Audition Christian Eckert +PJL égalité et citoyenneté - Les matins du Sénat (13/10/2016)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 52 %Attaque 28 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Ça va mieux, cela fait déjà plusieurs semaines que Marisol Touraine le répète : le budget de la Sécurité Sociale va bientôt être à l'équilibre.
- 1:37ComplaisanteRéponse directe
Ce dernier projet de loi de financement de la Sécurité Sociale du quinquennat permet, je crois, à chacune et à chacun de mesurer l'ampleur du chemin parcouru.
- 10:00OuverteRéponse directe
Quelles mesures nécessaires pour atteindre l'équilibre ?
- 29:45RelanceRéponse directe
Vous interroger sur notamment le FSV, le Fonds de solidarité vieillesse.
- 30:04RelanceRéponse directe
Vous proposez de transférer une partie des fonds vers la Caisse nationale d'assurance maladie.
- 30:42RelanceRéponse partielle
Vous transférez 836 millions d'euros vers la CNAM. Pourquoi ce choix ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31PrésentateurChiffre
« Lorsque le gouvernement s'est installé en 2011, ce déficit était de 17 milliards et demi. »
- 0:40PrésentateurChiffre
« En 2017, si tout va bien, il sera de 400 millions seulement sur un budget total de 500 milliards. »
- 1:51Invité politiqueChiffre
« Ce chemin, il part d'un déficit de 21 milliards d'euros pour le régime général. »
- 2:02Invité politiqueChiffre
« Il aboutit à un quasi-équilibre 400 millions d'euros de déficit pour 2017. »
- 4:02Invité politiqueFait
« La Cour des comptes a certifié le résultat financier de chacune des branches du régime général. »
- 5:02Invité politiqueChiffre
« La prévision de déficit était initialement de 9,8 milliards d'euros pour le régime général et le FSV, la commission des comptes a revu cette cible à 7,2 milliards d'euros seulement. »
- 5:24Invité politiqueChiffre
« Pour le seul régime général, le déficit devrait être divisé par 2 en un an et s'établir à 3,4 milliards d'euros, je parle bien sûr là, de 2016. »
- 6:53Invité politiqueChiffre
« Savez-vous combien il était en 2010 et en 2011 ? Il était de 4,1 milliards. »
- 7:44Invité politiqueChiffre
« La CADES a ainsi remboursé plus de 13 milliards d'euros de dettes en 2015. »
- 9:31Invité politiquePromesse
« La CADES devrait voir sa dette éteinte en 2024. »
- 10:56Invité politiqueChiffre
« C'est donc pour 2017 un montant total inédit de 4 milliards d'euros d'économie qui est attendu par rapport à l'évolution tendancielle des dépenses d'assurance maladie. »
- 13:52Invité politiqueChiffre
« C'est pour ça d'ailleurs que nous proposons 1,5 milliard de mesures complémentaires. »
- 30:40Invité politiqueChiffre
« elle va augmenter donc de 11 milliards. »
- 30:46PrésentateurChiffre
« vous transférez 836 millions d'euros »
- 31:36Invité politiqueChiffre
« la compensation à la sécurité sociale des exonérations de cotisations pour un montant de 719 millions d'euros. »
- 45:50Invité politiqueFait
« c'est pas une loi ordinaire qui a créé la calesse. Donc le plafond avait été fixé que vous pouviez par an aller jusqu'à 10 milliards d'emprunts via la calesse pour équilibrer la COS. »
- 46:10Invité politiqueChiffre
« on est à 23 milliards et quelques. »
- 53:14Invité politiqueChiffre
« les dépenses d'assurance maladie progresseraient de l'ordre de 4%. Certains disent 3,6, 3,8. En tout cas, entre 3,5 et 4%. »
- 53:20Invité politiquePromesse
« nous ferons en sorte qu'elle ne progresse que de 2,1% »
- 55:15Invité politiqueChiffre
« en 2017, selon nos prévisions, le total des deux sera de 140,4 milliards d'euros. »
- 1:01:42Invité politiqueChiffre
« Nous posons pour l'année prochaine une hypothèse de 2,7% si ma mémoire est bonne. »
- 1:05:04Invité politiqueFait
« Personne ne conteste que 700 millions d'euros ont été encaissés. »
- 1:05:33Invité politiqueFait
« Vous n'avez pas affecté les 700 millions d'euros. »
- 1:28:36Locuteur 9Fait
« Si la loi de 1881 est appelée loi relative à la liberté de la presse, c'est presque de manière impropre. »
- 1:38:35Invité politiqueFait
« Quelqu'un qui tient un blog professionnel n'est pas un journaliste. »
- 1:38:47Invité politiqueFait
« Ce que vous allez interdire ici, vous allez le mettre sur un serveur à l'étranger et ça sera encore pire. »
- 1:43:20Invité politiqueFait
« Quand ça vous arrange, il faut consulter. Quand ça ne vous arrange pas, vous passez outre. »
- 1:47:43Locuteur 4Fait
« Il faut distinguer la responsabilité civile de la responsabilité pénale. »
- 1:51:04Locuteur 4Fait
« L'impossibilité pour le juge de requalifier les faits dont il est saisi ne se justifie plus aujourd'hui et contribue à affaiblir très substantiellement les mécanismes répressifs de la loi de juillet 81. »
- 1:52:25Locuteur 2Fait
« Tout est défiance vis-à-vis du juge. »
- 1:53:44Locuteur 9Fait
« L'avis du Conseil d'État estime l'impossibilité générale de requalifier qui constitue une part consubstantielle de ce qui fait notre équilibre en matière de respect de la loi de 1881. »
- 2:05:17Locuteur 4Fait
« l'allongement que nous proposons s'inscrit dans la logique du texte que vous-même avez proposé en allongeant la prescription des contraventions de presse »
- 2:05:31Locuteur 4Fait
« il serait donc incohérent que des contraventions par exemple un courriel privé raciste soit prescrite par une année quand certains délits tout aussi graves un jour public serait prescrit par trois mois »
- 2:08:00Locuteur 9Fait
« le législateur a choisi pour permettre la poursuite des infractions les plus graves commises sur internet d'étendre le délai de prescription de ces infractions »
- 2:09:52Locuteur 4Chiffre
« un délit d'apologie de crime contre l'humanité sur internet c'est 7 ans et sur un autre support c'est 5 ans »
- 2:10:28Locuteur 3Fait
« une entreprise de presse aujourd'hui ce n'est pas simplement la reproduction d'un support à l'eau d'un même texte »
- 2:10:42Locuteur 3Fait
« parfois le texte numérique est publié avant même le texte papier qui est publié dans l'édition du soir »
- 2:13:11Locuteur 7Fait
« nous devons maintenir le droit tel qu'il existe parce qu'il était protecteur »
- 2:16:44Invité politiqueFait
« le délai de prescription commence à la fin du retrait de la publication mais c'est méconnaître ce qu'est internet rien ne disparaît totalement d'internet »
Temps de parole
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- Présentateur2 %
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Bonjour
à tous, ravie de vous retrouver sur Public Sénat. Ça va mieux, cela fait déjà plusieurs semaines que Marisol Touraine, la ministre de la Santé et des Affaires Sociales, le répète. Le budget de la Sécurité Sociale va bientôt être à l'équilibre. Elle le répète, chiffres à l'appui. Lorsque le gouvernement s'est installé en 2011, ce déficit était de 17 milliards et demi. En 2016, il était seulement de 4 milliards et demi. Et en 2017, si tout va bien, il sera de 400 millions seulement sur un budget total de 500 milliards. Ce sont les prévisions de Marisol Touraine qui estime donc que la gauche est meilleur gestionnaire des données publiques que la précédente mandature de droite.
Mais tout cela est temporisé par la Cour des comptes. Les sages de la rue Cambon estiment en effet que le déficit ne sera seulement résorbé qu'en 2019. Et encore, si tout va bien, ils estiment aussi que ce déficit reste une grande anomalie. La France est une exception par rapport aux autres pays du monde sur le déficit de ses comptes sociaux. Ils restent très inquiets devant la situation de l'assurance maladie et du fonds de solidarité vieillesse. Bref, pour eux, il faut continuer à maîtriser les dépenses de santé si on ne veut pas mettre tout le système à mal.
Tout de suite donc, voyez donc l'audition de Christian Eckert, le secrétaire d'État, au budget sur ce projet de loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2017.
Ce
dernier projet de loi de financement de la Sécurité Sociale du quinquennat
permet,
je crois, à chacune et à chacun de mesurer l'ampleur du chemin parcouru
depuis
que nous sommes parvenus aux responsabilités gouvernementales.
Ce
chemin, il part d'un déficit de 21 milliards d'euros pour le régime général.
21
milliards d'euros.
Et
il aboutit à un quasi-équilibre 400 millions d'euros de déficit pour 2017.
Je
reviendrai aussi sur les principales dispositions qui concourent à cet objectif.
Le
PLFSS comporte aussi des mesures fortes pour l'avenir.
L
'équilibre financier doit être au service d'une politique responsable
pour
continuer à faire progresser les droits dont notre société a tant besoin. Marisol Touraine
vous
présentera, vous l'avez dit, M. le Président, plus en détail les mesures qu'elle porte, notamment dans le champ de l'assurance maladie.
Je
centrerai donc mon propos sur les questions d'équilibre et de recettes.
Le
bilan financier de la sécurité sociale, nous l'avons établi ensemble au fil de nos échanges ces trois dernières années. Printemps dernier, je suis venu devant vous, vous en souvenez sans doute, présenter les résultats du régime général pour 2015,
qui
venait d'être communiqué par les caisses.
Et
ces résultats étaient meilleurs que prévus,
très
nettement même. Certains parmi vous s'en étaient même étonnés
que
cette cible soit dépassée de plus de 2 milliards d'euros. Pourtant, c'était la même chose l'année précédente, puisque les résultats de 2014 avaient, eux aussi, été meilleurs que prévus,
à
hauteur aussi
de
2 milliards d'euros.
Et
pourtant, nous avions eu les mêmes alertes, cours des comptes, incertains, aléas possibles, fragilités.
Et
nous avons, et ce n'est pas le fait du seul gouvernement,
c
'est le fait de l'ensemble des acteurs du secteur, les professionnels de santé, parfois les patients, les partenaires sociaux, et d'ailleurs, j'observe
que,
pour cet exercice 2015,
comme
les 2 années précédentes, la Cour des comptes a certifié le résultat financier de chacune des branches du régime général.
Je
le signale, car ce n'était pas toujours le cas auparavant.
Jusqu
'en 2012, une branche, au moins, faisait toujours l'objet d'un refus de certification.
Ce
n'est plus le cas désormais. Même si nous avons parfois des débats, je reviendrai si vous le souhaitez, avec le certificateur,
et
que des réserves peuvent subsister, parfois même des désaccords, la Cour considère néanmoins
que
les comptes de chaque branche donnent une image fidèle de son résultat réel.
J
'entends ici ou là des mots forts, insincérité des comptes.
Ça
suffit.
La
Cour des comptes, c'est le juge de paix.
Elle
certifie les comptes, elle l'a toujours certifiée. Et nous voici donc en septembre 2016, autour d'une nouvelle révision à la hausse de la prévision de résultats pour l'année en cours.
Alors
que la prévision de déficit était initialement de 9,8 milliards d'euros pour le régime général et le FSV,
la
commission des comptes a revu cette cible à 7,2 milliards d'euros seulement.
C
'est-à-dire, encore une fois, près de 2 milliards, un peu plus, de moins
que
nos prévisions.
Pour
le seul régime général, le déficit devrait être divisé par 2 en un an et s'établir à 3,4 milliards d'euros, je parle bien sûr là, de 2016.
C
'est sur la base de cette prévision que nous estimons qu'en 2017,
le
déficit du régime général reviendra à 400 millions d'euros seulement. De combien de budget parle-t-on
? De
près de 400 milliards
de
masse financière.
C
'est donc quasiment l'équilibre puisque ce niveau signifie que les dépenses sont couvertes
à
99,9% par les recettes.
Depuis
15 ans, aucun gouvernement ne se sera approché aussi près de l'équilibre.
Ce
très bon résultat ne nous fait pas pour autant oublier qu'il est également impératif d'assurer l'équilibre du FSV
dont
le déficit est très
affecté
par la situation sur le marché de l'emploi.
C
'est un sujet qui préoccupe, je crois, beaucoup votre commission, à juste titre.
Ce
déficit sera toutefois en réduction cette année.
A
partir de 2017, le régime général supportera un effort financier pour un retour à l'excédent en 2020. Un mot sur le FSV.
Le
déficit prévu en 2017 est de 3,8 milliards.
Je
l
'ai
entendu, hein. Oh là là, ça a été répété. Savez-vous combien il était en 2010 et en 2011
? Il
était de 4,1 milliards.
C
'est-à
-dire
plus
que
ce que nous prévoyons. Et ce qui est aujourd'hui inadmissible, insupportable, était à l'époque tout à fait légitime et convenable.
Il
faut donc avoir
le
courage,
la
lucidité de regarder les chiffres
en
face. Et
cette
réduction des déficits,
on
y reviendra, on peut toujours la juger insuffisante, pas assez rapide, j'attends d'ailleurs les recettes pour aller plus vite, mais cette réduction des déficits a permis, dès 2015, une baisse de l'endettement de la sécurité sociale. Une baisse de l'endettement de la sécurité sociale. La CADES
a
ainsi remboursé plus de 13 milliards d'euros de dettes en 2015.
Et
donc, non seulement la dette de la CADES se réduit, mais elle se réduit plus vite que les 10,8 milliards de déficits constatés au titre de cette même année et conservés à la cause.
Et
M. Delattre, pardon de personnaliser les choses, je vous entends déjà. Si vous additionnez la dette de la cause et la dette de la CADES, c'est bien une diminution de la dette totale qui est constatée. Et le transfert de l'une à l'autre
d
'une partie de la dette sur laquelle nous pourrons débattre, nous l'avons déjà fait régulièrement, n'y change rien.
Donc,
le transfert de la dette de la cause à la CADES, le total des deux reste invariablement le juge de paix, là encore, le référentiel qui doit tous nous servir. Ce désendettement se poursuivra en 2016 à hauteur de plus de 7 milliards d'euros
et
en 2017 à hauteur de 10 milliards d'euros environ.
Donc,
même si l'on tient compte de la dette de la cause qui va se stabiliser en 2008, le désendettement est réel.
Ça
ne veut pas dire que la dette est annulée.
Nous
sommes bien d'accord et nous pourrons, effectivement, ensemble, constater qu'il reste 136 milliards d'euros de dette, effectivement, mais c'est moins
que
l'an passé, c'est moins que l'année précédente et c'est moins qu'en 2010 ou en 2011, voire qu'en 2012, si vous voulez prendre ces points de référence.
Sur
cette législature, l'endettement global à cause plus CADES aura diminué et cette baisse nous permet de dire, d'ailleurs, que la CADES devrait voir sa dette éteinte
en
2024. C'est plus tôt que ce qui était parfois prévu. Là encore, c'est le résultat de l'ensemble des acteurs et des actions qu'ont pu conduire le gouvernement et le Parlement, qui les a, d'ailleurs, approuvées.
Il
suffit donc de comparer ces chiffres
pour
en avoir une vision parfaitement réelle.
Quelles
mesures nécessaires pour atteindre l'équilibre ? Ce PLFSS comporte des mesures qui, dans le droit fil des années précédentes, permettront d'atteindre l'objectif fixé.
L
'amélioration des comptes ne tombe pas du ciel. Elle découle de nos décisions, de vos décisions. Des économies supplémentaires ont été décidées. tant sur l'assurance maladie que sur les autres dépenses, dans le cadre du plan d'économie global, que nous menons depuis 2014.
Sur
l'ONDAM, je voudrais tout d'abord rappeler
que
l'objectif a été respecté ces six dernières années.
Et
qu'il devrait l'être, à nouveau, en 2016. L'année n'est pas terminée, mais tout laisse à penser
que
malgré la cible historiquement ambitieuse d'une augmentation de l'ONDAM de 1,8%, cette cible, cet objectif, devrait être réalisé. C'est donc pour 2017 un montant total inédit de 4 milliards d'euros d'économie qui est attendu par rapport à l'évolution tendancielle des dépenses d'assurance maladie.
