Qui peut encore sauver le budget... et Lecornu ? - C dans l’air - 04.12.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:54OuverteRéponse directe
Christophe Barbier, il y croit encore ?
- 2:21OuverteRéponse directe
Bruno Jeudy, il a sorti un document cet après-midi. Il a expliqué qu'il avait demandé à ses administrations de simuler en chiffre un échec du vote du budget. Et il a été assez alarmiste sur les conséquences que cela aurait.
- 3:46OuverteRéponse directe
Il faut vraiment s'arrêter à la fois sur la relation entre les deux hommes et ce que politiquement ça veut dire quand Édouard Philippe dit ce sera sans moi.
- 3:52OuverteRéponse directe
Juste un mot sur la démarche de Sébastien Lecornu. La façon dont, vous l'avez dit, il mouille le maillot.
- 5:26OuverteRéponse directe
Mais le 49.3, il s'explique encore aujourd'hui, il explique donc qu'il n'en veut pas.
- 7:05OuverteRéponse directe
Christophe Barbier, qu'il n'avait pas tellement joué jusque-là, Sébastien Lecornu, comme l'avait fait par exemple François Bayrou, en disant, attention, c'est une perte de contrôle totale sur les comptes de la Sécu, ce que la Cour des comptes avait déjà dit par ailleurs. Est-ce que ça, ça peut peser ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Sébastien Lecornu a expliqué qu'il fallait étudier l'hypothèse d'un rejet du budget qui conduirait immanquablement, selon lui, à une perte de contrôle totale des comptes de la Sécu avec jusqu'à 30 milliards d'euros de déficit l'an prochain. »
- 2:32InvitéChiffre
« Il a expliqué qu'il avait demandé à ses administrations de simuler en chiffre un échec du vote du budget. Et il a été assez alarmiste sur les conséquences que cela aurait. »
- 7:14PrésentateurFait
« attention, c'est une perte de contrôle totale sur les comptes de la Sécu, ce que la Cour des comptes avait déjà dit par ailleurs. »
- 8:08InvitéChiffre
« 23 milliards de dépenses de déficit en 2025, 20 milliards espérés pour 2026, mais ça sera 23, 26, 27, 30, en fonction des maladies, des épidémies. »
- 8:35PrésentateurFait
« ce courrier, il n'a pas vocation à sortir d'habitude. Alors c'est un courrier qu'il a adressé à ses responsables d'administration, en disant, faites-moi l'hypothèse qu'on n'ait pas de budget. »
- 11:26InvitéFait
« C'est pourquoi, pour sauver la suspension de la réforme des retraites, qui est la grande victoire des socialistes, les socialistes pourraient dire à Sébastien Lecornu, « Nous ne pouvons pas voter ce budget parce qu'il n'est pas assez bon pour nous, mais nous avons besoin qu'il passe, parce qu'il y a la réforme des retraites dedans, nous vous autorisons à utiliser un 49-3. » »
- 13:58InvitéChiffre
« L'absence de projet de la finance de la Sécurité sociale qui nous amènerait, je cite, à une perte de contrôle totale du pilotage de la Sécurité sociale qui nous emmènerait à 29 ou 30 milliards d'euros de déficit pour l'année prochaine. »
- 14:41InvitéFait
« Je n'ai pas envie de renoncer à ma liberté de parole. »
- 15:01InvitéChiffre
« Donné à 23,5% en avril au premier tour face à Marine Le Pen, il est descendu à 17% le mois dernier et désormais donné battu lors d'un second tour. »
- 21:09InvitéFait
« le pire, ce n'est pas l'absence de budget, mais le compromis, quoi qu'il en coûte, à nos enfants. »
- 21:45InvitéFait
« quel que soit le danger de cette position, je veux dire ce que je pense. »
- 28:13InvitéFait
« pour être élu président de la République, à un moment, il faut rompre et il faut trahir. »
- 29:44InvitéChiffre
« la dernière étude qui montre que les Français mettent en numéro... »
- 31:30PrésentateurChiffre
« 7% le chiffre, il y a cinq ans. 7% d'inquiétude sur la stabilité politique, c'est 30%. »
- 34:01InvitéFait
« qu'en montrant que l'alliance des sociodémocrates et des centristes macronistes est un échec, il deviendra l'incontournable candidat unique de la gauche. »
- 35:15PrésentateurFait
« Une alliance locale entre la droite et l'extrême droite autour d'un programme commun et en dehors du cadre des partis. »
- 35:54InvitéFait
« La gauche l'a fait depuis 1972. Pourquoi la droite ne pourrait-elle pas s'unir ? »
- 38:35InvitéFait
« on verra au soir du premier tour si une négociation avec le RN est possible »
- 38:43InvitéFait
« le Retailleau a non pas appelé à voter pour le candidat suatiste mais à voter contre l'autre »
- 40:45InvitéFait
« ce n'est plus le parti d'avant qui était rassembleur où on pouvait se retrouver entre la droite et le centre »
- 41:09InvitéChiffre
« il y a quand même eu 100 000 votants »
- 42:12InvitéFait
« c'est le patron du parti de l'époque Eric Ciotti c'est le patron du parti qui s'en va »
- 42:18InvitéFait
« le RN indique qu'ils vont monter 600 listes pour les municipales »
- 43:22PrésentateurChiffre
« 82% des sympathisants LR sont favorables à une coalition droite extrême droite »
- 45:31InvitéFait
« il faut attraper l'électro-en-voqué et pour l'instant Jean-Philippe Tinguy et tous ceux qui donnent un peu le là sur le plan économique ils ne sont pas du tout »
- 45:50InvitéFait
« Laurent Wauquiez dit que c'est une pensée socialiste voire d'extrême gauche qui anime l'économie du RN »
- 47:53InvitéFait
« il dit avec moi 64 ans on y reste »
- 51:10PrésentateurChiffre
« le pays a divisé par deux son déficit public »
- 51:13PrésentateurChiffre
« le taux de chômage est descendu à 6% »
- 52:12InvitéChiffre
« 1264 euros »
- 52:17InvitéFait
« j'ai été embauché en octobre 1989 ça fait maintenant 36 ans »
- 53:46PrésentateurChiffre
« 42% des Italiens se disent aujourd'hui satisfaits de la politique de leur première ministre »
- 55:24InvitéFait
« la retraite à 67 ans »
- 57:53InvitéFait
« si le budget de la sécurité sociale n'est pas adopté et que donc que la réforme des retraites n'est pas suspendue ça sera un échec pour le Parti Socialiste »
- 1:00:27InvitéFait
« il ne faut pas dépasser 5% de déficit »
- 1:01:38InvitéFait
« le président ne peut pas imposer le 49.3 »
- 1:01:36InvitéFait
« le président ne peut pas imposer le 49,3 »
- 1:01:40InvitéFait
« le cornu peut démissionner »
- 1:05:03InvitéFait
« Sébastien Lecornu a dit ma mission c'est de donner un budget à la France »
- 1:05:08InvitéPromesse
« s'il n'y a pas de budget il donnera sa démission au Président »
- 1:05:15InvitéFait
« Il y a une loi spéciale la loi spéciale c'est on continue les débats après la dinde et après la bûche »
Temps de parole
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Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Chaque jour qui passe complique un peu plus le scénario de sortie vers un vote du budget. C'est l'ami toujours de Sébastien Lecornu, Edouard Philippe, qui a asséné ce qui ressemble à un coup de grâce. Le maire du Havre, à la tête des députés Horizon, refuse de voter un texte qui suspend la réforme des retraites, notamment face à ses troupes. Il estime que le compromis, ce n'est pas la dérobade, la stabilité, ce n'est pas le désordre. Une position qui a ulcéré Gabriel Attal, qui appelle désormais tout le monde au sang-froid. Et il en faut du sang-froid au chef du gouvernement.
Cet après-midi, Sébastien Lecornu a expliqué qu'il fallait étudier l'hypothèse d'un rejet du budget qui conduirait immanquablement, selon lui, à une perte de contrôle totale des comptes de la Sécu avec jusqu'à 30 milliards d'euros de déficit l'an prochain. Qui peut encore sauver le budget et Lecornu ? C'est la question que nous posons ce soir. Avec nous, pour en parler, Christophe Barbier, vous êtes éditorialiste politique, conseiller de la rédaction de Franc-Tireur. Citons votre édito cette semaine, intitulé « Faillite ». Bruno Jody est avec nous, vous êtes directeur délégué éditorialiste à la Tribune dimanche.
Dans le prochain numéro, on pourra retrouver un dossier sur les dernières consignes de vote des partis pour le projet de loi de finances de la Sécurité sociale. Sylvie-Pierre Brusselette, vous êtes éditorialiste politique au journal Le Point. Je cite votre dernière chronique, « Le ralliement silencieux des élites » à Jordan Bardella. Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du département Opinion de l'Institut de sondage IFOP et auteur du livre « Métamorphose française, État de la France en infographie et en images » aux éditions du Seuil. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C dans l'air en direct.
Christophe Barbier, on a encore vu aujourd'hui dans l'hémicycle Sébastien Lecornu revenir avec une méthode, revenir avec un nouveau document que je citais, une alerte sur les comptes publics. Il y croit encore ?
Oui, il y croit encore. Il y croit peut-être de moins en moins parce qu'on voit qu'il commence à préparer la suite et la suite serait l'échec. Mais il y croit encore. Il fait penser, vous savez, à ces artistes de cirque qui ont des assiettes au bout d'une grande tige en bambou et vous devez courir à gauche quand les assiettes menacent de tomber puis courir à droite quand elles menacent de se casser la figure. Et pendant ce temps-là, celle du milieu s'effondre. Il faut courir aussi. Il fait ça depuis le début. Un coup pour les socialistes, un coup pour les républicains. Et maintenant, même le bloc central menace de jeter les assiettes par terre.
Bruno Jeudy, il a sorti un document cet après-midi. Il a expliqué qu'il avait demandé à ses administrations de simuler en chiffre un échec du vote du budget. Et il a été assez alarmiste sur les conséquences que cela aurait.
C'est vrai qu'il livre un peu, j'allais dire, pas ses dernières forces. Mais là, on voit bien qu'on rentre dans la ligne droite et le moment, le money time, où tout se joue. Parce que c'est vrai qu'y compris le vote des recettes sur le projet de loi Sécu va donner le tempo. Et s'il rate ce qu'il avait réussi en première lecture, s'il rate en seconde lecture, eh bien il n'y aura pas de budget de la Sécu. Et effectivement, les conséquences seront graves. Il faut expliquer qu'il n'y a pas de loi spéciale et que du coup on partira vers une absence de budget et donc des comptes aggravés. Donc c'est vrai que là, il a essayé de...
