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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 18 août 2026 13 minAutoproduitPortrait personnelOutre-mer

Sophie Adenot, première française à sortir dans l'espace !

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Souriez, vous pouvez respirer. ... - M.Encaoua: Bonsoir.

Bienvenue dans "C dans l'air". Elle est la 1re Française de l'histoire à sortir dans l'espace. Ca fait maintenant près de 3 heures que S.Adenot est sortie de l'ISS.

C'est le rêve d'une vie pour une astronaute hors du commun, que vous connaissez très bien, M.Dana. Bonsoir.

Vous êtes grand reporter à France Télévisions et auteur de la 1re biographie de S.Adenot, "Sophie Adenot: de la Terre aux étoiles". Regardons ces images.

Elles sont fascinantes. C'était il y a quelques minutes. On est à 400 km au-dessus de la Terre.

S.Adenot est à droite, avec son coéquipier américain A.Menon.

Ils sont tous les deux en train de remplacer une antenne à haut débit. Mécanicienne de l'espace. Elle vit sa meilleure vie? - M.Dana: Je pense qu'elle est pas...

Elle est surtout très concentrée. Elle veut faire le job, le réussir, et plutôt très bien. Elle est très déterminée.

Je pense que la phase de véritable bonheur sera une fois que ce travail sera effectué, au moment où elle revient peu à peu vers le sas. - M.Encaoua: Elle est très concentrée.

Chaque geste est extrêmement précis. Vous allez nous expliquer en quoi consiste cette sortie. Je sais pas si elle regardera en bas, c'est pas toujours recommandé, mais est-ce qu'elle aura l'expérience de "l'overview effect", c'est-à-dire voir la Terre de "l'overview effect", c'est-à-dire voir la Terre depuis l'immensité de l'univers?

On regarde forcément en bas? - M.Dana: C'est tellement impressionnant...

C'est pas du tout les mêmes impressions et ressentis qu'à bord de la station. Se retrouver comme ça en plein milieu de l'espace, c'est tellement impressionnant que, de toute façon, au sol, la Nasa leur demande, une fois qu'ils ont quitté le sas, de prendre une dizaine de minutes pour être sûrs que tout va bien. Il y a des pertes de repères assez hallucinantes.

On n'a plus de haut, de bas. On se retrouve suspendu dans le vide. En matière de sécurité, notre cerveau, instinctivement, n'est pas fait pour cela.

Une fois qu'on a dépassé cette phase, peut commencer ce long marathon de 6 heures. J'utilise le terme "marathon" parce que c'est extrêmement physique. - M.Encaoua: En quoi c'est une épreuve ultra physique?

Elle a un scaphandrier particulier? - M.Dana: Elle a un scaphandre qui, heureusement pour elle, la protège de tout ce qui va y avoir au cours de cette sortie, à savoir des températures extrêmement froides, de l'ordre de -150.

Une fois que le Soleil revient, au bout de 45 minutes, puisqu'il y a une orbite toutes les 90 minutes, là, on va passer à une température extrêmement chaude, aux alentours de 150 degrés. Le scaphandre est fait pour la protéger et respirer. Elle a une dizaine d'heures de capacité.

Elle doit gérer tout ça. Elle doit gérer également ce volume respiratoire. C'est tout un travail de respiration.

Son instructeur me disait qu'elle doit à la fois cumuler des efforts extrêmement intenses, puis passer dans une courte phase de récupération et ensuite, se remettre là-dessus. - M.Encaoua: C'est comme courir un 100 m pendant un marathon.

Efforts intenses, arrêt, et ça continue comme ça pendant plus de 6 heures. On va parler de la mission précisément. Elle vit une forme de rêve dans le rêve.

C'était pas forcément elle qui allait sortir. Elle a été choisie parmi les 4. Elle a été choisie parmi les 4.

Ils étaient tous candidats? - M.Dana: Evidemment, n'importe quel astronaute, même chevronné...

