Lutte contre l'inflation, baisse de la TVA, autonomie corse, affaire des assistants parlementaires européens... Le "8h30 franceinfo" de Sébastien Chenu
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Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour monsieur, bonjour madame. Le gouvernement a dégainé le 49-3 pour faire adopter la loi de programmation des finances publiques. Vous vous posiez la question de vous abstenir sur ce texte et finalement vous allez voter ce soir la motion de censure de la NUP. Où est la logique ?
Nous nous posions même la question de nous opposer à ce texte. Ce texte, il faut que les français le sachent, c'est un texte qui explique quelle est la trajectoire budgétaire de ce gouvernement. On n'est pas sur le budget, là on n'est pas sur le fonds j'allais dire et les articles du budget par grande mission, mais on est sur la trajectoire du budget. C'est un texte qui est non contraignant, mais qui a déjà été repoussé plusieurs fois. Et le gouvernement essaye de nous entraîner sur des pistes qui ne sont, il faut bien le dire, non seulement pas sérieuses, mais pas crédibles. C'est un texte qui permet d'avoir des fonds européens.
Non, non, non, ça c'était le grand coup de bluff du gouvernement, de dire si vous ne le votez pas, alors nos fonds européens ne seront peut-être pas versés. En fait, on s'est aperçu dans cette discussion que pas du tout, les fonds ne dépendaient pas de ce texte. D'ailleurs, l'année dernière, le texte n'a pas été voté, nous sommes opposés et les fonds ont été versés.
Vous avez quand même un peu changé de discours parce que vous vous êtes quand même posé la question de vous abstenir, notamment pour recevoir les fonds européens.
Mais parce que nous avons fait des propositions à Bruno Le Maire pour lui dire, écoutez, nous, nous pourrions nous abstenir si vous repreniez quelques-unes de nos propositions. Alors, j'ai déjà parlé du gasoil non routier, le gasoil qui sert aux agriculteurs, aux pêchers. On ne demandait même pas une baisse, on demandait que les avantages fiscaux sur ce dispositif ne soient pas entamés.
Mais c'est une mesure qui concerne le budget, pas la loi de programmation.
Oui, mais justement, sur le budget, on lui a dit, si vous faites des gestes dans le budget, alors nous allons regarder, votre trajectoire nous apparaîtra probablement plus acceptable. Et nous allons regarder, le gouvernement a commencé à nous balader, mais écoutez, on va regarder. Et à la fin, de toute façon, ils ne retiennent rien.
On va y revenir, Sébastien Chenu, mais juste, pourquoi ne pas déposer votre propre motion de censure ? Pourquoi signer celle de la NUPES avec qui vous n'avez rien en commun sur la gestion des finances publiques ?
Non, mais cette motion de censure, elle n'a aucune chance de passer ce soir, d'être votée, puisque les Républicains, encore une fois, laissent tomber, sauvent la tête d'Emmanuel Macron, et ne vont pas voter la censure. Donc, à partir du moment où il n'y a aucune chance qu'une motion de censure passe sur ce texte-là... Vous essayez qu'on se réserve sur le budget en lui-même, où on déposera, nous aussi, des motions de censure, puisque, de toute façon, la Première Ministre utilisera encore une fois le 49-3, puisqu'elle ne gouverne qu'avec le 49-3.
Il faut que les Français sachent, elle ne gouverne qu'avec un dispositif qui était, dans la Constitution, assez solennelle, qui permettait, quand même, d'engager la responsabilité du gouvernement de façon un peu exceptionnelle. Et maintenant, c'est devenu une habitude. C'est quand même pas non plus une façon de faire.
Alors, vous parliez du budget. Dans ce budget, il y a néanmoins, notamment, une indemnité carburant de 100 euros pour les plus modestes. Est-ce que ça, par exemple, vous pourriez voter cette mesure ?
