CHRISTINE LAGARDE détaille la STRATÉGIE de la BCE face aux TENSIONS MONDIALES
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Réaction à l'accord entre Trump et l'Iran annoncé dans la nuit ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Quelle est la mission principale de la BCE ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Pourquoi la BCE a-t-elle augmenté ses taux d'intérêt ?
- 8:00OuverteRéponse directe
L'euro peut-il remplacer le dollar comme monnaie de référence ?
- 15:00OuverteRéponse directe
La Chine est-elle plus agile économiquement que les démocraties ?
- 19:00OuverteRéponse directe
L'Europe est-elle à la hauteur du défi climatique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Christine LagardeFait
« Notre mission telle qu'elle a été fixée par les fondateurs de la Banque centrale européenne il y a plus de 25 ans, c'est la stabilité des prix. »
- 4:00Christine LagardeChiffre
« nous avons décidé d'augmenter de 0,25 faisant passer le taux de 2 à 2,25 %. »
- 8:00Christine LagardeChiffre
« la région européenne zone euro 360 millions d'habitants, l'ensemble de l'Union européenne 450 millions d'habitants »
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Christine Lagarde. Bonjour Guillaume Berner, vous êtes présidente de la Banque centrale européenne, c'est-à-dire l'une des femmes les plus importante du monde, les plus puissantes en Europe. On va revenir d'ailleurs sur le rôle de la Banque centrale européenne.
Vous avez auparavant de 2011 à 2019 dirigé le FMI, le Fond Monétaire international. Mais avant tout, je suis obligé de vous faire réagir à l'information de la nuit. C'est la une du Figaro.
J'ai suspendu à l'accord entre Trump et l'Iran. Il y aurait donc un accord conclu. Celui-ci serait signé dans quelques jours en Suisse.
Votre réaction Christine Lagarde ? Écoutez, si cette nouvelle est est confortée par les développements des jours qui viennent et la signature d'un mémorandum of understanding, d'après ce que j'ai compris vendredi en Suisse, c'est une bonne nouvelle. on ne peut que euh s'en réjouir surtout si elle consacre l'ouverture et le déminage du détroit d'Ormous puisque c'était vraiment euh ce ce ce D3 par lequel transitait un volume important de gaz et de pétrole qui a entraîné une augmentation phénoménale des cours des matières premières et beaucoup d'instabilité dans le monde.
Donc c'est en soi si c'est confirmé parce qu'on a eu quand même on a été échaudé un certain nombre de fois par l'iminence d'un accord mais il semble d'après ce que non seulement les les les les tweets des uns et des autres indiquent mais surtout ce que des officiels des deux côtés affaires étrangères indiquent. Il semblerait que cette fois-ci ce soit le bon. Donc on va voir ce que je en comprends, c'est que il est prévu la réouverture progressive du D3 d'ormouse.
Pas de péage prélevé par les Iraniens, le déminage qui commencerait auquel peut-être un certain nombre d'autres pays participeraient en soutien et puis 60 jours supplémentaires pour encore négocier. Donc on n pas encore fini l'histoire et en particulier toute la question de l'enrichissement de l'uranium reste à débattre, à convenir et à conclure en forme d'accord puisque c'était un des entre guillemets buts de cette guerre étrange. Et alors ce G7, vous en attendez quoi justement dans ce contexte là ?
Christine Lagarde, est-ce que c'est ça en fait le point le plus important ? Le retour à l'appelant ? Vous savez, vous avez mentionné que j'avais été directrice générale du fond monétaire international.
Chaque fois que la paix revient, c'est une bonne nouvelle. Moi, j'ai vu des pays dans lesquels nous avions fait des programmes pour aider au au développement économique, à la la l'amélioration des conditions de vie des citoyens, où la guerre revenait et où tout était mis par terre à nouveau. Donc le retour de la paix dans l'absolu, de toute façon, c'est une bonne nouvelle.
Donc après, vous savez, il y a des il y a des des calendriers de communication, c'est-à-dire que le fait que la signature soit annoncée hier, le jour de l'anniversaire du président Trump, la veille du début du G7 qui commence ce soir avec une perspective de signature en Suisse en plus tout près des viands. Tout tout ça n'est pas totalement anodin. Il y a des communiquants de de grands talents qui qui prévoient les choses et mais peu importe à la limite dès lors que ce serait vraiment la paix, on se peut s'en réjouir.
Le G7 le G7 chacun des membres participants arrive avec ses buts de négociation et c'est toujours très intéressant. Moi, j'ai j'ai participé à pas mal de de G7, en particulier les 8 années où j'étais directrice générale du FMI. Chaque pays fait sa déclaration avant.
Ils font une conférence de presse, ils écrivent une lettre et et ce qui est très intéressant, c'est de voir s'il y a une espèce de convergence des but de négociation. C'est pas toujours le cas. Je crois que l'agenda français, c'est de se concentrer sur les les grands les imbalances entre les différents blocs, les États-Unis, la Chine, l'Europe et pour voir de quelle manière on pourrait les résorber.
