Canicule, guerre au Moyen-Orient, propagande russe... Le "8h30 franceinfo" de Nathalie Loiseau
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Nathalie Loiseau, et merci d'être avec nous ce matin sur France Info, je rappelle que vous êtes donc eurodéputé Renew, vous êtes soutien d'Edouard Philippe également, on va parler avec vous parce que c'est l'un de vos dossiers de spécialité de l'international, des Etats-Unis, de l'Iran, de l'Ukraine, évidemment, mais je voulais qu'on commence par le sujet de préoccupation du moment, évidemment, l'actualité c'est la canicule Météo France qui doit dire, cet après-midi, quels départements basculeront en vigilance rouge, canicule qui a des airs de 2003, évidemment, il y a une cellule de crise ce matin autour de Sébastien Lecornu, est-ce qu'à vos yeux, en tant que responsable politique, vous dites, voilà, les événements type fête de la musique, type événements extérieurs, par prudence, il vaut mieux les annuler ?
Alors, je pense que dans des cas comme celui-là, qui vont se reproduire, il faut d'abord faire confiance à la responsabilité individuelle, et j'appelle chaque Français à se demander s'il connaît, bien ou même pas très bien, des gens fragiles, des personnes âgées, des enfants en bas âge dans une passoire thermique, des gens malades, et qu'il leur prête attention, c'est une responsabilité individuelle. Et dans une grande ville, à Paris, l'anonymat fait que parfois, on ne fait pas attention à la personne âgée qui n'est pas sortie depuis plusieurs jours, vraiment que chacun fasse ce qu'il a à faire. Ensuite, moi, je fais beaucoup confiance au maire.
Dans chaque commune, le maire est le premier qui sait ce qui se passe, comment on peut réagir, est-ce qu'un événement peut être maintenu, pas maintenu. Il y a évidemment un principe de précaution et un principe de responsabilité. Et puis, pour nous, responsables politiques, nationaux, je nous rappelle, à tous, que certains se sont moqués du pacte vert européen. Certains, Jordan Bardellan, a voulu le suspendre, en disant que tout ça était inutile, comme s'il n'y avait pas un changement climatique majeur.
Il apporte quoi, ce pacte vert, par rapport au canicule ?
Il apporte la possibilité, non seulement d'essayer de limiter le changement climatique, mais aussi de s'adapter. Ce sont des financements pour sortir du moteur thermique pour les voitures. On voit bien aujourd'hui qu'à la fois l'instabilité internationale et le changement climatique fait que les hydrocarbures, plus vite on en sort, mieux se porte la planète, mais mieux se porte aussi nos concitoyens. Dire qu'on veut mettre le pacte vert à la poubelle, c'est montrer qu'on n'a pas de vision et qu'on ne sait même pas ce qui se passe aujourd'hui sous nos yeux.
Justement, Nathalie Loiseau, vous parlez d'adaptation, ça touche le quotidien des Français, partout, dans tous les domaines. L'éducation, notamment hier, 780 écoles et collèges sur les 60 000 établissements scolaires en France ont dû fermer un peu plus tôt. Il y a des oraux du bac qui vont être reportés à Bordeaux, à Lyon ou encore à Poitiers. Est-ce que ce n'est pas la preuve, tout ça, qu'on sait que les canicules vont être de plus en plus fortes, mais qu'on est quand même totalement en retard ?
Écoutez, qui pouvait prévoir une première vague de chaleur au mois de mai, aujourd'hui une deuxième fin juin ? On était habitués à ce que ça se passe pendant les vacances scolaires, pour être honnête.
Ce n'est pas la première fois qu'il y a une canicule en juin, quand même. L'année dernière, déjà, il y avait des questions autour du bac.
C'est vrai, et il y a des réponses qui sont apportées avec des oraux qui peuvent se passer le matin. Il va sans doute falloir regarder les horaires scolaires. Est-ce qu'il faut le faire de la même manière dans toute la France ? Je ne suis pas sûre.
