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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 22 mai 2024 23 min

Régulation d'Airbnb, accès au logement social, logements vacants... Le "8h30 franceinfo" de Guillaume Kasbarian

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Guillaume Casbarian.

0:05
Locuteur non identifié

Bonjour.

0:06
Présentateur

Pour faire face à la crise du logement, le Sénat a adopté hier le texte qui vise à réguler le marché des meublés touristiques comme Airbnb. Est-ce que vous savez aujourd'hui combien de logements sont entièrement transformés en location saisonnière ?

0:19
Guillaume Kasbarian

Alors on est à peu près à 800 000, mais c'est un très beau texte qui vient d'être voté par les sénateurs et qui est une initiative parlementaire des députés. Je veux saluer le travail d'Anna Iglemeur, députée de la majorité, et Iñaki Etchanis, députée socialiste, qui sont à l'initiative de cette proposition de loi qui vise à remettre un peu d'ordre, un peu d'équilibre sur le marché. Parce qu'on a un phénomène où de plus en plus de biens qui étaient loués de façon traditionnelle sur le long terme passent sur le marché touristique.

Et l'État avait mis des règles qui facilitaient encore plus, que ce soit d'un point de vue de la rénovation, de la fiscalité ou des règles, l'allocation touristique. Et donc là, le Parlement, à l'initiative, va remettre un peu d'ordre sur ces règles-là, que ce soit en termes de rénovation thermique, de fiscalité, mais aussi d'outils pour que les maires puissent réguler un peu mieux ces meublés touristiques, de sorte qu'on ait un meilleur équilibre sur le marché, qu'on évite une attrition du marché locatif dans le contexte où beaucoup de Français cherchent à louer et ne le peuvent pas, parce qu'il y a peu d'offres sur le marché.

1:12
Présentateur

On va rentrer dans les détails des mesures qui ont été adoptées, effectivement. Mais 92% de ces hébergements sont loués occasionnellement. Ils sont des résidences principales ou des maisons de famille. C'est ce que disait hier le patron d'Airbnb sur France Info. Ça valait le coup, en fait, de faire une loi pour les 8% restants ?

1:29
Guillaume Kasbarian

Alors, il faut savoir que ce phénomène est évolutif et pas qu'en France, partout dans le monde. Et que de nombreuses communes, partout dans le monde, tentent de trouver des régulations pour éviter l'éviction du marché locatif, qui est de plus en plus importante. Donc, ce que nous voulons essayer de faire, c'est de donner aux élus locaux la possibilité de réguler à travers des quotas, à travers des mesures de compensation, à travers des règles locales à leur main, s'ils le souhaitent et si c'est pertinent dans leur commune, pour éviter qu'encore plus de biens quittent le marché locatif traditionnel et aillent sur le marché touristique.

Mais effectivement, vous avez raison de souligner qu'il n'est nullement question d'embêter des gens qui, de façon occasionnelle, de temps en temps, louent pendant leurs vacances leur résidence principale et essayent d'arrondir les fins de mois à cette fin. Voilà, pour faire la morale à ceux qui, aujourd'hui, embêtent, justement, des personnes qui souhaitent louer, de façon occasionnelle, leur résidence principale. Le sujet, il n'est pas sur les résidences principales. Il est sur des biens qui sont loués tout le temps, à plein temps, sur le marché locatif touristique et qui pourraient, s'ils revenaient sur le marché traditionnel, servir à des travailleurs locaux qui cherchent à se louer.

Donc, le sujet n'est pas d'enquête des résidences principales et les locataires, les loueurs occasionnels. Il est de remettre un peu d'ordre sur le marché. Mais vous savez, ce sujet n'est pas que français. Il existe partout dans le monde. Il y a des villes, d'ailleurs, qui ont pris des mesures drastiques sur le sujet.

2:42
Présentateur

Comment on donne plus de latitude aux élus locaux, aux maires ? Est-ce que, par exemple, vous voulez faire comme dans certains pays, comme en Italie, où, dans certaines villes, Airbnb est interdit, ou dans certains quartiers, c'est interdit ?