Écoutez, cette indemnité carburant, elle ne correspond à rien. D'ailleurs, le rapporteur général du budget lui-même a dit... 100 euros, ce n'est pas rien. Non, mais, excusez-moi, cette indemnité, elle ne correspond pas à des véritables attentes de la France, notamment, qui travaille, de la France qui a besoin de sa voiture pour travailler ou aller chercher, d'ailleurs, ses enfants. Et le rapporteur général du budget, elle a dit lui-même, c'est vrai que ce dispositif ne concerne pas les classes moyennes.
Donc, nous, des dispositifs qui sont, en fait, du bricolage, qui sont, en fait, des morceaux de sparadrap, de scotch, pour essayer de courir après une inflation qui n'est pas maîtrisée, quand la dette va augmenter. Car ce budget, c'est le moins sérieux de tous les budgets qui ont pu être présentés jusqu'à présent.
Cette mesure, elle a aussi le mérite de pouvoir fonctionner, parce que vous, vous proposez, par exemple, une baisse de la TVA sur l'essence. Or, non seulement les textes européens ne le permettent pas, mais en plus, le Conseil des prélèvements obligatoires, qui est un organisme rattaché à la Cour des comptes, a estimé hier que la baisse du taux de la TVA n'est ni efficace ni équitable. Ça coûte cher à l'État, l'effet sur les prix est incertain et une large partie des baisses est captée par les entreprises.
Alors, moi, je conteste tout ça et point par point, je le conteste. D'abord, les textes le permettent. La Pologne l'a fait, de façon non pas pérenne, mais l'a fait un moment. Elle a baissé la TVA sur les carburants, puis elle est revenue. Donc, les textes le permettent. Mais ça coûterait très cher. Vous avez chiffré, d'ailleurs, combien ça coûtera ? Oui, ça ne coûtera jamais plus cher que le bouclier à 110 milliards d'euros qu'ont payé les Français, qui aujourd'hui, d'ailleurs, va disparaître, puisque le gouvernement rabote un certain nombre d'aides. Et que, oui, c'est 12 milliards pour le chiffrage.
Et que ce dispositif, que nous, nous pensons efficace, il permet de rendre du pouvoir d'achat aux Français qui est immédiatement réinjecté dans l'économie réelle. Et c'est ça qui est intéressant. C'est que nous, ce que nous proposons, ça permet aux Français de remettre ce pouvoir d'achat dans une économie qui fait tourner la machine.
Mais vous avez vu que ça n'a pas marché en 2019, par exemple, la baisse de la TVA dans la restauration. Plusieurs rapports ont montré que c'était les restaurateurs qu'on avait proposé au-delà de tes chers.
C'est totalement autre chose, la baisse de la TVA dans la restauration. C'est totalement autre chose. Les restaurateurs s'étaient engagés de façon non contraignante à embaucher, à moderniser leur outil de travail et à faire baisser les prix sur la carte des clients. Donc, il y avait d'autres objectifs qui n'ont pas été atteints, mais ce n'était pas du tout le même cadre. Donc, nous, nous considérons que la baisse de la TVA sur l'énergie, parce que ça doit être considéré comme un bien de première nécessité. C'est pour ça que la TVA doit être moins chère, moins onéreuse, parce que les Français en ont besoin.
On considère que ça donne du pouvoir d'achat, que c'est réinjecté dans l'économie réelle, que c'est possible. Et que là où ça a été fait, sur l'alimentaire aussi, nous considérons qu'il faille le faire, et bien là où ça a été fait, ça a fait baisser les prix de façon globale. Donc oui, on pense que c'est un bon dispositif. En Espagne, ça n'a pas marché comme ça. En Espagne et au Portugal, le Portugal vient de reconduire son dispositif avec une étude publiée par Le Monde qui explique que ça a fait baisser les prix de l'économie de façon globale.
Quoi qu'il en soit, Marine Le Pen demande à l'État de, je cite, restituer la moitié du surplus de recettes engrangées par la TVA à cause de l'inflation, notamment via un crédit d'impôt. Comment vous faites ça ? Et ça concernerait qui, très concrètement ?