Là encore, j'ai tendance à penser... Oui, la réalité n'est peut-être pas la même à Dunkerque ou dans le Lot.
Exactement, et j'ai tendance à penser qu'il faut qu'il y ait un dialogue avec les collectivités locales pour pouvoir adapter au mieux des horaires, éventuellement. Moi, j'ai un fils qui va passer des oraux dans quelques jours. Je peux vous assurer qu'il passe un oral de TP mardi. Il se demande un petit peu comment ça va se passer. Il va falloir qu'on soit capable de réagir. De donner de la latitude, de donner de la responsabilité aux acteurs locaux qui sont capables de répondre au mieux.
Vous êtes soutien d'Édouard Philippe dans cette course à l'élection présidentielle. Comment le candidat Édouard Philippe accélère cette adaptation ?
Alors, d'abord, il fait partie des candidats, et ils sont très peu nombreux, qui a toujours porté le sujet de la transition écologique, qui a toujours considéré qu'on devait agir. Et quand il a été Premier ministre, il a agi pour aller vers une France mieux préparée, là encore moins dépendante des hydrocarbures, capable d'avoir à la fois du nucléaire et des renouvelables, parce qu'on a besoin des deux. Et dans son programme, il va continuer à assumer l'importance de l'écologie, là où vous ne voyez rien au RN.
Il n'y aura pas de rupture avec ce qu'a fait Emmanuel Macron ?
Je pense plutôt qu'il y aura une accélération, et une espèce de frustration, en tout cas, notamment la mienne, mais je sais aussi la sienne. Emmanuel Macron n'a pas fait assez. Au moment du plan de relance Covid, vous vous souviendrez peut-être qu'on devait mettre le paquet sur la transition écologique et sur le numérique. La réalité, c'est qu'il y a eu beaucoup d'argent distribué, un peu à tout le monde, pour faire vite, parce qu'on avait peur que des entreprises ferment, et parfois on n'a pas choisi les priorités. Il faut être capable de choisir les priorités. On ne peut pas distribuer de l'argent à tout le monde, on doit aller vers ce qui est en train de se passer.
La transition écologique, elle est majeure, la transition numérique aussi, il faut y aller.
Dans le débat public revient la question de la climatisation, avec cette annonce hier du maire de Paris, Emmanuel Grégoire, une commande de 1200 climatiseurs pour la semaine prochaine, priorité pour les écoles maternelles. Est-ce que pour vous, la clim, c'est un outil d'avenir ou pas ?
Alors, ceux qui sont anti-clime en disant « c'est scandaleux, ça va augmenter la température », écoutez, je vous parlais des personnes fragiles au départ. Hier, j'étais voir un proche à l'hôpital. Il y avait un tout petit bout de clim pour des gens qui étaient extrêmement fragiles. On a besoin d'eux davantage. Il faut être pragmatique.
Donc dans les EHPAD, dans les hôpitaux, voire dans les écoles, Jean-Luc Mélenchon me dit « moi, je ne mets pas mon enfant dans une école où il y a la clim ».
Écoutez, vu l'âge de Jean-Luc Mélenchon, la question ne se pose pas tout à fait pour lui, qui demande à des jeunes par an…
Il est candidat à la présidentielle, vous voyez ce que je veux dire.
Oui, mais est-ce qu'il n'est pas un peu hors sol ? La clim, si c'est nécessaire, il faut le faire. Il ne faut pas se dire qu'on met la clim partout. Moi, j'ai vécu aux Etats-Unis. Vous aviez la clim à 15 degrés du 1er juin au 30 septembre. Ce n'est pas une solution. Mais de là à avoir une espèce de religion et de dire « je ne veux pas de clim », mais c'est absurde.
Les Etats-Unis, justement, on va en parler tout de suite.
