Richard Ferrand : "L'affaire Fillon souille tous les élus de France"
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Chapitres
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Questions et réponses
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Bonjour Richard Ferrand.
- 0:13FerméeRéponse directe
Ça va se décider lundi non ?
- 0:24OuverteRéponse directe
Oui mais ça a l'air de ne vous faire ni chaud ni froid, c'est parce que le PS est condamné à disparaître ou à exploser ?
- 0:36ComplaisanteRéponse directe
Mais en même temps il va falloir peut-être constituer des majorités.
- 0:42OuverteRéponse directe
Après on va reparler de la façon dont vous pourriez mettre en oeuvre éventuellement les mesures qui ont été présentées hier par Emmanuel Macron.
- 1:08FerméeRéponse directe
Sur quelle base Richard Ferrand ? Les fonctionnaires seraient forcément perdants ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:15Invité politiquePromesse
« Ce que nous voulons, c'est que 1 euro cotisé rapporte à la retraite la même chose pour tout le monde, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. »
- 1:25Invité politiquePromesse
« Voilà le principe. C'est d'organiser la convergence des 37 régimes de retraite qui sont aujourd'hui en vigueur, pour qu'on soit dans l'égalité. »
- 2:00Invité politiqueFait
« C'est Piketty qui a inspiré votre réforme ? »
- 2:33Invité politiquePromesse
« L'idée, c'est que chacun accumule des points dans un compte virtuel selon ce qu'il aura payé. »
- 2:48Invité politiqueFait
« Retraite à point. »
- 3:58Invité politiqueChiffre
« Le propre des réformes qui échouent, c'est que les candidats ne les annoncent jamais. »
- 4:21PrésentateurFait
« Obliger un demandeur d'emploi à accepter une offre décente, Richard Ferrand, ça rappelle le système anglais, c'est un traitement du chômage sur le mode punitif ? »
- 5:29Invité politiquePromesse
« D'ailleurs, vous avez noté que sur les retraites, on peut classiquement dire, puisque vous savez bien que tout le monde aime les étiquettes, voilà une réforme de gauche très égalitaire. »
- 6:58Invité politiquePromesse
« Les Françaises et les Français sont cohérents. S'ils choisissent d'élire Emmanuel Macron à la présidence de la République, ils lui donneront une majorité pour mettre à neuf son programme. »
- 7:33Invité politiqueFait
« Parité réelle, probité, pluralisme politique, expérience d'élus et société civile. »
Temps de parole
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Le 7-9, Patrick Cohen, sur France Inter. Bonjour Richard Ferrand. Bonjour. Secrétaire général du mouvement En Marche, député PS du Finistère, enfin PS plus pour très longtemps si j'ai bien compris.
Vous savez je le suis toujours.
Ça va se décider lundi non ?
Je ne sais pas, je ne suis pas le rythme de décision bureaucratique du parti, moi j'ai la confiance des militants bretons et ça me suffit largement.
Oui mais ça a l'air de ne vous faire ni chaud ni froid, c'est parce que le PS est condamné à disparaître ou à exploser ?
Non ça me fait ni chaud ni froid parce que je suis en phase avec mes convictions en me trouvant aux côtés d'Emmanuel Macron.
Mais en même temps il va falloir peut-être constituer des majorités. Après on va reparler de la façon dont vous pourriez mettre en oeuvre éventuellement les mesures qui ont été présentées hier par Emmanuel Macron. Sans doute la mesure la plus audacieuse, la plus sensible et la plus complexe de ce programme, c'est une réforme des retraites qui ne changerait pas l'âge de départ, 62 ans, mais instaurerait un système à la carte, abolirait les régimes spéciaux et la distinction entre fonctionnaires et salariés du privé. Sur quelle base Richard Ferrand ? Les fonctionnaires seraient forcément perdants ?
Certainement pas, c'est une mesure de justice et d'égalité. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, et vous l'avez dit, on ne touche pas à l'âge de la retraite, on ne touche pas au niveau des pensions, et on peut dire que celles et ceux qui sont à 5 ans de la retraite ne seront pas concernés. Ce que nous voulons, c'est que 1 euro cotisé rapporte à la retraite la même chose pour tout le monde, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Voilà le principe. C'est d'organiser la convergence des 37 régimes de retraite qui sont aujourd'hui en vigueur, pour qu'on soit dans l'égalité.
