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Podcast / conversationBFMBUSINESS· 30 septembre 2026 27 minComplaisantFond programmatiqueRetraitesÉconomie & entreprisesBudget & impôtsTravail & emploi

Les Experts : Édouard Philippe propose la retraite à 65 ans - 30/09

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Est-ce que Guillaume Dard c'est un pari risqué, ou est-ce que c'est ce qu'il faut dire aux Français ?

  • 3:48OuverteRéponse directe

    Vous pensez qu'il y a de la place politiquement pour un discours économique courageux ?

  • 5:17OuverteRéponse directe

    En mettant en effet 65, il faut rappeler, quand vous regardez la moyenne des autres pays européens, on est dans ces moyennes.

  • 9:43OuverteRéponse directe

    Comment ça se fait que ce débat est aussi complexe en France ?

  • 21:30OuverteRéponse directe

    Sébastien Lecornu vient de réagir sur le réseau social X. Il parle justement des records de taux d'intérêt. Il dit le réel nous rattrape.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:38PrésentateurFait
    « Edouard Philippe est sorti du bois hier sur la question des retraites, un âge de départ à 65 ans, 45 années de cotisation. »
  • 2:41InvitéFait
    « Il nous a vendu la retraite à 60 ans. »
  • 3:36InvitéFait
    « Il faut travailler plus, il faut faire des efforts, il faut limiter les dépenses, les dépenses sociales sont trop importantes. »
  • 4:53InvitéFait
    « C'est 65 ans, c'est 45 ans de travail. »
  • 7:59InvitéFait
    « Il a dit « en fait, les retraites des fonctionnaires sont masquées dans les budgets ». »
  • 8:34InvitéChiffre
    « C'est au moins une dizaine de milliards. »
  • 11:20PrésentateurFait
    « On a en effet un effondrement de la natalité. »
  • 11:53InvitéFait
    « François Mitterrand nous a vendu 60 ans. »
  • 21:34PrésentateurFait
    « Il dit le réel nous rattrape. »
  • 22:00InvitéFait
    « 20, 21, 22, jusqu'à début 22, les taux sont très très faibles. »
  • 23:35InvitéFait
    « La dette des pays, c'est quelque chose qui est très définie. »
  • 26:47InvitéChiffre
    « Baisser les impôts de production de 20 ou 30 ou 50 milliards pour nous mettre au niveau de l'Allemagne. »

Temps de parole

  • Invité33 %
  • Présentateur30 %
  • Invité 225 %
  • Présentateur 27 %
  • ?5 %

≈ 25,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

10h pile sur BFM Business, les experts ça continue avec Guillaume Dard, président de Montpensier-Arbevel, vice-président de l'AFG, avec Anne-Sophie Alcif, chef économiste du cabinet d'audit BDO France, professeur à Paris 1, Panthéon-Sorbonne, et avec Sylvain Aurebi, président d'Orientis et de Cosmity. Vous restez président ? Oui, absolument. Là vous ne bougez pas ?

0:17
Locuteur

Je

0:18
Invité

ne bouge pas.

0:18
Présentateur

Vous étiez toujours votre nez dans

0:19
Locuteur

les

0:20
Présentateur

dossiers

0:20
Locuteur

?

0:21
Invité

Oui, un peu moins qu'avant, mais toujours mon nez, et surtout mon optimisme et mon envie d'innovation, on en parlait tout à l'heure.

0:28
Présentateur

Absolument. Votre optimisme, qu'on essaye de doucher avec Guillaume Dard, sans succès, avec les questions de taux, et quand même ces questions budgétaires sur lesquelles il faut qu'on revienne. Edouard Philippe est sorti du bois hier sur la question des retraites, un âge de départ à 65 ans, 45 années de cotisation. Est-ce que Guillaume Dard c'est un pari risqué, ou est-ce que c'est ce qu'il faut dire aux Français ? Et quand on n'a que du sang et des larmes à proposer, on n'est pas très vendeur.

0:54
Invité

Là, vous êtes mieux placé pour l'aspect politique, maintenant que tous les soirs sur le BFM vous interrogez tous

0:59
Locuteur

les

0:59
Invité

hommes politiques, etc. Alors, il y a une théorie là-dessus qui est intéressante que j'ai lue ce week-end, c'est, vous connaissez Galveston ? Non.

1:09
Locuteur

Il

1:10
Invité

a montré que quand vous preniez un ensemble d'experts, enfin pas d'experts justement, vous preniez une foule très très large. Par exemple, dans un marché, il y avait un bœuf, et on disait combien pèse le bœuf ? Si vous demandiez, les réponses étaient très aléatoires, mais si vous aviez 400 réponses, on trouvait le poids du bœuf à un kilo près. Et donc, sur l'histoire des retraites,

1:28
Locuteur

ce

1:28
Invité

qu'il suggérait, c'est Servan Schreiber qui écrivait ce livre, il disait au fond, si on demande aux gens qu'est-ce que vous voulez pour les retraites, ils vont répondre émotionnellement. Ils vont dire, ah ben non, moi je ne

1:39
Locuteur

veux

1:39
Invité

pas travailler trop, ou au contraire, moi j'adore travailler.

1:44
Locuteur

Si

1:44
Invité

vous faites appel à l'autre partie du cerveau, non émotionnelle, et que vous dites aux gens, faites votre pronostic sur le système qui marcherait le mieux.

1:55
Locuteur

C

1:56
Invité

'est-à

1:56
Locuteur

-dire

1:56
Invité

que vous dites, on vous propose, répartition, rien ne bouge, même rien ne bouge, retraite à 60, retraite à 65, retraite à 70. Une petite part de capitalisation, pas de capitalisation, une part de capitalisation. Tout le

2:09
Locuteur

monde finit par trouver

2:10
Présentateur

le poids du bœuf, quoi.

