Jean-Philippe Tanguy : "Le système a volé la liberté des Français !" (France 2)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:03OuverteRéponse directe
Vous êtes député RN de la Somme. Ce matin, la motion de censure du Rassemblement national a été rejetée.
- 0:10OuverteRéponse directe
Vous n'avez pas obtenu la chute de Sébastien Lecornu.
- 0:14OuverteRéponse directe
Vous n'avez pas obtenu une nouvelle dissolution.
- 0:21FerméeÉludée
Vous reconnaissez votre échec ?
- 1:09OuverteRéponse partielle
Ce moment politique crée des fracturations dans certaines formations politiques.
- 1:26OuverteRéponse partielle
Pendant des mois, vous avez adopté la stratégie de la cravate. Comment l'expliquez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueFait
« C'est un échec pour les Françaises et les Français qui vont le payer durement. »
- 0:35Invité politiqueFait
« Le général de Gaulle voulait donner au peuple français, en 1962, la possibilité de désigner directement le président de la République. »
- 0:42Invité politiqueFait
« A l'époque, les partis du système ont censuré M. Pompidou pour leur refuser ce droit. »
- 0:53Invité politiqueFait
« Et là, aujourd'hui, les partis du système, contre le Rassemblement national, ont voulu voler la liberté des Françaises et des Français de choisir et de ne pas avoir à payer l'épouvantable boucherie fiscale qui est dans ce budget. »
- 1:00Invité politiqueFait
« On va en parler du budget. Et qui est quand même la vie, les conséquences sur la vie des gens vont être terribles. »
- 1:40Invité politiqueChiffre
« Là aussi, il voulait imposer 4 milliards d'impôts sur l'électricité aux Français. »
- 1:45Invité politiqueFait
« Là aussi, il voulait désindexer la portion des retraités qui ont travaillé toute leur vie. »
- 1:52Invité politiqueFait
« Car le budget qu'il avait proposé aux Français était injuste, notamment en voulant les priver de deux jours fériés. »
- 2:54Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, il n'y a rien qui permette de garantir la suspension des retraites. »
- 3:04Invité politiqueFait
« Par contre, jusqu'à hier, ils n'avaient même pas prévu la manière juridique de comment ils allaient suspendre la retraite. »
- 3:13Invité politiqueFait
« L'amendement, Madame, et vous le savez, qui est censé garantir cette suspension de la réforme, il n'existe pas. »
- 3:31Invité politiqueFait
« Mais ce qui n'est pas normal, c'est de faire un accord entre deux forces politiques, le gouvernement et le Parti Socialiste, de dire devant tous les Français, lors du discours de politique générale, nous allons permettre la suspension, et qu'en fait, nous découvrons le lendemain qu'il n'y a rien de prévu. »
- 3:45Invité politiqueFait
« Excusez-moi, M. Lecornuille, il a eu 30 jours pour écrire son amendement ou pour négocier son amendement. »
- 4:09Invité politiqueFait
« Et je pense que, par ailleurs, et vous le savez, ce budget a été déposé il y a 10 jours devant le Haut Conseil des Finances Publiques. »
- 6:10Invité politiqueChiffre
« Le chiffre de 11 milliards... »
- 6:19Invité politiqueChiffre
« Donc on dit, la censure aurait coûté parce qu'on va bloquer 9 milliards d'impôts et de privations de droits sur les Françaises et les Français. »
- 6:33Invité politiqueFait
« Il n'y a aucune mesure d'économie, monsieur, dans les 9 milliards qui ont été donnés par le gouvernement. »
- 6:40Invité politiqueFait
« Et vous avez un expert dans les échos, qui n'est quand même pas, comment dire, une officine mariniste, qui dit qu'en fait, c'est n'importe quoi et que personne n'est capable de calculer ces 2 milliards. »
- 6:58Invité politiqueChiffre
« Eh bien, ça fait un an qu'elle doit me l'envoyer le lendemain. Donc, ça fait un peu long pour mentir aux Français. 14 milliards de hausse d'impôts ? »
- 7:27Invité politiqueFait
« Et jamais les taux n'ont rebaissé par rapport à leur niveau d'avant la dissolution. »
- 7:35Invité politiqueChiffre
« Et ce que vous appelez l'apaisement, monsieur, c'est la création en seulement 6 mois de 100 à 200 milliards de dettes. »
- 9:16Invité politiqueChiffre
« La contribution à l'Union européenne va frôler les 30 milliards d'euros, madame. »