Oui, tout à fait. Avec cet accord qui a été signé cette semaine entre l'Iran et les Etats-Unis après près de 110 jours de guerre, Nathalie Loiseau. Les négociations prévues en Suisse ont été reportées. Mais est-ce que vous diriez que Donald Trump a perdu la guerre ?
En tout cas, il avait fait une guerre inutile. On le savait dès le départ et c'est pour ça qu'aucun européen ne l'a accompagné dans cette guerre. Et si vous regardez la situation après la guerre et que vous la comparez à la situation avant la guerre, elle est plus mauvaise. Elle est plus mauvaise d'abord pour les Iraniens, dont le régime s'est encore durci. Les gardiens de la révolution, aujourd'hui, règnent sur l'Iran avec une main de fer. Et Donald Trump a oublié le sort du peuple iranien. Elle est plus mauvaise, même si le détroit d'Hormuz rouvre, et c'est un soulagement pour nous tous.
Aujourd'hui, le détroit d'Hormuz rouvre, mais avec des Iraniens qui vont toucher un pH sur le détroit d'Hormuz qui était ouvert avant la guerre.
Alors non, ça n'est pas encore défini, ça.
Ce n'est pas encore officiel. Mais aujourd'hui, on sait que l'Iran...
C'est le souhait des Iraniens, mais...
Et est-ce que vous êtes capable de me dire aujourd'hui si les bateaux qui passent n'ont rien payé ?
C'est une question. En tout cas, ce que l'on sait, c'est qu'ils doivent demander une autorisation 48 heures avant leur passage à Téhéran. Rien n'indique qu'ils payent.
Et rien n'indique qu'ils ne payent pas. En tout cas, ce qui est clair, c'est que l'Iran ne veut discuter qu'avec le sultanat d'Homan, qui est donc en face de l'Iran, dans le détroit d'Hormuz, sur la manière d'organiser le passage. Et bien malin, celui qui pourra les empêcher de toucher un pH, sauf à ce que Donald Trump nous dise qu'il relance la guerre. Je n'ai pas l'impression qu'avec l'arrivée de ces élections, il en ait envie. Est-ce que la France doit s'y opposer ? La France s'y oppose, bien sûr. Comment ? Bien sûr que la France s'y oppose. Alors nous sommes prêts à aider au déminage du détroit d'Hormuz et à accompagner des navires. Comment est-ce que tout ça va se passer ?
Je pense que la France doit aussi peser, et l'Europe auprès des Iraniens, pour dire que porter atteinte à la liberté de navigation, c'est une fois de plus violer le droit international, ça n'est pas acceptable.
Une fois qu'on a dit ça, pardonnez-moi Nathalie Loiseau, une fois qu'on a dit ça, qu'on a fait des... Je vais être un peu désagréable, mais une fois qu'on a fait des moulinets en disant que ça ne respecte pas le droit international, on ne peut rien faire.
Bien sûr que si, il faut lever des sanctions qui ont été décidées par le Conseil de sécurité. Nous sommes membres permanents du Conseil de sécurité.
C'est effectivement ce que disait Jean-Noël Barraud sur cette antenne hier matin. Je ne suis pas surprise que... Ça, ça peut être un levier pour nous.
C'est un élément que nous avons dans la Manche et qu'il faut évidemment utiliser. Vous imaginez si demain, partout dans tous les détroits du monde, on se met à mettre des péages, c'est l'effondrement accéléré d'un système international. Et cet effondrement, Donald Trump y participe depuis son premier mandat. Vous vous souvenez que l'accord nucléaire avec l'Iran existait en 2015 et qu'il a été... Déchiré. Abandonné, déchiré, merci, par Donald Trump en 2018. Aujourd'hui, on ne sait même pas si un accord nucléaire négocié serait du niveau de ce qu'on a fait en 2015.
Exactement, accord nucléaire négocié ou pas, il y a 60 jours de négociations entre les pays. Est-ce que c'est possible d'aboutir à un accord sur un sujet aussi technique que le nucléaire en 60 jours ?