2:11
Invité

Et donc, émotionnellement, les gens vont voter 60, mais rationnellement, il y aurait une chance qu'ils disent, ah ben j'aime pas ça, mais c'est ce système-là qu'ils votent. Et donc, le sujet d'Edouard Philippe, c'est qu'il fait appel au cerveau rationnel des gens, alors qu'on est probablement le peuple le plus émotionnel du monde. Donc ça va être difficile, mais rationnellement,

2:29
Locuteur

je

2:30
Invité

pense qu'il va dans la bonne direction. Alors après, il y a des totems, des tabous, 65, je ne

2:35
Locuteur

vais

2:35
Invité

pas me prononcer là-dessus, mais enfin tout le monde a compris rationnellement qu'il faut travailler davantage, point.

2:39
Locuteur

Oui, et

2:40
Invité

d

2:41
Locuteur

'autant plus,

2:41
Invité

enfin, je trouve de la part d'Edouard Philippe que c'est soit suicidaire, parce que les Français vont...

2:48
Locuteur

C

2:49
Présentateur

'est parce qu'il n'existait plus dans les sondages, là, il était très

2:51
Locuteur

très loin. Oui, enfin

2:51
Invité

bon, qui existe dans les sondages, à 7 mois de la présidentielle,

2:55
Locuteur

on

2:55
Invité

regardait 2017, ou 2022, bon.

2:59
Locuteur

Non,

2:59
Invité

donc on aurait tellement de présidents, on aurait Juppé,

3:03
Locuteur

on

3:03
Invité

aurait Fillon,

3:03
Locuteur

on

3:04
Invité

n'y est pas. Donc attendons,

3:05
Locuteur

ce n'est pas les

3:06
Invité

sondages aujourd'hui, peut-être, mais ce n

3:07
Locuteur

'est

3:07
Invité

pas les sondages qui sont importants aujourd'hui. Non, ce qu'il y a aujourd'hui, c'est que ce qu'il dit est courageux. C'est courageux parce que ça met en risque sa position de candidat. Mais qu'est-ce que les Français cherchent aujourd'hui ? Ils cherchent un leader courageux,

3:22
Locuteur

parce

3:23
Invité

qu'il faut quelqu'un de courageux pour faire bouger les choses. Parce que si on a quelqu'un qui rase gratis le lendemain, on ne va aller nulle part. Donc aujourd'hui, il faut quelqu'un qui dise, écoutez, il faut travailler plus, à la fois dans sa vie et dans la semaine. Il faut travailler plus, il faut faire des efforts, il faut limiter les dépenses, les dépenses sociales sont trop importantes, on n

3:43
Locuteur

'a

3:43
Invité

pas les moyens de se les payer, il faut faire un effort. Donc voilà, c'est du sang et des larmes.

3:48
Locuteur

Mais vous

3:48
Présentateur

pensez qu'il

3:49
Locuteur

y a

3:49
Présentateur

de la place politiquement pour un discours économique

3:51
Invité

courageux ? Oui, mais forcément, alors c'est un pari, mais il y a plus de place pour un discours économique violent comme celui d'Edouard Philippe que pour les gens qui vous vendent du rêve, parce qu

4:01
Locuteur

'on

4:01
Invité

sait très bien... Est-ce que c'est violent ? Non, enfin c'est violent, oui, parce que vous écoutez Sophie Binet qui dit tout de suite, et pourquoi pas 67, notre ami

4:09
Locuteur

du Parti communiste qui... Moi j'ai un

4:10
Invité

discours rationnel,

4:11
Locuteur

est-ce qu'il y a de la place pour un discours rationnel

4:12
Invité

? On a pu... Alors, mais tout ça c

4:16
Locuteur

'est

4:16
Invité

à cause des chaînes infos toute la journée.

4:19
Locuteur

C

4:19
Invité

'est ma faute. Voilà, c'est de votre faute. N'importe qui vient raconter tous les jours n'importe quoi, sous le regard attendri des journalistes.

4:26
Locuteur

Nous, mais à la fin de la journée, les Français

4:28
Invité

vous croient. Non, le drame est là, et on se met tant. Parce que nous,

4:32
Locuteur

on

4:32
Invité

raconte, nous, mais sauf qu'à 9h du matin, personne ne nous regarde, donc on est

4:35
Locuteur

trop bien.

4:35
Présentateur

On

4:36
Invité

peut dire des bêtises. Non, mais voilà, c'est juste que les Français ont une vision de la réalité qui est faussée. Ils écoutent des gens tous les jours leur raconter des trucs et leur dire comment ils vont leur faire fortune le lendemain, et ils oublient la réalité. La

4:51
Locuteur

réalité, c'est... Mais ça, ce n'est pas les chaînes

4:52
Présentateur

infos, c'est les promesses

4:52
Invité

politiques. C'est 65 ans, c'est 45 ans de travail. Qu

4:58
Locuteur

'est

4:58
Invité

-ce que vous voulez que je vous dise ? Et c'est la réduction des dépenses. Si personne ne s'y met, on n'y arrivera pas. Moi, je trouve qu'Édouard Philippe a raison, sur le fond, d'y aller. Et puis, nous verrons. Il prend un pari. Peut-être qu'il finira à 10%, peut-être qu'il sera élu président de

5:11
Locuteur

la

5:11
Invité

République. On n'est pas élu président de la République par hasard. Il faut prendre des risques. Il les a pris.

5:17
Présentateur

Anne-Sophie ? Je trouve que ce qui est intéressant, c'est qu'en mettant en effet 65, il faut rappeler, quand vous regardez la moyenne des autres pays européens, on est dans ces moyennes. Donc, ce n

5:24
Locuteur

'est

5:24
Présentateur

pas des chiffres fous, voire plus. En effet, on voit les pays nordiques, l'Allemagne. C'est surtout aussi soulever la question du taux d'emploi des seniors. On en parle souvent, on dit qu'il faut l'augmenter, etc. Mais ce qui est le plus efficace pour l'augmenter, c'est

5:37
Locuteur

en

5:37
Présentateur

effet le décalage d'âge de départ. C'est là où tout de suite, on le voit, ces mécaniques, les dernières réformes, tout de suite, vous gagnez un ou deux ans dès que vous avez un décalage. Donc, là aussi, ça permet tout de suite de remettre ce débat. Peut-être que ce ne soit pas 65, etc. Bien sûr, on voit que le débat sera ouvert, puisque c

