Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewC à vous (sur YouTube)· 11 mai 2026 52 min

Augmentation du prix du carburant : Roland Lescure réagit - C à Vous l’Intégrale - 11/05/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Très heureuse de vous retrouver. On est ensemble jusqu'à 21h avec toute l'équipe. Bonsoir.

A la une ce soir, un premier cas d'hantavirus en France. - Une des personnes pendant le voyage en avion a eu des symptômes. Elle était sur le bateau de croisière.

Elle est revenue hier. Elle s'est dégradée dans la nuit. Elle est positive à l'hantavirus. - L.Sénéchal: Elle est en réanimation ce soir.

Elle est soignée à l'hôpital Bichat de Paris, comme les 4 autres passagers du bateau. Il y a aussi 22 cas contacts en France à qui il est demandé de s'auto-isoler. - A.-E.Lemoine: On en parle avec l'épidémiologiste A.Fontanet.

Patrick, toujours pas de perspective de sortie de crise au 73e jour de la guerre contre l'Iran. - P.Cohen: Et 72 jours de blocage du détroit d'Ormuz.

D.Trump a dit qu'on était tout près d'un accord avec l'Iran, comme tous les 3 jours. Comme chaque fois, il a dit que c'était inacceptable et que l'accord n'était pas à portée de main mais qu'il allait faire plier l'Iran.

Le conflit s'éternise. Il bloque à la fois les engrais azotés et les hydrocarbures dans ce détroit. - A.-E.Lemoine: Autrement dit, de potentielles crises en cascade devant nous.

On en parle ce soir avec le ministre de l'Economie. Merci de votre présence ce soir. Le Premier ministre a promis la semaine dernière de changer d'échelle pour accompagner les Français qui souffrent le plus de la crise.

Vous nous direz éventuellement quelles aides supplémentaires sont envisagées. Emilie, TotalEnergies toujours dans le viseur. - E.Tran Nguyen: Faut-il aller jusqu'à retirer la Légion d'honneur à son patron, P.Pouyanné?

C'est la proposition de M.Tondelier, qui l'accuse d'être un profiteur de crise. - A.-E.Lemoine: Drôle de musique à Carpentras... - E.Philippe: Il y a quelques sujets sur lesquels le RN ne change pas.

Ils se sont trompés. C'est ballot! - L.Amar: Une chanson à la gloire de Pétain diffusée le jour des commémorations du 8-Mai.

Le maire affirme qu'il n'y est pour rien, mais E.Philippe s'en sert pour cibler le RN. - A.-E.Lemoine: Après 20h, nos invités seront B.Cyrulnik et la patronne du Petit Robert.

On commence avec L'Edito de P.Cohen. Le conflit contre l'Iran dans l'impasse.

Le pétrole repart à la hausse. - P.Cohen: Le baril s'était replié en fin de semaine sous l'effet des déclarations optimistes de D.Trump.

Vendredi, le président américain disait ceci. ... - P.Cohen: Cette nuit, après réception des revendications iraniennes, c'est lettres capitales avec points d'exclamation.

Retour à la case départ d'un Trump qui promet de faire plier l'Iran. ... - P.Cohen: La victoire complète que le président américain annonce depuis plus de 2 mois, 2 mois et demi... 72 jours de blocage.

Un mois depuis la dernière et unique session de discussions entre Américains et Iraniens le 11 avril. Chaque semaine, côté Trump, la promesse ou le démenti d'une issue rapide et d'un triomphe absolu. - A.-E.Lemoine: On sait ce qu'ont réclamé les Iraniens pour débloquer le détroit d'Ormuz? - P.Cohen: Au premier chef, l'arrêt des hostilités dans toute la région, y compris au Liban. ... - P.Cohen: Il y a aussi, d'après le "Wall Street Journal", ce que ne dit pas le porte-parole, la demande par Téhéran de discussions sur le nucléaire dans les 30 jours.

Ils refusent par avance le démantèlement de ces équipements. - A.-E.Lemoine: La crise devrait continuer avec plusieurs crises à venir? - P.Cohen: Ormuz est aussi essentiel au transport d'engrais.

Un tiers du trafic maritime y transite habituellement. Les usines du Qatar et les Emirats alimentés au gaz naturel sont des gros producteurs d'engrais. Elles ont toutes été mises à l'arrêt.

Comme il n'y a pas de substituts disponibles, l'organisation de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation alerte sur un risque de crise alimentaire majeure d'ici quelques semaines. 45 millions de personnes menacées dans le monde. La France aussi est exposée. - A.-E.Lemoine: Et pour le pétrole? - P.Cohen: On est à plus de 103 dollars du baril.

On évoque le plus grand choc énergétique jamais connu dans le monde avec des conséquences de longue durée, même si le détroit d'Ormuz rouvrait aujourd'hui. Il faudrait encore des mois pour que le marché se rééquilibre. Si ça se prolonge de quelques semaines, pas de retour à la normale avant 2027. - A.-E.Lemoine: Vous partagez le constat de ce géant pétrolier saoudien?

Il évoque le plus grand choc énergétique du monde. On y est? - R.Lescure: Je ne vais pas me relancer dans cette polémique.

Les chiffres ne mentent pas. P.Cohen les a bien rappelés. 20 % du pétrole mondial manquent aujourd'hui.

