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Conférence de presseDanièle Obono· 24 mars 2023 83 minActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleJusticeImmigration & asile

🏛️💬COLLOQUE | Antisémitisme, islamophobie, négrophobie, antitsiganisme | 2e table ronde

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 34 %Attaque 26 %Défensif 26 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Locuteur 2Fait
    « nous sommes les 100 noms son nom nous avons nous avons une multitude de dénominations et précisément c'est là où le problème se niche en fait c'est passer il se manifeste aussi dans cette multitude de noms et dans l'impossibilité de d'avoir un nom qui soit neutre qui soit juste neutre »
  • 5:00Locuteur 2Fait
    « il y a quatre ans quasiment jour pour jour en région parisienne il y a eu des attaques violentes contre des Roms mais pas que dans des bidonvilles et aussi au rond plein cœur de Paris suite à une rumeur qui avait circulé sur les réseaux et à l'époque la rumeur parlait des Roumains j'ai des Roumains circulant dans une camionnette blanche on lève des pour faire du trafic d'organes »
  • 8:00Locuteur 2Fait
    « le tzigane donc à ce sens-là et 2387 jusqu'au 1856 quand le l'esclavage est définitivement aboli le tsigan donc veut dire esclave tous les esclaves ne sont pas Rome parce qu'il y a des esclaves qui ne sont pas ronds mais tous les rhums sont esclaves »
  • 11:00Locuteur 3Fait
    « la grande majorité vous pouvoir la petit à petit la totalité des esclaves aux Amériques sont d'origine africaine et inversement la pratiquement tous les Africains ou d'origine africaine sont esclaves »
  • 14:00Locuteur 3Fait
    « la personne de l'esclave son corps notamment n'est pas protégé dans la société dans laquelle il travaille ou dans laquelle il vit ni par les interdits de violence ni par les interdits sexuels »
  • 17:00Locuteur 3Fait
    « c'est ce même principe enfin c'est que la race après les révolutions démocratiques permet le maintien du principe colonial le principe colonial c'est à dire que finalement les sociétés européennes produisent des ressources produisent de la richesse avec à destination de leur disons de leur communauté nationale »
  • 29:00Locuteur 4Fait
    « l'exposé des motifs de la loi séparatisme on a l'impression que la le pays est en guerre que le pays est attaqué et qu'il faut absolument trouver des moyens et des armes juridiques pour le défendre »
  • 32:00Locuteur 5Fait
    « en mars 2012 les attentats qui ont conduit à l'assassinat de 3 militaires et de quatre civils juifs dont trois enfants devant l'école confessionnelle aux arts à droite à Toulouse ont rappelé que l'antisémitisme tue »
  • 35:00Locuteur 5Fait
    « l'antisémitisme n'apparaissait pas alors en 2012 comme un problème social majeur en France et ça dénonciation reste discrète il a fallu attendre les massacres de janvier 2015 les assassinats de journalistes et juifs ciblés en tant que tel pour que la dimension antisémite des massacres fut reconnu »
  • 0:15Fait
    « l'historien David ketchers souligne l'existence de discours de déshumanisation et de diabolisation des Juifs dans l'antisémitisme catholique du XIXe siècle »
  • 11:30Fait
    « est-ce que la mémoire de la Shoah suffit aujourd'hui à lutter contre l'antisémitisme »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

bonjour à toutes et tous je vais commencer par des remerciements donc remerciements à Daniel obono et à son équipe pour l'organisation de ce colloque et pour m'avoir permis de d'animer cette deuxième table ronde dernièrement aussi à ma collaboratrice Cynthia qui a beaucoup d'ouvrir aussi pour cette table ronde et des remerciements aussi donc à nos intervenants donc c'est mirmilé qui est juriste des membres de l'association La voix des rhums qui œuvrent à visibiliser les discriminations subies par les personnes Rome et assurer la défense de leurs droits face à au discriminations qu'elles subissent Aurélien Michel qui est historienne aimait très de conférences au sein du Centre d'études en sciences sociales sur les mondes africains américains et asiatiques de l'Université de Paris donc ces travaux portent notamment sur l'héritage de la construction raciste durant l'esclavage dans le monde contemporain et sur les moyens de lutter contre la négrophobie la manière dont ça s'inscrit avec les autres formes de lutte donc on a aussi Marouane Mohamed qui est sociologue et chercheur au CNRS et dont les travaux de recherche portent principalement sur la sociologie du crime et l'islamophobie et qui est notamment l'auteur de l'ouvrage islamophobie comment les élites françaises fabriquent le problème musulman et enfin Zoé Grimberg historienne et chercheuse qui a travaillé sur l'histoire politique et sociale des Juifs au sein du PCF au sortir de la Seconde Guerre mondiale et qui nous parlera notamment des différentes formes de l'antisémitisme [Musique] c'est à me tenait vraiment à coeur de participer à cette table ronde parce que comme l'a dit Daniel je suis présidente du groupe d'études sur les gens du voyage et également vice-présidente du groupe d'études sur l'intimitisme en fait de façon générale la question de la convergence des luttes est vraiment au cœur de mon combat au sein du groupe d'études sur les gens du voyage j'ai vraiment à coeur de travailler sur la question de l'antidiganisme ce qui n'est pas chose aidé parce que dans ce groupe d'études on a majoritairement des gens de droite qui en fait sont là essentiellement pour faire de la répression ils sont absolument hermétiques à la question de l'antidiganisme et donc j'entends bien faire porter voilà cette cette voix aussi au sein de ce groupe d'études et pour ce qui est du groupe d'études sur l'antisémitisme il me tient vraiment à cœur à la fois de travailler sur la mémoire de la Shoah en lien avec la mémoire du génocide des Tziganes il me tient à cœur de lutter contre l'antisémitisme en France en travaillant à la fois sur la permanence des des préjugés et en même temps sur l'évolution de leur manifestation et également travailler sur la l'instrumentalisation de l'antisémitisme qui en fait nourrit justement en fait l'antisémitisme c'est ça qui est terrible je pense qu'il est important de faire converger les luttes parce que à l'occasion des 50 ans de la loi Pleven en juillet 2022 la Défenseur des droits avait évoqué un bilan vraiment insatisfaisant en termes d'efficacité et de fonction dissuasive de la sanction judiciaire en matière de discrimination et puis quand on voit pulluler les discours d'extrême droite les idées xénophobes notamment dans les médias je pense que c'est particulièrement à l'ordre du jour donc je vais commencer par donner la parole à donc il va nous parler de la banalisation de l'antidiganisme avec une perspective historique et politique merci [Applaudissements] merci d'abord pour cette invitation qui m'oblige qui m'oblige beaucoup et parce que bon ça a été dit par d'autres intervenants avant c'est un champ nouveau et c'est un champ nouveau y compris pour moi et qui suit Rome qui suis juriste qui suit un des fondateurs de l'association de la voix des Rome où j'exerce actuellement comme juriste au sein d'un dispositif justement de lutte contre la discrimination et pour l'égalité des personnes visées par l'antitiganisme vous êtes qu'au président du groupe d'études sur les gens du voyage en titreganisme gens du voyage la voix de Rome quel est le lien entre tout ça étant moi-même Rome et étant moi-même donc à la fois Rome et aussi j'ai poussé des études en plus des études de droit j'ai fait des études de langues civilisations Romanie j'ai enseigné la langue Romani à l'INALCO pendant 6 ans et bon je suis engagé depuis un certain nombre d'années y compris dans le cadre de collectif avec d'autres associations antiracistes contre l'islamophobie qu'on fait notre phobie etc et malgré ce parcours assez assez intense j'ai mis du temps moi-même pour comprendre comment sont liés toutes ces choses donc tzigane Rome gens du voyage manouche gitan mais positif mais négatifs qui sont stéréotypes combien combien on peut combien on peut pousser pour l'égalité en allant vers l'autre on exposant cette identité qui est la nôtre mais cette identité qui est la nôtre combien nous-même on en connaît de cette identité là et c'est la clé justement de tout ce qui va suivre je vais préparer une présentation Powerpoint la clé en fait pour comprendre c'est c'est une expression que j'ai écrite dans dans un texte dans l'ouvrage collectif racisme de France où je n'arrivais pas à trouver un terme pour l'ensemble et j'ai dit en fait nous sommes les 100 noms son nom nous avons nous avons une multitude de dénominations et précisément c'est là où le problème se niche en fait c'est passer il se manifeste aussi dans cette multitude de noms et dans l'impossibilité de d'avoir un nom qui soit neutre qui soit juste neutre on n'a pas besoin de d'être d'avoir