Crise agricole : Marc Fesneau face aux auditeurs
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France Inter, le 18-20, Fabienne Synthès. Ce que l'on a appris de cette crise agricole qui court depuis le mois de février, c'est qu'elle nous parle à tous, à nous qui consommons tous les jours des produits agricoles bien sûr, à ceux qui les fabriquent, qui en vivent, qui ont parfois du mal à en vivre, qui attendent qu'on les écoute avec le plus souvent le sentiment qu'on les regarde un petit peu parfois comme des empêcheurs de poursuivre la lutte pour l'environnement ou la protection de la biodiversité. La crise agricole nous parle à tous parce que l'agriculture ne peut pas se faire sans nous et nous sans elle.
La crise a montré l'étendue du malaise, les agriculteurs savent sortir leur tracteur, ils l'ont prouvé chez nous mais aussi dans 17 des 27 pays de l'Union et notamment encore là tout récemment à Bruxelles, notre invité, le ministre de l'Agriculture que je salue qui vient de s'installer. Bonsoir. Bonsoir. Fénaud pourra nous dire que les agricultures sont encore à Bruxelles en ce moment. La crise en tout cas a montré l'étendue du malaise.
L'agriculture nous parle d'environnement, elle nous parle de souveraineté, elle nous parle d'Ukraine, elle nous parle d'Europe, elle nous parle de traités de libre-échange comme le CETA en ce moment, elle nous parle de juste prix, elle nous parle d'eau, elle nous parle de bassines, elle nous parle de lois d'orientation agricole, elle nous parle de tout ce que nous faisons tous les jours et qui nous concerne tous les jours.
On vous attend vous qui êtes agriculteurs dans vos exploitations, peut-être même à Dunkerque au congrès de la FNSEA, on vous attend, vous qui consommez les produits de nos agriculteurs, vous qui voulez les consommer au juste prix et à la juste qualité, c'est bien normal, nous sommes ensemble jusqu'à 20h, c'est le Téléphone Sun et soyez les bienvenus. Le Téléphone Sun, 01-45-24-7000 On va prendre un premier auditeur, mais je vous salue d'abord Marc Fénaud, bonsoir. Bonsoir. Merci beaucoup d'être avec nous, merci d'être arrivé ventre à terre. C'est le mot. À la seconde près, mais en même temps, vous savez, en radio, tant que la seconde n'est pas passée... Tout est possible.
Exactement, on n'est pas encore en retard, on est ravis de vous avoir avec nous. Le premier auditeur arrive tout de suite, il s'appelle Jacques, il est en Charente-Maritime. On vous salue Jacques, bonsoir.
Oui, bonsoir, Jacques et Jocelyne.
Et Jocelyne, ok.
Et donc, la question est simple. Nous avons subi, en 2015-2019, de lourds retards de paiement. La Cour d'administratif d'appel de Nantes et de Bordeaux ont convené ces retards. Et on nous annonce, malgré ce qui avait été promis suite aux manifestations de nos collègues, que tout serait payé au 15 mars. Or, nous sommes le 26, je crois, et les primes environnement et les primes bio ne sont toujours pas payées. On nous les annonce peut-être au mois de juin, peut-être au mois de mai, peut-être au mois de septembre, pour une question de logiciel qui n'est pas encore en bonne et due forme.
Voilà, et il faut préciser que vous êtes producteur bio, Jacques. Comme ça, on sait d'où vous parlez, ce que vous attendez exactement. Marc Fénaud, Jacques et sa compagne se font un peu les porte-paroles de beaucoup d'auditeurs qui nous posent la question des délais, effectivement, et des délais de paiement, qui ont été un peu les premières promesses, en fait. Les paiements arrivent. Où en sommes-nous ?
Jacques a eu raison de rappeler ce qui s'était passé en 2015. En 2015, il y avait eu un gros retard, un énorme bug informatique qui avait fait que les premiers dossiers avaient été payés deux ans plus tard. Ce n'est pas pour vilipender ceux qui étaient là avant nous, mais ils n'étaient pas soldés quand le président Macron a été élu. Sur la période qui s'ouvre et sur 2023, on est exactement... Alors, je vais préciser des choses. On paye, on a soldé tous les paiements qui arrivent avec une avance au mois d'octobre. Les paiements de base, les paiements des primes animales, etc. Ils restent, et c'est tous les ans comme ça, donc on ne peut pas dire qu'il y ait du retard.
Il reste trois types de paiements à faire. Le paiement bio, effectivement, le paiement des mesures agri-environnementales et climatiques, et le paiement de ceux qui prennent une assurance, puisque la PAC prend en charge une partie de l'assurance par un mécanisme de subvention. Une partie de ces aides ont déjà été payées. 200 millions. Les aides bio en particulier. Pour ceux qui étaient déjà engagés, d'une certaine façon, et qui étaient sur une année complémentaire, 2023, 2024, 2025. Il reste, effectivement, une partie des aides bio. Elles s'étaleront, comme tous les ans, sur mars, avril, mai. Et je confirme les dates qui ont été effectuées et exprimées par Jacques.
Mais on est bien dans le calendrier. Alors, quelque chose que je comprends, c'est qu'en particulier sur le bio, la situation des bio est une situation difficile, compte tenu d'un marché qui est difficile. Et donc, je comprends qu'il y ait de l'impatience. On va essayer d'accélérer, pour tout vous dire, ces mesures. Mais là, on est dans le temps qui était prévu.
On ne peut pas lui donner un camp précis à Jacques. Parce que là, il avait l'air de dire...
Alors, ça dépend des dossiers du moment où on est de son instruction. Il faudrait que j'ai son dossier pour le savoir. Mais on est entre... Il y a des paiements qui sont intervenus. Si ces paiements à lui ne sont pas intervenus, sans doute que ça interviendra plutôt au mois d'avril.