C'est à peu près autant pour le gaz naturel liquéfié, pour les engrais...

Il y a les engrais phosphatés qui continuent à sortir du Maroc. Le défi est beaucoup plus important en Afrique qu'il ne l'est en Europe. La raison pour laquelle je suis revenu sur mes propos sur le choc pétrolier, c'est qu'en France, on ne manque de rien.

Les prix augmentent mais on ne manque de rien. - A.-E.Lemoine: On ne risque pas d'en manquer? - R.Lescure: Si ça dure, ces 20 % de pétrole qui manquent, il va bien falloir les trouver.

Il est probable qu'en Europe, on soit affectés un jour ou l'autre. Mais avant tout, c'est un choc de prix qui nous concerne. On le voit quand on fait le plein.

C'est sans commune mesure avec ce qu'on a en Asie du côté énergétique. On a des mesures de télétravail, de restriction de la circulation. En Afrique, il y a un vrai défi sur les enjeux d'engrais sur les récoltes pour cet été.

Il y a un enjeu de faim dans cette région du monde. On va l'évoquer la semaine prochaine à Paris. - P.Cohen: Donc pas de pénurie, mais une offre qui diminue et donc des prix qui montent et qui vont rester élevés pour les mois à venir? - R.Lescure: Vous l'avez bien dit à votre manière.

Peut-être que le détroit d'Ormuz sera ouvert la semaine prochaine. Peut-être qu'il sera encore fermé dans un an. C'est imprévisible aujourd'hui. - A.-E.Lemoine: Dans un an, c'est un scénario possible? - R.Lescure: Aujourd'hui, on ne sait pas.

C'est imprévisible. La probabilité que ce soit ouvert la semaine prochaine est assez faible. La probabilité qu'on en soit encore là dans un an est assez faible aussi, mais entre les deux, je ne sais pas.

Il est important que nous nous adaptions à des prix de l'essence qui vont être durablement plus élevés. Ca prendra du temps avant de restaurer les chaînes d'approvisionnement. Ce risque ne va pas disparaître.

La raison pour laquelle on a poussé à un changement de modèle, à l'électrification, à la programmation, c'est parce que c'est la seule manière de gérer durablement cette crise. C'est ce qui s'est passé dans les années 70. A l'époque, on n'a pas de pétrole mais on a des idées.

On dépendait à 90 % des hydrocarbures à l'époque. Aujourd'hui, 60. Il faut qu'on aille à 35.

Les Français l'ont compris. Sur les 4 premiers mois de l'année, il y a 30 % des voitures électriques qui sont vendues. Je ne parle pas des hybrides rechargeables. - A.-E.Lemoine: Aujourd'hui, 1 voiture sur 3 qui se vend en France est électrique.

Qui les achète? Les Français qui ont les moyens? - R.Lescure: La bonne nouvelle, c'est qu'en plus, elles sont majoritairement fabriquées en France et en Europe.

Les bonus que nous avons décidés, de 5700 à 7000 euros...

Pour une Twingo qui vaut 20 000 euros, ça baisse beaucoup... - P.Cohen: Les Chinois n'en profitent pas? - R.Lescure: Non.

Contrairement à d'autres, on a réservé les bonus automobiles à des véhicules qui sont faits suivant des critères environnementaux, qui ne sont pas faits en gros par de l'électricité produite par du charbon. Aujourd'hui, il n'y a pas un véhicule électrique chinois éligible au bonus. Sur les 30 % de véhicules électriques, plus de la moitié sont faits en France ou en Europe.

La Twingo, la C3, la Renault 5...

On est à la fois en train d'électrifier les usages et de réindustrialiser la France. Aujourd'hui, un véhicule électrique pas trop cher, c'est à peu près 20 000 euros. Avec les primes, on est à peu près à 15 000 euros.

On a mis en place le leasing social. Pour les populations défavorisées, qui ne peuvent pas se le permettre, même si, à l'usage, c'est sans commune mesure...

Pour ces gens, 50 000 personnes en 2024, 50 000 personnes en 2025 et encore 50 000 en 2026, le leasing social fait que vous pouvez acheter un véhicule électrique entre 100 et 200 euros par mois tout compris. - A.-E.Lemoine: Vous dites aux Français qu'il ne faut pas attendre que les prix à la pompe baissent. - R.Lescure: Je sais qu'aujourd'hui, des gens hésitent.

J'ai tendance à leur dire que c'est le moment. - E.Tran Nguyen: C'est ambitieux, 50 000 contrats de leasing social.

Plusieurs économistes appellent à aller plus loin. - R.Lescure: On a proposé de doubler cela.

Il y a aussi 50 000 pour les plus gros rouleurs professionnels. Le prix de la facture a tellement augmenté que pour eux, on augmente les bonus. On sera à 7500 euros de bonus et on ira jusqu'à près de 10 000 euros pour les véhicules et les camionnettes.

Une camionnette électrique aujourd'hui, si vous êtes artisan, plombier, vous avez 10 000 euros de prime pour en acheter une. Une fois que vous l'avez...

J'ai été en province ce week-end. J'ai pris un taxi pour aller à la gare. C'était une voiture électrique.

Je lui ai demandé s'il en était content. "Je ne reviendrai pas en arrière!" Il doit faire 200 ou 300 km par jour.

