Attal - Bardella - Faure : ultime passe d'armes avant le 1er tour - Reportage #cdanslair 28.06.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteRéponse partielle
Ça veut dire quoi ?
- 3:07OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a marqué dans ce débat ?
- 4:49OuverteRéponse directe
Y a-t-il eu un gagnant lors du débat hier soir ?
- 6:18OuverteRéponse directe
Jérôme Fourquet, une difficulté ressort-elle de ce débat ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:58InvitéFait
« Je souhaite effectivement réduire drastiquement l'immigration. »
- 1:02InvitéPromesse
« Je supprimerai le droit du sol. »
- 2:35Invité politiqueChiffre
« En 5 ans, ils ont augmenté le SMIC de 47%. »
- 2:40Invité politiqueChiffre
« On propose, nous, de l'augmenter de 14%. »
- 2:53Invité politiqueFait
« M. Bardella, ce qu'il nous dit, c'est que dans son monde, on va arrêter de payer des impôts jusqu'à 30 ans. »
- 3:01Invité politiquePromesse
« La réalité, c'est que, moi, je prends un engagement qui est clair, pas d'augmentation d'impôts. »
Temps de parole
- Invité33 %
- Gabriel Attal18 %
- Présentateur13 %
- Invité 212 %
- Jordan Bardella11 %
- Olivier Faure8 %
- Invité 36 %
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Il y a cinq mois, vous avez déposé une proposition de loi qui est très claire. La loi organique peut interdire l'accès à des emplois, à des administrations, des entreprises publiques et des personnes morales chargées d'une mission de service public aux personnes qui possèdent la nationalité d'un autre État.
Ça veut dire quoi ? Oui, monsieur Fort, ça veut dire que quand vous êtes russe, on ne vous met pas à la tête des services de renseignement français.
Non seulement vous faites le tri entre les Français et les étrangers, ça on avait compris depuis longtemps. Ça s'appelle la nationalité française. Maintenant, faites même le tri entre les Français.
Quand on propose dans son programme de stigmatiser 3,5 millions de Français binationaux, comme vous le faites, qui se sont sentis humiliés par les propos que vous avez tenus, puisque vous vous indiquez en réalité qu'ils sont plus corruptibles que d'autres et qu'ils sont moins dignes de confiance que d'autres pour occuper des postes par responsabilité.
Je souhaite effectivement réduire drastiquement l'immigration. Je l'ai dit et je l'assume, je supprimerai le droit du sol. Rappelez-vous de l'époque où on disait à l'entrée des bistrots, Jean Moulin est de retour.
Italien interdit aux chiens et aux Italiens. Vous devriez vous en rappeler. Ça devrait vous dire quelque chose. Le Jean Moulin de... Et vous aussi, vous devriez avoir la mémoire de ce pays qui vous a accueilli comme j'ai été moi-même. Ma mère a été accueillie dans ce pays parce qu'elle venait de quelques milliers de kilomètres au plus loin. Très bien, monsieur. Non pas, monsieur, très bien. Ce que je dis là, c'est ce que pensent des millions de Françaises et de Français.
La crainte aujourd'hui de s'assumer, c'est un fait, elle existe. Et dans un pays comme la France en 2024, c'est inacceptable. Mais il y a aujourd'hui beaucoup de quartiers en France où il ne fait bon de n'être ni juif, ni homosexuel, ni une femme. Parce que précisément, on a fait venir sur le sol français et qu'on fait venir chaque année, grâce aux politiques que vous soutenez, des gens qui rejettent toute forme de différence. Et si aujourd'hui, dans le département dans lequel j'ai grandi... Il y en a aussi qui sont français, mais je ne suis pas obligé de vous dire. Pardon, ça me tient à cœur, moi, ce sujet. Vous êtes extrêmement... Oui, d'accord, mais vous n'avez pas le monopole du cœur.
Pardon d'être un peu classique. Je ne prétends avoir aucun monopole.
Et moi, à ces jeunes, je veux leur dire que dans la société que je défendrai toujours, quel que soit le niveau de responsabilité, tous les Français auront leur place, quelles que soient leurs origines, quelles que soient leurs genres, quelles que soient leurs orientations sexuelles. C'est ça, pour moi, la société française.
On va faire ce qui s'est passé en Espagne. En 5 ans, ils ont augmenté le SMIC de 47%. On propose, nous, de l'augmenter de 14%.