Ça concernerait tous les Français via un crédit d'impôt. Un crédit d'impôt, ce n'est pas une baisse d'impôt. Ce n'est pas uniquement les foyers fiscaux qui payent l'impôt. Un crédit d'impôt, c'est quelque chose qui permet aux Français de l'utiliser, d'avoir effectivement cette disponibilité. L'État a augmenté, et on le voit encore dans le budget qui arrive, il y aura une augmentation des recettes de TVA. 7,5 milliards si ma mémoire est bonne. Les deux années précédentes, l'État a engrangé, grâce à la hausse de la TVA, avec la hausse de la TVA, notamment sur les carburants, a engrangé 30 milliards de plus dans son budget.
Alors pas tout à fait. Bercy dit que c'est 24 milliards et que par ailleurs, tout ne revient pas à l'État. Vous savez qu'il y a aussi la sécurité sociale, les collectivités. En fait, au final, c'est à peu près 12 milliards de gains de l'État.
Allons-y, 24 milliards, l'État aura engrangé 24 milliards de plus.
Et le goût qui est arrivé, c'est 50 milliards, Sébastien Chenet. Donc comment vous pouvez dire que l'État s'est enrichi ?
Mais l'État s'est enrichi. On regarde les chiffres, tout simplement. 7,5 milliards de plus dans le budget qui arrive de recettes de TVA. La dernière fois, sur deux exercices, à 30 milliards, on va dire entre 24 et 30 milliards, la TVA a rapporté davantage à l'État. Une fois les dépenses de l'État payées, qui sont aussi indexées sur l'inflation, on ne le nie pas, il reste un surplus. Nous, nous considérons que ce surplus, il doit être réinjecté, là aussi, dans l'économie réelle et dans la poche des Français. Mais ça fait combien par Français ? Alors nous, sur une base de 30 milliards, c'était 8 milliards au global. Donc vous le divisez par le nombre de foyers fiscaux.
Je n'ai pas en tête, mais c'était... C'est quelques dizaines d'euros ? Non, non, non, c'est plus important que ça, c'est plus important que ça. Mais il y avait 8,5 milliards dans notre calcul de surplus TVA, une fois les dépenses de l'État payées, évidemment.
On revient dans un instant à toutes ces questions, notamment de pouvoir d'achat avec vous, Sébastien Chenu. Mais à 9h40, il est l'heure du Filinfo avec Morine Sunnière.
Les primes seront versées le mois prochain, 380 euros pour les enseignants et 500 euros pour d'autres agents comme les AESH, les accompagnants d'élèves en situation de handicap. Cela est insuffisant par rapport à ce que les enseignants attendaient, réagit sur France Info le syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale. La France regarde les demandes de l'Arménie pour que le pays puisse se défendre, affirme le ministre des Armées dans un entretien donné à France Info. Des propos tenus alors que l'Azerbaïdjan a pris le contrôle du Haut-Karabakh la semaine dernière, une enclave séparatiste. Plus de 70 000 réfugiés arméniens ont traversé la frontière vers l'Arménie.
Après 13 années de retard, l'EPR Olkiluoto vient d'être inauguré en Finlande, un réacteur nucléaire de conception franco-allemande. Ce fleuron de l'industrie française lancé il y a 20 ans a connu de nombreuses difficultés techniques. Il va permettre au pays d'être autosuffisant en termes d'électricité. Et puis le manager santé des Bleus, prudent quant au retour d'Antoine Dupont, le capitaine du 15 de France opéré après une fracture du visage. Les nouvelles sont rassurantes, dit Bruno Boussagnol, mais il ne veut pas se prononcer sur une date de retour du joueur en Coupe du Monde de l'Université. 8h41 et toujours avec Sébastien Chenu, vice-président Rassemblement National de l'Assemblée.
On parlait à l'instant du budget 2024. Gabriel Attal a annoncé hier une prime exceptionnelle de pouvoir d'achat dans l'éducation nationale. 380 euros pour les enseignants, 500 pour d'autres agents. Elle sera versée en octobre. Ça va dans le bon sens pour vous ça ?