un nom qui nous qui nous valorise particulièrement mais qui soit neutres et c'est le cœur justement de l'anti-tiganisme je ne sais pas si on peut passer voilà le pourquoi on appelle ça antitiganisme justement et centrer d'union en un seul mot parce que l'anti-tiganisme cette racisme spécifique contre les sons non son nom les Roms les signes les gitans les voyageurs les Manouches et je peux je peux continuer et toutes les personnes qui sont stigmatisées en tant que tzigane ou Jean du voyage parce que le vocabulaire change dans l'imaginaire public dans l'imaginaire collectif il y a cette stigmatisation là et c'est une figure en fait qu'on va voir et indépendamment du terme que on utilise c'est à dire que il y a quatre ans quasiment jour pour jour en région parisienne il y a eu des attaques violentes contre des Roms mais pas que dans des bidonvilles et aussi au rond plein cœur de Paris suite à une rumeur qui avait circulé sur les réseaux et à l'époque la rumeur parlait des Roumains j'ai des Roumains circulant dans une camionnette blanche on lève des pour faire du trafic d'organes en fait les victimes c'était c'était un type particulier voilà alors ça c'est la définition de l'antisiganisme que à laquelle la voix des Roms a contribué au sein d'un collectif européen qui s'appelle l'Alliance Européenne contre l'antéiganismes et l'antitiganisme la première la première acte de l'antitiganisme c'est la création du tzigane comme figure donc le tzigane comme cible est créé par l'onde des tiganismes et c'est toute cette série d'images qui qui défilent en fait montre les avatars qui sont changeants selon le temps selon le lieu où on se trouve on a les avatars du tzigane qui qui peuvent changer qui peuvent être très très beaux comme très mauvais mais qui sont très prégnants dans les esprits et ça de manière permanente qui sont très prégnants dans les esprits et dans tous les esprits donc y compris les nôtres donc pas que de la majorité mais y compris d'un autre et peut-être en ce qui concerne l'antitiganisme le poids de ces avatars sur nous le poids de ces avatars qui sont créés par le racisme qui nous vise il est peut-être plus fort sur nous que sur d'autres communautés qui souffrent d'autres formes de racisme parce que d'autres l'islamophobie par exemple qui vise des Maghrébins etc ces victimes de cette forme-là de racisme de l'islamophobie ont en moins un référentiel neutre pour elle-même c'est-à-dire que un algérien ou un Marocain c'est que il vient d'un peuple de cette région là que qui a une histoire qui a été douloureuse par moment qui a été aussi qui a été positive et qui qui dans laquelle il se retrouve donc il y a il y a eu une construction identitaire de ces groupes là qui a été une construction autonome même ont pu se construire de manière autonome même si ils ont subi et continuent à subir cette ce racisme par le par le dominant par la société majoritaire dans notre cas nous sommes un peuple dispersés sur tout le monde habité voilà donc il y a pas vraiment de limite et partout où on se trouve on se trouve en situation de minorité donc il n'y a pas eu et il n'y a toujours pas aujourd'hui en fait peut-être ça viendra un jour mais c'est très difficile de disposer des moyens pour se construire en tant qu'identité en dehors de cette machine qui tourne en plein régime et qu'on va voir depuis très longtemps l'esclavage j'ai découvert et dont les échanges justement avec d'autres associations notamment avec la brigade dans une ergophobie on faisait une intervention commune j'ai découvert pas mal de choses et notamment j'ai découvert que l'esclavage qui a le plus duré dont l'histoire connue c'est l'esclavage des rhums qu'on va voir alors on passe l'opposition originelle là on va on entre dans le coeur du sujet on a là deux définitions de deux termes dont le dictionnaire est-ce qu'il y a de la langue roumaine il faut que j'insiste sur ce point la Roumanie et les Rome il n'y a pas de lien logique entre les deux c'est c'est plusieurs hasards la dénomination c'est un hasard et aussi le création de la figure du tzigane comme catégorie et comme début donc de l'essentialisation il se trouve que il a commencé et elle a connu une période assez longue de création cette figure de Desigual sur des terres roumaines pas en Roumanie parce que le Roumanie n'existait pas la Roumanie a été créée seconde moitié du 19e siècle mais le roumain existait et il y avait deux principautés la valaki et la Moldavie qui ont pratiqué qui ont ensuite réglementé l'esclavage pendant 5 siècles et les Roms ont été mis en esclavage sur dans ces deux principautés là pendant ces 5 siècles alors le dictionnaire expiratif de la langue romaine non voilà donc en romain ancien le mot hormone qui est roumain en fait n'a pas de signification ethnique et encore moins national on parle là du 14e siècle jusqu'au 19e donc ce n'est pas une nouveauté ethnique c'est une nouveauté sociale c'est un paysan c'est le paysan libre qui est qui est l'esclave de Dieu parce que ça il y a une communauté religieuse il y a pas de communauté nationale mais religieuse dont laquelle le cerf il est l'esclave de Dieu et il travaille sur les terres d'autrui avec un contrat en fait c'est le système féodal dont on sait que ça de plus classique alors que les Tziganes sont mentionnés pour la première fois avec ce mot là tzigane en 1387 dans un axe de confirmation de dons de donation d'une troupe d'esclaves par famille et le mot tzigane on peut on peut passer le mode tzigane désigne parallèlement à celui de Romain qui désigne le paysan libre sert le mode cigale désigne l'esclave qui est objet de propriété qui est objet qui n'est pas un sujet alors le tzigane donc à ce sens-là et 2387 jusqu'au 1856 quand le l'esclavage est définitivement aboli le tsigan donc veut dire esclave tous les esclaves ne sont pas Rome parce qu'il y a des esclaves qui ne sont pas ronds mais tous les rhums sont esclaves [Musique] par l'extérieur par le racisme et qui ne tient pas forcément compte des Identitaires réelles des personnes qui ont des groupes qu'on inclut dans la cible de cette forme de racisme et qui sont démunis comme je disais tout à l'heure nous sommes un peu sont assez démunis pour construire notre identité d'une manière autonome face à cette face à cette construction de notre race qui n'est pas de notre fête on passe on peut défilé donc le tigano bohémien ou l'autre Tour Eiffel pourquoi l'autre Tour Eiffel pour la construction de la Tour Eiffel la France a acheté entre autres de l'acier de la Roumanie donc j'ai trouvé là un parallélisme c'est assez drôle c'est-à-dire que on prend le matériau d'ailleurs et on le on le construit ici on fait la finition ici et puis on distribue aujourd'hui les touristes qu'on est vienne à Paris Tour Eiffel la Tour Eiffel c'est la référence de Paris alors le tzigane arrive jusqu'à ce moment là très important jusqu'à ce moment-là en France on ne parle pas de tzigane jusqu'au au 19e siècle on a des on parle de bohémien on parle d'accord donc il va falloir faire très vite 770 d'histoire c'est pas évident et alors l'affranchissement des esclaves donc dans ces deux Principauté romaine beaucoup d'affranchis arrivent aussi en France en France où il y avait déjà les bohémiens qui étaient des étrangers qui étaient là mais qui n'ont jamais été considérés comme étant des gens de chez nous et on crée à ce moment-là donc on est fin de 19e début 20e le tiganobo Amiens nomades on passe à la diapos suivantes la France consolide et diffuse en Europe le tzigane est nomade d'un côté et l'homme et la citoyen de l'autre l'homme la déclaration de l'homme et du citoyen voilà fabrication française le tzigane qui vient de l'extérieur et que on fusionne avec le bohémien autochtone mais un truc quand même sous le la catégorie de nomades la Troisième République a légifé en 1912 elle a créé le carnet anthropométrique des nomades qui est le premier document d'identité en France avec les empreintes génétiques les empreintes digitales par génétiques encore les photos etc et ce nomadisme que elle utilise comme concept en fait vient de l'administration coloniale donc c'est dans les colonies qu'il y avait des cadavie de nomades et donc comme on a des étrangers des intrus ici même on importe on applique ici aussi ce concept de nomade avec un régime juridique qui a perdurait jusqu'en 2017 sous l'appellation jaune du voyage à partir de 69 cette loi de 1912 elle est remplacée par une autre loi qui contrôle cette même population mais qui après la seconde guerre et l'internement des nomades justement en France dans les camps d'internement on a changé d'appellation et aujourd'hui on parle de gens du voyage des fils en conclusion donc actuellement nous sommes en 2023 il y a une stratégie nationale en réponse à un cadre stratégique de l'Union européenne pour l'intégration des Roms la France aussi donc cette stratégie qui repose sur trois mots clés sur trois axes l'égalité la participation