Naufrage dans la Manche en 2021 : "Un des moments les plus effroyables de mes mandats", confie Natacha Bouchart
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:33OuverteRéponse directe
Pourquoi la Ville de Calais est-elle partie civile à ce procès ?
- 1:51OuverteRéponse directe
Quand on se constitue partie civile, c'est qu'on estime soi-même être victime. C'est-à-dire que la ville de Calais a subi un préjudice avec ce naufrage.
- 4:18OuverteRéponse directe
Natacha Bouchart, vous venez dire que vous avez tout tenté en tant que maire pour allier humanité et fermeté.
- 4:32RelanceRéponse directe
Que leur répondez-vous ?
- 5:28RelanceRéponse directe
Donc quand les associations disent que vous êtes plus dans la fermeté que dans l'humanité, c'est faux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38Invité politiqueFait
« Parce que nous évions depuis maintenant près de 30 ans ces drames. »
- 0:46Invité politiqueFait
« le 24 novembre 2021 a été pour moi personnellement un moment des plus effroyables de mes mandats dans cette vie de maire. »
- 3:37Invité politiqueFait
« Ce sont des criminels qui, mûs par l'appât du bien, sont des bourreaux pour lesquels un passage vaut davantage que la vie d'un enfant, d'une femme ou d'un homme. »
- 4:42Invité politiqueFait
« tous les dispositifs humanitaires qui ont été essayés à Calais, c'est moi qui les ai initiés. »
- 4:49Invité politiqueFait
« Je les ai initiés en créant une aire de repas digne, déjà en 2009. »
- 4:59Invité politiqueFait
« Je les ai initiés en demandant à M. Salomé de créer l'association Salam. »
- 5:06Invité politiqueFait
« Je les ai initiés quand j'ai donc mis à disposition un plan grand froid. »
- 5:17Invité politiqueFait
« Oui, je les ai aussi initiés en achetant des douches pour permettre un environnement digne. »
- 5:32Invité politiqueFait
« j'ai mis à disposition un centre de loisirs pour protéger 400 femmes et enfants. »
Temps de parole
- Natacha Bouchart79 %
- Présentateur11 %
- Présentateur 27 %
- ?2 %
≈ 7,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
A 7h43, c'est l'invité d'ici matin et c'est un procès qui s'est ouvert il y a maintenant deux semaines. Celui de 14 prévenus jugés pour leur implication dans le naufrage de novembre 2021 dans la Manche. Au moins 31 personnes sont mortes cette nuit-là devant le tribunal correctionnel de Paris. Les auditions se poursuivent puisqu'aujourd'hui, Thomas, c'est la maire de Calais qui va prendre la parole. La Ville s'étend à ce procès constitué partie civile. Bonjour Natacha Bouchard. Bonjour. Pourquoi la Ville de Calais est-elle partie civile à ce procès
?
C'est vous qui en avez fait la demande
? Oui,
tout à fait. Parce que nous évions depuis maintenant près de 30 ans ces drames. Il
faut
savoir que le 24 novembre 2021 a été pour moi personnellement
un
moment des plus effroyables de mes mandats dans cette vie de maire. Puisque j'étais présente à la mort du centre hospitalier quand les dépouilles des naufrages sont arrivées. Et que voilà, en tant que maire, subir ce genre de choses et voir arriver 31 dépouilles dont femmes et enfants restent marquées dans une vie.
D
'un autre côté, voilà, les ministres passent, ils arrivent avec leur hélicoptère et une fois que l'hommage est donné, ils repartent. Mais nous, on vit en fait avec cette souffrance. C'est aussi pour moi l'occasion sincèrement d'avoir une pensée pour les familles. Les familles des disparus aussi, donc je mesure l'entière peine.
Certaines étaient présentes d'ailleurs à ce procès ces derniers jours. Quand on se constitue partie civile, Natacha Bouchard, dans un procès,
c
'est qu'on estime soi-même être victime. C'est-à-dire que la ville de Calais a subi un préjudice avec ce naufrage.
