Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLa France insoumise· 30 avril 2024 48 min

Mathilde Panot et Rima Hassan - Discours contre la censure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

11:35
Invité

même si, malheureusement, c'est pour une cause absolument incroyable. Depuis le 7 octobre, celles et ceux qui dénoncent la situation coloniale en Palestine font face à une répression sans précédent. Malgré 75 ans d'oppression, largement documentée entre autres par les institutions internationales, il n'a jamais été aussi difficile de défendre les droits du peuple palestinien. Et c'est notamment le cas de nombreux syndicalistes. En France, la police antiterroriste a convoqué Anas Kazib, militant syndical à Sudraï, pour quatre tweets de soutien à Gaza. On sent le massacre en cours dans le cadre d'une enquête, là aussi, pour apologie du terrorisme.

Cette tentative d'intimidation fait suite à une plainte déposée par la jeunesse française juive, organisation qui relaie les prises de position de Donald Trump et Éric Zemmour et prend part à de nombreuses procédures baillons. Elle était d'ailleurs partie civile dans le procès contre le responsable syndical CGT du Nord, Jean-Paul Deléco, condamné à un an de prison avec sursis dans le cadre d'un dossier semblable à celui monté contre Anas. Depuis, d'autres militants ou personnalités politiques ont donc été convoqués, à l'image de nos camarades de solidaires étudiantes, EHESS, de Sud Aérien, et aujourd'hui, malheureusement, de Rima Hassan et Mathilde Panot.

En faisant l'amalgame entre soutien à la Palestine et soutien au terrorisme ou à l'antisémitisme, elles servent de prétexte à un tour de vis autoritaire, menaçant le droit de manifestation, de réunion et d'opinion. C'est à une politique d'étouffement de la démocratie que le pouvoir macroniste se livre et à tout niveau. La démocratie n'est possible pour eux que si elle s'aligne sur ses positions ou celles de l'extrême droite. Ces derniers mois, et plus particulièrement encore ces dernières semaines, la liberté d'expression des organisations syndicales est sérieusement attaquée.

Le gouvernement aggrave sa politique de répression du mouvement social et cherche à intimider les militants en multipliant les procédures en justice. Le 19 avril, notre camarade de Sud Éducation, Olivier Cuzon, a été entendu par la police suite à une plainte déposée par le ministre de l'Intérieur en personne. Ce dernier reproche à Sud Éducation de diffamer la police et l'armée, car celle-ci serait étrangement perméable aux idées de l'extrême droite. Cette action en justice s'ajoute à d'autres plaintes récentes, de diffamation, diffusion d'informations confidentielles, voire même encore apologie du terrorisme visant des publications syndicales.

Mais également pour avoir participé à des mobilisations écologistes contre le groupe Lafarge par exemple. Ces procédures marquent le franchissement d'une nouvelle ligne rouge. Le gouvernement, comme les patrons, entend désormais faire taire toute voix dissidente, syndicaliste compris. Solidaires réaffirment la légitimité des organisations syndicales à s'exprimer sur tous les sujets qui touchent à l'organisation de la société. Plus largement, c'est l'ensemble du mouvement social et ses organisations qui est attaqué par un gouvernement qui adopte chaque jour un peu plus le répertoire rhétorique et les pratiques de l'extrême droite.

En s'engageant dans cette voie, en voulant baïonner le mouvement social, il bafoue les libertés syndicales et les libertés d'expression. L'Union syndicale solidaire affirme solennellement son soutien aux camarades inquiétés et faisant face à la répression des autorités de l'Etat. et prendra toute sa part aux initiatives unifters en défense des libertés fondamentales comme celle de la coalition contre le racisme systémique et les libertés publiques. Solidaires continuera de faire vivre la liberté d'expression et les libertés syndicales. Non, des plaies au pouvoir, nous ne lâcherons rien ! Oui, très rapidement, je ne dirai pas ce qu'a dit notre camarade de Solidaires.

Mais pour la CGT, en effet, d'une part, je tiens à affirmer notre total soutien à Rima et Mathilde aujourd'hui. Notre total soutien pour tous ceux qui sont accusés, incriminés et condamnés comme notre camarade Jean-Paul Delesco ! Au-delà des questions de la Palestine et de la paix, tous ceux qui aussi continuent à agir pour contrer les réformes sociales, particulièrement violentes, puisque ce gouvernement s'en prend aussi aux plus démunis, aux plus... qui sont dans des situations, pardon, sociales, les plus démunis.