et l'inclusion des sons en son nom cette stratégie là comme aussi le plan en termes ministériel qui a été annoncé au début de cette année un plan interministériel de lutte contre les racisme et l'indigénétisme et la haine avec ce que on vient de voir en fait le Tigane a été conçu pour construire le citoyen en contre en négatif nous sommes comme un film dont les photos argentiques ce qui doit être clair chez le citoyen en le présente de comme sombre chez les tzigane et vice-versa donc nous sommes conçus dès le départ pour être le contraire de ce qui doit être l'être humain à l'époque c'était même l'humain avant que le citoyen existent et ce qu'on est l'esclave de Dieu ou est-ce que l'esclave de l'homme voilà donc ces trois objectifs que sont l'égalité et la participation et l'inclusion de nous en fait elle suppose d'abord la déconstruction de ce lien malsain qu'il y a entre le négatif qui est le tzigane et la photo qui qui serait le citoyen donc le citoyen doit se construire autrement pas de cette manière là et la stigmatisation de chaque identité qui a été amalgame et fusionné donc dans cette race de tzigane dans cette construction par l'extérieur et la reconstruction donc d'une citoyenneté qui respecte les appartements diverses telles qu'elles sont ressenties parce que c'est celle-ci qui viennent enrichir la vraie la diversité on ne peut pas prétendre ni à la diversité qui qui progrès ni à la convergence des luttes ni rien de tel si on ne se connaît pas d'abord suffisamment soi-même si on n'a pas les moyens de se connaître d'abord soi-même parce que on ne peut pas être avec quelqu'un d'autre si on ne sait pas qui on est nous-mêmes voilà pour pour la conclusion merci c'est marqué en particulier par une formule que tu as utilisée nous sommes les sans nom au son nom quand j'ai la première réunion que j'ai tenue avec le groupe d'études sur les gens du voyage justement j'ai une des choses que j'ai demandé en fait à mes collègues députés c'était de remettre en cause si cette appellation de Jean du voyage qu'on a utilisé enfin finalement qui ne finalement en fait ne correspond pas à grand chose puisque enfin derrière cette appellation il y a il y a moult réalité en réalité et notamment effectivement des individus qui ne sont en fait sont sédentaires alors du coup ça m'a vraiment strictement aucun sens quoi et donc je pense que c'est effectivement une première piste de travail déjà effectuée pour déconstruire pour déconstruire les préjugés je vais donner la parole à Aurélien Michel donc il va nous parler des spécificités de la nérophobie et de sa place dans la lutte dans la lutte antiraciste en France en général merci beaucoup merci beaucoup de votre invitation et de cette organisation en ce jour très spécial évidemment et merci beaucoup à mon voisin pour cette intervention qui est d'abord appris beaucoup de choses et en plus me permet d'enchaîner donc sur cette question de l'année gros phobie puisque il y a beaucoup de similarités en réalité avec ses constructions historiques qui aboutissent au préjugés que que qui traverse la société actuellement alors l'intérêt disons de spécifier ou de voilà porter attention spécifique à la construction historique de la nérophobie donc on pourrait dire un racisme anti noir il faut d'abord au préalable dire que ça fait partie de multiples formes de racisme donc ils sont bien représentés aujourd'hui enfin à cette à cette table mais que si on devait en donner voilà une première spécificité c'est sans doute une matrice importante du racisme qui est lié enfin qui donne en fait son sens au mot couleur qu'on a été employé tout à l'heure on a entendu homme de couleur jeune homme de couleur etc c'est à dire historiquement la façon dont la couleur a pris une signification sociale et entendu que en précisant cette signification sociale il faut induire que blanc est une couleur alors c'est ce que je vais essayer de rappeler très rapidement rappelons donc que le préjugé ou les préjugés négrophobes sont le résultat d'une construction historique qui est en partie la même que celle qui vient d'être évoquée avec le thé à la figure du tzigane c'est à dire le moment où la période disons où les Européens dans le cadre de l'expansion de leur empire colonial notamment avec la conquête des Amériques on recourt à l'esclavage de manière massive et en majorité à l'esclavage de population africaine que il donc des places de manière forcée depuis l'Afrique vers les Américains dans le même dispositif il se crée au fur et à mesure de cette exploitation coloniale l'esclavagiste une équivalence aux Amériques entre le terme noir qui désigne en fait les esclaves africains et le terme d'esclave c'est-à-dire que la grande majorité vous pouvoir la petit à petit la totalité des esclaves aux Amériques sont d'origine africaine et inversement la pratiquement tous les Africains ou d'origine africaine sont esclaves donc ce moment très fort qui a conduit à une association cognitive qui pratiquement enfin que nous subissons encore aujourd'hui et très il faudrait quand même rappeler que voilà c'est c'est le fruit d'une construction et non pas l'ordre de l'ordre d'un choix ou d'une stratégie qui était auparavant voilà fondé sur la race ou sur la couleur ce qui est important aussi de rappeler dans cette histoire c'est que on va dire l'esclavage dans toute société laisse des traces laisse des traces par la violence de l'institution elle-même de l'esclavage et elle se trace elle se ressentent notamment dans la difficulté à sortir de la condition esclave y compris que lorsqu'on est affranchi et y compris pour les descendants ou les générations qui suivent les personnes à franchi ou anciennement esclaves et donc ces formes de stigmatisation on les retrouve dans toutes les sociétés qui ont utilisé l'esclavage là on vient d'en voir un exemple les sociétés enfin les les empires Arabes musulmans ont aussi parfois mais pendant de longues périodes utilisées l'esclavage et d'autres et systématiquement ça se produit des formes de stigmates la particularité du stigmate qui résulte donc de l'esclavage européen c'est sans doute sa rencontre spectaculaire avec le capitalisme et l'économie coloniale qui se développe donc à partir du 16ème 17ème 18ème et l'ampleur disons le volume le volume et la qui de fait produit une violence spécifique qui conduit à d'écrire cette période de l'esclavage colonial comme un crime contre l'humanité à juste titre donc il y a bien une expérience spécifique là enfin spécifique mais qui se retrouve dans d'autres dans d'autres configurations alors cette expérience disons spécifique de la violence singulière de la violence qui vient de l'esclavage Atlantique elle est aussi due donc enfin il faut rappeler ce qu'est la condition esclave pour pouvoir comprendre la violence que ça produit que ça peut produire dans une société du fait que sur un plan disons anthropologique sur un plan symbolique l'esclave en fait dans toute société esclavagiste est situé et assigner à une place qui l'extrait en fait de la société dans laquelle il vit il est employé il est contribue etc donc il est dans la société mais symboliquement il en reste extérieur et ça c'est ce principe qui permet d'utiliser l'esclavage je visais l'activité de l'esclave et notamment dans le cadre donc de cette économie Atlantique l'exploitation de son travail et je dirais son exploitation extrême c'est ce processus là qui a conduit d'ailleurs à une commodification du travail c'est-à-dire une marchandisation du travail extrême qui est aussi une des nécessités et un des piliers de la construction du capitalisme autre conséquence c'est que du fait d'être symboliquement extrait de la société la personne esclave mise en esclavage n'est pas protégée par les règles communes de cette société en particulier les règles qui maîtrisent au contrôle la violence les pulsions de violence ou les pulsions sexuelles règles de fondamentales qui existent dans n'importe quelle société autrement dit la personne de l'esclave son corps notamment n'est pas protégé dans la société dans laquelle il travaille ou dans laquelle il vit ni par les interdits de violence ni par les interdits sexuels la conséquence c'est une très forte sexualisation de la personne des esclaves dans ces sociétés donc atlantiques antillaise ou américain peut largement alors c'est sans doute ce qui peut expliquer la difficulté pour ces sociétés coloniales à la fin du XVIIIe siècle au moment où se dessine donc le mouvement démocratique le mouvement égalitaire des révolutions démocratiques et bien à aller au-delà de cette expérience donc extrêmement violente de l'esclavage et au fond a refuser pour les sociétés coloniales en tout cas aux Amériques l'égalité ou la réintégration disons de l'esclave au sein de la société ou descendants d'esclaves au sein de la société autrement dit c'est là qu'on voit apparaître d'ailleurs dans ce contexte de la production de discours scientifiques racistes