Vous mettez T.Pesquet ou des plus expérimentés encore, ils y vont tout de suite. - M.Encaoua: C'est le graal. - M.Dana: C'est "le rêve dans le rêve", la phrase de T.Pesquet, justement.

Avec ça, pour elle, c'est un peu la consécration d'une mission réussie à bord de l'ISS. Il est clair que cette EVA, sortie extravéhiculaire, n'était pas tout à fait programmée initialement. Elle l'a longtemps espérée.

Mais elle a fait le job. Pour être sélectionnée pour faire ça, c'est parce qu'elle a fait un très bon travail. A bord, c'est assez scolaire.

On a son petit emploi du temps à la minute et ses notes. Comme elle le faisait pendant sa formation, elle avait un diplôme, une certification...

On est évalué en permanence. On est évalué par le sol. Le boss, c'est le sol.

C'est pour ça que ces antennes de 1,80 m de large, "Space-to-Ground", sont capitales pour la vie de la station. - M.Encaoua: Expliquez-nous concrètement la mission.

Il s'agit de remplacer une antenne à haut débit par une autre? - M.Dana: Pour avoir ces images et toute forme de communication par rapport aux expériences scientifiques, même par rapport aux conversations privées, il y a du très haut débit entre la station et des relais satellites pour arriver au sol sur les différents centres de contrôle, essentiellement la Nasa et Houston.

Ca peut aussi être en Europe ou en Russie, en fonction des missions. Si on a ces images, c'est parce qu'il y a des redondances à bord. Ces antennes paraboliques, on en a d'autres, mais celle-ci faisait défaut depuis près d'un an. - M.Encaoua: Et elle joue un rôle essentiel pour communiquer avec Houston. - M.Dana: C'est une mission cruciale et une marque de confiance à l'égard de Sophie de la part de la Nasa. - M.Encaoua: Elle a eu le temps pour préparer?

On voit que chaque geste est millimétré. Elle a su...

On a appris en juillet que ce serait elle qui sortirait. Elle l'a su avant? Elle a eu le temps? - M.Dana: On a su en juillet que ce serait le cas au mois d'août.

On pensait plus au 25 août. C'est une sortie qui devait être 100 % féminine. Si elle réussit celle d'aujourd'hui, qui s'est un peu ajoutée, on peut envisager une 2e sortie le 25 août. - M.Encaoua: Elle pourrait y retourner? - M.Dana: Oui, mais il lui faut ce temps de récupération physique.

Cette sortie extravéhiculaire, elle l'a travaillée depuis pas mal de jours, de semaines aussi. - M.Encaoua: Là, il y a une tension maximale. - M.Dana: Je pense qu'elle est effectivement en plein dans le travail.

C'est quelqu'un d'extrêmement déterminé. Si elle en est là aujourd'hui, c'est parce qu'elle a toujours réussi haut la main tous ses exercices. - M.Encaoua: Parlez-nous d'elle.

Cette mission n'arrive pas n'importe quand. On est 30 ans, à un jour près, après le vol de Claudie Haigneré, dans l'espace. C'était la 1re femme française à être dans la station Mir.

Elle est fondatrice, cette date, pour S.Adenot? - M.Dana: Elle est allée voir une exposition avec son père sur les astronautes à 10 ans.

Elle a surkiffé, notamment les photos de Jean-Loup Chrétien, le 1er Français à avoir fait une sortie extravéhiculaire. A partir de là, il s'est passé cette journée d'août 1996. Elle a eu ce déclic.

Elle a 14 ans. A partir de là, hors de question de lui mettre un obstacle. Elle a tout fait avec cette finalité-là, y compris ses missions, son expérience extraordinaire au sein de l'armée de l'air et de l'espace. - M.Encaoua: Pour ceux qui ne la connaissent pas comme vous, elle a 44 ans.