Déjà hier, il avait mis un peu tous les élus devant leur responsabilité. Là, il le refait aujourd'hui en y mettant beaucoup plus de solennité. Parce que tout se joue maintenant. Et la difficulté, c'est vraiment le coup dur. C'est Édouard Philippe. Ça, c'est le coup dur. Parce qu'Édouard Philippe, Sébastien Lecornu, c'est une histoire, c'est une amitié. Je me souviens de lorsque Lecornu est nommé, Édouard Philippe qui dit à ses proches, on aide Sébastien. Il faut qu'il réunisse Sébastien. On va y revenir. Boum, Édouard Philippe va manquer dans cette affaire. Alors, il avait déjà... Son groupe s'était déjà abstenu en première lecture.
Et on va y revenir parce que vous avez raison. Il faut vraiment s'arrêter à la fois sur la relation entre les deux hommes et ce que politiquement ça veut dire quand Édouard Philippe dit ce sera sans moi. Mais juste quand même un mot sur la démarche de Sébastien Lecornu. La façon dont, vous l'avez dit, il mouille le maillot. Alors, Matignon fait savoir au Figaro ce matin que Sébastien Lecornu souhaite consacrer entièrement sa journée au débat parlementaire sur le projet de loi de finances. Il a annulé tous ses rendez-vous. Il vient en séance.
Il y a un côté moins de soldats chez ce Premier ministre qui, alors que tous les voyants passent au rouge, considère qu'il a peut-être encore un trou de souris d'ici à mardi prochain.
En tout cas, il fait tout pour en persuader chacun dans son refus d'utiliser le 49.3 réitéré tous les jours. Il l'a redit. Il l'a encore dit. C'est pour bien dire, eh bien, je vous mettrai vraiment face à vos responsabilités les uns et les autres pour l'histoire. On verra qui aura voté, qui n'aura pas voté. Il joue ce rôle jusqu'au bout, y compris, comme vous le dites, avec son pull, son côté ramassé sur lui-même, un peu bulldog à la Churchill, j'y vais, contre vents et marées, j'essaierai jusqu'au bout. J'aurais tout fait ce que j'aurais pu. C'est vraiment ça qu'il a dans la tête.
Personne ne pourra l'accuser d'avoir bloqué le système, sauf, je pense, moi, qu'il ne devrait pas se braquer sur l'affaire du 49.3. C'est complètement idiot. Il y a un moment, le deal est quasiment passé. Même Edouard Philippe accepterait de ne pas voter la censure s'il y a le 49.3, malgré les mesures qu'il déplore. Donc là, il se braque un peu. Je me demande s'il ne surjoue pas un tout petit peu le rôle sacrificiel du moine-soldat qui va aller jusqu'au bout prouver que le pouvoir est vraiment au Parlement et plus à Matignon. Là, je pense qu'il frise le jeu dangereux et le sacrifice inutile.
Mais le 49.3, il s'explique encore aujourd'hui, il explique donc qu'il n'en veut pas. Et il dit, en gros, ça n'est pas mon budget, c'est le vôtre.
Oui, enfin, il faut... Alors, quelque part, il est un peu dans la même posture qu'Emmanuel Macron qui essaye de renvoyer la responsabilité du blocage politique aux forces politiques représentées à l'Assemblée nationale, en disant, voilà, nous, on a donné nos gages, on s'est dépouillé d'un certain nombre d'armes institutionnelles comme le 49.3. Et donc, si aujourd'hui, on n'a pas de budget, ce ne sera pas de la responsabilité du couple exécutif. Emmanuel Macron s'exprime moins que d'habitude sur ces sujets-là, parce qu'il a bien compris qu'à chaque fois qu'il parlait, les choses se tendaient.
Et Sébastien Lecornu, lui, essaie de mettre de l'huile dans les rouages pour prendre les Français à témoin. Mais les Français sont complètement perdus dans cette affaire. Quand ils ont vu qu'il y avait un seul député qui avait voté le budget en première instance après des semaines de débat, le week-end, la nuit, argument par argument, amendement par amendement, on s'est dit, mais au moins, ils sont arrivés à peu près à quelque chose, et il n'y en a qu'un seul qui vote.
Et donc là, on est un peu aussi dans des postures théâtrales et de communication pour essayer de donner des gages en disant, si le château de cartes s'effondre, ou les assiettes pour reprendre l'image de Christophe Barbier, ce ne sera pas de mon fait.
Personne ne veut assumer l'entière responsabilité de ce qui est en train de se passer.
Avec, on parlait du money time, dans 15 jours, on va rentrer dans les périodes de fêtes de fin d'année, et ensuite, début janvier, on bascule dans les municipales. Donc la fenêtre de tir politique, elle est très étroite aujourd'hui.
Juste ce discours alarmiste de cet après-midi, Christophe Barbier, qu'il n'avait pas tellement joué jusque-là, Sébastien Lecornu, comme l'avait fait par exemple François Bayron, en disant, attention, c'est une perte de contrôle totale sur les comptes de la Sécu, ce que la Cour des comptes avait déjà dit par ailleurs. Est-ce que ça, ça peut peser ? Qu'est-ce qu'il vise en faisant ça ? Parce que, clairement, pour les gens qui nous regardent ce soir, si le budget n'est pas voté mardi, que se passe-t-il ?
Il n'y a pas pour la Sécurité sociale ce qu'il y a pour l'État, c'est-à-dire des cordes de rappel, la loi spéciale, la possibilité d'agir par ordonnance, c'est-à-dire qu'on part dans l'aventure de 2026 sans garde-fous. Alors ça a une conséquence qui est positive pour les comptes de l'État, c'est que la réforme des retraites borne s'applique. Donc il y a des Français qui vont travailler plus longtemps qu'ils ne l'espéraient, il y a encore 15 jours, et ça fera faire des économies à l'État. Mais ça a une conséquence négative, c'est qu'on n'a plus, par exemple, d'ondes âmes, l'objectif national de maîtrise des dépenses d'assurance maladie, pour 2026.
Donc on peut dépenser, dépenser, il n'y a plus de tableau de bord, il n'y a plus de frein. Et donc le tramway peut dévaler la pente. Et ça, évidemment, ce n'est pas bon pour des finances qui sont déjà dégradées, 23 milliards de dépenses de déficit en 2025, 20 milliards espérés pour 2026, mais ça sera 23, 26, 27, 30, en fonction des maladies, des épidémies. C'est ce qu'il a pronostiqué. C'est le courrier. C'est le fameux courrier. Le courrier demandé par le Premier ministre au fonctionnaire, qui a évalué ça entre 20...
Alors juste pour la méthode, c'est intéressant peut-être pour les gens qui nous regardent ce soir, ce courrier, il n'a pas vocation à sortir d'habitude. Alors c'est un courrier qu'il a adressé à ses responsables d'administration, en disant, faites-moi l'hypothèse qu'on n'ait pas de budget, et comme par hasard, c'est sorti dans la presse.
C'est-à-dire que là, c'est exactement ce qu'on disait à l'instant, c'est-à-dire que Sébastien Lecornu jette ses dernières forces, essaie de convaincre, y compris cette fois-ci en dramatisant ce qu'il n'avait pas fait. C'est vrai, jusqu'à présent, contrairement à ses deux prédécesseurs, j'allais dire, et François Bayrou et Michel Barnier, qui avaient beaucoup joué de cette corde-là, lui, il l'a plutôt moins fait, parce qu'il avait essayé de jouer la responsabilité du Parlement. C'est le budget du Parlement, ce n'est pas le mien qu'on construit.
Sous-entendu, moi je ne suis pas forcément d'accord, il le dit d'ailleurs sur les retraites, je ne suis pas d'accord avec ça, mais si l'Assemblée le veut, à vous de le voter, à vous de vous mettre d'accord. C'est le budget de l'Assemblée, c'est ce qu'il voulait.
C'est pour ça qu'il ne veut pas de 49-3.
C'est le compromis, c'est pour ça qu'il ne veut pas de 49-3. La méthode est assez logique, et il ne veut pas en plus retourner vers 49-3, ce qui serait évidemment, il l'interprète comme ça, un cadeau offert à LFI derrière, et donc il ne veut pas. Et c'est vrai que Sylvie disait que c'est peut-être une erreur, c'est vrai que constitutionnellement, c'est une arme lourde dont il s'est privé, et qui peut coûter cher au moment où il a presque le compromis dans les mains, c'est vrai.
Dont il s'est privé, à la demande des socialistes, et pour entamer une discussion avec les socialistes.
Pas tous les socialistes, c'est ça l'histoire. C'est qu'une partie des socialistes, dès le début, disait qu'il a peut-être fait une erreur, parce que franchement, le 49-3, à la fin, on en aura quand même besoin. Et pas le moindre des socialistes, c'est quand même François Hollande, qui disait que c'était absurde. Et d'ailleurs, Boris Vallaud n'était pas très chaud.
C'est une idée d'Olivier Faure, c'est un trophée personnel d'Olivier Faure, et comme dans son Manon, le premier secrétaire du Parti Soliste, et dans son espèce d'histoire d'amour, comme dirait Marine Le Pen avec Sébastien Lecornu, ils sont tous les deux d'accord pour se passer du 49-3, maintenant c'est devenu quasiment un tabou, qu'ils ne veulent plus lever, ils se sont enfermés là-dedans, et du coup, Lecornu est obligé de dramatiser, effectivement, alors que ça, je ne suis pas sûre que ça marche autant qu'on le dise, parce que, vous vous rappelez, Mme Borne, qui avait dit qu'on n'aura plus de carte vitale, quand on dramatise à l'excès, alors qu'on a déjà un déficit, avec l'état du projet actuel, de 24 milliards, alors on passe de 24 milliards à 29 milliards, pour les pauvres français, le nombre de milliards qui volent, c'est incompréhensible.
– Regardez ce que dit Daniel, Daniel, il pose cette question, Sébastien Lecornu alerte sur une perte de contrôle total du pilotage de la sécurité sociale, n'est-ce pas le cas depuis longtemps ?
– Mais c'est déjà fait, et la réalité, c'est que l'ONDAM, tout le monde s'en fout. – D'autant que celui-là, il était très optimiste. – Absolument, personne ne le suit jamais, et la réalité, c'est que s'il n'y a pas de PLFSS, c'est beaucoup moins dramatique que pas de budget. Les cotisations continueront à être prélevées, il faut juste passer des décrets pour permettre les dépassements d'emprunts de la trésorerie de la sécurité sociale. Ça, ça peut se faire par décret, donc tout peut très bien continuer. – Est-ce que c'est politique, le problème politique, c'est que la suspension de la réforme des retraites ne serait pas votée.