Il n'a pas de problème. "L'autonomie est sans commune mesure." Il faut continuer à aider les secteurs les plus défavorisés.

Mais cette crise doit nous servir de réveil collectif pour aller plus loin sur la transformation. Il faut qu'on arrête de dépendre de régions du monde pour lesquelles, malheureusement, le risque géopolitique est présent tout le temps. - A.-E.Lemoine: Pour parer au plus urgent, la promesse de S.Lecornu de changer d'ampleur et d'échelle, ça veut dire quoi? - R.Lescure: De mémoire, c'était le 27 mars.

Le 21 avril, on a annoncé les aides de mai. On est en train de finaliser les aides de juin. Je peux vous donner un exemple concret.

On a mis en place le mois dernier le prêt Flash Carburant. C'est pour aider les secteurs les plus exposés qui ont des problèmes de trésorerie. On avait réservé ce prêt aux agriculteurs, aux pêcheurs, aux transporteurs routiers, notamment les petits, et aux taxis.

On l'élargit dès les jours qui viennent au secteur du BTP. Là aussi, leurs factures augmentent. A terme, ils vont pouvoir augmenter leurs prix.

On a passé une circulaire la semaine dernière pour que les donneurs d'ordres publics, les grandes entreprises publiques, les hôpitaux, les mairies, qui ont passé des contrats de travaux publics...

Tout ça va prendre du temps. En attendant, on aide à la trésorerie. - A.-E.Lemoine: C'est de l'endettement? - R.Lescure: On s'endette pour quelques semaines.

Aujourd'hui, on oblige personne à prendre ce prêt. Des dizaines d'entreprises y ont déjà eu accès. On a plus d'une centaine de millions d'euros prévus.

On a déjà plus de 3 millions d'euros qui ont été déboursés. Typiquement, un transporteur routier, quand il livre dans un grand magasin de distribution, a dans son contrat la possibilité d'augmenter son prix en fonction de la hausse de sa facture. C'est prévu.

Mais ça peut prendre quelques semaines. On lui dit qu'en attendant, on va prêter de l'argent. C'est la banque publique d'investissement qui va le faire.

Ce sera un prêt limité à 3,5 % d'intérêts à court terme. Ca permet de passer la bosse. J'ai déjà eu l'occasion de le dire, mais cette crise, c'est un transfert de ceux qui produisent et exportent du pétrole au détriment de ceux qui en importent.

Nous, on n'a pas de pétrole. Ca va nous coûter. Ce qu'on doit faire en France, c'est s'assurer qu'on partage le fardeau de manière aussi équitable que possible.

Ceux qui sont en première ligne sont plus aidés que les autres. On va tous devoir payer un peu. Il faut que les plus exposés payent moins. - A.-E.Lemoine: Avec une limite à pas dépasser? - R.Lescure: Evidemment, l'euro public est rare.

Il doit être parcimonieux. On doit être prudents. - P.Cohen: On est à combien, à peu près, en aides? - R.Lescure: A peu près 1,4 milliard, plus le chèque énergie qu'on a augmenté.

On sera sans doute, en juin, aux alentours de 500 millions. Il y a des pays qui ont dépensé des milliards, notamment en baissant les taxes sur l'essence. Je baisse les taxes sur l'essence, ça coûte des milliards...

A l'époque, en 2022, on a aidé des gens qui n'en avaient pas besoin. Aujourd'hui, des conducteurs loisirs avec des véhicules de puissance importante n'ont pas besoin d'aide pour faire le plein. L'argent public, aujourd'hui, doit être réservé à ceux qui en ont le plus besoin.

Les pays qui ont fait autre chose, ils s'en mordent les doigts aujourd'hui. Ca dure plus que 1 ou 2 mois. Les milliards vont s'additionner.

L'approche qu'on a assumée, c'est une approche ciblée, flexible. On s'adapte. On concentre les aides sur ceux qui en ont le plus besoin.

Mais on aide tout le monde à changer de modèle. Quand on se réveillera de cette crise, si on se retrouve avec 60 % de véhicules électriques...

L'électricité est faite en France. Les batteries sont faites en France. Tout ça, c'est à la fois un nouveau modèle économique, un nouveau modèle énergétique mais aussi un nouveau modèle d'indépendance. - A.-E.Lemoine: Un mot sur TotalEnergies qui maintient sa politique de plafonnement vis-à-vis des prix à la pompe?

P.Pouyanné a dit qu'en cas de surtaxe, cette opération commerciale s'arrêtera. - E.Tran Nguyen: Vous demandez aux Français les plus aisés de contribuer.

Est-ce que vous le demandez aux grands groupes énergétiques qui font des profits? - R.Lescure: Je ne suis pas là pour défendre Total. 3 fois par semaine, je fais le point sur les approvisionnements dans les stations-services et les aéroports.

Aujourd'hui, en France, on ne manque pas de kérosène ni de gazole parce qu'on a une majore intégrée qui sait raffiner le pétrole, le livrer et le distribuer. C'est un avantage. Merci, Total.

Attention à ce qu'on appelle le Total bashing. Cette entreprise doit être responsable. Ils vont gagner beaucoup d'argent. - E.Tran Nguyen: On est à des bénéfices de 4,96 milliards d'euros au premier trimestre.