2:52
Guillaume Kasbarian

L'interdiction pure et dure, elle serait probablement attentatoire à la propriété privée. Par contre, des communes, aujourd'hui, sont déjà à la manœuvre. Je pense à Saint-Malo, où j'étais la semaine dernière, pour instaurer, par exemple, des mesures, déjà, d'enregistrement. Et là, l'enregistrement va devenir obligatoire. C'est-à-dire, vous voulez louer sur le touristique, vous devez vous enregistrer. La commune peut fixer des quotas. C'est ce que nous allons permettre avec ce texte. C'est-à-dire qu'elle peut dire qu'il n'y aura pas plus que X locations touristiques dans la commune. Elle peut mettre en place des mesures de compensation.

Et puis, surtout, elle peut introduire une notion de servitude sur la résidence. C'est-à-dire que, quand on construit du logement neuf, ce n'est pas pour que ces nouvelles constructions aillent sur le marché touristique.

Donc, vous voyez, on donne des outils aux élus locaux pour qu'ils puissent, s'ils le souhaitent, peut-être pas partout, peut-être pas si ce n'est pas pertinent dans leur commune, mais en tout cas, on leur laisse la main pour pouvoir mieux réguler les meublés touristiques sans tomber dans la caricature d'une interdiction pure et simple qui, probablement, serait inconstitutionnelle et ne serait pas vraiment la solution, mais avec des mesures de régulation qui seront très utiles et qui sont demandées par les élus locaux du territoire et par les habitants qui, de moins en moins, arrivent à trouver de bien sur le marché locatif traditionnel.

3:53
Auditeur

C'est un mot, il faut préciser à quoi ça sert d'obliger les propriétaires à s'inscrire, à s'enregistrer auprès de leur commune.

3:59
Guillaume Kasbarian

Ça permettra d'avoir un meilleur pilotage déjà de la donnée puisque parfois les choses sont un peu floues, vérifier également qu'on est bien en phase avec les règlements de copropriété, avec les règles locales, que ce sont des locations qui respectent donc la législation et puis ça permettra justement aux maires de fixer, par exemple, des quotas. Le fait qu'ils puissent savoir combien il y en a sur le territoire, c'est ce qui a permis à Saint-Malo d'envisager la question du quota en disant nous allons contingenter le nombre.

4:20
Auditeur

Et ça ne pose pas un problème d'égalité entre les citoyens ?

4:23
Guillaume Kasbarian

Il y a ceux qui auront le droit de louer et ceux qui n'auront pas le droit ? Ce qui pose une question aujourd'hui d'égalité, la vraie inégalité, c'est qu'aujourd'hui, si vous prenez un bien et que vous le louez à un touriste, vous n'avez pas de travaux à faire de rénovation énergétique. Là, la loi, elle va remettre de l'égalité sur les obligations. Ce qui n'est pas égalitaire, ce qui est inégalitaire aujourd'hui, c'est que quand vous louez à un touriste, vous avez jusqu'à 70% d'abattement. Là, la loi, elle va ramener les abattements à 30%, 50% si vous êtes classé touristique, je termine sur la question d'égalité.

La loi aujourd'hui n'est pas égalitaire parce que des communes peuvent réguler, mais d'autres, parce qu'elles sont plus petites, n'ont pas ces outils-là. Donc, cette loi, vraiment, c'est une loi d'égalité. Elle vient remettre de l'égalité sur un marché après que l'État a introduit des distorsions fiscales, de règles de rénovation, qui ont déséquilibré le marché. Donc là, on rééquilibre le marché avec des outils à la main des communes pour mettre un peu d'équilibre dans tout ça.

5:11
Présentateur

2,4 millions de ménages sont toujours en attente d'un logement social. Guillaume Casbarian, aujourd'hui, la loi SRU oblige les communes à construire 20 à 25% de HLM. On en est loin pour nombre d'entre elles. Vous, au gouvernement, vous voulez inclure les logements intermédiaires dans ce quota de 20 à 25%. Prendre cette décision, ce n'est pas donner une prime aux communes qui n'ont fait aucun effort en matière de logement social ?

