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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 16 octobre 2025 22 min

Motions de censure : l’incertitude jusqu’au bout

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:05
Invité

On va voir ce qu'est à la une de nos quotidiens régionaux. Et Stéphane, à la une de nos journaux régionaux, la possible suspension de la réforme des retraites et ses conséquences pour les futurs retraités, à la une de trois quotidiens. Oui, Auriane, West France s'intéresse à ses candidats à la retraite dans le brouillard. Dans les Hauts-de-France, la Voix du Nord met à la une cette remarque. Un trimestre, ça se prend, avec d'autres réactions mesurées des habitants rencontrés par la Voix du Nord. La Charente Libre titre sur ses futurs retraités qui revoient leurs plans. Et c'est le cas de Sylvain Marcadier.

Rencontré par le quotidien Charenté, né en 1965, il a ressorti son énorme dossier de départ de retraite. Avec la suspension de la réforme, il pourrait partir le 1er octobre au lieu du 1er avril 2027, avec six mois d'avance. Mais il reste très prudent. Je vais attendre la publication du décret, dit-il. Car rien n'est joué, la suspension doit encore être votée au Parlement. Et oui, parce qu'avant de pouvoir suspendre la réforme de la retraite, il faut déjà que Sébastien Lecornu évite la censure. Oui, parce que c'est à la une de la dépêche du midi. Parce que cette motion de censure, ces motions de censure débattues ce matin, le résultat sera serré.

La non-censure du gouvernement ne tient qu'à peu de voix. 25 voix exactement, nous dit la dépêche. Alors, tous les groupes politiques doivent tenir leurs troupes, surtout les socialistes qui ont annoncé qu'ils ne voteraient pas cette censure pour renverser le gouvernement. Il y aura quand même quelques frondeurs. Le vote d'aujourd'hui aura une valeur de test, car il n'a rien d'un tir à blanc, écrit la dépêche. Et Stéphane, on va voir d'autres déclarations de Sébastien Lecornu qui font la une dans nos régions. Pour ça, on va à Ajaccio. On retrouve Henri Marianne. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous, directeur délégué de Corse Matin.

Henri, le sujet de la Corse a été mentionné par Sébastien Lecornu dans ses déclarations de politique générale devant l'Assemblée nationale et devant le Sénat.

1:59
Sébastien Lecornu

Oui, Sébastien Lecornu a effectivement mentionné le possible futur projet de loi sur l'autonomie de la Corse qui découle, vous le savez, de ces deux années de discussion entre le ministre de l'Intérieur à l'époque, Gérald Darmanin, et le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Siméoni, et sa majorité, qui était censé déboucher sur un projet de loi à l'initiative du gouvernement. Mais tout cela a été évidemment percuté par le calendrier politique. Il y a d'abord eu la dissolution de 2024 et puis la valse des gouvernements successifs. Mais la Corse n'a pas été oubliée du discours de politique générale de Sébastien Lecornu.

C'est un peu logique, je dirais, parce qu'il y a la parole présidentielle. Emmanuel Macron était venu en septembre 2023 devant l'Assemblée de Corse et il avait réitéré son souhait, sa volonté de voir l'autonomie de la Corse inscrite dans la Constitution. Donc cette parole, elle est un peu sanctuarisée et il était logique que le chef du gouvernement y fasse référence.

3:01
Invité

Est-ce qu'on en sait un peu plus sur le calendrier, Henri ?

3:03
Sébastien Lecornu

Ah, c'est une très bonne question. Il y avait un calendrier initial qui avait été fixé le 30 juillet dernier lors du dernier Conseil des ministres de François Bayrou. Souvenez-vous, le Conseil des ministres avait, je dirais, validé le principe du texte sur l'autonomie de la Corse avec un premier examen devant le Sénat, puisque comme il s'agit d'une réforme qui implique une collectivité locale, la première lecture se fait devant le Sénat, initialement prévue le 20 octobre. Bon, on est le 16, autant vous dire que ce ne sera pas dans quatre jours. Et une seconde lecture devant l'Assemblée nationale, fin novembre.