Les
réformes de fonds que nous avons engagées dans le cadre du plan Andam sur, je les cite, mais Marisol Touraine les développera mieux que moi, sur l'efficience des dépenses hospitalières, sur le virage ambulatoire, la maîtrise des dépenses des produits de santé et l'amélioration de la pertinence des soins. On fait la référence aux actes redondants qui sont souvent cités.
Et
tout ça a produit des effets en 2015 et 2016 et continuera à monter en charge en 2017.
Mais
nous mettrons en place des mesures complémentaires, notamment pour faire face au coût de l'innovation thérapeutique,
sujet
fondamental, important, sur le coût des nouveaux traitements. Tout le monde a en tête l'hépatite C, aujourd'hui des médicaments anticancéreux particulièrement coûteux.
Et
nous mettons en place ce fonds pour l'innovation thérapeutique qui permettra de lisser dans le temps les effets de l'arrivée sur le marché et surtout dans les soins de nouveaux traitements.
Les
dépenses nouvelles pour le système de santé, induites notamment par la convention médicale,
il ne va
pas échapper qu'on relevait le tarif de la consultation de 23 à 25 euros. J'aimerais d'ailleurs connaître la position de tout le monde sur cette question.
J
'entends parfois
des
parlementaires
dire que
c'était scandaleux, que les professions médicales, les professions de santé, notamment les médecins généralistes, ont été soumis à une pression trop forte.
Les
mêmes qui aujourd'hui disent mais le passé de 23 à 25 euros va faire déraper l'ondame et accroître les déficits. Je voudrais que
l
'on soit très clair sur ce point.
Je
pense que ça permettra d'apaiser ou de clarifier certains débats. Les mesures salariales en faveur des agents de la fonction publique, il y a aussi là eu des mesures, l'augmentation du point d'indice
dont
j'entends dire là aussi que ça consisterait à laisser complètement filer les déficits. D'autres disant mais les personnels des hôpitaux ont subi un gel du point d'indice qui était insupportable, toujours les mêmes qui disent ça suivant l'endroit où il se trouve. Je pense que là aussi il faudrait être clair, sérieux pour assumer, nous en tout cas nous assumons. Nous avons donc décidé de relever l'ondame 2017 à 2,1%.
C'est ce
qui nous semble un taux de progression qui est d'ailleurs l'un des plus bas jamais connu pour les dépenses d'assurance maladie.
On
peut dire qu'il y aura effectivement
des
mesures à prendre pour respecter cet ondame. C'est pour ça d'ailleurs que nous proposons 1,5 milliard
de
mesures complémentaires
dont
le principe avait été posé dès le programme de stabilité en avril dernier. J'en cite quelques-unes. La fiscalité du tabac, peut-être souhaiterez-vous approfondir ce débat
qui
permettra d'aligner progressivement la fiscalité du tabac roulé qui est souvent la porte d'entrée à l'addiction notamment chez les jeunes de l'aligner sur la fiscalité sur les produits cigarette. Une taxe également sur les distributeurs de tabac, taxe dont l'objectif de rendement est de l'ordre de 130 millions d'euros, sachant que les fabricants vendent à des distributeurs dont le nombre est d'ailleurs très limité avant l'entrée de ces produits en France. Ça veut dire que les marges sont réalisées à l'étranger.
Les
fabricants de tabac ne contribuent donc pas par l'impôt aux finances publiques pourtant sur un marché considérable en France.
Il
nous paraît là qu'il y a une anomalie, pour rappeler ça de l'optimisation, qu'il y a lieu de combattre et je pense que ceci peut être très facilement absorbé
par
les fabricants dans leurs marges avant même que les produits entrent dans notre pays. Nous réduisons un certain nombre de niches, sociales. Nous posons le principe de 500 millions d'euros de recettes de lutte contre la fraude, aussi bien sur les prestations que sur les cotisations. Alors certains nous disent 500 millions d'euros, c'est
un
objectif que vous n'atteindrez jamais. J'observe que
nous
avons beaucoup progressé dans ce domaine et que sur le volume
que
j'évoquais tout à l'heure qui se situe au-delà de 400 milliards d'euros, corrigé de 500 millions d'euros, ce qui pourrait être de la fraude, soit la prestation, soit la cotisation,
est
un objectif et nous prenons d'ailleurs quelques mesures, notamment en termes de recouvrement,
qui
contribueront à atteindre cet objectif. Quelques économies dans la gestion des organismes de sécurité sociale, c'est vrai qu'elles ont déjà, ces organismes ont déjà été sollicités, mais l'efficience de leur gestion montre d'ailleurs qu'il est raisonnable d'attendre 270 millions d'euros supplémentaires d'économies. Nombre de dépenses, certaines dépenses vont se réduire
suite
à la montée en charge de certaines réformes engagées,
je
pense
au capital
d'essai, je pense à d'autres mesures, le tout pour environ 350 millions d'euros.
J
'ajoute, et c'est très important, que le retour à l'équilibre tient aussi
au
fait que l'État compense systématiquement à la sécurité sociale l'ensemble des allègements de cotisations qui sont décidés, notamment dans le
pacte
de responsabilité et de solidarité, c'est
-à
-dire plus de 13 milliards d'euros en trois ans.
On
nous oppose souvent le fait que beaucoup de déficits se réduisent, mais que celui du budget de l'État ne se réduit pas suffisamment vite. Ici, peut-être que ce débat est le plus prégnant, mais dans l'hémicycle,
on
nous dit souvent que l'État se réduit très peu. Oui, mais s'il se réduit très peu, c'est parce que tous les allègements de cotisations sont strictement compensés par l'État, soit par la reprise de certaines dépenses, je pense aux allocations, certaines allocations au logement, soit par la transmission d'un certain nombre de recettes, je pense à certaines parts de TVA
qui
sont transférées en recettes à la sécurité, ou de CSG, pardon, qui sont
transférées
à la sécurité sociale. Pour 2017, nous le faisons également
sur
l'extinction de la recette sur la caisse de congés payés. Vous vous souvenez, on a vu ce débat les années précédentes,
qui
étaient des mesures dites « one shot
»
qui sont intégrées dans la compensation. L'État compensera en reprenant à sa charge un certain nombre d'exonérations de cotisations sociales qui n'étaient pas compensées jusque-là à la sécurité sociale,
qui
permettra d'assainir, en tout cas, de clarifier les choses, même si ces choses restent assez complexes.
Je
vous l'accorde. Quelques mots sur certaines orientations et certaines mesures du texte sur les recettes. Il y aura des mesures importantes dans le domaine des prélèvements,
même
s'il ne s'agit pas de hausse de prélèvements. Une de nos préoccupations principales est notamment que le système de prélèvements sociaux soit davantage adapté aux besoins des populations. Ainsi, le PLFSS comporte plusieurs mesures en direction des travailleurs indépendants.
Il
s'agit d'une part
de
réorganiser les relations entre les URSAF et le RSI.
Tout
le monde connaît
ici
ces difficultés en intégrant ce nombre de propositions du rapport
de
vos collègues Sylviane Buteau et Fabrice Vertier, mais aussi de messieurs Cardou et Godefroy.
En
2014, plusieurs mesures avaient déjà été prises et nous les complétons.
En
effet, l'interlocuteur social unique tel qu'il a été conçu n'a pas,
comment
dirais-je, fait la preuve de sa fécondité. nous avons mis des solutions pragmatiques en place pour tester sur le terrain les solutions
qui
paraissent efficaces et amener les deux équipes des deux réseaux à travailler ensemble sur le terrain. Cette expérience commence à porter ses fruits. Nous en tirons les conséquences dans la loi en identifiant plus clairement la chaîne de responsabilité
qui
est un des soucis.
Ce
texte prévoit aussi une nouvelle exonération de cotisations sociales en faveur des travailleurs indépendants.
Plus
de la moitié d'entre eux, tous ceux dont les revenus sont modestes, bénéficieront d'une baisse de leur cotisation d'assurance maladie qui pourra aller jusqu'à 3 points,
c
'est-à-dire 250 euros. Cet effort de 150 millions d'euros est dans la droite ligne des mesures des années précédentes qui avait déjà réduit d'un milliard d'euros les cotisations familles, qui avait supprimé les cotisations minimales d'assurance maladie, ouvert davantage de droits à l'assurance vieillesse et notamment aux indemnités journalières
et
qui, d'une manière plus générale, permettent de réduire le poids des prélèvements et d'améliorer la protection sociale des indépendants.
Au
total, pour les deux tiers des travailleurs individuels, les prélèvements auront été nettement réduits en 2017 par rapport à 2012.
Par
ailleurs, notre économie se transforme
et
il faut l'accompagner.
Ce
texte poursuit le travail de clarification des règles applicables aux activités économiques
dites
parfois accessoires,
tout
ce qui a été déjà commencé en 2015 et en loi de finances.
Je
veux parler de ce qu'on appelle communément l'économie collaborative.
C
'est un sujet qui a beaucoup intéressé votre assemblée l'année dernière et vous avez raison.
Ce sont
des activités qui montent
en
puissance. Personne n'ira à contre-courant de l'évolution de notre société, du fonctionnement d'une part de plus en plus importante de notre économie.
Et vous
aviez, je crois, abouti à un consensus sur certains points, notamment la nécessité de clarifier le droit. Conformément à ses engagements, l'administration a s'y rappelé, précisé, clarifié, codifié
la
définition du partage de frais
dans
une récente instruction fiscale qui est parue en septembre.
Pour
prendre un exemple,
un
des exemples plus connus, Blablacar, c'est du partage de frais. Le partage de frais n'est pas imposable et ne donne pas lieu à versement de cotisations sociales.
Mais
il reste à aller plus loin. Tout le monde a laissé s'installer des espèces de zones que j'appelle souvent des zones grises, des zones de non-droit,
des
zones où
le
droit n'est pas forcément connu
et
pas forcément et encore moins appliqué.
Et
donc, si l'on veut rétablir une concurrence loyale entre l'économie dite traditionnelle et l'économie dite virtuelle, même si le clivage n'est pas aussi
binaire
que ces expressions peuvent le laisser penser, il nous faut progresser.
Par
exemple, dans le domaine des locations de biens entre particuliers,
la
frontière qui permet d'identifier les situations professionnelles est peu claire.
Il
est souhaitable de fixer un seuil à un niveau qui soit cohérent avec un revenu qui révèle une activité professionnelle réelle.
J
'ai lu, notamment ces derniers jours, quelques articles sur le sujet pas toujours bien renseignés, avec des chiffres faux,
avec
des chiffres faux, madame la sénatrice, madame la ministre. Ce seuil est prévu à 23 000 euros et pas à 4 000 euros comme le dit l'auteur d'une certaine tribune. 23 000 euros par cohérence d'ailleurs avec les seuils fixaux, fiscaux existants.
En
outre, le projet de loi propose de simplifier les démarches pour que les personnes concernées puissent se déclarer comme auto-entrepreneurs.
Dans
un tout haut domaine, ce texte adapte les modalités de prélèvement aux besoins actuels. Je pense notamment aux particuliers employeurs. Vous connaissez en effet le succès du CESU et de Page Emploi
qui
permettent à plusieurs millions de particuliers d'être des employeurs en toute légalité, en toute sécurité, en toute simplicité.
Ces
employeurs ont bénéficié d'une réduction de cotisation forfaitaire que nous avons portée avec votre appui en 2015 à 2 euros par heure de travail.
Et
à compter de 2017, nous transformerons la réduction d'impôt dont bénéficient les personnes inactives en crédit d'impôt,
ce
qui, pour beaucoup d'entre elles, sera un gain net. Nous proposons de poursuivre cette démarche d'ailleurs de simplification
en
versant les aides en même temps que le paiement du salaire
pour
réduire les besoins de trésorerie des particuliers. à compter de 2018.
Les
particuliers pourront par ailleurs confier au centre CESU et Page Emploi
la
charge de réaliser pour leur compte
la
totalité des opérations charges sociales et prélèvement de l'impôt à la source.
Page
Emploi et
CESU
pourront
donc
verser le salaire à leurs salariés en ayant
en
prélèvement
chez
l'employeur, chez le particulier employeur, la totalité des sommes dues. La mise en oeuvre du prélèvement à la source dont certains craignaient la complexité pour les particuliers aboutira donc en réalité à une nouvelle simplification pour ce secteur que nous avons d'ailleurs rencontré à plusieurs reprises au moins lorsqu'ils sont organisés en association
j
'étais encore hier soir avec la FEPEM et nous continuons le travail.
Voilà,
dans le contexte actuel souvent marqué par le doute
mais
je vous ai rassuré je crois rien n'est plus important que de démontrer que les résultats sont atteints. Depuis 2012 nous avons eu un langage de vérité et de responsabilité.
A
l'époque les déficits étaient à 21 milliards d'euros.
Nous
avons conduit des efforts et des mesures d'économies qui étaient nécessaires même si elles étaient parfois peu populaires. Aujourd'hui encore nous devons être lucides et responsables
même
si les résultats sont là. En 2017 le déficit du régime général et du FSV aura été divisé par 6 par rapport à 2010
et
la dette sociale poursuit sa baisse en valeur contribuant à la stabilisation du ratio global de dette publique.
Ce
retour à l'équilibre était donc possible. Nous avons eu le courage de prendre les mesures nécessaires.
La
preuve est faite
qu
'il n'était nullement besoin pour y parvenir de sacrifier les droits sociaux des assurés
ni
de dérembourser certains soins.
Au
contraire cette période de redressement financier aura aussi été celle de plusieurs avancées sociales.
c
'est une différence avec certaines propositions
que
je lis ici ou là.
Ce
gouvernement croit pour sa part en l'avenir de notre protection sociale, cet employeur à rétablir son équilibre et à l'adapter aux besoins de nos concitoyens
et
cette sécurité sociale est aujourd'hui plus généreuse, plus juste, plus solide et plus efficace aujourd'hui qu
'hier.
Merci
Monsieur le Premier ministre, Monsieur le ministre, pardon. Je pense qu'il va y
avoir... On va faire un
tweet,
Monsieur le Président. C'est
probablement parce que le langage est le même. Je laisse le soin au rapporteur général de vous poser
ces
questions.
Merci Monsieur
le ministre. Ensuite, on passe par M.
Cardou et à M. Delattre et puis après les sénateurs.
Merci Monsieur le ministre de ces explications très complètes, très fournies sur le prochain budget de la sécurité sociale. je partage, je dis tout de suite les propos du président donc je ne reviendrai pas sur ce qu'il a dit, je les partage totalement. J'ajouterai, en reprenant un peu votre conclusion,
Monsieur
le ministre, que l'équilibre des comptes de la sécurité sociale n'était donc pas utopique.
je
n'ai cessé en tant que rapporteur général
de
réclamer que l'on fasse des économies et je n'ai jamais parlé de déremboursement.
Vous
pouvez m'en donner acte.
C
'est une exigence et je me réjouis que votre gouvernement
l
'ait adopté aussi comme nous, nous l'avons toujours, toujours manifesté. je parle de moi en tant que rapporteur général.
Vous
dites, et je vous
rejoins
d'ailleurs, que
le
déficit est moindre que les enlènes antérieures. C
'est
un constat
auquel on
ne peut que souscrire. C'est factuel.
Quand
vous dites qu'en 2016,
et
ça je l'ai entendu claironner par vous, par Madame la ministre, Madame Touraine, que nous retournions à l'équilibre, que la Sécu était à l'équilibre, enfin à l'équilibre, que, n'a-t-on entendu, vous avez ajouté aujourd'hui, sauf
que
le FSV est toujours en déficit. Et ce que je sais, c'est que le FSV est bien quand même dans le périmètre
du
PLFSS. Donc, soyons honnêtes, ne soyons pas de jouer sur les mots, avouons qu'il y
a
encore un effort à faire et c'est ce que vous avez dit d'ailleurs. en traçant quelques pistes pour cet effort pour 2017.