D'abord le budget de l'éducation nationale n'est plus le premier budget de l'État puisque c'est la dette qui aujourd'hui, à cause de ce gouvernement, est devenu le premier budget de l'État. Les Français se lèvent le matin, travaillent pour rembourser la dette que ce gouvernement creuse. Sur l'éducation nationale en tant que telle, qui est un budget important, on le sait, c'est une prime. Vous l'avez dit, ce n'est pas une augmentation de salaire pour tous les professeurs qui soit pérenne. Il y a une augmentation, au moins 125 euros par an. D'accord, mais alors elle n'est pas au niveau de ce qu'avait non plus promis Emmanuel Macron.
Donc on voit bien que là encore, c'est une prime, ce n'est pas pérenne, ça ne se calcule pas pour la retraite, ce n'est pas utile lorsque vous souhaitez faire un emprunt pour acheter une maison, un appartement, que sais-je. Donc c'est du bricolage. C'est du bricolage pour dire au professeur, on vous a entendu, on essaye de calmer les choses pour ne pas qu'il y ait de grève, mais c'est du bricolage. Comme c'est du bricolage, il n'y a pas un prof devant tous les élèves aujourd'hui.
Donc il faudrait une vraie augmentation substantielle sur le salaire ? Évidemment, et tout ça se fait sur le but.
Et non conditionné, je suppose ? Mais bien sûr, la profession même d'enseignant doit être revalorisée. Ce n'est pas la seule dans notre pays. Les Français qui travaillent, qui sèvent le matin, qui sont enseignants ou qui sont du monde du soin, on pourrait en parler, méritent, nécessitent de voir leur salaire se relever. Nous, nous avons fait une proposition qui dépasse celle d'enseignant, puisque c'est la fonction publique, qui était l'augmentation des salaires de 10% jusqu'à 3 fois le SMIC, en échange d'un gel des cotisations patronales.
C'est-à-dire mettre les organisations salariales et patronales autour d'une table avec l'État pour aller vers des dispositifs qui augmentent les salaires des Français. Pareil pour les profs et la fonction publique.
Vous parliez du bricolage dans le budget dont on parlait il y a quelques instants. Il y a une nouvelle taxe sur les autoroutes et les grands aéroports. Elle doit rapporter 600 millions d'euros par an. On a compris que les sociétés d'autoroutes et les compagnies aériennes disaient qu'on va augmenter les prix. Est-ce que vous pensez aussi que c'est du bricolage et que, de fait, c'est un mauvais signal envoyé ?
D'abord, c'est une victoire pour le Rassemblement national de voir cette taxe sur les aéroports et les autoroutes pouvoir naître, puisque nous, nous demanderons que ces structures, notamment les autoroutes qui se gavent sur le dos des Français, les Français ont payé avec leurs impôts les structures d'autoroutes et voient chaque année les tarifs d'autoroutes de péage augmenter. Enfin, ce n'est pas une victoire si c'est imputé ensuite sur le prix des autoroutes. Mais bien entendu, il faut que ceci soit encadré de façon à ce que ce ne soit pas répercuté.
Si c'est pour qu'à la fin, cette taxe ait comme effet la répercussion sur les tarifs autoroutiers, les tarifs de péage et que ce soit les Français qui, à nouveau, la payent, alors ce n'aura pas de chance. Nous demandons au gouvernement d'encadrer ce dispositif, mais aussi nous considérons que la privatisation, on l'a déjà dit et Marine Le Pen l'a portée dans sa campagne présidentielle, des autoroutes est une erreur. Il faut revenir. Et d'ailleurs, les concessions d'autoroutes entre l'État et les grands opérateurs autoroutiers arrivent bientôt à échéance. On arrive dans les années qui vont voir ces contrats arriver à échéance. Donc il faut que l'État reprenne la main sur...
Vous voulez toujours nationaliser...
Mais bien sûr, parce que ça appartient aux Français. À la fin, c'est-à-dire au moment où les... Non, non, on peut enclencher aujourd'hui les choses. Si nous étions au pouvoir... Ça coûterait 50 milliards de nés. Non, parce que ce sont des structures qui sont extrêmement endettées. Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, ce qu'elles coûtent n'est pas ce qui est affiché. Mais si nous étions aux responsabilités, comme le veut le terme utilisé par les macronistes, aujourd'hui, nous enclencherions ce retour des autoroutes dans le giron de l'État, nous ne le sommes pas.