J'ai dit en introduction, vous étiez l'une des femmes sinon la femme la plus importante d'Europe. Qu'est-ce que Christine Lagarde peut faire pour moi ? Qu'est-ce que dans la B centrale européenne ?
En quoi votre rôle et celui évidemment de de l'institution que vous présidez est importante pour les auditrices, les auditeurs ? Expliquez-nous. Notre mission telle qu'elle a été fixée par les fondateurs de la Banque centrale européenne il y a plus de 25 ans, c'est la stabilité des prix.
C'est explicité noir sur blanc dans le dans le traité qui nous gouverne. Donc depuis plus de 25 ans, notre mission c'est de garantir la stabilité des prix dans tous les États membres de la zone euro. Alors on a commencé petit, on est maintenant 21 Étatsmembres depuis qu'on a intégré la Croatie puis la Bulgarie.
Et dans ces 21 états membres, en les regardant comme un bloc économique, on peut revenir là-dessus parce que c'est un des problèmes auxquels nous faisons face, on doit maintenir la stabilité des prix qu'on a défini comme étant 2 % d'inflation. Pourquoi 2 % ? parce que on considère que c'est le chiffre qui permet à la fois un peu de négociation salariale, un peu d'erreur statistique et en même temps qui ménage une une espèce de de petit coussin de de confort et c'est surtout un taux d'inflation qui est relativement indolore dès lors que les négociations salariales avancent à peu près au même rythme que l'inflation plus de la productivité.
Donc ça c'est la mission stabilité des prix qui est destinée à éviter l'inflation. Sachant que chaque fois qu'on se trouve en situation d'inflation, c'est assez dramatique pour le pouvoir d'achat, pour la consommation des des ménages à moindre revenus, que ça entraîne des primes de risque associées aux investissements et aux emprunts à la fois des ménages des entreprises et des Étatsmembres. Donc c'est très important d'arriver à cette stabilité.
La deuxième mission que je considère comme la nôtre à la BCE, c'est de préserver l'euro. C'est notre monnaie commune à nous tous les 360 millions d'Européens qui réfléchissons, gérons, payons en euros. Voilà, vous avez décidé, vous collectivement, la Banque centrale européenne a décidé une augmentation des taux.
Alors, il faut dire pour fixer les choses, sans entrer trop dans la technique, la BCE considère qu'un taux d'inflation cible est d'environ 2 %. C'est 2 %, ouais. Et les taux, alors il y a trois taux directeurs, c'est des taux très importants dans notre vie quotidienne.
Si vous voulez par exemple acheter un appartement, ben vous dépendez de ces taux. Ces trois taux directeurs, vous avez décidé de les remonter, ce qui n'a pas été fait depuis 3 ans. Vous êtes aux alentours de 3,5 % en augmentation de de taux.
Pourquoi avez-vous fait cette pourquoi avez-vous pris cette décision ? Est-ce que cette nouvelle de la nuit, le fait que l'accord soit pris, est-ce que c'est de nature à modifier cette décision ? Christine Lagarde ?
Alors, les trois taux, qu'est-ce qu'est-ce qu'est-ce que ça représente ? C'est le taux auquel les banques se refinancent chez moi à la BCE et ça leur donne le coût de l'argent qu'elle facture ensuite aux entreprises ou au ménage ou à l'État éventuellement pour qu'ils empruntent. Donc quand vous Guillaume Herm vous allez acheter un appartement, vous allez obtenir un crédit hypothécaire probablement dont le taux sera fixé par la banque en tenant compte du taux auquel elle se finance chez moi et de la marge qu'elle va réaliser et du risque que vous constituez.
Voilà, c'est à peu près ça. Le taux principal, celui dont on parle tout le temps, c'est euh le taux traditionnel de refinancement quotidien des banques. Aujourd'hui, non, je vais revenir en arrière une seconde.
Avant la guerre, c'est-à-dire avant le 28 février, le taux directeur était à 2 % et on avait une inflation qui était presque à 2 %. Donc, donc c'était parfait. Enfin, j'exagère, mais c'était c'était un une bonne réalisation 2 % d'inflation, un petit peu plus de 2 % d'inflation. 2 % de taux d'intérêt.
OK. Qu'est-ce qu'on a vu ? On a vu un choc pétrolier brutal qui est un choc extérieur qui apporte une augmentation des prix.
C'est un peu comme une taxe qui serait facturée par les États producteurs et distributeurs de produits et pétroliers. Mais il faut qu'on la paye. En soit, si ça n'est que ça, si ça dure pas trop longtemps, on peut considérer qu'on va pas bouger parce que ça va graduellement se résorber tout seul parce que le choc est de relative faible intensité, de relative faible durée.