Eh
bien, on va essayer de vous accompagner dans cet effort.
Croyez
-moi,
à
une condition, c'est qu'effectivement, nous puissions réellement mettre à l'épreuve l'ensemble des acteurs de cet équilibre.
Alors,
vous avez décrit effectivement différentes pistes. Je ne
vais
pas y revenir dans le détail, ce n
'est
pas le lieu là à l'instant.
On aura l'occasion de le faire lors du débat en séance plénière.
mais
je voudrais
vous interroger sur notamment le FSV, le Fonds de solidarité vieillesse. Vous proposez, vous avez proposé qu'on transfère
une
partie des fonds vers la Caisse nationale d'assurance maladie.
Je
me permets quand même de rappeler que le FSV est en déficit,
que
ce déficit ne sera pas transféré à la Cadesse, qu'il va donc se cumuler et, ayant auditionné le président, le directeur du FSV, on s'aperçoit que tout ça va conduire à une dette
de
11 milliards
en
2020
en
tenant compte des mesures structurelles que vous avez déjà proposées. Donc, dites-vous bien que la dette, qu'elle soit à la Cosse ou qu'elle soit à la Cadesse, elle va augmenter donc de 11 milliards.
Néanmoins, vous transférez 836 millions d'euros,
c
'est l'article 20 du PLFSS,
qui donc, comme on le sait, n'est plus tout à fait richement doté, vous le transférez vers la CNAM.
En
second lieu, l'article 49 du
PLFSS va alimenter un fonds d'innovation thérapeutique qui consiste à placer hors du périmètre de l'ONDAM une partie des dépenses de médicaments pour là un montant de 876 millions.
On
n'est plus tout à fait sur le même chiffre. Et l'article 26 du projet loi de finances,
et
ce n'est pas le moindre reproche qu'on pourrait vous faire, on réfère à cette opération en tous les cas,
c'est de contribuer à la compensation à la sécurité sociale des exonérations de cotisations pour un montant de 719
millions d'euros.
Alors,
il ne s'agit pas seulement d'innovation thérapeutique, tout le monde l'aura compris dans cette affaire, mais reconnaissons-le d'une innovation budgétaire, puisque la sécurité sociale se compense à elle-même son manque à gagner. Donc, je pense, M. le ministre, que vous allez nous expliquer effectivement ce que vous entendez par ce montage.
Ma
deuxième question porte sur la tranche 2017 du plan d'économie
sur le périmètre des administrations de sécurité sociale.
Est
-ce que vous pouvez nous donner
le
détail poste par poste de ces économies, qui
seraient d'environ un milliard, un milliard et demi, quelle serait en particulier la part de l'assurance chômage, alors que les négociations, chacun le sait, sur la nouvelle convention, semblent avoir du mal à la redémarrer
?
Et dernière question, dans son avis de ce jour que j'ai là, le comité d'alerte sur
le respect de l'ONDAM estime que la prévision 2016, et ça rejoint ce que disait tout à l'heure le président, la prévision 2016 reste sujette à des aléas significatifs.
Comme
en 2015 et en 2014, l'ONDAM ne serait tenue que grâce à des mesures de régulation sur les crédits hospitaliers.
pour
2017, le comité d'alerte émet une réserve de méthodes sur les éléments ayant permis l'élaboration de l'objectif
de
dépenses en 2017. Je cite,
il
évoque notamment la sortie de l'ONDAM des dépenses de médicaments innovants. Quels sont les commentaires que vous inspire cet
avis
? Voilà,
M. le ministre, mes questions.
Merci, M. le rapporteur.
J
'ai laissé la parole au président de l'AMEX, M. Cardou.
Oui,
merci, M. le président. J'ai deux questions à laquelle vous attendez, M. le ministre. Vous avez ouvert la porte à ces questions. J'ai une observation, en fait, non, une question, vous posez au départ, sur quelle base de croissance avez-vous établi ce budget ? Je pense que vous l'avez établi sur la base de 1,5, alors que la plupart des intervenants extérieurs, l'INSEE en particulier, ou le FMI, ont réduit les espoirs de croissance dans notre pays pour l'année prochaine à un 3, voire un 2. Donc ça, c'est la première question très précise, très technique.
La seconde, c'est sur une observation qu'a formulée le président de chambre de la Cour des comptes quand il a été auditionné par notre commission. Et il a attiré notre attention sur l'inclusion dans les
comptes
de 700 millions de retours de produits de la CADES qui ont été introduits dans les produits de la Sécurité sociale cette année, alors que dans la vision de la Cour des comptes, ils estiment que cette opération, ces 700 millions, auraient dû être inscrits directement au bilan. Donc, à la question que j'ai posée à M. Durleman à ce sujet sur la conséquence que cette opération financière aurait sur la position de la Cour des comptes dans la certification des comptes de la Sécurité sociale, il a dit qu'actuellement, il réfléchissait et il n'avait pas pris de position. Donc, j'aimerais avoir votre interprétation de cette observation de la Cour des comptes.
La troisième question vise bien entendu le mécanisme ACOS-CADES. Alors, si dans votre raisonnement, vous dites que la masse globale entre les sommes que doit encore la COS et celles qui ont été transférées à la CADES est exacte, en revanche, ces sommes-là ne sont pas soumises au même risque.
Vous
le savez, globalement, on peut considérer, à moins que je me trompe dans mes chiffres, que le stock de dette de la CADES à fin 2016 sera de l'ordre d'un peu plus de 15 milliards auquel il faut rajouter le... 15
milliards.
Pardon ? 150, c'est déjà le
CADES.
Oui,
non, non, oui,
le
stock d'encours, oui, 150, il faut y rajouter la MSA,
il
faut rajouter la MSA, donc actuellement, et vous le savez, il n
'y
a plus d'autorisation de transfert de la COS vers la CADES, c'est-à-dire que ces sommes sont stérilisées ad vitam aeternam, à moins qu'une décision soit prise avant, il faudrait qu
'elle
soit prise avant 2024, puisque c'est la durée normale d'extinction de la CADES qui avait été programmée, donc ces sommes sont exposées au risque d'augmentation assez sensible des taux d'intérêt à court terme, ce qui aurait comme nature de faire exploser cette créance-là. Deuxième chose que nous a appris la Cour des comptes, je pensais que ce qui avait été transféré à la CADES était sécurisé, entre guillemets, et là, je n'arrive pas à bien savoir quelle est la réalité des choses, M. Durleman a dit au passage que dans le stock d'empreintes de la CADES, il y aurait à peu près 30% d'empreintes à taux variable, ce qui est aussi un risque, à mon sens, non négligeable.
J'ai interrogé ce matin à ce sujet-là, puisqu'il nous a parlé un peu du mécanisme CADES-ACOS, le président de la Caisse nationale d'assurance vieillesse, et à cette question, il a dit, je ne sais pas, c'est sous contrôle de Bercy, donc interrogez le ministre, ce que je fais directement ce soir, ce sera plus facile.
Donc voilà l'autre objet de ma question, mais toujours, quand on se rend compte de ce stock de dettes, ne serait-il pas, c'est la question que j'ai posée l'année dernière, je pense qu'on pourrait, avec une autorisation, bien sûr, du Parlement qui conduirait à une augmentation de la durée de vie de la CADES ou à une augmentation de la CRDS, avec une faible augmentation de la CRDS, une fois pour toutes, éteindre ce stock de créances, puisque vous partez vers un budget de la sécurité sociale à l'équilibre, ce serait le moment ou jamais de dire, bon, puisqu'on part maintenant à une situation vertueuse d'équilibre des comptes de la sécurité sociale, autant faire table rase du passé.
Dans certains autres contextes, vous n'avez pas hésité à augmenter légèrement certains impôts, je pense que d'augmenter de 0,2 ou 0,3 points la CRDS ne serait pas quelque chose qui bouleverserait l'approche des finances publiques.
Dernière question concernant le RSI, puisque vous m'avez ouvert la porte, vous avez interrogé l'année dernière, nous avons eu en audition récemment les dirigeants du RSI entre le président et son directeur qui nous ont expliqué que dans l'EPLFSS allait être inclus la possibilité de nommer un directeur unique pour arriver, d'ailleurs j'ai participé puisque j'en suis vice-président, pas à toutes, mais au maximum de mes possibilités à la structure RSI qu'a créée Mme Touraine, présidée par M.
Verdier, donc c'est suite à ces auditions que vous avez pris la position de nommer un directeur unique, ce qui me semble bien puisqu'on sait très bien que le dysfonctionnement du RSI provenait d'avoir mis en présence des gens qui ne se sont pas parlé pendant des années et qui ont beaucoup de mal à se parler. Donc,
un
chef, pardon de m'exprimer ainsi, unique, va dans le bon sens, mais néanmoins, les hommes ne peuvent pas faire tout et je vous avais demandé l'année dernière, ce que nous ont confirmé les dirigeants du RSI, c'est que le gros problème, c'est le logiciel de la COS. On nous avait expliqué dans un premier temps que celui dédié au RSI était obsolète, il fallait le changer.
Dans
un deuxième temps, la COS nous a dit non, non, on ne peut pas se permettre de ne changer que le logiciel du RSI donc on va bouleverser celui de la COS et maintenant, on nous dit qu
'on
n'a pas les moyens de le faire. Et donc, je crains, je crains que
l
'émergence d'un directeur unique, si cette proposition va dans le bon sens, si on ne restructure pas d'une manière très significative le logiciel de recouvrement de la COS et par votre conséquence celui du RSI, on est encore beaucoup de mal dans les années à venir. Alors l'an dernier, vous nous aviez dit que c'était à l'étude qu'il y avait des sommes engagées.
Un
an après, je vous demande où en sommes-nous de cette restructuration du logiciel.
Merci bien. Je passe maintenant la parole au rapporteur pour avis que vous avez interpellé, M. le ministre, et qui doit, c'est qu'il
y
a certainement des choses à vous dire.
Bien, je vous remercie, M. le Président, de votre invitation.
D
'autant que c'est toujours un vrai plaisir d'écouter le secrétaire d'État au budget qui a un optimisme presque contagieux. Alors
la
façon dont on essaye de travailler, parce que vous êtes sur le fond, nous, c'est d'essayer de comprendre si
l
'ensemble des dépenses de la Sécurité sociale, comment est-ce que leur soutenabilité financière
pour
les années qui viennent est assurée. C'est quand même un peu
dans
cet esprit que nous regardons les choses. Alors naturellement, il y a des présentations qui peuvent varier de l'ensemble du sujet aujourd'hui.
Alors,
pour reprendre deux, trois
observations
de M. le Ministre,
il
nous dit que ça va quand même beaucoup mieux qu'en 2012. Bon, sauf que quand je regarde
les
appréciations de la Cour des Comptes, qui est quand même un organisme sérieux, la Sécurité sociale,
d
'ailleurs, elle est dirigée par un ancien parlementaire que vous avez sûrement connu.
La
Sécurité sociale, et qui est un de vos prédécesseurs, d'ailleurs, donc, puisque ça ne peut être que sérieux, la Sécurité sociale n'a pas encore retrouvé en 2015, parce que c
'est
l'année qu'on est des combrais, le niveau de déficit d'avant la crise qui était lui-même élevé. Donc, ça atténue quand même un peu les choses de dire que c'est une matière difficile. Nous n'ayons pas les efforts qui sont faits, notamment
sur
l'assurance maladie, parce que si on regarde les principaux postes,
l
'assurance maladie, il est vrai que l'ONDAM est à peu près suivie, même si ce n
'est
pas simple. Je pense néanmoins que toutes les décisions qui ont été prises maintenant, notamment sur les salaires,
etc., je
ne suis pas sûr qu'on puisse suivre l'ONDAM
au
niveau où vous l'avez assuré. ensuite, le gros problème, effectivement, c'est aujourd'hui de savoir,
dans
l'ensemble du panel, vous avez dit tout à
l
'heure, M. le ministre, qu'en gros, c'est 400 milliards les contours que nous examinons aujourd'hui. Mais en réalité,
l
'ensemble de la dépense sociale,
c
'est plus de 600 milliards. C'est la moitié des 57% de dépenses publiques.
C
'est au regard de ceux-ci qu'il faut bien examiner les choses parce qu'en réalité, les efforts que nous avons à faire,
et
tout le monde a l'air d'accord là-dessus, sur les dépenses publiques, ça touche le bloc santé, retraite
et
les administrations sociales. Et ça va jusqu'aux retraites, agir, carcaux.
Donc
le défi, quand même, ça nous amène à traiter ces sujets-là avec beaucoup de sérieux.
Alors
j'ai auditionné moi-même le directeur
de
la assurance maladie. Je dois reconnaître que
les
travaux, les réformes qu'ils essayent de communiquer à l'ensemble des services
de
la sécurité sociale sont sérieux.
mais
le défi quand même sérieux à relever.
C
'est dommage aussi que les ministres
sur
l
'aspect
retraite aujourd'hui qui est excédentaire, ne voient pas quand même qu'il y a des effets
de
la réforme de structure qui a été faite aussi en 2010.
Et
même si le FCSV
pose
problème, on peut dire aujourd'hui que la branche VES est quand même aujourd'hui parce qu'une réforme de structure a été faite en temps et en
temps. Alors
la Sécurité sociale le redit aujourd'hui M. le
ministre
Ali très franchement, ce dont souffle plus aujourd'hui les budgets, c'est quand même le problème de réforme de structure.
Alors
si je vous demande quelle est la réforme de structure que
vous
avez réellement faite, M. le ministre, je suis attentif à l'écouter.
Nous
avons vu beaucoup de one shot, nous avons beaucoup de mesures. Donc je reconnais que vous avez une véritable habileté à faire en sorte que l'ensemble des tuyaux communique plus ou moins bien pour avoir un résultat qui parfois est présentable.
Mais
sur le fond des choses, il n
'y a
pas eu de réforme de
structure. qui
ont été réellement faites. Il est évident aussi qu'aujourd'hui, on est dans une phase où on va faire en sorte que les dépenses publiques soient maintenues.
Je
pense que les efforts qui sont à faire sont, à mon avis, ne sont pas encore à la hauteur de ce qu'il faudrait faire.
mais
que la direction sur certains points
est
plutôt bonne.
Donc
pour ne
pas
être, vous dire que la sécurité sociale, c'est quelque chose, on est tous attachés. Nous pensons qu'il faut la gérer sérieusement, il faut y apporter des réformes de structure qui sont aujourd'hui indispensables si on veut justement maintenir l'essentiel de l'outil.
Alors
ensuite, la calesse, puisque c'est quand même un sujet qui nous...
qui
fait que nous ne sommes pas d'accord.
La
calesse,
c'est
une loi... Bon,
c
'est... D'abord, c'est pas une loi ordinaire qui a créé la calesse. Donc le plafond avait été fixé que vous pouviez par an aller jusqu'à 10 milliards d'emprunts via la calesse pour équilibrer la COS.
Il
faut bien dire que la dernière fois, on a été largement au-dessus des... des 23... des 10 milliards parce qu'on est à 23 milliards et quelques.
Et
qui plus est, M. le ministre, c'est que dans son rapport de septembre, la Cour des comptes nous dit
qu
'il faudrait envisager entre 15 et 20 milliards de transferts de la COS encore vers
la
calesse. Alors là, on n'est plus du tout dans le même schéma. Là, vous avez réussi à... comment dirais-je... à faire en sorte que ça rentre à peu près dans les clous
parce
que votre direct... enfin, celui qui gère la calesse est talentueux. il a fait ce que beaucoup d'emprunteurs ont fait, c'est-à
-dire
qu'il a renégocié une partie de sa dette au taux d'aujourd'hui et il emprunte à des prix négatifs. Donc, ça a quand même amélioré les choses, ce qui fait... Ah, si, si... Vous savez, on est même membre du conseil de surveillance de la CADES, donc ils nous donnent les vrais chiffres, les vraies informations. Pardon
?