Tout cela est évidemment, pour l'instant, incertain en termes de calendrier parce qu'il y a le débat budgétaire, parce qu'il y a les incertitudes sur la durée de vie du gouvernement. Et pour l'instant, il n'y a pas de nouvelle date fixée pour l'examen de ce texte par le Parlement.

3:53
Invité

– Merci Henri, on suivra bien évidemment tout ça avec vous. Merci d'avoir été avec nous de Piagasseux, la Une de Corse Matin. C'est du foot, c'est la CA Jaxio qui retrouve les terrains dimanche en Régional 2. Une autre histoire, c'est à la Une de Corse Matin. Merci beaucoup Henri. – Oui, on continue avec la Une de la presse régionale, Stéphane Lecour et Epica, qui alerte ce matin sur une possible délocalisation de la production des tracteurs massés Ferguson en 2030. – Oui, l'entreprise pourrait délocaliser à terme une partie de la production du site de Beauvais qui fournit le monde entier en tracteurs.

C'est ce que dit une note interne et confidentielle sur la stratégie du groupe que s'est procurée le quotidien. Il permettrait de réaliser 70 à 100 millions de dollars d'économie d'ici 5 ans pour augmenter les marges des produits. Un salarié cité par le courrier Picard estime que cela concernerait la destruction de 600 emplois. De son côté, l'entreprise temporise dans le courrier Picard. Ce sont des projets à l'étude, dit-elle, en rappelant que le site de Beauvais est l'un des plus productifs du groupe. – Allez, pour terminer Stéphane, vous nous sortez la mimolette du frigo. – Oui, je sais, il est peut-être un petit peu tôt, 8h31 pour manger du fromage, mais Nord est clair.

Mais ce matin, un coup de projecteur sur la mimolette, celle de César Lossfeld qui affine son fromage dans la cave d'une ancienne filature à Roubaix. Elle fait 2300 m² et offre des conditions parfaites de température et d'humidité pour l'affinage. Chaque année, César Lossfeld affine 65 000 fromages dans cette cave, ça fait à peu près 450 tonnes. Est-ce que vous mangez de la mimolette, vous, Auriane ? – Mais oui, tout à fait. – C'est vrai ? Écoutez, Nord est clair à poser la question et donne la réponse. 80% de la mimolette produite en France est consommée dans les Hauts-Francs. – Voilà, vous voyez, en plus, c'est 20% qui reste. – C'est parfait.

– Merci beaucoup, merci Stéphane, pour cette revue de presse. Et on va passer évidemment à l'actualité du jour. Sébastien Lecornu vit-il ses dernières heures à Matignon. Dans une demi-heure, les motions de censure du Rassemblement National et de la France Insoumise seront examinées à l'Assemblée Nationale où l'on vous retrouve. Elsa Mondingava, bonjour Elsa, merci d'être avec nous. Vous allez nous faire vivre en direct les débats autour de ces motions de censure. Est-ce que ça va passer pour Sébastien Lecornu ? – Alors écoutez, il y a beaucoup de monde, Oriane, dans cette salle des 4 colonnes.

Et ce que je peux vous dire, c'est que les journalistes, les députés, les gouvernements, comptent, recomptent, re-recomptent. Chaque voix est vraiment scrutée. Je vous rappelle la barre fatidique pour que la motion soit adoptée, c'est 289 voix. Alors pour ceux qui ont appelé à la censure, il y a le Rassemblement National, les troupes d'Éric Ciotti, ainsi qu'à gauche, les Insoumis, les écologistes et les communistes. Ça fait 265 députés, 263 pour être précis, puisque un communiste et une écologiste, on dit qu'ils ne voteront pas la motion de censure. Ça me fait donc qu'il manque 26 voix pour qu'elle passe.

Oui, mais on sait que certains non-inscrits vont voter cette motion de censure, ainsi que quelques députés du groupe Liot. Une poignée de députés de la droite républicaine devrait également vouloir faire tomber le gouvernement. Ça fait donc déjà une dizaine de députés de plus en faveur de la censure. Et puis on va regarder évidemment ce qui se passe du côté du Parti Socialiste. Avec l'annonce de la suspension de la réforme des retraites, la consigne du groupe, c'est de ne pas voter la censure. Oui, mais six députés, au moins, ont dit qu'ils allaient braver cette consigne de vote, ne pas respecter la discipline de leur parti.