- 9:19Invité politiqueChiffre
« Cette année, une hausse de près de 6 milliards d'euros. »
- 10:00Invité politiqueChiffre
« En réservant les aides sociales aux Français, en limitant les aides sociales aux étrangers qui ont travaillé 5 ans dans notre pays, on peut arriver à 18 milliards d'économies très rapidement. »
- 10:20Invité politiqueChiffre
« On supprimera les intercommunalités, les régions. Ça fait au moins 4 milliards d'économies. »
- 10:30Invité politiqueChiffre
« La suppression de la quasi-totalité, pour ne pas dire la totalité, des agences et de leurs missions associées, ça fait encore plus de 6 milliards d'euros. »
- 10:37Invité politiqueChiffre
« Il y en a d'autres, mais on arrive très facilement à au moins 60 milliards d'euros. »
- 11:49Invité politiqueFait
« Nous proposerions dans des réformes, finalement, la suppression du Conseil économique, social et environnemental dont les Français se demandent pourquoi ils le paient. »
- 12:54Invité politiquePromesse
« Nous partons déterminés à proposer un programme sérieux. »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy63 %
- Présentateur22 %
- Invité8 %
- Invité 27 %
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Jean-Philippe Tanguil nous a rejoint. Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes député RN de la Somme. Ce matin, la motion de censure du Rassemblement national a été rejetée. Vous n'avez pas obtenu la chute de Sébastien Lecornu. Vous n'avez pas obtenu une nouvelle dissolution. La majorité de l'Assemblée fait donc ce matin le choix de la stabilité. Vous reconnaissez votre échec ?
C'est un échec pour les Françaises et les Français qui vont le payer durement. Ce qui est stupéfiant, c'est que ce monde politique ne parle que de lui-même. J'ai apprécié l'extrait que vous avez montré. C'était quoi la morale de l'histoire ? Le général de Gaulle voulait donner au peuple français, en 1962, la possibilité de désigner directement le président de la République. A l'époque, les partis du système ont censuré M. Pompidou pour leur refuser ce droit. Les Français ont réussi à avoir gain de cause. Depuis ce temps-là, ils peuvent voter pour la personne directement qu'ils veulent. Ils se sont appropriés leur destin.
Et là, aujourd'hui, les partis du système, contre le Rassemblement national, ont voulu voler la liberté des Françaises et des Français de choisir et de ne pas avoir à payer l'épouvantable boucherie fiscale qui est dans ce budget. On va en parler du budget. Et qui est quand même la vie, les conséquences sur la vie des gens vont être terribles.
Mais juste un mot, puisqu'on le disait tout à l'heure, ce moment politique crée des fracturations dans certaines formations politiques. Et parfois, on a du mal à s'y retrouver. Pendant des mois, vous avez adopté la stratégie, on appelait ça la stratégie de la cravate. Vous étiez toujours du côté de l'ordre, de l'ordre républicain. Et aujourd'hui, on vous retrouve aux côtés de la France insoumise pour dire, il faut repartir dans une dissolution et mettre une forme de désordre politique. Comment est-ce que vous expliquez ?
Nous sommes toujours aux côtés d'un ordre juste. Nous avons déjà censuré un gouvernement. C'est le gouvernement de M. Barnier. Là aussi, il voulait imposer 4 milliards d'impôts sur l'électricité aux Français. Là aussi, il voulait désindexer la portion des retraités qui ont travaillé toute leur vie. Nous avons, non pas censuré, mais refusé la confiance à M. Bérou. Car le budget qu'il avait proposé aux Français était injuste, notamment en voulant les priver de deux jours fériés. Et c'est ce que nous avons voulu faire là. Car nous ne défendons seulement l'intérêt des Françaises et des Français et leur vie. Et c'est sur ça qu'on a été élus.
Parce que j'ai l'impression quand même que tout ce petit monde qui a bien voulu aujourd'hui juste voler son siège à tout prix, c'est au prix de l'intérêt des Français. Et c'est quand même stupéfiant, si vous voulez, qu'on n'arrive pas à faire passer ce message central. Aujourd'hui, ce n'est pas seulement M. Lecornu qui a sauvé son poste. C'est qu'on a refusé aux Français de pouvoir choisir leur destin une fois encore.