Ils apprennent à moyen terme puisqu'aujourd'hui,
vous
savez que comme c'est 2024, euh, 2024, ils ne peuvent pas emprunter au-delà de 2024. Donc, il y a un vrai problème parce que si vous voulez reprendre les 15-20 milliards de la cause vers la CADES aujourd'hui, vous serez obligés, vous n'aurez pas le choix parce que c'est la loi qui le dit, vous serez obligés d'augmenter le CRDS.
Donc,
c'est une vraie difficulté. Donc, je pense que vous ne le proposerez pas.
Donc,
voilà la situation.
Merci. Je vous laisse, monsieur le ministre, répondre aux questions de nos trois intervenants puis nous passons ensuite à nos collègues.
Oui, merci, monsieur le président. Je voudrais, donc, essayer de répondre le plus précisément
à
toutes les interpellations sont évidemment normales. Monsieur le rapporteur général, vous avez souligné qu'il
y a
un transfert effectivement du FSV à la CNAM.
J
'allais dire qu'en termes de solde, c'est neutre. Si on additionne
les
quatre branches du régime général et le FSV,
ce
que je veux bien faire, que l'on fasse, passe quelque chose d'une branche à l'autre, est neutre. Mais, vous le savez, la section 3 du FSV est
une
section à part qui a été créée en 2011
pour
financer le maintien de l'âge de départ de la retraite à taux plein à 65 ans pour les parents de trois enfants ou parents d'enfants handicapés.
Il
y
a
un coût de quelques dizaines de millions d'euros cette année.
Elle
n'est pas comptabilisée parmi les résultats du FSV.
Le
fait de réaliser ce transfert ne dégrade pas le FSV. Seules les sections 1 et 2 sont comptabilisées dans les soldes.
C
'est une situation assez baroque.
D
'abord, parce que
les
fonds prévus sont nettement excédentaires. La section 3 est dotée actuellement de plus de 800 millions d'euros
de
réserve pour des dépenses dont le coût devrait être de l'ordre de 240 millions d'euros.
Mais,
donc, je crois qu'il n'y a pas là de... D'ailleurs, c'est fait en toute transparence, en toute objectivité.
et
cela, je le répète, ne dégrade pas le total des déficits et
on
verra tout à l'heure sur la question qu'a l'est sa cause. Le fonds de l'innovation thérapeutique dont il a été question, il est alimenté effectivement par un prélèvement là aussi sur la section 3 du FSV.
Quel
est l'objectif de ce fonds ? L'objectif est de pouvoir absorber et de lisser dans le temps l'arrivée dans nos dépenses d'assurance maladie de nouveaux médicaments et notamment de médicaments les plus coûteux.
On
s'aperçoit que, si on prend l'exemple de l'hépatite C par exemple, il y en a évidemment un pic de dépense au moment de la mise sur le marché
quand
on a la chance d'avoir un médicament qui fonctionne, qui soigne, qui guérit et qu'on l'utilise même s'il est très cher,
c
'est évidemment une opportunité dont il faut saisir. Ça permet d'avoir un étalement dans le temps en espérant que
l
'arrivée de ces médicaments et le tassement de leur prix dans le temps compte tenu de leur diffusion permettent d'arriver à des situations plus régulières. Les dépenses sont d'ailleurs tracées dans les comptes de l'assurance maladie. Ce
ne
sont pas des dépenses qui disparaissent, ce sont des dépenses qui restent comptées, comptabilisées dans l'endame.
Le
comité d'alerte, M. le rapporteur général, il ne m'a pas échappé qu'il a donné un avis aujourd'hui, je crois. Cet avis, j'allais dire, il est comme d'habitude.
Il
dit que les choses sont tendues. On n
'a
jamais prétendu le contraire. Ce n
'est
pas facile pour nous
d
'arriver à tenir les dépenses.
Et
on le fait avec parfois des réserves qui ont été faites en début d'exercice
qui
permettent de couvrir les surcoûts, notamment pour l'hôpital. L'année dernière, je crois, en fin d'année, il a été
dégelé,
comme on dit, je ne
sais
plus, c'est 100 ou 150 millions d'euros pour couvrir des besoins qui se font jour dans le secteur hospitalier.
Donc
moi, je ne
suis
franchement pas inquiet. D'ailleurs, le comité d'alerte ne nous dit pas que cet objectif ne sera pas atteint.
Il
pourrait le faire. Il nous dit que c'est soumis à des aléas.
Je
connais peu de rapports, que ce soit du Haut Conseil des Finances Publiques,
que
ce soit même de nos rapports internes.
Vous
savez, quand la direction du budget m'adresse une note sur tel ou tel sujet,
je
n
'ai
jamais vu l'absence d'une phrase qui dit il subsiste néanmoins des aléas. Alors parfois, il rajoute des aléas positifs, des aléas négatifs,
ce
qui est toute la difficulté de la prévision et de
l
'exercice budgétaire. Donc franchement, rien d'alarmant,
un
rapport qui nous dit tout ça est tenable, tout ça est difficile. On n
'a
jamais prétendu que c'était simple. Il faut toujours rappeler à nos concitoyens que toute chose égale par ailleurs.
La
progression de la démographie, l'allongement de la durée de vie,
le
renchérissement des soins d'une façon générale. Et souvent, c'est une chance,
tout
ça. Tout ça fait que toute chose... en ne faisant rien, les dépenses d'assurance maladie progresseraient de l'ordre de 4%. Certains disent 3,6, 3,8. En tout cas, entre 3,5 et 4%.
Et
quand nous disons nous ferons en sorte qu'elle ne progresse que de 2,1%,
on
a bien tous conscience que ça nécessite
des
efforts,
des
rationalisations de dépenses, recours aux médicaments génériques, la forme de structure dont vous parliez tout à l'heure, oui, la chirurgie ambulatoire, les soins à domicile, l'utilisation des médicaments génériques,
tout
ça fait en sorte effectivement que nous ayons structurellement, et d'ailleurs, ça se reproduit, vous disiez tout à l'heure qu'on n
'a
pris que des mesures one shot. Non, on n'a pas pris que des mesures one shot, M. le Sénateur. Je ne
suis
pas d'accord avec vous, sinon ça se verrait d'ailleurs. Sinon, nous aurions réduit une fois le déficit,
mais
pas de façon continue d'année en année.
et
non, non, non, non, on n'est pas dans du one shot, loin de là. Quand ça a été du one shot, je l'ai dit d'ailleurs, c'était l'affaire de la Caisse des Consigues que j'ai payé, en fait, ce n'était même pas du one shot,
c
'était
du
double shot, puisque ça s'est étalé sur deux années,
c
'est réparti en tout cas sur deux années, et je l'ai, et j'ai bien dit que nous avons intégré cette année la disparition de cette recette pour la compenser, pour l'intégrer dans les compensations nécessaires.
J
'en viens, je vais passer d'abord à M. Delattre, mais il y avait des questions d'ailleurs qui se chevauchaient.
Est
-ce que la dette diminue ? Est-ce que Cadès-Acosse commence à se jouer ? Et quelle est mon analyse de la chose ?
En
2011,
si
j'additionne la dette à l'époque de la Cadès et de l'Acosse,
le
total des deux était de 148,2 milliards d'euros. Acosse plus Cadès. En
2017, selon
nos prévisions, le total des deux
sera
de 140,4 milliards d'euros.
La
dette aura diminué.
Non
mais,
la
dette aura diminué. Elle a atteint un pic en 2014 de 158,4 milliards d'euros.
Oui, elle
a atteint.
Alors,
pourquoi, comment, et question des taux. Non, M. le Sénateur, l'alignement des planètes, si ça suffisait pour faire, c'est faux. Le déficit, aujourd'hui, annuel, les besoins de financement annuels sont inférieurs au capital qui est remboursé annuellement. M. le Rapporteur Général, je crois, on est d'accord. Alors, c'est d'ailleurs une différence par rapport au budget de l'État. L'État ne rembourse pas de dette en capital. Lorsqu'on arrive à échéance d'un emprunt d'État, on le remplace systématiquement par un autre emprunt. Il n'y a pas d'amortissement du capital. Sur la Cadès, il y a un amortissement du capital. C'est son but, c'est de l'éteindre en 2014.
Faut-il transférer plus de la cause à la Cadès ?
La
Cour des comptes le recommande. Je ne m'ai pas échappé non plus.
M.
Delattre, l'année dernière, je crois que vous nous avez un peu reproché de le faire. Si je me souviens bien. J'ai dit M. Delattre. Mais, c'est une manipulation. C'est
totalement fait en cas de...
Non, non. Écoutez, c'est dans le PLF, c'est clair. Et ça répond effectivement à une loi organique, je crois, qui ne peut pas être modifiée comme ça. Nous l'avons fait l'année dernière, mais toujours en donnant le total des deux dettes. Les vocations ne sont pas les mêmes. Et j'en viens à une des questions que vous posiez sur les taux et la gestion de cette dette. La cause doit gérer une dette à court terme. C'est normalement ce qui doit gérer l'équilibre, ou plutôt le déséquilibre, des trésoreries, des quatre branches et des besoins de financement. Cette dette continue à augmenter un peu et se stabilise. Et normalement,
d
'après nos projections, devrait se remettre, se remettre à diminuer très rapidement. Il devrait s'éteindre.
S
'éteindre ou disparaître. La vocation à disparaître puisque nous serons excédentaires selon nos prévisions. Et donc, ça a vocation à disparaître.
Et
c'est du court terme. C'est vrai que là, on emprunte à des taux négatifs. L'année dernière, la gestion de la dette de la cause a généré un produit financier de 80 millions d'euros.
C
'est pas grand-chose.
C'est
du bon bon à prendre. C'est mieux que si ça avait coûté 250 millions. Bon. Ce n'est pas le cas de la CADES. Même si à la CADES, M. le sénateur, M. le rapporteur, vous avez raison, il y a des emprunts à taux variables. Je ne trouve pas ça scandaleux. La CADES a des différents types de produits. Avec des taux fixes, des taux variables.
Les
taux variables,
jusqu
'à preuve du contraire, personne ne s'en plaint.
Il
y a parfois des taux indexés aussi, parfois sur l'inflation, parfois sur d'autres choses. Heureusement pas sur
des
choses risquées. Il n'y en a pas. Non. Mais, vous savez, je
réponds
là aussi
un
peu à certaines questions qui me sont régulièrement posées. Tout le monde regarde les taux d'intérêt.
Tous
les jours, sur Bloomberg, vous avez les taux d'intérêt. D'abord, ce sont des taux d'intérêt sur le marché secondaire.
Ce
ne sont pas les taux d'intérêt à l'émission.
Et
ensuite, ce ne sont pas les plus importants.
Nous
avons beaucoup de produits qui sont indexés sur l'inflation. Et si aujourd'hui, nous économisons sur la charge de la dette, c'est souvent plus grâce à la faible inflation que grâce au faible taux. Les deux y concourent, bien entendu. Mais ce que nous disent les gestionnaires de l'agence France Trésor, c'est ça.
C
'est surtout la faible inflation aujourd'hui qui fait baisser les intérêts que nous payons
plutôt
que les taux d'intérêt. Une fois, les deux y contribuent. Je ne vais pas se plaindre. Donc, nous pensons que la CADES doit empracer effectivement sur des durées longues, plus longues, même si je sais que ça doit s'arrêter en 2024.
Donc,
on a là deux secteurs relativement différents. Et je pense qu'il ne serait pas de bonne gestion actuellement d'introduire plus de charges, je veux dire, sur la CADES. Alors, M. le rapporteur, M. Cardouf, vous émettez un point de vue qui dit pourquoi ne pas augmenter la CRDS pour amortir plus vite la dette de la CADES d'un point de vue politique
que
je respecte, que chacun peut commenter. En fin de législature, je pense que ce genre de décision révèle plutôt un engagement de début de législature. Mais, je peux... La question peut se poser. J'entendrai... Si nous avions fait ce type de proposition, je suis à peu près sûr de ce que j'aurais entendu en disant que vous augmentez encore les taxes et les impôts. Mais bon, en termes de gestion, on peut en discuter. Je ne
vous
donnerai pas de point de vue. À ce stade, le gouvernement n'entend pas le faire. M. Cardouf,
je
mélange un peu. M. Cardouf, vous m'interrogez sur la croissance, les hypothèses de croissance et sur la fiabilité de ces hypothèses
et
les impacts qu'ils peuvent avoir.
En
matière de PLFSS, je suis plus à l'aise qu'en matière de PLF
sur
cette question. Pourquoi ?
Parce
que quel est le principal indicateur qui pèse sur les recettes de la sécurité sociale
? Ce
n
'est
pas la croissance.
C
'est la masse salariale. Alors parlons de la masse salariale.
Nous
avions prévu en 2016, en début d'année, une croissance de la masse salariale de 2,3%.
Tout
le monde nous a dit « Oh là là, mais vous truquez les comptes, ce n
'est
pas sincère, ce n
'est
pas possible. » Elle a été revue régulièrement à la hausse en fonction des résultats,
des
constats que nous faisons. Elle est aujourd'hui revue à 2,6%. Constatez, non pas d'estimé, nous en rapprochons de la fin de l'année. Donc nos prévisions sur la masse salariale de début 2016, qu'à l'époque beaucoup qualifiés d'optimistes, de surréalistes et nous accusaient de truquer les recettes,
ont
été dépassées.
Nous
posons pour l'année prochaine une hypothèse de 2,7%, si ma mémoire est bonne, c
'est
-à
-dire
proche de ce que nous avons constaté en 2016,
pour
différentes raisons. On a regardé, parce que nos spécialistes regardent, qu'est-ce qui fait que la masse salariale a progressé beaucoup ? Il y a deux facteurs.
Il
y
a
la progression des salaires de ceux qui travaillent
et
puis il y a l'augmentation du nombre de salariés.
Et
si chacun sait, objectivement, sans aller plus loin dans le commentaire, que même si le chômage augmente en nombre, le nombre d'emplois salariés augmente aussi.
Le
nombre de cotisants augmente. Il a augmenté de l'ordre de 120, 130, 150 000. On verra les chiffres définitifs à la fin de l'année en 2016. Et ces deux facteurs
sont
en gros assez répartis sur l'augmentation, j'allais dire, des salaires de ceux qui travaillent et des nouveaux salariés, donc nouveaux cotisants qui arrivent sur le marché du travail. Et donc, nous pensons raisonnablement que 2,7% l'année prochaine,
vous
avez parlé d'optimisme Béa ou contagieux, monsieur le rapporteur, contagieux, vous avez dit, pardon, nous pensons que c'est raisonnable. Et pardon de vous le dire, depuis 2 ans, si le passé éclaire l'avenir, je crois qu'on peut être,
non
pas forcément, tout à fait rassuré et confiant, enfin plutôt serein sur l'année qui vient et les prévisions que nous avons faites. Sur la croissance 1,5, 1,3, le débat a lieu, il aura lieu ici et maintenant et probablement, enfin, il a lieu tout le temps, tous les ans.
L
'année dernière, on nous a dit au mois de juin, la croissance, vous ne l'atteindrez pas et il va vous manquer 10 milliards de recettes
l
'année dernière, en 2015, je parlais du PLF.
Parce
que là,
c
'est vrai que la croissance,
c
'est plus directement, via la TVA, un impact apparemment plus direct sur les recettes de l'État en termes de TVA. On a eu 1 milliard de plus.
Et
votre collègue Gilles Carrez, au mois de juin, je revois les titres dans les échos, il va manquer 10 milliards à la fin de l'année parce que la croissance ne sera pas atteinte. Et on a constaté,
qu
'on décompte, 1 milliard de plus que ce que nous avions prévu. Bon, donc,
oui,
sur les recettes fiscales. Oui, je redis qu'au mois de juin, je vais pas déborder et m'en tenir aux questions que vous avez posées.
Ben,
il faut être, oui, raisonnablement optimiste et pas systématiquement de ne voir que les aléas négatifs. Taux variables, j'ai répondu, à cause CADES, exposition, oui, exposition à des remontées des taux. C'est vrai que la CADES,
en
printemps à court terme, semble plus exposée, pardon, la COS semble plus exposée que la CADES à une remontée des taux. Mais, bon, pour l'instant,
les
politiques, notamment de la Banque Centrale Européenne,
semblent
indiquer que ces taux, ce matin, je crois, Bloomberg, sur le marché secondaire, on était à 0,3 et quelques. On a augmenté un peu. il y a 15 jours, on était plutôt à 0,16, 0,19.