On voit la réforme de l'assurance chômage, on voit la réforme des retraites, et nous continuerons à agir, mais il faut savoir que nous avons plus de 1000 militants et militantes qui sont aussi traînés devant les tribunaux et qui risquent d'être condamnés. Donc nous faisons face à un autoritarisme qui n'est pas admissible, je l'ai dit, et des attentes aux libertés face auxquelles nous devons continuer à nous battre. Merci. Oui, résistance, oui. Merci de cet accueil. Je voudrais dire en tant que secrétaire général de la FSU que notre place est évidemment ici, en soutien à Rima et Mathilde, qui ce matin sont les visages de la résistance, effectivement.

Convoquer, convoquer pour un tract, convoquer pour un communiqué, convoquer parce qu'on déplait au pouvoir, ça fait suite à une longue vague de répression, ça fait suite effectivement à des interdictions de manifestations, à des mises en cause de représentants syndicaux, à des mises en cause d'actions syndicales, et c'est une remise en cause de la manifestation de la simple solidarité avec un peuple qui est aujourd'hui sous les bombes, soumis aux massacres, soumis à la dictature d'un gouvernement d'extrême droite en Israël et à ses soutiens ici en France. Et donc nous n'avons aujourd'hui que cette capacité de se mobiliser, de s'unir. Il faut résister, c'est compliqué, c'est difficile.

Le climat aujourd'hui est à la progression des idées d'extrême droite. Le gouvernement est en train de donner un tremplin à l'extrême droite, est en train de favoriser sa montée. Le climat est lourd, le climat est difficile. Et notre place en tant que syndicalistes, c'est de continuer cette résistance. Ce ne sont plus des dérives, c'est un système qui se met en place. Depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron n'arrête pas de contrer tout ce qui peut s'apparenter à des contre-pouvoirs. Et les syndicalistes, nous avons particulièrement subi cet amenuisement de nos capacités d'action, cette volonté de ne jamais nous écouter, de nous réprimer.

Et donc aujourd'hui, il va falloir qu'on arrive à dépasser les cadres déjà existants parce que c'est tous les démocrates qui doivent se mobiliser, qui doivent défendre les libertés. Il faut qu'on soit nombreux, déterminés, courageux évidemment, parce que la période va nécessiter aussi du courage, du courage politique, de la détermination. Nous y sommes prêts dans le cadre de la coalition également qu'a cité Elie. Je ne reprends pas tous les propos qui ont été tenus par mes camarades, mais ça a beaucoup de sens aujourd'hui d'être à la fois CGT, FSU et solidaire. Et il faut aussi qu'on arrive à élargir ces cadres-là.

Et donc soutien évidemment total, inconditionnel à Mathilde et Arima, convoqués ce matin et prêts à continuer. Merci. Parce qu'elle est énorme, donc je suis là pour Attaque France,

21:36
Mathilde Panot

pour exprimer évidemment tout mon soutien plein, total, entier, absolu, nécessaire à Arima Hassan et Mathilde Panot qui subissent une stigmatisation politique inacceptable et qui doit nous alerter au plus haut point. Alors, comment expliquer que la mobilisation pacifique qui dénonce le génocide à Gaza et, excusez-moi le micro tombe, et demande un cessez-le-feu puisse être considérée comme un délit ? Comment expliquer que les arrestations et les convocations de militantes et militants associatifs, syndicaux, politiques, comment expliquer que des responsables politiques dont la voix porte et compte pour la paix et la cause palestinienne subissent cette répression ?

Depuis l'année dernière, on constate une accumulation et une aggravation de la répression, de la contestation sociale et politique. Ça a été dit, mais bon, depuis l'année dernière, vous l'avez vu dans le cadre, que ce soit des mobilisations retraites, des mobilisations écologistes, avec les soulignements de la terre, dans le cadre des mobilisations suite au meurtre d'Onael. Et maintenant, on voit sur la cause palestinienne, eh bien, une accélération vertigineuse, en fait, des attaques aux libertés publiques et qui doit vraiment retenir toute notre ascension. Mais surtout, notre mobilisation, ce qui explique ce rassemblement aussi large, aussi pluriel aujourd'hui.