5:53
Locuteur

'est

5:53
Présentateur

aussi les partenaires sociaux, et c

5:54
Locuteur

'est

5:54
Présentateur

ça qui est assez intéressant, qui devront aussi gérer la gestion et la retraite. Donc là, c'est aussi intéressant. C'est vraiment eux qui seront au plus proche de la gestion de leur système de retraite. Donc ça, c'est intéressant. Mais c'est de dire, en tout cas, on essaie de soulever ce problème, d'augmenter le taux d'emploi. On sait que c'est compliqué l'âge de la retraite. Peut-être que ce

6:11
Locuteur

ne

6:11
Présentateur

sera pas 65. Mais au moins, si on décale, on pourra gagner peut-être un ou deux ans. Et tout de suite, ça, c'est du piment en plus. L'autre élément qu'il faut revoir, c'est que, d'une manière effective, les Français partent plus tard à la retraite que 62. Pourquoi ? Pour des questions de pouvoir d'achat. Et là aussi, ce qui est assez intéressant, c'est que l'idée de dire « on décale », c'est aussi pour garder votre niveau de retraite et donc votre pouvoir d'achat. On parle aussi de capitalisation pour une petite part. Là aussi, c'est assez intéressant.

Un, la capitalisation, ça permet, on parle souvent du marché des capitaux au niveau européen, là, ça permettra d'avoir plus de financement et peut-être de financer les entreprises,

6:46
Locuteur

l

6:46
Présentateur

'industrie française. Donc là, ça peut être aussi assez intéressant pour nous en termes de souveraineté. Et puis deux, ça permet d'avoir, pour les prochaines générations, pas celle-ci mais pour les prochaines, un système qui soit quand même beaucoup plus robuste puisque ne pesant pas sur la natalité qui s'effondre. Donc il y a, en tout cas, je trouve, des éléments qui sont soulevés sur les pistes qu'il faut mettre en œuvre si on veut avoir un système durable. Après, vous l'avez dit, politiquement, c'est plus compliqué dès qu'on touche à l'âge.

7:12
Invité

Alors, jusqu'à l'arrivée de Gilles Berset, un des sujets qu'on a eu, c'est que le Conseil d'orientation des

7:18
Locuteur

retraites

7:18
Invité

sortait des études assez complexes à lire avec plein d'hypothèses et qui disaient « tout va bien

7:25
Locuteur

». Et ça, c'est dramatique.

7:27
Présentateur

Ce n

7:27
Locuteur

'est

7:27
Présentateur

pas « tout va bien », c'est-à

7:28
Locuteur

-dire

7:28
Présentateur

qu'on a vraiment un problème de natalité jusqu

7:29
Locuteur

'à peu près 2030

7:30
Présentateur

-2035 et ensuite,

7:32
Locuteur

en

7:32
Présentateur

effet,

7:32
Locuteur

étant donné qu'il y a moins de personnes… Le corps disait tout et son contraire

7:35
Invité

à l'intérieur du même rapport. À l'intérieur du même

7:37
Locuteur

rapport. Non, il y avait des hypothèses, il y avait des hypothèses. Mais

7:39
Invité

globalement, la tonalité qui en ressortait, telle qu'elle était analysée par les médias, c'est que ça allait.

7:45
Locuteur

Et

7:45
Invité

puis tout d'un coup, on a commencé à voir la réalité. Il y

7:47
Locuteur

a

7:47
Invité

une deuxième chose qui est très importante,

7:49
Locuteur

c'est

7:50
Invité

pas le scandale, mais enfin la supercherie qu'a dénoncée Jean-Pascal Beauffray, sur lequel il y

7:55
Locuteur

a

7:55
Invité

eu d'abord des refus.

7:56
Locuteur

Vous

7:56
Invité

savez, quand

7:57
Locuteur

il a... Je ne l'ai pas. Si,

7:58
Invité

c'est très important. Il a dit « en fait, les retraites des fonctionnaires sont masquées dans les budgets

8:03
Locuteur

».

8:04
Invité

Et l'ont tenté de dire

8:05
Locuteur

«

8:05
Invité

non, mais ce n

8:05
Locuteur

'est

8:05
Invité

pas grave, c'est comptable, etc. » Et ce dont on s'aperçoit, c'est que la part consacrée aux retraites des fonctionnaires déjà partis à la retraite dans les budgets de chaque ministère sont considérables.

8:16
Locuteur

C

8:16
Invité

'est

8:17
Locuteur

le

8:17
Invité

fait qu'Anne-Sophie doit connaître les chiffres. Par exemple, dans, je ne

8:19
Locuteur

sais

8:19
Invité

pas... C

8:20
Présentateur

'est quoi ?

8:20
Locuteur

C

8:20
Présentateur

'est

8:20
Locuteur

que

8:20
Présentateur

ce n

8:20
Locuteur

'est

8:20
Présentateur

pas au

8:21
Locuteur

bon endroit ? Budget

8:21
Invité

de l'éducation nationale. Non, mais on aurait pu dire « les retraites, c'est ailleurs ». Ce

8:24
Locuteur

n'est

8:24
Invité

pas dans le budget du ministère.

8:25
Locuteur

D'accord.

8:26
Invité

Et là, on dit « on va donner, je ne

8:28
Locuteur

sais

8:28
Invité

pas, 65 milliards à l'éducation nationale. Et combien il y a pour les retraites là-dedans ? »

8:32
Locuteur

Anne

8:32
Invité

-Sophie, vous avez en tête le chiffre

8:33
Locuteur

? Non, je n'ai

8:33
Invité

pas le chiffre. Mais enfin, c'est au moins une dizaine de milliards, si vous voulez. Donc, on donnait l'impression... Alors, on peut dire que ça peut être attaché au budget d'éducation nationale. Mais quand on pense budget d'éducation nationale, on pense...

8:47
Locuteur

Mais pas les retraites dedans.