C'est ça qui est dramatique, ce n'est pas les comptes de la sécurité sociale. – C'est pourquoi, pour sauver la suspension de la réforme des retraites, qui est la grande victoire des socialistes, les socialistes pourraient dire à Sébastien Lecornu, « Nous ne pouvons pas voter ce budget parce qu'il n'est pas assez bon pour nous, mais nous avons besoin qu'il passe, parce qu'il y a la réforme des retraites dedans, nous vous autorisons à utiliser un 49-3. » Et inventer d'une certaine manière le 49-3 d'autorisation parlementaire.
Ce n'est plus une arme verticale qui vient du gouvernement, ce n'est plus la foudre jupitérienne qui tombe sur l'Assemblée, c'est l'Assemblée qui offre au Premier ministre un droit de tirage sur un 49-3 exceptionnel. C'est encore possible, il reste une... – L'imagination constitutionnelle de Christophe Barbier, cela étant, se faire supplier, Sébastien Lecornu aime ça. Souvenons-nous qu'il avait dit, « Ma mission est terminée après l'échec de son premier gouvernement. » – Et il est revenu.
– Juste une question, si le vote de mardi n'est pas favorable sur le projet de finance de la Sécurité sociale, est-ce que Sébastien Lecornu reste à Matignon ?
– Oui, bien sûr, et vous verrez qu'il n'y aura jamais de dissolution, il n'y aura même pas de censure. Il y aura, et puis si, il y en a une, il y aura Lecornu 3, Lecornu 4.
– Bah, tout va bien alors. – Je vous fais une prédiction. – Tout va bien, si je vous écoute en ce début d'émission, c'est pas grave si le budget n'est pas voté, c'est pas grave si le projet de sécurité sociale n'est pas voté, et pire, vous êtes en train de nous expliquer que quel que soit le vote à l'Assemblée, Sébastien Lecornu va rester. Donc, pourquoi ? Tout ça pour ça ?
– Pour aller au sujet d'après, je pense que tout le monde ne pense pas ça, notamment Édouard Philippe. – Bah, alors, on y va. – Il dit que lui, on ne peut pas laisser filer et qu'il faut donner un coup d'arrêt à cette pente qui dévale.
– Eh bien, justement, qui peut encore sauver le budget ? C'est sans doute la question que se pose Sébastien Lecornu. Depuis hier, il sait qu'il ne pourra pas compter sur le soutien d'Édouard Philippe et de ses députés Horizon. Le Premier ministre, cet après-midi, a affirmé avoir fait travailler ses services sur l'hypothèche d'un rejet du budget de la Sécu et campe sur sa ligne PAD 49-3 et une Assemblée qui doit maintenant prendre ses responsabilités. Théo Manval et Aurélie Sanner.
– C'est un coup de canif de plus dans l'unité relative du socle commun. Mardi, Édouard Philippe a fait savoir que les 34 députés de son parti Horizon s'abstiendraient ou voteraient contre le projet de budget actuel de la Sécurité sociale. – Édouard Philippe, il est cohérent. Il a toujours dit qu'il fallait travailler plus pour permettre à notre pays de repartir de l'avant. Donc, il est difficile pour lui de soutenir un texte qui s'use pour les retraites. – L'ancien Premier ministre préférerait donc qu'un rejet du texte à l'adoption d'une version faisant, selon lui, trop de concessions au PS. De quoi mettre en difficulté et passablement agacer le Premier ministre à l'Assemblée.
– L'absence de projet de la finance de la Sécurité sociale qui nous amènerait, je cite, à une perte de contrôle totale du pilotage de la Sécurité sociale qui nous emmènerait à 29 ou 30 milliards d'euros de déficit pour l'année prochaine. Vous en conviendrez, celles et ceux qui sont attachés à la responsabilité, à la résorption du déficit, à notre souveraineté, ne peuvent pas dire, eh bien, rejetons le projet de loi de finances pour la Sécurité sociale, ça fera 30 milliards d'euros de déficit et on réglera ça plus tard. – Édouard Philippe acte donc un peu plus sa rupture. Lui qui a pris ses distances depuis des mois avec tout ce qui le liait à Emmanuel Macron.
– J'ai beaucoup de respect pour le président de la République qui m'a nommé Premier ministre, mais je ne lui dois rien. Il se trouve que je ne suis pas totalement aligné sur le président de la République et il se trouve que je n'ai pas envie de renoncer à ma liberté de parole. – Une bonne façon de revenir à plus de clarté, c'était que le président puisse partir dignement, de façon ordonnée. – Un appel à la démission pour se démarquer d'un président impopulaire en vue de sa propre candidature pour lui succéder en 2027. Mais celui qui était vu comme le mieux placé au centre-droit il y a quelques mois, dévisse depuis dans les sondages.
Donné à 23,5% en avril au premier tour face à Marine Le Pen, il est descendu à 17% le mois dernier et désormais donné battu lors d'un second tour. – Si vous pensez que la bonne boussole de la vie politique dans une période de crise c'est les sondages, c'est que vous n'avez pas compris ce que c'était que gouverner ou diriger un pays. – Son acte de sécession sur le budget de la Sécu passe en tout cas très mal dans la famille centriste. – Je crois que ce dont on a besoin aussi, c'est de sang-froid et de nerfs solides. Le choix qui est le mien, c'est de tout faire pour avoir aujourd'hui une stabilité, une sérénité et demain une rupture et un espoir pour les Français.
Et ça, ça interviendra en 2027. – Sans le soutien des élus Horizons, le gouvernement va devoir s'assurer le vote favorable d'autres groupes. Chez LR, Laurent Wauquiez ne s'y trompe pas et pousse pour arracher en échange le retrait de la hausse de la CSG sur les revenus du capital. – Ce dont on parle, c'est de mettre une hausse de CSG sur l'épargne populaire des Français. On parle de l'assurance-vie, on parle du plan d'épargne logement, on parle de l'épargne de la France qui travaille et qui a travaillé toute sa vie. Et on est parti en nous expliquant que seuls les plus hauts revenus allaient payer et on finit en faisant la poche des classes moyennes.
Donc là, pour moi, dans ce qui doit bouger, c'est un élément qui est central. – Une demande d'ailleurs partagée par un certain Édouard Philippe et sur laquelle le gouvernement semble vouloir entreouvrir la porte. – Nous, on n'est pas particulièrement attachés à cette mesure. Ce qu'on dit, c'est que si on la retire et si on la modifie, il faut qu'on puisse compenser en face. – Au risque de fâcher cette fois les socialistes et menacer à nouveau le texte, épilogue de ce casse-tête pour le gouvernement lors du vote sur le PLFSS, mardi prochain.
– Alors une question sur Édouard Philippe. Si Édouard Philippe faisait tomber le gouvernement le cornu, que pourrait-il y gagner ? Il y a une interrogation sur la stratégie d'Édouard Philippe qui a dit clairement, au nom de mes convictions, je ne peux pas voter un budget dans lequel il y a la suspension de la réforme des retraites et la hausse de la CSG.
– Je crois qu'il a trois objectifs, mais pas celui de faire tomber le gouvernement le cornu parce que le gouvernement peut survivre à un non-vote, un rejet du budget de la Sécu. Le premier objectif, c'est de casser cet accord entre le cornu et les socialistes qui remplit le budget de mesures de gauche, à commencer par la suspension de la réforme des retraites. La première réforme des retraites, rappelez-vous, en 2019-2020, c'était Édouard Philippe. Ensuite, le deuxième objectif, c'est de grignoter le territoire de la droite sur le thème, les comptes publics, la tenue, la rigueur, c'est moi, fils spirituel de Juppé, c'est pas les Républicains.
Le revoquiez s'y est pas trompé puisqu'il a tout de suite dit, mais il est comme nous, il nous rejoint, on pense pareil. Puis le troisième objectif, c'est de ne pas apparaître comme l'héritier d'Emmanuel Macron, de ne pas être le gestionnaire du bilan, de ne pas essayer de sauver cette fin de quinquennat. Il ne cesse de pratiquer la rupture, le droit d'inventaire. Quand il dit, il faut qu'il démissionne, c'est la même chose que de dire, je ne ferai pas de cadeau pour que le président ait encore une année tranquille.
Avant d'aller sur sa stratégie politique pour la présidentielle, qui est loin, là, sur la situation actuelle du vote du budget, est-ce que le fait qu'il dise, ce sera sans nous, avec les députés horizon, est-ce que ça fait basculer le vote vers la mission impossible ?
Pas totalement, parce qu'en fait, ça dépend aussi des consignes des autres, mais ça rend évidemment l'échafaudage de Sébastien Lecornu extrêmement bancal et pratiquement en train de verser dans le fossé. Donc très difficile. Cela étant, ça a déjà été le cas en première lecture à l'Assemblée. C'est passé de manière presque miraculeuse à 16 voix moins 5 voix où il s'était trombé. Donc en fait, en réalité, c'est 11 voix. Donc du coup, ça devient un vote imprévisible. Mais qui, là, quand même, risque peut-être de basculer du mauvais côté pour Sébastien Lecornu. Et évidemment, Édouard Philippe, dans ce cadre-là, a une responsabilité importante.
Mais elle est assez cohérente aussi avec sa position qui est mettre de l'ordre dans les rues et dans les comptes. Donc là, il y a à la fois le fait de ramener la retraite, le départ de retraite à 62 ans, lui qui prône le 67 ans, et quand même une certaine orthodoxie budgétaire. Et là, on en est très loin. Donc c'est deux des éléments, des déterminants, peut-être un peu identifiés par les Français pour Édouard Philippe. Et il le perdrait à la faveur de ce budget pour aider Sébastien Lecornu. Quand même, au passage, donc il rompt avec Emmanuel Macron. Ça, c'était le mois dernier. Ce mois-ci, il romprait avec Sébastien Lecornu. Qui est son ami. Qui est son ami.
Ça, vous l'avez dit rapidement tout à l'heure, c'est peut-être important d'y revenir. C'est le club...