ou de discours d'une idéologie disons raciale qui vise sans aucun doute à maintenir dans une situation d'extériorité c'est à dire avec un statut distinct des affranchis ou descendants d'affranchis au sein d'une société égalitaire voilà et c'est finalement ce principe de race qui permet d'une certaine manière de reproduire l'exclusion qui était portée par l'institution de l'esclavage auparavant autre autre explication importante c'est que c'est ce même principe enfin c'est que la race après les révolutions démocratiques permet le maintien du principe colonial le principe colonial c'est à dire que finalement les sociétés européennes produisent des ressources produisent de la richesse avec à destination de leur disons de leur communauté nationale mais avec d'autres ressources d'autres populations d'autres mains d'oeuvre disons qui sont maintenus en extériorité c'est le principe des colonies et des populations qui colonisaient tout en étant possédé par la nation disons à l'intérieur de la nation c'est-à-dire qu'il y a un double un paradoxe finalement qui est maintenu justement par la race la race d'une certaine manière permet la domestique la domestication c'est à dire à l'intérieur mais quand même à l'extérieur de population territoire y compris en interne c'est-à-dire au sein de la société métropolitaine par exemple et en externe c'est-à-dire un rapport quasi domestique avec des territoires qui sont à l'extérieur alors cette ce principe colonial que qui est justifiée disons par les théories raciales il se prolonge largement au 20e siècle y compris lorsque on a dénoncé peu à peu à la fois l'existence des races et disons dénoncer moralement les opinions raciales ou racistes était toujours impossible toujours à advenir c'est à dire la race produit un espèce d'éternel affranchissement voilà qui n'en finit pas de finir et qui maintient des groupes des individus dans cette situation très ambivalente et fragilisante de l'intériorité extériorité alors sur ce point évidemment on pourrait faire plein de parallèles avec d'autres formes de racisme dans certains déjà été évoqués je crois que ce qui est très important dans cette en rappelant cette histoire de l'esclavage européen c'est de reprendre cette idée que finalement le tzigane par exemple définit le citoyen et je pense que bon ce serait ce serait un parallèle à faire avec d'autres d'autres figures d'autres figures du racisme objet cible du racisme puisque précisément le noir ou disons le pour prononcer le mot c'est-à-dire cette association indélébile disons marqués par cette association entre esclaves et africain dont finalement nous devons non seulement nous débarrasser mais disons affronter et bien défini en opposition ou à défini historiquement le blanc et de manière complètement assumée puisque il faut se souvenir que après les après la Révolution française et le rétablissement de l'esclavage par Napoléon en 1802 il y a toute une législation à propos dans la définition du Code civil donc il définit bien en tant que tel l'appartenance à la société française à la citoyenneté et faisant de chaque citoyen des sujets de droit et bien des régimes de distinction qui sont fondés sur la couleur avec le terme de blanc et de non blancs qui sont explicites dans dans les textes donc en tout cas à ce moment là et c'est vrai que sans doute d'autres figures le tsigan l'orientale le Juif etc ont participé au 19e siècle à la définition de ce qu'est le citoyen blanc éventuellement chrétien bref on pourrait trouver libre surtout je pense que le terme de libre a été essentiel et que là-dessus il y a évidemment des questions enfin s'il y a convergence et doit y avoir c'est bien se retourner vers ce qu'est le modèle dominant la norme dominante et ce qu'elle produit sur les différentes individus et groupes enfin pour vos spécifier peut-être cette cette nérophobie c'est de rappeler donc son lien profond avec les régimes d'exploitation du travail et puis cet autre aspect que j'ai rapidement évoqué qui est la sexualisation même si on trouvera sans aucun doute des parallèles dans d'autres dans d'autres racismes forme de racisme alors pour terminer disons quelques quelques pistes pour réfléchir à la manière de voilà puisque effectivement je suis d'accord sur le fait que le racisme subit enfin subit produite se reproduit dans des métamorphoses toujours plus subtiles et complexe donc le combat évidemment n'est pas achevée c'est de travailler de manière générale à la dissociation cognitive qui reste présente entre Afrique et esclaves ou esclavage ça je pense que même si voilà y compris moi je le vis en participant à différentes actions y compris chez des personnes qui sont extrêmement bienveillantes et choquées etc finalement il y a encore une grande difficulté à vraiment séparer les deux et pour ça il faut rendre sa complexité à ce qu'est l'histoire de l'Afrique l'histoire des sociétés africaines antillaises américaines et puis aussi et la complexité de l'esclavage parce qu'on le voit que l'esclavage partout où il a où il a été pratiqué produit aussi des formes de atteint les sociétés voilà donc évidemment ça ça peut être appliqué de différentes manières mais je terminerai de la même façon en disant que la reconnaissance du problème c'est à dire des couleurs mais des couleurs pas au sens de ce qu'on perçoit comme de façon empirique mais de leur signification sociale est une étape essentielle pour travailler dans la société sur ces questions et c'est aussi la reconnaissance d'une possibilité de l'affirmation collective des personnes noires ou perçues comme noir et aussi de leur affirmation de la reconnaissance de leur trajectoire individuelle c'est à dire de leur subjectivité de leur singularité puisque en effet voilà c'est une catégorie qui qui est parmi d'autres à certains moments de la vie qui devraient en tout cas et qui se combinent avec beaucoup d'autres en plus ce qui voilà qui varie selon les contextes géographiques culturelles des milieux sociaux etc notamment je terminerai avec ça pour dire que voilà l'esclavage laisse des traces c'est vrai dans toutes les sociétés qui l'ont pratiqué et y compris ça ne crée pas en tout cas en tant que tel la catégorie de noir ça ne devrait pas et c'est sur cette complexité qu'il faut qu'il faut continuer à travailler merci beaucoup Aurélia alors c'est effectivement important de parler de montrer que les préjugés négrophobe c'est une construction historique et qui dit construction dit aussi voilà possibilité de déconstruction même si ça prend du temps et je pense qu'en parallèle de ce travail de déconstruction il y a aussi un autre travail de déconstruction en fait qui est totalement lié c'est celui du néocolonialisme j'en parle parce que je suis aussi commissaire aux Affaires étrangères et que j'ai eu l'occasion d'en discuter notamment avec des militantes féministes de féministrats d'une organisation féministe en action en fait qui regroupe un certain nombre d'organisations féministes d'Afrique du Nord et d'Afrique de l'Ouest et voilà ils ont justement l'avait échangé sur cette voilà sur cette idée de comment comment faire en sorte de rétablir des relations [Musique] égalitaires en fait entre les peuples et des relations réellement de solidarité voilà je vais donner la parole à Marouane Mohamed donc il va lui nous décrire précisément les processus de racialisation des musulmans en France en inscrivant dans l'histoire du racisme colonial bien merci beaucoup merci je voudrais d'abord vous remercier pour cette invitation et pour l'organisation de ce colloque madame la députée obono toute son équipe au collègue qui ont participé je pense que c'est important de le faire et de le faire dans cet endroit c'est c'est extrêmement important j'ai un petit peu hésité pas trop mais j'ai comme toujours à chaque fois qu'on m'invite pour parler d'islamophobie notamment dans une instance comme celle-là j'ai un petit temps d'hésitation c'est loin d'être évident aujourd'hui de parler d'islamophobie dans le contexte français loin d'être évident je vous parle pas de du chant académique je peux travailler dans chaque académique très librement sur la question de l'islamophobie j'ai été publié assez facilement ainsi facilement pardon et puis il y a même une réédition et une tradition et d'autres qui vont suivre donc j'ai pas de d'obstacles majeur en tant que sociologue pour travailler sur ces sujets là mais j'ai quand même attendu d'être titulaire avant de commencer non mais j'ai quand même attendu par prudence des titulaires avant de mettre sur place le premier séminaire sur l'islamophobie qu'on avait mis sur place l'école des études avec Abdelali hadjat simple prudence et on a aussi écouté les conseils de pas mal de nos collègues qui ont un peu plus d'expérience et qui et qui sont venus en discuter avec nous petite réticence parce que aujourd'hui selon le Conseil d'État parler d'islamophobie d'État et là je reprends les arrêtés de dissolution