Ce ne sont pas les forces politiques et sociales qui le disent, ce sont les alertes des plus grandes instances internationales, c'est l'ONU, c'est le Conseil de l'Europe, c'est la Défenseur des Droits, c'est les organisations des droits humains qui alertent sur cette incapacité, pour les forces politiques et sociales, de mener la contestation, de mener la transformation sociale. Donc, les alertes sont vraiment en plus haut niveau, et on peut dire que le pronostic vital de la démocratie est engagé et appelle à notre réaction. Et il y a encore peu de temps, on ne pouvait pas oser le dire, mais malheureusement aussi, nous sommes vraiment obligés d'alerter sur la situation démocratique.

On n'a pas atteint ce niveau, le niveau que nous atteignons est vraiment plus que grave et convoque la réunion la plus large possible. Et ça a été évoqué par Elie de Solidaire, aussi par Benoît Tesse de FSU, mais il y a actuellement différentes mobilisations. Attaque se mobilise depuis l'année dernière dans toutes les dynamiques de défense des libertés publiques. Il y a eu un premier jet dans les Assises populaires pour les libertés, évidemment un cadre unitaire exceptionnel avec 198 organisations signataires, le cadre unitaire suite aux révoltes de Naël.

Et puis là, nous avons avec plusieurs organisations une tribune contre les procédures Bayon qui évidemment dénoncent la stigmatisation que subissent Rima Hassan et Mathilde Panot. Cette tribune contre les procédures Bayon et pour la défense des libertés publiques, elle rencontre un franc succès et elle semble rassembler le plus largement. Et donc là, justement, nous sommes en train de nous réunir pour proposer des initiatives communes. Donc, save the date, regardez bien ce qui va se passer, parce qu'on va organiser une riposte d'ensemble pour défendre les libertés publiques et la démocratie et la capacité à transformer la société. Merci.

25:05
Présentateur

Merci à toutes et tous d'être présents ici malgré le temps, malgré l'heure et parfois aussi malgré les impératifs professionnels comme personnels. Ça montre qu'il y a encore des personnes que cela choque. La police politique, la censure, la répression, la criminalisation de candidats de l'opposition, de présidentes de groupes parlementaires d'opposition, comme de responsables syndicaux sur des motifs totalement diffamatoires pour des opinions politiques et syndicales. Nous apportons ici tout notre soutien à Rima, à Mathilde et à toutes celles et tous ceux qui font les frais de cet autoritarisme sans limite du gouvernement.

Ce moment de rassemblement nous donnera de la force pour les jours, les semaines et même les années à venir, car nous sommes ici entre camarades, traversées par la même soif de justice, n'ayant pour seule boussole que la paix. En tout cas, nous, syndicalistes étudiants, ça va nous en donner de la force. Et on en a bien besoin dans la période, quand on se fait traiter comme des criminels par les forces de l'ordre, et je pense notamment ici aux camarades de Sciences Po qui sont présents et qui ont été dégagés de leur université en pleine nuit par les CRS, par la présidence de l'université, et surtout avec le soutien de la ministre de l'Enseignement.

La force quand on doit se battre contre des conférences censurées et quand on n'en répond encore une fois que par la répression. Un des piliers du syndicatisme étudiant, la Charte de Grenoble, définit des droits et des devoirs pour les jeunes travailleurs intellectuels que nous sommes. Le plus fondamental des devoirs est le suivant, chercher, propager et défendre la vérité. Alors nous continuerons de lever nos voix pour dénoncer le génocide en cours, nous ne nous soumettrons pas, nous ne nous tairons pas.

Aujourd'hui comme demain, à Sciences Po comme ailleurs, nous utiliserons tous les modes d'action à notre disposition pour dénoncer la censure, lutter pour la paix et alerter sur ce qui se déroule sous nos yeux en direct à Gaza. Merci à vous et à très vite dans les luttes.

26:48
Invité

Ils ne pouvaient que signer cet appel pour soutenir tous ces militants et ces élus qui défendent le droit d'expression et le droit du peuple palestinien. Nous sommes en face à une atteinte de plus en plus grave à la liberté d'expression. Pourquoi ? Parce qu'on veut nous faire taire. On veut qu'on ne dise pas que depuis plus de 75 ans... Vous êtes sûr ? Vous n'inquiétez pas, c'est l'habitude. L'Israël bafoue le droit international en toute impunité. L'État d'Israël occupe, colonise, emprisonne, détruit tout ce qui contribue à faire société en Palestine. Que ce soit à Gaza, en Cisjordanie occupée, et bien sûr à Jérusalem-Est, qui est en Cisjordanie occupée, ne l'oublions pas.