C'est un club qui s'était formé dans la débâcle de 2016-2017. Toute cette équipe de jeunes hommes de droite s'était organisée dans un club, le Belota-Belota. Il y avait Gérald Darmanin, il y avait Sébastien Lecornu, il y en avait quelques-uns, qui étaient contre la candidature de François Fillon et qui ont rejoint celle d'Emmanuel Macron une fois élu. Et ils ont tous, entre-temps, pris des postes. Lui, Premier ministre, des autres ministres. Et certains sont encore ministres, Premier ministre, même pour ceux qui sont connus. Et Gérald Darmanin, qui est quand même toujours ministre important.
Ce qui est intéressant, c'est de voir à quel point cette décision a été une onde de choc pour ce qu'on appelle encore le bloc central. Je ne sais pas si ça veut encore dire quelque chose avec quelques confidences rapportées par le journal Le Monde aujourd'hui. Regardez.
Edouard Philippe a plié le game. Ça sent très mauvais, c'est mission impossible. C'est chaud. Si même Horizon n'est pas foutu de voter pour alors qu'ils sont au gouvernement, je ne vois pas comment nous allons, nous, pouvoir soutenir ce texte.
Alors, bloc central et les socialistes aussi, en tout cas, tous ceux qui essaient de faire passer, notamment, la suspension de la réforme des retraites.
Non, mais le risque de cette tactique, de ce coup politique, parce qu'il fait de la politique, Edouard Philippe, avec cette affaire, c'est qu'on lui mette, effectivement, l'échec et le désordre sur le dos. Comme tout co-politique, c'est toujours un peu au pile ou face, pas sûr qu'il soit gagnant. S'il est gagnant, il lui sera reconnaissant de plusieurs choses, d'être, effectivement, honnête avec lui-même et son ADN, c'est-à-dire de ne pas pouvoir voter avec des choses auxquelles il est complètement hostile. Il faut voir quand même sur le fond ce que ça représente pour lui de voter pour la suspension de la retraite. C'est absolument impossible.
D'ailleurs, vous avez dans les échos aujourd'hui un article de Patrick Carré, qui est un inspecteur général de gauche socialiste, qui a été directeur de la législation fiscale, et qui dit, le pire, ce n'est pas l'absence de budget, mais le compromis, quoi qu'il en coûte, à nos enfants. Donc, même à gauche, on considère que c'est une erreur fatale de faire cette marche arrière sur les retraites, alors, à forcerie, à droite. Et pour Edouard Philippe, qui sera comptable de ses votes, dans la prochaine présidentielle, il va dire, mais vous avez voté quoi, vous ? Donc, il veut absolument être droit dans ses votes.
Il a dit, dans la rupture avec Macron, quand il dit qu'il faudrait mieux qu'il s'en aille, il a dit maintenant, il a confié à des amis avant, quel que soit le danger de cette position, je veux dire ce que je pense. Donc, il a dit ce qu'il a pensé sur Macron, il dit ce qu'il pense sur les retraites, et puis, il aura pris ses risques, et au moins, il sera resté fidèle à lui-même. Ça peut capoter, il peut se coucher, ça peut être un très mauvais coup, mais au moins, il aura eu l'honnêteté de dire ce qu'il pense.
Jean-Pierre Fourquet, il pense peut-être qu'on peut gagner une présidentielle en disant la vérité ?
Ben, peut-être.
Quel choix qu'il avait ?
Peut-être, en tout cas, au moins, en étant en cohérence avec ce qu'il a toujours prôné, parce que ce qui se passe là aujourd'hui, c'est qu'on voit comment beaucoup de responsables politiques pour le vote d'un budget, mais aussi, peut-être aussi, pour se maintenir au pouvoir, sont capables de revenir sur toute une série des mesures, des engagements, des positions qu'ils avaient prises. Et ça, ça continue très fortement à bien distendre le lien entre les Français et la politique. Édouard Philippe se dit, nous, il faut qu'on remette un peu de clarté et d'ordre, pas uniquement dans les comptes, peut-être aussi dans la vie politique, pour qu'au moins, les gens aient une boussole.
Parce que, rappelez-vous, on a parlé du Nouveau Monde et du Big Bang électoral avec l'élection présidentielle de 2017. Et, quelques mois plus tard, Édouard Philippe, étant nommé Premier ministre, avait eu cette formule, la poutre travaille encore, en disant, la recomposition politique n'est pas terminée. Ben, on est aujourd'hui, peut-être, dans la saison 3 de cette affaire-là. Et on voit comment la droite est aujourd'hui en grande difficulté. On parle d'un bloc central. Alors, un bloc donne quand même l'idée de quelque chose qui est solide.
On parle à tort d'un bloc central.
Et donc, on voit bien que là, il y a autant de positions que d'acteurs. Et Édouard Philippe se dit, face à quelque chose qui est un invariant ou qui est une donnée de base du paysage électoral, c'est-à-dire la très forte audience du Rassemblement national, il faut qu'il y ait un pôle de stabilité, il faut qu'il y ait de la cohérence en face. Et c'est ça que je veux essayer d'incarner avec ce qui a été rappelé, l'idée que Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron cherchent à gagner du temps dans un Titanic qui, inexorablement, est en train de s'enfoncer. Et lui, il a dit, il faut absolument qu'on se descotche de ça et que je prenne ma part d'autonomie.
Mais les Français, quand Édouard Philippe dit en gros la stabilité pas à n'importe quel prix, c'est un peu ça qu'il explique. Est-ce que les Français pourraient lui en tenir rigueur ? Parce qu'évidemment, vous avez raison, on commence déjà à charger Édouard Philippe de tous les maux. Les ingénieurs du chaos ne sont pas que chez le RN et chez la France Insoumise. Avec Édouard Philippe, on en a un troisième. Ça, c'est Olivier Faure qui dit ça. On a vu que Gabriel Attal appelait à tout le monde à garder son sang-froid, sous-entendu. Édouard Philippe n'en a pas. Est-ce que, aux yeux des Français, c'est la stabilité à tout prix ?
Alors, ça dépend lesquels. Édouard Philippe, lui, parle d'abord aux Français de droite. Et les Français de droite, notamment des retraités, notamment des chefs d'entreprise, sont quand même assez sidérés de ce qui s'est passé ces derniers mois. Vous avez vu comment a été reçu Sébastien Lecornu quand il a échangé avec des chefs d'entreprise, avec des représentants de chefs d'entreprise, en disant, ne croyez pas ce qu'on vous raconte, toutes ces taxes ne seront jamais votées. Donc, les entrepreneurs, eux, ne savent plus du tout à quel sens se vouer. Ils savent que l'addition va être lourde. Et c'est d'abord à tout cet électorat-là qu'Édouard Philippe parle en disant...
Qui aime aussi l'ordre, cet électorat-là de droite qui ne va pas aimer le désordre et le fait qu'on s'enfonce dans le rouge sur les comptes publics.
Oui, qu'on dise, voilà, on est en pilotage complètement incontrôlé. Le véhicule État est en aquaplanning. Là, on est à 30 milliards, etc. Alors, pour beaucoup de Français, ça ne parle pas. Mais pour les chefs d'entreprise, il y a un vrai sujet. Et lui, c'est d'abord à ces gens-là qu'il s'adresse, parce que c'est sa base électorale. Accessoirement, s'il peut faire une OPA sur ce qui reste des Républicains, il ne va pas s'en priver. Et donc, même si toute une partie des Français ne sont pas sur des positions assez rigoureuses en matière budgétaire, lui, il parle à son camp qui est complètement déboussolé et qui assiste, atterré à ce spectacle depuis plusieurs mois.
Surtout que dans les sondages, on voit bien que le cornu qui baisse, il perd surtout dans son camp. Il monte à gauche, c'est quand même extraordinaire. Et effectivement, il y a tout un peuple de droite qui est un peu atterré de ce mano-en-la-mano entre le gouvernement et le Parti Socialiste et toutes les concessions que le gouvernement a dû faire. Et donc, Sébastien Lecornu a dû assumer cette alliance pour ne pas tomber. Mais le peuple de droite ne comprend pas très bien et est heurté.
Et donc, comme il y a un peu un vide en ce moment, puisque Bruno Retailleau s'est dégonflé, que Laurent Wauquiez n'arrive pas à décoller et que Bardella règne et en mettre sur les sondages, effectivement, Édouard Philippe s'est dit « mais il y a peut-être un créneau à prendre, là, il faut récupérer, retrouver ce peuple de droite qui est en train de nous filer entre les doigts. » Et donc, il a laissé tomber son positionnement le plus jupé qui était un peu l'ouverture au centre-gauche pour retrouver ses habits de droite et réconforter et rassurer un peu le peuple de droite. – Christophe Barbier,
peut-il avoir l'étiquette du traître pendant les mois qui viennent ? Est-ce que, c'est ce que beaucoup ont dit des macronistes de la première heure, ulcérés de voir Édouard Philippe dire « je ne dois rien à Emmanuel Macron », est-ce que ça peut l'empêcher, ça peut le gêner d'avoir cette étiquette-là ?
– Il a déjà l'étiquette du traître puisque la droite considère qu'il a trahi la droite en allant travailler avec Macron. Donc là, il a une deuxième étiquette du traître et c'est vrai que par ses propos, par ses saillies, il n'a pas du tout une récompense à droite. Les électeurs de droite ne reviennent pas vers lui pour l'instant et il est abandonné par les électeurs macronistes purs et durs.
Maintenant, si la figure du traître empêchait d'être élu président de la République, je ne suis pas sûr que Nicolas Sarkozy, dans son attitude vis-à-vis de Jean-Pierre et même François Hollande, dans son attitude, non pas vis-à-vis de François Mitterrand, mais vis-à-vis de Ségolène Royal en 2007 et Emmanuel Macron, bien sûr, en 2017. Ça peut être un atout, c'est ça que vous êtes en train de m'expliquer ? Le tout, c'est de trahir bien et de trahir efficace. Pour l'instant, ce n'est pas le cas chez Edouard Philippe. La trahison, pour l'instant, on n'a pas de rentabilité, mais on est loin du but.
Et c'est ce qu'il disait dans le reportage. Il disait, à un moment donné, quand on fait de la politique, si on a le nez sur les sondages, qu'ils le disent tous quand les sondages ne sont pas bons, mais il n'y a pas totalement tort, on est quand même très loin.
Mais ce qui est intéressant, Christophe Barbier évoque Nicolas Sarkozy, Edouard Philippe est allé voir Nicolas Sarkozy. C'était avant la prison de la santé, avant qu'il soit emprisonné. Et il l'avait rencontré. Et c'était surtout avant qu'il fasse sa sortie sur « Je ne dois rien à Emmanuel Macron » et qu'il acte la rupture. Et Nicolas Sarkozy lui a dit, de toute façon, pour être élu président de la République, à un moment, il faut rompre et il faut trahir. Ce n'est pas grave de trahir. Tous ceux qui ont été élus ont trahi à un moment, à un autre. Je ne sais pas si c'était le bon conseil qu'il lui a donné à ce moment-là.
