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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 12 mars 2021 7 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Promesse tenue : nous avons voté cette semaine le principe de la barrière écologique.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:40Invité politiqueFait
    « il faut que les mêmes règles s'imposent à ceux qui importent en Europe qu'à ceux qui produisent en Europe. »
  • 1:20Invité politiqueFait
    « si vous produisez un bien industriel en Europe, vous devez payer pour la quantité de carbone que vous émettez dans l'atmosphère en développant votre produit. »
  • 1:59Invité politiqueFait
    « il faudra aussi payer pour le carbone que vous avez émis en produisant le bien que vous vendez à un pays européen lorsque vous le ferez entrer sur le marché unique européen. »
  • 2:38Invité politiqueFait
    « nous croyons au talent de nos entreprises, nous croyons à leur capacité d'innover, nous croyons à la créativité de ceux qui développent en Europe des solutions nouvelles, nous croyons à l'excellence de notre agriculture. »
  • 4:38Invité politiqueFait
    « Jusque-là l'Union européenne était d'une naïveté confondante dans la mondialisation : ce n'est pas de libéralisme qu'il s'agissait, ce n'est même pas de dynamisme commercial, c'était simplement d'une forme de passivité dans la mondialisation. »
  • 5:23Invité politiqueFait
    « Tout cela a été l'objet d'un travail important, notamment de notre groupe. Cela n'aurait pas été possible si le PPE ne s'était pas engagé dans cette perspective. »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy100 %

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François-Xavier Bellamy

Bonjour à tous très heureux de vous retrouver depuis Bruxelles à l'occasion de cette semaine de plénière très chargée, et aujourd'hui comme je vous l'avais annoncé je voudrais partager avec vous une très belle nouvelle. Une fois n'est pas coutume mais il faut signaler la grande avancée que représente un des votes importants de cette session plénière, le vote d'un rapport qui va pour la première fois engager le Parlement européen vers la création d'un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières. Derrière cette expression sophistiquée, il y a en réalité l'une de nos grandes promesses de campagne, ce que nous avions appelée la "barrière écologique".

De quoi, par cette idée, d'une réalité toute simple, c'est qu'aujourd'hui nous avons organisé une véritable concurrence déloyale qui pèse sur nos entreprises, sur nos industries, sur nos agriculteurs : nous leur imposons des règles de plus en plus compliquées sur le plan environnemental, notamment en matière de respect du climat – et cela est nécessaire car nous croyons à la nécessité de prendre soin de notre environnement, de la nature pour pouvoir la transmettre aux générations futures, mais simultanément nous avons déconstruit toutes les barrières à l'entrée de ce marché unique. Et il est devenu de plus en plus facile d'importer sur ce marché des produits que nous consommons.

Évidemment cela crée une situation intenable pour ceux qui travaillent en Europe et qui se voient en permanence confrontés à une concurrence qui n'a pas à respecter les mêmes règles. Ce faisant, nous n'avons pas du tout réduit le problème écologique, nous avons seulement détruit notre économie. Et c'est exactement à cette situation aberrante et scandaleuse qu'il était urgent de mettre fin. Nous l'avons dit pendant toute la campagne : il faut que les mêmes règles s'imposent à ceux qui importent en Europe qu'à ceux qui produisent en Europe. Cette équation toute simple, c'était la grande idée de la "barrière écologique".

Prenons un exemple parmi d'autres : si vous produisez un bien industriel en Europe, vous devez payer pour la quantité de carbone que vous émettez dans l'atmosphère en développant votre produit. Eh bien, à partir de ce mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, il faudra aussi payer pour le carbone que vous avez émis en produisant le bien que vous vendez à un pays européen lorsque vous le ferez entrer sur le marché unique européen. Ceci a je crois trois conséquences bénéfiques.

La première c'est que nous allons faire en sorte de redonner à ceux qui travaillent en Europe une condition de concurrence juste, loyale, équitable : nous croyons je l'ai dit pendant toute la campagne, nous croyons au talent de nos entreprises, nous croyons à leur capacité d'innover, nous croyons à la créativité de ceux qui développent en Europe des solutions nouvelles, nous croyons à l'excellence de notre agriculture, nous sommes certains que nous sommes capables de rayonner encore longtemps dans le monde. Mais pour cela encore faut-il que le terrain soit plat, que les dés ne soient pas pipés, et que la compétition soit loyale.