5:32
Guillaume Kasbarian

Pas du tout. Aujourd'hui, vous avez la moitié des communes qui sont soumises à la loi SRU qui n'arrivent pas à atteindre leur objectif de 20 à 25% de logements sociaux. Ce que nous disons, c'est qu'elles ont des objectifs triénaux tous les trois ans de construction neuve. Ce que nous disons, c'est que nous souhaitons ouvrir dans ces objectifs-là la possibilité d'intégrer du logement intermédiaire. Typiquement, si vous avez une commune qui doit construire 1 000 logements sociaux dans les trois ans qui viennent, nous lui permettons de construire jusqu'à 250, si elle le souhaite, 250 logements intermédiaires et 750 logements sociaux.

Mais vous voyez, mec, c'est de la construction neuve additionnelle. Ça veut dire plus de logements intermédiaires parce que le logement intermédiaire, pas du tout, ça sera 750 de plus dans l'exemple que je viens de vous citer puisque nous fixons un objectif additionnel, incrémental. Oui, mais le logement intermédiaire a plusieurs vertus. Un, il permet d'équilibrer des opérations et faire sortir y compris du logement social quand vous intégrez du logement intermédiaire dans un ensemble de construction. Deux, il permet de mettre de la mixité sociale dans un ensemble puisque vous avez de l'offre sociale et vous avez de l'offre intermédiaire. Parce qu'il faut expliquer

6:28
Présentateur

que le logement intermédiaire, c'est pour les classes moyennes.

6:30
Guillaume Kasbarian

Bien sûr.

6:30
Présentateur

Le logement social, c'est pour les classes en dessous.

6:33
Guillaume Kasbarian

Exactement. Vous avez le logement social et vous avez plusieurs catégories dans les logements sociaux. Et vous avez ensuite le logement intermédiaire qui permet à un plus large spectre de la population encore d'accéder à un logement à prix réduit de 10, 20% moins cher que le prix de marché. Donc, c'est un beau produit qui permet à des gens de la classe moyenne, à des travailleurs, plutôt que d'aller sur le marché libre et de payer plein pot, de bénéficier d'un logement intermédiaire qui a un tarif, encore une fois, entre 10 et 20% moins cher que le prix de marché. Et c'est un beau produit qui est utile.

Et donc, comme il est utile socialement, nous souhaitons l'encourager dans les constructions neuves à l'avenir pour les communes qui sont soumises à la loi SRU. Le 8.30 France Info,

7:09
Locuteur non identifié

Jérôme Chapuis, Salia Braclia.

7:11
Présentateur

Toujours avec Guillaume Casbarian, le ministre délégué au logement, juste avant le fil info, on parlait de votre volonté d'inclure dans le quota de logements sociaux les logements intermédiaires, dans l'obligation des maires d'avoir ces logements sociaux sur leur territoire. Une régression, c'est ce que dénonce la fondation Abbé Pierre, une absence de solidarité parce que 3% seulement des 2,4 millions de ménages en attente de logement social peuvent atteindre les logements intermédiaires. Donc, ce sont les plus aisés. En gros, est-ce que vous êtes en train de faire la chasse aux pauvres ?

7:42
Guillaume Kasbarian

Mais pas du tout. D'ailleurs, cette information est fausse. Tout le monde est éligible au logement intermédiaire jusqu'à 80% de la population. Pour le logement social, c'est jusqu'à 65% de la population que vous êtes éligible. C'est-à-dire que concrètement, les plafonds aujourd'hui d'accès au logement social concernent 65% de la population française. Tout le monde ne candidate pas pour autant parce qu'on est dans une sorte de grande hypocrisie où tout le monde a bien compris que ce n'est pas parce que vous candidatez à un logement social que vous l'avez nécessairement. Pourquoi ? Parce qu'il y a 5 millions de logements sociaux dans notre pays, 5 millions et demi.

Il y a 2 millions de personnes qui font la queue et la file d'attente pendant des années pour en avoir un et à qui on dit écoutez, il n'y a plus de logement social, ce n'est pas possible donc allez vous débrouiller sur le marché libre. Ce que nous disons, c'est qu'une bonne partie de ces personnes qui sont éligibles au logement social préféreraient avoir accès à un produit, le logement intermédiaire qui est 15 à 20% moins cher que le prix de marché et qui serait une bonne solution pour des personnes aujourd'hui qui sont probablement un peu trop riches pour pouvoir accéder en priorité au logement social et pour autant qui ne s'en sortiraient pas sur le marché libre.