Marc Foyneau, le congrès de la FNSE a commencé. Vous irez parler jeudi. Ce sera au moment de sa clôture. Vous étiez à Bruxelles à l'instant. Aujourd'hui, oui. Tout ça est toujours un peu tendu. Expliquez-nous pourquoi, selon vous, malgré beaucoup de choses qui ont été négociées quand même, les fameux 62 points sur lesquels on ne reviendra pas sur tous, mais sur certains, l'abandon du plan Ecofito, qui fait beaucoup réagir nos auditeurs et beaucoup de choses. Expliquez-nous pourquoi, aujourd'hui, on a l'impression que la tension est toujours très vive et jusqu'à quel point on vous attend au tournant. C'est le cas, notamment, chez les agriculteurs à Dunkerque.
Mais c'est normal qu'on m'attende et qu'on attende que je, d'une certaine façon, rende des comptes de ce que nous avons fait. D'abord, je pense que c'est une crise qui vient de loin. Il y a un certain nombre de choses qui sont exprimées. Un sentiment de déclassement, de dénigrement. Et au fond, dans ce mouvement, une volonté d'une fierté retrouvée du monde agricole qui a eu le sentiment, à tort ou à raison, mais parfois à raison, reconnaissons-le, d'être en permanence dénigrés sur ces pratiques alors que nous avons quand même une des agricultures, si ce n'est l'agriculture la plus vertueuse du monde. Ça ne donne pas l'idée qu'il ne faut pas avancer plus loin.
Mais je pense qu'ils ont beaucoup souffert de ça, plus une question de revenus, plus une question d'incompréhension sur un certain nombre de règles européennes ou nationales. Donc, comme ça vient de loin, il y a beaucoup de choses. 62 mesures. Il y a beaucoup d'impatience. Et il y a quelque chose, la vérité, qui n'est pas valable que dans le sujet agricole, c'est la question de, vous dites, mais on voudrait voir ce que ça donne. C'est-à-dire la question de la crédibilité de la parole publique. C'est un sujet absolument fondamental en politique. Et dans le monde agricole, il y a une plus grande acuité à ce sujet-là. Pourquoi ?
Parce que c'est un monde qui est très exigeant avec lui-même et non très exigeant avec ses responsables publics. Donc, j'irai à Dunkerque, comme je vais à toutes les assemblées. Moi, je rends compte, j'ai fait plus de 150 déplacements depuis que je suis ministre de l'agriculture. J'ai plutôt des relations sur le terrain qui sont des relations courtoises et en même temps fermes, avec des différences qui peuvent s'exprimer. Et c'est normal. J'irai dire où est-ce qu'on en est, le calendrier. Je pense qu'il y a besoin pour crédibiliser de dire quel est le calendrier. Vous dites ça, c'est quand ? Et c'est comment ? Et c'est comme ça qu'on arrivera à recrédibiliser les choses.
J'étais juste une seconde aujourd'hui à Bruxelles. Il y a des évolutions de la PAC. Évidemment, il est normal qu'on me demande à partir de quand ça s'applique.
Précisément, qu'est-ce qu'on va faire ? Et quand il va y avoir le projet de loi d'orientation agricole ? On sait que c'est un peu rétardé. C'est juste l'emploi du temps d'Emmanuel Macron.
Ce sera le 3 avril.
Est-ce qu'on se dit là ? Et est-ce qu'on peut dire aux agriculteurs qui nous écoutent ? Là, vous aurez un certain nombre de réponses. Ou surtout, ils auront de vraies réponses avec peut-être même un vrai calendrier. Et en tout cas, de quoi remplir les Blancs en face de leurs questions.
Oui, alors d'abord, le calendrier parlementaire, effectivement, vous avez eu raison de le soulever, ne change pas. Donc c'est 13 mai à l'Assemblée nationale. Avec l'espoir que je nourris qu'on puisse trouver une commission mixte conclusive avec le Sénat pour que le texte soit voté en juin, fin juin ou début juin. En tout cas, c'est l'espoir que je nourris. J'espère qu'on arrivera à le faire parce que je pense que c'est l'intérêt des agriculteurs. Deuxième élément, vous avez des choses qui sont sur le temps long puissantes et puis des choses qui vont être concrètes. Je vous donne un exemple. Notion d'intérêt général majeur pour l'agriculture.
Ça permet de dire l'agriculture est importante et donc elle doit être prioritaire dans un certain nombre de sujets. Et puis par ailleurs, on a tout un dispositif de simplification de la réglementation sur l'AE. Et ça, une fois que c'est voté, à partir du mois de septembre, ça s'est mis en application. Vous voyez, on est sur une double temporalité. C'est aussi ça qui est compliqué dans notre affaire. C'est qu'on a une temporalité longue et sur la simplification, c'est des choses qui doivent s'appliquer très rapidement.
Allez, retour en standard parce qu'il y a vraiment du monde. Il y a Benjamin notamment qui est dans l'autre. Bonsoir Benjamin. Bonsoir. On vous écoute.
Merci de prendre mon appel. Je voulais évoquer une problématique qu'on rencontre dans la petite région que j'habite qui se situe dans l'ouest du département de l'Aude mais qui est générale qui est la multiplication de projets de panneaux photovoltaïques au sol portés par des grosses sociétés dont certaines qui sont des pétrolières bien connues et qui visent à s'implanter sur des terrains agricoles. Je pense, et on est un certain nombre à le penser, que les piégés ici seront encore les agriculteurs dont on sait qu'ils vivent des situations parfois très compliquées et qu'ils ne peuvent pas vivre de leur production.
Or, le photovoltaïque peut paraître une solution à court terme mais certains l'ont compris, les jeunes agriculteurs, la Confédération Paysanne, à moyen et à long terme, c'est clairement un accaparement des terres et une spéculation foncière qu'on risque. Ensuite, ce type de projet est clairement en totale opposition avec le sens de l'histoire, les circuits courts, la souveraineté alimentaire, la loi climat et résilience avec zéro artificialisation nette et enfin la protection de la biodiversité.