D'ailleurs, permettez-moi de vous dire que le porteur intellectuel de cette réforme est quelqu'un qui nous étrie régulièrement, y compris sur cette antenne, c'est Thomas Piketty, qui avait écrit un livre sur l'avenir du système des retraites et qui justement disait que pour restaurer la confiance dans les retraites, il fallait que l'on puisse savoir comment elle se constitue. C'est Piketty qui a inspiré votre réforme ? Pour une large partie, il a écrit un livre avec Antoine Bozio et cette réforme-là est une réforme d'égalité.
Car voyez-vous, aujourd'hui, quand vous avez travaillé 30 ans, si vous avez eu une carrière ascendante, que vous ayez travaillé jusqu'à l'âge de la retraite, et si vous avez travaillé et cotisé pendant la même durée, mais que les 5 dernières années de votre carrière se sont mal passées, vous avez été chômeur ou vous n'avez pas eu le même traitement qu'auparavant, alors à ce moment-là, il y a des différences énormes entre les deux travailleurs concernés. Ce que nous voulons, c'est l'égalité des retraites. L'idée, c'est que chacun accumule des points dans un compte virtuel ? Selon ce qu'il aura payé.
C'est-à-dire, un euro cotisé rapportera à vous, à moi, comme à tout travailleur en France, la même chose à la retraite. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Retraite à point. D'une certaine manière, on peut le dire comme ça. Et évidemment, il n'y aura pas de grand soir en claquant des doigts. Ça ne se fait pas comme ça. Il faut que la convergence s'organise petit à petit, que les choses se fassent progressivement dans le temps.
10 ans de transition, a dit Emmanuel Macron ?
C'est à peu près cela qu'il faudra. C'est-à-dire que petit à petit, le nouveau système viendra s'accoler à l'ancien. Et on arrivera, à l'échéance de 10 ans, à un système qui soit juste.
Et c'est donc un système individuel, assuranciel et pas solidaire. On dit les spécialistes et c'est écrit dans la presse. Vous direz ça ce matin.
C'est tout le contraire. C'est un système par répartition, on n'y touche pas, qui est juste et qui est égalitaire. Mais qui n'assure plus la solidarité entre différentes générations. Aujourd'hui, si vous voulez, ce sont les actifs qui payent pour les personnes à la retraite. Et le système que nous voulons mettre en place, c'est que chaque euro cotisé procure à chacun la même retraite.
Et vous assurez qu'il n'y aura pas de perdant parce que, je ne sais pas si vous avez réfléchi au mode d'emploi pour éviter que le pays soit bloqué et la réforme enterrée comme à l'hiver 95 avec Alain Juppé ?
Vous savez, il faut se remettre dans les contextes historiques. Le propre des réformes qui échouent, c'est que les candidats ne les annoncent jamais. 95, Chirac est élu sur la fracture sociale et voilà qu'il sort une réforme à l'âge des retraites. Et c'est ainsi, nous nous mettons les choses sur la table avant, nous expliquons pourquoi c'est juste et par conséquent, nous demandons la légitimité démocratique pour ensuite mettre en oeuvre cette réforme qui est fondamentalement juste.
Obliger un demandeur d'emploi à accepter une offre décente, Richard Ferrand, ça rappelle le système anglais, c'est un traitement du chômage sur le mode punitif ?
Non, ce n'est pas sur le mode punitif. Aujourd'hui, vous savez que moi, quand je discute dans ma circonscription avec des gens, les uns disent je ne trouve pas de boulot et des employeurs disent je ne trouve pas de salariés. Pourquoi ? Parce que nous avons un déficit majeur dans notre pays de qualification des chômeurs pour qu'eux et parfois des jeunes peu qualifiés pour qu'ils puissent répondre aux offres d'emploi. Et donc, ce que nous disons, c'est qu'il faut qu'on investisse massivement dans la qualification des jeunes non qualifiés et des chômeurs pour qu'ils soient en situation de répondre aux offres d'emploi.
Et ce que nous disons, c'est qu'une fois que cet investissement est fait, il convient évidemment que lorsque des offres d'emploi sont mises sur la table en phase avec des qualifications reçues, il faut naturellement aller vers ce travail-là.
Une mesure d'inspiration plutôt libérale, celle-ci, vous espérez l'avoir votée par qui dans la future Assemblée Nationale ? Avec quelle majorité ?