Normalement, si donc on fait bien les calculs, 289, ça semble trop, ça ne se semble pas accessible pour ceux qui veulent voter la censure. Mais Oriane, vu le contexte politique qu'on connaît en ce moment, chacun va attendre absolument les résultats avant, pour Sébastien Lecornu, de souffler. On aura les résultats autour de midi, peut-être un tout petit peu après midi. On suivra ça évidemment en direct sur LCP. Évidemment, et on vous retrouve Elsa dans une petite vingtaine de minutes. Maintenant, pour suivre ça en direct sur notre antenne. À tout à l'heure. Et on va en parler avec vous. Bonjour Elisabeth Martichou. Bonjour Mikaël Darmon. Bonjour.

Merci d'être avec nous pour parler de l'actualité évidemment politique de la journée Sébastien Lecornu. Va-t-il éviter la censure ? Elsa nous le disait. Ça compte, ça recompte, ça va se jouer à quelques voix. Ça peut passer pour Sébastien Lecornu ?

7:55
Présentateur

Je ne sais pas s'il a très bien dormi, le Premier ministre. Peut-être pas, parce que c'est un homme prudent. Mais normalement, ça passe. Mais quand même, on va être très attentifs. C'est donc une journée parlementaire très importante qu'on suivra sur le canal. 8, naturellement. Mais oui, ça devrait passer, puisque la motion de censure ne sera pas votée par l'écrasante majorité des socialistes. Même si on voit bien qu'il y a des inquiétudes qui naissent ça et là sur la façon dont la suspension peut réellement impacter la réforme des retraites. Oui, je pense qu'on fait le pari. On fait le pari. En tout cas, moi, je le fais que ça passe. Même pari ?

À quelques voix près, mais au fond, ça raconte beaucoup plus ses difficultés à venir. Parce que ça n'est pas... Parce qu'il éviterait aujourd'hui le Premier ministre la censure. D'abord, si c'est effectivement à quelques voix, ça veut dire vraiment à quel point ça va être fragile. Et puis, il faudra quand même... Et peut-être, c'est aussi ce qui déterminera les députés quand ils vont voter. Donc on va voir dans quelle mesure ils vont créer de la surprise ou confirmer ce qu'on ressent. Mais c'est surtout savoir que le chaos est encore devant nous. Rien ne sera réglé aujourd'hui parce que Sébastien Lecornu aura évité la censure. Ça ne fera que commencer.

Parce que l'absence de 49-3, qui certes a montré peut-être une forme de générosité, mais totalement inutile, fera que le débat budgétaire va être un champ de bataille extrêmement, extrêmement dur, ardu et dont on ne connaît pas l'issue.

9:38
Invité

Et justement, on va écouter les socialistes. Les socialistes, aujourd'hui, ils ont décidé de ne pas voter la censure. C'est la consigne, en tout cas, donnée par Olivier Faure. Mais ce n'est pas pour autant un blanc-seing. On écoute ce que disait ce matin Jérôme Gatch, le député socialiste de l'Essonne. Il était sur scène. Il n'y a pas de garantie dans l'exécution, dans le débat budgétaire. Et en effet, on va le suivre très attentivement. Alors Sébastien Lecornu, et il le sait parfaitement, s'expose à ne pas pouvoir continuer sa mission. La non-censure d'aujourd'hui ne présume pas d'une non-censure dans les jours ou les semaines qui viennent. Les choses sont extrêmement claires.

Il y a l'épée de Démoclès de la censure au-dessus de la tête de Sébastien Lecornu, Elisabeth.

10:17
Présentateur

C'est vrai que c'est un peu une stabilité en trompe-l'œil. Sébastien Lecornu, mais dans le fond, le pays vit au jour le jour. On l'a un peu oublié quelques instants quand les socialistes ont annoncé qu'ils ne censureraient pas. Il y a une espèce de... Les marchés ont... D'ailleurs, c'était étonnamment bien réagi. Il y a eu comme une forme de soulagement en se disant « Ben voilà, la France gagne quand même quelques semaines de tranquillité ». Oui, effectivement, le débat, ça va être monstrueux. Le débat budgétaire... Maintenant, il a d'ailleurs un surnom quasi-institutionisé, un budget Frankenstein.