C'est une hausse de 51 % sur un an. - R.Lescure: Parce qu'ils produisent du pétrole au Niger, aux Etats-Unis, en Angola... - E.Tran Nguyen: Ce sont les effets de la guerre. - R.Lescure: Je ne suis pas en capacité d'aller taxer les profits de Total en Angola.

La question va se poser pour la France. En attendant, par rapport à d'autres pays...

Je parle régulièrement à mes confrères ailleurs en Europe et dans le monde. On ne manque pas d'essence et de gazole. C'est en partie parce qu'on a une major intégrée.

En plus, ils plafonnent. - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas de la concurrence déloyale? - R.Lescure: Je pense qu'on n'a jamais été aussi transparents que pendant cette crise.

Sur le site, vous avez les prix de chaque station. Vous cliquez, vous avez l'approvisionnement, s'il manque de l'essence...

Toutes les semaines, on publie les marges des distributeurs. On voit que chez les majors, ça a un peu baissé, mais qu'ailleurs, ça n'a pas augmenté. Les distributeurs jouent le jeu de la concurrence.

Il y en a qui gagnent un peu plus que d'autres. C'est ce qui me frappe. Mon souci dans cette crise, c'est de m'assurer que face à un choc externe, on se serre les coudes et on se retrousse les manches.

Aujourd'hui, il n'y a pas d'excès ni d'abus, contrairement à ce que les politiques aiment à dire. - E.Tran Nguyen: On peut écouter la cheffe des Verts, M.Tondelier, qui accuse Total d'être un profiteur de guerre et de faire un chantage en refusant la taxe sur le superprofit.

Elle voudrait un geste symbolique. - M.Tondelier: En France, on donne la Légion d'honneur à monsieur P.Pouyanné.

Je pense que ce qu'il fait ne l'honore pas. Il devrait dire qu'il restitue l'argent. - E.Tran Nguyen: Ca vous choque? - R.Lescure: J'espère qu'on ne va pas passer trop de temps sur la Légion d'honneur de monsieur P.Pouyanné.

Sur les approvisionnements, ils font leur boulot. - E.Tran Nguyen: Et une contribution exceptionnelle? - R.Lescure: Ce débat aura lieu dans le cadre du débat sur la loi de finances.

Sur les raffineries, la question se posera. En attendant, le fait qu'on ait une grande major internationale, c'est plutôt un atout pour la France dans un moment où, parfois, des pays se demandent s'ils vont avoir du kérosène le mois prochain. Qui amène le kérosène en France?

Total. Si on peut partir en vacances cet été, on l'a dit aux compagnies aériennes et aux Français, c'est en partie grâce à Total. Il faut le dire.

Ca ne fait pas de moi un avocat béat des grandes entreprises, mais ça ne fait pas non plus de Total...

On retire la Légion d'honneur à qui, en général? C'est une déchéance. - E.Tran Nguyen: Ceux qui ont fait offense au pays. - R.Lescure: Pour l'instant, on a de l'essence, En partie grâce à monsieur P.Pouyanné, et aux dizaines de milliers de salariés qui bossent chez Total. - A.-E.Lemoine: Restez avec nous.

On continue à commenter l'actualité avec La Story de L.Amar. ... - L.Amar: C'est l'histoire d'une invraisemblable erreur.

Un chant à la gloire de Pétain diffusé en pleine rue le 8 mai, jour de commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ca s'est produit à Carpentras et c'est devenu l'objet d'une polémique nationale. C'est un maire RN qui dirige la ville depuis les dernières élections municipales.

Il dénonce un mauvais procès et affirme qu'il n'est pour rien dans la diffusion de ce chant. Il rejette la faute sur une radio associative. - Je n'en ai pas cru mes oreilles.

Vérification faite, la bande-son est bien passée, mais la commune n'en est pas à l'origine. Que voulez-vous que je fasse? Je ne vais pas envoyer un agent dans le studio pour contrôler ce qui va être diffusé.

Je vais saisir la justice lundi et les responsabilités des uns et des autres seront dégagées. - L.Amar: Le maire affirme avoir rompu le contrat avec l'association.

Malheureusement, il n'a pas fait attention qu'il y avait ce morceau. La mairie nous a pas demandé de passer ce morceau. C'est une erreur.

J'ai une pensée pour le salarié qui est très mal en ce moment. - L.Amar: La radio a officiellement présenté ses excuses dans un tweet.

Voici la fameuse playlist. On la trouve facilement sur les plateformes d'écoute. Effectivement, "Maréchal, nous voilà" est bien là, en 8e position.

Ca a stupéfait les habitants de Carpentras. - Vous vous rendez compte? Vichy?

Entendre Vichy! C'est une honte. - C'est désolant.

On répète l'histoire et on n'apprend pas de nos erreurs. - J'ai eu de la famille résistante, dans les camps...

On peut pas mettre ce chant. - L.Amar: 2 jours après le 8-Mai, un ancien Premier ministre a convoqué cette affaire pour tacler le RN.

E.Philippe lançait hier sa campagne présidentielle. - E.Philippe: Il y a quelques sujets sur lesquels le RN ne change pas.

Ce chant diffusé à Carpentras, "par erreur", dit la mairie...

Ils avaient le disque à côté de celui de "La Marseillaise". Ils se sont trompés. C'est ballot! - L.Amar: Les dirigeants du RN ont attaqué E.Philippe après ce discours. "Une fake news pour laquelle il devrait présenter des excuses." La critique va bien au-delà de l'affaire de Carpentras.