Alors, aujourd'hui, clairement, les agriculteurs, tout comme les citoyens que nous sommes, nous faisons berner avec ce type de projet pour que certaines grandes sociétés gagnent de l'argent à notre place, à leur place, à la place des agriculteurs. Alors, je voudrais demander à M. Fénon comment il envisage de protéger les agriculteurs de ce type de phénomène et comment il envisage de le faire en connaissant les rapports de l'ADEME qui montrent très clairement que la transition est possible sans ce type d'installation et autrement qu'avec la seule loi d'accélération des énergies renouvelables qui n'est clairement pas suffisante.
Merci beaucoup, Benjamin, pour votre question. Marc Fénon va me répondre. Il faut qu'on explique aux gens qui nous écoutent, Marc Fénon, qu'effectivement, il y a possibilité pour les agriculteurs de... Est-ce qu'on dit louer une partie de leur champ, une partie de leur parcelle pour, effectivement, la pose de panneaux photovoltaïques ?
Je vais essayer de ne pas être trop long parce que je suis trop long parfois, mais il y a deux types de panneaux photovoltaïques. Ce qu'on appelle l'agrivoltaïsme, c'est-à-dire qu'on ne peut pas développer ce type de projet s'il n'y a pas une activité agricole dessous. Vous pouvez mettre des panneaux photovoltaïques avec des vignes. Vous pouvez mettre des panneaux photovoltaïques avec des moutons. Est-ce qu'on appelle le photovoltaïque au sol où là, il y a un vrai risque ? Alors, simplement, pour répondre, je suis d'accord à peu près sur tout ce qui a été dit. Simplement un point. Si on veut arriver à la neutralité carbone, il faut qu'on diversifie.
Il faut du nucléaire, il faut des panneaux photovoltaïques, il faut des éoliennes, il faut de l'hydraulique, enfin bref. On a besoin de diversifier et on a besoin de panneaux photovoltaïques. La priorité, c'est de le faire sur les terres non agricoles. Il peut être intéressant, y compris pour le monde agricole, d'avoir des panneaux photovoltaïques, mais ce qu'on appelle l'agrivoltaïsme. Quelles sont les conditions ? Un, il faut être agriculteur. Deux, il faut qu'il y ait une activité agricole. Dans la loi d'accélération des énergies renouvelables, Agnès Pannier-Runaché s'en occupe et il se trouve que désormais elle est ma ministre déléguée.
On a fait en sorte qu'on vérifie qu'il y a bien une activité agricole qui n'est pas un alibi. C'est-à-dire que je mets trois hectares de panneaux, je mets deux moutons dessous et je dis que c'est une activité agricole. Et deuxième élément sur lequel on va désormais travailler, c'est sur le bail. Parce que les agriculteurs ne sont pas toujours propriétaires de leur foncier. Pour ne pas qu'il y ait de spéculation, parce que notre interlocuteur, notre auditeur a raison. Pour faire en sorte que la valeur ajoutée, elle n'aille pas à celui qui installe principalement, mais là, il y a l'agriculteur ou au propriétaire.
Parce que sinon, vous voyez bien, si vous mettez en concurrence le rendement d'une installation photovoltaïque et quelques hectares de vignes ou quelques moutons, évidemment, à la fin, on va éjecter l'agriculteur de son activité. Et donc, c'est ça sur quoi on travaille. On est tout à fait vigilants avec ça parce qu'effectivement, il faut qu'on ait des panneaux photovoltaïques, mais il faut que ça permette de maintenir l'activité agricole. Sinon, on aurait perdu sur l'un des plans et ça serait fort dommage.
Est-ce que ça veut dire aussi que puisqu'il faut choisir, vous l'avez dit, choisir ou en tout cas diversifier le nucléaire, le renouvelable, etc., est-ce que ça veut dire aussi qu'il y a certaines zones et certains endroits où la question va devoir se poser de savoir ce que l'on sacrifie ? J'y mets des guillemets avant que tous les auditeurs ne nous appellent, mais en se disant, ici, par exemple, en termes de biodiversité, il est peut-être plus intéressant de poser des panneaux photovoltaïques et puis ensuite, à côté, on verra. Est-ce que cette question, elle se pose ? Est-ce qu'elle est complètement taboue ?
Non, pour moi, elle n'est pas taboue. C'est toute la difficulté de l'équilibre, de la transition parce que dès lors qu'on fait quelque chose, on touche au milieu et dès lors qu'on touche au milieu mais si on peut s'éviter et conjurer les 4 degrés pour être plutôt à 1,5, c'est bon aussi pour la biodiversité.
Est-ce que c'est possible de poser des panneaux photovoltaïques de toute façon, à chaque fois, dans des zones où on n'abîme rien ? Ça n'existe pas.
Vous mettez un panneau, vous faites un plot béton même s'il est retirable. L'important, c'est que ce soit réversible, moi je pense. Mais forcément, vous artificialisez un tout petit bout de terre, je pense, là où il y a le poteau, je ne parle pas du panneau lui-même et ça change un peu le milieu puisqu'il y a un peu plus d'ombre, un peu plus de ceci. Mais si nous étions à ne rien faire et que 4 degrés, évidemment, ça serait un drame pour la biodiversité. C'est la biodiversité qui serait la plus touchée. 4 degrés, c'est des incendies et puis des milieux qui vont changer profondément. Donc il faut qu'on trouve un juste équilibre. Ça n'est pas la moindre des difficultés d'ailleurs.
Marc Fénaud, une question sur WhatsApp, c'est celle de Binge qui nous dit « De grâce, Monsieur le Ministre, arrêtez cette folie des bassines, les retenues collinaires, oui, la récupération des eaux de toiture, oui, mais les bassines, c'est non laisser l'eau tranquille dans les nappes, merci. » Et c'est vrai que les retenues d'eau, ça fait partie des derniers 5 points même qui ont été soulevés par les agriculteurs, notamment avant le congrès de la FNSUA, c'était au dernier rendez-vous avec Gabriel Attal. Qu'est-ce qu'on leur dit ? Les exploitants, par exemple, qui ont un projet de bassines et qui est en cours aujourd'hui, est-ce qu'ils se lancent ? Est-ce qu'ils ne se lancent pas ?