D'ailleurs, vous avez noté que sur les retraites, on peut classiquement dire, puisque vous savez bien que tout le monde aime les étiquettes, voilà une réforme de gauche très égalitaire. Et sur la seconde, comme vous venez de le dire, elle est plus d'essence libérale.
Sur les retraites, la droite porte l'idée d'une harmonisation et de la fin des régimes spéciaux depuis une dizaine d'années à peu près.
Vous savez, la réforme que nous portons sur les retraites, la CFDT la porte depuis des décennies, Piketty l'a théorisée, je vous le dis, il faut arrêter de regarder les choses sur un mode punitif. Le but n'est pas de dire, on veut couper la tête d'un certain nombre de régimes. L'idée, c'est de dire, il faut qu'il y ait de l'égalité entre toutes celles et tous ceux qui cotisent. C'est cela l'idée fondamentale. Et elle est juste.
Ça aboutit à la fin d'un certain nombre de régimes spéciaux. Mais ça aboutit surtout à une meilleure retraite pour la majorité des Françaises et des Français. Oui, mais la fin des régimes spéciaux, c'est mettre fin à des avantages qui sont ceux aujourd'hui des bénéficiaires de ces régimes. L'égalité, c'est l'égalité. Oui, donc ça fait des perdants. Bah écoutez, je vous ai dit que le système nouveau... Donc ça fait des perdants et les perdants, même si vous annoncez avant les élections, c'est très fort. Les réformes, ça n'empêchera pas les perdants d'aller manifester dans la rue après.
Ah non, mais le droit de manifestation est libre. Il y en a même qui vont manifester contre la justice, vous savez. Oui, ça vous parlait de dimanche.
Alors, quelle majorité pour appliquer des réformes, certaines cataloguées ou catégorisées de gauche et d'autres de droite, ensuite dans une future Assemblée nationale ?
Vous savez, les Françaises et les Français sont cohérents. S'ils choisissent d'élire Emmanuel Macron à la présidence de la République, ils lui donneront une majorité pour mettre à neuf son programme. Ça a toujours été le cas sous la Ve République. Donc il n'y a pas de raison que cela se démonte. D'ailleurs, cette question serait intéressante aussi à poser. Imaginez-vous un instant que Fillon, Le Pen, Hamon, Mélenchon ou je ne sais qui puissent, comme ça, parce qu'ils auraient un parti, parce qu'ils auraient une structure préétablie et vieillissante, ils auraient une majorité automatique. Non, évidemment.
Donc nous, nous construisons notre majorité et nos candidatures sur la base des principes que nous avons opposés le 19 janvier dernier. Parité réelle, probité, pluralisme politique, expérience d'élus et société civile. Et croyez bien que notre commission d'investiture travaille et que nous aurons des candidats et des candidats qui seront de nature à porter les couleurs de notre programme, de notre future majorité, pour faire en sorte, évidemment, que notre programme soit mis en oeuvre.
Il y aura 577 candidats dans toutes les circonscriptions.
Bien sûr. Dans Marche. Bien sûr. J'ai vu qu'il y avait 10 000 postulants. Un peu moins, mais beaucoup, oui. C'est exact. Et donc, vous en êtes sélectionné. Ça montre surtout que nous avons redonné goût à la politique, à beaucoup de femmes et d'hommes qui, jusqu'à présent, ne s'étaient pas engagés et qui, là, se disent « Moi, je veux bien porter ma pierre à l'édifice ». Donc, vous allez tuer le Parti Socialiste. Non, mais ça, ce n'est pas un objectif dans la vie. Vous savez, nous, ce que nous voulons, c'est construire une offre politique nouvelle, construire une majorité nouvelle.
Non, ce n'est pas un objectif, mais ça peut être une conséquence, Richard Ferrand.
Bah, écoutez, nous, nous voulons porter une majorité nouvelle pour porter une offre politique nouvelle. Celles et ceux qui n'en sont pas, bah oui, ils perdront les élections, oui.
Richard Ferrand, secrétaire général du Mouvement En Marche d'Emmanuel Macron avec nous et toutes les questions des auditeurs de France Inter sur les mesures, le programme, le projet dévoilé hier au 01 45 24 7000. En quelques minutes, il est 8h30. Merci.
Richard Ferrand