Pas du tout. Vous n'y croyez pas ? Surtout pas face à des Iraniens qui ont l'habitude de négocier avec nous. Donc ça n'aboutira pas ? Si ça aboutit, ce sera bâclé, ce sera incomplet et quand bien même ça aboutirait, et je l'espère, je ne veux pas être cassandre, je ne veux pas dire, je vous l'aurais bien dit, ça ne marche pas. Mais quand bien même on arrive à quelque chose de sérieux, de vérifiable par l'AEA, l'Agence des Nations Unies sur l'énergie atomique, on aura abandonné toute velléité, toute ambition de diminuer le programme balistique iranien qui est une menace pour la région.
C'est ça, Donald Trump dit, après tout, d'autres pays de la région ont des capacités balistiques, donc il serait injuste que l'Iran n'en ait pas. Ça c'est ce que dit Donald Trump.
Oui, c'est une catastrophe, parce qu'aujourd'hui, des missiles iraniens peuvent même atteindre l'Europe. On aura abandonné l'ambition de demander, d'exiger de l'Iran qu'il cesse de soutenir des groupes terroristes, le Hamas, le Hezbollah, les Houthis. Donc c'est un échec en race campagne. Je reprends votre question de départ. Oui, c'est un échec de Donald Trump.
Vous parliez du Hezbollah, effectivement, avec ce cessez-le-feu qui est intervenu hier entre le Liban et le Hezbollah. Cessez-le-feu déjà un petit peu remis en cause. Entre Israël et le Hezbollah. Pardonnez-moi, qu'est-ce que j'ai dit ? Entre Israël et le Hezbollah. Israël et le Hezbollah. On va en parler juste après l'info en une minute. Il est 9h moins le quart. Voici Antoine Jeffin. 41 millions de Français ont trop chaud et vivent dans un département concerné par cette alerte orange canicule. Aujourd'hui, 38 degrés attendus cet après-midi à Strasbourg, 37 à Lyon, à Clermont-Ferrand, 36 à Bordeaux et Bourges. 34 degrés à Paris où les jardins et parcs restent ouverts 24h sur 24.
Cessez-le-feu déjà fragilisé entre le Liban et Israël au lendemain de l'accord entre les deux parties. Un média d'État libanais affirme que 5 personnes sont mortes ce matin dans des frappes israéliennes dans le sud du Liban. L'affaire Liana est l'ADN du principal suspect Jérôme Barrella retrouvé sur le corps de la petite fille de 11 ans, fait savoir le procureur de la République. Liana a été violée. Le rapport de l'autopsie n'a pas encore été remis au juge d'instruction. Deux pays éliminés cette nuit à la Coupe du Monde de football. Haïti et la Turquie battus respectivement par le Brésil et le Paraguay. Le Maroc a dominé l'Écosse 1 à 0. Les États-Unis sont qualifiés pour les 16e de finale.
Victoire 2 à 0 contre l'Australie.
Nathalie Loiseau, eurodéputée, renu à inviter du 8h30. 5 morts dans des frappes israéliennes cette nuit sur le sud Liban selon l'agence de presse libanaise. Avec ces frappes, est-ce que c'est déjà fini pour se cesser le feu selon vous ?
C'est très difficile en tout cas. C'est très difficile parce que le Hezbollah avait, à la demande de l'Iran, attaqué Israël. Ce qui était irresponsable. C'est-à-dire que le Hezbollah n'est pas un parti qui pense aux intérêts des Libanais. C'est un groupe terroriste qui pense aux intérêts de l'Iran. Et la réponse israélienne, elle-même, consiste à nier la souveraineté, l'intégrité territoriale du Liban. Et permettez-moi de vous dire que j'ai beaucoup de mal à penser que tout ça va se calmer. Parce que l'Iran veut continuer à garder cette carte du Hezbollah et que Donald Trump est prêt à être où ?