des deux organisations antiracistes reconnues qui luttaient il y en a d'autres mais qui les deux principales qui luttaient contre l'islamophobie le CCIF alors je ne suis pas son ancien directeur pour ceux qui auraient une petite ambiguïté mais le CCIF et le cri la coordination contre le racisme et l'islamophobie les arrêtés de dissolution notamment celui du CCIF et en parallèle direct fait un lien de corrélation entre la dénonciation le fait de parler d'islamophobie d'État et l'idée que on puisse considérer le fait de parler des abofolieta comme un appel à la haine la citation à la haine et puis un appel à la violence quelque part donc ça calme ça calme ça calme mais en tout cas ça pose des questions sur les libertés académiques jusqu'où on va c'est pas un concept que j'utilise moi le concept d'islamophobie d'État mais je considère qu'en démocratie ou que dans chaque académique dans le champ des idées on doit pouvoir l'utiliser et l'argumenter sans être sous la menace de poursuites sans états menace de forme de criminalisation comme ça se passe dans n'importe quel démocratie occidentale on peut parler d'antirassismes et de tester des mots de les discuter petite réticence également parce que parce que j'ai un collègue qui s'appelle Farid trafez qui est sociologue également qui est spécialiste de l'islamophobie pas en France en Autriche et il a été sur la même ligne sur le met sur la même idée que parler d'islamophobie ou étudié l'islamophobie aurait quelque chose à voir à une espèce de projet islamiste et c'est quelque chose qu'on retrouve dans le contexte français une accusation et ben lui les autorités autrichiennes ont été au bout du raisonnement et il a été poursuivi perquisitionné c'est avoir gelé sa famille traumatisée elle a dû quitter l'Autriche pourrait se réfugier aux États-Unis dans lequel il se débrouille économiquement comme il peut poursuivre bien évidemment la justice autrichienne s'est rendu compte que le dossier était vide et donc il a été totalement blanchi mais le mal est fait et donc parler d'islamophobie aujourd'hui je le dis je suis très content d'en parler ici mais ça pose une question de liberté académique on en parle pas sereinement et même si on travaille sérieusement en tant qu’universitaire alors maintenant je vais revenir directement sur le propos et dire deux mots sur sur cette question là et peut-être insister sur ce qui nous semble marquant comme évolution de l'islamophobie je vais pas revenir sur la définition j'ai suffisamment parlé de la définition du terme islamophobie et je dirais juste que il faut bien distinguer un terme et ses usages il pose ce qui peut proposer problème dans l'usage des mots de l'antirisme ou d'autres termes c'est l'usage c'est l'usage qu'il faut questionner c'est l'usage qu'il faut critiquer et il faut le faire il faut le faire notamment quand des personnes utilisent le terme islamophobie un autre terme de l'antiracisme pour parler d'autre chose que l'islamophobie pour empêcher la critique des religions pour empêcher le débat serein par rapport à ça il faut dénoncer ses usages qui sont des usages qui sont politiquement très orientés qui n'ont pas à voir avec la démonstration l'analyse ou la critique de l'islamophobie mais derrière la critique de l'islamophobie en France il y a le déni l'islamophobie il y a le déni de la réalité de l'islamophobie et le racisme et le déni du racisme vont ensemble marche ensemble déjà 5 minutes d'introduction alors tout à l'heure ma collègue sarah masouz a bien défini ce que c'était que le processus de racialisation le processus de racialisation c'est un des socles de toute forme de racisme et c'est bien de les prendre de prendre des formes différentes de racisme parce qu'on se rend compte que les socles sont les mêmes mais les formules sont différentes les histoires sont différentes les configurations sont différentes la question se posait de savoir est-ce que c'est bien de différencier les formes de racisme il faut les différencier d'abord parce qu'ils sont pas les mêmes mais parfois vous avez des victimes d'une forme de racisme qui entretient le racisme contre une autre forme contre une autre minorité et de distinguer les formes de racisme permet de rappeler aussi que le fait d'être victime de forme d'oppression raciste en tant que groupe minoritaire n'empêche pas d'alimenter des formes de pression contre d'autres groupes minoritaires aujourd'hui les populations Rome ou gitane ou etc ne sont pas seulement victimes du racisme du groupe majoritaire dans les bidons villes notamment et un certain nombre de violences ont été commises par des personnes qui vivent pas trop loin et qui étaient des personnes elles-mêmes victimes d'autres formes de formes de domination sociale et notamment du racisme donc c'est bien de distinguer c'est bien d'articuler c'est bien de de comparer tout en se rappelant que les socles le socle du racisme le socle du racisme sa définition est toujours la même et donc on a à travers l'histoire différentes formes de racialisation elle change elles sont pas figées ces formes de racialisation fin 19e on en a parlé fin 19e des 20e ou toute la période coloniale on a quand même des de racialisation biologique très forte qui renvoie la nature on dirait aujourd'hui à la génétique à l'ADN des populations pour justifier des formes d'infériorisation et y compris des grands républicains qui ont soutenu c'est discours là pour justifier le projet les conquêtes coloniales ont périales mais vous avez eu au cours du 20e siècle une espèce de pas de disparition de la récession biologique elle est toujours là d'ailleurs Vincent Thiberge la rappeler tout à l'heure c'est quand même une opinion qui qui continue à vivre qui résiste et puis qui peut on peut observer des résurgences dans des contextes bien particuliers mais la forme de racialisation qui a qui a pris le dessus et qui est devenu assez hégémonique c'est la forme de radiation culturelle on renvoie à aux valeurs aux normes aux modes de vie pour justifier des formes de hiérarchisation et il y a un historien qui est à Londres qui s'appelle rezazia Ibrahimi et il a proposé une troisième forme de racialisation qui est assez intéressante à manier il appelle ça la racialisation conspiratoire c'est à dire le fait de définir un groupe et le fait d'essentialiser un groupe en liant une origine une religion une appartenance culturelle nationale un projet politique caché et cette forme de racialisation conspiratoire il me semble quand on regarde sur le sur le 20e siècle en tout cas sur la période récente sur la fin du XXème siècle le début du siècle actuel quand on pense à aux évolutions d'islamophobie il me semble que cette racialisation conspiratoire prend une place de plus en plus importante et depuis 10 ans quand on m'a demandé bon vous avez réédité le bouquin qu'est-ce qui a changé depuis 10 ans je pense que ce point-là a changé à quel point la racialisation conspiratoire des populations musulmanes est devenue hégémonique et je vais vous donner deux trois exemples si vous voulez mais avant ça vous dire que il n'y a pas que des populations musulmanes qui sont soumises à des formes de racialisation conspiratoire notamment en France vous avez des populations juives ça a toujours été une constitution de l'histoire de l'antisémitisme mais vous avez également les populations asiatiques qui sous certains aspects subissent se forme de ces formes de discours là par contre d'autres minorités sont subissent des formes d'autres formes de racialisation culturelle etc sans qu'il leur soit imputés un projet politique de conquête de destruction etc alors pourquoi parler de forme de racialisation et de conspiration là je reprends un petit peu je fais référence aux travaux d'Emmanuel Kress qu'un des meilleurs spécialistes de l'histoire du conspirationnisme et de l'histoire du complotisme il dit au fond il y a quatre caractéristiques d'une pensée complotiste la première c'est que il y a des comploteurs qui sont identifiants quoi que occulte mais on arrive à les désigner et les identifier aujourd'hui on dirait les musulmans ou les islamistes ou les freristes ou l'islam politique enfin bref c'est toutes ces notions là les séparatistes là tous ces néologistes sert à désigner le comploter bien sûr ils ont dit c'est un complot mettre alors il y a deux types de complots dans le contexte français on parle beaucoup du des idéologues du Grand remplacement oui le complot c'est de remplacer les populations blanches chrétiennes à travers l'immigration et notamment d'imposer l'Islam par le biais de migration etc remplacement de population et donc il faut défendre la nation blanche et éternelle ça c'est plutôt à l'extrême droite mais je note que cette cette idéologie là parce que c'est pas une théorie ce sont des idéologies elles étaient cantonnées à une petite frange de l'extrême droite et aujourd'hui c'est repris par les principaux cadres du parti des républicains donc