Il se trouve que si les Français nous font confiance, nous allons arriver à un moment où, d'ailleurs, c'est le moment de la renégociation des contrats.
Avec tout ce que ça implique comme risque et comme coût pour l'État, parce que l'État serait donc chargé des travaux d'entretien qui coûtent très cher. On voulait parler de la santé, justement. Le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, a eu des mots durs contre la proposition du Rassemblement National pour les femmes qui souffrent d'endométriose, cette maladie gynécologique qui peut provoquer l'infertilité, et qui concerne une femme sur dix. Écoutez, c'était hier sur France Info. Aujourd'hui, les femmes qui sont victimes et qui sont touchées par l'endométriose, elles ont déjà accès à une infection de longue durée.
Le Rassemblement National va foncer sur ce sujet, sur lequel il ne s'est jamais investi. C'est de la fausse monnaie, parce que cette mesure, elle est en place, et la majorité l'a portée depuis maintenant plusieurs années, et on est mobilisés dessus. Ça existe déjà, vous dit Aurélien Rousseau, vous lui répondez.
Malheureusement, je trouve que c'est vraiment insultant pour toutes les femmes qui souffrent de cette maladie. Le dispositif qui existe actuellement touche 14 000 personnes, 14 000 femmes. Vous l'avez dit, c'est la première cause d'arrêt du travail chez les femmes qui sont touchées par cette maladie. C'est 1,5 à 2,5 millions de Françaises qui y sont confrontées. Nous, ça fait longtemps qu'on travaille sur le sujet, contrairement à ce que dit le ministre de la Santé, qui visiblement n'a pas beaucoup suivi les choses. Marine Le Pen le portait dans sa campagne présidentielle, portait cette proposition. Cette proposition, c'est quoi ?
C'est de classifier cette affection en affection de longue durée pour avoir une prise en charge. Mais c'est déjà possible aujourd'hui pour les femmes qui ont les formes les plus sévères. C'est tellement restrictif que ça ne touche que 14 000 femmes et qu'elles puissent, sur la base du volontariat, être reconnues comme travailleurs handicapés. Mais il y a des formes plus ou moins sévères. Bien sûr. Mais je note que nous, ça fait longtemps qu'on travaille sur ce sujet. Marie Doshin, députée européenne au Parlement européen, le travaille.
Emmanuel Tachet de La Pagerie, qui est député de CAMA, qui avait porté le texte sur les violences conjugales, aujourd'hui va le défendre devant l'Assemblée nationale, ce texte sur l'endométriose.
Mais vous reprenez une proposition des Insoumis, là ?
Mais, madame, il ne faut pas chercher à faire de la politique politicienne sur le dos des femmes. Les Insoumis avaient fait voter une résolution. Nous l'avions votée. Nous l'avions votée parce que nous sommes logiques avec nous-mêmes. Le gouvernement, et en fait, il est très gêné aux entournures, monsieur Rousseau, parce que de cette résolution, il n'a rien fait. Ils n'ont pas bougé. Ils ont laissé les choses pourrir. Et derrière, ce sont des millions de personnes, de femmes, qui sont confrontées à ces difficultés. Donc, nous, nous donnons un coup d'accélérateur.
Et nous disons aux autres, avec notre proposition de loi, le 12 octobre, la proposition de la niche Rassemblement National portée par Emmanuel Tachet de La Pagerie, vous pouvez donner un confort, une aide, une solidarité avec les femmes de ce pays. Pas besoin de regarder ça par le petit bout de la lorgnette, de faire de la politique politicienne.
C'est un sujet suffisamment sérieux. Est-ce que, finalement, c'est un sujet évidemment sérieux, qui est en partie consensuel, mais vous n'êtes pas particulièrement soutenu ? Est-ce que, malgré tous vos efforts, ce n'est pas l'illustration du fait qu'aujourd'hui, le Rassemblement National et les textes qui sont proposés par le RN, ne rassemblent pas et que vous êtes encore ostracisés ?