Depuis le 7 octobre, l'impunité d'Israël n'a pas cessé. Le gouvernement français s'est couvert de honte. Mais nous, on est là. Et nous ne nous taierons pas. On voudrait nous faire croire que défendre le peuple palestinien, être solidaire de la Palestine, est l'apologie du terrorisme. Non ! Dénoncer les violations du droit international, les violations du droit humanitaire par Israël, dénoncer le génocide en cours à Gaza, dénoncer le nettoyage ethnique en Cisjordanie occupée, défendre le droit à l'autodétermination du peuple palestinien. Ce n'est pas l'apologie du terrorisme, ni de l'antisémitisme. C'est tout simplement pour faire respecter le droit.

Vouloir nous empêcher, nous, citoyens, militants, étudiants, syndicalistes, élus de la République, de dire notre humanité, de l'exprimer haut et fort, vouloir criminaliser tout soutien au peuple palestinien, est une atteinte grave à la liberté d'expression. La responsabilisation s'inscrit dans la vague liberticide qui nous touche aujourd'hui en France. Pays des droits de l'homme, paraît-il. La liberté de réunion, de manifestation, dès lors qu'on veut y aborder la question de la Palestine.

Il faut que cessent les intimidations, les pressions et les interdictions contre les militantes, les syndicats, les partis politiques, les citoyens et les associations qui sont solidaires du peuple palestinien. Les droits humains doivent être respectés partout dans le monde. L'AFPS exprime toute sa solidarité et soutient ses citoyens et citoyennes atteints par ces mesures liberticides. Soutien à Jean-Paul Delesco, soutien aux étudiants Sciences Po d'Assorbonne, soutien à Rima Hassan, à Mathilde Panot, élus convoqués par la police dans le cadre d'une enquête pour apologie du terrorisme. On croirait rêver. La solidarité avec le peuple palestinien n'est ni un crime, ni un délit.

Nous continuerons à parler de la Palestine et à donner la parole aux palestiniennes. On ne lâche rien, on ne nous fera pas taire. Merci d'être là,

43:02
Rima Hassan

merci d'être là malgré la pluie et le froid. Je voulais m'excuser du retard, j'ai été bloquée dans les embouteillages, donc je suis vraiment navrée d'être arrivée en retard. Je ne vais pas être longue. Je vais commencer par dire que... Je vais commencer simplement par dire que... Je pense que nous sommes les plus privilégiés aujourd'hui, puisque nous avons une tribune politique et médiatique pour dénoncer ces atteintes qui sont portées à nos libertés fondamentales.

Nous le faisons en responsabilité, mais je veux avoir une pensée pour tous les citoyens ordinaires, tous les militants, les syndicalistes, qui n'ont pas la tribune que nous avons aujourd'hui pour pouvoir dénoncer ce dont ils sont victimes aujourd'hui en France. Donc je ne vais pas, encore une fois, faire remercier du fond du cœur de votre mobilisation. Ça me fait dire qu'il y a encore un peu d'espoir, que nous avons raison d'espérer, que nous avons raison de lutter et que nous sommes du bon côté de l'histoire. Je veux aussi dire aux organismes trahéliens qui sûrement nous écoutent et qui sont derrière ces plaintes, qu'ils ne nous feront pas taire.

Je veux dire aux gouvernements qu'ils ne nous feraient pas taire non plus. Je vais finir, parce qu'il faut que j'aille après la convocation, je vais être à l'heure. Je vais juste finir mon petit propos par ces mots de Gisèle Halimi. Ces propos, ils datent de 2014 et ils sont extrêmement importants à resituer dans le contexte que nous vivons aujourd'hui. Un peuple aux mains nues, le peuple palestinien, est en train de se faire massacrer. Une armée le tient en otage. Pourquoi ? Quelle cause défend ce peuple et que lui oppose-t-on ? J'affirme que cette cause est juste et sera reconnue comme telle dans l'histoire.

Aujourd'hui, il règne un silence complice en France, pays des droits de l'homme et dans tout un Occident américanisé. Je ne veux pas me taire. Je ne veux pas me résigner. Malgré le désert estival, je vais crier fort pour que ces voix qui se sont tues aient celles que l'on ne veut pas entendre. L'histoire jugera, mais n'effacera pas le saccage. Saccage des vies, saccage d'un peuple, saccage des innocents. Le monde n'a-t-il pas espéré que la Shoah marquerait la fin définitive de la barbarie ? Merci. Merci.

46:02
Locuteur

Merci. Merci. Merci.