“ON NOUS ATTAQUE PARCE QU’ON FAIT PEUR” DANIÈLE OBONO (LFI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 32 %Attaque 50 %Défensif 18 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Comment tu t'es retrouvé en politique ? Qu'est-ce qui t'a politisé ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui a fait évoluer la France insoumise sur les questions décoloniales et antiracistes ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Comment tu gères les attaques racistes au quotidien ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Pourquoi le reste de la gauche a peur de la radicalité ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00DANIÈLE OBONOFait
« Je suis à la France insoumise parce que je suis une révolutionnaire aujourd'hui. »
- 0:10DANIÈLE OBONOFait
« face à ça quelle réponse est-ce que tu assumes de de confronter ou tu te complaus justement de la démocratie occidentale là l'illusion qui en fait qu'elle personne croit mais en fait ça faisait plaisir de se dire voilà on est supérieur on est intelligent »
- 2:00DANIÈLE OBONOFait
« quelle réponse tu donnes à des révoltes à euh un meurtre policier, face à une injustice structurelle et cetera mais ça clarifie de quel côté tu es est-ce que tu es voilà de quel côté pas juste de la barricade de la classe quoi »
- 4:00DANIÈLE OBONOFait
« le basculement où tous les précepts ou les concepts ou les idéaux ou les principes plus ou moins fumeux plus ou moins auquel voilà du droit international et le et le tabou du génocide qui qui était alors même si ils Ils ont laissé faire des genocides au Rwanda, ils ont laissé faire des des Mais voilà, là ça éclate le le l'hypocrisie éclate »
- 6:00DANIÈLE OBONOPromesse
« notre objectif c'est d'être majoritaire dans ce pays. Et donc l'idée que ce bloc populaire, il existe parce que il y a à la fois cette histoire et cette expérience de la gauche qui est qui est le socle de du bloc populaire »
- 8:00DANIÈLE OBONOFait
« on a gagné envers et contre tout tout le système conspirait pour faire gagner l'extrême drum. On y arrivait parce qu'on a été clair et on a rien lâcher »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je suis à la France insoumise parce que je suis une révolutionnaire aujourd'hui. Face à la question de l'islam et la question de la Palestine, il y a une offensive réactionnaire. Nous notre objectif c'est d'être majoritaire dans ce pays.
C'est aujourd'hui je pense pour des millions de gens la gauche c'est nous et on cède rien à ça quoi. Et aujourd'hui tu as des camarades qui sont encore plus plus radicaux sur des question. Moi Ah ouais OK.
Bienvenue dans ce nouvel épisode du fauteuil. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir la députée de Paris et candidate à au municipal à Paris dans le 18e arrondissement, Daniel Obonau. Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui.
Comment ça va ? Sa vie ça va. Le début de l'année.
On a l'impression que ça fait déjà des mois et des mois que ça a commencé. Mais bah nous on est très content de te recevoir, tu es député la France insoumise de Paris mais ça fait longtemps qu'on te voit la France insoumise et qu'on te voit dans le paysage de gauche. Moi, je voulais on fait ça souvent ici revenir sur ton parcours.
Comment tu t'es retrouvé en politique ? Qu'est-ce qui t'a politisé ? Comment je me suis engagée en politique ? la date de mes années au lycée globalement où j'étais déléguée de classe et je me suis organisé une première fois avec d'autres camarades de classe pour protester contre le la présence de représentant de de l'extrême droite du FN à l'époque dans les conseils d'administration des lycées parce que c'est à l'époque ça date, c'est le 20e siècle.
Euh à l'époque, c'était une élection dans le sud à Montpellier, euh une élection régionale où la droite avait fait alliance avec l'extrême droite déjà et et du coup, ils avaient eu des élus et donc comme c'est la région à des représentants dans les dans les conseils d'administration des lycées et du coup nous on avait fait toute une mobilisation, on avait organisé une manif dans le lycée pour le jour du conseil d'administration. Bah, on était on était en en en prépa à l'époque. Du coup, c'est un an après la terminale, je crois.
Et donc et donc on a réussi à faire en sorte que le OCAN na'est pas lieu et que le mec se barre. Donc c'était première mobilisation anti antiasciste et première victoire. Et donc voilà, c'est comme ça un peu que j'ai commencé à militer et puis c'était autour aussi de la du mouvement altère mondialiste puisque c'est c'était l'époque euh où José Bovet et la Confédération paysan mobilisaient contre les les OGM dans les champs et puis du coup ils avaient démonté un McDo et ils avaient eu un procès.
Et donc c'est comme ça en fait que j'ai rencontré des militants politiques puisqu'on était allé aux mobilisation de soutien donc au faucheurs des OGM don José Bovet à l'époque un an après qu'ils aient démonté le McDo et donc c'est là où j'ai rencontré les militants d'attaque et quand je suis arrivée à Paris du coup le le la rentrée de septembre suivant on a on a on a rencontré avec les amis qui étaient venus qui étaient qui étaient montés à Paris aussi les les militants qu'on avait qu'on avait vu dans le sud et c'est comme ça qu'on s'est mis à militer dans le mouvement altondaliste et voilà, c'est cette conjonction à la fois de la lutte antiextrême droite et du mouvement alter mondialiste qui m'a engagé, on va dire en politique. Mais du coup, très jeune, tu étais déjà intéressé par la question politique parce que c'est c'est quand même assez euh Bon, après, c'est pas si si euh inédique ça que quand on est quand on est au lycée, euh on fait les manifes et euh et euh donc on va dire dans la période c'était euh euh quelques années après euh le mouvement de novembre-décembre 95, j'étais en seconde à l'époque et euh et voilà, il y a il y avait cette cette effervescence un peu de renouveau de mouvements sociaux après voilà les la chute du mur, le moment de retour de bâton euh et de la période de supposément de fin de l'histoire et cetera et cetera. Et donc en fait enfin on est quand même un pays où euh on a un mouvement social fort en fait régulièrement et et et que des générations de de lycéens de jeunes se se politisent en fait à travers des différents mouvements.
Moi, ça a été à cette période là et dans ce moment-là particulier justement de de début du mouvement alter mondialiste qui voilà qui m'a qui m'a inspiré à c'était pas que tu t'imaginais déjà député cette traversé. Non non mais non mais parce qu'en fait on le le paysage politique quand même était était tout autre quoi. C'est c'est vraiment le monde d'avant.
C'est-à-dire bon euh avec euh bon c'était là c'était euh euh c'était c'était la droite au pouvoir mais euh c'est c'est la la la les la ultra hégémonique à gauche avec voilà le le bip RPR PS qui euh pas d'espace en tout cas moi je me suis pas politisée dans l'espace majoritaire politique majoritaire plutôt euh dans l'espace dans l'extrême gauche en fait euh se sont inscrits dans la dynamique justement du renouveau des luttes sociales euh des années 2000 et c'est donc plutôt en fait à la marge de la de la sphère institutionnelle et plus dans les mouvements sociaux que moi je me suis retrouvé dans un espace où du coup qui est où où le Parti socialiste enfin en tout cas en terme militant était très peu présent et c'était plus les mouvements de de gauche radicale et d'extrême gauche. Donc donc voilà, c'est cétait pas c'est pas du tout un parcours militant comme d'autres générations ou d'autres d'autres profils politiques onont pu avoir en passant par le syndicat euh que ce soit du dans le parti socialiste, les jeunesses socialistes ou dans le parti communiste, les G et cetera. J'ai pas c'était c'était pas du tout ça.
Ou du coup en en rentrant tout de suite dans un espace politique et institutionnel que je me suis euh que je me suis politisé, c'était vraiment les mouvements quoi. Mais c'est quand le moment où tu as senti où tu t'es tu t'es dit je veux aller dans la politique institutionnelle, je veux aller C'est pas tellement un moment en fait, c'est que la période de ces années-là, c'est l'enchaînement d'abord de de de mobilisation, c'est le mouvement alter mondialiste avec les les forums sociaux européens. Enfin, moi j'étais beaucoup impliqué avec euh dans dans le dans le groupuscule gauchiste auquel j'appartenait dans la les mobilisations et l'organisation des des cars pour aller on est allé à Gè, c'était un moment assez assez marquant la première mobilisation alter mondialiste à Gè qui a lors de laquelle un jeune manifestant Carlo Julier a été a été assassiné et il y a eu une mobilisation incroyable en Italie.
Enfin, l'Italie c'était un truc euh hallucinant quoi, de de mouvement, de force du mouvement social et cetera. Et 20 ans plus tard, c'est les fascistes qui sont pouvoir. Mais ça dit aussi justement euh les les comment l'histoire elle se joue et les rapports de force et l'existence d'une gauche solide fait la différence ou pas.
Donc et du coup euh c'est vrai que ce ce ce milieu dans lequel moi j'ai j'ai appris à la fois politiquement sur le fond les idées politiques marxistes de la théorie et en même temps d'être dans des mouvements de de masse en tout cas qui qui ont qui ont créé une une résurgence de d'inspiration en montrant qu'en fait Voilà, un autre le fameux slogan un autre monde est possible. Il vient de cette de cette période là. Et il y a donc le mouvement altère mondialiste, ensuite le mouvement anti-guerre.