Mais parce qu'ils ne veulent pas voir l'intérêt supérieur du pays. Nous, quand d'autres, et je viens de le dire en répondant à Agathe Lambret, nous proposent un texte, notamment sur l'endométriose, une résolution, nous considérons que c'est l'intérêt supérieur du pays et des femmes. Nous la votons. Eux préfèrent faire de la petite politique politicienne, sur leurs petits réchauds, des petites manœuvres, pour se dire, on va taper le Rassemblement National. Eh bien, moi, je préfère privilégier la situation des femmes. Nous préférons, avec Marine Le Pen, que les Françaises soient privilégiées, plutôt que de privilégier le fait de taper un adversaire politique.
Ça n'a aucun intérêt. Sébastien Chenu, on se retrouve dans un instant, vice-président Rassemblement National de l'Assemblée, député du Nord. On se retrouve juste après le fil info de Maureen Suignard à 8h49.
L'inflation est stable. En septembre, indique à l'instant l'INSEE, les prix augmentent tout de même de 4,9% sur un an, et cela notamment à cause des prix de l'énergie concernant les carburants, Les opérations à prix coûtant dans les grandes surfaces débutent aujourd'hui chez Carrefour, Leclerc et Intermarché. Elles veulent que l'État change les pratiques en matière de contrôle de police. Six associations ont saisi le Conseil d'État. La plus haute juridiction administrative française se penche aujourd'hui sur la question du contrôle au faciès. Les associations dénoncent une pratique généralisée et profondément inscrite dans l'action policière.
Deux nouveaux morts à Marseille en lien avec le trafic de drogue. Deux hommes de 24 et 41 ans tués par Bali hier soir dans les quartiers nord de la ville. Une troisième personne a aussi été blessée. Le ministre des Transports va réunir les opérateurs la semaine prochaine après des signalements de présence de punaises de lits. Une réunion pour les informer des actions à engager en cas de problème. Sur France Info, le premier adjoint à la mairie de Paris demande à l'État d'organiser rapidement des assises de la lutte contre les nuisibles.
Toujours avec Sébastien Chenu, vice-président Rassemblement National de l'Assemblée,
Emmanuel Macron a plaidé hier à Ajaccio pour l'entrée de la Corse dans la Constitution et une autonomie de la Corse dans la République ni contre l'État ni sans l'État, dit-il. Vous vous en félicitez ou vous le déplorez ?
Je le déplore. C'est encore une fois deux choses qui sont les marqueurs philosophiques d'Emmanuel Macron. C'est le « en même temps », c'est-à-dire c'est une sorte de bricolage encore permanent. Est-ce que la Corse est dans la République ? Est-ce qu'elle ne l'est pas ? Est-ce qu'elle est autonome ? Ou est-ce qu'elle ne l'est pas ? Finalement, il ne le sait pas très bien. Et ensuite, ça ouvre, et c'est un autre marqueur philosophique d'Emmanuel Macron, encore une page sur la déconstruction de ce qui solidifie notre pays, de ce qui tient notre pays.
Et je crois qu'à force de tripatouiller, de donner des statuts parallèles, de donner des idées d'autonomie, ou en tous les cas d'aller dans ce sens de l'autonomie réclamée par certains, eh bien on déconstruit l'unité nationale. Emmanuel Macron devrait plutôt s'attacher à solutionner les problèmes que rencontrent nos compatriotes corses. Nous, on est pour des discussions, on est pour de solutionner...
Mais c'est ce qu'ils demandent, l'autonomie.
Non, non, non, il y a beaucoup de Corses qui ne demandent pas l'autonomie.
Non, mais les autonomistes...