Mais ce qui est certain, c'est que sous la cinquième, il y a des rites de passage. Il y a la baisse dans les sondages, il y a une forme de trahison, il y a une émancipation, il faut tuer le père. Alors lui, ce n'est pas le père, mais bon, voilà. Donc, j'allais dire, Edouard Philippe, il a éprouvé les sondages très hauts. Ça, c'était la sortie de Matignon en 2020. Ça a duré un certain temps. Maintenant, il éprouve les sondages qui baissent. Est-ce que c'est rédhibitoire ? C'est très difficile d'être formel si loin de l'élection présidentielle.
Ce qui a été rappelé dans le reportage aussi, il a des ministres dans ce gouvernement, Edouard Philippe. Qu'est-ce qui va se passer ? On peut ne pas voter le budget ? Franchement, le gouvernement,
c'est un peu l'auberge espagnole. Il y a des ministres... Il y a des LR. Il y a des LR qui sont en rupture avec Bruno Retailleau. Maintenant, il y a effectivement des horizons, des philippistes. C'est même la cohérence totale. La ministre chargée des Handicapés, Charlotte Parmentier-Lecoq, est philippiste. Elle s'est inquiétée de voir disparaître le milliard et demi qu'elle a obtenu pour l'autonomie. Le président de la Commission des Affaires Sociales et du groupe Horizon, il s'est inquiété de voir la sécurité sociale sans pilote. Ça ne les empêche pas de participer aussi à cette opération qui est purement politique. Il y a une incohérence dont les Français se rendent compte.
Et je pense que tous ceux qui participent à ça seront très sévèrement punis à un moment donné. D'ailleurs, la dernière étude qui montre que les Français mettent en numéro...
Alors, on l'a, on l'a. Regardez, dans le détail, dans le détail, Sylvie-Pierre Brosselet, d'après vous, quel est le problème le plus important, le plus important pour la France aujourd'hui ? 30% la vie politique. 27% l'inflation et les prix. 24% la justice et la criminalité. Sondage du Cévit-Pof pour l'opinion. Est-ce que ceci vous a surpris ou pas ?
Oui, oui. Et en partie, c'est ce qu'on disait, les Français ont perdu leur boussole. On dit, je me répète, un seul député qui vote. Oui, bien sûr. Les gens disent, mais on fait des tonnes de cèdent en l'air là-dessus, on décortique tous les amendements, etc. On négocie dans les arrières-cuisines et à la finale, personne n'est là pour voter. Avec des étiquettes qui ont valsé, avec des gens qui... Rappelez-vous, LR, Bruno Rotaillot, sort de manière totalement incompréhensible du gouvernement. On dit, tous les LR qui participeraient au gouvernement seraient automatiquement exclus. Il y en a six qui rentrent. Il ne se passe rien.
Toutes les étiquettes, on va le sais, regardez le positionnement de Rachida Dati, par exemple, etc. Et les Français entendent les milliards s'accumuler en déficit. Deuxième priorité ou le deuxième problème, la vie chère. Les sujets ne sont pas réglés. On disait, voilà, c'est un petit théâtre, on amuse la galerie, on ne règle pas les problèmes. Et en plus, alors ce n'est pas complètement nouveau, mais en plus, on n'y comprend plus rien. C'est-à-dire que les étiquettes ont été brouillées, on ne sait plus, parce que, ce que vous rappeliez, les fameux épisodes de trahison, on tuait le père, etc. Donc, il y avait le canal historique et puis il y avait les autres.
Mais là, tout a été complètement dispersé, recomposé, et les Français ont le sentiment d'une perte de contrôle totale.
Pas que sur les comptes publics.
Pas que sur les comptes publics. Un pays qui est complètement à l'arrêt. C'était 7% le chiffre, il y a cinq ans. 7% d'inquiétude sur la stabilité politique, c'est 30%.
Juste un mot sur Renaissance, on a vu passer rapidement tout à l'heure Gabriel Attal, qui peut encore sauver le budget et Sébastien Lecornu. Est-ce que ce qu'il reste de parti, qui n'est plus parti du président, mais je veux dire, est-ce que tous ont quand même une forme de solidarité vis-à-vis de Sébastien Lecornu ?
92 députés, je pense que celui qui est le moins lié aujourd'hui au président de la République, c'est probablement Gabriel Attal. La rupture est vraiment consommée entre les deux hommes. Il trace sa route, sans doute voit-il un peu plus loin que 2027, pas sûr que pour lui ça marche en 2027, mais en tous les cas, il s'inscrit dans cette trajectoire présidentielle. Il regarde surtout Jordan Bardella pour l'instant de loin et peut-être le retrouver dans un combat présidentiel. Mais ce qui est certain, c'est qu'on voit bien, il règle ses comptes avec Edouard Philippe, il est dans le combat interne de ce sort commun.
Je pose la question autrement. Est-ce que Sébastien Lecornu a encore des amis, je ne sais pas, mais des alliés solides dans cette dernière ligne droite ? Qui ?
Il n'a aucun allié solide, c'est chacun pour soi. Et Sébastien Lecornu, s'il a quelques ennuis aujourd'hui, c'est parce qu'il est sur le bord de devenir un concurrent pour ceux qui étaient déjà là. Donc, ni Edouard Philippe, ni Gabriel Attal n'ont envie d'avoir Sébastien Lecornu à la tête d'une victoire politique parce que si le PLFSS, puis le budget passe, avec la méthode Lecornu, du moins de soldats, comme vous l'avez bien incarné, il devient tout à fait un personnage clé pour la suite. Un présidentiable. Un présidentiable. Même s'il échoue. Qui est efficace. Non, non, s'il réussit. Donc, il ne faut pas qu'il réussisse. Donc, il lui scie la branche dans tous les sens.
Là, Gabriel Attal fait mine de critiquer Edouard Philippe, mais demain, c'est lui qui canonnera. Donc, ils sont tous en compétition pour 2027 et évidemment, Lecornu ne doit pas venir les gêner. Donc, il n'a plus aucun allié. Et c'est vrai que son meilleur allié, c'est Olivier Faure. C'est quand même un comble. Christophe Barbier. Il y a des gens qui cherchent encore à faire un compromis, pas pour sauver Lecornu, mais pour éviter que le pays aille au volo. C'est le modem, c'est une partie du groupe renaissance. Arithmétiquement, c'est totalement insuffisant. Mais il est vrai que la présidentielle 2027 pourrit tous les calculs et toutes les attitudes.
Édouard Philippe, Gabriel Attal ne veulent pas que Lecornu se transforme en présidentiable. Olivier Faure espère que s'il rapporte à ses électeurs des victoires, il redeviendra présidentiable. Il se frotte les mains de l'échec ou le coup d'arrêt dans les sondages de Glucksmann. Évidemment, Mélenchon considère qu'en montrant que l'alliance des sociodémocrates et des centristes macronistes est un échec, il deviendra l'incontournable candidat unique de la gauche. Tout le monde pense à 2027 pour lui et personne à 2025 pour la France.
Et ça, je pense que ça va faire naître une grande colère dans l'opinion dont on va mesurer une première partie d'éruption municipale mais dont la grande éruption sera pour la présidentielle.
Alors justement, cette discussion budgétaire se déroule sur fond et vous l'avez dit les uns les autres d'ambition présidentielle mais aussi de campagne pour les municipales en mars prochain. La campagne a commencé à bas bruit et la domination du RN dans les sondages bouscule la droite et les LR à tel point que localement l'union des droites n'est plus tabou comme à Bourg-en-Bresse dans l'Ain. Théomane Val, Arnaud Forat et Dominique Lemarchand. C'est une ville laboratoire de l'union des droites pour les prochaines élections municipales. À Bourg-en-Bresse ce matin-là, l'alliance se noue à l'entracte.
Vous vous êtes mis là ? On va être à votre jour en fait.
Dans le rôle principal, Benoît de Boisson, candidat reconquête. À ses côtés est Pierre Lurin, son allié, les Républicains.
J'ai un homme remarquable mais là je ne peux pas passer Pierre.
Une alliance locale entre la droite et l'extrême droite autour d'un programme commun et en dehors du cadre des partis.
On a voulu, et ça c'est très important, qu'effectivement les partis politiques ne se mêlent pas de cette ambition de rassemblement. Est-ce qu'on se pose la question dans l'ensemble des conseils municipaux de ce pays, savoir s'il y a des membres du Rassemblement national, socialistes, de reconquête, républicains, centristes, qui cohabitent, bien évidemment.
Ça peut paraître quand même un petit surprenant de prime abord cette alliance entre reconquête et les républicains.
Non, ça n'est pas surprenant. Ça ne sera surprenant que pour ceux qui ont peur de perdre leurs privilèges politiques. Ça n'est pas surprenant. Pourquoi ? La gauche l'a fait depuis 1972. Pourquoi la droite ne pourrait-elle pas s'unir ? Qu'y a-t-il de surprenant ? Nous n'avons pas l'expérience, certes, mais nous en avons aujourd'hui la nécessité et en tout cas les électeurs l'exigent.
Une union des droites poussée au niveau national par certains cadres des républicains.
Il y a beaucoup de monde qui partage les mêmes idées. Chacun est dans son coin. Personne ne se parle. Donc je veux construire ce rassemblement de la droite. On nous sort toujours le vieil épouvantail. Alors vous allez vers l'extrême droite, etc. C'est Xavier Bertrand qui réagissait avec des postures de notables des années 90. Enfin, tout ça, c'est fini, quoi.
Une ligne assumée qui à Bourg-en-Bresse fait bondir le maire socialiste Jean-François Debas, candidat à sa propre réélection.
C'est une dérive complète qui est inscrite en fait dans les gènes de ce que dit Laurent Wauquiez depuis 10 ans dans cette région. Nous sommes dans la région Auvergne-Rhône-Alpes qui fait que les héritiers du général de Gaulle sont maintenant les valets et les porteurs de valises des héritiers du maréchal Pétain. On assiste aujourd'hui à la déliquescence finalement de ce qu'est ce parti.
Mais l'alliance ne fait pas vraiment l'unanimité à droite. Quand sur le marché de Noël, l'élu LR croise un collègue horizon il tente de le convaincre.