Parce que 149,3, avec des contradictions extraordinaires, certaines mesures vont être votées, qui seront totalement à l'opposé d'autres. Et à la fin, ce qui arrivera au Sénat sera très compliqué quand même en termes d'équilibre, de cohérence, d'orientation politique. On rappelle que le budget, c'est le texte fondateur d'une orientation politique. On ne sait pas du tout ce que ça donnera à la fin. Bref, donc, une stabilité en trompe-l'œil, parce qu'on l'entend bien, on l'a entendu dans la bouche de Jérôme Getsch. Certes, ils ne censurent pas aujourd'hui, mais ils n'auront de cesse que de menacer, de censurer le jour d'après.

Et donc, Sébastien Lecornu, il a gagné un peu de temps, mais c'était une étape indispensable à franchir, évidemment. Sinon, nous serions à nouveau sans gouvernement.

11:41
Invité

Et c'est ce que disent notamment les LR, que le gouvernement, du coup, est sous la menace d'un chantage permanent du Parti Socialiste.

11:48
Présentateur

Oui, tout comme il aurait pu être sous la menace permanente des LR s'ils avaient eu le rapport de force. Tout étant déréglé, par définition, le mode de fonctionnement est à l'avenant. Il faut, voilà, Isabelle disait, effectivement, on a pu ressentir un soulagement, un soulagement par rapport à une situation considérablement dégradée. par rapport à un pays dont on ne parle plus jamais de politique publique, qui est arrêté, qui, économiquement, est en difficulté, qui est observé et raillé par tous les partenaires, parce qu'il ne faut quand même pas se leurrer. Tout le monde rigole, que ce soit en Europe, que ce soit dans le monde.

Enfin, il n'y a pas un diplomate qui vous explique, qui ne vous dit pas à quel point la France est déclassée. Donc tout cela, il faut l'avoir en tête quand on est, effectivement, maintenant, on va rentrer dans le but par but, un long feuilleton budgétaire où on va à chaque fois regarder, effectivement, quels sont les effets de chaque mesure. Mais au final, on vit un dérèglement qui sera celui qui va nous accompagner jusqu'à la fin du quinquennat.

12:56
Invité

Alors, d'autant qu'à gauche, si le Parti Socialiste ne vote pas la censure, ce n'est pas le cas des ondes composantes de la gauche, notamment les écologistes. On écoute Marine Tondely, elle était sur notre plateau il y a quelques minutes. Le groupe votera la censure parce que vous devez comprendre que des écologistes regardent beaucoup de choses. Nous regardons tout ce qu'il dit, mais nous attendons forcément des choses sur l'écologie. Je pense que c'est logique pour tous vos téléspectateurs. Mais il n'en a parlé hier. Il n'en a même pas parlé. Alors, il en a parlé hier au Sénat dans un exercice de rattrapage contrôlé parce qu'il n'avait même pas abordé le sujet à l'Assemblée nationale.

Est-ce que cette censure, non-censure,

13:32
Présentateur

elle fracture durablement à gauche, Elisabeth ? C'est un désenseignement majeur. Il y en a plusieurs, mais il y a celui-là, effectivement, c'est la rupture du Parti socialiste avec le Nouveau Front Populaire. Voilà. Ça, je veux dire, c'est fait du côté des socialistes. Et ça, évidemment, engendre beaucoup de conséquences pour la suite, même si, si vous écoutez Olivier Faure, vous explique que non, on pourra se réconcilier, qu'au municipal, la règle, c'est pas de... Surtout au cas de législative, où, effectivement, on ne refait pas le Nouveau Front Populaire, mais il y aura des exceptions. L'exception va-t-elle devenir la règle ? C'est une question qu'on se posera à ce moment-là.