Mais c'est je crois le point le plus important : nous allons à travers ce mécanisme d'ajustement carbone redonner de l'oxygène à ceux qui produisent en Europe. C'est le premier point. Le deuxième point, c'est que nous faisons du marché unique européen – qui est évidemment une réussite parce que nous avons réussi à créer un marché de 500 millions de consommateurs, le plus grand marché mondial – nous en faisons enfin un levier pour peser sur le reste du monde. Aujourd'hui ce marché unique c'est une cible facile, demain il peut devenir réellement le lieu d'une transformation en profondeur de l'économie mondiale et notamment dans le sens de la préservation de l'environnement.

Cela est fondamental et nous savons très bien que si nous voulons pousser la Chine, l'Inde, les États-Unis à être plus vertueux dans leur manière de produire, il ne suffira pas d'aligner les bonnes intentions. Il faut nous en donner les moyens. D'un point de vue géopolitique le marché unique européen peut devenir un acteur et c'est là que l'Europe trouve son sens, non pas dans le fait de se substituer à la démocratie dans chacun des États-membres mais dans le fait de nous renforcer les uns les autres dans la mondialisation, par le poids que nous pouvons acquérir en transformant notre unité en une capacité d'action sur le plan géopolitique.

Et le marché unique européen peut devenir cet acteur. C'est ce qui va évidemment intervenir à travers la création de ce mécanisme d'ajustement carbone. Il est certain que lorsque les autres puissances mondiales – et même la Chine qui est aujourd'hui très dépendante en réalité du marché européen – seront soumises à cette contribution, cela ne pourra que les obliger à faire mieux, à produire mieux, à être plus respectueux de l'environnement. Cela recréer encore une fois une compétition plus loyale, cela améliore aussi la manière de produire des autres acteurs mondiaux, et nous sommes tous concernés bien sûr par la question environnementale.

Puis le troisième atout que je voie à la création de ce mécanisme d'ajustement carbone c'est qu'au fond nous acceptons un véritable basculement dans l'histoire de la mondialisation. Jusque-là l'Union européenne était d'une naïveté confondante dans la mondialisation : ce n'est pas de libéralisme qu'il s'agissait, ce n'est même pas de dynamisme commercial, c'était simplement d'une forme de passivité dans la mondialisation qui faisait que nous appliquions ce "deux poids deux mesures" à nos propres acteurs économiques au bénéfice de tous nos concurrents... On n'avait jamais vu un continent accepter de se laisser piéger par une situation de fragilité qu'il avait à ce point, lui même, organisée.

Eh bien nous sortons de cette passivité, nous sortons de cette naïveté, enfin, avec la création de ce mécanisme d'ajustement carbone, avec cette "barrière écologique" que nous voyons se réaliser aujourd'hui. Tout cela a été l'objet d'un travail important, notamment de notre groupe. Cela n'aurait pas été possible si le PPE ne s'était pas engagé dans cette perspective, si la présidente de la Commission, qui appartient à notre famille politique, n'avait pas porté cette idée en tête de ses priorités.

Et ça a été évidemment, aussi, un très gros travail de notre délégation – notamment grâce à Agnès Evren, Nathalie Colin-Œsterlé, qui siègent dans la commission de l'environnement, qui ont déposé de nombreux amendements sur ce texte, qui l'ont suivi depuis le début jusqu'à son vote. Évidemment ce vote est une première étape mais cette étape est décisive pour entrer dans la concrétisation de cette barrière écologique. Nous pouvons dire avec toute notre délégation aujourd'hui que nous sommes sur la voie d'une promesse tenue, une promesse fondamentale de notre campagne qui va pouvoir se réaliser dans les mois qui viennent, à travers le vote de cette session plénière.

Je suis très heureux d'avoir pu partager aujourd'hui avec vous cette bonne nouvelle avec toute notre délégation et bien sûr nous continuerons de suivre avec attention cette question. Je vous en reparlerai très bientôt. Merci encore, à très bientôt.