Pourquoi on ne se parlerait pas ? Mais on a vocation à faire quelque chose sûrement. On se connaît depuis longtemps avec Pierre donc au-delà de la politique on parle aussi de sujets personnels et tout simplement voilà. Mais après la politique est un autre sujet effectivement.
Christophe Coquelet a décidé de quitter les Républicains il y a un moment déjà en désaccord avec la ligne du parti.
C'est sûr que ce n'est plus le parti d'avant qui était rassembleur où on pouvait se retrouver entre la droite et le centre on ne peut pas dire que Bourg-Ambition qui est ministre conquête c'est la droite et le centre ce n'est pas vrai et il faut être clair et transparent encore une fois avec les électeurs c'est faux de dire ça c'est l'extrême droite voilà. on peut se reprendre du vin chaud s'il vous plaît ce qui les intéresse c'est l'hégémonie c'est la place les LR quand on voit on dit plan national comment ça se passe c'est une hécatombe donc est-ce qu'on est obligé de se rapprocher un petit peu avec tout le monde pour avoir une place c'est pas dans mon ADN
des électeurs désabusés et une famille à l'air visiblement un peu embarrassée la direction du parti n'a toujours pas officiellement commenté l'alliance entre les républicains et reconquête à Bourg-en-Bresse Christophe Barbier votre réaction à ce reportage est-ce que ce qui se passe à Bourg-en-Bresse pourrait se passer ailleurs au municipal et qu'est-ce que cela raconte des LR
oui ça raconte des LR que l'union des droites c'est plus une hypothèse c'est même pas une tentation c'est une expérimentation on est au stade laboratoire avec Bourg-en-Bresse on l'a vu avec Martine Vassal à Marseille qui déclare on verra au soir du premier tour si une négociation avec le RN est possible même si elle a démonté après elle l'a quand même dit et à Montauban dans une législative partielle le Retailleau a non pas appelé à voter pour le candidat suatiste mais à voter contre l'autre ce qui est déjà faire la moitié du chemin que se disent les LR qu'ils ont une chance comme tout le monde mais quand même faible d'avoir un candidat à la présidentielle qui soulève les foules et qui permette d'être au second tour si ce n'est pas le cas et s'il y a un face à face entre Bardella droite LR n'a pas besoin de consigne il va voter massivement Bardella c'est ce qu'a dit Laurent Wauquiez clairement c'est ce qu'a dit Nicolas Sarkozy dans le Figaro début septembre c'est ce qu'ont répété des tas de cadres LR et ce que dit Laurent Wauquiez mais il ne faudra pas soutenir Bardella et faire sa victoire sans obtenir quelque chose donc l'arche d'alliance elle est en train d'être rédigée Bardella tu seras président c'est comme ça c'est le fruit des circonstances tu as eu de la chance mais tu n'as pas d'équipe tu n'as pas de quoi faire un gouvernement tu n'as pas de programme tu sais bien qu'il ne tient pas la route le programme d'ailleurs ce n'est pas toi qui l'as rédigé c'est les proches de Marine Le Pen ils sont beaucoup trop sociaux ce n'est pas ton idée nous t'offrons la compétence nous t'offrons un programme plus raisonnable et surtout nous t'offrons la certitude d'avoir une majorité aux législatives parce que les français s'ils voient qu'ils ont mis un président RN pour éviter Mélenchon président ce n'est pas dit qu'aux législatives qui suivent ils donnent une majorité à ce président ils ont fait le coup à Macron ils peuvent le refaire à Bardella si on a une alliance alors ça ne sera pas le programme du RN ça sera le programme vraiment très proche du LR dur il y aura des éléments RN sécurité, immigration il y aura beaucoup d'éléments LR économie sociale et voilà que l'union des droites se sera faite à l'insulte de son plein gré pas ce qu'il fallait éviter Mélenchon c'est ce scénario qui est dans toutes les têtes
économie sociale c'est peut-être le sujet sur lequel il va y avoir des passerelles peut-être difficiles avec le RN canal historique de Marine Le Pen
et que restera-t-il du canal historique de Marine Le Pen si elle est éliminée par la justice un an avant la présidentielle que restera-t-il de ce canal historique si dans les législatives des candidats plus libéraux des candidats plus conservateurs sont élus
son électorat il restera son électorat l'électorat du Nord l'électorat populaire
quel autre choix aura-t-il
d'accord
et il faut peut-être repartir de la récompétrique tout d'abord c'est-à-dire qu'aujourd'hui LR la dernière candidature à la présidentielle c'est moins de 5% et on a vu aux européennes aux alentours de 7-8% puis tout d'un coup à droite on s'est mis à rêver autour de la personnalité de Bruno Rotaillot qui avait écrasé son rival monsieur Wauquiez lors de l'élection interne en mai 2025 par 74% des voix il y a quand même eu 100 000 votants donc là on s'est dit il y a un parti 100 000 votants il y a un patron il y a Beauvau et puis patatras il y a la fin du gouvernement Bayrou et Bruno Rotaillot qui saute du train et donc la dynamique est stoppée net et donc on se dit là c'est pas le énième match ou l'énième avatar du débat sur l'union des droites parce que c'est plus du tout comme avant avant c'était la droite qui était leader et on l'accusait de se salir les mains pour récupérer les 15% de voix RN aujourd'hui le partenaire majeur d'une future coalition c'est le RN qui dicte ces conditions et ce qui risque de se passer c'est ce qui s'est déjà qui a commencé à se produire c'est que ce qui reste de droite par la gravitation va être centrifugé une partie irait du côté de ce qui reste du bloc central par exemple autour d'Edouard Philippe et l'autre reste de l'électorat LR canal historique se dirait ben nous on vote est raide il ne faut pas oublier qu'au moment des législatives de 2024 alors il est parti un peu tout seul il n'a pas emmené beaucoup de monde avec lui mais c'est le patron du parti de l'époque Eric Ciotti c'est le patron du parti qui s'en va et donc ensuite il y a eu cette fameuse élection partielle et le RN indique qu'ils vont monter 600 listes pour les municipales et ce qu'ils attendent c'est des conquêtes mais aussi des compromissions à Bourg-en-Bresse ils ne sont pas sur la photo mais dans d'autres villes en disant Marseille ou autre vous avez été obligé de nous rallier là les planètes s'alignent parce que si Marine Le Pen est empêchée judiciairement c'est Jordan Bardella qui sera la tête du parti RN et qui est sur une ligne plus à droite alors ils sont dans l'ambiguïté parce que comme vous le disiez il y a tout un électorat populaire qui vote RN et qui ne serait pas prêt à acheter tout ça
mais il y a aussi
dans ces deux électorats l'envie d'une victoire l'électorat RN n'a jamais gagné et LR ils ont été battus à plate couture à plusieurs reprises
Juste une question rapide encore avec vous Jérôme Fourquet est-ce que l'électorat les sympathisants des LR ils sont déjà passés avec armé bagage en faveur d'une union des droites parce que j'avais ce sondage de l'IFOP pour Valeurs Actuelles 52% des français sont favorables à une coalition droite extrême droite 82% des sympathisants LR sont favorables à une coalition droite extrême droite donc eux ils sont déjà ils ont déjà fait ce travail là
ils veulent que leurs idées reviennent au pouvoir et donc c'est tout l'enjeu aussi pour Edouard Philippe c'est de proposer à cet électorat de droite une autre martingale gagnante en disant on n'a pas besoin de s'allier au RN on refait un espèce de bloc droite-centre mais sauf que ça on l'a déjà fait et la droite ne peut plus être le pivot vous avez entendu le monsieur dans le reportage qui disait au niveau national la droite c'est l'hécatombe et donc cet électorat
il y a des voix quand même qui s'expriment y compris chez LR comme Xavier Bertrand pour dire nous devons dire très clairement jamais d'alliance avec le RN il est élu du Nord également Xavier Bertrand est-ce qu'aujourd'hui il y a un différent au sein de ce parti sur la stratégie ?
Ils ne sont pas forcément majoritaires ça c'est certain mais il y a un nombre non négligeable de dirigeants les républicains qui ne sont pas sur cette ligne cette pente qui c'est vrai entraîne une partie des LR et on va le vérifier aux municipales je pense que l'union des droits si elle existe elle se fera sans doute par la base par les municipales mais Xavier Bertrand Valérie Pécresse Jean-François Copé et d'autres ne sont pas tout à fait sur la même musique que celle qu'on entend dans la bouche de Laurent Wauquiez qui fait une analyse très simple c'est ce que vient de faire Jean-Christophe Barbier en gros les LR ne peuvent pas revenir au pouvoir seuls c'est impossible c'est plié ils ne seront pas au second tour donc d'où l'idée qu'il a lui de se battre pour une primaire qui irait en gros alors il ne dit pas Eric Zamour il dit Sarah Knafo jusqu'à Edouard Filippe sans prix sans l'ERN sans l'ERN évidemment donc lui il estime que cet espace là sans Gabriel Attal aussi il ne l'avait pas dans cet espace là et donc il travaille sur ce périmètre il travaille sur cette idée de primaire qui pour l'instant a quand même assez peu de chance de voir le jour on voit bien que les horizons tordent le nez à cette idée là mais moi je mettrais deux bémols à ce qui a été dit un je pense que le programme économique est une vraie une vraie difficulté pour une grande partie des LR quand même et pour l'instant il n'y a aucun dirigeant ERN qui dit pour l'instant ils sont sur les 62 ans qu'on le veuille ou non et voire 60 il faut attraper l'électro-en-voqué et pour l'instant Jean-Philippe Tinguy et tous ceux qui donnent un peu le là sur le plan économique ils ne sont pas du tout ils restent sur une ligne très nationale sociale Laurent Wauquiez dit que c'est une pensée socialiste voire d'extrême gauche qui anime l'économie du RN donc il y a quand même une grande marche à gravir même si Jordan Barlella est travaillé en sous-main par les patrons il les voit il est reçu que la grande association la FEP s'interroge se dit c'est un peu les grands patrons se demandent s'il ne va pas falloir recevoir aussi Marine Le Pen à un moment ou à un autre donc on voit quand même que les patrons réfléchissent se disent on va essayer de changer le programme économique du RN mais ce n'est pas fait et la deuxième chose Marine Le Pen n'est pas encore éliminée du paysage politique elle peut très bien il suffit qu'en justice en appel elle ait deux ans d'inéligibilité et elle peut à nouveau concourir pour la présidentielle donc soyons prudents mais il y a certainement un renversement en atmosphère il y a encore deux ans c'était tout sauf le RN aujourd'hui c'est plutôt tout sauf LFI et donc ça permet beaucoup de compromis voire de compromissions à droite sous couvert de le pire ennemi c'est quand même LFI cet affreux antisémite c'est pas possible ils sont infréquentables ils sont même plus républicains et finalement Bardella qui est une belle caution puisqu'il n'a pas l'héritage Le Pen dans ses gènes paraît être plus fréquentable voire plus malléable par beaucoup des élites qui sont plutôt du côté de la droite et il y a même beaucoup de fonctionnaires et de hauts fonctionnaires qui préparent l'arrivée de Bardella en se disant on n'a pas envie de rester sur le bord du chemin pendant un quinquennat donc ils vont peupler les cabinets ils se préparent ils le bombardent de notes et il y a
ils ont effacé Marine Le Pen dans votre scénario
ils parient plutôt sur Bardella ils espèrent parce que Marine Le Pen c'est vrai c'est un cas perdu pour les gens de droite parce qu'elle elle est au fond elle est plutôt étatiste souverainiste à gauche sociale pour la fonction publique ça c'est pas du tout leur trip alors que Bardella quand il voit les patrons privés quand il voit les hauts fonctionnaires en privé par exemple sur les retraites il dit avec moi 64 ans on y reste mais il le dira après il peut pas le dire pendant la campagne mais il donne des assurances par dessous et donc Laurent Wauquiez qu'est-ce qu'il veut lui sait très bien qu'il n'y arrivera pas pour la présidentielle ce qu'il vit c'est effectivement occuper le pouvoir co-occuper le pouvoir si Bardella est élu et donc
il y avait cette question de Dominique pardonnez-moi dans le Haut-Rhin il dit exactement ce que vous dites je me permets de vous couper les républicains vont-ils devenir un allié et pourquoi pas une composante du RN pour les élections une partie
en disant on se dévoue pour la république on va les rendre raisonnables on va les normaliser grâce à nous le RN n'ira pas dans le mur et ne fera pas toutes les horreurs qu'il pourrait faire donc on va se dévouer Laurent Wauquiez président du groupe LR à l'Assemblée quasiment tous les membres de ce groupe ont été élus en duel face au RN aux législatives avec le Front Républicain c'est-à-dire qu'il y a énormément d'électeurs de gauche et Macroniste qui ont voté LR contre le RN et tous ces candidats-là ils le savent c'est-à-dire qu'ils sont élus dans l'Est de la France ou dans des circonscriptions rurales si jamais il n'y a pas d'accord et qu'il n'y a plus le Front Républicain ils passeront tous à la trappe
c'est fini le Front Républicain ?