C'est un préjudice moral. On ne demande pas réparation financière. Mais il faut aussi qu'on porte, je dirais, toute la parole des Calaisiens qui ont subi aussi le drame, les images, les jugements. Alors que ce sont des personnes avec une très grande dignité dont on ne loue jamais assez, en fait, le respect qu'ils ont pour la personne humaine. Et je considère aussi que c'est profondément injuste, en fait, le procès qui leur est fait ou indirectement de fait qui m'est fait. Parce que c'est déconnaître aussi la bonté d'âme que de nous juger ainsi. On a toujours été dans l'humanité et la fermeté, toujours dans cette ligne de conduite.
Et
je pense sincèrement être le maire qui a tout tenté pour améliorer les conditions entre cette humanité et cette fermeté. Et malheureusement, voilà, les choses, aucune n'a réussi. Et après cinq ans, cinq ans de tragédie, moi, je continue d'être, en fait, habité par cette même demande auprès des services de l'État de calculer, en fait, ce que nous vivons, ce que ces personnes vivent. Et puis cette colère, cette colère face sincèrement aux passeurs, c'est criminel, en fait. Ce sont des criminels qui, mûs par l'appât du bien, sont des bourreaux pour lesquels un passage vaut davantage que la vie d'un enfant, d'une femme ou d'un homme. Et on a trop tendance à banaliser les faits aujourd'hui.
Et c'est pour ça aussi que je voulais apporter, en fait, le témoignage d'une ville qui vit en permanence ces drames. Et dans quelles conditions, en fait, ces habitants les subissent.
Ici Nord, il est 7h47. Nous sommes en direct avec la maire d'Hiver-Droite de Calais, Natacha Bouchard. Natacha Bouchard, vous venez dire que vous avez tout tenté en tant que maire pour allier humanité et fermeté. Vous allez vous retrouver sur le banc des partis civils avec des associations qui viennent en aide aux exilés sur l'électorat. L'association qui rappelle que vous avez pris par le passé aussi des arrêtés pour empêcher de nouvelles distributions de repas. Que leur répondez-vous
? Je
leur dis simplement que tous les dispositifs humanitaires qui ont été essayés à Calais, c'est moi qui les ai initiés. Je les ai initiés en créant une aire de repas digne, déjà en 2009. Je les ai initiés en créant un conseil d'immigrants pour lesquels le gouvernement de 2012 m'a interdit, en fait, de continuer les échanges. Je les ai initiés en demandant à M. Salomé de créer l'association Salam. Je les ai initiés quand j'ai donc mis à disposition un plan grand froid. Vous savez, au niveau était interdit,
c
'était sous M. Sarkozy. Oui, je les ai aussi initiés en achetant des douches pour permettre un environnement digne.
Donc quand
les associations disent que vous êtes plus dans la fermeté
que dans l'humanité, c'est faux ?
Attendez, j'ai mis à disposition un centre de loisirs pour protéger 400 femmes et enfants, pour protéger des hommes dans les conditions de jour. Et ça n'est pas de ma responsabilité si les services de l'État n'ont pas réussi à gérer ce campement. Et donc ce procès est un mauvais procès vis-à-vis des Calaisiennes et des Calaisiens, parce qu'aucun autre maire de France n'a essayé un dispositif. Donc la parole est facile, la critique est facile. Mais moi, quand les services de l'État me disent qu'on a des places en CAES pour pouvoir accueillir ces familles, et que ces mêmes associations, pour certaines, pas toutes, et leur disent surtout qu'il ne
faut
pas aller là-bas,
parce
que ce n
'est
pas le bon chemin, et qu'elles parfois les accompagnent jusqu'à organiser les départs, moi je considère que ce n'est pas de mon rôle que de tout faire pour envoyer des gens à prendre le risque de se tuer en mer. Voilà à
ce
que je leur réponds.
Et cette parole, vous la porterez aujourd'hui à Paris, avec cette audition attendue devant le tribunal correctionnel dans le cadre de ce procès qui s'est ouvert il y a maintenant deux semaines. Merci beaucoup, Natacha Bouchard, d'avoir accepté notre invitation ce matin sur ICINOR. Bonne journée.
Au revoir.
Natacha Bouchart