8:48
Invité

Ce n

8:48
Locuteur

'est

8:48
Invité

pas la

8:48
Locuteur

retraite qu'on met dedans, c

8:50
Invité

'est les salaires des professeurs en activité. Et on s'aperçoit que ça, c'est un montant globalement très significatif à l'intérieur du budget. Parce qu'on aurait pu penser... Alors, évidemment, comme c'est les fonctionnaires, ce n

9:00
Locuteur

'est

9:00
Invité

pas entièrement dans la sécurité sociale. Et donc, on n'y comprend rien. Mais bref, ça a été masqué. Et donc, ce coût de la retraite, il pèse déjà très fortement sur les budgets des ministères. Et que donc, le fait qu

9:12
Locuteur

'on

9:12
Invité

travaille plus longtemps est vraiment absolument clé. On sait que quand il y avait eu la privatisation de France Télécom, on avait décalé justement le paiement des retraites qui n'étaient pas faits par... Les nouveaux étaient dans la Gire Carco pour simplifier. Les anciens étaient en grande partie dans les budgets. Et donc, on est en train de voir la note arriver, petit à petit, mais elle est très très forte. Alors, c'est votre histoire de grenouille du début. C'est-à

9:36
Locuteur

-dire

9:36
Invité

que la grenouille, bon, elle a eu agréablement chaud, puis désagréablement chaud, et puis c'est dangereux, et on y est.

9:43
Présentateur

Mais Anne-Sophie, comment ça se fait que ce débat est aussi complexe en France ? Les autres pays ont réussi à réformer leur système des retraites. Qu'est-ce qui fait que nous... C'est parce qu'on est malheureux au travail ? C'est quoi le sujet ? Alors, c'est parce qu'on a eu, en effet, une organisation de structure du travail qui était assez différente des autres pays. C'est-à-dire que nous, on a des taux d'emploi et d'activité très forts sur une période beaucoup plus concentrée. En gros, 25 ans, 55. C

10:07
Locuteur

'est-à-dire que vous

10:08
Présentateur

travaillez

10:08
Locuteur

beaucoup, en

10:09
Présentateur

fait. Donc là, vous travaillez beaucoup, vous avez une forte productivité horaire. Vous pouvez regarder par rapport aux partenaires européens, même si ça commence à être plus homogène. Et donc, l'idée, c'était vraiment d'avoir une concentration du travail importante sur cette partie. Beaucoup moins avant, on le sait, et beaucoup moins après. Alors que dans les autres pays, vous avez une vision beaucoup plus longue et étalée du travail, avec des phases beaucoup plus faciles de passer à salariés, entrepreneurs, enfin voilà. De cumuler. De cumuler. Vous

10:36
Locuteur

avez

10:36
Présentateur

aussi beaucoup plus de contrats. Pour beaucoup de salariés, si vous êtes à la retraite, vous êtes à la retraite à 100%. C'est plus compliqué. Peut-être que

10:44
Locuteur

vous

10:44
Présentateur

pouvez faire de ces structures de conseils et autres, mais beaucoup de gens, ils sont à la retraite et puis ils n'ont plus du tout d'activité. Dans beaucoup de pays, vous avez plein de contrats, beaucoup plus adaptables. Vous pouvez rester en partiel, vous pouvez faire quelques heures, vous pouvez monter votre structure. Donc, il y a beaucoup... Le travail n

10:58
Locuteur

'est

10:58
Présentateur

pas du tout vu d'une manière beaucoup plus linéaire comme en France. Après, ça marchait assez bien pendant très longtemps puisqu'on avait un taux d'activité très élevé sur cette période-là. On avait moins de problèmes de financement, donc voilà, ça se passait bien. Et puis, ça permettait aussi d'avoir, en effet, des âgés

11:14
Locuteur

de départ... J'ai la réponse à votre question.

11:16
Présentateur

Ah,

11:16
Locuteur

j'ai tout le monde lève là. Ah, ça fait

11:18
Présentateur

fini. Donc, juste pour finir là-dessus, on a cette structuration. Aujourd'hui, comme on a en effet un effondrement de la natalité, et là aussi, pendant longtemps, on est un des pays où on résistait mieux par rapport aux autres pays. et des financements qui se basaient beaucoup sur la production et qu'en effet, on s'est beaucoup désindustrialisés, nos deux sources de financement, natalité et production, sont effondrées. Et donc, c'est pour ça, aujourd'hui, qu

11:38
Locuteur

'on

11:38
Présentateur

se retrouve dans cette situation-là. Donc, à mon sens, il faut repenser le modèle alors que les autres pays, en effet, avaient aussi des modes de financement qui étaient beaucoup plus diversifiés. Sylvain

11:46
Locuteur

?

11:46
Invité

On oublie une chose. Pourquoi est-ce qu'on a du mal à aller à 65 ou 67 ans

11:52
Locuteur

? Parce

11:53
Invité

qu'on part de 60. Parce qu'en 1981, François Mitterrand nous a vendu 60 ans. Il nous a vendu du rêve, alors qu'il savait, ses proches le disent, que ce serait une catastrophe. Il nous a vendu la retraite à 60 ans. Donc, on est passé de 65 à 60, et maintenant, on veut nous faire remonter vers 65. C'est plus possible. On serait resté, évidemment, à 65, on serait comme l'Espagne à 67 aujourd'hui, très facilement. En fait, il faut remettre les choses en perspective. Ça fait 45 ans que les gens ont la retraite à 60 ans. Ils ne comptent pas du tout abandonner cet avantage acquis. C'est toute la difficulté.

12:25
Locuteur

C

12:25
Invité

'est que la retraite à 65 ans,

12:27
Locuteur

elle

12:27
Invité

était peut-être compliquée, dure pour les gens à l'époque, mais c'est d'autant plus compliqué de remonter l'âge d'aujourd'hui qu'ils ont été habitués à avoir 60 ans comme âge de départ à la retraite. Et la faute originelle, elle est là. Elle est en 1981, quand Mitterrand impose la retraite à 60 ans,

12:45
Locuteur

et

12:45
Invité

qu'il le fait avec les communistes à l'époque.