Donc vous voyez qu'on est sur une classe intermédiaire, une classe moyenne qui aujourd'hui galère à se loger et un peu trop riche pour pouvoir... Exactement. Et donc ce produit-là, il permet de répondre au plus grand nombre et il faut construire de tout. Il faut construire du logement social pour les personnes les plus fragiles qui en ont le plus besoin.

Il faut construire du logement intermédiaire pour les classes moyennes et il faut construire aussi du logement libre parce que dans le contexte dans lequel nous sommes, nous avons besoin d'un choc d'offres et c'est exactement ce que je fais depuis maintenant 100 jours que j'ai été nommé, réaliser le choc d'offres qui a été annoncé par le Premier ministre et sur lequel je m'y emploie tous les jours.

9:08
Auditeur

Dans votre projet de loi, Guillaume Casbarian, on parle des conditions de ressources pour être éligible au logement social. Vous instaurez le surloyer dès le premier euro du plafond de ressources dépassé, c'est ça ? Exactement. Et dans quel objectif ?

9:19
Guillaume Kasbarian

L'objectif, c'est de se dire comme je vous le disais, il y a 2 millions de personnes qui font la queue pour pouvoir avoir un logement social et il y a 5 millions de logements sociaux. Et donc, pour accélérer la file d'attente pour ceux qui en ont le plus besoin, il est normal dans une mesure de bonne gestion de vérifier que ceux qui sont dans le parc social n'ont pas soit explosé les plafonds de façon significative soit ne sont pas propriétaires en parallèle de biens. C'est ce que vous allez vérifier aussi. Bien sûr.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui sur les revenus ce que nous souhaitons faire c'est que quand vous dépassez les plafonds d'appliquer un surloyer c'est une mesure de justice qui vous permet d'être un peu mieux équilibré par rapport à tous ceux qui n'ont pas la chance d'avoir un logement social comme vous. Et de l'autre côté c'est de dire si par les hasards de la vie vous avez hérité, acquis un bien et que vous êtes propriétaire d'un bien équivalent dans la même ville ou dans le même bassin de vie il est assez normal de vous demander de libérer le logement social pour que ceux qui font la queue depuis des années puissent en bénéficier en priorité.

C'est donc une mesure de justice sociale la plus complète visant à accélérer la file d'attente pour ceux qui en ont le plus besoin et faire en sorte que le logement social et bien effectivement ça n'est pas à vie et qu'à un moment quand on a gagné beaucoup plus d'argent ou quand on a hérité et qu'on est devenu propriétaire d'un bien équivalent et bien la bonne gestion c'est de laisser sa place aussi. Vous dites demander

10:22
Auditeur

de libérer le logement ça veut dire une expulsion ?

10:25
Guillaume Kasbarian

Ça veut dire une rupture concrètement le mécanisme que nous avons proposé que nous proposons au Parlement c'est de dire que quand vous avez dépassé de plus de 20% les plafonds c'est à dire que quand on est à Paris pour un célibataire on est à 3724 euros net par mois pour un couple avec enfant on est à 6633 euros net par mois pour un couple avec deux enfants 8712 donc si vous avez dépassé ces montants là et que ce montant là vous l'avez dépassé pendant deux ans c'est à dire c'est pas juste une prime temporaire c'est que pendant deux ans vous l'avez durablement dépassé Il y aura une rupture je réponds à votre question il y aura une rupture de bail qui aura 18 mois d'effet c'est à dire que concrètement vous avez trois ans pour trouver une solution dans le parc privé ou dans le parc intermédiaire

11:02
Auditeur

Vous avez une idée du nombre de personnes concernées aujourd'hui en France qui voilà qui touchent trop d'argent pour être normalement