Et de son côté, Benjamin Netanyahou ne veut pas retirer ses troupes parce que ce serait un aveu d'échec, pourtant il est en échec, avant des élections. Et quand vous avez des dirigeants, Donald Trump, Benjamin Netanyahou, qui partent en guerre et qui ensuite ne pensent qu'à la prochaine élection, c'est tragique. C'est tragique pour le Liban. Le Liban devient le champ de bataille d'intérêts qui ne sont pas ceux des Libanais. On a intérêt à renforcer l'autorité, la puissance, la responsabilité des autorités libanaises. On a bien du mal à le faire.
Nathalie Loiseau, sans vouloir encore une fois vous faire jouer les cassandres, mais est-ce que finalement ce qu'on assiste au Liban n'est pas le principal risque pour l'accord qui a été signé cette semaine entre Etats-Unis et Iran ? Est-ce que ce n'est pas le Liban qui risque de faire chuter cet accord ?
Je crains qu'il y ait d'autres risques parce qu'on voit en Iran que ce sont les plus durs qui sont au pouvoir. Et vous avez des plus durs parmi les plus durs qui peuvent faire échouer l'accord d'une manière générale. Mais vous avez raison, la situation au Liban est extrêmement inflammable. Et une fois encore, la population libanaise est totalement oubliée. Des millions de gens qui sont déplacés, des visages... Mais évidemment que la souveraineté du Liban doit être respectée. Évidemment aussi que le Hezbollah doit être désarmé. Et pour ça, il faut renforcer l'autorité de l'État libanais.
La France avait l'intention, avant que la guerre en Iran ne démarre, d'accueillir une conférence pour aider l'armée libanaise. Et moi, je voudrais demander notamment aux pays du Golfe, notamment ceux que nous avons aidés, nous, Français, que nous avons protégés contre les frappes iraniennes. Exactement. Nous les avons protégés contre les frappes iraniennes. Nous avons bien fait. Nous avons montré que nous étions des alliés fiables et responsables.
Je voudrais dire à ces mêmes pays, qu'il y a un pays, le Liban, qui a besoin d'eux aujourd'hui, qui a besoin de moyens pour pouvoir affirmer sa souveraineté contre ceux qui passent sur le pays, passent sur la population, comme s'ils étaient chez eux. Ça n'est pas acceptable. Et nous, Français, on a une responsabilité particulière sur le Liban.
Autre sujet qui a été au cœur de l'actualité internationale cette semaine, c'est bien sûr l'Ukraine qui était dans les négociations du G7. G7. Le gouvernement français dit qu'on a réussi à raccrocher Donald Trump. On a l'impression que le président américain, finalement, qui pouvait donner l'impression d'être plus proche de Vladimir Poutine qu'il ne l'était de Volodymyr Zelensky, a changé un petit peu de position. Est-ce que c'est votre interprétation aussi ? Est-ce que les États-Unis, on peut peut-être de nouveau compter un peu sur eux en Ukraine ?
Emmanuel Macron a fait un pari. Il a fait le pari de Versailles, il a fait le pari d'une imbabilité extrême vis-à-vis de Donald Trump. Et on ne peut pas lui reprocher de ne pas essayer. D'essayer de ramener Trump à notre vision de ce qu'est la menace russe, de ce qu'est le besoin de soutien à l'Ukraine. Donc, je ne critiquerai pas Emmanuel Macron d'avoir essayé.
On a l'impression que, de ce que vous allez nous dire, c'est que ça ne servait à rien.
Ce n'est pas la première fois qu'il essaye. Ce n'est pas la première fois que les Européens, en général, essayent. Tout le monde s'y met, si j'ose dire. Et ce qu'on constate depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, c'est qu'il n'y a plus que les Européens et quelques autres. L'Australie, par exemple, le Canada, qui aident l'Ukraine. Donald Trump a dit « Ah oui, c'est vrai, il faut aider l'Ukraine, je suis prêt à leur vendre. » Je suis prêt à leur vendre des armes. Vous appelez ça aider un pays ?