12:47
Locuteur

Il

12:47
Invité

faut se rappeler de cette époque. C'était quelque chose de très particulier. Notre problème, il vient aussi de là. Et notre peu d'envie, notre peu d'appétence pour un travail plus âgé,

12:59
Locuteur

il vient de là

12:59
Invité

aussi. Pour compléter, puisque Sylvain parle du péché, on peut avoir une vision presque religieuse de la chose. C'est qu'au fond, il y a trois périodes de la vie, ou quatre. Il y

13:11
Locuteur

a

13:11
Invité

une première période de l'enfance ou de l'éducation. La deuxième, où on travaille beaucoup, comme Anne-Sophie l'a expliqué, et qu'ensuite, il y

13:17
Locuteur

a

13:17
Invité

le paradis. Le paradis, c'est effectivement, vous prenez votre retraite à un âge qui, physiologiquement, est beaucoup plus jeune qu'il l'était autrefois, et vous avez devant vous 15-20 ans de vie beaucoup plus agréable du point de vue physiologique. Et donc, Sylvain a raison, le fait de dire, ah, on vous prend une partie du paradis, c'est très, très difficile. C'est au fond, une espèce de patrimoine qu'ont les gens. Ils se disent, j'ai un patrimoine, je vais être payé, c'est financièrement, je vais être payé pendant 15-20 ans pour mener une vie agréable.

Et comme le disait un de mes amis, les mêmes gars qui disent, il y a beaucoup de pénibilité dans certains cas, on les voit faire 100 km par jour à 70 ans dans la chaleur de la canicule. Donc, il y a des gens qui ont vraiment des métiers pénibles, mais on sent bien qu'on est dans un autre monde et qu'on est en train de dire aux gens, revenez, le travail, la torture, on vous remet 5 ans de purgatoire ou d

14:13
Locuteur

'enfer. Les gens

14:13
Présentateur

ne

14:13
Locuteur

sont

14:13
Présentateur

pas d'accord.

14:14
Invité

Et donc, les gens ne sont pas d'accord. Donc, c'est très psychologiquement ancré. Alors, pourquoi ? C'est davantage

14:19
Locuteur

en

14:19
Invité

France, mais la France,

14:20
Locuteur

c

14:20
Invité

'est un pays assez particulier.

14:22
Présentateur

Sauf que si vous ne voulez pas baisser les pensions, parce qu'à un moment donné, il

14:24
Locuteur

va

14:24
Présentateur

y avoir un sujet quand

14:25
Locuteur

même. Vous n

14:26
Présentateur

'allez pas pouvoir faire des croisières Costa et du vélo pendant 100

14:29
Locuteur

km longtemps. Déjà,

14:30
Présentateur

ils se pendent la pompe.

14:31
Locuteur

De toute

14:31
Présentateur

façon, c

14:31
Locuteur

'est

14:31
Présentateur

un phénomène global. Il y a ça dans les autres pays européens. Et les autres pays européens aussi, les gens profitent à la retraite. Et d'ailleurs, ça profite à beaucoup de secteurs. Donc, c'est plutôt quelque chose de positif. Je ne pense pas qu'il y

14:40
Locuteur

ait

14:40
Présentateur

une particularité française. Mais dû à cette structuration du temps de travail, je pense qu'en effet, déjà, vous regardez à l'âge de la retraite par rapport aux autres pays européens, on est un des pays où vous avez le plus d'accidents du travail. Vous avez le plus de difficultés physiques les 10 premières années où vous êtes à la retraite, par exemple, par rapport aux pays nordiques. Donc, il y a aussi des raisons factuelles qui font que comme on a cette structuration très intense pendant un temps plus court, eh bien, vous avez des conséquences aussi physiologiques.

15:08
Locuteur

Et

15:08
Présentateur

donc, là aussi, quand vous regardez les âges, déjà, c'est 62, l'âge de départ. Et effectif, on est plutôt autour de 63-64. Donc, déjà, on n'est plus du tout à 60. Ça, c'est de côté. Et sur les 67, ce qui est assez récent, même quand vous regardez les sondages et autres, c'est que beaucoup ne sont pas forcément contre si c'est les conditions, que ça peut être adapté. C'est là où on dit qu

15:25
Locuteur

'il

15:25
Présentateur

faut avoir des contrats, peut-être, qui sont beaucoup plus flexibles, parce qu'il y

15:28
Locuteur

en

15:28
Présentateur

a beaucoup qui devraient peut-être faire quelques heures aussi en termes de pouvoir d'achat. Mais la difficulté, c'est le choix aussi, qui est assez important. Et là, c'est assez intéressant. On a 62 légalement. Et

15:38
Locuteur

on

15:38
Présentateur

voit que la majorité des gens parlent plus tard parce qu'ils en font le choix pour gagner plus. Mais c'est leur choix. Et je pense que l'élément qui est important dans la réforme, peut-être en France plus que d'autres pays, parce qu'on a moins cette flexibilité de choix, des contrats, des formes de travail, c'est le choix de dire à un certain âge,

15:53
Locuteur

je

15:53
Présentateur

peux choisir comment je m'organise. Et c'est pour ça qu'à mon sens, c'est beaucoup plus un problème d'organisation du travail et d'offre de travail qu'on pourrait avoir par rapport notamment aux pays nordiques ou à l'Allemagne, plus que de dire les Français ne veulent pas travailler, etc. Ce qui, je pense, est faux.

16:06
Invité

Enfin, tout ça ne veut rien dire. En fait, notre débat, il a très peu de sens au moment où la Chine et l'usine du monde vont fabriquer tout. Oui,

16:17
Locuteur

mais bon,

16:17
Invité

c'est un autre sujet. Non, mais... Oui, mais... Non, mais je n

16:20
Locuteur

'ai

16:20
Invité

pas dit que vos propos. Cette discussion est un peu éthérée parce que le risque de bouleversement du monde, je répète, avec la capacité d'industrialisation de la Chine, l'arrivée des robots, le surgissement de l'IA dont on ne sait pas, pour l'instant, ce n

16:36
Locuteur

'est

16:36
Invité

pas le cas. Ça ne bouleverse pas complètement le travail d'école Blanc. Mais enfin, non mais,

16:41
Locuteur

pas

16:42
Invité

aujourd'hui. Mais enfin, regardons l'utilisation qu'on fait de l'IA aujourd'hui par rapport à

16:46
Locuteur

il

16:46
Invité

y a 6 mois et par rapport à 12 mois. C'est crescendo. Donc, c'est très, très difficile. On est en train d'avoir un débat comme si la société allait être statique dans son fonctionnement. On a une révolution industrielle, une révolution technologique d'une ampleur inimaginable. Donc, personne ne sait, on espère bien que ça ne va pas déboucher sur disparition de

17:04
Locuteur

l

17:04
Invité

'humanité, mais personne ne sait jusqu'à quel point ça va augmenter la productivité. Donc, c'est un peu virtuel, ce débat.