L'intérêt des Français. Parlons de la réforme des retraites. Vous étiez contre la réforme. Nous sommes toujours contre. Vous avez même déposé à l'époque, on s'en souvient, en 2023, une motion de censure. Et là, on propose d'une certaine manière, ceux qui sont contre cette réforme des retraites, de la suspendre. Et là, vous n'êtes pas aux côtés du Parti Socialiste. Vous n'êtes pas aux côtés des 3,5 millions de Français qui sont sans doute ravis de voir qu'ils vont pouvoir partir à leur retraite plus tôt.
J'entends ce que vous dites, Madame. Mais c'est justement parce que nous sommes aux côtés de ces 3 millions de Français qui ont cru, sans doute les mensonges du Parti Socialiste, que nous ne leur disons la vérité. Aujourd'hui, il n'y a rien qui permette de garantir la suspension des retraites. Ce qui est certain ce matin, c'est que M. Lecornu n'a pas été censuré par les socialistes. Ça, c'est du concret et ça aura des conséquences sur l'avis des gens. Par contre, jusqu'à hier, ils n'avaient même pas prévu la manière juridique de comment ils allaient suspendre la retraite. Et encore aujourd'hui, nous ne savons pas comment ils vont le faire.
L'amendement, Madame, et vous le savez, qui est censé garantir cette suspension de la réforme, il n'existe pas. Il n'est même pas écrit. Donc, il n'est pas écrit, Madame.
C'est normal, puisque ce sera un amendement gouvernemental. Non, ce n'est pas normal, Madame. C'est un amendement qui est issu de la discussion, puisque ça ne faisait pas partie du projet initial. Ça arrive tous les jours et surtout dans les budgets.
Ça, vous avez raison. Mais ce qui n'est pas normal, c'est de faire un accord entre deux forces politiques, le gouvernement et le Parti Socialiste. de dire devant tous les Français, lors du discours de politique générale, nous allons permettre la suspension, et qu'en fait, nous découvrons le lendemain qu'il n'y a rien de prévu. Excusez-moi, M. Lecornuille, il a eu 30 jours pour écrire son amendement ou pour négocier son amendement.
Il ne va pas le déposer en même temps que son projet. Enfin, constitutionnellement, vous dites quelque chose qui n'a pas de sens. C'est-à-dire que ça va arriver pendant la discussion. Non, si, ça a tout à fait du sens.
Madame, n'utilisez pas un argument d'autorité. Ça a tout à fait du sens. Il a été déposé quand, le budget ? Le budget de la Sécurité Sociale ? Mardi. Et on l'a interrogé jeudi. Madame, ont les moyens d'écrire un amendement. Et je pense que, par ailleurs, et vous le savez, ce budget a été déposé il y a 10 jours devant le Haut Conseil des Finances Publiques.
Je ne comprends pas ce que vous voulez expliquer.
C'est-à-dire que c'est une promesse de papier, Madame. C'est une promesse qui n'engage que ceux qui veulent la croire, comme disait Charles Passoir.
Vous êtes en train d'expliquer à ceux qui nous regardent ce soir qu'il n'y aura pas de suspension de la réforme des retraites ?
Je pense qu'il n'y aura pas de suspension. J'espère qu'il y en aura une. Moi, je ne fais pas la politique du pire. J'espère qu'il y aura suspension. Les députés du Rassemblement National se mobiliseront pour faire appliquer cette promesse. Mais elle a été faite sans que ce soit garantie. Alors que la décision qui a été prise de ne pas censurer M. Lecornu, elle, elle est bien concrète. Et si nous avions une dissolution, nous seulement on aurait suspendu la réforme des retraites si les Français nous avaient donné une majorité à Jordan Bardella et Marine Le Pen. Mais on aurait changé cette réforme des retraites. Nous l'aurions abrogée.
Jean-Philippe Tanguy, vous êtes préoccupé par l'état des finances publiques. Bien sûr. Je me tourne vers Axel Detarlet. Qu'est-ce qui coûte le plus cher à l'économie ? L'instabilité politique ? La dissolution ? Ou le compromis sur les retraites ?
Alors, c'est sûr qu'il y a des chiffres qui circulent. Une censure et un non-budget du gouvernement auraient coûté 11 milliards d'euros. Il y a l'OFCE aussi qui donne ce fameux chiffre. Une dissolution, c'est 15 milliards d'euros. Mais il y a un autre indicateur, alors qu'on a tous pu voir hier, c'est que quand ce sont les taux d'intérêt. Vous savez, les taux d'intérêt, c'est un peu prendre la température du patient France. Plus il monte et plus on a de la fièvre. Hier, on pouvait suivre les taux d'intérêt. Et au moment où Sébastien Lecornu annonce qu'il va suspendre la réforme des retraites, que se passe-t-il ? On va voir la courbe. Les taux chutent.