il aurait eu beaucoup de mal à se reconstituer et s'il se reconstituait je pense qu'il marcherait beaucoup moins bien et puis il y a la nouvelle donne avec beaucoup de gens qui disent face à LFI et donc encore une fois vous voyez tout est brouillé
les français
n'ont pas complètement leur latin
à ce que vous nous disiez tout à l'heure c'est devenu une référence pour une partie de la droite Giorgia Meloni l'Italie qui emprunte moins cher que la France et qui affiche désormais une stabilité politique quand la France s'enlise dans des débats sans fin mais est-ce que la méthode est-ce la méthode Meloni qui a fonctionné ou est-ce le fruit des efforts passés qu'elles sont aujourd'hui les forces et les faiblesses de l'Italie reportage Juliette Perrault et Arnaud Fora dans la région industrielle des marches à l'est de l'Italie l'entreprise de Luca Barboni tourne à plein régime
nous sommes devant la chaîne de montage de notre produit phare la hot aspirante intégrée on commence par fabriquer le four il y a la machine qui assemble le matériau isolant puis ensuite il y a tous les composants et l'électronique
un produit innovant
la fonction de la hot aspirante est assurée par ses fentes sur le four l'air est aspiré vers le bas à l'aide d'un ventilateur
exporté dans toute l'Europe la garantie d'un emploi durable pour les 350 salariés de l'usine comme Simona
ici on peut avoir une situation stable on a la possibilité d'évoluer avec le temps de progresser dans ses compétences et d'avancer en même temps que l'entreprise une dynamique portée par le gouvernement de Giorgia Meloni qui soutient le Made in Italy au niveau national l'élément qui nous aide le plus aujourd'hui c'est un bonus une prime pour l'achat d'appareils électroménagers mis en place par le gouvernement mi-novembre et qui a pour but de redynamiser le marché c'est un outil qui va aider à générer et à stimuler la demande un petit miracle
économique italien qui s'illustre par les chiffres en un an le pays a divisé par deux son déficit public le taux de chômage est descendu à 6% mais à quel prix à 400 km de là dans la banlieue de Naples l'Italie montre un tout autre visage depuis deux mois ses salariés de l'usine Stellantis sont au chômage partiel
une partie de l'activité
de l'entreprise a récemment été délocalisée en Serbie tous ici oscillent entre inquiétude et colère et se préparent à une grande journée de grève
nous devons essayer d'alimenter la colère des travailleurs car ce gouvernement ne nous regarde pas donc le 12 décembre grève générale tous dans la rue camarades je pense que Mélanie vit sur une autre planète du moins à en juger ses déclarations puisqu'elle continue d'affirmer que l'emploi augmente dans le pays alors qu'il s'agit en réalité d'emplois précaires qui ne garantissent pas la stabilité et ne permettent donc pas aux gens de se construire une vie ça c'est ma dernière fiche de paye de ce mois-ci 1264 euros j'ai été embauché en octobre 1989 ça fait maintenant 36 ans et regardez ce que je gagne franchement je n'arrive même pas à tenir jusqu'à la moitié du mois c'est humiliant
une Italie à deux vitesses dans laquelle Giorgia Meloni assume une politique pro-business la première ministre d'extrême droite a même ouvert les portes du pays à plus de 500 000 travailleurs étrangers
bonsoir vous avez commandé deux verres de vin non ? dans ce restaurant
de Rome la moitié de la main d'oeuvre est immigrée Manuel 22 ans vient de Colombie et apprécie sa qualité de vie ici
ici avec notre salaire on peut se permettre d'aller dîner dehors une fois par mois ou de se faire plaisir sur autre chose en Colombie c'est possible mais il faut gagner environ le double pour ça alors les gars nous avons un tataki un artichaut avec pecorino et une parmigiana pour nous les patrons cette main d'oeuvre est cruciale car elle comble nos besoins sans elle on serait obligé de faire moins de couverts et de travailler moins de jours dans la semaine
ça veut dire que vous soutenez la politique de Giorgia Meloni
nous ce qui importe c'est de soutenir ceux qui nous aident vraiment peu importe qui c'est s'ils agissent pour nous ce sont les meilleurs à nos yeux je suis même prêt à changer mon vote s'il le faut selon un sondage
Ipsos publié hier 42% des Italiens se disent aujourd'hui satisfaits de la politique de leur première ministre une réaction à ce reportage Sylvie-Pierre Brossolette sur les liens qu'on faisait avec tout à l'heure nous évoquions le programme économique notamment du Rassemblement National la divergence qu'il pouvait y avoir entre Marine Le Pen et Jordan Bardella clairement Marine Le Pen n'est pas politiquement sur la ligne de Giorgia Meloni
non et Bardella l'est complètement d'ailleurs ils sont très proches ils s'entendent bien y compris au niveau européen alors que Marine Le Pen est proche de Salvini qui est l'allié pas tellement aimé de Giorgia Meloni et ils ont le même principe de réalisme économique Giorgia Meloni a écouté Draghi donc a fait en économie ce qu'il fallait faire et du coup elle a charmé Bruxelles qui l'abonde en crédit qui font que l'économie italienne tient pas très bien d'ailleurs beaucoup moins bien qu'on dit mais tient grâce à ses crédits européens et elle a en revanche culturellement lâché sur effectivement la culture l'audiovisuel public tout ce qui est culturel là elle a donné des gages à sa droite mais sur l'immigration elle a fait un tête à queue c'est extraordinaire comme elle est arrivée à persuader son opinion que finalement elle faisait bien puisque c'était l'immigration régulière qu'elle considérait et pas les clandestins irréguliers et elle a régularisé à tour de bras et personne ne lui en veut je veux dire qu'elle est très forte si Bardella arrive à faire ça chafou mais il y a une différence quand même dans la situation italienne vous parliez de Mario Draghi il faudrait aussi remonter et parler aussi de Monty parce que les réformes en Italie certaines ont été faites la retraite à 67 ans la rigueur budgétaire qu'avaient imposées Monty et Draghi font aussi que l'Italie peut toucher un petit peu commencer à toucher les dividendes de cette politique difficile et des réformes qui n'ont pas été faites en France et notamment ces fameuses réformes des retraites qui ne sont pas allées assez loin et qui font qu'aujourd'hui elles plombent énormément les comptes français donc c'est aussi un des éléments de la petite réussite italienne du moment
et nous parlions du rassemblement national mais Laurent Wauquiez a dit Georgia Melanie montre la voie du redressement par une véritable politique de droite nous avons beaucoup parlé de la droite ce soir un mot et je me tourne vers vous sur les enquêtes d'opinion concernant allez on va dire ça le bloc de gauche on a évoqué la France insoumise est-ce qu'elle peut tirer son épingle du jeu dans les enquêtes d'opinion on voit que Raphaël Glucksmann est aux alentours de 13,5% c'est un sondage de Doxa du 25 novembre je le précise et que Jean-Luc Mélenchon est à 11 il conteste ces sondages en disant que de toute façon il n'arrive pas à être testé et qu'à chaque fois les instituts se plantent sur son compte est-ce que la dynamique est encore du côté de Jean-Luc Mélenchon ?
alors ce qu'il faut avoir en tête c'est qu'effectivement en début de campagne alors là est-ce qu'on est en début de campagne ? en début de campagne
après ce que vous avez dit oui
Jean-Luc Mélenchon est à peu près crédité de 10 à 12% et ensuite de par ses qualités de débatteur de campagneur comme dirait les américains il arrive à s'imposer et puis il y a une mécanique de vote utile qui les deux dernières fois ont fait qu'il a siphonné tous les autres tous les autres électorats de la gauche et donc là la question qui se pose c'est en gros qui sera face au candidat ou à la candidate du RN en finale est-ce que c'est quelqu'un du bloc central ou de la droite ou quelqu'un de gauche et à gauche les sociodémocrates espèrent que cette fois-ci il y aura un candidat Glucksmann ou un autre qui sera capable de tenir la dragée haute à Jean-Luc Mélenchon avec des affrontements qui ont été très violents au sein de la gauche et qui rendent aujourd'hui peut-être la dynamique de vote utile un peu moins efficace avec néanmoins un adjuvant qui est très important à gauche c'est de se dire si le RN est en passe de l'emporter il faut que nous on se rassemble aussi de notre côté
Très vite Christophe Barbier on a beaucoup parlé ce soir de ce qui pourrait sauver Sébastien Lecornu du débat budgétaire évidemment le jeu n'était pas du tout le même entre le Parti Socialiste et la France Insoumise selon l'issue de mardi prochain est-ce que l'un ou l'autre se sortira mieux de la séquence ?