Je rappelle que Marine Le Pen a fait 58% aux élections en Corse, donc je crois que si les Corses voulaient simplement sortir de la République, ils l'auraient exprimé autrement. Je pense qu'il y a des difficultés, notamment de pouvoir d'achat, on le sait, mais par exemple, moi j'avais porté un texte il y a quelques années sur la nécessité de recalculer le mode de calcul de la taxe d'ordure ménagère. On sait qu'en Corse, il y a un sujet sur les déchets ménagers. Rien, on aurait trouvé plus intéressant que le président de la République invite ou incite son gouvernement à travailler sur le pouvoir d'achat, sur les taxes d'ordure ménagère, sur ce qui fait la vie en Corse,
plutôt que ce bricolage dangereux. Quoi qu'il en soit, pour l'instant, c'est une proposition du chef de l'État qui devra de toute façon passer par le Congrès, ça veut dire donc l'Assemblée et le Sénat. Une réforme constitutionnelle, c'est deux tiers du Congrès. Est-ce que vous, vous pourriez voter cette autonomie ?
Non, on ne voterait pas cette autonomie. Nous, on est favorables à travailler sur les spécificités que rencontre la Corse, sur les difficultés que rencontre la Corse. On n'est pas favorables à ce que la Corse devienne autonome, avec un statut sur les résidents, avec un bilinguisme, etc.
Parce que vous avez peur que les autres, ensuite les autres régions françaises, les Bretons, l'Occitanie, les Bastes...
C'est déjà le cas. Hier soir, le président de la région Bretagne a dit « Et nous, moi je me pose la question sur ce qu'on fait après avec la Nouvelle-Calédonie, parce que si Emmanuel Macron ouvre cette porte, alors les revendications vont être très nombreuses. Et c'est la France qui va s'émietter, c'est la nation française qui va se déconstruire. Mais c'est peut-être ce que souhaite Emmanuel Macron, finalement, déconstruire la nation française. Je pense que c'est son dessein, depuis qu'il est à la tête de notre pays.
Sébastien Chenu, le Rassemblement national est soupçonné d'avoir détourné des fonds publics européens en utilisant cet argent pour rémunérer des assistants qui travaillaient en réalité pour le parti. Le parquet de Paris demande un procès pour 27 personnes, dont Marine Le Pen. Mais selon vous, si l'on entend l'argumentaire du Rassemblement national, c'est le parquet qui n'a pas compris quel était le rôle d'un assistant parlementaire européen, c'est ça ?
Oui, alors nous sommes confrontés à la même chose que le modem de François Bayrou, que la France insoumise, c'est-à-dire d'avoir des attachés parlementaires, des assistants parlementaires au Parlement européen qui fassent de la politique. Alors je note d'ailleurs que ces poursuites arrivent au moment où va s'enclencher la campagne des élections européennes. Il y a des hasards incroyables dans la vie, mais c'est le hasard. Non, non, non, je dis c'est le hasard, évidemment, et personne ne peut penser autre chose. Au-delà de cela, oui, un assistant parlementaire, c'est quelqu'un qui accompagne sur des fonctions politiques un élu. Donc il fait de la politique, au sens noble du terme.
Il a des engagements. Il peut même en avoir en dehors de ses heures de bureau.
Mais Sébastien Chenu, ce n'est pas ça que vous reproche le parquet. Il ne vous reproche pas de faire de la politique. Là, il vous reproche d'avoir mis en place un véritable système, je cite, d'assistant parlementaire européen qui ne faisait rien pour le Parlement européen, qui pour certains n'y allait jamais. Vous trouvez ça normal d'être rémunéré par le Parlement européen et de ne rien faire pour le Parlement européen ?
Ce n'est pas ça. Il n'y a d'ailleurs, dans les reproches du Parlement européen, aucune notion d'emploi fictif, aucune notion d'emploi fictif, ni d'enrichissement personnel.