Parce qu'on comprend que le Premier ministre va rester. On comprend que c'est la stabilité. Et d'ailleurs, les taux français sont repassés en dessous des taux italiens. Nous ne sommes plus les derniers de la classe. M. Tanguy, on peut quand même comprendre qu'on ait envie d'apaisement dans cette situation très troublée. D'ailleurs, les Français, dans le journal de 20h, on l'entendait, les Français, majoritairement à 56%, ne souhaitaient pas la censure, veulent donner leur chance à l'apaisement politique.
On peut l'entendre, ça ? Il y a un autre sondage qui dit l'inverse. Mais moi, on ne prend pas nos décisions au Rassemblement National sur des sondages. Le chiffre de 11 milliards... Non, mais... Non, non, excusez-moi. Moi, j'entends depuis un an maintenant ces chiffres qui ne reposent sur rien. Ces 11 milliards, on va les analyser ensemble. S'il y a 9 milliards, en fait, c'est parce qu'il n'y aura pas d'impôts en plus. Donc on dit, la censure aurait coûté parce qu'on va bloquer 9 milliards d'impôts et de privations de droits sur les Françaises et les Français. Donc je pense que ceux qui nous écoutent, ils préféraient avoir ces 9 milliards dans leur poche...
Ce sont des mesures d'économie du budget ? Non, non, ce n'est pas des mesures d'économie. C'est que des impôts, ça. Et des privations de droits. Il n'y a aucune mesure d'économie, monsieur, dans les 9 milliards qui ont été donnés par le gouvernement. Aucune. Et après, on prétend qu'il y a 2 milliards qui seraient de la perte de croissance. Et vous avez un expert dans les échos, qui n'est quand même pas, comment dire, une officine mariniste, qui dit qu'en fait, c'est n'importe quoi et que personne n'est capable de calculer ces 2 milliards.
Et d'ailleurs, ça fait un an, et tout le monde peut le constater, c'est en Commission des Finances, que je demande à la ministre des Comptes Publics, madame Monchalin, de m'envoyer la note qui justifie, soi-disant, ces 14 milliards qu'on raconte aux Français depuis un an. Eh bien, ça fait un an qu'elle doit me l'envoyer le lendemain. Donc, ça fait un peu long pour mentir aux Français. 14 milliards de hausse d'impôts ? 14 milliards de hausse d'impôts ? L'année dernière, on avait dit que la censure avait elle-même coûté 14 milliards. C'est l'OFCE, c'est un institut indépendant qui a dit ça. Ce n'est pas spécialement indépendant, mais je ne vais même pas faire un procès à l'OFCE.
On a le droit d'être en désaccord avec une analyse. Je vous ai expliqué que l'essentiel de ce qu'il disait, c'était effectivement…
En tout cas, les marchés ont été rassurés par ce cas-là.
Ah, les marchés ont été rassurés. Écoute, ils ont été tellement rassurés que, vous l'avez dit vous-même, nous empruntons tendanciellement beaucoup trop haut depuis la dissolution choisie par M. Macron et jamais les taux n'ont rebaissé par rapport à leur niveau d'avant la dissolution. Vous le savez très bien, la France emprunte historiquement à un niveau très élevé. Et ce que vous appelez l'apaisement, monsieur, c'est la création en seulement 6 mois de 100 à 200 milliards de dettes. Et à 3%, ça fait donc entre 3 et 6 milliards d'intérêts supplémentaires.
Donc moi, cet apaisement qui consiste en fait à endormir tout le monde pendant qu'on s'endette, pendant que des usines ferment, pendant que des agriculteurs mettent la clé sur la porte, des artisans ferment, moi je ne l'accepte pas. Et je pense que les Françaises et les Français ont le droit déjà d'avoir la vérité sur ce qui se passe dans notre économie et de pouvoir choisir une voie de redressement. Parlons du budget.
Justement, vous alliez aller sur la question du budget. Vous avez dit que ce budget est une boucherie fiscale. Ce sont vos mots. Est-ce que ça veut dire qu'à partir d'aujourd'hui, vous allez entrer dans une forme de guérilla parlementaire pour bloquer les discussions, pour empêcher que ce budget n'aboutisse ?