Qu'est-ce qu'on leur dit ?
Mais je leur dis de se lancer pour la raison suivante. Il n'y a pas partout capacité à faire des bassines ou possibilité d'en faire et selon les territoires, on fait des bassines ou autre chose. Une retenue collinaire, c'est une bassine qui est alimentée de manières différentes puisque c'est par le ruissellement. Une bassine, elle est alimentée comment ? Elle est alimentée par des nappes souterraines qui se remplissent et qui se vident très vite. Moi, j'habite dans le Loir-et-Cher, c'est la nappe de Beauce, on va chercher l'eau à 80 à 150 mètres. Il y a beaucoup d'inertie, ça se remplit l'hiver, on la gère en volumétrie.
Là, en février, on dit aux agriculteurs cette année, vous pourrez prélever le temps et ça fait 30 ans que ça dure et ça marche plutôt bien. En Poitou-Charente, ils ne peuvent pas faire comme ça parce que les bassines se remplissent très très vite, 50 millimètres d'eau, elle se remplit. La nappe et après, se vide aussitôt. Donc, le seul système possible, en plus, il n'y a pas d'argile, donc ils sont obligés de mettre un système plastique, c'est celui-là. Je reprends juste, je dis toujours cet exemple de Sainte-Soligne. Sainte-Soligne, en ce moment, c'est 18 millions de mètres cubes qui sont prélevés l'été. Le modèle, à la fin, c'est 6 millions de mètres cubes l'été, donc moins 12.
Et au global, c'est moins 6 puisque le reste, il y aura des économies d'eau sur l'asseulement. Donc, il faut qu'on arrive, alors je sais que c'est très éruptif et qu'on a beaucoup caricaturé. Non, c'est très éruptif
et ça le sera encore puisqu'on sait bien que cet été, ce sera à nouveau éruptif.
C'est pour ça que je le mettais au présent et pas au passé.
Et la question en creux de bain, c'était aussi de dire est-ce que moi, si je me mets à travailler, si je fais une retenue chez moi, est-ce que c'est une promesse de Sainte-Soligne derrière ?
Non, je pense qu'on a besoin, c'est pour ça que j'essaie, comme vous l'entendez dans ma voix, d'apaiser le débat mais d'être ferme sur un certain nombre de choses. D'abord, la violence n'a pas sa place. Ce n'est pas la violence qui impose la loi, c'est la loi qui impose sa loi et personne d'autre. Et la démocratie, donc ça, il faut que les gens qui pensent que c'est comme ça, sinon on va chez le voisin parce qu'on n'est pas d'accord avec le permis de construire. Vous voyez, ça se termine mal ce genre d'affaires, on ne vit plus en démocratie. Deux, à chaque fois qu'on peut le faire, mais l'objectif c'est de le faire dans une transition agricole.
Quand vous allez dans ces régions-là, ils vous expliquent qu'ils ont fait évoluer les surfaces de maïs. Ils s'engagent à planter des... Ils s'engagent à réduire les produits phytos. Et on leur dit à la fin, on n'aurait pas accès à ces éléments-là, l'accès à l'eau, ça n'économise pas de la transition. Mais l'accès à l'eau, c'est vieux comme le monde. Vous regardez les Romains et les Grecs, ils ont fait des ouvrages d'eau. Ils n'étaient pas complètement fous. Ils étaient... Ils voyaient que s'ils ne conjuraient pas ça, vous disiez, on a un sujet, on disait, il y avait un sujet avec l'eau. Oui, l'eau, on en a beaucoup cet hiver et les agriculteurs qui m'écoutent savent de quoi je parle.
On ne peut pas rentrer dans les champs aujourd'hui, ça date depuis le mois d'octobre. Et cet été, peut-être qu'on aura une sécheresse. Et peut-être que c'est pas mal de la stocker entre les deux parce que sinon cet été, on va avoir des restrictions et cet hiver, on ne sait pas quoi faire de cette eau. Il y a une espèce de bon sens, comment dirais-je, commun qu'on doit pouvoir trouver.
Alors, il y a quelque chose d'un peu connexe finalement dans la question de Xavier. Bonsoir Xavier. Bonsoir. Vous êtes dans le Finistère, Xavier, on vous écoute.
Effectivement, je suis en Finistère-Nord dans une zone légumière et ma question pour M. le ministre est celle-ci. Quelles sont les pistes de diversification des productions, notamment sur la Bretagne où on se pose des questions sur ce que l'on va produire demain face au réchauffement climatique et face au fait qu'aujourd'hui, nos choux fleurs bio se vendent moins cher que les conventionnels. Pareil pour le lait et les artichauts. on ne sait plus qu'en faire.
Merci beaucoup, Xavier, pour votre question et Marc Fénaud vous répond. Une vraie bonne question. Regardez, il y a eu un sujet aujourd'hui même dans le journal et qui disait à échéance de très peu de temps finalement, à peine 80 ans, la production de vin va complètement bouger. On en trouvera en Finlande, on en trouvera ailleurs. Donc, une vraie question de savoir qu'est-ce qu'on produit où ? Qu'est-ce qu'on lui répond, Xavier ?
C'est d'ailleurs assez fascinant et assez troublant et perturbant parce que nous sommes un pays où on a cultivé les appellations d'origine contre les appellations d'origine, les IGP, c'est un terroir, un savoir-faire, un climat. Et quand le climat change, qu'est-ce qu'il se passe ? C'est d'ailleurs fascinant de voir à quel point il y a des régions sans signe distinctif de qualité, on plante des vignes. Donc, il va falloir voir comment ça bouge. D'abord, il faut qu'on essaie d'adapter les variétés de vignes, la façon dont on les conduit parce que ça, c'est un élément important.