17:11
Présentateur

Sur l'IA, vous faites « mouais bof ».

17:14
Locuteur

Non, non,

17:14
Invité

je dis « mouais » parce que je pense que ce serait... Tout le monde dit « l'IA va bouffer les emplois de tout le monde ». Moi, je n'y crois pas. Je n'y crois pas. Je pense qu'elle va, au contraire, augmenter la productivité. Et ce serait bien la première fois dans l'histoire de l'humanité qu'un progrès de cette ampleur ne créerait pas de richesse. Donc, ça va créer forcément et de la

17:34
Locuteur

richesse et de l'emploi. Mais ça va

17:35
Invité

bouleverser les jobs. Ça va certainement bouleverser les jobs. Mais ça ne va pas... L'IA ne

17:39
Locuteur

va

17:39
Invité

pas vous piquer votre job. Ça dépend à qui. Ça dépend. Oui, mais bien entendu.

17:43
Locuteur

J

17:43
Présentateur

'entends des patrons ou plus d

17:44
Locuteur

'assistants,

17:45
Présentateur

vous voyez, par exemple.

17:47
Invité

Les fabricants de roues de carrosse ont perdu avec l'arrivée du pneu. Vous

17:51
Locuteur

allez me refaire

17:51
Présentateur

l'éludite et Jean-Marc Daniel, mais il était là hier.

17:53
Invité

Non,

17:53
Locuteur

mais

17:53
Invité

oui, forcément, forcément, il y a des gens qui vont y perdre. Mais les gens, en général, n'y perdront pas. Et je pense que l'IA, au contraire... L'humanité, il ne

18:01
Locuteur

va

18:01
Invité

pas y perdre. Mais pays par pays,

18:03
Locuteur

on n'en sait rien. Sur les étudiants, sur les

18:05
Présentateur

assistants,

18:06
Locuteur

pays par pays. Encore une fois,

18:08
Invité

les étudiants, il va falloir que leur début de carrière soit géré différemment. Par plus... Je ne sais pas comment ça va se passer. Mais effectivement, les premiers jobs sont en risque aujourd'hui. Donc, il va falloir qu'on réfléchisse à ça. Mais ça ne veut pas dire que beaucoup d'emplois vont être en risque du fait de l'IA. Parce que l'IA va créer aussi beaucoup d'autres emplois. Il y

18:31
Locuteur

a

18:31
Invité

de nouveaux métiers qui vont apparaître. Encore une fois, c'est Schumpeter quand même. Ces mouvements-là ne créent pas de pauvreté. Au contraire, ils vont créer de l'activité, de la richesse. Et voilà, il va falloir qu'on regarde les choses effectivement différemment pour l'emploi. Mais je faisais mouer tout à l'heure parce que je ne pense pas que l'IA nous gênera dans les années qui viennent ni au plan de l'humanité ni au plan des pays individuellement.

18:59
Présentateur

Anne-Sophie,

18:59
Locuteur

on

18:59
Présentateur

était hier avec le Conseil d'analyse économique qui lui dit que c'est une chance justement de productivité, notamment pour nous, qui avons beaucoup baissé, qui était plutôt optimiste. Sauf si on n'arrive pas à prendre le pli technologique.

19:11
Locuteur

C

19:11
Présentateur

'est-à

19:11
Locuteur

-dire

19:11
Présentateur

qu'on est quand même sur l'adoption très en retard en Europe. Voilà. Donc, à mon sens, on le garde dans la littérature économique, les progrès techniques ont toujours générosé de la richesse et ont toujours créé de l'innovation. Donc, globalement, on a toujours été gagnant du progrès de

19:23
Locuteur

la

19:23
Présentateur

technologie.

19:24
Locuteur

Bon,

19:25
Présentateur

en tout cas, quand on regarde historiquement, globalement, oui. Après, en effet, il y

19:29
Locuteur

a

19:29
Présentateur

des transformations. Et à mon sens, là, ce qui est plus préoccupant, c'est qu'on ne sait pas peut-être ce qu'on a créé, jusqu'où ça va aller. Vous avez la révolution industrielle, le charbon, ben voilà, vous savez que vous allez être plus productif, vous avez le cinéma, l'électricité. Bon, c'était assez cadré, on va dire. Même Internet, au tout début, on se disait, ben voilà, jusqu'où ça va aller. Bon, on a vu que c'était quand même assez cadré. Là, c'est vrai qu'on a une techno, on ne sait pas vraiment jusqu'où ça va aller, sur quoi ça va aboutir. On est sûr que ça aura des gains de productivité.

En effet, pour des pays comme nous qui avons beaucoup perdu en productivité, c'est véritablement un atout. Par contre, il faut en effet la formation et pouvoir se l'approprier.

20:02
Locuteur

Et

20:02
Présentateur

donc là, on revient au modèle de travail, à la manière de travailler, à avoir peut-être des modèles plus flexibles où vous pouvez faire de la formation tout au long de votre vie, quel que soit votre métier, peut-être plus changer de métier parce que vous allez devoir travailler plus longtemps. Donc, toute cette nouvelle forme de travail, on n'a pas l'habitude par rapport au modèle où en effet, on rentre, on est plutôt salarié, après en effet, on a la retraite. C'est beaucoup plus ça que ça va bouleverser et je pense que c'est ça qui peut créer de l'anxiété parce qu'on ne sait pas en fait quelles seront les nouvelles formes de travail.