Oui. Euh moi qui était marquant aussi euh contre contre la guerre en Irak, d'abord l'invasion l'Afghanistan et puis la guerre en Irak 2003. C'est voilà les et et on a participé à l'époque aussi à dans les collectifs contre la guerre à mobiliser en France.
Et donc en fait, c'est c'est euh c'est comme ça que je suis arrivée à me poser la question avec d'autres rejoindre 2002 avec la le le moment de de l'extrême droite pour la première fois au second tour de l'élection présidentielle. Donc en fait voilà, c'est cette cette articulation entre ce qui se passait dans les mouvements au niveau international, tous ces débats entre mouvement social, mouvement politique et et la situation en France aussi qui c'est qui qui qui était l'expression de ce de ce moment-là. Donc euh voilà, dans ces débats politiques, j'allais dire franco-français, la question donc de euh nous on s'était posé la question de l'unité des révolutionnaires à ce moment-là avec les résultats électoraux de nous je disais avec les camarades avec qui je militais à l'époque, les résultats électoraux bah de la première candidature Besnown puis la seconde enfin tout ça a a créé une réflexion et donc c'est à ce moment-là qu'avec des d'autres militants de d'extrême gauche, on a rejoint on a demandé à rejoindre la LCR à l'époque.
Oui. Et euh ça a pris un peu de temps et donc c'est en 2003 qu'on a rejoint la la LCR et du coup euh d'être impliqué dans la construction de ce de ce de ce de cette organisation révolutionnaire. Et c'est en fait c'est comme ça dans les débats politiques de la question bah l'unité de l'unité des révolutionnaires à l'unité de la gauche radicale.
Il y a le mouvement euh qui euh euh se se traduit politiquement, le mouvement intermondialiste qui se traduit politiquement au moment de la campagne contre le traité constitutionnel européen. Donc ça crée cette dynamique là. Euh donc en fait c'est cet enchaînement la dynamique des mouvements des mouvements sociaux et des débats politiques euh voilà qui m'amène à me retrouver dans des dans des dans ces espaces-là à défendre des des positionnements en faveur justement de de l'unité de la gauche radicale et voilà arriver au filet de fil en aiguille à la à la au front gauche et puis du coup à la France insoumise quoi.
Voilà, c'est pas c'est pas une j'allais dire un un objectif que que je m'étais tracé ou autre, c'est plus bah l'implication dans les mouvements et les débats sociaux et politiques du de la période de ces années-là qui m'a amené du coup à m'en trouver euh à construire à finalement être candidate en 2017. vu que ton parcours on parle beaucoup de ce passage de des mouvements révolutionnaires alter mondialistes au Front de gauche et à la France insoumise euh je vais enfin je vais pas trahir un secret de polyfidèel parce que c'est un peu le cas mais mais quand on connaît les gens de la France insoumise et cetera, ils sentent une évolution de la ligne idéologique de la France insoumise progressive et beaucoup disent que c'est aussi grâce à ton travail à toi idéologique que la France insoumise a évolué sur des questions décoloniales, sur des questions anti-racistes et cetera. Est-ce que toi tu sens ce tu sens que euh de plus en plus la France insoumise arrive à arrive à s'encrer dans des combats que qui peut-être avant n'étaient pas une priorité à l'époque de euh des phrases type euh réconcilier, le enfin le fâché pas fachaud et cetera.
En fait, je pense que d'abord pour moi la France insoumise, c'est le produit aussi de l'histoire que dont je parle en fait parce que je crois que la première fois que j'ai dû croiser Éric Cocrel, il il participait alors c'était c'était poste. Je pense pas que j'ai croisé beaucoup de militants de euh de qui sont qui qui étaient au PS à l'époque parce que c'est du coup c'était vraiment pas les mêmes sphères. Mais à partir de à partir de bah de 2005 en fait, bah c'est la je me rappelle d'ailleurs la première fois où j'ai entre guillemets entendu parler de Mélenchon, c'était une camarade euh Marie qui euh euh qui qui qui m'avait dit "Ah ouais, je vais aller au je vais aller à la Réunion publique, il y a il y a Mélenchon, il parle trop bien et tout." Euh et nous on é dans les débats de de de l'extrême gauche et cetera.
Et en fait voilà, à partir de ce moment-là, en fait bah beaucoup de gens qui ont qui ont qui sont partis du Parti socialiste avec Jean-Luc Mélenchon et d'autres et puis se sont retrouvés en fait cette cet espace là de la gauche radicale a évolué aussi dans son ensemble parce que mais parce qu'il s'est passé des choses. qui s'est passé 2005, la révolte la révolte après la mort de Zbouna et puis et puis voilà les mouvements aussi l'auto-organisation du mouvement antiraciste sous différentes formes qui a aussi bousculé interpellé la gauche et puis la réalité d'un pouvoir qui déjà bon pendant la la période Sarkozie mais surtout depuis depuis Macron assume une violence sociale et qui s'est particulièrement aussi attaqué au quartier populaire, aux immigrés et cetera et qui en fait a obligé et avec une islamophobie de plus en plus explicite et et décomplexée qui a obligé en fait les uns et les autres à à à prendre position. Et en fait dans la France insoumise, il se trouve que je enfin moi si je pense que je suis à la France insoumise parce que je suis une révolutionnaire et je pense que cette organisation là est une organisation et un mouvement révolutionnaire, pas au sens que peuvent avoir et ça c'est des débats de la gauche et de la gauche avec la gauche radicale depuis j'allais dire toujours quoi, mais qui a pour vocation de mener un changement total de de dans la société et à prendre le pouvoir pour mener ce changement.
Et donc pour moi en fait, je continue à être la même révolutionnaire dans un dans un cadre et dans le cadre où on a le plus de moyens et d'opportunités de d'arriver à à faire ce ce changement. Et en fait la le ce mouvement-là avec l'objectif qui s'est qui s'est donné notamment celui d'être un mouvement populaire et qui s'adresse au peuple et qui organise et qui s'organise avec le peuple à un moment donné bah en fait il a été confronté à la réalité de ce qu'est ce peuple-là et je pense que c'est c'est à la fois la la le la nature du mouvement et de la stratégie qui s'est donné qui a amené en fait ces ces ces ces militants et ses dirigeants à un moment donné être être confronté bah aux limite peut-être de certaines certaines euh idées ou certaines analyses. Je pense que quand on quand le groupe en 2017, le groupe des 17 est constitué et on se retrouve à avoir une partie au moins 5 si députés qui sont élus dans des villes populaires, des quartiers populaires qui votent massivement pour pour Jean-Luc Mélenchon et pour ses députés et cetera et que en fait voilà, ce sont des électeurs, des habitants et qui qui qui portent des revendications qui ont une histoire et que on a l'intelligence de bah d'écouter et de pas juste plaquer son analyse théorique, ben on se rend compte que voilà le rapport y compris par exemple avec l'institution policière face à le déni droits que ça que que que ça suscite face aussi aux mobilisation et je pense que sur ces questions-là par exemple ce qu'on ce qu'on ce qu'on construit des mouvements comme le collectif justice pour Adama, les les le mouvement euh vievolé et et les l'organisation des familles de victimes de violence policière, bah en fait qui interpelle à un moment donné, bah vous êtes élu, vous êtes député sur ces questionslige en fait à prendre position.
Et euh donc c'est ça en fait, je pense que c'est à la fois le fait que euh la nature du mouvement a permis que des gens un peu différents rejoignent avec une diversité d'approche et et y compris moi je disais au départ la France insoumise, il y avait des gens voilà très très c'était des des Kmanovic et des Obono quoi. Voilà. Après après oui, mais il y avait cette ce qui a permis que moi j'y sois à un moment donné, c'est aussi parce qu'il y avait ce qui nous rassemblit, c'était le programme et sur une base qui était suffisante pour pour être porté et assumé par tout le monde, même si on était pas d'accord sur tout dans le détail.
Et après ce qui a construit le mouvement, ben c'est d'être confronté et de faire des choix. Et en fait voilà, il y a des choix qui ont été faits et qui ont aussi clarifié euh et fait que bah il y a des gens qui sont restés sur leur positionnement et et à qui l'évolution du mouvement euh n'a pas convenu et qui sont partis par ailleurs de même à un moment donné parce que il y avait un rapport de force qui s'est institué mais pas, j'allais dire c'est pas une personne ou moi qui je sais pas convaincu je sais pas quoi en fait c'est simplement on est des des militants politiques, des élus et des responsables. Ben quand tu quand tu dois décider qu'est-ce que tu fais quand il y a euh une mosquée qui a attaqué euh des gens qui sont euh ciblés euh bah tu peux dire ce que tu veux euh islamophobie ou pas islamophobie.