11:07
Guillaume Kasbarian

Vous avez 8% aujourd'hui du parc social qui est occupé par des personnes qui sont au-delà du plafond pour y rentrer c'est à dire que ces personnes là si aujourd'hui elles candidataient à nouveau à un logement social on leur dirait on prend pas on est à 400 000 mais si j'enlève les zones où on ne le calcule pas ou on ne le mesure pas c'est 200 000 grosso modo ce sont des personnes qui si elles candidataient aujourd'hui sur le logement social on prendrait même pas leur dossier par contre ce que nous n'avons pas comme données parce que ça n'est pas mesuré c'est le patrimoine je n'ai pas de données et personne n'a de données pour savoir est-ce que vous avez hérité d'un bien est-ce que vous êtes propriétaire Et donc là vous allez faire des enquêtes Là ce que nous demandons c'est une transmission automatique des données fiscales sur la question de la propriété et si vous êtes propriétaire d'un bien équivalent au logement social que vous occupez dans la même ville ou dans le même bassin de vie à ce moment là il est légitime comme pour les revenus de dire il est temps de laisser sa place à ceux qui en ont le plus besoin

11:48
Auditeur

Donc là on a un auditeur qui vous écoute par exemple un téléspectateur qui a 60 ans qui hérite qui habite depuis 30 ans dans un logement social il a un héritage et vous lui direz en fait c'est le moment de sortir

11:59
Guillaume Kasbarian

Alors il faut que ça soit un bien équivalent mais si par exemple il est locataire d'un T3 à Paris et qu'il a hérité d'un T3 ou d'un T4 à Paris et bien nous demanderons à cette personne effectivement dans les 18 mois de libérer les lieux parce qu'il possède un bien équivalent dans le même bassin de vie

12:16
Présentateur

Ah équivalent ça veut dire que s'il a hérité

12:19
Guillaume Kasbarian

d'un cabanon à Marseille et qu'il ne va pas y vivre et que ce n'est pas son bassin de vie non nous n'allons pas l'appliquer et je précise aussi que cette mesure ne s'appliquera pas aux personnes de plus de 65 ans ni aux personnes en situation de handicap donc il y a des exceptions à la règle mais le principe doit être acté dans la loi personne ne comprend chez vos auditeurs que l'on puisse continuer à être dans le logement social alors qu'il y a 2 millions de personnes qui font la queue depuis des années pour y avoir droit et qu'on ne vérifie pas ni le revenu ni le patrimoine

12:44
Présentateur

est-ce qu'il faut aussi réserver des HLM des logements sociaux aux fonctionnaires c'est l'idée de David Amiel qui est proche du président de la république un député et qui a remis un rapport dans lequel il propose que ces logements soient d'abord réservés pour les fonctionnaires on pense aux soignants aux policiers aux professeurs est-ce que ça fait partie des pistes que vous explorez ?

13:05
Guillaume Kasbarian

David Amiel a fait un très beau travail sur le sujet il nous a remis d'ailleurs avec Stanislas Guérini son rapport à Bordeaux et nous avons validé et encouragé les propositions qui sont à l'intérieur il y a aujourd'hui 5% des attributions de logements sociaux qui vont aux fonctionnaires David Amiel essaye de chercher des moyens pour aller encore plus loin y compris pour inciter des institutions publiques par exemple des hôpitaux à investir dans le logement social donc il parle par exemple de la clause de fonction et d'un certain nombre d'outils qui sont tout à fait intéressants pour encourager l'investissement des institutions publiques dans le logement social et pour favoriser l'attribution de logements sociaux nouveaux il n'est pas question

13:37
Présentateur

d'inscrire dans la loi en disant priorité

13:39
Guillaume Kasbarian

il y a bien un article à l'intérieur du projet de loi qui fait le lien entre emploi et logement et sur lequel nous attendons les concertations qui sont en cours et qui sont menées notamment par David Amiel et par Stanislas Guérini pour pouvoir éventuellement les intégrer au cours de la discussion parlementaire donc je suis favorable