C'est une ingénieure, officier de l'armée de l'air. Elle est pilote d'essai. Elle a toujours voulu aller dans l'espace.

Elle a candidaté très jeune. - M.Dana: A 25 ans.

Elle a candidaté au moment de la promo de T.Pesquet. Elle y est allée en 2008.

Au moment de la sélection en 2009...

Je dis pas qu'elle a failli finir finaliste, mais elle avait un très bon dossier, pour 25 ans seulement. Ensuite, il y a l'expérience. Elle a été ravie d'être sélectionnée en novembre 2022.

Ca n'en avait que plus de valeur pour elle. - M.Encaoua: En quoi son profil diffère de celui de T.Pesquet, qui revient souvent en haut de l'affiche? - M.Dana: Je pense que Thomas s'est un peu fermé.

Il a été tellement sursollicité que...

Je me mets à sa place. Il y a peut-être parfois moins de spontanéité. Et il a le passé qu'il a pour lui.

Ca change un homme. - M.Encaoua: Ca frappe, cette spontanéité.

Il y a une forme de joie qu'elle communique, un enthousiasme. Elle a un talent incroyable pour ça. - M.Dana: La 2e fois que je l'ai vue, une fois qu'elle est arrivée à Cologne, dans le Centre européen des astronautes, j'ai été extrêmement touché par une forme de dialectique entre une femme qui avait un énorme background, qui était partie au milieu des balles avec son hélico pour sauver des soldats en Afghanistan...

Parallèlement, je voyais comme une petite fille qui avait les yeux qui brillaient, tout simplement parce qu'elle voyait des patchs grandeur nature, c'est-à-dire des logos de missions, ou une maquette. Elle vivait son rêve. Ca transperçait C'était extrêmement touchant. - M.Encaoua: Vous avez vu ce qu'a écrit E.Macron. "S.Adenot incarne une fierté française autant qu'un horizon pour les petites filles qui rêvent d'infini." C'est un modèle inspirant.

Les femmes astronautes, on progresse, mais elles sont encore loin d'être majoritaires. - M.Dana: Oui et non.

Je vous corrige sur un point. En 2022, la sélection européenne, on était quasiment à 50-50. Au bout d'un moment, ils ne sont que 5.

On ne pouvait pas faire 2,5. Il y a cette réelle volonté de la part de l'Agence spatiale européenne d'arriver à un équilibre total. La dernière sélection américaine de septembre 2025, plus de la moitié étaient des femmes. - M.Encaoua: J'aimerais qu'on regarde quelques images.

Elle a un talent fou pour s'entretenir depuis l'ISS avec des jeunes, des classes d'élèves. Elle a même soutenu l'équipe de France pour le Mondial de foot. Elle nous fait partager des séances de maquillage.

On n'a pas le temps de regarder. Elle fait même des séances de yoga dans l'espace. Elles vous surprennent, ces vidéos, vous qui avez eu la chance de la rencontrer longuement?

C'est tout Sophie? - M.Dana: Il y a un certain protocole de communication de la part de l'Agence spatiale européenne, très ciblée sur les réseaux sociaux.

Ca a commencé avec les générations de T.Pesquet, la génération 2009. Son objectif, dans la médiatisation, c'est pas d'être médiatisée, au contraire.

Elle préférerait éviter cela. C'est peut-être une différence avec T.Pesquet.

Mais je suis pas à sa place. Une chose qui est certaine, c'est qu'elle s'est toujours posé des questions. Sa question par rapport à cette médiatisation, à cette communication sur les réseaux sociaux, c'est: "Pourquoi je fais ça?" C'est pour inspirer.

C'est son seul objectif, inspirer comme elle a été inspirée. - M.Encaoua: Merci infiniment de nous avoir transmis cette passion pour cette astronaute hors du commun.

Je rappelle votre biographie, "Sophie Adenot: de la Terre aux étoiles", 1re biographie de S.Adenot.