Bon,
après, par définition, ce sont des taux variables. Les 700 millions d'euros, monsieur le rapporteur.
Oh
là là, qu'est-ce qu'on n'a pas dit ? Vous avez bien résumé les choses, merci de l'avoir fait. Personne ne conteste que 700 millions d'euros ont été encaissés. Personne. Pas même la Cour des comptes.
Les
700 millions d'euros ont bien été encaissés. Le problème,
c
'est que ces 700 millions d'euros, pour des raisons techniques, comme ils interviennent au mois de décembre, n'ont jamais été affectés. Normalement, au fur et à mesure que les recettes arrivent, on les affecte suivant les répartitions qui doivent être... Elles n
'ont
pas été affectées.
Et
donc, on s'en est rendu compte. Tout le monde s'en est rendu compte. La Cour des comptes ne le conteste pas. Et vous n'avez pas affecté les 700 millions d'euros. Non. Eh bien, on
a
dit, donc on va les affecter. Et comme vous l'avez fort justement dit, on a deux choix. Ou les affecter à l'exercice 2017. C'est ce que nous proposons. 2017, oui, c'est ça ? 2016, oui. J'ai bien raison d'avoir un doute. Ou nous affectons en 2016. Nous affectons à chaque fois là où il devait aller. Et la Cour des comptes a dit, oh ben non, c'est pas un acte de la gestion de l'année. Et donc,
il
faudrait mieux l'affecter au bilan. Elle a raison. C'est le débat que nous avons avec la Cour des comptes. Donc, il
n'y
a pas là de cachotterie, d'argussie. Parce qu'au final, ça ne change rien.
Ce
qui compte,
c
'est... Bien sûr, le bilan est quoi ? Le bilan, il sera le résultat de l'addition des exercices après année. Donc, on va le retrouver au bilan. On le trouvera un an plus tard.
On
aurait pu le mettre au bilan.
On
ne
l
'aurait pas eu dans l'exécution. Voilà. Donc, c'est la nuance que nous avons avec la Cour des comptes. C'est un débat. Est-ce que ça les entraînera à ne pas certifier ou à certifier quand même ? Ils sont juges de paix. C'est une autorité indépendante par définition. Nous avons cet échange avec eux. Mais il est très clair,
il
est très transparent. Et il n'y
a
pas là non plus de... A y voir malice si j'ose utiliser cette expression. Voilà. Pardon d'avoir été un peu lourd, mais j'aime que les choses soient claires entre nous.
Merci. Le
logiciel du RSI.
Ah, le
logiciel du RSI. Oui.
Bon,
vous avez bien résumé les choses. qu'il y a actuellement.
Je
ne reviens pas sur l'idée de créer un GIP qui regroupe les deux ou pas. Cette idée a été abandonnée. L'idée est de privilégier, oui, de nommer un responsable unique plus qu'avant. Et reste le problème de ce logiciel, savoir s'il est séparé ou pas séparé ou intégré dans le logiciel général de la cause. Cette discussion est en construction. mais avec de lourds débats entre les deux organismes.
Je
ne crois pas que ce soit tellement une question de moyens financiers. On mettra les moyens qu'il faut,
mais
ce sujet il est identifié
et
il est en cours de règlement. Je pense que le PLFSS et son nouvelle organisation y contribuera.
Merci,
M. le ministre.
Voilà
pour l'audition de Christian Eckert, le secrétaire d'Etat au budget qui s'est donc exprimé devant les sénateurs sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2017. Vous l'avez entendu, le gouvernement est satisfait par la réduction progressive du déficit du trou de la sécu. Cela alors qu'au contraire les professionnels de santé estiment être sacrifiés que ce soit les médecins libéraux mais aussi l'hôpital public, les syndicats eux crient à l'austérité. Place à présent aux discussions des sénateurs sur la loi égalité-citoyenneté après avoir débattu des deux premiers volets du texte.
Je vous rappelle que le premier porte sur la jeunesse et la citoyenneté, le second sur la mixité et le logement social. Eh bien, les sénateurs débattent à présent du troisième volet qui porte lui sur la lutte contre le racisme et les discriminations. On prend donc tout de suite la direction de l'hémicycle.
Deux amendements maintenant faisant l'objet d'une discussion commune. Un amendement 677 qui est présenté par le gouvernement, M. le ministre.
Oui, M. le Président, donc, comme cela a été annoncé, nous allons passer un peu de temps sur cet amendement. J'en suis convaincu. J'essaierai d'être le plus précis possible sur l'augmentation qui est celle du gouvernement. de
l'économie.
Mesdames et messieurs les sénateurs, je vais m'arrêter donc sur ces dispositions qui réforment la loi de 1881 sur la communication publique et, en particulier, la liberté de la presse.
Le
Sénat a souhaité en modifier les équilibres de manière très substantielle au travers des propositions du vote de la commission spéciale.
Le
rapport produit par les sénateurs Pillet et Soilly est de grande qualité.
Il
faut le reconnaître.
Il
dresse un constat que l'on ne peut pas nier et qui a été rappelé par plusieurs d'entre vous tout à l'heure dans les interventions liminaires sur cet article.
Je
dois même dire que le gouvernement partage ce constat,
puisque
nous avons proposé dans ce projet de loi à
l
'article 37
une
évolution de certaines dispositions de la loi du 29 juillet 1881.
Nous
divergeons néanmoins sur les réponses nouvelles issues de la commission spéciale
qui
prévoit un alourdissement, j'ai envie de dire,
de
cette disposition proposée par le gouvernement.
L
'article 37 prévoit déjà que pour les délits de provocation, diffamation ou injure à caractère raciste ou discriminatoire,
le
juge puisse requalifier les faits, ce qui n'était pas possible jusque-là.
Le
juge restant lié par la qualification des faits. Cette règle rigide
est
à l'origine de nombreuses nullités de procédures.
L
'article du gouvernement,
l
'article 37 encore une fois, prévoit aussi une aggravation des peines pour les injures racistes
ou
discriminatoires.
Nous
avions aussi prévu d'écarter l'excuse de provocation en matière d'injure raciale.
La
commission l'a rétablie.
Ce
que je regrette, quelle provocation, mesdames et messieurs les sénateurs, pourrait justifier une injure raciste
? Aussi,
le gouvernement a décidé
de
déposer trois amendements de suppression.
La
loi de 1881 est un socle.
Un
socle qui est consubstantiel à la République.
On
peut y toucher. Et d'ailleurs, cela a déjà été fait pour tenir compte de l'évolution des techniques de communication.
Mais
toute évolution doit être travaillée, concertée,
en
amont avec l'ensemble des acteurs. Magistrats, avocats, juristes, bien sûr, et journalistes, naturellement.
Mais
aussi les fournisseurs d'accès Internet, hébergeurs, utilisateurs, plateformes de réseaux sociaux. Votre commission spéciale a adopté un amendement réécrivant l'article 46
de
la loi de 1881 qui interdit pour les seules diffamations et injures contre les corps constitués et personnes publiques l'exercice de l'action publique séparément de l'action civile. Afin de le remplacer par une disposition autorisant les victimes de toutes les infractions de presse
d
'agir aux civils
sur
la base de l'article 1382 du Code civil.
Cette
disposition revient sur une jurisprudence de la Cour de cassation, mesdames et messieurs les sédateurs, du 12 juillet 2000, consacrant le principe selon lequel,
je
vous le rappelle, les abus de la liberté d'expression prévus et réprimés par la loi du 29 juillet 1881 ne peuvent être réparés sur le fondement de l'article 1382 du Code civil,
je
le répète, jugement de la Cour de cassation du 12 juillet 2000.
Le
gouvernement ne peut être favorable à l'amendement adopté en commission.
Je
veux prendre le temps
car
je souhaite que l'on mesure ce que l'on est en train de prévoir par le travail sincère, je n'en doute pas, efficace, vous le pensez, de la commission spéciale.
Le
principe de la Cour de cassation
se
justifie par l'équilibre
qui
a été recherché, qui doit être recherché entre d'une part la liberté d'expression et d'autre part la répression de ses abus, équilibre qui explique le formalisme régoureux prévu dans la loi de 1881 qui est remis en cause par les propositions et le vote de la commission spéciale. Sauf pour les personnes publiques, rien n'interdit évidemment à la victime d'un délit de presse d'exercer l'action civile, résultant de ce délit, au sens de l'article 2 du Code de la procédure pénale, devant la juridiction civile, même en l'absence de procès pénal, conformément aux dispositions générales de l'article 4 du même Code.
Mais
cette action civile doit respecter les contraintes de la loi de 1881, notamment la fameuse prescription de 3 mois
et
l'obligation de qualification.
Si
on permet d'agir sur le fondement non pas de l'action civile de l'article 2 du Code de procédure pénale, mais sur celui de l'article 1382 du Code civil, qui d'ailleurs changera bientôt de numérotation, il passera par le thème de 1240,
toutes
ces contraintes disparaissent.
Je
le dis bien, toutes ces contraintes
prévues,
assises par la loi de 1881, disparaissent au travers de votre amendement. Surtout, elle pourra ainsi agir aux civils pendant 5 ans, conformément à la prescription civile prévue par l'article 2224 du Code civil. On passerait donc d'une prescription de 3 mois, qui fait partie de l'histoire
de
notre pays en matière de liberté de la presse, à une prescription de 5 ans,
qui
serait finalement plus longue que celle de 3 ans applicable pour les délits de droit commun, y compris lorsque ce délit donne lieu à l'exercice de l'action civile devant le juge civil. Bref, toutes les garanties de liberté d'expression de la loi de 1881 disparaîtraient, mesdames et messieurs les sénateurs.
Il
sera même, finalement, plus facile de condamner à des dommages et intérêts un journaliste que l'auteur d'un vol ou de violences.
Il
n'y aura évidemment plus aucun procès
devant
le juge pénal. Évidemment, pourquoi voulez-vous aller devant le juge pénal si on peut trouver une solution plus simple à mettre en œuvre devant le juge civil
? Tous
les procès de presse qui se multiplieront iront devant le juge civil, ce qui n'est pas possible aujourd'hui.
Il
faut mesurer ce que cela implique. D'ailleurs, vous avez suivi les réactions de journalistes sur le sujet. Cela suppose que des journalistes,
des
médias, pourraient être condamnés à verser des dommages et intérêts aux civils en l'absence de toute sanction pénale.
Et
nous verrions les procès civils se multiplier, l'un pour demander des dommages et intérêts pour une entreprise mise en cause dans une enquête médiatique, sur ses pratiques en matière environnementale, par exemple, l'autre d'un homme politique,
parce
qu'il estimera sa réputation entachée après un article de presse.
C
'est le droit de la presse,
c'est
le droit de
la
presse, mesdames et messieurs les sénateurs, dans son entier, que l'on est en train de bouleverser.
Et
je demande vraiment instamment, instamment au Sénat de voter ce premier amendement de suppression porté par le gouvernement.
Merci,
monsieur le ministre. Madame la rapporteure,
tout
d'abord l'amendement que vous présentez, le 748.
Comme
je viens de le déclarer, et au vu des échanges que nous avons eus, je serai assez bresque, je pense que chacun ici a bien compris de quoi il s'agissait. Il est nécessaire de prévoir à nouveau une responsabilité civile, comme c'était le cas jusqu'en 2000. Cela ne remet pas en cause l'équilibre de 1881. Cela y revient. Néanmoins, et je l'ai dit tout à l'heure, je l'ai précisé, il est clairement stipulé,
très
clairement en français, que nous avons exonéré les journalistes de cette responsabilité civile. Et comme nous disons journalistes, nous avons même complété en écrivant pigistes et correspondants régionaux. Donc nous les avons exonérés de cette responsabilité civile, afin qu'ils ne soient pas l'objet de recours abusifs à ce type de responsabilité. Je rappelle encore une fois que notre propos vise ce qu'on appelle le corbeau numérique.
L
'amendement fait référence aux journalistes dits professionnels, mentionnés dans la récente loi, visant à renforcer la liberté, l'indépendance et le pluralisme des médias, qui a été adopté définitivement par l'Assemblée nationale il y a quelques jours, puisque c'était le 6 octobre dernier.
Merci. Merci Madame la rapporteure. Alors, votre avis sur le 677, l'amendement du gouvernement ?
Alors,
je vais être aussi peut-être un peu longue, Monsieur le Ministre, pour vous répondre, mais notre commission, nous l'avons dit, agit avec rigueur. Donc je vais lire avec rigueur. Donc la proposition que vous faites est contraire, voilà, vous l'avez dit, à la position de la commission, puisque cet amendement revient sur l'adoption des amendements qui avaient été proposés par M. Pilet, Mohamed Souaïli et Richard, adoptés par la commission spéciale. Ces derniers cherchent, en effet, à revenir sur une jurisprudence récente de 2000 de la Cour de cassession qui a éradiqué
la
responsabilité civile de droit commun dans le domaine des abus de la liberté d'expression. Jusque-là, nous sommes d'accord.
La
Cour de cassession a en effet d'abord soumis au formalisme de 1881 les assignations en matière civile, puis a interdit toute réparation d'un dommage né d'un abus de la liberté d'expression sur le fondement de l'article 1382. Actuellement, c'est l'article 1240 du Code civil.
Je
rappelle pourtant que ce n'est absolument pas l'intention des rédacteurs de la loi du 29 juillet 1880 qui est une loi pénale.
Alors,
je vais faire une citation. L'action civile devant les tribunaux civils ne peut être évidemment régie que par les règles du Code de procédure civile, écrivait Georges Barbier dans le Code expliqué de la presse en 1911.
Vous
expliquez, M. le ministre, que cette unification est justifiée et maintenue.
Il
me semble que ce n'est cependant pas une unification, mais bien une disparition de la responsabilité civile, qui plus est, sans fondement légal et qui prive de la réparation des personnes affectées par un dommage.
Je
trouve dommage de supprimer cette disposition sans proposer de modification, alors qu'il me semble que le constat est unanime sur le fait que la Cour de cassation est allée très loin.
Je
crois savoir, M. le ministre, que de leurs travaux sur l'équilibre de la loi du 29 juillet 1881, la Direction des affaires civiles et du Sceau avait proposé à M. Pillet et M. Pillet, concernant cette jurisprudence, qui avait même été qualifiée de très critiquable et critiquée. Trois solutions avaient alors été proposées. La première, une autonomisation de la responsabilité civile pour abus de la liberté d'expression, qui pourrait prendre la forme d'un alinéa ou d'un article supplémentaire à la loi de juillet 1881, indiquant expressément qu'elle n'est pas exclusive de l'application du droit commun de la responsabilité civile.
Seconde solution proposée, plus protectrice de la liberté de la presse, mais moins protectrice des droits de victimes, aurait pu consister à neutraliser,
je
vois un peu de fièvre, M. le ministre, pourrait consister à neutraliser la jurisprudence la plus excessive de la Cour de cassation, pour préciser que dans la loi de 1881, que les abus de la liberté d'expression qui ne sont pas incriminés, peuvent être réparés sur le fondement du droit commun de la responsabilité civile. Troisième proposition qui avait été faite, la dépénalisation des infractions relatives à la législation de la presse, notamment de la diffamation, pour soumettre les demandes en réparation uniquement au régime de la responsabilité de droit commun.
M.
le ministre, je ne voudrais pas être impertinente,
mais
je comprends aujourd'hui la vive tentation de tout un chacun de prendre fait et cause pour les journalistes, dont encore une fois nous n'attaquons nullement les libertés, et de participer, je ne
dis
pas que c'est vous qui participez, mais moi je vois bien depuis quelques jours qu'après avoir une campagne de dénigrement sur un autre sujet, aujourd'hui on a du dénigrement du Sénat sur des tentatives liberticides, je comprendrais également qu'on me dise que ce texte ne peut procéder à une telle réforme qui est conséquente, mais sincèrement, on ne peut pas accepter que la proposition portée de manière transpartisane, j'ai rappelé les amendements de M. Pillet, et de M. Richard et M. Mohamed Souali, soient balayés
par
le gouvernement, alors qu'une grande majorité de la doctrine, qu'un grand nombre de juristes,
au
sein même de la chancellerie, devrais-je dire, M. le ministre, et vous le savez, reconnaît qu'une réforme est sans doute nécessaire.