Dès l'été, j'entends baisser la TVA de 20% à 5,5% sur, évidemment, l'électricité, le gaz, le fioul, l'énergie et le carburant.
En gros, M. Bardella, ce qu'il nous dit, c'est que dans son monde, on va arrêter de payer des impôts jusqu'à 30 ans, on va baisser tous les taux de TVA, et comme par magie, tout ça sera financé. Les impôts, vous savez les augmenter. La réalité, c'est que, moi, je prends un engagement qui est clair, pas d'augmentation d'impôts.
Alors, Cécile Cornudet, vous avez attentivement regardé ce débat. Qu'est-ce qui vous a marqué ?
L'attention. L'attention à l'image de l'attention qu'on sent dans le pays, l'inquiétude des Français. Le paradoxe, c'est qu'ils ont tous les trois commencé en disant, j'apporterai la paix, parce qu'ils savent que les Français sont tendus et aspirent à un moment plus calme. Mais en fait, ils ont été, voilà, l'image de cette... Surtout entre Jordan Bardella et Gabriel Attal. J'ai trouvé notamment Gabriel Attal plus inquiet, plus agressif que d'habitude, peut-être parce qu'il voit les sondages. Lui, Gabriel Attal, la rupture est assez consommée avec Emmanuel Macron. Mais là, il se déploie sans compter dans cette campagne, parce qu'il est en train de construire son avenir à lui.
Il envisage de reprendre le parti Renaissance dans quelques mois. Voilà, il roule pour lui maintenant. Mais dans ce calcul politique, peut-être pour 2027, il y a une image qu'il redoute. Qui va symboliser l'arrivée du RN au pouvoir, si c'est le cas ? Eh bien, lui, l'image de lui, passant le pouvoir à Jordan Bardella... Il a très peur de cette photo historique. ...l'est entrée par cette image. D'ailleurs, il y a des questions autour de lui. Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on parle ? Est-ce qu'on serre la main ? Est-ce qu'on fait un discours ? Qu'est-ce qu'on dit ? Il est très angoissé par... Donc, je pense qu'il y a tout ça dans sa tête, parce qu'il a vu les sondages. Il a vu que...
Voilà, Emmanuel Macron, quand il a dissous, il a dit « Vous avez voté Rassemblement National aux Européennes, mais ce n'est pas un scrutin comme les autres. Là, vous allez réfléchir. Et on va vous montrer les programmes économiques, ce qu'on se disait tout à l'heure. Et vous allez voter différemment. » Et en fait, ça n'a pas du tout marché, puisque trois semaines après, c'est exactement la même dynamique pour le Rassemblement National.
Donc voilà, d'où cette inquiétude. Lou Frittel, question de Benjamin. Y a-t-il eu un gagnant lors du débat hier soir ? Alors, il y avait un nouveau venu, c'était Olivier Faure, qui représentait le nouveau Front Populaire, à la place d'Olivier Bompard. Alors lui, il vient du Parti Socialiste, Olivier Faure.
Olivier Faure, c'est quelqu'un qui, en privé, explique que si quelqu'un devait représenter le nouveau Front Populaire, à l'époque c'était la NUPS, ce serait lui, parce qu'il est le seul à parler avec Jean-Luc Mélenchon. Il ne convainc pas forcément dans son camp. En revanche, dans cette confrontation, il s'est montré d'une certaine façon beaucoup plus clair qu'Emmanuel Bompard, qui avait vraiment beaucoup de mal à exister dans le précédent débat. Et en même temps, il se retrouve dans la position où il a deux candidats au poste de Premier ministre déclarés quand lui n'est adoubé par personne.
D'autant plus qu'aujourd'hui, il se pose la question de savoir qui pourrait représenter au sein du nouveau Front Populaire, quel camp pourrait représenter la synthèse en cas de cohabitation. Ça risque d'être compliqué pour l'EPS, s'ils ont par exemple moins de circonscriptions gagnées que LFI, de s'imposer. Donc, Olivier Faure, quand il vient là, c'est à dessein, on peut dire un peu de courage, mais il se retrouve quand même pris en tenaille entre deux personnes qui ont déjà joueté ensemble, qui se connaissent, et qui, effectivement, pourraient donner cette photo dont on a parlé dans deux semaines. Jérôme Fourquet ?