on voit une espèce de mainstreamisation de l'idéologie du Grand remplacement mais à côté de ça il y a ce que moi j'appelle les idéologues du petit remplacement et les idéologues du petit remplacement ils sont pas à l'extrême droite à des idéologues du petit remplacement ce sont des personnes qui vous disent alors c'est la même dialectique de remplacement c'est le même discours de conquête mais qui vous disent non il y a pas de remplacement d'un population par rapport à une autre par contre il y a un risque de remplacement de nos valeurs de nos modes de vie de nos institutions par ces logiques de conquête là c'est pas la même chose mais c'est la même dialectique si vous regardez si vous regardez bien et ce qui est intéressant c'est que les cibles des uns et des autres sont les mêmes les personnes qui tiennent ces discours là qu'on retrouve de l'extrême droite à une partie de la gauche voir des fois de l'extrême gauche circulent dans les mêmes lieux parle dans les mêmes médias utilise les mêmes termes les mêmes expressions et finalement défendent la même chose et c'est ça qui est très frappant avec l'islamophobie qui a un marqueur fort de l'islamophobie dans le contexte français c'est que c'est une forme de racisme qui s'articule à un discours progressiste un discours républicain un discours égalitaire et Vincent parler tout à l'heure de racisme subtil on est on est dans ce racisme subtil aujourd'hui l'extrême droite ne dit plus on déteste les musulmans ils disent les craintes on veut défendre la République l'égalité homme-femme la laïcité nos valeurs etc et donc forcément c'est un boulevard pour mais pour se permettre ça ça veut dire qu'il y a eu tout un travail de conversion et d'amalgame qui a commencé très très fortement dans les années 80 et qui s'est accéléré ensuite de confusion et d'amalgames entre toute affirmation musulmane dans l'espace public toute forme d'autonomie toute forme d'engagement politique toute revendication toute demande d'accommandement de les encoder et de les traduire comme des formes d'entrisme comme des tentatives d'intrusion de de manipulation de l'intérieur et il faut faire très attention parce que il ne faut pas croire que c'est quelque chose qui est réservé à cette vision là ce regard là à l'extrême droite c'est devenu complètement mainstream je pourrais vous citer des des mots du chef de l'État de l'ancien ministre de l'Intérieur je sais pas si vous rappelez à suite à à cet événement dramatique l'assassinat de plusieurs policiers des renseignements généraux à la préfecture de police de Paris juste après on a eu une espèce de d'enchaînement rapide pour trouver les bons facteurs enfin les bons les bons critères qui permettent de repérer la radicalisation toute cette politique publique a été menée et le ministre de l'intérieur quand même qui dit bon bah alors j'ai bien noté les deux minutes qui me restent dit bon écoutez alors les critères pour repérer la radicalisation une personne qui se laisse un peu pousser là-bas une personne qui arrête de faire la bise ou bien une pratique un peu plus intensive de la pratique religieuse de la prière pendant la période du Ramadan mais par définition de Ramadan c'est la période oui on a une pratique un peu plus intensive de la religion ce que je veux dire par là c'est que aujourd'hui cette traduction et cette conversion de toute forme de religiosité visible à une espèce de projet politique caché et complètement a complètement intégré d'abord le droit la loi séparatisme c'est ça le but et regardez lisez l'exposé des motifs de la loi séparatisme on a l'impression que la le pays est en guerre que le pays est attaqué et qu'il faut absolument trouver des moyens et des armes juridiques pour le défendre l'exposé des motifs franchement quand on connaît la société française c'est de la science-fiction mais je pense qu'un certain nombre de de députés qui ont lu et qui ont voté cette loi croient ce qui a écrit croient qu'il y a une conquête crois qu'il y a de l'entrisme et pense qu'il faut absolument se défendre contre ces formes d'entrisme donc aujourd'hui c'est là où je veux porter le la tension c'est que la question de l'islamophobie c'est plus seulement des agressions ou des mosquées qui sont dégradés ou des discriminations à l'emploi etc toutes ces manifestations de cette forme de racisme existent elles sont objectives par un certain nombre d'enquêtes et l'enquête Théo je vous invite à la lire elle apporte beaucoup de résultats sur cette forme de racisme comme sur d'autres mais là où peut-être il y a une évolution majeure ces dernières années c'est dans le fait que les institutions publiques ont intégré un certain nombre de thèses de vision qui les amène à considérer ou à traiter les populations musulmanes d'une manière extrêmement préjudiciable et pour conclure je voudrais faire quand même dire un mot de ce qui s'est passé hier dans un une épreuve du bac à Lille enfin pour ceux qui ont l'information on a un lisseur qui est passé une épreuve de bac qui a 19 ans je crois et qui a eu un malaise cardiaque qui se plaint son malaise cardiaque a fait un malaise et qui s'est qui a perdu connaissance dans la salle d'examen et pendant des dizaines de minutes selon les témoignages recueillis par la presse les huit adultes d'après ce que j'ai compris non pas daigné intervenir venir auprès du corps etc seul les lycéens venaient une lycéenne l'a mis en place etc le lycée en question est décédé dans la soirée je bon moi je me suis je me suis endormi avec ça [Musique] en colère et je me suis dit mais qu'est-ce qui qu'est-ce qui je pense que c'est des personnes banales en fait on n'est pas ces personnes sont ces adultes sont pas des monstres sont pas des mais qu'est-ce qui fait que face à un corps inanimé par un corps en souffrance on puisse ne pas intervenir qu'est-ce qui fait que dans une instance publique avec des enfants des adolescents les jeunes on puisse ne pas intervenir je veux dire c'est c'est cette question qu'il faut se poser c'est cette question qu'il faut poser à ces personnes là mais je pense que c'est une question qu'il faut poser de manière extra de manière beaucoup plus large tout à l'heure Sarah maso et c'est ma conclusion je reviens sur sa conclusion elle a dit c'est qui sont le racisme c'est une question de bien-être de santé mentale mais c'est une question de vie ou de mort je dis pas que ils ont agi par racisme je dis juste que ce jeune là qui est d'origine nord-africaine a été laissé et n'a pas été traité comme il aurait dû être traité voilà et donc ça ça dit quelque chose de d'évolution et de forme de déshumanisation qui se sont complètement banalisées y compris dans des instances ou on est censé prendre soin des jeunes de prendre soin des enfants et de prendre soin des autres moi je vois ma petite de votre écoute merci beaucoup Marouane je pense qu'effectivement c'est important et je le dis en tant que prof de français aussi de distinguer bien les différentes formes de racisme puisque en fait plus il y a deux mots de simplement enfin plutôt moi il y a deux mots plus la pensée s'appauvrit et je pense qu'effectivement il va il faut avoir vraiment des mots pour désigner chaque réalité effectivement il y a des [Musique] comment dire des comment dire ça permet de montrer effectivement que parfois on pas de victimes d'oppression et finalement faire subir des oppressions à d'autres et c'est pas seulement valable uniquement dans dans le cas du racisme on parlait effectivement tout à l'heure de la question de cette opposition entre soi-disant les causes féministes avec avec l'islam et en fait je pense vraiment que justement là encore on se sert d'une oppression pour alimenter une autre forme d'oppression et qui en fait ça dessert finalement complètement les femmes à la fin parce que c'est comme ça qu'on se retrouve avec avec une police du vêtement et par ailleurs plus du vet et je le dis d'ailleurs en tant que justement victime de la police du vêtement j'exprime justement aussi justement toute ma solidarité envers les femmes qui sont pointées du doigt pour porter le voile je le dis vraiment parce que les mêmes personnes qui pointent ces femmes après vont pointer effectivement les femmes comme moi parce qu'on ne porte pas les vêtements qui leur convient voilà je tenais juste à le dire et je vais laisser San Francisco la parole à Zoé Grimberg donc qui va nous parler de voilà de l'antisémitisme en France et notamment de son aspect protéiforme merci beaucoup je voulais à mon tour remercier Daniel au Bono pour l'organisation du colloque l'invitation et tous les organisateurs du colloque mais les personnes qui ont présenté leurs recherches juste avant et qui font écho à ce que je vais présenter notamment sur la manière de définir l'antisémitisme de nommer ce qu'on peut appeler une hostilité anti juive on va y revenir et voir comment toutes ces différentes formes d'intimitisme en fait se rapprochent plus que ce qu'on ne