20:31
Invité

Si on regarde...

20:32
Locuteur

Non, mais

20:32
Présentateur

on revient sur les taux.

20:34
Invité

Globalement,

20:34
Locuteur

à

20:35
Invité

très long terme, la technologie,

20:36
Locuteur

c

20:36
Invité

'est ce qui fait la révolution industrielle, c'est ce qui a fait que le niveau de vie a été multiplié par 10. Ceci étant dit... Si, si, à peu près, depuis 1800, oui. Ceci étant dit, les moments de rupture sont d'une violence incroyable. C'est-à-dire que je n

20:52
Locuteur

'ai

20:52
Invité

pas besoin de... Vous avez du Dickens. C'est dur d'être ouvrier enfant en Angleterre et c'est là où naît le Parti communiste. Donc, il y a une période pré-révolutionnaire. Ensuite, la deuxième phase,

21:04
Locuteur

c

21:04
Invité

'est celle des années 20, le fordisme, l'inclairation. On débouche sur une crise de surproduction. On passe aux années 30, fascisme, communisme, nationalisme, révolution, guerre civile. Donc, les phases, quand une nouvelle technologie change la donne, à long terme, c'est très bien, à court terme, c'est très dur. Et donc, on est au bord de ça et ce qui est ennuyeux, c'est au moment où la dette est énorme.

21:29
Présentateur

Alors justement, Sébastien Lecornu vient de réagir sur le réseau social X. Il parle justement des records de taux d'intérêt. Il dit le réel nous rattrape. C'est sa formule. Je ne

21:39
Locuteur

sais

21:39
Présentateur

pas ce que ça veut

21:40
Locuteur

dire.

21:40
Invité

C'est très vrai mais on se demande pourquoi il ne

21:42
Locuteur

l

21:42
Invité

'a pas rattrapé il

21:42
Locuteur

y

21:42
Invité

a un an. Parce que, oui, le réel rattrape.

21:45
Locuteur

C

21:45
Invité

'est très significatif. Et le réel,

21:48
Locuteur

on

21:48
Invité

se dit, au fond, le quoi qu'il en coûte, on peut en discuter, mais on comprend ce qui a été fait. Mais il fallait se dire comment qu

21:54
Locuteur

'on

21:54
Invité

le finance. Quoi qu'il en coûte, comment le finance-t-on

21:57
Locuteur

?

21:57
Invité

Et là, on avait une chance extraordinaire. 20, 21, 22, jusqu'à début 22, les taux sont très très faibles. Alors, on a sûrement une agence du Trésor qui est formidable et on dit qu'il y

22:08
Locuteur

a

22:08
Invité

une duration à 8 ans. On ne comprend pas très bien. Vous, par exemple, si vous aviez à emprunter sur...

22:13
Locuteur

Moi, je suis

22:14
Présentateur

montée au max du plafond.

22:15
Invité

Quand c

22:15
Locuteur

'était

22:15
Invité

à...

22:16
Locuteur

Je

22:16
Présentateur

suis endettée jusqu'au cou, mais pas cher.

22:18
Invité

Vous avez beaucoup de talent.

22:19
Locuteur

À

22:19
Présentateur

0,85.

22:20
Locuteur

Non, mais c'est vrai, c'est ce que j'ai fait. Et

22:22
Invité

donc, on se demande pourquoi on ne

22:23
Locuteur

vous a

22:23
Invité

pas... Oui,

22:24
Locuteur

peut

22:25
Invité

-être

22:25
Locuteur

reprété.

22:26
Invité

On se demande pourquoi on ne

22:27
Locuteur

vous

22:27
Invité

a pas confié l'agence France Trésor. Qu'est-ce qui empêché qu'on emprunte à 20 ans à

22:33
Locuteur

0,51% ? Si, parce qu'on avait... Ça allait faire du stock, quoi.

22:36
Invité

Non, parce qu'on avait un cadre

22:37
Locuteur

habituel

22:39
Invité

dans lequel on disait qu'on fait comme ça, donc on a peut-être tiré un peu plus long. On avait... On pouvait le financer par cet argent-là. Ça n'empêchait pas...

22:46
Locuteur

On s'est dit que ça

22:47
Présentateur

allait durer, peut-être.

22:48
Invité

Oui, mais enfin, l'agence France Trésor ne spécule pas, vous voyez.

22:51
Locuteur

C'est des gens qui

22:52
Invité

doivent... Mais si, c'est spéculer de prendre une position

22:55
Locuteur

parce que les taux sont

22:56
Invité

très

22:56
Locuteur

bas. Ils font

22:56
Invité

du

22:57
Locuteur

stock. Tu pouvais

22:57
Invité

aller

22:58
Locuteur

plus bas.

22:58
Invité

Malheureusement, on

22:59
Locuteur

ne peut pas faire ça.

23:00
Invité

Oui, mais c'est pareil. La Banque de France aurait dû acheter de l'or quand ça valait 1 000 dollars et maintenant, ça en vaut 4 000. On n'est pas... Mais les Chinois, ils en achètent. Non, mais l'État français n'est pas là pour spéculer.

23:12
Locuteur

Donc, évidemment, c'est le contraire de la spéculation.

23:15
Invité

À zéro,

23:16
Locuteur

c

23:16
Invité

'est pas

23:18
Locuteur

de la spéculation.

23:19
Invité

Mais qu'auraient dit les marchés ? Mais qu'auraient dit les marchés si au lieu d'acheter 350 milliards tous les ans, je ne sais pas combien, on avait fait... Mais on n'a pas dit plus.

23:26
Locuteur

3 000.

23:27
Invité

On a dit plus long. Oui. On a dit plus long. Peut-être. Mais encore une fois, ces maturités, ça ne se décide pas autour d'une table. La dette des pays, c'est quelque chose qui est très

23:38
Locuteur

définie. Qu'est-ce que fait M.

23:39
Invité

Besen aujourd'hui ?

23:40
Locuteur

On ne touche qu

23:41
Invité

'avec une infinie précaution.