13:55
Présentateur

la France se soviétise c'est ce que disent votre détracteur si on fait ça

13:58
Guillaume Kasbarian

vous n'allez pas me le dire à moi je suis d'aspiration libérale donc ce n'est pas moi qui vais défendre le soviétisme au contraire on constate aujourd'hui nous avons un système soviétique où vous avez 2 millions de personnes qui font la queue pendant des années pour avoir accès au logement social et vous n'avez pas de mesure qui permet au-delà d'un certain revenu au-delà d'un certain patrimoine de mettre de l'ordre dans le logement social donc on va remettre de l'ordre et un peu plus de bon sens et de liberté dans le système et je veux en plus favoriser le logement intermédiaire vous m'en avez fait le reproche un petit peu tout à l'heure en disant le logement intermédiaire ce n'est pas pour tout le monde attendez on est justement en train de libérer les possibilités vous avez raison ce que je dis en tout cas c'est que ce projet de loi que nous portons c'est un projet de loi de liberté qui va donner plus de liberté aux élus locaux pour construire du logement plus de liberté aux bailleurs sociaux pour qu'ils puissent construire plus de liberté aux constructeurs c'est un projet d'aspiration

14:45
Auditeur

de liberté pour tous les acteurs du logement ça va nous emmener au delà du fil d'info mais il y a la crise de la construction 40% de construction en moins en deux ans c'est la faute au manque de crédit bancaire

14:57
Guillaume Kasbarian

en tout cas ce qui est certain c'est qu'il y a bien un secteur qui est concerné par les taux d'intérêt c'est le logement et quand en 18 mois vous avez eu une augmentation de 400 points de base des taux d'intérêt ça a un impact sur la capacité des français à acheter quand vous allez voir votre banquier vous faites votre simulation à 1% c'était le cas il y a deux ans c'est pas la même que quand vous avez une simulation à 4% et tous les français qui sont allés voir leurs banquiers le savent alors néanmoins donc oui les taux d'intérêt ont un impact significatif pas qu'en France c'est rien de chose partout j'étais en Allemagne la semaine dernière mes homologues allemands ont exactement le même problème de crise du logement bon là ça commence à aller un tout petit peu mieux on a quand même des signaux encourageants les taux d'intérêt baissent ils sont redescendus sous la barre symbolique des 4% les banques nous indiquent que le robinet du crédit est ouvert et nous avons une augmentation de la production de crédit de plus de 70% par rapport à décembre dernier

15:40
Auditeur

c'est plus facile d'emprunter

15:41
Guillaume Kasbarian

ça reste un niveau qui est bas mais ça va un petit peu mieux et ça se retente donc ce que nous espérons bien sûr c'est une baisse des taux d'intérêt rapide plus rapide possible ça permettrait de réenclencher la demande et permettre aux français de réaliser leur projet immobilier de rêve d'être propriétaire de leur appartement ou de leur maison et après nous mettons au maximum en place des outils le prêt à taux zéro qui permet que vous avez réduit

16:03
Présentateur

donc qui pénalise les primo-accédents

16:05
Guillaume Kasbarian

on l'a recentré sur le collectif et on l'a sorti de la maison individuelle mais le prêt à taux zéro existe toujours il y en avait 50 000 l'année dernière il y en aura 40 000 cette année donc il y a toujours une disposition qui permet de financer pour ceux qui en ont tous besoin 40 000 contre 50 000 et c'est recentré sur l'habitat collectif et non plus la maison individuelle mais je veux dire le vrai sujet en réalité c'est pas le prêt à taux zéro c'est le taux pour tous les français c'est-à-dire le fait de se dire il faudrait que ça puisse baisser puis c'est aussi d'encourager les banques à trouver de nouveaux mécanismes innovants que ce soit le BRS que ce soit le prêt in fine que ce soit de nouveaux instruments financiers qui permettent éventuellement à des français de réaliser leurs rêves sans être dans un schéma classique d'acquisition donc on y réfléchit et on y travaille avec les banques pour trouver un maximum de solutions à des français qui aujourd'hui sont dans la galère et sont heurtés par la hausse des taux d'intérêt des 18 derniers mois

16:52
Locuteur non identifié

Et le ministre délégué

16:58
Auditeur

au logement Guillaume Casbarian continue de parler de la construction les maires les élus vous disent aussi qu'ils ne donnent pas assez de permis de construire à cause de la loi zéro artificialisation nette qui réduit les périmètres de construction comment fait-on ?