En revanche, et c'est ce que nous avons commencé à voir, c'est que un choc de cette nature, il est éventuellement durable. 100 jours, c'est assez long et il est assez fort. Et surtout, et c'est ça qui est le point le plus important et que j'espère les auditeurs pourront comprendre, c'est que un choc de cette nature, il se diffuse ensuite dans l'économie.
C'est-à-dire que dans un premier temps, si vous allez, je sais pas, si vous allez au restaurant, vous allez conduire votre voiture pour y aller, enfin vous non parce que vous roulez en vélo, mais vous conduisez votre voiture, le prix à la pompe, il aura augmenté. Ça c'est l'effet direct de l'inflation. S'il y a que ça et si ça s'arrête là, on peut imaginer que la banque centrale, elle elle laisse faire.
Si un mois plus tard, vous retournez dans ce même restaurant, vous prenez toujours la voiture, vous allez payer un peu plus à la pompe, mais vous allez probablement aussi payer un peu plus au restaurant parce que lui, il aura des produits qui auront augmenté, il aura une note de gaz qui aura augmenté, il aura des coûts supplémentaires. Effet indirect de l'inflation. Ça, on a absolument commencé à le voir un peu partout depuis plusieurs semaines.
Et puis si vous retournez 2 mois plus tard, la note sera peut-être un peu plus élevée pour vous parce que vous payerez toujours le prix à la pompe. Vous payerez toujours des frais de de matière première, de nourriture, de farine, de de de gaz du restaurateur, mais vous allez aussi payer une augmentation probable des salaires. Et ça, c'est ce qu'on appelle l'effet de second tour si vous voulez.
Et ça notre mission à la Banque centrale européenne, dès lors qu'on on on commence à identifier ça, il faut tout de suite prendre des mesures et c'est la raison pour laquelle à l'unanimité des 21 gouverneurs des banques centrales, nous avons décidé d'augmenter de 0,25 faisant passer le taux de 2 à 2,25 %. Voilà. Mais alors l'une des conséquences de tout cela Christine Lagarde, c'est qu'évidemment on le comprend, l'argent est plus cher, l'argent est plus cher, donc il y a moins de recours à l'investissement.
Alors, ça n'est pas seulement les ménages, même si les ménages ont un rôle, ce sont aussi les entreprises et tout cela peut freiner des investissements. Alors même que l'Europe, on va évidemment reparler mais c'est le sujet [raclement de gorge] central, l'Europe est disons dans une mauvaise passe presque structurelle sur le plan économique notamment du point de vue de son industrie. Vous avez dit le mot, elle est dans une mauvaise passe structurelle et ce sont des mesures structurelles qui vont pouvoir répondre aux circonstances actuelles.
C'est-à-dire, mais ça j'espère qu'on y reviendra tout à l'heure, mais éliminer les barrières internes, garder l'argent et l'épargne colossal des ménages des entreprises en France pour de l'investissement dans l'innovation et dans la compétitivité, c'est exactement la bonne réponse qu'on doit apporter. Moi, Banque Centrale, je suis obligé de remplir ma mission. Je dois assurer la stabilité des prix quand je commence à voir le nez de l'inflation qui qui sort et que je me dis non seulement on a des effets directs, on a des effets indirects.
Vous souvenez le restaurant, vous allez au restaurant et cetera, mais qu'on commence à à sentir frémir les effets de second tour, c'est-à-dire des risques d'augmentation des salaires en particulier, on doit nécessairement prendre des mesures et on l' il y a un indicateur qu'on regarde attentivement, c'est l'inflation sous-jacente. L'inflation sous-jacante, c'est l'augmentation des prix que vous supportez, que je supporte, dont vous défalquez les prix de l'énergie, les prix de la nourriture parce que ça, ce sont des éléments très variables. Vous gardez le cœur et ce cœur-là aujourd'hui, il est à la hausse.
On est à 2,5 % de prévision d'inflation sous-jacente. Je regarde un deuxième élément de manière très attentive aussi, c'est le prix des services parce que dans le prix des services, vous avez un élément salaire important. Le prix des services aujourd'hui, il est passé de 3 à 3,5 %.
Donc, j'entends les critiques, c'est c'est souvent ce sont des critiques française et et je les comprends. Bon, voilà, elle est en train de prendre des mesures, ça va tuer la croissance. Moi, je dois tuer l'inflation si elle se réveille parce que si elle si elle si elle sort de la bouteille l'inflation, pour la faire rentrer, ça sera beaucoup plus difficile, ça sera beaucoup plus coûteux. et euh une une situation inflationniste de long terme, c'est pas acceptable pour les consommateurs, pour les entreprise non plus.
Et et moi je remplis pas mon ma mission. Il y a différents types d'inflation. Alors, vous avez rappelé un type d'inflation, mais il y a aussi une inflation sur les actifs.
Et on dit souvent que euh il y a toujours, c'est un peu comme dans la galaxie, il y a toujours de l'inflation quelque part dans l'univers, y compris de l'inflation en matière d'actif. On le voit avec la bourse qui atteint des sommets [raclement de gorge] record. certains biens immobiliers, des biens de luxe.