Bah en fait, si tu es militant politique de gauche, tu dis bah est-ce que je suis au côté et je défends ces gens-là et je suis peut-être pas d'accord avec tout ce que portent tous les gens qui veulent se mobiliser, mais je suis là quand je suis là avec les gens quoi. Et donc c'est aussi ça en fait qui a fait je pense évoluer le mouvement et en fait la capacité de se dire et ça je pense que c'est une de nos forces, on est d'accord sur le programme et on est ouvert en fait au fait que en tant que mouvement on demande pas d'être d'accord sur toute l'histoire de la lutte des classes et de toutes les théories. Voilà c'est ça qui fait la différence.
Euh je pense que la forme mouvement, elle permet aussi de de et c'était ça aussi l'objectif, que viennent des gens qui ont une culture politique, une histoire très longue comme des gens qui n'en ont pas et ça fait des fois une hétérogénité qui est pas simple à gérer, mais ça fait aussi une forme de de je trouve de de liberté de pouvoir arriver comme on est et de se dire bah je à la différence en tout cas moi mon expérience des des organisations d'extrême gauche où il fallait d'accord à la virgule près et que on se split à la moindre. Bon, c'est un peu une carcature mais c'est ah pas tant que ça. C'est encore c'est encore Ouais.
Bon, je j'ai de respect par les camarades mais l'histoire récente de l'extrême gauche montre que voilà. Bref, donc voilà et je pense que c'est pour moi c'est ce qui fait la force du mouvement et et le fait que encore une fois on a un mouvement qui a un objectif clair, qu'il s'agit pas de voilà donc encore une fois d'être d'accord sur les 200 ans de l'histoire de la gauche internationale et française et autour d'un programme et c'est ça le programme et si on est d'accord sur le programme et la mise en œuvre de ce programme là et c'est ça qui fait que le programme, il s'est nourri aussi et c'est ça qui fait avancer. Je pense que aujourd'hui euh le travail de la Boessie, tout ça s'est nourri aussi du fait que quand on a été élu à 17, bah en fait on a eu dû être aussi confronté à prendre des positions. le programme, il s'est nourri euh de de ces prises de position là et c'est ça qui a fait aussi évoluer, j'allais dire intellectuellement et théoriquement euh le le mouvement de la France insoumise et qui a du coup donné de la force au fait de tenir voilà sur un certain nombre de positions quand le vent réactionnaire là s'est accentué.
Nous, on a été solide parce que on a fait ce travail-là de fond et euh et par rapport à par rapport aux vrais gens quoi, et au et au peuple en tout cas euh à à travers euh bah le le fait d'être d'être impliqué dans les mouvements sociaux, d'être au côté des gens qui luttent et bah voilà, les gens qui lutent, ils sont c'est aussi bien les les paysans euh comme ce ceux qu'on était allé soutenir. à l'époque il y a 20 ans avec les camarades sur les questions d'OGM. Aujourd'hui, c'est ceux de la coordination rurale mais c'est les mêmes sujet en fait pour moi en tout cas c'est mon histoire aussi.
On pourrait se dire au Bono, qu'est-ce qu'elle a à avec coordination rurale ? En fait, quand je te parle de d'être allé soutenir euh les faucheurs d'OGM, c'était c'était les mêmes questions en fait de de de la mondialisation du libre échange. Donc moi, c'est je je comprends et je je connais ces sujets-là aussi bien que ceux de la question de de la lutte antiraciste et des violences policières, quoi.
Et donc je pense que tu as participé à rendre ce mouvement peut-être que il y avait des gens racisés ou plutôt qui sont des militants contre l'islamophobie et cetera qui sentaient le qui sentaient que c'était la France insoumise qui était la plus proche de leurs idées et cetera, mais que maintenant c'est un endroit aussi qui est je sais pas comment dire mais c'est un safe space pour eux. Enfin, c'est un endroit où ils peuvent militer pleinement, où les gens se sentent légitimes d'aller euh d'aller rejoindre ce mouvement et cetera, ce qui n'était pas le cas par exemple euh il y a enfin il y a plus que quelques années, je dirais quelques années, mais mais à l'époque où il y avait euh encore des positions assez euh assez euh je sais pas comment il décrire, mais des positions assez euh la card sur le voile, sur plein plein de sujets comme ça. Je je sais pas si tu tu veux pas t'attribuer ce ce ce cette chose, mais je pense que toi aussi tu as participé à faire évoluer pas mal d'esprits.
Et je pense que les tous les militants en fait, peut-être que ce que ce qui fait partie un peu de la caricature, je dis pas que tu fais une caricature du mouvement, mais l'image qu'on a, c'est c'est l'impression que voilà, il y a un bloc, c'est tant mieux parce que en fait c'est une force d'être un bloc mais en fait on débat tout le temps. Les les débats qu'on a eu en 2019 2020 2021, c pas c'était pas des simples et je pense que il y a encore des likar à la France insoumise. Moi je je le je le vois pas comme une insulte par ailleurs.
C'est une sensibilité, une histoire, des gens qui ont cette approche là. Et en fait, moi ce que j'ai appris justement à à la France insoumise, c'est de se dire "Bah oui, en fait, on a des camarades qui pensent c'est quoi ? Qu'est-ce de du voil et cetera ?
En fait à la à la fin du fin, quoi que tu penses, la question c'est aujourd'hui une lycéenne se fait virer de son lycée parce que elle elle porte un un un un Non non même pas la ba l'histoire là de un calot parce que elle fait de la lopie et enfin voilà un truc une dinguerie une dinguerie donc tu penses ce que tu veux du voil tout ce que tu veux mais à un moment donné non mais c'est même pas à un moment donné tu es est-ce voilà tu es quel côté quoi. Et donc et donc pour moi c'est c'est ça et du coup tu peux être lacar penser que oui quand même et cetera. OK.
Bon, moi c'est pas voilà, je je vais pas essayer de te moins de quoi que ce soit, ça m'intéresse pas. Mais à un moment donné de voilà, est-ce que tu es au côté de de cette ce jeune fille-là ? Est-ce que tu dénonces ça ? que et pour moi c'est en fait c'est c'est ça qui fait en partie notre force de se dire euh on va pas on n' pas les mêmes histoires, les mêmes expériences, les mêmes approches, mais on va être d'accord sur l'idée que aujourd'hui euh il y a une offensive réactionnaire, que la question de l'islam est une obsession raciste et que en fait il faut combattre ça quoi.
Donc enfin, tu vois, c'est donc je me dis ça c'est c'est euh le le j'allais dire à ce moment-là, c'était déjà beaucoup plus clair et plus simple mais sur la loi séparatisme et ce en fait c'est à chaque fois le mot déterminer la ligne parce que on devait la on devait la la décider à chaque à chaque étape et cetera. Et donc à chaque fois bah il a fallu des débats. Euh des fois ça pas été simple, des fois il y a des moments y compris euh euh très médiatisé où voilà on était pas d'accord sur sur des aspects.
Il y a même des gens qui sont partis parce que ils trouvaient que c'était trop et cetera. Mais donc voilà, tout ça fait des bas. C'est c'est pas quelque chose qui vient simplement et comme je le disais, c'est aussi confronté euh au rapport de force global dans la société, à se faire interpeller par des gens, à se faire interpeller par des gens qui votent pour vous, qui sont des habitants qui disent "Mais en fait ça c'est pas possible" et cetera.
Bah voilà, tu peux penser ce que tu veux en théorie dans la pratique en fait c'est ta classe, c'est le peuple, c'est des gens normaux qui sont confrontés à de la discrimination, qui sont confrontés à des violences et c'est juste pas possible. et tu peux pas juste rester en disant "Oui, mais ou je sais pas quoi, bah tu prends en position." Et je pense que c'est ça aussi qui qui a fait queon est arrivé.
Mais ce que je veux dire par là, c'est que rien n'est acquis et c'est c'est c'est une question de débat aussi constant en fait, de volontarisme politique aussi en fait pour mettre en œuvre tout ça. Ça veut pas dire que comme dans toutes les les espaces politiques et sociaux de manière générale, ben voilà, il y a il y a il y a à à construire un rapport de force pour que effectivement ce soit des espaces où euh chacun se sente bienvenu et à et à sa place et en vie. Mais moi, je trouve que on a encore beaucoup de boulot à faire parce qu'on est encore nous-même euh un mouvement qui est qui est le héritier d'une histoire et qui fait que il y a encore beaucoup à faire pour que ce soit effectivement le la place et les endroits où on se sente en sécurité, qu'on ait envie d'y enfin surtout qu'on ait envie en fait de s'impliquer et de militer et et de faire partie de de ce mouvement là quoi.
C'est c'est mais ça c'est vrai sur les questions antiracisme comme les questions euh féministes et cetera. Donc et je pense que il y a il y a encore du boulot quoi. Après voilà, ça fait on est une organisation cette année, ça va faire 10 ans qu'on existe.
On a l'impression Ouais. Voilà que oui, c'est le poids de la responsabilité d'être la seule organisation de gauche qui assume une rupture. Donc on a l'impression que Oui.