23:42
Locuteur

Ce

23:42
Invité

n

23:42
Locuteur

'est

23:42
Invité

pas

23:42
Locuteur

vrai.

23:43
Invité

Excuse-moi.

23:44
Locuteur

Scott Besen, il explique que justement, il

23:46
Invité

va passer, comme le long est trop cher, il va passer en cours. Pas du tout. Que ne l'ont-ils fait il y a 4 ans aussi

23:52
Locuteur

?

23:52
Invité

Parce que personne ne l'a fait.

23:54
Locuteur

Si, si, il y a des gens qui

23:55
Invité

ont des maturités plus longues. Si on prend les Japonais, les Japonais qui ont le plus de dettes de tous les pays du monde.

24:02
Locuteur

Oui,

24:02
Invité

mais

24:02
Locuteur

il n'y a que des

24:02
Invité

Japonais qui investissent dedans.

24:04
Locuteur

Si vous regardez quel est

24:05
Invité

le coût de la dette annuelle, alors qu'ils n'ont pas deux fois, ils ont maintenant une fois, une fois, beaucoup de dettes, plus davantage de dettes que nous, le coût de la dette, il est trois fois inférieur à nous.

24:21
Locuteur

Parce

24:21
Invité

qu'ils ont emprunté très long.

24:23
Locuteur

C

24:23
Présentateur

'est aussi les Japonais qui empruntent. Oui,

24:26
Locuteur

c'est les Japonais qui empruntent. Et puis les taux du

24:28
Invité

Japon étaient en marasme pendant 30 ans. On ne peut pas du tout comparer. Quand ils font bien, ce n

24:35
Locuteur

'est pas de

24:36
Invité

notre faute. Et si on fait mal, ce n

24:37
Locuteur

'est

24:37
Invité

pas de notre

24:38
Locuteur

faute.

24:38
Invité

Non,

24:38
Locuteur

non, non. Donc la réalité nous

24:40
Invité

rattrape.

24:41
Locuteur

La réalité nous

24:42
Présentateur

rattrape. Alors, nous rattrape, c'est vrai que la difficulté et ce que l'on aurait pu faire quand les taux étaient très bas, c'était en effet en profiter pour ou se désendetter ou plus faire de l'investissement. C'est ça. On parle beaucoup de la dette. Quand vous investissez un et que ça produit trois, on s'en fiche d'être endetté. Voilà, vous l'avez fait au territoire.

24:58
Locuteur

C'était en 2020 qu'il fallait faire des

24:59
Présentateur

bornes électriques. C'était ça. Voilà, exactement.

25:03
Locuteur

C'est ça qu'il fallait faire. Vous avez

25:04
Présentateur

bien résumé mon propos. Moi, je pense que c'est ça le gros problème qu'on a eu. C'est qu'on parle toujours de dette, plus de moyens, plus d'argent. Mais la question, c'est pour faire quoi ? Et là où c'est assez intéressant quand on voit nos partenaires européens qui étaient comme nous, qui ont eu aussi des taux très bas, etc. Ils ont longtemps été comme nous. Mais c'est vrai que surtout depuis la dette Covid, ils ont beaucoup plus investi que nous.

25:24
Locuteur

C

25:24
Présentateur

'est-à

25:25
Locuteur

-dire

25:25
Présentateur

qu'ils se sont endettés pour créer des actifs. Vous l'avez dit, électrification, investissement dans la transition, etc. Donc vraiment préparer leur économie. L'exemple premier, c'est vraiment l'Espagne qui a vraiment utilisé tout l'argent européen pour faire que de l'investissement qui lui permet d'avoir plus de 2% de croissance. Si on avait 2% de croissance, on n'aurait pas ces discussions budgétaires. Donc à mon sens, c'est ça la difficulté. Ce n

25:44
Locuteur

'est

25:44
Présentateur

pas que l'endettement. Mais qu'est-ce qu'on fait avec ces dettes ? Est-ce qu'on finance que des dépenses de fonctionnement ou est-ce qu'on prend une part, bien sûr qu'ils font financer le fonctionnement ? Il n

25:52
Locuteur

'y a

25:52
Présentateur

pas de sujet là-dessus. Plus importante pour l'investissement, comme le font nos partenaires européens. Et si on a ce décrochage par rapport à l'Europe, c'est vraiment sur cet aspect investissement.

26:01
Invité

Mais le

26:01
Locuteur

drame, c'est que les

26:02
Invité

financements

26:02
Locuteur

du modèle social... 20 secondes chacun ! On a choisi

26:08
Invité

de financer le modèle social, ce qui est tout à fait compréhensible, mais... Non,

26:12
Locuteur

mais on peut

26:12
Présentateur

le financer aussi,

26:13
Locuteur

investir. On l'a financé de

26:14
Invité

modèle social par endettement, que ce soit de la retraite, nos systèmes de santé, et heureusement qu'on a un très bon système de santé globalement. Tout le monde n'en est pas toujours content, mais globalement, c'est bien. Et donc, ce choix, cette pression sur les politiques français, fait qu'il y a eu une impossibilité de faire les bons choix d'investissement à long terme.

26:34
Locuteur

– Sylvain Vincenny, allez, c'est moins que c'est

26:36
Présentateur

moins

26:36
Locuteur

pour

26:36
Présentateur

Sylvain.

26:36
Invité

– Alors, il ne faut pas, à aucun moment, que l'État français investisse dans l'économie. Ce n'est pas son boulot, il ne sait pas faire. En revanche, baisser les impôts de production de 20 ou 30 ou 50 milliards pour nous mettre au niveau de l'Allemagne, ça, ça permet de donner 20 ou 30 ou 50 milliards aux entreprises qui, elles, savent comment investir, qui savent où investir et qui savent y trouver du profit pour le pays. Et ça, on avait commencé à le faire, la baisse des impôts de production, on l'a stoppé, c'est une erreur tragique. C'est

27:10
Locuteur

la machine

27:10
Invité

à taxer qui est repartie.

27:11
Présentateur

Merci beaucoup à tous les trois d'être venus ce matin dans Les Experts.