Tout ça pour vous dire que les taux élevés profitent aux gens riche, très très riche. Et on peut redouter cette décision dont on comprend les tenants et les aboutissants renforce encore les inégalités en permettant aux gens extrêmement riches, ceux qui ont du cash et qui profitent donc de ces taux de devenir encore plus riche. Christine Lagarde, il y a beaucoup de choses justes dans ce que vous dites, mais quand je regarde moi ce contre quoi je lutte, qui est l'inflation, qui est-ce qui est le plus affecté par l'inflation ?
Ce sont les ménages les plus pauvres. Ce sont eux qui consacrent une grande partie de leurs revenus aux achats de d'enré alimentaire, aux loyers, aux crédits à la consommation et cetera. Donc moi, ma mission c'est de lutter contre l'inflation.
Une augmentation des taux d'intérêt de 0,25, c'est pas ça qui va enrichir les plus riches. C'est plus favorable parce que quand vous quand vous investissez, quand vous épargnez, si le taux d'intérêt est un peu plus élevé, c'est c'est plus c'est plus confortable et ça vous ça vous fournit plus de de revenus de votre capital. Mais si je laisse filer l'inflation, qu'est-ce qui va en payer le plus le prix ?
Ce sont les ménages les plus pauvres. Et si on décidait tout simplement de gager, de relier les salaires à l'inflation, il y aurait une possibilité de dire voilà pour les ménages les plus pauvres, il n'y a aucune incidence à une inflation puisque les salaires augmenteraient mécaniquement. Alors c'est un petit peu ce qui se passe.
Alors c'est c'est tout à fait ce qui se passe par exemple en Belgique parce qu'ils ont gardé le mécanisme de d'indexation pas en France. Alors en France, rappelez-vous, on a quand même le SMIC qui lui est indexé sur le sur sur l'inflation. Dès que l'inflation dépasse un certain seuil, hop, ça déclenche une augmentation du SMIC qui est décidée par le ministre des finances sur dans des conditions qui sont parfaitement convenues.
Donc, on a un mécanisme d'indexation sur l'inflation pour la partie des salariés qui en France sont rémunérés au niveau du SMIC. Ça entraîne souvent un effet cliquet au-dessus. dans le cadre de négociation salariale.
Donc là, il y a toujours un peu de perte de temps entre l'inflation qui tape et la négociation salariale qui intervient un peu plus tard, mais on a fort heureusement un décrochage par rapport à l'indexation complète qu'on avait avant qui elle autoalimentait l'inflation. Ça c'est un des grands succès de Jacques Deor. Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, on se retrouve dans une vingtaine de minutes.
On on vous posera des questions politiques également puisque et votre mandat s'achève en 2027. Je crois que 2027 ça n'est pas une date complètement neutre pour la France. On aura l'occasion d'en reparler 8h sur France Culture.
Les matins de France Culture. Guillaume Erner. Et oui, notre invité Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne.
On a évoqué avec vous madame le rôle extrêmement important de cette institution. Or il se trouve que votre mandat expire normalement fin octobre 2027. C'est un mandat de 8 ans.
Il n'est pas renouvelable. J'ai pu lire en en février dernier dans le Financial Times que vous envisagiez de ne pas aller au terme de votre mandat pour permettre un renouvellement peut-être un renouvellement avant la date qu'évoquait mon camarade Jean Lesmarie, autrement dit la présidentielle française pour bon, on va le dire explicitement aux auditrices et aux auditeurs pour que et bien Emmanuel Macron, l'allemand le chancelier allemand Frédéric Mertz par exemple et la possibilité de choisir votre successeur avant que ne vienne à l'Élysée par exemple un un président appartenant au Rassemblement national ou que de spéculation. Bon, ce que j'ai pu envisager au mois de février dernier, c'était sous l'empire d'une situation que je vous ai décrite tout à l'heure, c'est-à-dire inflation 2 %, taux d'intérêt 2 %, l'eurodigital en bonne voie de législation.
Donc je pouvais avec un certain confort me dire que la mission était accomplie, que j'avais 70 ans et que finalement je pouvais peut-être prendre une retraite un tout petit peu anticipée. J'ai un sens du devoir et je considère que quand il y a un peu de tempête, le capitaine reste à bord. Donc le capitaine du bateau Banque centrale européenne, il est à bord et aujourd'hui nous faisons face à une situation dont on espère qu'elle va s'améliorer un peu avec les accords qui ont peut-être été trouvés en matière de guerre au Moyen-Orient, mais où on a des regains d'inflation, où nous avons été obligés, à l'unanimité de tous les États membres d'augmenter le taux d'intérêt de 0,25 %.