Oui. Mais donc oui, en fait on a on a on a encore beaucoup à apprendre, on va certainement foirer des trucs et il y aura il y aura des moments où voilà, on on se posera des questions, il y aura encore des bien. Ça permet de répondre à l'idée que c'est l'ultraverticalité de la France insoumise, c'est pas c'est pas vraiment ça.
Il y a beaucoup de délibération, de débats internes. Bah, il y a des débats mais c'est vrai que euh c'est l'articulation de ces débats-là qui ont lieu dans les les moments et les et les espaces qui sont faits pour. Mais nous, on on ne croit pas que euh l'espace du débat politique public euh soit un espace où voilà, on peut on peut discuter de tranquillement et extra en fait.
Enfin, on est on est on est aussi dans un rapport euh qu'on assume et on dit "Ben en fait, c'est c'est euh euh les les médias ou les débats, c'est pas nos amis, quoi." Enfin, je veux dire, quel est l'intérêt de de de mettre en scène en plus ? Enfin, voilà, d'abord ça n'intéresse absolument personne.
Le grand le grand nombre les gens en fait, il y a que les les militants politiques qui sont qui pensent que leur débat interne intéresse ou sont intéressants des gens en vrai. Les gens, ils se disent "Bon bah, en fait, tu vas faire quoi ?" Voilà.
Bon après, je veux pas dire oui, il y a les débats politiques et on organise des débats politiques et cetera et qu'il y a plein de gens. Mais ce que je veux dire, c'est que en fait voilà le les le fonctionnement interne des partis c'est pas le la première chose que les gens se disent et cetera, c'est quoi les les débats qu'il y a ? Donc c'est aussi euh l'idée que bah oui, il y a aussi de la de la de la de la verticalité parce qu'on est une organisation qui a un objectif justement.
On n'est pas le congrès éternel de la tendance je sais pas quoi qui passe son temps à discuter et cetera. En fait, enfin notre objectif c'est de prendre le pouvoir. Donc, il faut être organisé et donc il faut aussi avoir une cohérence parce que en fait si euh tout le monde va dans tous les sens, en fait, on comprend plus rien, les gens ne comprennent plus rien.
C'est toujours de se penser en fait qu'est-ce que à qui on s'adresse et qu'est-ce que les gens entendent et est-ce que ça donne de la force ou ça démoralise quoi. des gens qui passent leur temps à se pouiller, à dire pickup pend les uns des autres et alors peut-être avec de bonnes raisons mais en fait franchement les tr des gens oui euh ça ça les renforce sur l'idée bah voilà voilà il ils passent leur temps à se prouver la gueule enfin nous on a suffisamment de difficultés dans dans la vie pour pas avoir à se taper et et surtout ça décrédibilise. Donc oui, on on est un mouvement qui a une a une stratégie claire et fait bloc parce que en fait on est dans un rapport de force, on est dans un dans une lutte de classe et où et où il y a aucune bonne foi de qui que ce soit à notre rencontre, surtout qu'ils ont décidé que c'était nous les ennemis publics de Min.
Donc donc oui, c'est aussi une stratégie politique et ça ça veut pas dire et ce qui fait la force et pourquoi on peut faire bloc, c'est précisément parce qu'on est en capacité d'avoir des débats entre nous, de clarifier les débats et d'être convaincu en fait à un moment donné, pas surtout, mais de dire bon voilà les choses sur lesquelles on est d'accord et voilà les choses sur lesquelles on se bat. Ça veut pas dire que on n pas bien sûr et je pense qu'on est aussi la force où il y a une diversité de de profil d'histoire et de et de et de figures publiques entre guillemets assez différentes et pourtant qui arrive à dire la même chose avec avec voilà les les des des sensibilités différentes et je pense que ça aussi c'est une force. Et si vous en avez marre des médias qui passent leur temps à couvrir les 37 congrès du PS et les 12 chats de Marine Le Pen, vous pouvez continuer de soutenir le média qui vous propose des thématiques de fond et des émissions de cette qualité sur soutenez.v.fr.
Voilà, c'était moment tu m'as donné la transition. J'étais depuis tout à l'heure en train d'essayer de le placer pour les médial dans la indépendant. Ouais.
Euh, je voulais te demander du coup retour sur ton parcours. On a digressé un peu mais c'était très bien. Euh, qu'est-ce c'était quoi le moment le plus marquant de ta carrière politique, de ton de ton ta trajectoire politique ?
Alors, c'est toujours dire c'est quoi les moments ? Enfin, c'est pas c'est pas un moment en fait. Comme je disais, moi euh quand j'ai commencé à miliser l'expérience de gêne et du et du sommet du G8 euh à ce moment-là, pour moi, elle est elle est euh c'est un tournant quoi, parce que c'est euh c'est à la fois bah en fait la violence de de l'État et euh et vraiment la la violence physique, quoi.
Parce que les l'époque c'était la répression était brutale. C'était brutal et c'était vraiment une question de euh tu vois à quoi sert euh la police, l'État pour euh pour protéger le capital. Enfin, c'était aussi caricatural de ça, mais c'était vraiment ça en fait. et puis la mort de Carlo Giuliani et aussi la capacité de mobilisation des des organisations italiennes à ce à ce moment-là, notamment Rondation et Communista qui fait venir des dizaines de milliers de tout le pays le lendemain pour manifester.
Enfin, ça c'est une expérience sur bah oui, la force de l'organisation quoi. Et puis le fait de dire bah à un moment donné voilà euh il faut voilà, il faut être organisé et c'est aussi la question de la ligne politique, c'est-à-dire qu'à ce moment-là dans dans la soirée après le meurtre de Carl en fait, tuas tu as des débats de dire qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on arrête ?
Et puis voilà, c'est où on continue. Et en fait les les dirigeants politiques et notamment de la gauche radicale disent "Ben, on continue quoi, on lâche pas en fait, on recule pas quoi." Et au contraire, on fait une démonstration de force.
Donc ça c'est une leçon assez euh assez marquante pour moi à plein de niveaux. euh de la force des mouvements du mouvement social, la force du collectif euh la et et la question du rapport de force politique. Euh après euh après euh j'allais dire euh le moment aussi assez lunaire mais aussi éclairant de quand éclatre la l'affaire Benala à l'assemblée.
Ahoui et où on vit des heures assez Oui. C'est enfin voilà un autre moment où tu vois le pouvoir qui est le laffire Benala et ensuite le le les gilets jaunes aussi c'était assez assez donc il y a plein de moments comme ça. Il y a le moment de la bataille contre la réforme des retraites à l'assemblée aussi euh et puis les mobilisation les mobilisations quoi. enf voilà plein de moments mais j'allais dire bon si je devais choisir un moment c'est c'est g parce que parce que ça rassemble à la fois mobilisation sociale et direction politique quoi et forcément tu me vois arriver c'est quoi à contrario ton ta plus grande déception politique euh la plus grande déception bah j'allais dire euh ben c'est on peut pas parler de déception politique il y Il y a beaucoup de frustration.
Voilà, il y a beaucoup de frustration et d'être d'être bah d'être député euh je sais pas ce qui était pire d'être 17 ou 71 et d'avoir Bah 17 c'était c'était violent quand même parce que parce que c'est pas Non, j'allais pas dire c'est de la déception mais en fait c'est c'est euh c'est usant. Oui. Euh en même temps, je pense qu'on a fait on a fait voilà, c'est une expérience assez assez puissante quoi, de de la démonstration de force qu'on a réussi à faire.
Mais euh la frustration, ouais, c'est d'être d'être minoritaire et de voir de voir ces gens qui font n'importe quoi, qui disent n'importe quoi. Euh la plupart du temps qui comprennent même pas pourquoi il ceux qui votent, mais ils votent parce que il faut voter que surtout voilà le premier mandat où ils étaient ultra majoritair et en fait il t'expliquai que mais pourquoi est-ce que vous parlez là faut voter tu as l'impression. Mais en fait, ça s'appelle parlement en fait.
C'est ça, c'est écrit dessus quoi. Euh et donc c'était Ouais. Ça c'était c'était c'était très c'était très dur.
Et puis bon, en fait le le fait le décalage quoi, le passage de militant politique à élu, à députés, enfin bon. Donc voilà, c'est des moments assez assez euh euh assez particulier et j'allais dire les les autres moments après Ouais. Après euh à partir de 2022, c'est le c'est ce qui oppressant encore une fois, c'est pas les déceptions, mais ce qui était c'est oppressant, c'est de voir le nombre des fascistes en face, quoi.
Ça fait un choc quoi. Et et je pense que à un moment donné, c'est la première fois où je me suis senti en insécurité. C'est ce que je Et c'est parce que c'est vraiment un truc physique quoi de se dire c'est pas juste le nombre de députés, le fait que ils sont nombreux, c'est les députés euh les collab enfin c'est beaucoup de monde quoi.
