinées contre le Covid-19 en France. À partir de lundi, la campagne sera ouverte aux personnes âgées de 75 ans. Et plus, il faut s'inscrire par téléphone ou sur le site santé.fr. Et une prise de parole très attendue, celle de Jean Castex en fin de journée. Le Premier ministre devrait annoncer l'avancée du couvre-feu à 18h pour toute la France, selon les informations de France Info. La France perd une responsable politique de grand talent.
La réaction d'Emmanuel Macron à l'annonce de la mort de Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou pendant des décennies. Elle avait brièvement été ministre des Affaires européennes dans le premier gouvernement d'Edouard Philippe. Marielle de Sarnez avait 69 ans. Donald Trump visé par une deuxième procédure de destitution du jamais vu pour un président américain. Il est accusé d'avoir incité à l'insurrection après l'attaque du Capitole par certains de ses partisans. Personne n'est au-dessus des lois, pas même le président, affirme Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec Bruno Rotaillot, le président du groupe Les Républicains au Sénat. La semaine dernière, suite à l'invasion du Capitole par les partisans de Donald Trump, vous avez écrit une tribune dans le Figaro, expliquant que ce qui s'est passé est le symptôme du grand confinement des élites face au grand déclassement des peuples occidentaux. Clairement, ce qui s'est passé au Capitole, est-ce que ça peut se passer ici, en France ?
Déjà, redisons que Donald Trump a eu une responsabilité première éminente. Ensuite, c'est pour moi un symptôme. Je pense qu'il y a un malaise dans les démocraties occidentales, et pas seulement aux États-Unis. Il y a eu les gilets jaunes, il y a le Brexit, il y a ce sentiment qu'ont souvent les peuples que ceux d'en haut sont insensibles à leur souffrance, et que leur voix ne compte plus, finalement, qu'ils gouvernent sans le peuple. La grande question de la démocratie, c'est qui gouverne ? Et vous savez, dans cette demande qu'on appelle populiste, j'aime pas parler de ce mot, cette demande populiste, cette demande populaire, c'est pas pour moins de démocratie, c'est pour plus de démocratie.
Il nous rappelle simplement que la démocratie, c'est la souveraineté populaire. Et quand vous avez des organismes qui ne sont pas élus, lorsque vous avez des tribunaux qui prennent des décisions, à l'opposé de ce que souhaitent les peuples, ça pose un problème, voyez ce que je veux dire ? Vous pensez à quoi ? Je pense, par exemple, à des décisions du Conseil constitutionnel censurant des textes que les parlementaires de droite, de gauche ont voulus, par exemple de l'Assemblée, du Sénat, pour lutter contre le terrorisme. Je pensais que ces décisions du Conseil constitutionnel peuvent favoriser une forme de populisme aujourd'hui.
Oui, en tout cas, je pense qu'il faut qu'on arrive à trouver des moyens pour que la parole reste au peuple. Il faut que, par exemple, je vous cite une décision de la Cour administrative d'appel de Bordeaux concernant un réfugié du Bangladesh. Elle a reconnu, elle lui a dit, la décision, c'est de lui reconnaître le statut de réfugié climatique. Parce qu'il était asthmatique, Bangladesh, etc., il y a une forte population. Mais si on admet ça dans nos normes internes, en France, que tous ceux qui sont asthmatiques ou qui peuvent souffrir de la pollution dans le monde, mais alors on ouvre la porte à des centaines de millions de personnes.
Ce que je veux dire, c'est que la maîtrise de notre territoire, de nos frontières, elle appartient pour la décision parce que nous sommes en démocratie au peuple et non pas à des juges qui doivent juger au nom du peuple, mais pas au nom de leur propre idée qu'ils peuvent en avoir. La justice fait appliquer la loi qui est rédigée par les représentants du peuple dont vous faites partie. Non, justement, il y a une partie, ce que je conteste... C'est-à-dire que la justice aujourd'hui ou une partie de la justice n'applique plus la loi ? Bien sûr, elle est hors sol. Elle fait la loi.
Par exemple, sur cette question des réfugiés climatiques, la loi ne dit pas que l'entrée, comment dirais-je, vous pouvez obtenir le statut de l'asile, de réfugié, parce que vous avez un problème climatique dans votre pays. Elle ne le dit pas. Pas du tout. Pour en revenir aux Etats-Unis, est-ce que Twitter a eu raison de couper le fil personnel du président des Etats-Unis ? Non. Pourquoi ? D'abord, deux poids, deux mesures. Vous vous rendez compte que M.
Erdogan, qui avait appelé nos compatriotes turcs à se révolter contre Emmanuel Macron, le Premier ministre malaisien, qui avait aussi, pendant la question, la polémique sur les caricatures, appelé à ce que les musulmans de France, et d'ailleurs, puissent tuer des millions de Français. Eux, ils ont toujours leur compte. Donc, deux poids, deux mesures. Mais surtout, attention, parce que là, c'est un pouvoir de censure, parce que là aussi, on est sur une question de démocratie. En démocratie, c'est l'État. C'est l'intérêt général. Là, on a des GAFAM, des grandes entreprises privées, qui sont des puissances quasi-étatiques.
C'est-à-dire que, d'abord, les GAFAM, c'est la troisième ou quatrième puissance financière devant le Japon. Ils sont en train de passer, vous vous rendez compte, dans leur capitalisation. C'est énorme. Ils ont leur propre loi. Ils ont leur propre monnaie. Ils voudraient battre monnaie avec les crypto-monnaies. Eh bien, moi, je pense que la régulation actuelle est terminée. Je pense que c'est aux États de reprendre la main. C'est une question de souveraineté. Je pense qu'il y a un premier principe qu'il faut abandonner. C'est l'autorégulation. L'autorégulation. Non, il faut leur imposer une régulation. Et il faut des systèmes de régulation qui soient des systèmes qui puissent être...
Regardez, il y a la distinction entre les hébergeurs et les éditeurs. Vous, par exemple, vous êtes éditeur. Vous supportez la responsabilité. Eux, ils ne supportent rien du tout. Donc, je crois que les États, et notamment au niveau européen, doivent reprendre la main parce que c'est extrêmement grave. On est en train de menacer notre liberté d'expression. C'est d'ailleurs ce qu'avez voulu faire avec la loi Avia, la majorité actuelle en marche. Avant qu'elle ne soit censurée par le Conseil constitutionnel. Et grâce à l'action, d'ailleurs, du Sénat et de mon groupe, c'est nous qui avons saisi le Conseil constitutionnel parce qu'on voulait que les GAFAM régulent la liberté d'expression.
Alors moi, je veux qu'au contraire, nous, l'État, régule les GAFAM. Merci à vous, Bruno Retailleau, chef de file des Républicains au Sénat. Invité ce matin de France Info. Merci.
Bruno Retailleau