J.-P.Tanguy a qualifié E.Philippe de "ringard nullissime".

Même tonalité pour S.Chenu ce matin. - E.Philippe a dit que vous aviez le choix entre "La Marseillaise" et ce chant et que vous aviez pris ce chant. - S.Chenu: Lui, il avait le choix entre le courage et la lâcheté et il a choisi la lâcheté.

Ce sont des gens qui ont un diplôme...

Quand on les a au pouvoir, c'est un fiasco total. C'est des résultats pathétiques. - L.Amar: E.Philippe a visé directement M.Le Pen, comme pour installer avec elle un face-à-face à moins d'un an de la présidentielle. - E.Philippe: En quelques années, le RN a changé de position sur des sujets très importants sans expliquer pourquoi.

En 2015, madame Le Pen était surnommée "madame Frexit". Maintenant, ils sont contre. Il y a le RN qui fait les yeux doux au CAC 40 et le RN qui promet beaucoup sans rien financer.

Si j'osais, je dirais que le RN, c'est le nouveau "en même temps". - L.Amar: Cette phrase vous a fait tiquer? - R.Lescure: Je ne l'avais pas entendue.

Là où il a raison, c'est sur l'incohérence... - L.Amar: Il a tort sur le "en même temps"? - R.Lescure: C'était une capacité à être radical à la fois sur des idées de gauche et sur des idées de droite.

Ils sont incohérents en étant à la fois étatistes et pour l'entreprise...

Ce que je n'ai jamais vu dans les mesures, même si dans leurs termes, ils semblent avoir envie... - P.Cohen: Vous avez vu plutôt de l'étatisme ou du libéralisme dans leurs mesures? - R.Lescure: Je n'ai pas vu une stratégie de concurrence, de compétition, de compétitivité française qui va nous amener face aux défis majeurs auxquels on fait face.

J'ai eu l'impression que c'était plutôt le repli sur soi. Je ne parle même pas des politiques d'immigration. Au-delà des postures, dont on voit régulièrement que pour l'un des membres du tandem infernal à sa tête, il semble vouloir apparaître comme étant pro-entreprise, je n'ai jamais vu une mesure qui permette de dire qu'ils ont changé de ce point de vue.

Ce n'est même plus une histoire de pro ou anti-entreprise. Est-ce que j'ai l'impression que ce sont des gens capables de projeter la France dans le monde dans lequel on est aujourd'hui et on sera demain? L'IA, l'informatique quantique, la globalisation...

La France doit rester une nation conquérante...

C'est totalement anachronique. - L.Amar: Qui doit porter ces enjeux?

E.Philippe ou G.Attal? - R.Lescure: Je vais être assez clair là-dessus.

Le candidat naturel de mon parti, c'est G.Attal. Quand je vois que certains s'en étonnent, ça ne m'étonne pas.

Il doit être notre porte-voix dans cette campagne. Il y a des choses sur lesquelles je suis convaincu aussi. A la fin, il n'en faudra qu'un. - A.-E.Lemoine: Ca se décidera en fonction des sondages?

Le mieux placé? - R.Lescure: Je pense que ça se décidera en partie de notre fait, les cadres intermédiaires.

S'ils ne sont pas capables de s'entendre, même si je pense qu'ils le seront...

Sinon, nous aurons une responsabilité. Celles et ceux qui ont contribué au succès du macronisme...

Il y en a. Il faudra les défendre et les porter dans cette campagne. Aujourd'hui, qu'on ait des talents qui, chacun avec sa sensibilité...

Je viens plutôt du centre gauche. Je me retrouve plutôt dans le positionnement du parti dont je suis membre. Mais, in fine, face à un risque important, à la fois économique, politique mais aussi sociétal...

Je vois l'impact qu'ont eu les élections d'extrême droite dans les autres pays. Il n'en faudra qu'un ou une. Je mettrai tout mon poids pour qu'il ou elle l'emporte. - A.-E.Lemoine: Restez avec nous pour le 5/5 de L.Sénéchal.

On commence avec l'hantavirus, arrivé sur le sol français. - L.Sénéchal: Le gouvernement se met en ordre de bataille.

Il y aura 2 réunions interministérielles par jour. L'exécutif durcit l'isolement des cas contacts. Ils sont tous placés en quarantaine à l'hôpital, qu'ils le veuillent ou non.

Un décret a été publié hier. Il est en application. La France compte une malade, une femme, rapatriée, qui s'est sentie mal dans le vol.

Son état s'est dégradé. Elle est en réanimation, mais dans un état stable. Elle fait partie des 5 passagers français de ce navire.

L'opération d'évacuation concerne 94 personnes depuis le début du week-end. C'est toujours pas terminé. On décrit une ambiance surréaliste aux Canaries. - Le bateau est toujours ici, à 300 m de moi.

Il y a ces passagers qui descendent, par pays, les uns après les autres. Ils embarquent sur des sortes de vedettes. Ils ont des charlottes sur la tête, des combinaisons bleu ciel sur eux.

Ils ont un petit sac plastique dans lequel ils ont mis quelques affaires essentielles. Ils arrivent à terre, où les attendent des agents de santé du ministère espagnol. Ils sont protégés aussi de la tête aux pieds.