Tu sens les regards, tu sens quand tu Et euh et du coup Ouais, c'est et tu les et tu dis en fait voilà et tu et tu vois les macronistes qui voilà qui ont fait en sorte que ça pas qui passe de une poignée à à ce bloc là. Donc voilà, ça c'est euh ça c'est sensation là euh c'est très en fait ça rend bien vénère et en même temps voilà c'est c'est le fait de te coincer dans un ascenseur avec eux tu sais des fois tu dis euhour après c'est pas pour moi c'est pas ça moi individuellement après les gens c'est des gens quoi. plus le le la locuté d'abord de enfin bloc là, tu vois le nombre qui sont Ouais.
Euh et puis le le la manière dont à chaque fois enfin tous les débats ils vont sortir des horreurs et que voilà et enfin moi pour moi c'est c'est devenu y compris physiquement. Ils ont bien investi l'assemblée aussi. Ils ont ramené leurs partenaires enfin frontières maintenant ils sont toujours là.
Ou oui. Non mais tu vois voilà et comment en fait tout euh enfin toute la macronie a a permis ça, légitimer ça et continuer à à légitimer quoi. Bref, donc voilà, c'est transition parfaite.
On peut pas ne pas parler de ça. Euh les attaques racistes que tu subis au quotidien, c'est d'une violence inuie et on ne peut pas s'y habituer, j'imagine. C'est c'est impossible.
Mais surtout c'est c'est un volume d'attaque qui est impressionnant. Comment tu fais pour gérer ça au quotidien ? Comment tu arrives à à Enfin, récemment, j'entendais encore même les gens qui sont les plus modérés au lieu de te défendre là-dessus, il t'accuse enfin j'entendais Jean-Michel à sur quotidien qui disait qui disait que tu étais en train de de Il l'a pas dit mais il aurait dû aller jusqu'au bout de son idée.
Il voulait il voulait dire que tu faisais du racisme anti blanc quoi. C'est ça qu'il voulait dire. Ouais ouais.
Non mais ça à la rigueur c'était même pas je même pas tu vois, j'ai même pas répondu à ce truc que j'ai vu. Les fâchons ont essayé de faire monter un peu la sauce là-dessus et on voit qu'ils ont une stratégie d'attaquer et de cibler euh euh les les élus de la France insoumise, notamment les élus racisés. et tu as une stratégie là d'essayer de de et bon brefon au quotidien pathie qui fait le lad tout ça c'est ça m'intéresse pas trop mais par rapport à ce que à ce que tu notes sur la violence raciste euh et y compris sexiste parce que il y a une misogie noire aussi spécifique y compris je pense notamment sur les réseaux sociaux il y a des des des chercheurs qui montrent ça que les les personnes les segments les plus attaqués, ce sont les les les les femmes noires et qu'il y a vraiment un euh bah une intersection là de entre le racisme et le sexisme.
Mais de manière générale, en fait là c'est un des un des des objectifs de la campagne qu'on mène en ce moment la campagne antiraciste avec l'appel à des témoignages et qui montre que oui, en fait il y a il y a un niveau de violence dans les espaces donc notamment numérique, réseaux sociaux pour les différentes raisons. Et tu vois comment aussi le la prise de pouvoir de l'extrême droite euh le changement des agon enfin tout ça euh alors c'est pas c'est pas l'expression de la réalité exacte mais ça ça dit aussi euh la la permissivité et ce qui est permis euh par ceux qui possèdent les réseaux sociaux, ceux qui possèdent les médias. Et donc il y a un niveau de violence.
Moi en fait quand je quand on a été élu euh là aussi c'était un cadre particulier, on était 17. Euh j'étais euh la seule enfin il y avait il y avait Jean-Luc Graton euh qui est député de de la Réunion et moi, on était les deux seules personnes racisées euh du groupe. Et donc on en plus comme on a été ciblé parce que c'était les insoumis, c'était les petits groupes et cetera, donc c'est vrai que j'ai été exposé entre guillemets tout de suite avec voilà des polémiques après polémique jusqu'au jusqu'au euh à l'article de de de valeur actuelle.
Mais en fait voilà, dès dès le dès le dès le début du du du mandat, ça avait été euh j'avais été ciblé là-dessus et en fait euh il y a d'abord le fait de se dire que c'est c'est une une attaque politique, pas simplement les les individus qui mettent des messages rac mais en fait ça participe d'une stratégie politique qui vise à à visibiliser et à disqualifier toutes les voies euh qui ne rentrent pas dans le cadre, c'est-à-dire y compris en tant que femme noire, je ce qui est acceptable pour pour ma condition, c'est pas d'être député et de l'ouvrir et d'être de gauche et cetera. On veut bien euh une femme noire qui euh illustre tel ou tel stéréotype ou qui est qui reste à sa place comme euh comme euh l'écrit euh Rokaya Rokaya Dialo euh mais euh pas dans d'autres cases. qu'en fait déjà le fait de de comprendre le les ressorts et la dynamique, ça aide en fait aussi à à comprendre pourquoi ben ça veut dire qu'on est au bon endroit pour là où ça fait mal et que c'est un c'est un enjeu du coup et c'est une responsabilité d'y répondre politiquement et donc de ça clarifie aussi et ça renforce la nécessité du combat politique euh antiraciste féministe.
Et euh pour moi ce qui a été fondamental c'est d'être dans un groupe où on fait bloc quoi tout simplement y compris à des moments où les polémiques essayaient justement de de d'utiliser voilà euh enfin voilà la règle c'est bon vous êtes peut-être pas convaincu sur telle analyse et c extra mais en fait on laisse rien passer quoi. Enfin, ça c'est une règle et je pense que c'est une de nos forces aussi. C'est-à-dire que on laisse rien passer les camarades, c'est une attaque politique et on cède rien à ça quoi.
Et après voilà, on a les débats et en fait les débats ils ont clarifié, ils ont au final je veux dire aujourd'hui tu as des camarades qui sont encore plus plus radicaux sur genre de question. Moi, je Ah ouais, OK. Voilà, c'est pourir.
Mais non, mais voilà et moi je pense que c'est ça qui le le collectif et le fait bah voilà d'avoir une solidarité politique. Encore une fois, c'est bon individuellement, humainement bien sûr, mais c'est politique en fait. C'est pas juste parce qu'on t'aime bien ou quoi, c'est parce que en fait c'est un c'est un c'est un c'est une compréhension collective d'une attaque politique et que là-dessus on s pas quoi.
Et ça en fait, tu dis bon ok pareil, je suis au bon endroit parce que parce que je suis avec des gens avec qui en fait voilà on peut on on sait qu'on se bat ensemble et qui te laisse pas voilà qui te qui te à la première attaque et commence pas à trembler des genoux là à bafouiller euh parce que voilà en fait et et à ce moment-là c'est un certain nombre des questions y compris par rapport à des des camarades qui étaient peut-être pas Ah ouais c peut-être fallait pas mais en fait bon ça on se le dit mais euh face aux attaques, tu lâcherais encore. Et je pense que pour moi c'est ça qui a fait. Et puis bon, après de faire aussi le boulot collectivement pour euh pour se protéger et puis aussi se saisir à un moment donné, c'était ça aussi le choix de porter plainte, c'est aussi de se dire en fait oui, c'est un combat politique mais la question du droit et de la justice, c'est aussi une arme politique.
En fait, c'est le produit de de lutte et de combat. gagner sur la reconnaissance de la question du racisme, même si c'est encore très très limité et que c'est il y a des biaiss, tout ce que tu veux, mais d'être aussi dans une position où j'ai les moyens de mener cette bataille- là sur ce champ-là euh ce que n'ont pas beaucoup de gens et donc du coup d'en faire aussi un élément de l'offensive et de la la riposte en fait et donc c'est individuel et c'est politique et d'être réussi d'avoir réussi à reconstruire un cadre politique dans le mouvement, dans le groupe où voilà, on a pu enfin on déploie maintenant une repost et donc c'est aussi ça de le fait de se dire quand on se fait attaquer là-dessus, c'est pas juste tu as pas à répondre juste toute seule en fait et comme c'est comme c'est une attaque politique la réponse elle est collective et c'est ça qui te donne confiance que en fait on on se laisse pas voilà on se laisse pas attaquer sans sans réagir et non seulement on se protège mais on fait reculer aussi cette cette offensive là qui qui attaque qui attaque d'autres encore de manière encore plus violente parce que les autres personnes n'ont pas bah moi la le le le capital symbolique et les moyens matériels de se protéger quoi. Je voulais revenir là sur le début de de l'action parce que du coup ça on on a parlé de ce qu'a dit Jean-Michel Apati et sur le concept même de racisme antiblanc.
Là récemment pour un article, j'ai étudié le concept de fragilité blanche et je sais pas si si c'est quelque chose dont on parle beaucoup en France, mais du coup, il y a des chercheurs américains, j'ai oublié leur nom, mais on les on vous les met dans la description, mais qui ont qui ont vraiment écrit un bouquin dessus pour expliquer c'est quoi comme concept parce que j'ai l'impression que les personnes blanches, même quand elles sont bien intentionnées sur les questions antiracistes et cetera, dès qu'on utilise le terme de blanc Il y a un blocage où on narrive pas à parler. Ça veut dire ils se sentent personnellement agressés. Est-ce que enfin comment on l'explique ?