Mais donc, tout le monde marche sur des œufs. Le Parti socialiste, symboliquement, a acté la rupture, ce qui n'a pas fait tout à fait les affaires de LFI. Alors maintenant, évidemment, ils vont faire leur miel de la fameuse question dont vous avez parlé avec Marine Tandelier, qui est quel véhicule pour faire passer cette suspension de la réforme des retraites ? Est-ce que vous n'allez pas être obligés d'avaler, vous, les socialistes des couleurs considérables dans le budget de la sécurité sociale pour pouvoir brandir ce scalp de la suspension de la réforme ? Donc, ils ont trouvé là un os arrongé et ne vont pas le lâcher.

Mais, quand même, il y a symboliquement une rupture qui s'est opérée à la grande satisfaction d'un François Hollande, évidemment, qui a obtenu ce qu'il voulait depuis des mois, c'est-à-dire une rupture, on verra, jusqu'à quand, avec LFI, avec le PS, entre LFI et le PS. Ah oui, c'est un discours de perdant. Ça, c'est la clarification pour le PS ? Oui, même les écologistes et LFI ont un discours de perdant. Ils gèrent la crise.

Mais parce qu'effectivement, si la réforme des retraites a pu être suspendue, indépendamment de ce que l'on pense de cette décision sur le fond, si effectivement, ils ont obtenu ce scalp, entre guillemets, c'est grâce à la puissance du mouvement social et du mouvement syndical qui s'est exprimé avec, au fond, avec un effet retard inattendu, mais qui a été extrêmement puissant et qui a permis de pouvoir maintenir cette revendication, bien au-delà des manifestations qui se sont arrêtées, et puis parce que le Parti Socialiste a effectué un retour en tant que parti de gouvernement.

Et de ce point de vue-là, c'est aux grandes dames de la France Insoumise, aux grandes dames des écologistes qui sont dans des logiques effectivement d'alliances, de messages subliminaux parce qu'il y a des municipales, mais la réalité, c'est qu'ils ne produisent pas de politique publique. La réalité, c'est qu'ils ne sont pas capables d'influer sur le cours des choses, que ça leur plaise ou non, c'est une réalité. Et l'EPS, effectivement, et c'est pourquoi effectivement François Hollande a eu à cœur de montrer à quel point ça le réjouissait dans la foulée de ce qu'on a pu lire dans les sondages autour, par exemple, de Raphaël Glucksmann. Le retour de la social-démocratie, c'est un fait.

Et ça, effectivement, ça a tout lieu de ne pas plaire évidemment à la France Insoumise, mais c'est quand même dans ce contexte, je trouve, une chose intéressante et peut-être un peu plus constructive.

16:46
Invité

Alors, ça a fracturé à gauche, ça a fracturé aussi à droite, mais là, au sein même des Républicains. On écoute ce matin Jean-François Copé, le maire à l'air de Maud, il était sur France Inter. que ce soit maintenant ou à la fin du processus budgétaire, il est impossible que ce gouvernement ne soit pas censuré. À un moment ou à un autre, c'est inévitable. Mais enfin, écoutez, on ne peut pas nous cautionner, on ne peut pas cautionner jusqu'à la fin des temps un budget qui est à ce point le renoncement de toutes nos conditions. Donc là, on a Jean-François Copé qui dit qu'on ne peut pas cautionner ce budget. À un moment ou à un autre, il va falloir censurer.

On a Laurent Wauquiez qui, ce matin, demande à ses troupes de ne pas censurer le gouvernement.

17:23
Présentateur

Oui. Alors là, le LR est coupé en deux. J'étais en train de réfléchir en même temps qu'on écoutait Jean-François Copé. C'est quand même très stimulant intellectuellement parce qu'il faut suivre. Ah oui. Laurent Wauquiez qui a pilonné Bruno Retailleau pendant des mois sur sa participation au gouvernement et qui aujourd'hui est dans le sillage de ses députés LR en disant il ne faut pas voter la censure alors que Bruno Retailleau, lui, a quitté le gouvernement. Enfin, on parlait de votre ville. C'est extraordinaire. En disant le gouvernement est l'otage des socialistes

17:50
Invité

en disant qu'il fallait voter la censure sans le dire.