Alors, pas seulement.
Xavier était dans le Finistère,
je ne veux pas qu'on l'amène dans le vignoble,
il n'est pas impossible qu'un jour, dans ces régions, on puisse faire du vin. Moi, je suis d'une région où le vin a été à faible degré, maintenant, il est plutôt tout à fait idéal dans la région Centre-Val de Loire pour faire du vin. Deuxième élément, ce qui est valable pour le vin, c'est valable pour le reste. C'est-à-dire, il faut qu'on regarde les systèmes de production, par exemple les prairies, comment on les conduit pour faire en sorte qu'elles retiennent mieux l'eau et qu'elles résistent mieux à la sécheresse l'été. Les Bretons n'étaient pas habitués, ce n'est pas une insulte que je fais aux Bretons, à des étés très secs.
Ils avaient, comme ils disent tous les jours, du beau temps, mais pas que du beau temps. Désormais, il n'est pas impossible qu'ils aient des périodes de sécheresse comme les autres régions. Et donc, on a besoin de regarder quelles sont les cultures qui vont s'adapter. Ce qui veut dire, par exemple, en maraîchage, et je viens au bio après, qu'il y a besoin de regarder comment il faudra... En Bretagne, il n'y avait pas un sujet d'accès à l'eau l'été. Maintenant, les Bretons, ils auront besoin d'avoir des petites réserves, sans doute, pour pouvoir faire du maraîchage et pour récolter l'eau qui continuera à tomber en abondance en Bretagne.
Et puis, deuxième élément, ça c'est le sujet climat, adaptation au climat, au mouvement du climat. Deuxième élément, c'est sur le bio. On est dans une crise de croissance, moi je crois, sur le bio. C'était beaucoup monté, c'était des croissances à deux chiffres. Ceux qui croient que la croissance à deux chiffres dans le bio comme dans le reste dur se trompent toujours, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel. Donc, on est dans cette période où il faut tenir les mesures de soutien qu'on a apportées au bio. 100 millions en 2023, 90 millions en 2024. Sauf que là, ils ne les vendent pas. Ils ne les vendent pas. J'imagine que... Oui, mais c'est pour compenser la perte de revenus.
Et deuxième élément, je réunirai la semaine prochaine avec Agnès Pannier-Runacher l'ensemble des collectivités locales. D'ailleurs, l'État doit faire sa part. Si nous respections la loi EGalim, les 20% de bio dans les cantines publiques, nous n'aurions pas de crise du bio.
Sauf qu'on ne la respecte pas. On est à combien ? 6% je crois ?
Je ne jette la pierre à personne. Le sujet n'est pas là. Mais voyez, la commande publique peut aider. Je dis à ceux qui sont dans le bio, on passe une période difficile. Ça ne rejette pas l'idée qu'il faut une part de bio. D'où les aides qu'on met en place. Et deux, on travaille dès cette année sur la commande publique pour monter la demande. Et j'espère que tout ça fera monter les prix. Parce que sauf qu'en attendant,
Xavier partit ses demandes, mais il fait peut-être partie de ces agriculteurs qui sont obligés de vivre, de vendre en conventionnel leur production bio. Parce que sinon, elles ne partent pas. Absolument.
Mais c'est compensé par les aides parce qu'on fait une perte de revenus ou de chiffre d'affaires. Enfin, c'est compensé. C'est pondéré par les aides qu'on apporte cette année. Je le répète, 90 millions d'euros après 100 millions l'an dernier. Ce ne sera jamais assez. Mais au moins, c'est pour essayer de leur faire passer le cap.
On parle agriculture avec Marc Fénaud, le ministre de l'Agriculture, ce soir dans le téléphone. Avant de prendre la prochaine question, je voudrais rebondir sur ce que disait notre ami du Finistère il y a un instant et qui revenait sur la loi Egalim. Où est-ce qu'on en est des prix planchers qui ont été proposés par Emmanuel Macron au salon de l'agriculture ?
Comme il avait été convenu, le président de la République a évoqué cette question. Le Premier ministre a missionné deux députés, Al-Nord Babo et Alexis Isard qui travaillent, qui doivent nous remettre des conclusions au mois de mai. Donc on va les laisser cheminer. L'idée, elle est simple. C'est de faire en sorte qu'on construise les prix à partir de critères de production et des critères de coût qui permettent quand on rentre en négociation de dire de toute façon en dessous de ce prix-là. Ça n'est pas possible. Alors on l'appelle prix plancher.
Franco-français, ça marche très bien. Est-ce que ça se multiplie par 27 réellement ?
Alors j'étais au niveau européen. Je suis assez satisfait. J'allais dire très. Il ne faut jamais être très satisfait dans la vie mais assez satisfait de voir la proposition de l'Union européenne. J'ai discuté avec mon collègue également juste avant de repartir. L'idée, c'est qu'on essaie de regarder comment on peut étendre la philosophie des galimes. La question de l'observatoire des marges et des prix au niveau européen. Le commissaire européen m'a dit qu'il était très intéressé par ce que nous avions fonds en France. Oui. Alors sans arrogance, il faudra qu'on soit mobile nous aussi. Je pense que la question européenne c'est une question de diplomatie et d'écouter les autres.
Mais on va travailler dès cette année sur quelque chose qui ressemblerait à un égalisme européen. D'abord pour éviter que des centrales d'achat de firmes françaises, de distributeurs français aillent jouer à aller s'installer en Belgique ou Luxembourg pour négocier. Ce qui existe déjà, ce qui existe le cas
et il y a des grands distributeurs qui vont servir ici. Et ça n'est pas d'une bonne manière.
Et donc on a besoin de le faire comme ça. Et deux, parce que je pense qu'on a besoin de construire au niveau européen l'idée que parce que ça a un coût, ça doit avoir un prix et un, c'est bien mais à 27, c'est beaucoup plus puissant parce qu'on est quand même dans un marché unique.