Moi, j'appelle ça faire du commerce. Comment on fait pour arriver à un cessez-le-feu du côté de l'Ukraine ? Parce que Volodymyr Zelensky, il y a deux semaines, il a tendu la main à Vladimir Poutine. On fait pression sur la Russie. Comment ?
On fait pression sur la Russie avec des sanctions toujours plus efficaces, notamment contre ce qu'on appelle la flotte fantôme. Vous savez que la Russie essaye de continuer à exporter son pétrole, y compris sans respecter les limites de prix par des navires qui ne sont pas déclarés, etc. Il faut que nous, Européens, on le fait, mais pas encore tout à fait assez. Il faut qu'on fasse éventuellement évaluer le droit de la mer pour pouvoir arraisonner, saisir les bateaux, et que ça coûte de l'argent à la Russie. Les pressions, les sanctions fonctionnent. On voit bien qu'il y a même une insatisfaction dans la société russe.
Ce n'est pas le moment de lâcher, ce n'est pas le moment de dire qu'il faut amener Vladimir Poutine à demander une négociation, à demander un cessez-le-feu. Il ne faut pas passer son temps à dire « Oh, je serai prêt à aller le voir, je serai prêt à lui téléphoner ». Il faut que ce soit celui qui demande. Et aujourd'hui, les premiers qui y arrivent, ce sont les Ukrainiens, parce que l'armée ukrainienne est valeureuse, parce que la défense ukrainienne, les entreprises de défense ukrainienne... J'étais avec Edouard Philippe à Eurosatory cette semaine. Il y avait 60...
Salon de l'armement.
Salon de l'armement, le plus grand salon d'armement mondial. Il y avait 60 entreprises de défense ukrainienne. Ce que fait la défense ukrainienne est spectaculaire. Et on a intérêt à arrimer l'Ukraine à l'Europe et à l'OTAN, parce que c'est la meilleure armée d'Europe, la plus aguerrie. C'est eux d'abord qui font pression sur la Russie. Il faut que nous les aidions. Il faut que nous fassions tout ce que nous avons à faire sur toutes les sanctions, y compris sur la propagande russe dans nos pays, y compris vis-à-vis de Mme Federova.
C'est la question que j'allais vous poser.
Ah bah voilà, on est en face.
Mme Federova, qui est aujourd'hui chroniqueuse sur CNews, ancienne patronne.
Il n'y a jamais eu autant d'audience. Elle avait moins d'audience quand elle était patronne de Russia Today que quand elle est aujourd'hui dans le groupe Bolloré.
En tout cas, vous avez voté, Nathalie Loiseau, avec le Parlement européen en faveur de sa mise sous sanction. C'est quoi la prochaine étape ?
Disons que j'ai pris l'initiative de ce vote et j'ai été largement suivie par une grande majorité du Parlement européen. Donc, maintenant que les membres du Conseil, c'est-à-dire les ministres, Jean-Noël Barraud pour nous et tous les autres, savent qu'une majorité au Parlement européen pense que Mme Federova doit être sanctionnée.
Ça implique quoi concrètement ?
Vous attendez quoi concrètement ? Que dans le prochain paquet de sanctions, où des individus vont être sanctionnés, notamment des propagandistes... Elle peut être sanctionnée et rester en France ? Notamment des propagandistes russes. Elle correspond très précisément à ce profil-là. Je ne comprends pas pourquoi elle n'a pas déjà été mise sur la liste des sanctions. Si elle l'est enfin, ça veut dire notamment que ses avoirs seraient gelés. Ce serait à elle de choisir.
Merci beaucoup, Nathalie Loiseau, d'avoir été avec nous ce matin sur France Info. Euro, député, Renew et soutien d'Edouard Philippe. Et merci à Majid Khad d'avoir été également avec nous ce matin. Restez sur France Info.
Nathalie Loiseau