Moi, je considère qu'il est de mon devoir d'accomplir la mission, la stabilité des prix et pour l'instant c'est ce qui guide mon action. Va de soi que je vais être attentive au propos des uns des autres, aux campagnes, au programmage de la France au sein de l'Union européenne était menacé par des incompréhensions, par des véléités de séparatisme, je m'exprimerai. de là à dire que je suis candidate à quoi que ce soit, certainement pas.
Alors, attendez parce que j'avais une autre idée à vous soumettre. Christine Lagarde. Peut-être que et voilà euh si euh vous n'alliez pas au terme de votre mandat, euh vous pourriez par exemple prendre part à la présidentielle française, ce qui aurait pour effet de prévenir un certain nombre de tentations populistes puisque vous incarnez une forme de rationalité qui par les temps qui court peut être appréciée par certains ?
C'est pour ça que je vous dis que si je m'aperçois que l'ancrage européen de la France est en danger, je trouverai les moyens de m'exprimer en soutien de cette mission, de cet ancrage européen, de cet impératif européen au sein duquel la France doit continuer à porter une voie nationale française profondément européenne afin tout simplement qu'ensemble nous soyons plus forts. J'aime votre bou langage mais j'aimerais comprendre le le sens de cette phrase. Est-ce que vous exprimez de toute façon heureusement la présidente de la BCE s'exprime mais s'exprimer politiquement, prendre part au jeux politiquer par exemple que le risque que des gouvernements populistes nomment votre successeur est un risque trop important pour que vous le preniez.
Ce qui guidera ma mission, c'est la mission, c'est-à-dire réaliser l'objectif et et rendre les clés d'une banque centrale européenne qui aura garanti le le le la stabilité des prix pour nos concitoyens. Ça c'est l'impératif numéro 1. L'impératif numéro 2, c'est la protection de notre monnaie pour que l'euro soit stable, soit sûr, soit une monnaie respectée, une monnaie forte dans le monde puisque c'est la deuxième devise internationale aujourd'hui.
Le troisème impératif, c'est ce que je vous disais, c'est l'ancrage de la France au sein de l'Union européenne. Donc voilà, je vais essayer de servir ces trois impératifs par ordre décroissant et je trouverai les moyens de m'exprimer. Jean les Marie, ça vous inspire une question ?
Une question euh toute fraîche ou toute chaude, je sais pas comment il faut dire puisqu'elle concerne une interview que Jordan Bardella vient de donner euh au site politicau. Euh le Rassemblement national pourrait entrer à l'Élysée l'année prochaine. C'est une hypothèse.
Et dans cette hypothèse, Jordan Bardella explique que la France réduirait de moitié la contribution française à l'Union européenne, 25 milliards environ. Est-ce que la France retrouverait ainsi des marges de manœuvre ? Christine la garde.
Premièrement, j'ai pas lu l'interview. Deuxièmement, je ne veux pas prendre position dans un débat politique en cours près précampagne électorale. J'observe simplement que l'Europe c'est un c'est un club éminemment important qui a permis un de garantir la paix depuis plus de 70 ans, de qui a permis l'échange des biens, des services, des capitaux et le mouvement des peuples au sein des États-membres de l'Union européenne et que quand on fait partie d'un club aussi fondamental que celui-là, on en respecte les règles.
On narrive pas en disant "Je renverse la table, je change tout." Donc il y a des règles. Moi je je le vois, vous savez au sein du Conseil des gouverneurs, il y a 21 gouverneurs qui viennent de 21 état membres différents avec des contexte politique différents.
Donc il faut se parler, il faut s'écouter, il faut trouver des convergences et il faut respecter la feuille de route initiale. Il y a des des des pères fondateurs de l'Europe qui étaient animés par un projet. Il y a eu d'autres successeurs par la suite qui ont amplifié ce projet.
Je crois qu'on a encore beaucoup à faire pour que l'Europe soit une région à la fois puissante qui garde son attractivité, qui garde son épargne et qui permettent la productivité et le bien-être des concitoyens. Alors justement sur l'Europe, on a évoqué aux informations les décisions de Donald Trump à la fois sur le fond, sur la forme. Tout ceci peut susciter certaines forme de perplexité chez certaines personnes.
Et Christine Lagarde, l'un des enjeux extrêmement importants, c'est la question du dollar. H le dollar peut-il rester une monnaie de référence avec un président américain au style aussi bigaré ? Dans ces conditions, l'Europe a une carte à jouer.
Est-ce que l'euro pourrait devenir la monnaie de référence ? Je vais retenir le premier votre premier propos. Est-ce que l'Europe a une carte à jouer ?
Réponse oui. Est-ce que l'euro demain peut être le remplaçant du dollar ? parce que ça ça fonctionne pas comme ça.
Est-ce que l'Europe a une carte à jouer ? Bien sûr, parce que la région européenne zone euro 360 millions d'habitants, l'ensemble de l'Union européenne 450 millions d'habitants, soit 100 millions d'habitants de plus que les États-Unis. euh un un une région géographique riche de sa diversité, de ses talents, de son épargne considérable et et qui a des fondamentaux qui inspirent la confiance.
