Taxe foncière : la hausse surprise qui tombe mal - C dans l’air - 20.11.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Comment le calcul de la taxe foncière est-il effectué ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Qui sera concerné par cette hausse ?
- 6:00OuverteRéponse partielle
Cette hausse est-elle un scandale ou une bourde ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Pourquoi cette mesure tombe-t-elle mal ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Le Premier ministre a-t-il été informé ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Les maires sont-ils responsables de cette hausse ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30D.SeuxFait
« La valeur locative cadastrale a été fixée en 1970, il y a très longtemps. »
- 4:30D.SeuxChiffre
« Pour les foyers concernés, la hausse serait en moyenne de 63 euros. »
- 6:30S.LecornuFait
« Le débat encore agité par des démagogues sur la taxe foncière et son assiette, qui date de 1959... »
- 8:30J.BardellaPromesse
« Je demande solennellement au Premier ministre de renoncer à cette mesure dans un contexte tendu. »
- 10:30G.AttalFait
« Si j'étais en fonction, je n'aurais pas permis à mon administration de prendre cette décision. »
- 12:30F.SauvadetChiffre
« On avait 14 départements en difficulté. On en a 54 aujourd'hui. »
- 14:30F.SauvadetChiffre
« En un an, on a baissé nos investissements de plus de 10 %. »
- 16:30D.SeuxChiffre
« En 10 ans, la taxe foncière a augmenté en moyenne de 37 %, 2 fois plus que l'inflation. »
- 18:30S.QuéménerFait
« Les classes moyennes sont les plus inquiètes. »
- 20:30D.SeuxChiffre
« Il manque 7 milliards de TVA, ce qui n'est pas rien sur une recette de 200 milliards. »
- 22:30D.SeuxChiffre
« Les associations emploient près de 2 millions de salariés en France. »
- 24:30D.SeuxChiffre
« 90 000 de ces emplois seraient aujourd'hui menacés. »
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- A.Casse: Merci. ... - A.Casse: Bonsoir.
Bienvenue. C'est la nouvelle polémique fiscale. Elle concerne les propriétaires.
La taxe foncière va augmenter pour près de 7,5 millions de logements. Propriétaires qui nous regardez, vous devrez déclarer des éléments de confort comme vos toilettes, baignoires, lavabos...
Vous ne serez pas tous touchés de la même façon selon la région où vous habitez. On va vous expliquer. Ca tombe au pire moment, quand les discussions sur le budget se tendent.
Surtout, ça s'est fait en catimini. Nous sommes avec C.Barbier.
Vous êtes éditorialiste politique, conseiller de la rédaction de "Franc-Tireur". En une, cette semaine, on vit plus vieux mais on voudrait travailler moins longtemps. N.Saint-Cricq, vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions.
S.Quéméner, vous êtes rédactrice en chef à "La Tribune Dimanche". D.Seux, vous êtes journaliste aux "Echos" et à France Inter.
Votre édito du jour: "Taxe foncière, scandale ou pas?" Un quart du parc immobilier français est concerné. Ce n'est pas vraiment un nouveau taux, c'est Bercy qui met à jour ses fichiers. - D.Seux: Oui.
Il faut expliquer comment fonctionne la taxe foncière. 2 choses comptent pour les contribuables: le taux que votent les communes, départements et régions, qui s'applique à une base locative cadastrale...
C'est une assiette calculée un peu artificiellement. Si vous louez votre logement, voilà comment l'administration fiscale pense à combien vous loueriez. Sauf que la valeur locative cadastrale a été fixée en 1970, il y a très longtemps.
Elle est revalorisée chaque année au niveau de l'inflation, mais on n'a pas tenu compte de si le confort a évolué, s'il y a une salle de bains en plus, une chambre qui était un grenier et a maintenant un lavabo, s'il y a une climatisation...
Les choses n'ont pas évolué. Bercy en a assez de voir que les politiques, depuis des années, ne réajustent pas l'ensemble de logements. Bercy a donc décidé d'appliquer...
Bercy a des nouveaux fichiers. Ils savent combien de logements reçoivent l'eau, quel volume, quelle consommation d'électricité...
Ils ont appliqué une sorte de logiciel général pour dire qu'ils savent maintenant combien il y a de salles de bains, de climatisation, de pièces nouvelles dans un logement. - A.Casse: Donc, le raccordement à l'eau et électricité, la présence d'une baignoire, douche, chauffage ou climatiseur, c'est vu comme un élément de confort? - D.Seux: Oui.
Mettons-nous à la place de Bercy, du fisc. Depuis 24 heures... - A.Casse: Il faut aussi se mettre à la place des propriétaires. - D.Seux: Oui, mais mettons-nous un instant à la place de Bercy.
Ils se disent que quand quelqu'un transforme une grange en pièce d'habitation, on doit le déclarer au fisc. Ca n'a pas été déclaré, parfois. Bercy dit: "Je le sais, maintenant.
J'ai la consommation d'eau. Je rétablis un peu les choses." Il y a un peu de dissimulation de la part de certains contribuables.
On pourrait parler de départements où ça semble plus fort... - A.Casse: Qui mériteraient un contrôle fiscal? - D.Seux: En Corse, il me semble que le pourcentage de logements qui doivent être redressés est assez élevé.