Alors, l'emploi fictif, il est nommé par quelqu'un du Rassemblement national. Dans un courriel qui a été retrouvé, un nouvel eurodéputé RN écrit à Valéron de Saint-Just, le trésorier du parti, et il lui dit, « Ce que Marine nous demande équivaut qu'on signe pour des emplois fictifs, et c'est le député qui est responsable pénalement sur ces deniers, même si le parti en est bénéficiaire. Je comprends les raisons de Marine, mais on va se faire allumer, car on regardera, c'est sûr, nos utilisations à l'aide. »
Cela n'a pas eu lieu. Il n'y a pas d'emploi fictif qui soit reproché. C'est vraiment le rapport à ce qu'est un assistant parlementaire au Parlement européen. La Commission aimerait que les assistants parlementaires soient des fonctionnaires soumis. Nous, nous considérons que les assistants parlementaires des députés, ce sont des soldats politiques, et ils doivent faire de la politique également. Eh bien, nous contestons ce que le Parlement européen, c'est une vieille guerre que nous mène le Parlement européen à nous et à d'autres. Nous le contestons parce que sinon, nous nous mettons dans la main de cette Union européenne.
Et en parlant de l'Union européenne, les 27 se sont entendus sur un point sensible du pacte asile-immigration hier, concernant notamment la suspension de protection dont bénéficient les migrants à leur arrivée en Europe, l'accélération de l'examen des demandes, le placement en centre de rétention allongé en cas de crise. Vous qui dites vouloir réformer l'Union de l'intérieur, là, elle se réforme. Est-ce qu'elle avance dans la bonne direction ?
Non, tout ça, ce n'est pas très sérieux. Ce qu'il faut, c'est que les demandes d'asile soient faites dans les pays d'origine. Et l'Union européenne serait... Alors, je rappelle qu'elle n'a aucune vocation à s'occuper des politiques migratoires des pays.
Ça n'est pas un problème au niveau européen, selon vous ?
Mais attendez, qu'elle s'occupe de gérer les frontières extérieures avec Frontex. Si elle le faisait déjà, ce serait bien. Mais on n'a jamais demandé, on n'a jamais délégué. Les Français n'ont jamais missionné l'Union européenne pour s'occuper de leurs politiques migratoires. Ce n'était pas le cas pour la santé non plus. Pas plus que les Portugais, les Italiens ou les Espagnols. Non, mais que l'Union européenne grignote des pans de souveraineté jour après jour est dangereux. Nous, nous considérons qu'il faille faire les demandes de droits d'asile dans les pays d'origine. Ça se fait d'ailleurs. Il y a des pays qui ne sont pas sortis d'ailleurs des traités et qui le font.
Je pense au Danemark qui fait faire ces demandes d'asile dans les pays d'origine. C'est la solution sur laquelle nous demandons à l'Union européenne de se pencher. Mais surtout, nous nous considérons que c'est aux Français de déterminer leur politique via un référendum qu'on demande, qu'on redemandera. Dans une démocratie mature, parler de ce sujet-là, demander aux Français de le trancher, ça nous semble être de bonne alloi. La politique migratoire, les difficultés migratoires sont devant nous.
Vous ne pouvez pas rester dans l'Union européenne sans respecter les traités européens.
Ah si, tout à fait. Nous ne parlons pas de ne pas respecter les traités européens, nous parlons d'avoir la main sur la politique migratoire qui n'est pas déléguée à l'Union européenne. Pas plus, pas moins, avoir la main sur la politique migratoire.
Est-ce que Georgia Meloni, finalement, aujourd'hui, qui a renoncé à toutes ses promesses et qui réclame l'aide de l'Union européenne, vous ne confronte pas à la réalité de vos promesses ?
Non, vous avez tout dit. Georgia Meloni a renoncé à ses promesses en matière migratoire. En échange, je crois que c'est 400 milliards d'euros qu'attend l'Italie avec le plan de relance. Eh bien, je pense qu'elle a subi les pressions de l'Union européenne pour obtenir ce plan de relance et que nous ne sommes évidemment pas du tout dans la même situation. Donc voilà, Georgia Meloni a plié face à l'Union européenne.
Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national de l'Assemblée nationale, merci beaucoup d'avoir répondu aux questions du 8.30. Merci Agathe Lambré. On se retrouve demain pour une nouvelle interview. Dans quelques instants, ce seront les informés de Renaud Delis avec le premier débat qui portera notamment sur la question de la crise du logement. Merci Agathe Lambré.