Hors de question de bloquer les discussions. Nous allons voter des amendements qui permettent de baisser les impôts. Hors de question de faire ce cadeau à monsieur Lecornu et à monsieur Macron, qui seraient ravis que le Parlement s'étripe, au lieu de rétablir un budget juste. Il n'y a pas besoin d'augmenter les impôts dans notre pays. Il faut baisser les dépenses. On a beaucoup parlé des impôts depuis tout à l'heure. J'ai essayé d'en parler. Mais c'est surtout qu'il y a aussi une absence totale de baisse des dépenses. Ça fait 8 ans que les Macronistes dirigent. Et ça fait 8 ans qu'ils sont incapables de baisser d'un seul centime la dépense publique. C'est un sujet passionnant.
Parce qu'à chaque fois qu'on dit baisser les dépenses, pardon je parle sur le contrôle d'Axel, mais je vais vous donner la parole dans un instant, l'essentiel des dépenses de l'État français, ce sont des dépenses sociales. Quand on dit baisser les dépenses, dès qu'on commence à lever le capot, on parle de l'école, on parle de la santé, on parle des sujets régaliens. Où est-ce que vous baissez les dépenses sans demander d'effort ?
Nos adversaires parlent toujours de ce que vous parlez. Mais nous, on parle d'autres tabous. Nous parlons du coût de l'immigration, nous parlons du coût de l'Union européenne. La contribution à l'Union européenne va frôler les 30 milliards d'euros, madame. Cette année, une hausse de près de 6 milliards d'euros. Et je parle des coûts directs, je ne parle même pas de ce qu'on nous prend, par exemple sur nos tarifs douaniers. Enfin, on reçoit beaucoup aussi de l'Union européenne. Non, on ne reçoit pas, là c'est net. On reçoit, oui, mais enfin, c'est quelques milliards, non ? Parce qu'il faut être précis. Non, c'est 50-50. Donc en fait, là nous allons payer 30 et on recevra moins de 15.
Donc si je vous donne 1 000 et que vous me rendez 500, je fais une mauvaise affaire. Mais je préfère qu'on inverse la situation, je préfère que vous me donniez 1 000 et que je vous rende 500. Et ça, c'est ça qu'on veut faire avec l'Union européenne. On veut bien donner 500, mais on ne veut pas donner 1 000.
Alors là, vous économisez 15 milliards. Comment on descend massivement à la dépense publique ? On a un déficit de 170 milliards. Comment on y arrive ? Rien pour arriver à zéro déficit.
Le coût de l'immigration est considérable. Le coût de l'immigration ? On peut faire sur une seule. En réservant les aides sociales aux Français, en limitant les aides sociales aux étrangers qui ont travaillé 5 ans dans notre pays, on peut arriver à 18 milliards d'économies très rapidement. Nous proposons un plan de lutte contre la bureaucratie, le millefeuille territorial. Comme tout le monde. Les agences de l'État. Oui, nous, on le fera parce qu'ils l'ont beaucoup promis. Ils ne l'ont pas fait. Et nous, on annonce déjà ce qu'on supprimera. On supprimera les intercommunalités, les régions. Ça fait au moins 4 milliards d'économies.
La suppression de la quasi-totalité, pour ne pas dire la totalité, des agences et de leurs missions associées, ça fait encore plus de 6 milliards d'euros. Vous savez, vous me demandez des économies et vous ne voulez pas se finir ce maliste.
Pas du tout, c'est fini, allez-y, vous en avez d'autres.
Il y en a d'autres, mais on arrive très facilement à au moins 60 milliards d'euros.
Très facilement, vous pensez sincèrement que les gens qui vous regardent ce soir, qui ont de la mémoire et qui ont participé à des débats politiques depuis si longtemps, voient bien que c'est très compliqué de faire des économies parce qu'on demande des efforts aux entreprises, qu'on demande des efforts aux retraités, qu'on doit faire des économies, comme dans ce budget-là, par exemple, sur les dépenses de santé. 7 milliards, ça ne peut pas être un dollar.
Non, mais moi, je crois, madame, que c'est surtout facile d'augmenter les impôts, les taxes et de priver les gens de droit. Ça, c'est facile. Par contre, non, non, mais faire des efforts sur les dépenses de l'État, sur les dépenses des collectivités territoriales, comme les régions qui dépensent n'importe comment, je suis conseiller régional.