17:11
Guillaume Kasbarian

Alors la loi zéro artificialisation nette elle n'interdit pas la construction elle réduit le rythme d'artificialisation dans les 10 ans qui viennent par rapport aux 10 ans qui précèdent et il y a de la grande latitude qui a été donnée d'ailleurs aux régions en lien avec les élus locaux pour mettre des hectares de construction là où il y en a le plus besoin et réduire un petit peu ailleurs je sais que c'est une question qui est difficile pour autant et que beaucoup d'élus galèrent parce qu'ils ont peu d'espace pour pouvoir construire parce qu'il n'y a pas que lausagne il peut y avoir d'autres contraintes la question des inondations la question des risques incendies la question de la loi littorale de la loi montagne de la géographie qui fait qu'on peut faire donc dans ces conditions-là il faut pouvoir surélever quand on le souhaite densifier quand on le peut d'ailleurs il y a des positions du texte de loi densifier les lotissements quand c'est possible et puis il y a aussi la question

17:55
Présentateur

c'est-à-dire qu'il y a de la place on rajoute des immeubles

17:56
Guillaume Kasbarian

c'est-à-dire que vous avez un lotissement vous avez des maisons vous donnez la possibilité si le maire est d'accord à accélérer la densification de ce lotissement pour créer plus de maisons dans un même espace bon ça c'est un axe mais il y a la question de la surélévation Nice par exemple a un potentiel de 5000 logements et donc pousse pour la surélévation de logements monter en hauteur quand on le peut mais il y a aussi d'autres leviers la question de la transformation des bureaux en logements à Paris et en Ile-de-France en Ile-de-France vous avez 4,5 millions de mètres carrés de bureaux qui sont vides donc on a un intérêt à construire et à transformer ces bureaux en logements c'est exactement le sens de la proposition de loi qui est examinée aujourd'hui au Sénat d'initiative parlementaire à l'Assemblée nationale du Modem de Romain Daubier et qui va permettre d'accélérer la conversion de bureaux en logements non mais on veut le simplifier et aujourd'hui comme le prix des bureaux baisse et que la valeur vénale des bureaux baisse c'est des opérations qui deviennent de plus en plus intéressantes donc c'est un des axes il y a la question aussi des friches commerciales vous avez et avec Olivier Grégoire on a lancé une initiative sur 74 zones vous avez des grandes zones commerciales sur lesquelles vous aviez de grands entrepôts de grandes enseignes très très larges qui utilisaient beaucoup de terres et qui étaient artificialisées les habitudes de consommation changent et on veut en faire des habitats mixtes c'est-à-dire des zones où on a à la fois du commerce mais aussi du logement on était à Avignon dans la zone commerciale c'est potentiellement 900 logements donc on a un programme sur lequel on met de l'argent on met de la simplicité pour que des terres qui sont déjà artificialisées notamment des terres commerciales puissent servir à créer de nouveaux logements ça fait partie de tous ces outils de tous ces leviers qui permettent au sein d'un même espace de créer plus d'offres de logements sans forcément aller grignoter des terres agricoles tout autour parce qu'on a besoin de souveraineté alimentaire pour nos agriculteurs

19:28
Présentateur

il y a les nouveaux logements qu'il faut créer et il y a aussi des logements qui sont tout vides plus de 3 millions de logements vacants en France selon l'INSEE et en parallèle on sait que 330 000 personnes sont sans abri dans notre pays dont 3 000 enfants quand vous mettez les chiffres côte à côte 3 millions de logements vacants 330 000 personnes à la rue comment on fait ?

19:48
Guillaume Kasbarian

Alors sur les personnes sans domicile c'est une situation qui est très difficile aujourd'hui l'Etat met beaucoup il y a 3 milliards d'euros chaque année qui sont mis c'est deux fois plus qu'en 2017 et nous avons 200 000 places qui aujourd'hui servent dont 100 000 logements d'urgence qui permet en urgence d'héberger des sans domicile qui en ont le plus besoin nous avons aussi mis en place une politique de desserrement qui permet quand c'est saturé en Ile-de-France d'utiliser des SAS régionaux pour pouvoir accueillir des personnes sans domicile qui en ont le plus besoin donc il y a toute une politique qui est réalisée par les équipes de la DIAL et l'administration et les associations sur lesquelles l'Etat met 3 milliards d'euros encore une fois