Il y a ces dizaines de policiers de la Guardia Civil qui sont là, pistolet à la taille, pour assurer la sécurité. - L.Sénéchal: Le temps se gâte aux Canaries.

Les ultimes évacuations ont été retardées. Aux Canaries, Les riverains ont fait part de leurs inquiétudes. Les manifestions ont eu lieu avant l'arrivée du bateau.

La ministre espagnol de la Santé, elle-même médecin de formation, a tenu à rassurer. En toute transparence, Elle a dit que de nouveaux cas seront repérés. - L.Sénéchal: En France, la situation inquiète et interroge.

Devant l'hôpital Bichat, l'hantavirus est sur toutes les lèvres. - Je vous avoue que ça fait peur. Le covid a laissé beaucoup de séquelles dans ma vie.

J'appréhende énormément ce virus. - De savoir qu'on peut avoir des cas contacts, nous qui sommes soignants, ça stresse un peu. C'est plutôt les familles qui nous demandent si ça va. - J'ai peur que ça vienne jusqu'à moi, ma famille, mes amis... - Depuis le covid, on se pose tous des questions.

C'est pas quelque chose d'innocent. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, A.Fontanet.

Vous êtes épidémiologiste. On sent que l'inquiétude monte. On entend les riverains de l'hôpital Bichat, qui accueille les passagers du navire.

Il n'y a aucun risque, a priori, pour que les riverains soient concernés. C'est le cauchemar du covid qui se réveille? - Pr A.Fontanet: Il y a peut-être beaucoup de souvenirs qui reviennent et d'idées qui se mélangent.

Mais on est dans une situation très différente. On sait déjà pas mal de choses sur ce virus. Il a été identifié il y a 30 ans.

Il circule assez régulièrement au Chili et en Argentine. Chaque année, il y a 50 à 100 cas en Argentine. Il y a quelques clusters.

La plupart du temps, il n'y a pas de cas secondaires. - A.-E.Lemoine: C'est souvent dans des milieux ruraux. - Pr A.Fontanet: Oui.

Mais des personnes habitent avec leur famille dans des maisons. Les transmissions sont peu nombreuses. C'est un virus peu contagieux.

C'est des contacts proches. Très souvent, les conjoints sont touchés. Ca peut être les personnels de santé qui ont pris en charge les patients.

Ce qu'on sait, c'est que la transmission débute avec les symptômes. A partir du moment où les gens sont symptomatiques, il faut tout de suite les isoler. Il y a peu de risque de transmission secondaire.

Ce qui fait la gravité de ce virus, c'est sa létalité: 30 à 50 % des personnes affectées vont décéder. Si on doit être aussi stricts, et on a parfaitement raison, c'est qu'on ne peut pas se permettre d'avoir un cas secondaire. Je ne m'attends pas à ce qu'on ait une épidémie avec des centaines de cas.

Chaque personne infectée, c'est un risque de 30 à 50 % de décéder. C'est pour ça qu'il est essentiel de prendre toutes les mesures pour protéger les entourages. - A.-E.Lemoine: C'est ce qui fait qu'un de vos confrères compare l'hantavirus à Ebola, en tout cas dans sa létalité? - Pr A.Fontanet: C'est un peu moins sévère qu'Ebola.

Il y a des différences entre les 2 virus dans les manifestations cliniques. Je ne ferais pas nécessairement ce parallèle. Ce qui est vrai, c'est que la problématique pour nous, c'est d'éviter les cas secondaires, du fait de la létalité très forte.

Si les mesures sont prises, tel que c'est le cas, on peut s'attendre à ce qu'il y ait relativement peu de cas secondaires. Il y en aura. Quand on reprend la chronologie sur le bateau, il y a eu un cas le 6 avril.

La personne est décédée le 11 avril. On ne savait pas ce que c'était. 15 jours plus tard, ce qui correspond à la période d'incubation moyenne, on a 3-4 cas sur le bateau.

On ne savait pas ce que c'était, mais on se disait que c'était étonnant. Le diagnostic n'a été porté que le 2 mai. Là, ils ont commencé à prendre des mesures.

Fin avril, il y a eu des contacts infectants sur le bateau. Je ne sais pas dans quelles circonstances la personne hospitalisée à Bichat a été infectée. Ca pourrait résulter de ces contaminations fin avril.

Il faut s'attendre à avoir quelques cas secondaires. Si on prend toutes les mesures telles qu'elles sont proposées aujourd'hui, avec des isolements stricts... - A.-E.Lemoine: Pendant une quarantaine de jours? - Pr A.Fontanet: La durée d'incubation la plus habituelle, c'est 2 à 3 semaines, mais elle peut aller jusqu'à 6 semaines. - P.Cohen: Isolement pour les cas secondaires...

Il ne faudrait pas isoler aussi les cas contacts? - L.Sénéchal: C'est ce qu'annonce le gouvernement. - Pr A.Fontanet: On est dans cette période très critique où il y a eu probablement sur le bateau des transmissions qui ont eu lieu fin avril, à un moment où on n'avait pas encore identifié l'hantavirus.

Les mesures de précaution n'avaient pas encore été prises. On espère qu'après la mise en place de mesures, les transmissions ont beaucoup diminué. Avec le temps, on sera dans une situation plus sereine. - A.-E.Lemoine: 22 Français sont considérés comme cas contacts, notamment ceux qui ont pris l'avion avec des malades, rapatriés du MV Hondius.