Merci
Mme la rapporteure.
Bien. M.
le ministre, j'ai eu votre avis, j'ai cru comprendre sur l'amendement qui était défavorable.
Vous
voulez
donner l'avis
? L
'avis sur l'amendement du gouvernement. D'accord, M. le
ministre. Merci,
si vous le permettez. D'abord, un mot sur le fond, Mme la rapporteure. Je crois qu'il serait excessif de dire qu'on prive le justiciable d'une réparation, peut-être pas aux civils, mais réparation possible, naturellement, s'il y
a
un procès pénal. Permettez-moi de vous rappeler cette réalité très directe. Sur la forme, si aujourd'hui vous êtes amené, je vais y revenir à présenter un amendement qu'on pourrait qualifier de correction, c'est que, manifestement, vous avez pris conscience qu'il y avait une difficulté sur le travail qui a été celui de la commission spéciale.
Je
voudrais assister sur le fait que les journalistes que vous évoquiez à plusieurs reprises n'ont été reçus qu'il n'y a que très peu de jours, sauf erreur de ma part, que, quand ils l
'ont
demandé, j'aurais préféré, monsieur le président de la commission, qu'il puisse être reçu peut-être en amont du débat au sein de la commission. Il semblerait, madame la rapporteure, que les grandes plateformes comme les réseaux sociaux n'auraient pas été consultées, que les hébergeurs n'ont pas été aussi reçus et que les fournisseurs d'accès auraient connu le même sort. Donc, sur un sujet aussi difficile, aussi délicat, il aurait été utile, je crois, d'amener autour de la table l'ensemble des partenaires concernés, parce que le diagnostic qui est le vôtre
est
réel. Vous parlez de corbeau numérique, je ne sais pas quel terme il faut employer, mais en tout cas, il y a une dérive qui existe. Encore une fois, le diagnostic, nous le partageons au niveau du gouvernement, nous estimons que simplement la réponse n'est pas, encore une fois, adaptée. Et je voudrais reprendre votre amendement au travail de la commission spéciale. Je voudrais donc saluer votre initiative,
parce
que, et nous avons discuté il y a très peu de temps, vous sentiez, à juste titre, qu'il y avait une difficulté à traiter. Mais je crains, là encore,
que
la démarche soit mal entamée. Compte tenu de l'émoi suscité par les amendements adoptés en commission, vous avez souhaité réagir, consulter les journalistes ou reçu les journalistes à leur demande, peu importe la manière dont cela a été réalisé. Mais si la loi de 1881 est appelée loi relative à la liberté de la presse, c'est presque de manière impropre,
puisqu
'il s'agit d'une loi sur la communication publique et pas uniquement sur la liberté de la presse. Avec votre amendement,
vous
tentez finalement d'éteindre un incendie qui s'est manifesté dans la presse, celui provoqué par les journalistes. Mais je crains que vous n'en lumiez un autre, celui de tous les internautes,
dont
la liberté d'expression doit être aussi protégée.
Eh
oui
!
Ai-je parlé de liberté d'injure ? Je... Si
vous estimez que la liberté... Monsieur Assouline, s
'il vous plaît,
chers collègues... Heureusement qu
'il y a une liberté d'expression qui n'est pas automatiquement liée à une injure. Sinon, toute liberté d'expression devient une injure. Je ne pense pas que vous irez jusque-là. Et donc, cette liberté d'expression liée à un nouveau mode d'expression doit être aussi protégée. Il faut donc consulter les journalistes. Vous l'avez fait.
Mais
il faut, encore une fois, consulter tous ceux qui sont impactés par la modification que vous proposez. En un amendement, vous allez déclencher des milliers
et
des milliers d'actions en réparation de le droit commun en contournant les exigences procédurales de la loi de 1881.
C
'est encore une fois un bouleversement considérable que vous allez introduire. Et tout à
l
'heure, nous parlions d'études d'impact. Je voudrais bien aimer que sur un tel amendement, il y ait une étude d'impact
pour
voir les conséquences sur l'institution judiciaire elle-même qui sera incapable, incapable d'absorber autant de recours potentiels. Nous sommes donc face à un changement de paradigme.
Il
faut le reconnaître. Un changement de paradigme. Et je vous demande, mesdames et messieurs les sénateurs, de l'examiner avec un peu d'humilité
au
regard de l'importance de cet événement. Internet, Internet
est
le lieu où des litiges qui demeuraient dans la sphère privée,
hors
loi 1881, ou qui ne pouvaient pas exister car les outils de communication n'existaient pas, se trouvent désormais sur la place publique. Je le reconnais comme vous. Et donc,
puisqu
'ils se retrouvent sur la place publique, dans le champ d'intervention de la loi de 1881. Il faut les sanctionner,
bien
sûr, mais il faut avoir le courage de dire que le traitement judiciaire ne sera pas suffisant et sera même pour partie inopérant.
J
'ajoute que si la profession de journaliste est bien définie à l'article 2 de la loi de 1881, l'épigiste
et
autres correspondants de presse ne le sont pas. Avis, donc, non seulement réservé, madame la rapporteure,
j
'en suis désolé, mais vraiment défavorable. Et je demande instamment au Sénat de voter l'amendement initial du gouvernement.
Merci, monsieur le ministre. Alors, pour explication de vote, maintenant, madame la rapporteure.
En fait,
c'est pour éclairer, monsieur le ministre, monsieur le président.
Je
voulais répondre à monsieur le ministre sur la définition du pigiste. Donc, l'article 7113 du Code du travail donne une définition du journaliste professionnel, quant aux correspondants qui travaillent sur le territoire français ou à l'étranger. Il est considéré comme un journaliste professionnel s'il perçoit des rémunérations fixes et remplit les conditions prévues au premier alinéa de l'article 7111.3. Cette définition s'applique au pigiste, qui n'est absolument pas un terme juridique, mais qui a été inséré, suite à une demande du président Bas, dès lors qu'il respecte les conditions de l'article 7113 du Code du travail, cour de cassation, chambre sociale du 1er février 2000.
Et l'article 7112 du Code du travail a été créé, c'est l'ancien article 761.2 du Code du travail, pour assimiler les pigistes aux journalistes professionnels. C'est la loi Cressard du 4 juillet 1974 qui a été expressivement faite pour les correspondants régionaux.
Madame
la rapporteure, y a-t-il d'autres explications de vote ? Monsieur Assouline.
Oui,
trois choses par rapport à ce qu'a dit et que je respecte complètement et son travail et sa rigueur, Madame la rapporteure. Le catimini n'était pas
le
fait que la Commission n'ait pas discuté de cela et n'ait pas apprécié et pris une position sur un sujet qu'elle jugeait avoir évalué suffisamment, avec notamment le rapport, etc.
Le
problème, il est de fait matérialisé par ce que l'on a vu.
Quand
on fait la loi, on voit quand même les acteurs, surtout une loi fondatrice de la liberté d'expression. On demande à voir les journalistes, on ne demande pas seulement à voir les journalistes, les organes de presse très divers, presse écrite, presse de papier, PQR, médias audiovisuels.
Je
ne pense pas, on peut aussi, parce que le ministre a raison, on n'a jamais considéré
que
c'était une loi sur la presse, mais fondatrice de la liberté d'expression dans notre pays. C'est-à-dire que c'est à travers la liberté de la presse qu'en France, c'est un chemin comme un autre, mais en France a été ce chemin qu'a été établi l'ensemble de ce qui constitue la législation concernant la liberté d'expression. Et donc, ça touche tous les citoyens et leur liberté d'expression. Si vous avez bougé quasiment à la veille du débat, là, sur cet article, c'est bien que vous avez pris en compte des acteurs qui se sont manifestés que vous n'aviez pas vus avant. Or, je pense que sur une telle loi, il était absolument nécessaire d'avoir ce débat public avec les acteurs.
Et vous n'allez pas jusqu'au bout
parce
que ce que vous modifiez, moi, je le salue,
mais
c'est insuffisant.
Mais
je le salue.
Mais
c'est la matérialisation qu'en précipitation et devant cette réaction, vous bougez encore quelque chose en disant on va faire étanchéité
et
on ne
va
pas toucher les journalistes. Mais vous nous dites tout à
l
'heure, on n'a jamais voulu toucher les journalistes. Vous-même,
vous
reconnaissez que ça touchait les journalistes puisque votre amendement bouge considérablement sur cette question. Donc, pas de mauvais procès, pas de mauvais procès. Ensuite, pas de mauvais procès
sur
ceux qui seraient attentifs à l'injure sur le net, etc.
Je
fais partie, comme beaucoup de personnalités publiques et tous les sénateurs et sénatrices le sont, d'injures sur Internet mais de façon incroyable, d'une violence inouïe.
Et
bien entendu, je veux qu'on puisse protéger de cela. Et d'ailleurs, il faudrait un peu plus se tourner vers les plateformes qui, elles, peuvent supprimer ces choses-là et les laissent courir très souvent. Donc, ces combats, on peut les mener. Sauf que,
il
ne faut pas le faire en précipitation parce qu'il faut retenir ce qu'a dit M. le ministre, c'est qu'une fois que vous avez enlevé les journalistes et que c'est une loi qui touche à la liberté d'expression en général, vous devez voir comment on règlemente pour tous les internautes les choses et pas en catimini et pas de façon rapide en ayant une grande discussion sur la liberté d'expression à l'heure du numérique et peut-être en légiférant à ce moment-là. Ne le faites pas de façon
précipitée. Merci, M.
Assouline. M. Pillet.
Donc, notre groupe votera l'amendement de suppression proposé par le gouvernement et s'opposera à l
'amendement
de la rapporteure.
Merci, M. le Président. Premier point, je vous invite à relire le rapport que nous avons rédigé avec Tani Mohamed Souali, à regarder la fin de ce rapport, vous verrez les personnes que nous avons auditionnées,
ce
qui mettra un terme au débat.
C
'est des points juridiques que nous traitons. Nous avons interrogé tous ceux qui étaient contre, tous ceux qui étaient pour. Et nous avons particulièrement auditionné l'avocat spécialiste du droit de la presse, qui est l'avocat habituel de tous les groupes de presse. Donc, en ce qui concerne les auditions, nous avons fait, me semble-t-il, notre travail. De plus, le rapport, il date de juillet.
Et
depuis, on aurait pu nous alerter. Enfin, Mme la rapporteure, dans un travail remarquable, j'ai écouté avec beaucoup d'intérêt les explications qu'elle a fournies, a pris la précaution, entre-temps, de revoir un certain nombre d'organes de presse, ce qui l'a amené à rédiger un amendement, j'allais dire, de compromis. Maintenant, sur le fond, sur le fond, qu'est-ce que nous voulons ? Revenir à une jurisprudence antérieure à un arrêt de la Cour de cassation de 2000 et de 2005, jurisprudence qui ne faisait pas débat
et
qui était parfaitement conforme à ce que nous voulions, ce que nous voulions remettre dans le droit. Que je sache,
c
'est au législateur de faire la loi. Ce n
'est
pas la Cour de cassation, surtout qu'à la suite de cet arrêt-là, elle a fait l'objet d'une critique quasiment unanime de la doctrine au motif essentiel
qu
'il y a des victimes, curieusement, qui n'ont même pas le même droit que les autres puisqu'elles ne peuvent pas être indemnisées alors qu'une faute a été commise à leur détriment. Voilà la raison pour laquelle nous voulions revenir sur ce point. Madame la rapporteure vous a fait une analyse juridique
que
je trouve absolument remarquable.
Elle
a par ailleurs cité ces sources qui ne sont pas n'importe lesquelles puisque c'est celle de la chancellerie
qui,
effectivement, nous avait guidés avec Tani Mohamed Soali dans les solutions que nous voulions proposer. Alors, j'en ai terminé sur ce point. Je voterai à deux mains
l
'amendement de notre rapporteur. Mais je veux terminer sur un point, M. le ministre.
Je
suis effaré
de
lire dans l'objet de votre amendement la phrase suivante.
Les
juridictions civiles
sont
en effet celles
qui
peuvent potentiellement porter les plus graves atteintes à la liberté de la presse en imposant notamment des interdictions ou des retraits. M. le ministre, c'est l'autorité judiciaire qui est chargée traditionnellement d'assurer la défense des libertés individuelles.
Merci,
M. le ministre, mes chers collègues.
Il
est minuit. Je ne peux pas couper cet article en deux et ne pas laisser la discussion se faire. C'est pourquoi je vous propose de prolonger notre séance bien sûr au-delà de minuit afin d'achever l'examen de cet article. Mais bien sûr, n'exagérons pas.
Voilà.
S'il n'y a pas d'observation,
si
vous en êtes d'accord, il en est ainsi décidé. Je vous remercie. M. Gatola avait demandé la parole pour l'explication de vote.
M.
Gatola.
Merci, M. le Président.
Je
crois qu'il faut à un moment raison garder. Alors, une commission spéciale
n'est pas la société, ne sont pas tous les acteurs. je respecte les éminents juristes qui s'en sont occupés, mais je trouve qu'il y
a
un
amalgame
entre nous avons mis de côté la situation des journalistes épigistes et puis le corbeau numérique.
Mais
qu'est-ce qu'il y a ? Il y
a
des internautes.
Il
y a des gens qui existent. Il y
a
des gens qui ne sont pas anonymes. Il y
a
des gens qui ont des droits d'expression. Je rappelle à M. Pillet qui nous parle de la loi 1881 qu'il a l'air de très bien connaître. A l'époque, il n'y avait pas de statut de journaliste. A l'époque, ce qu'on lisait dans la presse et on a créé
le statut de syndicat des journalistes, le SNJ, on a créé les lois de 34 pour donner un statut parce que c'était un lieu de déferlement de l'injure. Donc, les choses se sont régulées, régularisées. Alors, je veux bien qu'on essaye de condamner les corbeaux numériques mais je ne veux pas qu'on condamne l'ensemble des internautes. Quelqu'un qui tient un
blog professionnel n'est pas un journaliste. Et je dis, votre proposition, elle est bancale parce qu
'elle
ne tient pas compte de la réalité économique, de la réalité technologique.
Parce que, ce que vous allez interdire ici, vous allez le mettre sur un serveur à l'étranger et ça sera encore pire. Écoutez, moi, j'ai participé à
une
attaque en diffamation sur un des sites de Wikipédia. Vous voulez faire retirer quelque chose, il faut passer par le droit américain et le droit californien du commerce. vous passez trois ans. Il y
a
des problèmes techniques qui sont monstrueux. Alors, je ne
dis
pas, il ne faut rien faire. Mais là, nous avons une faux loi. Excusez-moi, madame la rapporteure, et j'aimerais
que quand vous parlez aux gens, vous ne donnez pas des corrections mais vous leur suggériez des modifications parce que nous sommes entre collègues et donc je pense qu'on suggère des modifications à des amendements et pas des corrections. Je pense que c'est la moindre des corrections. Je voudrais dire que c'est juste dans les formes. Il faut à un moment que nous gardions une certaine courtoisie. Il n'y a pas des gens qui détiennent un savoir juridique et d'autres parlementaires qui ne connaîtraient pas les réalités. Moi, je propose à un moment qu'on regarde la situation dans un débat qui n'est pas dans cette plan en particulier parce que
je
crois qu
'il
faut connaître les évolutions technologiques d'Internet. Donc, en tous les cas, le groupe écologiste soutiendra l'amendement de suppression du gouvernement et vaudra contre l'amendement de Mme Gatel. Merci.
Merci, M.
Gatelard. M. le ministre.
Après,
oui.