20:19
Présentateur

pour créer

20:21
Guillaume Kasbarian

de l'hébergement d'urgence sur le logement pérenne vous mettez le doigt sur un vrai sujet qui est la vacance qui est très importante puisqu'on a aujourd'hui plus de 3 millions et demi de biens vacants dans notre pays les causes de la vacance elles sont multiples ça peut être soit parce que l'habitat est très dégradé qu'on ne rénove pas assez et donc là sur le sujet on met ma prime rénov sur lequel on accompagne les français à faire des travaux quand ils en ont besoin et on a même simplifié ma prime rénov pour qu'ils puissent le faire

20:42
Présentateur

il n'est plus question de rénovation globale comme vous l'aviez décidé vous étiez un peu trompé et d'ailleurs vous revenez dessus à l'animer

20:48
Guillaume Kasbarian

on a simplifié pour permettre à un maximum de français de faire des travaux ça ça peut être une première cause de la vacance c'est de se dire j'ai trop de travaux à faire j'y arrive pas la deuxième ça peut être des problèmes de succession qui sont un peu bloqués vous avez un bien vous l'avez hérité c'est compliqué avec les frères et sœurs et donc comme la succession est complète le bien est en attendant gelé et laissé vide puis après vous avez des propriétaires qui décident de laisser vide parce qu'ils ont peur de la location la loi que j'ai portée la loi Casbarian sur les impayés locatifs et sur les squats permet de redonner confiance aux propriétaires en accélérant les procédures en cas d'impayés pour leur redonner confiance dans l'acte de louer donc nous nous attaquons à toutes les causes de la vacance

21:20
Présentateur

la réquisition la réquisition ça fait pas partie

21:22
Guillaume Kasbarian

des outils possibles des options quand on est dans une situation d'extrême urgence par exemple en hiver et qui fait très froid dehors ce sont des outils qui sont toujours à disposition et qui sont étudiés quand vraiment tout est saturé et que vous êtes dans une situation d'urgence absolue donc ça peut être la réquisition de logements mais la réquisition de bureaux aussi je vous disais tout à l'heure qu'il y a 4,5 millions de mètres carrés de bureaux vides en Ile-de-France cela peut aussi constituer un gisement de réquisition temporaire en cas d'urgence s'il y avait un sujet mais moi mon objectif au delà de l'urgence c'est de faire en sorte qu'un maximum de biens pendant l'urgence mais de façon beaucoup plus pérenne pour répondre à la demande d'un maximum de français et avoir plus d'offres sur le marché c'est quand même ça l'enjeu diminuer la vacance

22:03
Auditeur

taxer davantage les logements vacants

22:05
Guillaume Kasbarian

alors il y a des outils qui existent aujourd'hui qui sont au niveau local nous verrons à la prochaine loi de finances si nous devons aller plus loin ou en tout cas donner plus d'outils aux élus locaux qui souhaiteraient s'il y a beaucoup de logements vacants dans leur commune mettre une taxe particulière sur le logement vacant mais attention ce n'est pas le cas partout il y a des endroits en ruralité où c'est vacant mais ce n'est pas le fait d'augmenter la taxe si par magie il va faire que le bien va être loué vendu ou occupé donc attention dans la ruralité comme vous avez parfois un problème de demande de ce côté là ce n'est pas forcément systématique d'où l'intérêt en tout cas sur la question de la fiscalité de donner aux élus locaux cette sagesse là pour qu'ils puissent décider si c'est pertinent sur les lieux c'est probablement plus pertinent à Paris que dans certains villages où la demande locative n'est pas énorme et sur lequel il y a beaucoup de biens vacants aussi parce qu'il y a parfois une déprise démographique la crise du logement n'est pas la même partout sur le territoire national et donc il faut avoir une politique du logement territorialisée ciblée qui donne beaucoup d'outils aux élus locaux pour qu'ils puissent agir localement

22:59
Auditeur

Guillaume Casbarian le ministre délégué au logement était l'invité du 830 France Info merci à vous

Régulation d'Airbnb, accès au logement social, logements vacants... Le "8h30 franceinfo" de Guillaume Kasbarian — Guillaume Kasbarian · Pourquijevote