croit je voudrais commencer par rappeler qu'en mars 2012 les attentats qui ont conduit à l'assassinat de 3 militaires et de quatre civils juifs dont trois enfants devant l'école confessionnelle aux arts à droite à Toulouse ont rappelé que l'antisémitisme tue pour autant comme le rappelle l'historienne Marianne matarbonucci dans un dans un numéro de revue paru en 2015 même après la fermera en dehors des milieux communautaires Juifs l'antisémitisme ne faisait guerre événement en France notamment dans les milieux intellectuels considérer souvent comme un effet collatéral du conflit au moyen Florian et par les autres comme l'expression résiduelle et je cite d'une idéologie nationaliste beaucoup moins dangereuse que d'autres formes de racisme l'antisémitisme n'apparaissait pas alors en 2012 comme un problème social majeur en France et ça dénonciation reste discrète il a fallu attendre les massacres de janvier 2015 les assassinats de journalistes et juifs ciblés en tant que tel pour que la dimension antisémite des massacres fut reconnu et que la dimension meurtrière de l'antisémitisme le soit aussi comment expliquer cette forme d'aveuglement dans des milieux intellectuels et politiques l'intimité n'a jamais disparu en France nous le savons mais Marianne matin Bonucci rappelle que la mémoire de la Shoah et les lois qui répriment les incitations à la N raciale ont eu deux effets le premier c'est de limiter l'expression de l'antisémitisme dans le champ public le deuxième c'est de donner dès lors l'impression par la limitation de cette expression que l'antisémitisme était rare mais surtout qu'il était inoffensif puisqu'il n'avait rien à voir avec le précédent que l'on connaît tous qui serait la Shoah pourtant l'antisémitisme est toujours là et la question qu'on pourrait se poser aujourd'hui c'est quelle est la forme de cet antisémitisme mais mon rôle n'est pas tellement de parler de l'intimité aujourd'hui mais plutôt en tant qu'historienne d'essayer de vous d'expliquer toutes les différentes formes de l'intimitisme dans l'histoire d'essayer de tisser des liens avec l'antisémitisme d'aujourd'hui si on propose une première définition de l'antisémitisme à partir de divers travaux d'historiens et d'historienne c'est que par antisémitisme on peut entendre toute forme d'hostilité voire de haine envers les Juifs en fonction de leur caractéristiques réelles ou supposées et d'une identité présumée qui englobe met dépasse la simple appartenance religieuse faut bien rappeler cette idée l'antisémitisme n'est jamais uniquement fondée sur la religion mais l'antisémitisme comme je disais est un phénomène multiforme et aux origines nombreuses et c'est pour ça que je voudrais vous présenter maintenant les ce qu'on a longtemps appelé Les trois âges de l'antisémitisme trois périodes différentes de l'antimutisme on a souvent distingué et qu'il faudrait en réalité rapprocher et on va voir comment les termes ici sont très intéressants et comment les usages de ces termes-là peuvent conduire à essayer de dissimuler des formes d'antisémitisme longtemps donc l'historiographie a distingué trois époques de l'antisémitisme d'abord une époque très longue qui commence depuis la naissance du christianisme qui serait l'hostilité traditionnelle des chrétiens et des catholiques en particulier contre les Juifs juifs qui seraient responsables de la mort du Christ le de la deuxième forme d'intimitisme se développe plutôt au 19e siècle notamment dans des milieux ouvriers de gauche mais plus généralement partagé par un certain nombre de mouvements politiques au 19e siècle au moment de la révolution industrielle et de cet âge industriel qui fait naître des préjugés anti Juifs notamment autour de la figure du Juif banquier du Juif qui se passionne pour la révolution industrielle et qui participent de ce développement créateur d'inégalité sociale desquelles le juif ne serait pas victime à la fin du XIXe siècle se développe une nouvelle forme d'antisémitisme que l'on connaît peut-être mieux qui serait l'antisémitisme que l'on qualifie de moderne ou de racial c'est un antisémitisme donc raciste pseudo scientifique nationaliste et anti républicain ces formes de haine en fait ne sont en réalité pas si différentes et nous allons essayer de comprendre pourquoi la première forme de de N anti Juifs c'est donc c'est ce qu'on a longtemps appelé non pas un antisémitisme mais un anti judaïsme chrétien cette hostilité chrétienne au Juif Pierre André tagief dans son dictionnaire historique et critique du racisme estime qu'il ne faut pas la qualifier d'antisémitisme puisque toute forme d'antisémitisme d'avant 1880 n'en serait pas c'est aussi l'ité anti-vive serait donc ce qu'on appelle cet anti judaïsme en quoi consistait-il hormis cette idée que les Juifs auraient tué le Christ cette anti judaïsme s'appuyait sur l'idée sur un débat théologique façonné dans les premiers temps du christianisme autour de la difficulté à expliquer la persistance de l'existence des juifs depuis l'avènement du christianisme ça donnait lieu à un discours dépréciative général qui stigmatisait l'ensemble des Juifs autour de la théologie de la substitution des accusations des accusations de décide notamment cet anti judaïsme a pris des formes diverses au cours des siècles et on pourrait notamment distinguer entre l'anti judaïsme protestant et catholique mais ce que je ne ferais pas ici pour faute de temps cette tradition historiographique qui a parlé dans cet anti judaïsme a fait une aide distinction entre cette anti judaïsme chrétien et l'antisémitisme dit moderne ou racial pourquoi elle s'appuie notamment sur les positions de l'église notamment l'église catholique ces positions mémorielles vis-à-vis de la Shoah puisque l'Église catholique après la Shoah a cherché à distinguer nettement le discours anti juif de l'église qu'elle reconnaît par ailleurs sous toutes ses formes de cette antisémitisme raciale qui a donné lieu à la Shoah l'église était dans cette perspective de se distinguer nettement de cette antisémitisme moderne et de nier toutes parenté entre la tradition anti juive de l'église et le nouvel antisémitisme qui a donné lieu à la Shoah elle rappelait que son anti judaïsme ne visait pas la mort des Juifs mais la conversion par le biais du prosélytisme on pourrait dès lors se demander si pour qu'un racisme une hostilité soit considérée comme importante il faudrait nécessairement qu'elle vise la mort mais la deuxième la deuxième la réflexion que ça peut appeler c'est est-ce que les historiens est-ce que les chercheurs et cherchent en sciences sociales doivent accepter cette distinction faite par l'Église est-ce que on doit se départir de tout regard critique ici et des historiens des historiennes comme notamment Nina Val Bousquet une spécialiste des mouvements antisémites dans la droite en France et en Italie estime que non et nous rappelle les liens qui existaient entre cet anti judaïsme chrétien et l'antisémitisme à dimension raciale puisque ce terme anti judaïsme il faut le rappeler peut-être utilisé volontairement comme un euphémisme pour masquer la gravité de forme d'antisémitisme et des recherches récentes à la fois en histoire médiévale en histoire moderne en histoire contemporaine aujourd'hui ont montré d'une part c'est le cas par exemple des travaux de Yosef hiroshimi que le la composante raciale a existé dans cet anti judaïsme chrétien bien avant le 19e et le 20e siècle l'anti est par ailleurs cette anti judaïsme chrétien a au-delà aussi de l'époque médiévale et moderne pour l'époque contemporaine Nina valbousquet nous a montré les liens entre l'antisémitisme religieux de l'église et cet antisémitisme raciale et les accointances entre certaines figures de l'église et des figures de la persécution des juifs dans les années 30 puis pendant la Shoah plus généralement l'historien David ketchers souligne l'existence de discours de déshumanisation et de diabolisation des Juifs dans l'antisémitisme catholique du XIXe siècle on le voit donc cette nouvelle école historiographique de l'antijudaïsme chrétien mais à mal cette dénomination cette idée d'un anti judaïsme qui ne serait pas un antisémitisme et cherche à faire des liens entre des formes que l'on a longtemps distinguées revenons maintenant sur les deux autres formes d'antisémitisme la première c'est celle qui est née donc au 19e siècle au moment de la révolution industrielle compte qualifie peut-être pas un corps d'antisémitisme qu'on peut qualifier souvent donc de préjugés et des préjugés durables encore aujourd'hui et vis-à-vis des Juifs donc cette forme d'antisémitisme comme je le rappelais en introduction elle naît au XIXe siècle notamment au moment de la révolution industrielle et de la question ouvrière pourquoi puisque beaucoup de Juifs vont à ce moment-là se passionner pour la révolution industrielle pour le développement industriel qui se qui s'organise et beaucoup de cellules qui sont par ailleurs