Il a suffi d'être assis à côté d'un des malades exfiltrés pour être contaminé? - Pr A.Fontanet: La patiente néerlandaise a pris un avion de Sainte-Hélène jusqu'à Johannesburg.

Il y avait plusieurs Français dans cet avion. Dans un avion, 2 personnes à gauche, 2 personnes à droite, 2 rangs devant, 2 derrière...

C'est un ordre de grandeur. Je ne sais pas comment étaient positionnés les 8 Français concernés. Il y avait aussi d'autres passagers.

C'est tout aussi important de les tracer. Les compagnies aériennes ont les noms. C'est là où on a besoin d'une coordination internationale.

C'est pour ça qu'il était important que l'OMS joue son rôle. Le Royaume-Uni a déclaré, le jour même du diagnostic, le 2 mai, le citoyen britannique à l'OMS. Ca permet à l'OMS de s'emparer de la coordination.

On a beaucoup parlé de l'OMS ces dernières années. Vous avez entendu les réflexions de D.Trump.

L'Argentine a aussi voulu se retirer de l'OMS. On est très contents d'avoir l'OMS qui peut aider à la coordination de cette prise en charge. Le directeur général de l'OMS ne s'est pas trompé.

Il était hier aux Canaries pour marquer le coup. C'est important, en ce début de crise, de prendre toutes les mesures pour éviter cette propagation. - A.-E.Lemoine: Même si chaque pays a son propre protocole? - L.Sénéchal: Il y avait 23 nationalités sur le navire.

Certains sont toujours à bord. Les victimes sont néerlandaises et allemandes. Les rapatriés partis en avion, il y a eu des Espagnols, des Français...

Le Royaume-Uni comptait 5 ressortissants à bord du navire. Il y a aussi des territoires dans l'Atlantique sud, proche du continent américain. Il y a les îles Malouines...

Il y a aussi l'île Tristan da Cunha. Un cas suspect y a été détecté, sans lien avec le navire de croisière. Ils ont parachuté du matériel médical, les Britanniques, et des médecins militaires. ... - L.Sénéchal: Si le Royaume-Uni met les grands moyens pour se protéger de l'hantavirus, les 5 passagers sont hospitalisés sur le territoire anglais, dans le nord de l'Angleterre.

Les Etats-Unis étonnent. Les Américains asymptomatiques ne seront pas placés en quarantaine. L'agence sanitaire américaine parle d'un risque épidémique extrêmement faible. ... - A.-E.Lemoine: La réaction des autorités sanitaires américaines, quels commentaires ça vous inspire? - Pr A.Fontanet: On sait que depuis un an, les services de surveillance américains ont été en partie démantelés. 20 % du personnel du CDC Atlanta a été limogé.

On entend toutes les remarques, les polémiques autour des politiques vaccinales. Ca rentre dans cette même ambiance. C'est désolant.

Je souhaite le meilleur pour les personnes concernées. C'est prendre des risques totalement inutiles. Ca concerne les Etats-Unis, mais aussi le reste du monde. - A.-E.Lemoine: On en vient aux origines de cet hantavirus.

C'est l'émergence des zoonoses. - L.Sénéchal: L'hypothèse numéro 1 est que le patient numéro 1 est un Néerlandais de 70 ans, mort à bord du navire.

Il aurait été contaminé en Argentine avant d'embarquer. Maintenant se pose la question de ces zoonoses. Le recul de la nature et l'avancée inexorable des activités humaines font craindre l'émergence de nouveaux virus.

Le candidat Insoumis J.-L.Mélenchon voit dans cet hantavirus un nouvel exemple de "maladie écologique".

C'est aussi la crainte du cinéaste et activité écologique Cyril Dion. Il signe une tribune dans "Le Monde". Que pensez-vous de ces théories des zoonoses? - Pr A.Fontanet: C'est mon quotidien.

Quand vous travaillez sur les virus émergents, l'immense majorité sont des virus qui nous vient du monde animal. Ils franchissent la barrière d'espèce. Ils sont ensuite susceptibles d'infecter l'homme et de s'adapter pour une transmission interhumaine.

On a le démarrage d'une épidémie. La grippe, ça part d'oiseaux et ça se transmet sur des volailles domestiques et les porcins, et ça arrive chez l'homme. Les coronavirus...

Ce qu'on sait, c'est qu'il y a une chauve-souris qui était porteuse de coronavirus. Les autres intermédiaires étaient les furets, les civettes...

Ils peuvent transmettre à l'homme. Ces marchés d'animaux sont toujours actifs en Asie du Sud-Est. C'est ça, la principale crainte.

On peut s'interroger sur les origines de la covid. On n'aura jamais le fin mot. Il ne faut pas faire en laboratoire des expériences de "gain of function".

Ce sont des expérimentations qui consisteraient à manipuler les virus pour les rendre plus agressifs. C'est interdit et très réglementé. Si vous avez des Etats qui décident de faire les choses différemment...

On n'a pas le contrôle là-dessus. Il y a des protocoles très rigoureux pour l'empêcher. La vraie question se situe dans ces marchés d'animaux sauvages.

Ils sont toujours opérationnels. Quand on va dans ces marchés et qu'on échantillonne, on retrouvera des coronavirus, dont certains très proches du Sars-CoV-2. L'urgence sera au contrôle de ces marchés.