Avec la crainte toujours mais c'est le cas et on pourra parler des traités de libre-échange éventuellement. On sait ce qu'on protège à l'intérieur, on ne sait pas ce qu'on cesse de protéger dès lors qu'il faut bien exporter ce que nous produisons. Est-ce que ça marche toujours ? Est-ce que ça marche aussi avec un prix plancher ? Je me souviens que quand ça a été sorti au moment du salon de l'agriculture, ce qu'on a dit c'est attention, un prix plancher, très souvent ça devient un prix plafond.
Oui, mais c'est ce à quoi il faut veiller. On attend les propositions d'ailleurs des deux parlementaires missionnés parce qu'effectivement quand vous êtes sur le lait, vous avez 50% du lait qui va à l'extérieur de nos frontières ou le fromage ou les céréales. Bref, on ne va pas faire toute la liste des produits. Il faut qu'on soit... Et la France, elle est compétitive mais elle n'est pas compétitive que sur ses prix. Pourquoi on vend des céréales dans le monde ? On vend des céréales parce que nos céréales elles sont parfois un peu plus chères mais elles sont garanties en qualité et en taux de protéines. Et donc c'est aussi ça qui fait notre force.
Et donc c'est aussi là-dessus qu'il faut travailler me semble-t-il.
François est avec nous. Bonsoir François. Bonsoir Madame Synthèse. Bonsoir Monsieur le Ministre. Bonsoir. On vous écoute François.
Je voudrais interpeller Marx et nous sur la question des pesticides puisqu'on a évoqué le problème de la suspension des cofytos. Et on passe d'un indicateur d'usage des pesticides, le nodule qui est augmenté d'à peu près 3 à 5% entre 2011 et 2021. Un indicateur qui n'est plus un indicateur d'usage. Un indicateur européen très critiqué par le conseil d'un scientifique des cofytos lui-même qui a publié là-dessus et qui va aujourd'hui faire apparaître une baisse de 35% de cet indicateur. On ne sait pas exactement ce que ça mesure. Donc en fait dans les faits on va passer d'un plan de réduction de l'usage des pesticides dont on a besoin.
Beaucoup de métabolites de pesticides dans l'eau du robinet ça concerne des millions de français. Un plan qui mécaniquement d'ici une année ou deux va avoir atteint l'objectif de moins 50% sans qu'on ait changé des pratiques. Donc ma question c'est pourquoi est-ce que simplement le gouvernement et monsieur le ministre de l'Agriculture n'assument pas clairement le fait qu'on ait changé complètement la nature du plan notamment à ce qu'ils nous disent. On a abandonné Cochito un plan de réduction de l'usage des pesticides pour autre chose. C'est un retour en arrière de 15 ans mais pourquoi ne pas assumer ce retour en arrière ? C'est ça ma question.
Marc Fénaud alors d'abord sur Ecochito est-ce qu'on dit abandonné ? Est-ce qu'on dit complètement... Mais absolument pas. Voilà ça c'est la première question et vous allez nous expliquer pourquoi et surtout le fameux nodu dont tu parles c'est-à-dire le nodu ce sont les indicateurs de réduction des pesticides en fait. Est-ce que ça pour le coup s'est enterré indicateur français ? Est-ce que ça pour le coup s'est enterré désormais
nos indicateurs sont européens ? Pardon excusez-moi Allez-y allez-y
je vous en prie.
Un, il n'est pas question d'abandonner Ecochito parce que la trajectoire de réduction des produits phytosanitaires elle est nécessaire. Deux, on a diminué de 93% les produits les plus à risque. Ceux dont je parle qu'ils étaient autorisés. Les CMR1 cancérogènes, moutagènes relatifs à la reproduction. CMR1 93% CMR2 plus de 70% et on ne le voit pas. Et le problème du nodu c'est qu'il était à l'aveugle des molécules. C'était une dose il faut expliquer aux gens le nodu ce sont des quantités. C'est des quantités donc d'usage de produits phytosanitaires. Et donc quel que soit le risque du produit c'était compté pareil.
En gros vous preniez un produit très toxique vous le remplaciez par 3 passages d'un produit classé non toxique et bien vous dégradiez votre indicateur. Parce qu'il y avait 3 passages en fait. Parce qu'il y avait 3 passages et donc 3 fois la molécule nouvelle qui était utilisée. Et donc pour faire simple parce que c'est compliqué cette affaire-là tout le monde a découvert un peu le nodu parce que c'est quand même une affaire de spécialistes on a décidé de mettre en place un indicateur qui est un indicateur européen. Pourquoi ? Parce qu'aussi au niveau européen à un moment on va nous dire on réduit de moins 30 moins 50 moins X si on n'a pas le même indicateur que les européens.
A quoi ça sert ? C'est comme si on calculait la croissance de façon différente entre les allemands et les français. Ou la réduction des gaz à effet de serre. Donc c'est quand même mieux de cesser parfois un peu l'arrogance française. Que nous ayons un indicateur qui est partagé. J'allais dire
c'est quand même assez baroque dans son être rendu compte uniquement parce que les agriculteurs sont sortis avec les retracteurs.
Non non non pas du tout. Pardon. L'indicateur Nodu la discussion elle est depuis le début. La discussion sur les Nodu elle est depuis le début. Donc nous avons la ferme intention de réduire les produits phytosanitaires qui sont le plus à risque sur la santé et sur le milieu. Et c'est bien ça la trajectoire qu'on doit trouver. Et deux on doit trouver des alternatives. Et c'est donc ces deux tensions là qu'il faut qu'on arrive à mettre en oeuvre.
Et donc c'est pas du tout l'idée de rabattre mais c'est idiot de dire quelle que soit la molécule je la réduis quand la priorité et tout le monde doit être d'accord là-dessus c'est des produits qui portent des risques toxiques ou des produits qui portent des risques pour l'environnement.