17:54
Présentateur

Voilà. Qui n'a pas lâché au milieu du récit ? Je ne sais pas. Oui, la LR, c'est très compliqué. Honnêtement, c'est même assez... Ils pourront s'en remettre ? C'est tragique. C'est pour ça votre question. On ne sait pas s'ils vont s'en remettre parce que les Français perçoivent bien quand même les contradictions. J'ai noté que eux aussi d'ailleurs l'électorat de droite est partagé parce qu'à la fois ils ne voulaient pas participer au gouvernement mais la question posée par le sondeur Elab, l'Institut de sondage Elab à l'électorat de droite, est-ce qu'il fallait censurer ?

Il y a une écrasante majorité qui dit non, il ne fallait pas censurer parce que fondamentalement à droite aussi on veut de la stabilité, on espère que la France pourra un peu respirer pendant quelques semaines.

Donc, le parti LR est fracturé comme jamais avec le spectacle de leaders de LR qui manquent de cohérence et qui sont gagnés par la fébrilité, la fébrilité c'est celle de Bruno Retailleau, beaucoup estiment qu'il a perdu énormément de points, tout son capital accumulé se serait évanoui, il n'est jamais mort en politique, donc on verra dans six mois, mais là, à court terme, il a beaucoup perdu, donc un leadership qui est très affaibli, une cohérence qui n'existe pas, une fracturation évidente, évidente, et donc, oui, est-ce que LR qui était déjà très maigre, 4,5% aux dernières présidentielles pour un parti qui a donné plusieurs présidents de la République, c'est compliqué.

19:28
Invité

Pour on s'en remettre les LR de ce qui est en train de se passer ?

19:31
Présentateur

On avait déjà un mystère, pourquoi le président a-t-il dissous en juin 2024 ? On en a maintenant un second, pourquoi Bruno Retailleau a-t-il rompu en 2025 avec cette décision comme ça, pulsionnelle, de dire, en découvrant la liste du gouvernement, je ne supporte pas l'idée que Bruno Le Maire soit là, une sorte de blessure d'orgueil lui aussi. Bon, au fond, c'était en plus un portefeuille régalien, le ministre des Armées parle assez peu au Premier ministre, en réalité, donc quelque part, il aurait pu s'en accommoder et il n'en serait pas là.

Donc, on se doutait qu'il cherchait une manière de quitter le gouvernement pour pouvoir assurer au fond une forme de stature, mais là, je n'ai pas les moyens de gouverner, il s'est enlevé les moyens de gouverner.

20:17
Invité

Bon, donc du coup, bilan à court terme, la gauche est fracturée, les LR sont fracturées, est-ce qu'il a réussi un pari, Sébastien Lecornu, ou est-ce que ça peut lui revenir en boomerang dans les semaines et dans les mois qui viennent s'il n'est pas censuré ce matin ?

20:28
Présentateur

Ça peut lui revenir en boomerang, bien sûr. Dans les enseignements, c'est évidemment aussi la fin du macronisme, en tout cas, le fait qu'Emmanuel Macron ait fait se bouger pour utiliser ce mot à la mode, c'est considérable. C'est considérable. Donc, c'est vrai qu'il y a un révélateur, cette crise, c'est un révélateur de toutes les faiblesses de la politique française aujourd'hui. Sébastien Lecornu, il a gagné du temps. Encore une fois, il fallait passer cette haie. Mais il y en a plein d'autres qui arrivent et il n'est pas au bout de ses peines. Oui, on l'a souvent souligné depuis qu'il est à ce poste, Sébastien Lecornu, c'est le proche, le fidèle paradoxal.

En réalité, c'est lui qui enterre le macronisme. C'était un discours, son discours de politique générale était un discours, d'abord, assez général sur la politique puisqu'il a quand même plutôt mis en place une méthode de fonctionnement nouvelle qui doit matérialiser cette fameuse rupture. Et puis, en annonçant la suspension de la réforme des retraites, il enterre le réformisme du quinquennat Macron, en tout cas, de la présidence.

21:35
Invité

Merci à tous les deux. Merci Elisabeth. Bonne journée. Merci Michael. Merci d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis.

21:47
Présentateur

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21:51
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada Merci. Merci.