C'est ça, le vrai risque qui nous pend au nez. On doit maintenir des restrictions strictes dans les laboratoires. - A.-E.Lemoine: On en vient à ces fantasmes... - L.Sénéchal: Une inquiétude assez surprenante, relayée par le président de l'exécutif aux Canaries.

Il craint que les rats contaminés ne nagent jusqu'au rivage et ne diffusent l'épidémie. Il a envoyé une capture d'écran à la ministre espagnole de la Santé. Elle a vu que c'était son IA qu'il avait interrogé.

Elle lui avait dit que les rats étaient d'excellents nageurs. Ca n'a rien à voir avec les rongeurs qui ont propagé ces hantavirus dans les Andes. - Pr A.Fontanet: On parle de chauves-souris, de rongeurs...

C'est des espèces extrêmement spécifiques qui sont infectées par un virus donné. Un rat très spécifique, en Argentine et au Chili...

Il a un nom d'espèce très complexe à retenir. Ce rat est infecté par cette souche de l'hantavirus des Andes. - A.-E.Lemoine: La France est-elle équipée pour faire face à l'hantavirus? - E.Tran Nguyen: Même si vous êtes rassurant depuis tout à l'heure, on se prépare à tout, même au risque de nous revoir porter des masques.

La ministre de la Santé a voulu rassurer sur les stocks disponibles. Ils ont fait défaut au début de la pandémie du covid. - Du point de vue des stocks, la France est prête à faire face, s'il y avait des besoins importants en termes de masques chirurgicaux et FFP2? - Oui.

En termes de masque, des tests PCR, de médicaments d'usage symptomatique... - A combien s'élèvent les stocks de masques chirurgicaux et FFP2? - J'ai demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez. - E.Tran Nguyen: Il y a une grande différence avec l'époque du covid.

Il y a la guerre en Iran, le blocus du détroit d'Ormuz. Le pétrole, c'est pas que le carburant, c'est aussi le plastique. Le Royaume-Uni craint une pénurie de matériel médical.

La France se fait peu plus discrète. Il y a eu une question d'un député Horizons à la ministre de la Santé. Ca réveille ces traumatismes de dépendance industrielle.

On s'est améliorés? - R.Lescure: Oui.

J'ai été ministre de l'Industrie entre 22 et 24. En France, on refait des poches à perfusion dans le Nord. On refait des gants chirurgicaux au Mans.

On fait des masques, du paracétamol...

Je vais laisser la ministre de la Santé parler de ce dont elle est responsable: la gestion des stocks et de l'épidémie. On est en train de rapatrier des médicaments, dont le paracétamol. On a 2 usines potentielles qui vont faire le principe actif de manière beaucoup plus innovante.

Doliprane est désormais en train d'investir en France. Quand on l'a vendu, on m'a dit qu'on vendait le Doliprane au plus offrant. On installe aujourd'hui des capacités de production de paracétamol.

Face aux défis qu'on a découverts au moment du covid, on a décidé d'agir et on a agi. - E.Tran Nguyen: On n'est plus dépendants des chaînes d'approvisionnement? - Pr A.Fontanet: On se souvient des gants. - R.Lescure: 600 millions de gants sortent tous les ans...

On est autosuffisants en termes de gants chirurgicaux. Ca nous coûte un peu plus cher que des gants qui viennent de Chine ou du détroit d'Ormuz. Je me souviens des poches à perfusion...

La boîte menaçait de fermer. Ca n'a pas été facile. On a appris.

On fait face aux incertitudes. Le protocole sanitaire est extrêmement rigoureux en France, et tant mieux. D'un point de vue industriel, on a beaucoup appris. - A.-E.Lemoine: On reste dans le domaine de la santé.

On part en Hongrie, où le ministre de la Santé, qu'on surnomme déjà le ministre danseur, refait des siennes. - L.Sénéchal: Le soir de la victoire contre V.Orban, il avait entonné ce petit pas de danse, très remarqué.

Il a récidivé. C'est le futur ministre de la Santé. Ca, c'était hier.

Il s'est encore amélioré. Il a fait un déhanché devant plus de 100 000 personnes à Budapest. C'était l'investiture de P.Magyar, .

Il est orthopédiste de profession. On a repéré, dans la foule, un déambulateur brandi par une personne du public. Peut-être un ancien patient.

P.Magyar a parlé de son désir de changement de régime en Hongrie. - A.-E.Lemoine: Il reste 50 secondes.

On n'a pas le temps de parler du concours Lépine. - P.Cohen: Magyar a nommé 3 femmes journalistes comme porte-parole de son nouveau gouvernement.

Avec un signal fort en faveur de la liberté de la presse. C'était une des garanties les plus importantes. - A.-E.Lemoine: Merci.

Merci, A.Fontanet. R.Lescure, merci.

Dans un instant, B.Cyrulnik, qui nous rappelle qu'il faut ritualiser notre quotidien en se disant "bonjour", "bonsoir"...

Il faut reciviliser notre quotidien. Il sera à côté de F.Lopez qui nous présente sa nouvelle émission.

On fête la sortie du Petit Robert. C'est la fashion week des mots! Rires.

C'est les 60 ans du Petit Robert. Il y aura le Pas de côté de Patrick et le dîner de "C à vous".