Comment on fait pour expliquer que c'est pas méchant ? C'est pas quelque chose en fait je pense que ça c'est la réaction de toutes les les dominants au sens là aussi basique du terme en fait. Et c'est vrai, je pense que quand tu es quand tu es une femme et quand tu es une féministe et quand tu es une militante des droits des femmes euh dans les années 50 60 et que tu commences à dire "Ah ouais quand même" et cetera.
Bah en fait les hommes ou individuellement et collectivement enfin et d'ailleurs c'est encore le vrai aujourd'hui franchement je sais pas pourquoi je parle des années 50 60 parce que non mais voilà ce que c'est ça que je veux dire c'est que ça je pense que c'est la une réaction de protection en fait de de parce que tu mets à nu quand tu dis moi je me rappelle j'y repensé récemment la première fois où j'ai j'ai dit le mot blanc dans un cadre politique c'était encore j'étais j'étais à la LCR à l'époque et je me rappelle deux camarades en plus qui se reconnaîtront qui écoute ça qui était là et qui était choqué parce que j'avais parlé des féministes blanches à l'époque et j'ai l'impression d'avoir sorti pareil une Ouais tuas l'impression d'avoir été un gros mot mais en fait ou alors mais je pense que c'est parce que ces caractéristiques là renvoient à des conditions qui sont des conditions ou des des caractéristiques de domination en fait parce que le noir le blanc et cetera n'existe pas. catégories racial qui ont été construites pour assurer la domination. Donc oui, le le noir ou l'arabe ou le musulman ou le juif, ce sont des catégories de de de déginement, d'assignation euh et et de et de et de discrimination.
Euh donc dire le mot, c'est euh un peu briser la fiction de euh color blindness, comme il disent, l'absence de couleur et cetera. c'est brisé en fait le euh la fiction euh universaliste ou égalitaire. Donc c'est pour ça que du coup la réaction d'ess de se sentir attaqué et c'est vrai donc sur les questions euh antiracisme comme les questions féministe comme sur les questions de de d'identité sexuelle et voilà et et il y a toujours cet argument voilà on parle de racisme antiblanc ou de sexisme anti antihomme ou il y a même des gens voilà qui disent les les hétéros maintenant euh sont enfin genre voilà sont minoritaires on a plus le droit d'être hétéro enfin ouais tu dis Mais bref, donc je pense que voilà, ça fait partie de ce même de de ces mêmes mécanismes et c'est pour ça que c'est important.
Je pense en fait ça, j'allais dire ça dépend des ça dépend à qui tu parles et dans quel contexte. C'est-à-dire que moi je peux je je peux prendre le temps d'expliquer euh parce que ben parce qu'en fait et c'est ce que c'est ce qu'on explique nous dans la dans les formations qu'on fait que je vais sur la question du racisme, antiracisme, la question de de la race, comment on déconstruit ça ? En fait, c'est c'est parce que les gens ils ont été socialisés comme ça en fait.
Et donc du coup du coup bah ouais, en fait, tu fais du travail politique donc tu tu tu expliques de quoi tu parles. Euh et puis dire bah en fait blanc, noir enfin voilà, c'est des catégories ces termes. En fait euh la question c'est comment tu l'utilises ?
Si tu dis pour dire salle noire ou et cetera, ben tu vois bien que c'est pas la même chose de dire bah en fait il y a des blancs, il y a des noirs, OK, ça renvoie à quoi ? Après, je pense que il y a des moments où euh y compris peut-être dans des cas plus mitantes, tu as envie de dire aux camarades, "Bon faites euh faites un peu d'effort, quoi. Je veux dire euh aujourd'hui, il y a de quoi faire euh et euh instruisez-vous un peu." Enfin, c'est c'est j'allais dire euh la question de comment réagir.
Après, ça c'est individuellement et mais collectivement. C'est pour ça qu'il faut, ce que je disais que même dans les espaces où il y a euh accès à un savoir académique et cetera euh qui sont censés être politisés, ben en fait il y a toujours un travail de formation euh et euh de déconstruction et ça par contre ça doit être pris en charge collectivement. Euh et c'est pour ça moi je trouve que c'est important ce qu'on fait euh euh dans le mouvement avec notamment l'institut la boessie et le cursus de formation et cetera de dire en fait on prend en charge collectivement euh la formation politique et le fait que ça repose pas sur les personnes concernées qui prennent la charge mentale supplémentaire de devoir passer son temps à expliquer dit bon en fait non en fait euh euh on organise ça collectivement et on forme et on donne les outils et en fait c'est aussi une responsabilité collective de for et d'être formé sur ces questions quoi parce que ça peut pas être à chaque fois les meufs les racisé noir arab qui passent leur temps à expliquer au dominant non mais tu comprends et dans la vidéo à laquelle réagit quotidien tu tu as la fête de l'huma et tu parles.
C'est ça. Non, c'est la fête de l'humain où tu dis que Ah oui, sur la sur les sur les la représentation à la à la fête de l'humain et tu commences par dire bon, désolé, enfin c'est vraiment encore tu sens que tu étais encore obligé de de de le dire parce qu'il y a personne qui le dit que c'est majoritairement enfin majoritairement des blancs qui sont représentés à la fête de l'huma et oui. Non, après ce qui est ce qui est vraiment bon, c'est que c'est vraiment une céit c'était une table ronde super intéressante.
En fait, le titre de la table ronde, c'est démocratiser la politique, représentation des femmes, personnes racisées, minorité de gens. Je veux dire, c'est écrit dessus, c'est de ça qu'on va parler. Donc tu je veux dire, on est on n'est pas arrivé masqué.
Il y a personne qui tu vois c'est pas un truc une dinguerie qui est sortie. En fait, c'est littéralement démocratiser la politique et du coup la représentation. Donc si on se pose la question, c'est que il y a un problème pour les femmes, pour les personnes racisées, pour les minorités de gens. tu dis bah ouais et donc en fait quand on est un peu euh conscient bah tu dis bah dans tous les espaces et en fait je veux dire c'est plutôt euh intéressant de se dire bah on se pose la question dans nos propres espaces dans nos propres organisations et de reconnaître que il y a aussi ces mécanismes là de domination et cetera et comment on les déconstruit était dans un espace où un moment où tu te où tu te sens suffisamment libre pour pouvoir avoir cette discussion comme quoi en fait voilà même même quand tu es dans un espèce comme ça, de toute façon après moi je pense que faut aussi le comprendre, il y a une stratégie de l'extrême droite qui vise à empêcher qu' a ces débats là parce que parce que justement il y a eu des avancées alors c'est pas des enfin c'est pas suffisant mais on on a on a eu aussi parce que il y a des eu des mobilisation des personnes concernées, des sujets qui sont portés des travaux de recherche qui ont qui ont permis de légitimer ce que disait depuis des décennies les personnes concernées et cetera, mais bref des institutions comme la la défenseur des droits, la CNCDH et cetera qui ont parlé de racisme systémique, de discrimination systémique et cetera.
Donc on a un une réaction voilà c'est le retour de bâton réactionnaire qui vise à disqualifier et c'est et c'est pas simplement l'extrême droite sur les réseaux sociaux la la fâchosphère mais je veux dire quand euh Macron pendant les mobilisations euh contre les violences policières explique que euh les jeunes étudiants sont manipulés par les professeurs dans les universités. Il y a eu une attaque du pouvoir euh de de de la macronie contre la recherche, contre les travaux. contre les universités donc faut je pense que c'est important de comprendre ce mouvement c'est ce qui se passe aux États-Unis d'Amérique l'international réactionnaire et c'est la nature même des des mouvements d'extrême droite fasciste et de de ce tric là c'est de remettre en cause et de faire reculer la conscience la connaissance le savoir.
Et parce que en France ce qu'on a réussi à ce qu'on ce sur des sujets sur lesquels on a réussi à avancer mais ça fait l'objet du coup de la réaction et puis il y a quelques idiots utiles qui aident à ça et qui légitiment ça mais je pense que c'est important de voir que il y a une offensive et c'est une offensive politique. Et donc oui, du coup, dans ce moment-là, je pense que c'était un moment extrêmement riche avec des témoignages et en fait, c'est des personnes littéralement concernées qui parlent de ces mécanismes là et et c'est un moment de formation politique aussi et de se donner de confiance et qui a été voilà réduit à une seconde où tu où où tu formules. Et je trouve que dans la discussion d'ailleurs, je me je le dis à un moment donné dans le débat, moi je tu parlais de de quand j'ai commencer à à militer.