Donc on peut le dire Marc Fénaud est-ce que vous le dites aussi clairement que ça ? Non. Nous ne renonçons à rien quant à nos objectifs.
Nous ne renonçons à rien quant à nos objectifs et d'ailleurs le plan éco-phito sera présenté dans les jours qui viennent pour redonner cette trajectoire les perspectives. Ce qu'il faut aussi c'est qu'on encourage les agriculteurs à changer les pratiques et c'est ça aussi qui est le plus important.
Catherine est avec nous. Bonsoir Catherine.
Bonsoir Fabienne. On vous écoute. Bonsoir Monsieur le Ministre. Alors moi j'aimerais savoir pourquoi le gouvernement et Monsieur Fénaud n'écoutent que la SNSEA qui ne représente pas une agriculture d'avenir mais une agriculture qui est très consommatrice en pesticides qui sont nuisibles à la santé et à l'environnement qui est aussi très émettrice de CO2 et non pas la Confédération Paysanne dont les paysans pratiquent un modèle d'élevage et de culture qui préserve la biodiversité et qui sont capables déjà depuis bien longtemps de cultiver sans imprant ni pesticides.
Catherine merci beaucoup. Là aussi vous êtes porte-parole de certains auditeurs qui vous posent cette question. Marc Fénaud la relation qu'on dit parfois incestueuse entre la FNSEA et le gouvernement.
Je n'ai pas l'impression qu'elle soit incestueuse ou qu'elle soit je ne suis pas sûr qu'au congrès de la FNSEA on se soe...
On verra comment vous serez traité jeudi.
Oui je ne doute pas que ça ne soit pas dans les colliers de fleurs m'attendent.
Mais en même temps c'est intéressant parce que cette question revient à chaque fois. Moi ce que j'entends c'est quel type d'agriculture et quel modèle agricole ont privilégié. Je trouve d'abord
un tout petit peu pardonnez-moi caricatural de dire les bio seraient la Confédération Paysanne c'est pas ce que vous avez dit mais c'était un peu dit parfois on fait un peu ça et les autres seraient la FNSEA. J'ajoute quand même qu'il y a la coordination rurale et le modef si on veut faire et les jeunes agriculteurs évidemment. Mais ça parle de modèle en fait. Pardon la plupart des agriculteurs bio ils sont adhérents de la FNSEA. Je le dis à bas bruit ce n'est pas très grave mais ce que je veux dire par là c'est qu'il faut faire attention à ces caricatures. Deux on a écouté la Confédération Paysanne sur les questions parce que c'est elle qui le portait beaucoup sur les questions de bio.
On a écouté les uns et les autres je pense à la coordination rurale sur l'agriculture de conservation des sols. On écoute la FNSEA sur la nécessité d'effectuer les transitions et sur la question de l'eau ou la question des produits phytosanitaires qu'on a évoquées parce que la FNSEA elle aussi elle essaie de travailler sur ces questions sur la question de l'AE on travaille avec la FNSEA.
Donc je trouve que c'est une chance d'avoir des syndicats la force de l'agriculture c'est d'avoir des syndicats qui étaient représentatifs et donc je trouve qu'il ne faudrait pas à la fois se priver de cette capacité de représentation et de la capacité d'embarquer les agriculteurs c'est quand même mieux si on a des syndicats avec lesquels on dialogue.
Et vous voyez dans le même ordre d'idées sur Twitter on a Michel qui est de l'Aveyron et qui dit quand est-ce qu'on arrête les aides à l'hectare pour rémunérer le travail et non pas la taille des exploitations ce qui rejoint en fait la question précédente et qui parle encore une fois de taille et de modèle agricole.
Oui mais pardon pour nourrir non seulement les français mais à l'extérieur de nos frontières parce que moi il m'importe qu'on nourrisse les français il m'importe aussi de savoir qui nourrit les européens l'an dernier l'Europe a importé 40 millions de tonnes de céréales 40 millions de tonnes c'est à dire qu'on est dépendant des autres comme on l'est sur l'énergie ou comme on l'était sur l'énergie on a vu ce que ça coûtait comme on l'était sur les médicaments comme on l'était sur les produits et donc il faut qu'on produise et si on produit il faut tous les modèles il faut des maraîchers etc mais il faut des gens qui puissent aller aussi sur les marchés mondiaux et donc on a besoin de ça et donc il me semble qu'on a besoin de construire quelque chose qui permette à la fois de nourrir les français et aussi de nourrir la population mondiale le dérèglement climatique il va être terrible pourquoi on a importé 40 millions de tonnes de céréales l'an dernier par rapport à 20 millions l'année précédente c'est la sécheresse en Espagne et les inondations et la sécheresse en Italie je ne sais pas si on aura le temps de parler d'autres céréales mais il me semble
que c'est un sujet très important et qui vient notamment d'Ukraine mais vous avez dit il faut pouvoir vivre de l'agriculture il faut pouvoir nourrir les autres et même au-delà de l'eau frontière il faut aussi pouvoir nourrir nos agriculteurs c'est la question de Gwenaëlle bonsoir Gwenaëlle
on vous écoute bonsoir monsieur le ministre donc en fait moi j'avais une remarque donc j'ai décidé de m'installer en 2020 en maraîchage en Côte d'Armor et donc je suis obligé moi d'avoir en fait une double activité j'ai conservé mon activité mon activité salariée parce que je ne vis pas de mon métier donc voilà et donc vous annonciez effectivement qu'il y a eu des aides débloquées pour l'agriculture biologique alors moi je n'aurais pas pu en bénéficier parce que je ne correspondais pas forcément aux critères bon je n'ai pas voilà c'est un peu compliqué quand même c'est quand même compliqué et donc voilà c'était en fait une remarque par rapport à tout ce que vous disiez voilà c'est vrai que si vous allez dans le sens de la loi EGalim ça serait effectivement très bien il faut que ça se mette en place effectivement mais donc voilà moi c'était une remarque en tant que maraîcher je suis obligé d'avoir une double activité pour pouvoir vivre à côté