Oui, des baisses de dépenses que vous annoncez, qui ne sont pas, mais là encore, vous allez me dire que j'utilise un argument d'autorité, mais qui ne sont pas conformes à la jurisprudence du Conseil constitutionnel. Je pense notamment au fait de supprimer certaines agences comme l'ARCOM ou beaucoup d'autres, vous avez même parlé du défenseur des droits ou du Conseil économique et social qui sont dans la Constitution. Donc, il y a des éléments sur lesquels on sera sûrement amené à restreindre votre giron de dépense aussi. Donc, c'est le réalisme qui, parfois, amène à ce qu'on ne puisse pas tout faire.
Le Conseil économique et social environnemental n'est pas une agence, c'est une institution constitutionnelle.
Dans le discours de Jordan Bardella ces derniers temps, il y avait beaucoup d'autres organismes qui étaient concernés.
Nous n'espérons pas, s'il y avait une dissolution, et pas si Jordan Bardella était Premier ministre, si Marine Le Pen était présidente de la République. Nous proposerions dans des réformes, finalement, la suppression du Conseil économique, social et environnemental dont les Français se demandent pourquoi ils le paient. Mais ces 40 millions d'euros, je crois, de mémoire, ce n'est pas ça qui va changer la vie des gens. Mais les agences, je suis désolé, ça fait 30 ans qu'il y a cette propension à démanteler l'État, à démembrer l'État, à recueuser les copains aussi, parce que quand on regarde qui est à la tête des agences, ce n'est pas fameux.
Et là, il y a des milliards d'euros d'économie à faire.
Jean-Philippe Tanguy, combien de temps ça tient ? Combien de temps tient le gouvernement Le Cornu 2 ?
J'espère le plus tôt possible pour empêcher ce budget d'aller à son terme et de faire du mal aux Françaises et aux Français à notre économie. Parce qu'on a parlé beaucoup des conséquences sur le pouvoir d'achat des ménages. Il y a aussi des conséquences sur les entreprises, évidemment. Mais c'est aussi que tout ça va mettre à terre ce qui nous reste un peu de croissance.
Vous êtes assuré qu'avec des élections législatives, vous avez la majorité absolue ? Parce qu'on a entendu beaucoup Éric Ciotti tendre la main aux Républicains, aux LR, avec le sentiment que vous ne pouvez pas gagner seul. C'est ça qu'il raconte lorsqu'il fait ça ? Vous avez besoin de l'union des droites pour avoir une majorité absolue ?
Visiblement, quand je vois le comportement de nos adversaires ce matin, eux, ils sont persuadés de perdre. Mais nous, on n'est pas persuadés de gagner. Parce que nous, on n'est pas arrogants et on pense qu'il faut convaincre les Françaises et les Français. Ce qu'on propose, c'est un programme de rupture, de changement. Ça impose d'avoir la confiance d'une majorité de Françaises et de Français. Et Jordan Bardella ne part absolument pas gagnant à cette élection. Nous partons déterminés à proposer un programme sérieux. Et c'est aux Français de choisir leur destin. C'est tout le sens de ce qu'on propose avec Marine Le Pen, avec cette censure et cette dissolution.
C'est rendre aux Français le droit de décider. Parce que l'année dernière, vous le savez bien, tout ce petit monde s'est allié en disant faisons barrage au Rassemblement National comme seul projet. On va s'entendre. On a entendu les Français. Ils n'ont rien fait pour les Français depuis un an. Et nous, on aurait pu faire quelque chose si on nous avait laissé gouverner.
Juste, on parlait tout à l'heure d'une présidentielle anticipée avec Édouard Philippe. S'il y avait une présidentielle anticipée aujourd'hui, Marine Le Pen, elle ne pourrait pas se présenter à la présidentielle. Est-ce que Jordan Bardella est prêt ?
Moi, je pense qu'elle pourrait se présenter.
Ah bon ? Oui. Parce que ?
Parce que je pense que le Conseil constitutionnel n'interdirait pas aux Françaises et aux Français de l'avoir comme candidate innocente de se coulure proche.
Vous savez plus ou moins qu'en tout cas, ce que vous dites a déjà été décidé par deux décisions du Conseil constitutionnel sur la question de l'inéligibilité et l'exécution du pouvoir. Non, pas sur la présidentielle. Merci beaucoup, en tout cas, Jean-Philippe Tanguy.
Jean-Philippe Tanguy