Simplement,
par rapport à, encore une fois, au très bon rapport que j'ai évoqué, M. le rapporteur, vous évoquez l'ensemble des personnes que vous avez consultées. Et, naturellement, je ne mettais pas en cause votre parole, mais j'ai repris le rapport et la
liste
des personnes consultées. Donc, vous avez consulté le ministère de la Justice,
bien
sûr, l'Intérieur, l'Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Information,
la
CNIL, naturellement, en personne qualifiée, donc, un expert auprès de la Cour de Cassation et M. Christophe Bigot, avocat, des universitaires, la direction des systèmes d'information du Sénat, on n
'est
jamais mieux servi que par soi-même, mais j'aurais aimé que le ministère de la Culture,
le
ministère du Numérique
puisse
être consulté, j'aurais aimé que le Conseil National du Numérique puisse être consulté et que surtout, les hébergeurs de sites internet le soient. Ça n'a pas été le cas. je ne veux pas affaiblir la qualité de votre travail. Je dis simplement que quand vous affirmez que tous ceux qui pouvaient dire des choses intéressantes l'ont été, je vous réponds que ce n'est pas vrai.
Merci, M. le ministre. M. le Président Mézard.
M.
le Président, M. le ministre, mes chers collègues, je ne voterai pas personnellement l'amendement du gouvernement
et
je vais me rallier à l'amendement de la Commission. Je voudrais simplement faire trois observations. M. le ministre, vous nous avez dit
il
y
a
une jurisprudence de la Cour de cassation, elle est essentielle, il faut se caler là-dessus.
Que
je sache, et ça a été rappelé excellemment par François Pillet, nous ne sommes pas dans un régime anglo-saxon.
En
France,
c
'est la loi qui compte.
Ce n'est
pas la jurisprudence. La jurisprudence,
c
'est une indication.
Et
en plus, quand dans quelques articles
vous
allez marcher sur les décisions du Conseil constitutionnel
sur
les décisions de la Cour européenne des droits de l'homme, je trouve qu'il est un peu fort de café de se référer à un arrêt de la Cour de cassation. Première observation, que ça plaise ou non, à M. Kaltenbach. Deuxième observation, il vient de nous être dit qu
'il
n'y avait pas eu suffisamment de consultations. Moi, effectivement, je l'ai lu le rapport.
Je
vous renvoie aussi au débat que nous avons tous eu ici,
mais
le rapport, l'excellent rapport de nos collègues, nous l'avons lu.
Il
a d'ailleurs donné lieu
à
une proposition d'amendement transpartisane. Quand vous nous dites qu
'il
n
'y a
pas assez de consultations, mais M. le ministre, faut-il que je vous rappelle
le
nombre de consultations que vous avez fait pour la loi sur les fusions de régions
?
Là, ça ne vous a pas étouffé
de
passer outre, de marcher sur les élus de ce territoire
et
du pays. Alors, on ne peut pas utiliser ce type d'argument. Quand ça vous arrange, il faut consulter. Quand ça ne vous arrange pas, vous passez outre. Voilà quelle est votre méthode. Mais M. le ministre,
vous
dites que
ce
n
'est
pas brillant avec... Vous parliez d'humilité tout à l'heure. Quand vous me dites que
ce
n
'est
pas brillant, je vous renvoie à vos propos.
Je
crois qu'il faut aussi à raison garder vous donner des leçons à longueur de journée.
Et
nous avons le droit dans ce Parlement de nous exprimer et de vous dire ce que nous pensons même si ça ne vous fait pas plaisir.
Bon. Et
la troisième...
Et
la troisième observation.
Je
n'aurai pas le temps. Je la reprendrai sur la prochaine explication de vote. Merci M. Mézard. M. Lecomte.
Merci
M. le Président, M. le ministre, mes chers collègues.
Il
ne faudrait pas que
ce
débat laisse penser, alors que nous débattons de la citoyenneté au XXIe siècle,
qu
'Internet n'est pas un formidable outil pour renforcer la citoyenneté.
Et
que nous ne voyons Internet que comme un risque,
que
comme facteur d'abus.
Et
que la première préoccupation soit finalement non pas d'affirmer la liberté de chacun de s'exprimer, mais la manière avec laquelle il faudrait encadrer
les
risques d'abus
et
les risques de la liberté d'expression.
C
'est la raison pour laquelle
de
la même manière qu'il y a plus de 100 ans
une
loi a encadré pour protéger la liberté de la presse, je ne pense pas que nous puissions faire si rapidement
un
encadrement d'Internet
pour
faire évoluer cette loi parce que maintenant elle doit s'appliquer à tout le monde.
Et
je ne pense pas, Mme la rapporteure,
qu
'en établissement, un droit différent en fonction des personnes, en fonction de leur statut, en fonction de leur profession,
en
ce qui concerne la manière dont ils seraient réprimés s'ils abusent de leur liberté,
de
la manière dont ils useraient de leur liberté et des risques juridiques que pourrait engendrer cet usage de la liberté, suivant qu'ils sont simples citoyens ou qu'ils sont journalistes, ça me semble risqué pour l'exercice même de la citoyenneté dans ce pays.
Et
compte tenu de cela, il me semble qu'il est le plus raisonnable aujourd'hui,
tout
en prenant bien en compte les risques et les évolutions nécessaires et la réflexion indispensable que le Sénat a commencé sur les risques de la liberté d'expression
au
moment et au temps d'Internet, nous ne pouvons pas établir des différences
entre
des citoyens
sur
la manière dont ils seraient, dont ils peuvent exercer leur liberté d'expression en fonction du fait qu'ils sont journalistes ou simples citoyens. La liberté, elle est pour tous
et
Internet renforce la liberté pour tous.
Il
ne s'agit pas aujourd'hui de donner à un citoyen qui n'est pas journaliste la capacité
d
'être plus facilement, d'avoir finalement des risques complémentaires lorsqu'il utilise cette liberté et lorsqu'il use de cette liberté.
Merci
monsieur le comte. J'ai été saisi à madame Morin de Sailly.
Oui,
j'ai une simple question à madame le rapporteur qui nous a expliqué l'objet de son amendement qui visait à exonérer j'ai bien noté les journalistes professionnels y compris pigistes et correspondants de presse et je voulais lui dire qu'ouïe des directeurs de publication ou éditeurs parce qu'il me semble que dans la chaîne de responsabilité pénale ce sont bien eux qui sont en première ligne quand il y a un problème avec un article un journal. Voilà, c'était une question que je voulais mettre au débat. Merci.
En débat. Merci madame Morin de Sailly madame la rapporteure pour répondre à la question.
Merci monsieur le président. Il faut distinguer la responsabilité civile de la responsabilité pénale. Dans un cas il y a une chaîne de responsabilité et donc l'implication du directeur de la publication et dans l'autre seul celui qui a commis la faute en quelque sorte c
'est
-à
-dire
qui est à l'origine est concerné. Donc voilà la distinction chers collègues.
Merci madame
la rapporteure. Si vous n'êtes d'accord chers collègues j'ai été saisi d'une demande de scrutin public par la commission spéciale et le groupe socialiste et républicain sur l'amendement numéro 677 du gouvernement. Je vous rappelle que l'avis de la commission est défavorable et qu'il va être procédé donc au scrutin public dans les conditions fixées par notre règlement.
Sur
l'amendement 748 nombre de votants 342 nombre de suffrages exprimés 337 pour l'adoption 197 contre 140 le Sénat a adopté.
Un
amendement 676 présenté par le gouvernement monsieur le ministre.
Oui monsieur le président nous sommes toujours dans la même philosophie.
la
commission spéciale a modifié l'article 37 afin de généraliser la possibilité de requalification des délits de presse à l'audience. Je dis bien de généraliser la requalification.
Là
encore le gouvernement ne peut que s'y opposer.
En
effet la loi de 1881
que
nous souhaitons protéger je n'en doute pas les uns et les autres
assure
un équilibre entre la liberté d'expression et la répression des abus de cette liberté
et
l'interdiction de requalifier constitue un élément essentiel de cet équilibre qui reste toujours précaire et qu'il faut donc défendre.
Il
ne paraît possible d'y déroger comme le prévoyait le projet de loi que pour les diffamations et injures racistes ou discriminatoires car celles-ci peuvent concerner des groupes de personnes.
Il
en découle mesdames et messieurs les sénateurs que la distinction entre l'injure et la diffamation est plus difficile à établir que pour les diffamations et injures de droit commun concernant des personnes individuellement identifiées.
Je
voudrais vous rappeler l'avis du Conseil d'Etat qui a été rendu public et qui a choisi de disjoindre une partie des ajouts
que
propose désormais la commission spéciale et notamment la possibilité de requalifier toutes les infractions de presse entre elles à injures, provocations à la haine, à la violence et à la diffamation.
En
conséquence, le gouvernement vous demande d'adopter cet amendement qui rétablit les dispositions retenues en première lecture à l'Assemblée nationale et qui surtout limite la possibilité de requalifier au seul délit discriminatoire.
Différence
essentielle bien sûr avec la généralisation de la requalification qui est prévue par la commission spéciale.
Merci monsieur le ministre. Madame la rapporteure.
Merci
monsieur le président. Monsieur le ministre, votre amendement porte sur la suppression de l'extension de la possibilité de requalifier les délits de presse. Donc avec cet amendement, vous revenez sur les amendements de messieurs Pillet, Swahili et Richard adoptés par la commission spéciale. En effet, l'impossibilité pour le juge de requalifier les faits dont il est saisi ne se justifie plus aujourd'hui et contribue à affaiblir très substantiellement les mécanismes répressifs de la loi de juillet 81. En effet, même s'il est mal qualifié, l'abus de la liberté d'expression existe bien.
Limiter ce retour au droit commun de la procédure pénale à un nombre restreint d'infractions de presse comme vous le proposez, en fonction de certains délits, me paraît entraîner un risque d'incohérence, de rupture d'égalité manifeste de la loi de 1881. Il nous semble donc préférable de permettre au juge de requalifier tous les délits de presse dont il est saisi. votre dispositif semble s'arrêter au milieu du guet ou bien la requalification est possible dans la loi de 1881 et il convient de la permettre pour tous les délits ou bien la requalification n'est pas permise.
Il me semble que le texte de notre commission spéciale présente l'avantage de la cohérence donc vous l'avez bien saisi monsieur le ministre. C'est un avis défavorable.
Merci
madame la rapporteure.
Monsieur
Pilet.
Merci
monsieur le président. Madame la rapporteure encore une fois c'est un festival ce soir qui était particulièrement clair sur la motivation en droit et en fait qui justifie le rejet de l'amendement du gouvernement. J'y ajoute encore une chose qui me fascine un peu cette fin de soirée.
Tout
est défiance
vis
-à-vis du juge.
Tout
est défiance vis-à-vis du juge. Or là en l'espèce qui va décider de requalifier c'est le magistrat c'est le juge
et
comme tout à l'heure je l'ai indiqué
pourquoi
douter de l'autorité judiciaire dont on ne doute pas et de l'indépendance et de l'objectivité et de la transparence. Dans ce débat il y a quelque chose
qui
est invisible mais que je ressens c'est le doute la mise en cause de l'autorité judiciaire.
Merci. Bien.
J'ai été saisi
mes
chers collègues Monsieur Assouline j'ai été saisi d'une demande de scrutin public par la commission spéciale sur l'amendement 676 qui a été présenté par le gouvernement.
Monsieur
le ministre vous souhaitiez vous exprimer une explication de vote
pas de vote monsieur
ça
viendra peut-être mais pas tout de suite en tout cas je voudrais réinsister sur l'avis du conseil d'état je ne voudrais pas en cause la pertinence du juge monsieur Pillet mais l'avis du conseil d'état estime l'impossibilité générale de requalifier qui constitue une part consubstantielle de ce qui fait notre équilibre en matière de respect de la loi de 1881 ce sont des garanties essentielles qu'il faut préserver vous passez outre ces garanties essentielles c'est la responsabilité que vous prenez en tout cas je ne peux pas moi y contribuer je me limiterai à l'avis qui me paraît juste du conseil d'état et qui manifestement n'est pas reprise en compte y compris dans votre analyse madame la rapporteure
merci
monsieur le ministre
donc
là vraiment pour une explication de vote monsieur Assouline
c
'est une phrase on a eu le débat général tout à l'heure mais là on touche vraiment au coeur et je n'ai pas eu une argumentation j'ai entendu ce qui a pu être dit par les uns et les autres pour justifier cette modification mais la question de la requalification est au coeur même
de
la loi de 1881 cette façon de dire bon ben les juges requalifieront sans sans étude d'impact d'ailleurs encore sur ce que ça va signifier les juges vont pouvoir tout faire par milliers de contentieux de requalifications etc il n
'y a
pas de problème on sait qu'aujourd'hui ils n'ont que ça à faire d'ailleurs qu'ils ne
sont
pas débordés et on sait que votre camp politique propose l'augmentation des personnels de justice alors qu'il en a réduit quand il était au pouvoir donc tout ça est dans l'incohérence totale parce qu'il faut de façon précipitée je le dis bien régler un problème qui est tout à fait sérieux
que
nous devons aborder
que
nous devons aborder avec précision y compris avec les magistrats
qui
peuvent nous dire
parce
que et je finis
le
rapport il est pas mal sur le constat
mais
sur la façon de soigner sur les préconisations concrètes qui rentrent dans une loi
et
c'est là toute la difficulté il ne disait pas grand chose et donc n'essayez pas de dire qu'on dénigrerait le rapport qui avait déjà tout dit ce n'est pas vrai
le
rapport a dit des choses essentielles mais quand on doit juridiquement faire dans la dentelle pour ne pas déstabiliser un dispositif qui existe depuis 1880 et qui a été à chaque fois aménagé à ce moment là il faut peut-être un peu plus de temps un peu plus de consensus et un peu plus de discussion avec ceux qui sur le terrain devront faire appliquer les choses donc là franchement rejet de ce que propose la commission et avec le gouvernement qui ne dit pas le débat est clos qui dit on revient au dispositif de l'Assemblée nationale et on se donne le temps
merci monsieur Assouline
donc
plus d'explications de vote
allez
-y mon cher collègue
non bien donc
j'ai été saisi d'une demande de scrutin public par la commission spéciale sur cet amendement 676 présenté par le gouvernement
je
vous rappelle que l'avis de la commission est défavorable et qui va être procédé
au
scrutin public bien sûr dans les conditions fixées par notre règlement
le
scrutin est ouvert
donne
le demande à voter le scrutin est clos
voici
le résultat donc sur l'amendement 676 nombre de votants 342 nombre de suffrages exprimés 337 pour l'adoption 146
contre
l'adoption 191
le
Sénat n'a pas adopté
je
suis saisi de deux amendements qui font l'objet d'une discussion commune le 678 monsieur le ministre
oui
monsieur le président ce sera le dernier amendement de suppression proposé par le gouvernement qui effectivement souhaite
voir
modifier et supprimer les dispositions introduites par la commission spéciale du Sénat prévoyant que le point de départ de la prescription et là nous sommes sur des choses extrêmement précises concrètes que le point de départ de la prescription en cas de délit de presse commis sur internet
ne
commence à courir que lorsque cesse la diffusion en ligne du message
je
répète
que
lorsque cesse la diffusion en ligne du message
ces
dispositions tout d'abord même si je ne doute pas de la sincérité du travail encore une fois de la commission spéciale sont contraires à la constitution
en
effet le conseil constitutionnel et là pas le conseil d'état
le
conseil constitutionnel saisit d'une disposition similaire de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance en l'économie numérique l'a déclaré contraire à la constitution au motif je cite
que
la différence de régime instauré par les dispositions critiquées dépasse manifestement ce qui serait nécessaire pour prendre en compte la situation particulière des messages exclusivement disponibles sur un support informatique
il
n'y a pas lieu
madame
la rapporteure que le conseil est aujourd'hui une autre interprétation
cette
différence de régime est d'ailleurs d'autant moins justifiée aujourd'hui que les délits de presse à caractère raciste et discriminatoire se prescrivent par
un
an
et
non trois mois
au
delà là encore je veux poser des mots précis sur les dispositions introduites en commission
pour
une publication en ligne
le
délai de prescription je reprends la formule le travail qui a été le vôtre pour une publication en ligne le délai de prescription ne commencerait à courir
qu
'au retrait de cette publication autrement dit un fait délictueux
commis
au 1er janvier 2017
pourrait
être encore poursuivi sur ce fondement s'il n'y a pas de retrait de la publication en ligne
en
2027 en 2037 en 2047
encore
une fois parce que la publication n'aurait pas été retirée permettez-moi de réinsister de manière la plus pédagogique possible