En fait ça existait pas en fait cit pas des discussions qui existaient. Je veux dire euh je racontais comment moi j'ai milité une pour pendant une bonne partie euh de de de ma période d'engagement politique et euh où j'étais euh euh seule enfin la quasiment la seule femme noire relativement jeune, maintenant c'est plus le cas, mais dans des espaces très majoritairement et je me rappelle à l'époque, c'est intéressant de rappeler ça, à l'époque quand tu tu allais dans des même dans les mobilisations altter mondialistes, tu avais des tribunes, il y avait que des mecs Ouais, je dire c'est aujourd'hui je dire personne n'accepte ça mais c'était bon c il y a 20 ans d'accord mais ce que je dire c'est que moi c'est ça que j'ai connu entre guillemets je peux faire ma vieille là pour dire j'ai connu ça j'ai connu l'époque où il y avait que des mecs et ça posait pas de problème. Donc tu et donc il a fallu avoir ces discussions là, ça a été porté et tout et ça a évolué et donc je et je me dis aujourd'hui on est en capacité en tout cas à gauche et c'est pas toujours gagné.
Et il y a encore et je pense que ce qui s'est passé euh je pense que c'était l'été dernier dans un certain nombre de de festivals et d'espace euh où où il a fallu que des personnes concernées puissent dire en fait non sur ces questions-là en terme de représentation enfin il a dans dans le mouvement écolo notamment et c'était important mais voilà c'est des c'est des choses qui se disent et qui sont dites aujourd'hui à gauche et c'est super important et du coup d'être tranquille sur bon on sait quelle est l'offensive de de de de l'extrême droite, quels sont leurs objectifs ? Euh mais on lâchera pas quoi. On lâchera pas.
Et parce qu'en fait on est là, enfin je veux dire au bout d'un moment ce que je peux ce dont je peux me féliciter aujourd'hui, c'est dire que bah en fait on est là quoi. Il y a il y a des a il y a plein de et est-ce qu'on et ce qu'a permis la France insoumise ? Je sais pas si c'est à l'insu son plingré ou pas, on s'en fout.
Mais quand tu veux faire un mouvement du peuple pour le peuple et par le peuple, à un moment donné le peuple se dit "Ah ouais, peut-être." Et donc le peuple arrive. Et donc voilà, on est là et ben on restera là et euh voilà et puis et puis euh et puis tant mieux quoi.
Donc les discussions elles vont avoir lieu et et la et et ces sujets-là, ils seront pas mis sous la sous sous le tapis et donc euh et puis voilà quoi. C'est comme ça qu'on va être on va être plus fort en fait. Tu parlais tout à l'heure de de la radicalisation de du camp réactionnaire et radicalisation des des macronistes, de l'extrême droite, de la droite dite classique.
Eux se radicalisent. Bon, il y a la France insoumise qui qui assume une ligne plutôt radicale et cetera. Pourquoi le reste de la gauche a si peur de la radicalité, a si peur de certains mots, de certaines prises de position et cetera ?
On l'a vu enfin je sais pas, j'ai déjà posé la question dans le dernier fauteuil mais sur la le nouveau Front populaire s'est cassé la gueule sur la Palestine le la NUPES sur la mobilisation pour Naël à chaque fois c'est sur les des des questions antiracistes ou des coloniales ou sur des sur des des questions qui touchent des Arabes et des noirs. Moi, je je réduirai pas ça à ça, même si c'est intéressant que il y a toujours un facteur où bah en fait euh il faut que tu choisisses ton con et donc ça clarifie, c'est des moments de clarification mais je pense qu'il y a une différence de stratégie de rapport au pouvoir, de rapport euh au à la classe quoi. À un moment donné, quelle classe tu choisis et quel camp tu choisis et quel bloc tu choisis ?
Nous, on a cette analyse justement de de des trois blocs, des trois quatre blocs et voilà le bloc le bloc bourgeois, bah à un moment donné, il y a la dire la direction et les directions euh de certaines formes politiques ont choisi le bloc bourgeois plutôt que le bloc populaire. C'est-à-dire de dire pour pour de bonnes raisons pour face au à l'extrême droite, bah vaut mieux s'allier. C'est ce que fait propose comme ligne les Gluxmanes, les Hollandes et les forts en fait qui a choisi.
Vaut mieux rejoindre le bloc bourgeois, reconstituer un bloc bourgeois auquel ils appartenaient. Euh voilà, plutôt que le bloc populaire, y compris avec tous ces gens et cetera. Et je pense qu'il y a il y a il y a effectivement une vision euh du peuple, une vision de la classe de de ça et parce qu'ils sont leur propre position de classe est celle d'être des dominants quand même.
Je dis pas que la gauche du bloc populaire est pas une gauche bourgeoise, classe moyenne, classe intellectuelle, mais l'analyse qu'on fait de de de la conflictualité et de voilà, elle est différente. C'est pour ça que je pense que c'est une question vraiment d'analyse stratégique et de dire face à la crise du capitalisme, face à la crise de la domination capitaliste, pas simplement du système économique mais de sa domination auquel une partie des classes dirigeantes a décidé de répondre par le fascisme, par l'extrême droite, par enfin le fascisme sens large, c'est-à-dire la violence pure et simple, la la prédation pure et simple. Et c'est l'expression de ça, c'est Trump.
Enfin, je veux dire Trump, il assume totalement. Je dire là euh ces derniers jours, ils ont tué ils ont tué à à bout portant une femme mère de famille blonde aux yeux bleus et cetera et les les les porte-paroles, ils expliquent que euh c'est une ultra gauchiste. Enfin, c'est un voilà le niveau de dinguerie ça devrait faire la une des journaux de notre prévu que dalle quoi.
Mais c'est pour dire et ça euh ben voilà, il y a 10 ans c'était c'était que les noirs et les arabes. an ils assument la violence donc la crise de cette domination des des classes dominantes qui ne peuvent assurer leur production leur reproduction que par que par ça et donc face à ça quelle réponse est-ce que tu assumes de de confronter ou tu te complaus justement de la démocratie occidentale là l'illusion qui en fait qu'elle personne croit mais en fait ça faisait plaisir de se dire voilà on est supérieur on est intelligent on est tout ce que vous voulez Euh et en fait eux ils s'accrochent à ça, à cette illusion là du d'un bloc bourgeois de compromis et cetera. Et et donc les moments de clarification, oui, vont se jouer sur à un moment donné, tu peux pas être entre deux quand l'État euh défend et promeut euh et euh et euh et euh et assume comme l'ont fait les les le ministère de l'intérieur, de défendre des policiers qui et c'est même pas défendre, c'est de soutenir euh au au moment de de des manifestations devant l'Assemblée nationale. de faction.
Ouais. de faieux qui disent le problème c'est la constitution et que tous vont moi je pense que il y a il y a ensuite mais ce moment-là c'est quand même un moment où tu dis "Ah bah ouais, tu vois qu' dit qui qui tient et qui tient pas." À l'époque, Olivier Fort fait une interview où il dit ou il faut se poser la question de la justice.
Et effectivement à un moment donné euh quelle réponse tu donnes à des révoltes à euh un meurtre policier, face à une injustice structurelle et cetera mais ça clarifie de quel côté tu es est-ce que tu es voilà de quel côté pas juste de la barricade de la classe quoi. ou en tout cas tu même si enfin que tu choisis d'être et et pour moi c'est lié à ça et et la question de de de la Palestine et de et et du genre parce que c'est l'expression et c'est la bascule dans laquelle on on se retrouve en fait le le basculement où tous les précepts ou les concepts ou les idéaux ou les principes plus ou moins fumeux plus ou moins auquel voilà du droit international et le et le tabou du génocide qui qui était alors même si ils Ils ont laissé faire des genocides au Rwanda, ils ont laissé faire des des Mais voilà, là ça éclate le le l'hypocrisie éclate et pareil ben tu es voilà tu tu es obligé d'assumer ou pas une position de de rupture en disant bah en fait non, on n'acceptera pas ça et on sera terridé de tous les noms mais on tient bon sur sur ça. Donc pour moi, voilà, c'est c'est plus l'expression les moments où leur positionnement de classe et de et de et le centre de gravité de de de leur stratégie s'est éclairé en fait du fait que ils étaient leur vision, elle est positionnée du côté du bloc bourgeois plutôt que du côté du bloc populaire.
Et moi je pense que c'était juste ce que tu ce que tu ce que tu demandais. Est-ce que c'était une erreur ? Non.
Enfin nous, notre objectif c'est d'être majoritaire dans ce pays. Et donc l'idée que ce bloc populaire, il existe parce que il y a à la fois cette histoire et cette expérience de la gauche qui est qui est le socle de du bloc populaire et qui doit s'élargir au-delà notamment vis-à-vis de ceux et celles qui ont été dégoûtées, qui vont plus voter, qui sont voilà le le 4e bloc abstentionniste euh et que notre objectif, moi qui reste le mien, c'est de d'entraîner. En fait, on a fait un un dixit sur la stratégie de la France insoumise et pourquoi les sondages se trompent sur Jean-Luc Mélenchon, notamment avec l'idée de d'aller récupérer les abstentionnistes.