Il va de soi que si le budget de la sécurité sociale n'est pas adopté et que donc que la réforme des retraites n'est pas suspendue ça sera un échec pour le Parti Socialiste il a entraîné son électorat dans un jeu de la raison du pacte tacite de non-censure en disant on va obtenir des grandes victoires le renoncement en 49-3 victoire juridique et la retraite supprimée enfin la réforme des retraites suspendue grande victoire sociale évidemment Jean-Luc Mélenchon doit déjà fourbir la note de blog qu'il va rédiger au soir du 9 décembre ou du 12 décembre parce qu'il faut savoir pour dire vous voyez je vous l'avais dit au départ on a perdu 3 mois
et nous revenons maintenant à vos questions Gérard Haudienne quel intérêt Edouard Philippe aurait-il à 17 mois de la présidentielle à faire tomber le gouvernement ?
Mais il ne veut pas faire tomber le gouvernement il veut obtenir une victoire politique il veut forcer Sébastien Lecornu à utiliser 49-3 pour éviter à ses troupes de devoir voter des réformes avec lesquelles il n'est pas d'accord donc il ne veut pas le faire tomber il veut l'affaiblir
Edouard Philippe ne trahit-il pas celui qui l'a fait naître en politique à savoir sans doute Emmanuel Macron
Alors celui qui l'a fait naître en politique c'est plutôt Alain Juppé qu'Emmanuel Macron celui qui lui a donné un poste peut-être qu'il n'aurait jamais eu avec la droite c'est ça le paradoxe c'est Emmanuel Macron oui il a d'une certaine manière trahi Emmanuel Macron et il enfonce la dague chaque semaine un peu plus
Il lui en veut Emmanuel Macron
Oui il lui en veut il lui en veut énormément et il a vu des mots extrêmement blessants avec plusieurs journalistes on l'avait vu au moment de la nomination de Sébastien Lecornu il a vu des mots extrêmement blessants pour Edouard Philippe qui ne voulait pas relever ce qu'il disait et voilà non il lui en veut énormément mais j'allais dire comme tout président de la république un peu dans la deuxième partie du deuxième mandat ça se passe toujours un peu comme ça on se souvient de la fin de Jacques Chirac qui avait été assez dur isolé n'ayant plus que Dominique de Villepin qui n'avait pas forcément toujours été quand même aussi Émitterrand avec Jospin Émitterrand pour compléter sur Macron vous savez ce qu'il avait dit d'Edouard Philippe l'orgueil doublé d'inélégance c'était ça qu'il avait jugé au moment de la sortie d'Edouard Philippe
Jean-Pierre en Mayenne Sébastien Lecornu a-t-il fait une erreur en s'alliant aux socialistes qui ne pensent qu'à dépenser au lieu d'économiser
il n'a pas fait une erreur il a fait un calcul il a fait un calcul arithmétique sans cette alliance il était renversé par une censure dès le premier jour il a décidé de faire des cadeaux aux socialistes en essayant de limiter la casse sur les milliards attention il a dit dès le départ il ne faut pas dépasser 5% de déficit alors Boris Vallaud a fait un peu d'ironie en disant ça sera 4,99 alors qu'on voulait 4,4 avec Bayrou et 4,7 ensuite avec Lecornu la messe n'est pas complètement terminée parce qu'il y a le budget de la sécu on a donné les tenants et les aboutissants il y a le budget de l'état si Lecornu perd la bataille de la sécu il peut gagner la guerre de l'état
pourquoi refuser d'utiliser le 49,3 si ce sont les socialistes et les républicains qui le demandent
je trouve ça absurde et je pense que c'est un péché d'orgueil que de se braquer sur cet affaire 49,3 et c'est tout à fait explicable je crois que l'opinion s'en fiche comme finalement le budget si personne n'aura à l'arrivée je ne vois pas pourquoi l'opinion s'émouvrait plus que les partis elle n'aime pas le 49,3 si vous mettez l'opinion globalement de qu'on prend plus grand chose à cette situation budgétaire donc oui je suis d'accord elle veut que quelque chose arrive que ça débouche qu'il y ait un budget et qu'on parte en vacances tranquille mais c'est vrai que soit il a envie qu'on le supplie jusqu'au bout et peut-être qu'au dernier moment il accédera à la demande du 49,3 mais il y a peut-être un petit peu de rigidité comme il y avait eu pour François Bayrou à la fin de François Bayrou où au fond il ne voulait plus rien entendre
est-ce que le président peut l'imposer ?
non le président ne peut pas imposer le 49,3 le cornu je pense qu'il n'en a plus l'autorité le cornu peut démissionner il l'a déjà fait
Philippe dans les bouches du Rhône si je le pouvais j'enverrais tous les députés
c'est vrai que vu de l'extérieur il y a une espèce de théâtre à l'Assemblée nationale que les français n'aiment pas beaucoup et surtout le fait que la démocratie parlementaire le compromis parlementaire ça existe pratiquement chez tous nos voisins européens sauf en France
comment se fait-il que l'adoption d'un budget ne soit pas la priorité de nos politiques Alain dans le Val-de-Marne ?
pas la priorité ça peut se discuter il ne parle que de ça depuis un mois et demi mais il y a des lignes politiques qui sont antagonistes il y a des calculs présidentiels à l'arrivée et puis
il y a des convictions ou pas ?
pour ça alors on peut en penser ce qu'on veut mais Edouard Philippe il a une certaine cohérence il dit voilà il faut aller jusqu'au bout et puis il faut aussi dire aux téléspectateurs que ce serait plus facile si on avait un budget qui n'était pas trop loin de l'équilibre à la base là c'est-à-dire qu'il n'y a que des solutions douloureuses à vendre aux français et donc c'est ça qui rend les négociations plus difficiles ce qui est anormal c'est que dans ce budget qui est un panier garni où chacun a obtenu des petites victoires au bout du compte les gens ne se disent pas bon c'est pas mon budget idéal mais vu ce que j'ai réussi à mettre dans le panier je le vote au moins je le laisse passer on a dit on a un qui vote après 125 heures de débat mais ça c'est ce que quelque part c'est ce que voulait et c'est le pari de Sébastien Lecornu tout le monde a obtenu quelque chose c'est votre budget c'est le budget de l'Assemblée nationale c'est pas le mien ils pensaient que ça c'était quelque chose qui était dépassable sauf que la gauche a obtenu plus que la droite c'est sûr allez on avance le mieux que rien a été remplacé par le tout
allez on avance après le panier garni Omar tous ceux qui se voient président en 2027 n'aurait-il pas mieux fait de laisser Barnier et Bayrou faire le sale boulot
détruire les gouvernements Barnier et Bayrou faisait partie de la stratégie politique pour 2027 de beaucoup de présidentiables notamment pour ces deux là venant de la gauche mais aussi de l'extrême droite quand Marine Le Pen vit un très mauvais moment en novembre 2024 et bien renverser Barnier participe de sa relance politique elle est dans un procès qui se passe très très mal et bien elle fait tomber Barnier pour mobiliser son électorat
Jeanne qui nous pose cette question dans la Creuse l'union des droites nous refait-elle le coup du NFP mais à l'autre extrémité ?
Ils peuvent comme ça a été dit tout à l'heure brandir cet argument là en disant les autres pratiquent cela depuis très longtemps et on l'a entendu dans le reportage pourquoi nous à droite on ne pratiquerait pas ça et revenons sur Giorgia Meloni qui est cité souvent en exemple par beaucoup de gens de droite en disant regardez ils sont parvenus à s'entendre il y a trois formations de droite et d'extrême droite qui participent à cette coalition et ça se passe bien donc pourquoi nous à droite ne ferions-nous pas cela désormais ?
Jean-Pierre, en Loire-Atlantique la meilleure place pour un candidat pour 2026 n'est-elle pas en dehors de l'hémicycle ?
Il faut demander à Gabriel Attal, Olivier Faure et Laurent Wauquiez pour qui ça ne se passe pas forcément super dans les sondages contrairement à ceux qui sont devant eux Jordan Bardella, Mélenchon et même Édouard Philippe et même Marine Candelier Cela dit, pour Édouard Philippe on a oublié de dire une chose c'est qu'il y a des municipales très difficiles pour lui dans trois mois et que s'il perd le Havre ce qui n'est pas totalement exclu c'est fini pour lui donc ça c'est une échéance très importante
Sébastien dans le Calvados un Noël sans budget ni Sébastien Lecornu
Sébastien Lecornu a dit ma mission c'est de donner un budget à la France s'il n'y a pas de budget il donnera sa démission au Président est-ce que le Président l'acceptera ? C'est pas sûr Mais il peut lui demander de le donner en janvier le budget Tout à fait Il y a une loi spéciale la loi spéciale c'est on continue les débats après la dinde et après la bûche
Il veut rester Sébastien Lecornu ?
Je pense qu'il veut rester Je pense qu'il veut rester Je ne suis pas sûr qu'il pense enfin moi je crois qu'il ne pense pas à la Présidentie contrairement à Sylvie mais je pense qu'il est vraiment dans une dimension sacrificielle quand même
Merci à vous tous c'est la fin de cette émission et ce n'est pas la dernière sans doute sur le budget Il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETA
Bonsoir Anne-Elisabeth Bonsoir Caroline Au programme ce soir après Georges Clounet et hier c'est la star d'Alien et d'Avatar Sigourney Weaver qui est notre invité à partir de 20h D'ici là on évoque l'épidémie de la grippe qui va s'étendre à l'ensemble du pays d'ici Noël et on évoque évidemment l'appel des proches de Christophe Blaise à une mobilisation du monde du foot pour obtenir sa libération
Très bonne émission à vous Demain vous retrouvez Aurélie Casse pour un nouveau C'est dans l'air Rendez-vous dès 17h30 et n'oubliez pas C'est dans l'air c'est quand vous le souhaitez en replay et en podcast Belle soirée