Alors, effectivement, une des difficultés qui ressort sur ce débat, c'est, vous vous souvenez du slogan trouvé par Jean-Luc Mélenchon en 2022, pour les législatives, élisez-moi Premier ministre. Au moins, c'était clair. Là, il y a une vraie interrogation pour l'électorat de gauche, mais aussi, je reviens à ce qu'on disait tout à l'heure, pour l'électorat, par exemple, macroniste dans les circonscriptions où les macronistes seront éliminés. Si jamais ils vont pratiquer le Front Républicain et voter pour le nouveau Front Populaire, très bien, on barre la route à l'extrême droite, mais qui met-on potentiellement à Matignon ? Et ça, aujourd'hui, il y a une grande incertitude.
Donc, il y a l'épouvantail que certains sortent, c'est Jean-Luc Mélenchon, mais on voit bien, ça peut être Manuel Bompard, ça peut être Olivier Faure, on a un François Hollande, on en parlera peut-être tout à l'heure, qui est en campagne. Et donc, il y a une vraie incertitude sur qui va sortir. C'est un point faible, ça, pour le nouveau Front Populaire. D'ailleurs, Gabriel Attal ne dit pas le nouveau Front Populaire, il dit la NUPES, comme pour renvoyer cette coalition à Jean-Luc Mélenchon. Il y a un doute qui subsiste.
Ce que vous disiez à l'instant dépendra aussi dans l'hypothèse où le nouveau Front Populaire serait majoritaire ou serait proche de la majorité absolue à l'Assemblée, c'est quel sera le rapport de force au sein du nouveau Front Populaire en nombre de sièges. On rappelle que, du fait du bon score de la liste de Raphaël Glucksmann aux Européennes, la cote-part des différentes formations politiques qui constituaient historiquement la NUPES a été revue. Et aujourd'hui, il y a un rééquilibrage qui s'est opéré. Mais la France insoumise a 50 circonscriptions qui lui ont été attribuées de plus que le Parti Socialiste. Donc, après, il faut regarder si c'est des circonscriptions gagnantes ou pas.
Mais potentiellement, il y aura un contingent d'insoumis qui sera plus significatif que ceux des socialistes. – Qui accrédite la thèse d'un Premier ministre qui serait... – Insoumis. – Insoumis. Et donc, le fait que la gauche arrive à se mettre d'accord en 24 heures, ce qui n'était pas gagné, qui est un programme avec 150 mesures, tout ça, c'est plutôt des bonnes nouvelles pour l'électorat de gauche. Mais Gabriel Attal et d'autres soulignent à dessein en disant, voilà, ça va de François Hollande ou d'Aurélien Rousseau qui a fait voter la réforme des retraites jusqu'à Philippe Poutot, l'alliance du nouveau Front populaire. Donc, qui va piloter tout ça et sur quelle ligne ?
Et donc, le fait qu'il n'y ait pas d'incarnation aujourd'hui crée sans doute un peu de doute et de confusion. On voit, par exemple, nous, dans les sondages qu'à peu près 20 à 25 % des électeurs qui ont voté pour la liste de Raphaël Glucksmann n'envisagent pas de voter pour les candidats du nouveau Front populaire. Donc, c'est ces électeurs-là qu'il faut absolument, comment dire, rassurer sur l'identité du futur Premier ministre. Et ils le font quand, alors, ça ? Pas entre deux tours ? Jamais ? Je pense que jamais, pas avant le deuxième tour, c'est parce que ça va être le rapport de force qui va... Jean-Luc Mélenchon ne s'aiderait pas.
Mélenchon fait tout pour ne surtout pas clarifier la situation. Tous les autres lui disent ça sera sans toi et lui, tous les deux jours, il ressort...
Alors, vous voyez, certains disent, notamment ceux qui ne sont pas à la France insoumise, tous les députés du Front de Gauche, du nouveau Front populaire, se rassembleront et puis on votera démocratiquement. Et puis, d'autres à la France insoumise disent en fait, ce sera le camp qui aura le plus de députés qui imposera son candidat. Et donc, là-dessus, ce doute subsiste et n'aide pas à clarifier la position. Et comme disait Martine Aubry, on peut se dire à dessein que, voilà, quand c'est flou, il y a un loup.
Gabriel Attal