Moi, j'entends les investisseurs étrangers ceux qui achètent de la dette dans le monde entier. Aujourd'hui, il y a un véritable intérêt, pas un engouement, mais un intérêt véritable pour les émissions de dettes souveraines émanant de l'Union européenne et tout particulièrement de la zone euro. Pourquoi ?
Parce qu'on est prévisible, parce qu'on respecte la règle de droit, parce que euh on change pas d'avis tous les matins. Alors, c'est un problème parce que parfois la gouvernance européenne, on dit "C'est lourd, ça prend du temps, il faut se consulter, il y a des comités, il y a des task forces et cetera." C'est vrai, c'est vrai.
Mais en contrepartie, on sait exactement à quoi s'attendre et par conséquent, les investisseurs savent que leur argent est bien investi dans un univers dont les règles sont connues et sont certaines. L'un des freins à l'idée de faire des bons du trésor am de faire des bons du trésor pardon européen, des eurobons des safe asset des actifs sur ce sont les Allemands qui ne veulent pas mutualiser les dettes. Mais euh ce faisant, est-ce qu'on ne se prive pas en Europe d'un outil important ?
Parce que là, on a une fenêtre, on voit bien que les bons du trésor américain sont moins sûrs qu'auparavant, qu'il y a un risque, je je dis pas [raclement de gorge] que c'est un risque probable, je dis que c'est un risque possible de rééchelonnement de la dette américaine. Je je vais pas je vais pas me prononcer sur le sujet d'un rééchelonnement de de dette américaine. En revanche, je pense que le grand projet de l'Union des marchés de capitaux, qu'on appelle le le l'Union de l'épargne et de l'investissement maintenant ne sera un vrai succès que si on a un instrument de dette mutualisé qui donne de la profondeur et de la liquidité au marché.
Ça c'est une des clés de la réussite des États-Unis. Le dollar est fort parce qu'il y a aussi des bons du trésor à profusion et que les investisseurs ont de la liquidité. Par conséquent, nous aujourd'hui on n pas encore ça.
C'est pas qu'on sait pas le faire hein, on l'a fait une fois en réponse au Covid, on a émis un emprunt européen d'environ 800 milliards d'euros qui a permis de répondre aux impératifs économiques, financiers de liquidité de l'ensemble des États-membres au moment de la crise du Covid. Mais on n pas forcément besoin du Covid pour faire ça. Et je moi ce que j'espère dans la perspective d'une union économique et monétaire dont nous nous fournissons la partie monétaire, c'est que la partie économique et financière, elle pourra être développée entre les Étatsmembres, notamment de la zone euro, autour de projets fédérateurs qui justifient un financement collectif.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si par exemple on s'accorde tous ensemble pour dire que la défense c'est un impératif à ce moment-là peut-être pas aujourd'hui parce qu'aujourd'hui il y a encore des prises de position très fermes et hostiles à ce projet mais peut-être qu'un jour les Allemands et quelques autres ils sont pas tout seuls les Allemands et quelques autres se diront oui c'est dans notre intérêt collectif d'avoir une dette qui soit commune aux Étatsmembres afin de financer la défense qui nous est commune parce qu'on est ensemble et qu'on est plus fort ensemble. Alors, j'ai une autre proposition.
On a parlé il y a quelques minutes des cryptoonnaies. Sans entrer dans les détails technique. Il y a donc les crypto devises et puis il y a un type de devise un peu particulier qu'on appelle des stable coins.
Les stable coins, ils représentent aujourd'hui un marché très important. 500 milliards de de dollars, un peu moins. J'ai un peu exagéré. 350 pour USDC et Tur donc un peu moins mais ils sont en croissance extrêmement rapide.
Ouais. Pourquoi la Banque centrale européenne refuse de faire des stable coins qui aurait là aussi un intérêt extrêmement vif ? Non, on refuse pas du tout hein.
Permettez-moi juste peut-être un un point. Il y a d'un côté les cryptoactifs, les appelez pas des devises parce qu'ils ont ils n'ont pas les caractéristiques de devise. Je vais jamais vous payer un café en crypto et vous n'irez pas acheter une paire de chaussures en crypto.
Ça ça marche pas. Cela on les met de côté. C'est des instruments spéculatifs.
Ça monte, ça descend. On aime pas ça la baisser. Mais les stable coin moins spéculatif.
Non, c'est pas qu'on aime pas ça, c'est ce sont des actifs. Donc les gens qui veulent prendre un risque mettre un un ticket de je sais pas 1000 2000 100000 € selon les moyens des gens sur un actif super spéculatif, c'est leur problème. Faut simplement qu'ils sachent qu'ils peuvent perdre beaucoup.
De l'autre côté, et ça c'est différent, vous avez complètement raison, on a ce qu'on appelle les stable coins. Alors, qu'est-ce que c'est qu'un stable coins ? C'est une promesse.