Ouais. Mais donc du coup, moi je pense que c'était juste après je dis pas que c'est facile hein et je sais pas et aujourd'hui bon on verra ce qui se passe dans les prochains mois il y a 2027 et tout mais je pense que y compris ça va être plus difficile de convaincre même si on en est convaincu à un moment donné de convaincre les gens de croire et et ça c'est et ça c'est grave en fait et ça c'est c'est c'est euh la faute c'est pas simplement une erreur mais c'est une faute politique grave de tous ceux qui font les bagages accompagnés de de Hollande et qui se retrouve dans le train pour de de dans le j'aime bien le terme le le le mouvement là autour de l'unité pour l'unité ou ce qui ne veut plus rien dire en fait ces gens ont ont la grande primaire de la gauche on ont dévalué on a passé 10 ans à essayer de reconstruire à de reconstruire l'idée de gauche une gauche radicale avec un contenu et là en en quelques en quelques mois ils ont complètement dévalué enfin je pense que ils n'y sont pas arrivés parce que on est là justement, on existe et aujourd'hui je pense pour des millions de gens la gauche c'est nous et ça il faut il faut il faut continuer à le dire et à le battre et pas les laisser justement liquider tout le travail qui a été fait pour redonner du fond et et de la et de la légitimité à tout ça. Donc en fait nous la ligne reste la même en fait la ligne elle reste la même sur le programme de rupture et on continue à s'adresser à tous celles et ceux qui veulent continuer à le faire.
Et donc je pense qu'il y a il y a aussi des secteurs dans le Parti socialiste chez les écologistes certainement encore plus nombreux qui sont pas d'accord avec ce qui se passe, qui voient bien qu'en fait ça amène à l'impasse et donc je notre responsabilité c'est de faire en sorte que ces gens-là euh bah voilà on reste ouvert à ça, on reste ouvert à t tous ces gens qui croient vraiment qu'on peut reconstruire et qu'on a reconstruit et qu'on a un bloc populaire qui peut être majoritaire dans ce pays qui a montré qu'il était en 2024 on a gagné envers et contre tout tout le système conspirait pour faire gagner l'extrême drum. On y arrivait parce qu'on a été clair et on a rien lâcher. Et je pense que pour moi la ligne ça reste celle-là.
C'est plus difficile aujourd'hui mais personne n'a dit que ce serait simple et puis et puis l'ennemi il il est il attend pas les bras croisés qu'on prenne le pouvoir quoi. Je veux dire et du coup bien sûr qu'il va avoir mener mener les stratégies qu'il faut. Donc je pense que faut continuer à se battre là-dessus.
Nous, on continué à à défendre l'unité populaire et euh construire le bloc le plus large possible sur encore une fois nos propositions politiques, le programme de rupture et euh et la dynamique populaire quoi. et les secteurs les plus les plus avancés, les plus mobilisés dans la jeunesse, dans les milieux populaires qui sont qui sont les les les forces vives pour pour mener cette bataille là quoi, et gagner cette majorité. On aime bien faire ça à la fin des fauteuils.
On passe à une sorte de petite partie culture. Je voulais te demander si tu devais écouter que trois albums cette année. Trois albums uniquement, c'est qu'est-ce que tu gardes ?
Le dernier j'ai vraiment beaucoup aimé, c'est Cowboy Carper. D'accord. J'écouterai euh mon Afrique de Mokobé.
Ah wou mon cœur comme un boxeur sur le ringer toujours ça date. Mais oui mais c'est très bon choix. Voilà.
Et en troisème j'écouterai Arabian Panther de Médine. Ah qui était notre premier invité. sorti de l'école avec trop de diplômes.
On fait des albums au salure de P. Voilà, génial. On va dire les trucs que je que je réécoute toujours.
Faudrait que je réécoute Mokobé là en Afrique, il est vraiment bien. C'est ça a très bien viilli. Mais à Rabian Panther, c'est c'est aussi un très bon choix parce que c'est pas l'album que que les que les gens citent en général de Mine en général ils citent ils citent soit vraiment les derniers derniers quoi.
Quoi ? Mais ouais, j'ai moi écouté c'est la c'est la période où j'ai écouté beaucoup Mine euh Don de panique enfin les mix don de panique bien tenteur et mais tu es candidat dans le 18 c'est l'arrondissement le plus peut-être le plus riche en terme de de de rap et de de culture urbaine. Euh tu vas souvent au concert tu vois Ah non c'est l'horreur c'est horrible ça.
C'est horrible. J'ai absolument le temps de absolument rien faire du tout. C'est terrible et je m'oblige à mettre dans mon agenda des des des créneaux parce que sinon j'ai le temps de rien voir.
Je suis dégoûtée. C'est voilà de rien. J'ai l'impression que j'ai rien lu.
Il y a d'autres Mathilde, elle arrive à à lire par exemple. Moi, j'y arrive pas à lire euh et j'ai le temps d'aller rien voir. Je suis dégoûtée.
Ah ! Parce que parce que ouais, il y a plein de choses en fait. de de et euh et il y a plein de trucs que je rate mais c'est terrible ça.
C'est une des grandes c'est une résolution 2026 de faire plus euh Ah oui, mais je me suis améliorée déjà. J'ai essayé de voilà de m'obliger à à passer plus de temps à aller voir des choses. Mais c'est c'est ça c'est une bonne résolution que je vais essayer de tenir encore cette année.
OK. 2026. C'est quoi ton prochain concert ?
Euh c'est Ah ben tiens Oxmo. Ah ouais là à l'arena. OK.
Et du coup ça ça faisait partie des on a vu euh avec les avec des potes et dit "Ah allez on y va et là je me suis mis à l'agenda je tu bloques le tu bloques tu bloques le créneau." Donc voilà du coup je suis super fière de moi d'av d'avoir Bah oui voilà du coup tu vois c'est à ce point là quoi. Je suis à ce point de Oxmot le bienvenu dans le fauteuil si tu veux.
Euh bon même question plutôt qu'au dessiner. Je sais pas si si euh si tu as vu des des choses récemment, tu dois garder qu'un seul film pour l'année. C'est quoi ?
Bah tiens, donc là ça fait c'est aussi récemment, il faudrait que J'aimerais bien le revoir parce que c'est tellement une mine. C'est soundtrack tout au coup d'état. Ah je connais pas.
C'est Ah si si, il est magnifique. Il est il y a il est il y a vraiment plein de choses quoi. Et c'est sorti récemment.
C'est oui, c'est sorti récemment. C'est sur sur le coup d'état contre le Mumba. OK, au Congo, c'est magnifique et il y a et il y a une il y a une bande son de ouf et ça je pense que tu ça vaut çaut tu passes bien toute l'année à le voir et le revoir pour trouver des c'est vraiment il y a des archives de l'ONU enfin de toute la période moi que j'avais pas vu.
Il y a plein d'histoires que tu connais un peu de la légende et ça et c'est très riche. C'est de il y a enfin il y a Ouais, je pense que faut faudrait que faudrait le revoir et le revoir et le revoir pour choper les choses. Je vous invite si vous avez pas eu l'occasion et de de le voir et j'aimerais bien j'aimerais bien organiser une projo à l'assemblée de de Tu faisais ça souvent ?
Tu organiser ? J'en ai fait quelquesunes. Ouais, ouais, ouais, ouais.
Et euh mais ça ça vaudrait le coup quoi de pass là. Enfin, il y a eu plein de j'imagine plein de projections débat mais il est il est super riche ce film. Et bon recommandation lecture pour les gens qui nous regardent.
Qu'est-ce que tu leur recommandes de lire pour pour peut-être pour se politiser plus sur certaines questions ? Ah après il y a plein de bouquins pour se politiser mais on va dire le dernier bouquin que j'ai lu politique euh que j'ai trouvé excellent c'est le bouquin de chaputo les irresponsables. Oui.
Euh oui oui. Et là aussi euh Oui. Je me je je crois qu'on parle de Yan Chaputo à chaque fauteuil.
Je c'est c'est c'est Ah ouais Chaputo qui qui est le bienvenu également sur photo du média. Moi, j'ai vu récemment sur Twitter qu'il y avait des Chaputo fan account. OK.
Voilà. Non, mais pour lier avec analyse de la période, enfin c'est quand même assez euh assez pas à la fois éclairant, mais de de là aussi comprendre les mécanismes, les dynamiques et voir en fait qu'est-ce qui rien n'est inéluctable en fait. Rien n'estctable.
C'est vraiment des choix politiques quoi. Et je trouve que c'est ça, c'est ça qui est qui est puissant et c'est bien de se le rappeler maintenant et de comprendre en fait comment ce qui apparaît comme je la pente la plus simple et que prennent certains en fait à quoi ça peut mener et que en fait ça ne mène que si on choisit que de de de suivre cette voix là quoi. Donc l'art de la conclusion.
Merci beaucoup Daniel, merci beaucoup d'être venu sur le fauteuil. Merci à vous de nous suivre et de continuer de soutenir le média qui nous permet de faire ce genre de de format et j'espère que on pourra en faire plein d'autres. Rendez-vous sur soutenez.v.fr pour que on puisse continuer à vous proposer de nouveaux contenus.
Ah.
Danièle Obono