de
fait c'est l'imprescribilité quasi général crédibilité pardon l'imprescribilité il est un peu tard je m'en excuse quasi général
pour
ne pas dire général tout court d'ailleurs que l'on organise en matière de publication en ligne alors même que la prescription permet de mettre fin au litige
dans
une proposition de loi que vous étudierez ce jeudi
aujourd
'hui même
c
'est ce que rappellent avec force ces auteurs
mesdames
et messieurs les sénateurs je vous invite vraiment à accepter l'idée que la prescription est un facteur de paix sociale alors même que si elle n'existe pas les litiges ne prennent jamais fin y compris lorsqu'ils sont mineurs c'est donc le sens de cet amendement de suppression que j'ai l'honneur de soumettre à votre appréciation
merci monsieur le ministre madame la rapporteure sur le 749
merci monsieur le président donc effectivement l'amendement proposé vise à allonger la prescription des délits de presse de trois mois à un an uniquement lorsque les faits sont commis sur internet donc monsieur le ministre vous avez et certains ont évoqué le caractère tardif de nos amendements je rappelle que les dispositions législatives permettent aux rapporteurs et au gouvernement de déposer et ça nous est arrivé voilà moi aujourd'hui vous hier voilà mais nous respectons les choses mais vous l'avez souligné je crois qu'il y
a
une vraie volonté de la commission d'améliorer les choses et c'est dans ce sens que nous avons peaufiné notre copie en tout cas le texte de la commission issu de l'adoption des deux amendements identiques de messieurs Pilet et Soili assimile les infractions de presse commises sur internet à des infractions continues tant que l'effet perdure le point de départ du délai de prescription est reporté
à
la suite effectivement de réflexions il apparaît préférable d'allonger le délai de prescription de trois mois à un an lorsque les faits sont commis sur internet afin d'accorder un délai raisonnable aux victimes pour porter plainte sans modifier le point de départ du délai de prescription qui restait fixé au jour de l'infraction
l
'allongement à un an de la prescription pour les délits commis sur internet est conforme au principe constitutionnel comme le relevait le conseil constitutionnel en juin 2004 enfin de surcroît monsieur le ministre vous conviendrez avec moi que l'allongement que nous proposons s'inscrit dans la logique du texte que vous-même avez proposé en allongeant la prescription des contraventions de presse
injures
et diffamations non publiques à un an il serait donc incohérent que des contraventions par exemple un courriel privé raciste
soit
prescrite par une année quand certains délits tout aussi graves un jour public serait prescrit par trois mois
pourquoi
est-il nécessaire de revenir
de
prévoir une prescription plus longue on sait bien que les technologies de l'internet accroisent non seulement la persistance des contenus dans l'espace public mais surtout facilitent leur accessibilité et je voudrais aussi peut-être anticiper une question qui va être posée pourquoi maintient-on un délai de trois mois lorsqu'il s'agit d'une reproduction d'un support papier il est nécessaire de fixer un point de départ au délai de prescription seule la date de la première publication peut être retenue pour une infraction donc quand il y a reproduction d'un support papier sur internet le départ est bien celui de la première publication
et
bien j'en ai terminé monsieur le président ça tombe bien car je crois que vous me rappelez à l'ordre et puis alors je vais terminer avec le mot de la fin monsieur le ministre pardonnez-moi mais naturellement compte tenu de ce que je viens de proposer j'ai mis un avis défavorable à l'amendement 678 que vous portiez parce que le délai est trop court
merci madame la
rapporteure donc monsieur le ministre sur le 749
votre
avis
c
'est un duel presque d'ordre juridique madame la rapporteure
vite
trop vite
même
si je reconnais que conscient des difficultés vous avez souhaité proposer une nouvelle rédaction par rapport au travail initial de la commission spéciale
cette
nouvelle rédaction sauf erreur de ma part reprend une proposition de loi de monsieur Cléache déposée ici en 2008
la
proposition de loi 2008 qui faisait suite d'ailleurs à la décision du conseil constitutionnel du 10 juin 2004 qui a été rappelé qui précisait qu'une différence de délai de prescription entre les publications papier et les services de communication publique en ligne dépassait manifestement entre guillemets ce qui serait nécessaire pour prendre en compte la situation particulière des messages exclusivement disponibles sur un support électronique telle était l'expression du conseil constitutionnel or
depuis
2004 le législateur a choisi pour permettre la poursuite des infractions les plus graves commises sur internet d'étendre le délai de prescription de ces infractions
le
choix était fait de ne pas différencier les délais de prescription en fonction du support de l'infraction mais en fonction de la nature et de la gravité des infractions
cette
solution mesdames et messieurs les sénateurs a été validée en 2013 par le conseil constitutionnel
en
revenant sur cette distinction des délais de prescription institués en fonction des infractions pour la fonder sur les supports de l'effusion madame la rapporteure l'égalité de traitement entre les auteurs d'infraction serait rompue
par
votre initiative
par
ailleurs la formulation de l'amendement instaure une différence de traitement
entre
les sites d'information selon qu'ils sont ou non la déclinaison d'un titre de presse imprimée
ce
qui est totalement injustifié au principe du regard du principe d'égalité très simplement
peut
-être même de la fiscalité monsieur le sénateur les services de presse tout en ligne participent autant que la presse imprimée
et
oui et de plus en plus d'ailleurs au pluralisme de l'information et à l'information des citoyens et vous savez d'ailleurs que certains supports d'ailleurs aujourd'hui n'existent plus qu'en
ligne
et sont appréciés en tant que tel par leur lecteur je suis donc contraint madame la rapporteure de mettre un avis défavorable à votre amendement en cohérence avec l'amendement que je présente j'ai bien entendu que nous n'étions pas d'accord sur l'interprétation mais il me semble que sur ces délais de prescription nous touchons là une forme de totem qui serait vraiment très grave pour la liberté de la presse
merci
monsieur le ministre
madame
la rapporteure
je serai
brève je voulais juste répondre à un élément que vous évoquiez monsieur le ministre sur la différence de traitement juste pour rappeler qu'un délit d'apologie de crime contre l'humanité sur internet c'est 7 ans
et
sur un autre support c'est 5 ans donc on a déjà des décalages qui
existent madame
la rapporteure alors j'ai demande d'explication de vote plusieurs madame Morin de Saillet oui
c'est une nouvelle question madame le rapporteur quant à la rédaction de son amendement donc qui a introduit cette exception qui spécifie en cas de reproduction d'un contenu d'une publication diffusée sur support papier j'attire son attention sur la réalité ce qu'est une entreprise de presse aujourd'hui ce n'est pas simplement la reproduction d'un support à l'eau d'un même texte d'ailleurs il y
a
des modifications qui interviennent en cours de journée parfois le texte numérique est publié avant même le texte papier qui est publié dans l'édition du soir et puis aussi et surtout de plus en plus les entreprises de presse publient des articles complémentaires qui sont voilà pas forcément édités sous forme papier donc on introduirait là une différence de traitement selon le type de texte et la façon et le support sur lequel il serait édité donc moi ça me pose problème parce que je pense qu'on nie la réalité de ce qu'est une entreprise de presse du 21ème siècle et ce qu'elle est de plus en plus amenée à devenir donc voilà je voulais partager cette réflexion importante avec vous d'autant qu'il ne faudrait pas que ça conduise à une forme d'auto-censure des entreprises de presse qui se disent on prend trop de risques à publier sur internet alors qu'on est plutôt dans un mouvement d'encouragement aux entreprises de presse pour qu'elles se numérisent précisément parce que le modèle papier est un modèle non pas qui a vécu je pense qu'il va se compléter mais au demeurant on sait bien que les entreprises vivent leur mutation numérique toutes les entreprises au demeurant vivent leur mutation numérique et elles peinent déjà à trouver leur équilibre économique sur le web donc là on introduirait peut-être quelque chose qui serait préjudiciable je me permets d'attirer l'attention sur ce sujet particulier
merci
madame Mourad de Sailly
merci monsieur le président très rapidement je crois
je
crois que là on touche encore
à
des débats finalement qu'on a eu sous d'autres formes concernant le net et le numérique
quand
on parlait de culture quand on parlait de musique de cinéma de droit d'auteur etc il y a toujours deux tentations
ou
parce que la révolution numérique vient perturber la façon dont le droit régulait ses productions et ses expressions
et on
réagit par des mesures de répression qui changent le droit tel qu'il existait sous les formes autres là c'est le papier pour la musique c'était le vinyle etc où
on
dit liberté totale on enlève le droit existant d'avant parce que c'est obsolète il y a la révolution numérique et ces deux tendances sont absolument mortifères et se renvoient l'une à l'autre d'ailleurs en réalité nous devons maintenir le droit tel qu'il existe
parce
qu'il était protecteur
ne
pas distinguer ce qui est presse numérique et presse papier nous l'avons dit par la fiscalité en alignant
la
presse numérique sur la presse papier parce qu'on a dit qu
'il
y avait indifférenciation des supports en ce qui concerne la presse et adapter ce droit à la révolution numérique
en
s'assurant de façon très précise qu'on n'atteint pas au droit qu'on avait déjà pour la presse papier et je peux transposer sur la musique sur le cinéma etc avec tout ce que l'on a à faire pour protéger les droits d'auteur pour protéger les droits de création c'est la même méthode arrêtons de où on met tout en l'air où on réprime il faut absolument maîtriser les choses et je crois que sur la prescription il n'y a absolument aucune raison de distinguer la presse papier de la presse numérique
on
a distingué les infractions racisme etc mais c'est égal pour les uns et pour les autres
par
contre en termes de délai à partir du moment où vous avez reconnu que vous aviez commis une erreur en amendant ce qu'avait fait la commission spéciale qui créait l'imprescribilité
je
ne sais pas pourquoi vous mettez un an au lieu des trois mois existants je ne comprends pas
et
que vous le proposez que pour la presse numérique parce qu'à la règle vous pouvez dire trois mois ce n
'est
pas assez pour la presse en général donc mettons tout un an il y aurait une logique mais pourquoi vous le faites pour la presse numérique ce n
'est
pas compréhensible et pour la neutralité du support qui est un argument fort que nous avons défendu à la commission culture je soutiens l'amendement de suppression du gouvernement avec le groupe
social
merci monsieur
Assouline
monsieur Pillet
si
je
ne suis pas
dans le débat sur la prescription trois mois un an je veux juste parler d'un problème de cohérence de notre droit il se trouve que dans le texte qui nous revient de l'assemblée nationale sans que ça ait choqué qui que ce soit d'ailleurs le délai de prescription pour les contraventions les contraventions de provocation de diffamation et d'injure racial ou discriminatoire non public a été allongé à un an
pour
une contravention
et
on voudrait que pour des délits on limite la prescription à trois mois moi je vous dis c'est plus du droit en tout cas c'est plus d'état d'état de droit dernier point dernière incohérence deuxième incohérence
quelle
est la véritable position du gouvernement
je
m'étonne parce que ce matin nous avons parté en commission des lois d'un autre texte qui a très précisément la prescription
où
on va doubler la prescription pour les crimes doubler la prescription pour les délits c'est à dire qu'on va passer de 10 à 20 ans de 3 à 6 ans et dans ce texte qui par nature devait recevoir ces amendements sur la prescription nous avons réétudié
l
'exact amendement qui nous est proposé
par
notre rapporteur dans le texte actuel et dans ce cas là
le
ministère de la justice monsieur Orvoas nous a donné son accord alors quelle est la position du gouvernement
merci monsieur Piley monsieur Gatolin
oui
merci monsieur le président j'ai l'impression parfois qu'on est un peu dans le monde farfelu je veux bien la cohérence du droit mais je crois qu'il faut savoir exactement ce qu'est internet quand on dit le délai de prescription commence à la fin du retrait de la publication mais c'est méconnaître ce qu'est internet rien ne disparaît totalement d'internet ainsi une personne va retirer son texte il aurait été repris par les réseaux sociaux qui l'auront diffusé
qui continueront donc il n'y a pas de délai de prescription vous êtes dans l'imprescribable le truc où on ne peut pas prescrire vous voyez ce que je veux dire c'est à dire que le média le support le support lui-même ne rend impossible
c
'est pour ça qu'il faut essayer avant de faire du droit sur internet il faut essayer de comprendre la nature de ce média parce que si on commence à répliquer à chaque fois les vieilles logiques d'antan on se plante sur internet internet moi j
'ai participé et j'ai gagné des procès pour obtenir des retraits de choses diffamatoires et bien le site en question retirait je faisais trois mois après une recherche sur un site de référencement un moteur de recherche le texte réapparaissait
donc
on ne peut pas prendre la
fin de publication parce que là l'auteur n
'est
même plus responsable l'éditeur premier n'est même plus responsable de cela donc essayons partons de la date de publication et allongeons mais prenons pas la date de retrait
enfin je crois qu'on est dans le monde farfolu de gens qui ne savent pas de quoi ils parlent je vous dis il
y
a une particularité d'internet penchez-vous et là il va falloir peut-être adapter le droit à cette réalité plutôt que croire que le droit va changer une
réalité d'une révolution technologique je vous remercie je
vous remercie
pour cette raison donc nous soutiendrons l'amendement du gouvernement et nous voterons contre l'autre amendement merci monsieur Gatelin monsieur Buffet
non bien monsieur
le ministre simplement pour ne pas rallonger quand même le délai pour dire à monsieur Pillet que il y
aura
prescription mais une heure moins dix c'est une bonne heure pour travailler madame la sénatrice le délai d'un an il est cohérent monsieur Pillet puisque c'est le délai qui est le même pour toutes les infractions racistes ou à caractère discriminatoire dans les lois de la presse donc nous nous sommes alignés sur justement avec un souci de cohérence deuxièmement sur la PPL qui vous sera présentée demain prescription pénale elle a trait aux prescriptions du code pénal et en général et ici nous sommes sur une loi pénale spéciale vous le savez bien donc il n
'est
pas étonnant qu'il puisse y avoir des divergences en tout cas des différences entre les deux textes
merci monsieur le ministre
donc
j'ai été saisi d'une demande de scrutin public par la commission spéciale sur cet amendement 678
en
vous rappelant que l'avis de la commission est défavorable et que nous allons procéder au scrutin public le résultat sur l'amendement 678 nombre de votants 342 nombre de suffrages exprimés 339
pour
l'adoption 149 contre 190 le Sénat n'a pas adopté
alors
sur le 749 j'ai été saisi également d'une demande de scrutin public
par
la commission spéciale en vous rappelant que l'avis du gouvernement est défavorable et que nous allons procéder au scrutin public
voici
le résultat donc sur l'amendement 749
nombre
de votants 343 nombre de suffrages exprimés 341 pour l'adoption 198 contre l'adoption 143 le Sénat adopté
sur
l'article 37 j'ai été saisi
d
'une demande de scrutin public par le groupe Les Républicains
il
va donc être procédé au scrutin public
dans
les conditions fixées par l'article 56 de notre règlement Voici le résultat
du
scrutin sur l'article 37 nombre de votants 343 nombre de suffrages exprimés 341
pour
l'adoption 198
contre
143
le
Sénat adopté
Voilà
pour les discussions des sénateurs autour du troisième volet de la loi égalité citoyenneté un troisième volet qui porte sur la lutte contre le racisme et les discriminations Leurs discussions doivent se conclure aujourd'hui avant un vote solennel mardi prochain
Vous
pouvez toujours voir et revoir tous les matins du Sénat sur publicsénat.fr Prochain rendez-vous de l'actualité parlementaire cet après-midi à 15h Ne manquez pas les questions d'actualité au gouvernement au sein de Sénat 360 avec Delphine Girard Très bonne journée sur les chaînes parlementaires
Christian Eckert