Donc, je m'appelle Tether ou Circle. Ce sont les deux principaux aujourd'hui. Et je vous dis, mon cher Guillaume, vous m'achetez un stable coins que je vous aimis.
En contrepartie, vous allez me payer et moi je vous garantis que le jour où vous voulez échanger votre stable coins, je vous rendrai en équivalent dollar parce que 99 % du marché aujourd'hui, il est en stable coins dollar. Alors, quel est l'intérêt après tout ? parce que je pourrais aussi simplement transacter en dollar avec vous.
L'intérêt c'est que il y a un certain nombre de fonctions qui aujourd'hui fonction tourne tourne lentement avec des coûts importants. C'est le cas particulièrement des paiements transfrontaliers. C'est le cas aussi des pays dans lesquels il y a une très très forte inflation et où la devise est faible et où là on essaie de substituer quelque chose d'autre adossé au dollars ou adossé à l'euro puisque c'est possible aussi.
Et ça donne une espèce de confort premièrement. Et deuxièmement, ce que disent les grands émetteurs de stable coins, c'est transiger avec mes stable coins, ça vous coûtera moins cher dans les transferts transfrontaliers. Quand on rentre dans le détail de ce que ça coûte, desf et cetera, c'est pas si avantageux que ça.
Les pardon. Oui, c'est vrai. Vous les frais, les commissions, les trucs, les frottements divers et variés, c'est pas si bon marché que ça.
Mais c'est quand même mieux que ce que fournissait le marché jusqu'à présent. Nous ce qu'on dit à la Banque européenne, c'est bon, quel est l'intérêt ? on comprend pas très bien.
Il y a peut-être des cas d'utilisation particuliers, des pays particuliers, mais cette inventivité euh numérique, cette utilisation de de ce qu'on appelle le distributed legger technology dont vous allez sûrement trouver une traduction immédiate, ça il faut il faut l'encourager. Il faut absolument s'en saisir de ce ce ce cette technologie et parvenir à des transactions plus rapides, moins chères, plus efficaces. C'est exactement ce qu'on appelle alors c'est à nouveau vous allez hurler la tokenisation des actifs et détait alors un un token, c'est euh un jeton.
Le fait de transformer en jeton en jeton qui lui-même aurait un cours. C'est c'est très intéressant fait c discussion parce que à la fois c'est très technique. Alors les gens se disent "Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire de token ?" Moi j'ai compris ça le jour.
J'ai j'ai je suis un peu plus vieille que vous et donc j'ai vécu la dématérialisation des titres. Autrefois, on avait des obligations avec des coupons, vous alliez chercher votre coupon et cetera. Et puis dans les années fin des années 80, on a dématérialisé.
Donc c'était devenu des dossiers qui étaient tenus dans des registres, on avait plus son coupon. Mais ça c'est une étape plus achevée encore de la dématérialisation parce que tout ça sera inscrit dans des dossiers purement numériques qui constituent une chaîne de transaction. Voilà.
Mais bon, alors je je vais le dire autrement parce que on voit que ce sont des sujets très techniques mais à la fois on voit aussi que la sphère de la finance qui représente des sommes gigantesque et en quelque sorte à l'insu des citoyens est en train de se développer de de manière considérable avec un risque aussi que l'Europe soit marginalisée. Je je prends un autre exemple Christine Lagarde sur lequel j'aimerais votre réaction. Anthropique, donc c'est une firme d'intelligence artificielle euh a vu l'un de ces modèles interdits à l'extérieur euh des États-Unis pour les non Américains.
Ce qui veut dire que si vous voulez utiliser Fable 5 en France, si vous êtes pas américain, vous pouvez pas. Euh et donc là, il y a un risque de marginalisation supplémentaire alors même que l'Europe est fragilisée. Qu'est-ce que la présidente de la BCE pense justement de de ce risque- là ?
Je pense trois choses. La première chose, c'est que euh cette situation créée par la détermination des États-Unis alarmée par euh Anthropique qui est le le le l'éditeur de ces de ces outils dont vous venez de parler. Donc la décision des États-Unis devrait nous amener instantanément à réfléchir à qui sont nos acteurs à nous, qui peut se substituer à ça.
On a en France un un un un grand acteur qui est Mistral. J'espère que ça permettra à Mistral de faire des levées de fonds très importantes et d'avoir des valorisations boursières compatibles avec ces perspectives. Il y a la même chose en Suède, il y a la même chose en Allemagne.
Donc on a des champions européens, il faut les aider, il faut les pousser. On n'est pas obligé de se tourner toujours vers les États-Unis premièrement. Deuxièmement, je pense pour l'avoir un peu exploré parce que nous avons regardé attentivement les risques de stabilité financière de ces outils que vous évoquiez tout à l'heure, on doit impérativement se poser la question des effets de l'intelligence artificielle sur la gestion du système financier, sur les infrastructures financières, sur l'ensemble des univers dans lesquels on fonctionne, hein.