je le rappelle en France alors intégrés à l'état émancipé depuis 1791 qui participent qui joue un rôle dans l'état et peuvent aussi jouer un rôle dans le monde industriel vont se faire connaître par leur engagement dans cette révolution industrielle on peut penser par exemple aux frères Pereire sous la Troisième République sont des figures majeures de ces Juifs d'état ou proche en tout cas des Juifs d'État et ces Juifs vont concentrer un certain nombre de préjugés on va les associer à la banque à la banque en général à Rothschild à la richesse sans jamais prendre en compte la réalité sociale du vécu de ces individus le fait que la plupart d'entre eux apparient par exemple n'appartiennent pas du tout à la grande bourgeoisie mais plutôt au classement moyenne et qu'un quart des Juifs parisiens en 19e siècle sont des indigents donc vous voyez c'est toujours déconnecté d'une réalité sociale on identifie des figures auxquelles on assigne des préjugés que l'on généralise à toute une population ces Juifs connus et auxquels on a fini ses préjugés vont servir de bouc émissaire au socialistes utopique notamment mais pas uniquement socialiste utopique qui vont rejeter la révolution industrielle et ses injustices sociales on peut penser à l'antisémitisme d'un fourrier ou d'un prout qui dans ces carnets par les mêmes de race juive et souhaitaient l'expulsion des Juifs de France voyez les juifs comme les ennemis du genre humain Proudhon annonçait donc la troisième forme d'antisémitisme mais c'est là qu'on voit les liens entre ces préjugés et c'est cette troisième forme c'est l'antisémitisme donc racial cette antisémitisme raciale ou moderne il naît donc à la fin du 19e siècle dans le cadre de cette découverte scientifiques et biologiques importantes dans le contexte du darwinisme et du positivisme le concept de race n'est dans le cadre de ses découvertes avec l'idée sous-jacente de distinction de différence et d'inégalités entre les races ces inégalités qui seraient héréditaires écrirait une hiérarchie dans le genre humain or l'idée de à un impact direct sur l'hostilité anti juive qui se mue en cette antisémitisme dit racial ou moderne on pense à des figures importantes en France comme Eduard Drummond qui a écrit ce livre qui s'appelle donc la France juive qui a un succès d'édition qui est publié lui dans tout Paris et qui estime que la Troisième République est un régime je cite en juillet et qui dans son livre donc dans la France juive va attribuer des traits caractéristiques aux Juifs les juifs seraient cupides intrigant subtil et rusé et à l'inverse les Ariens seraient enthousiastes héroïque chevaleresque désintéressé franc et confiant cette version scientifique de l'antisémitisme connaît un grand succès dans les la fin du 19e siècle ce qui s'explique par ailleurs par un contexte migratoire en France puisqu'il faut savoir qu'à la fin du XIXe siècle on a le l'arrivée de vague d'immigration juive de Russie notamment de Pologne de Roumanie à la suite de pogrom donc on a nouvelle nouvelle en fait catégorie de d'individus qui arrivent en France des Juifs qui ne sont rien à voir avec les Juifs d'État tel qu'on les connaissait ces Juifs pris comme cible par les socialistes utopiques notamment là on a une couche issue de l'immigration beaucoup plus populaire qui vont susciter aussi le rejet de ces de ces individus qui reprennent à leur compte cette idée d'antisémitisme raciale à cela s'ajoute par ailleurs la persistance des préjugés envers ces Juifs de la révolution industrielle qui sont pour certains engagés dans des scandales comme les scandales de Panama et qui vont susciter toutes les critiques comme étant encore une fois les pourris de la République donc à cette époque on le voit les trois antisémitisme l'antisémitisme anticapitaliste l'antisémitisme catholique puisque l'église participe de ces condamnations aussi de notamment dans une perspective anticapitaliste mais aussi l'antisémitisme racisme se rejoignent et se mêlent et aboutissent à la vision d'une France inféodée toutes les conditions de la faire Dreyfus sont en fait réunies à la fin du 19e siècle et ce qu'on constate et ce qui me semble important de rappeler c'est que cette antisémitisme raciale qu'on associe à l'Allemagne nazie est en fait ce que montre les travaux nés en France c'est en France que vraiment se développe cette antisémitisme et ensuite en Allemagne on en arrive à son évidemment son paroxysme et justement moi je voulais conclure sur sur la Shoah je vais pas rentrer dans le détail de la Shoah mais ce qui me semble intéressant c'est qu'on voit dans la Shoah le moment paroxystique de cet antisémitisme racial qui crée l'assassinat de 6 millions de Juifs en Europe la première chose à savoir d'une part c'est que les nazis ont repris dans leur discours racial des préjugés antijugés enfin issus d'anti judaïsme chrétien donc on voit là aussi chez les nazis se mélangent là la deuxième chose importante c'est qu'on a souvent tendance à penser que la Shoah était un événement donc paroxystique et qui ne pourrait plus jamais se reproduire et moi je voudrais poser une question c'est le rôle qu'on assigne à la mémoire de la Shoah aujourd'hui dans la lutte contre l'antisémitisme et on pourrait finir là-dessus c'est que si on réfléchit un peu à l'utilisation de la mémoire de la Shoah la mémoire de la Shoah en fait elle est vraiment utilisée comme cet outil on se dit puisqu'on défend en transmet la valeur de la Shoah on va lutter contre l'antisémitisme mais réfléchissons à la manière dont on transmet cette mémoire et à la vision qu'on donne des personnes persécutées en fait ce qu'on constate c'est que cette mémoire de la Shoah elle est universalisée mais en fait des judaïsés parce que est-ce qu'on voit dans des films sur la Shoah dans des témoignages de la Shoah qu'est-ce qu'on voit on voit des gens des Françaises des Français très à très bien intégrés vieux monsieur des vieilles dames qui ressemble à monsieur tout le monde mais qui ont en fait qui ne sont à qui tout le monde peut s'identifier et on a universalisé cette expérience on enlevant en fait sa dimension proprement juive et on oublie parfois on entend vraiment l'universel nous permet de passer un message mais en fait je pense que ça ne suffit pas puisqu'on le voit bien les antisémitisme continue aujourd'hui et les préjugés n'ont pas disparu puisque l'antimisme tue encore aujourd'hui et donc est-ce que la question qu'on pourrait poser en conclusion c'est est-ce que la mémoire de la Shoah suffit aujourd'hui à lutter contre l'antisémitisme ou au contraire est-ce qu'il ne faudrait pas essayer de ne pas instrumentaliser cette mémoire à des fins à une cause politique très juste mais essayez de trouver des solutions politiques à la lutte contre l'antisémitisme voilà [Applaudissements] merci beaucoup Zoé je voudrais venir justement sur la question sur la vue sur la question de la Shoah cette idée finalement parce qu'à un moment donné tu avais évoqué cette idée que la vu le précédent en gros vu le précédent terrible que la Shoah à côté intimitisme c'est rien etc et en fait ça me ça fait écho en moi aussi au niveau d'une autre pression dont on a parlé juste avant l'oppression à l'égard des femmes puisqu'en fait souvent le discours qu'on nous tient c'est qu'on a pas le droit en gros de se plaindre de l'oppression qu'on ressent en tant que femme dans la mesure où mais en fait regardez ça a bien progressé c'était rien par rapport à ce que est-ce qu'il y avait avant et je pense que c'est effectivement un vrai travail à faire aussi globalement sur sur la question des différentes oppressions qu'elle soit au niveau voilà du racisme ou autre voilà moi je voudrais vraiment en tout cas tous vous remercier pour ces pour toutes ces intervention vraiment très enrichissante la parole à Daniel alors merci beaucoup oui c'est c'est dense et je vous invite on a relayer sur les réseaux sociaux des liens des travaux des articles des uns des unes et des autres je pense que vous avez pris plein de notes et je vous ai vraiment à les lire dans le détail les différents travaux c'est très très éclairant on sent tous c'est toutes plus intelligents et intelligents je crois qu'en quand on allait tout ça et surtout armé pour pour se mobiliser et s'engager donc se termine la deuxième table ronde on a la pause déjeuner et manif parce que je vous invite à rejoindre la manifestation qui va commencer à 14h à Bastille mais peut-être pas rester jusqu'au bout parce que on reprend à 15h avec la troisième table ronde on va aborder la question des politiques publiques notamment en matière de santé d'emploi de police et de justice avec là aussi une série d'intervenants et d'intervenantes extraordinairement brillant et brillante et on terminera par la carte blanche à kawtar archi à l'intersection des oppressions merci à tous et toutes n'oubliez pas voilà de relayer sur les réseaux et bonne manif et bon appétit [Applaudissements]