merci beaucoup Gwenaël merci pour votre intervention et Marc Fénaud vous répond
oui alors d'abord dire que dans la nouvelle PAC on a quand même mis une aide aux maraîchers deux dans les éléments de simplification dont on a discuté aujourd'hui à Bruxelles les moins de 10 hectares bénéficieront de très grandes simplifications et j'imagine que notre auditeur sera concerné trois c'est la question et la question de la rémunération parce qu'au fond la crise agricole
est une crise de la rémunération
il n'est pas tout à fait nouveau que dans le monde agricole je pense aux zones de montagne les zones difficiles souvent il y avait une double activité je le dis quand même au passage mais la question c'est une question de rémunération il faut que le modèle trouve son équilibre et on sait qu'en maraîchage c'est plus compliqué parce qu'il y a beaucoup de main d'oeuvre et quand on ramène à l'heure travailler et donc on a besoin de travailler sur la question de la rémunération et puis alors je ne connais pas le modèle de notre interlocuteur mais évidemment il faut regarder le modèle qui convient est-ce qu'il est sur des marchés locaux est-ce qu'il essaye il vend directement dans son exploitation il a dit 2021 donc il faut aussi parfois que le temps que ça se stabilise et puis troisième élément je pense que dans l'accompagnement des gens de ce que j'entends c'est quelqu'un qui est en reconversion sans doute il faut qu'on accompagne mieux ceux qui ne venant pas de l'agriculture se reconvertissent pour voir si le modèle économique fonctionne si la transition peut se faire d'un point de vue écologique parce que sinon on les met dans des situations d'impasse qui sont assez dramatiques et la passion ne doit pas se transformer en sacrifice
et surtout parce que vous n'arriverez pas à retrouver un vrai renouvellement de génération des agriculteurs il en faudra beaucoup des Gwenaëls il en faudra beaucoup si on veut pouvoir poursuivre on a une question de Sébastien sur Whatsapp et qui dit ceci les coupes annoncées au plan budgétaire vont se traduire comment dans votre action sur le monde agricole vous avez pris des engagements de soutien nécessaire et important merci bien est-ce que les coupes qu'on annonce aujourd'hui vous concernent Marc Fénon et votre ministère ou est-ce que vous en êtes exempté ?
écoutez d'abord le budget du ministère de la culture ça ne s'est pas vu c'était avant la crise c'est 1,2 milliard de plus d'autorisation d'engagement et près d'un milliard de crédit de paiement sur un budget de 5 c'est-à-dire 20% d'augmentation 2 il a été posé sur la table un certain nombre de mesures à hauteur de 400 millions d'euros évidemment on va participer à l'effort à hauteur de 80 millions pour dire les choses de façon tout à fait transparence on va faire du redéploiement parce que je ne peux pas dire ou être solidaire des collègues et dire que moi je ne me l'applique pas donc il y a du redéploiement mais voyez bien que 5 milliards plus 1 milliard plus 500 on avait 1,5 milliard de plus de budget cette année il n'est pas illogique qu'on puisse faire du redéploiement dans la durée ça ne sera pas énorme mais c'est le budget qui a le plus augmenté parce qu'on a conscience au gouvernement le Premier ministre et le Président de la République que c'est là que de grandes transitions sont nécessaires et donc il faut les accompagner
Une question à nouveau sur WhatsApp et qui vous demande si le changement des années de référence qui ont été demandées par les agriculteurs et notamment pour ce qui est des produits qui viennent d'Ukraine est-ce que le changement des années de référence sera acté va être acté commencera à quel moment pour expliquer aux gens qui nous écoutent encore une fois les années de référence pour l'instant on est 2022-2023 la guerre a déjà commencé à ce moment-là les prix ont déjà bougé est-ce qu'ils disent concurrence déloyale est d'une et ensuite il faut changer l'année de référence
alors 1 c'est une mesure de soutien à l'économie ukrainienne puisque l'Ukraine c'est beaucoup l'agriculture donc c'est pas illogique qu'on les soutienne et j'ai revu mon collègue ukrainien pour lui dire on vous soutient vous êtes en guerre et votre guerre c'est un peu la nôtre parce que c'est notre liberté 2 on a un sujet de référence parce que c'est vrai que les volumes qui sont calculés à partir duquel on arrêterait et on mettrait des douanes ils sont ceux 22-23 oui nous demandons 21-22-23 pour qu'il y ait bien le plus nécessaire mais qu'en même temps ça ne vienne pas déstabiliser les marchés demain il y aura une réunion à Bruxelles des différents pays de l'Union Européenne et nous défendons non seulement l'année de référence 21-22-23 mais 2 l'intégration de produits qui eux aussi sont touchés désormais je pense aux céréales en particulier le blé tendre et l'orge et donc on aura une réponse demain on verra où est-ce que sont les positions des uns et des autres et l'idée est de toute façon les mesures doivent se mettre en route au 1er juin donc on va aller très vite sur ces mesures-là
avec une taxation du blé russe finalement ou pas du tout ?
alors ça c'est pour l'Ukraine et par ailleurs taxation du blé russe parce qu'on ne peut pas se retrouver dans la situation où même si les volumes sont très faibles pour être très honnête c'est soit les russes qui continuent à nous alimenter ce sont les prix qui posent problème du côté des russes oui oui bien sûr bien sûr et puis non il y a aussi un certain nombre de pays qui ont eu une très mauvaise récolte en 2023 qui ont besoin de volume et qui vont chercher sur le marché russe
allez Marc Fénaud il y a eu beaucoup de questions pour vous et c'est tant mieux du coup ça vous donnera l'occasion de revenir il y aura d'autres occasions de parler d'agriculture c'est le moins qu'on puisse dire il est 20h sur France Inter
Marc Fesneau