Pensez au contrôleurs aériens quand ils sont en train de gérer un système d'arrivée de départ des avions. Imaginons que le système de gestion soit pénétré par un acteur toxique qui utilise l'intelligence artificielle à des fins négatives. Il faut absolument se défendre contre ça.
Donc ce que moi je pense c'est que nous devrions ensemble et au niveau des gouvernements établir une espèce de feuille de route de cadre de fonctionnement de l'intelligence artificielle pour se préserver de ces risques-là. Et il faut absolument que les Chinois soient à table parce que les Chinois sont les prochains acteurs sur le terrain. Alors justement les Chinois puisque vous venez de prononcer des bonnes liaisons.
Ouais, ça c'est merveilleux parce que on disait voilà, il faut parler de la Chine, alors parlons de la Chine, Christine Lagarde. Est-ce que vous n'avez pas justement la sensation que la politique économique de la Chine, même si elle se paye d'un coût politique autoritaire très élevé et aujourd'hui une politique bien plus agile, bien plus astucieuse que celle de nombre de démocraties ? Alors astucieuse, je ne sais pas parce que ça c'est le c'est leur leur jugement plus agile.
Oui. Malgré des des rigidités de structures incroyables. C'est-à-dire que en Chine, sur un marché de de de gigantesque avec des investissements colossaux dont certains largement subventionnés par l'État, un groupe de neuf personnes présidées par le président Chi peut décider de telle ou telle direction, de telle ou telle stratégie industrielle, de telle ou telle concurrence entre les acteurs pour arriver non seulement à euh commercialiser sur le marché domestique mais commercialisé en dehors du marché chinois.
Ça c'est évident. Jean les Marie, il nous reste quelques instants peut-être Guillaume pour parler de la crise climatique qui est si importante. Il se trouve que cette semaine, il va faire très chaud en Europe que les climatologues observent ces phénomènes avec beaucoup d'inquiétude évidemment, phénomènes qui rendent nos vies quotidiennes beaucoup plus difficiles et qui ont un impact majeur aussi sur nos économies.
C'est la question de l'inflation que vous évoquiez mais c'est beaucoup plus vaste aujourd'hui. Est-ce que l'Europe est à la hauteur de ce défi aujourd'hui sur les questions que vous suivez Christine Lagarde en matière de climat ? Oui.
Elle elle est plus l'Europe aujourd'hui est plus à la hauteur qu'un certain nombre d'autres pays dans le monde certainement plus que par exemple les États-Unis. Mais l'Europe doit non seulement poursuivre la voie qui a été engagée, la transition climatique, euh poursuivre des mesures qui sont impopulaires, le le à nouveau Guillaume Hermer va me maudir mais c'est le ETS emission euh transmission. Alors là vraiment je peux pas je peux là là j'y arriverai pas. [rires] C'est c'est un un coût supplémentaire qu'on impose aux aux changement de la transition climatique.
Donc c'est un un impôt. Vous respectez pas les engagements de l'accord de Paris par exemple, vous ne réduisez pas vos émissions de CO2, bah vous allez payer une taxe. Bon, c'est difficile, ça va être en négociation ETS1 puis ETS2.
C'est hyper important de continuer sur cette voie là même si ça augmente les coûts parce que c'est le seul moyen de parvenir à une transition climatique qui nous permette non pas de limiter à 1,5 parce que là je pense qu'on est on est on n'est pas dans les dans dans le créneau mais de limiter les effets du du changement climatique dans toute la mesure du possible. Donc il faut un continuer sur la lancée et de développer encore cette cette lutte contre le changement climatique et surtout mettre en place des mesures permettant la transition. Moi, c'est ce que j'ai essayé de faire accepter au FMI, ça m'a pris 2 ans.
C'est devenu un sujet macro vraiment. Depuis que je suis à la BCE, nous avons aussi intégré le changement climatique dans nos paramètres d'appréciation des risques et de détermination de nos projections macroéconomiques. On l'applique également au à tous les les toutes les créances sur lesquelles des financements sont consentis.
C'est pas sans difficulté, hein. On est fortement critiqué. J'ai entendu à de multiples reprises, vous n'êtes pas dans votre mandat, c'est pas la mission de la BCE.
Et je pense que c'est profondément la mission de la BCE que d'envisager tous les risques qui peuvent s'appliquer. Imaginez par exemple, je je donne un financement en contrepartie d'une créance qui est basée sur des actifs immobiliers situé dans une région susceptible par exemple d'inondation. Ma créance, elle vaut quoi ?
Sa valeur faciale ? Il faut il faut le le la réduire du montant du risque correspondant par exemple à l'inondation. Des biens qui sont plus assurable.
Est-ce que ça peut constituer encore des créances ? Voilà. Merci beaucoup Christine Lagarde d'avoir été avec nous ce matin.