Mais l'énorme problème, pour le contribuable, c'est que quand il y a dissimulation des uns, les bons élèves devraient être récompensés. Ca ne devrait pas être 500 millions de plus pour les collectivités locales. Ca devrait monter un peu pour les uns et descendre pour les autres. - A.Casse: Comment le calcul est effectué?
La présence d'eau courante engendre une hausse artificielle de 4 m2 de la surface. C'est 5 m2 pour une baignoire, 3 m2 pour un lavabo...
D'où viennent ces chiffres? - D.Seux: Il est assez logique que la valeur locative augmente quand vous avez plus de pièces avec du chauffage ou de l'eau.
Ca, c'est le texte que je viens de décrire, mais il est terrible. D'abord, dissimulation. Ensuite, il n'y a pas De gagnant, que des perdants.
Enfin, il y a un contexte fiscal catastrophique. - A.Casse: Le problème est aussi là.
C'est une hausse surprise, en catimini. - C.Barbier: C'est un automne où on a vu venir des tas de problèmes fiscaux, de la taxe sur les riches à celle sur les vapoteuses ou les bouteilles d'eau minérale.
On a vu arriver cette taxe comme autant de polémiques possibles. Et voilà qu'il y en a une qu'on n'avait pas vu venir, ni du côté du gouvernement, ni de l'opposition, ni des médias, qui semble s'être faufilée en piégeant les propriétaires. Les Français ont un ras-le-bol fiscal.
Les oppositions se régalent à parler de "racket", "captation illégale"...
C'était pas prévu. Ca a été préparé par les arcanes de l'administration fiscale qui travaillent bien mais pas toujours clairement. On arrête et on verra l'année prochaine.
On pourrait décider un moratoire sur cette nécessaire révision des bases cadastrales. Des contribuables honnêtes déclarent leurs travaux et d'autres trichent. Il faut mettre ça à plat, mais pas cette année, qui est déjà très compliquée pour faire un budget et pour le faire accepter par la population. - A.Casse: N.Saint-Cricq, c'est un tour de passe-passe?
Ca y ressemble. - N.Saint-Cricq: Non, parce que ça se traduit par une augmentation de la contribution des propriétaires à la fin.
Je ne dirais pas que c'est Bercy. C'est pas une entité...
Il y a une décision politique. La technostructure de Bercy fait ses calculs sur le nombre de mètres carrés, la baignoire qui fait tant, "j'ai l'eau courante, l'électricité"...
Sans le dire aux ministres, vous sortez ça et ça met toute la France en fureur. Ca ouvre les journaux politiques hier soir. Il paraît que le Premier ministre surveille tout.
Personne n'a sonné la clochette d'alarme. Bercy, c'est pas une armée de petits hommes gris qui ont décidé de faire du mal à tout le monde. - A.Casse: C'est vrai que tout le monde l'a appris par un article du "Parisien". - D.Seux: Les syndicats des impôts ont donné l'information. - N.Saint-Cricq: On peut donc imaginer qu'un N+1, +2 ou +3, l'ait su et ait fait suite à l'information.
On dit du budget que tout ce qui devrait être adopté n'aura pas lieu. On apprend des impôts dont on ne sait pas d'où ils sortent. Ca donne une impression de flou, d'instabilité...
Sur la Corse et l'Ile-de-France, il y a des endroits nettement plus concernés. C'est pas de nature à rendre les gens sereins. - A.Casse: S.Lecornu a parlé devant les maires il y a quelques minutes. - S.Lecornu: Le débat encore agité par des démagogues sur la taxe foncière et son assiette, qui date de 1959...
On peut pas faire semblant de découvrir hier comment ça fonctionne. Est-ce que c'est satisfaisant? Est-ce que c'est encore adapté à la manière de faire?
Non. Faut-il réviser comment on calcule les bases des valeurs locatives? Sans doute.
Est-ce que c'est simple? Non, ou nos prédécesseurs l'auraient fait. En revanche, on peut pas balayer la question d'un revers de main. - A.Casse: Que comprenez-vous à cette déclaration? - S.Quéméner: Le Premier ministre est un peu coincé.
Il parle aux maires. Qui doit bénéficier de cette augmentation de la taxe foncière de 63 euros en moyenne par ménage, sans doute beaucoup plus ou beaucoup moins pour certains? C'est les maires qui sont en face de lui et qui réclament beaucoup d'argent.
Dans le budget, il doit y avoir un peu plus de 4 millions de moins pour les collectivités locales. Les maires sont très inquiets pour leur budget. En même temps, on apprend que le gouvernement annonce lancer "une consultation avec les parlementaires et collectivités" sur ce point précis.
Ils ont mis 2 jours à se rendre compte que c'était un problème. M.Bregeon a dit qu'on ferait un point d'étape.
On ne voit pas comment on peut faire ça sur une mesure annualisée. La consultation avec les parlementaires, c'est une façon de dire qu'il y a eu un raté. On débat à l'Assemblée, on veut tout mettre sur la table, on dit que le pouvoir reste au Parlement, et quelque chose qui concerne la vie quotidienne et qui angoisse une partie des propriétaires...
C'est pour ça que le RN, aussitôt, s'est emparé du sujet... - A.Casse: Pas seulement. - C.Barbier: G.Attal aussi. - S.Quéméner: LFI aussi, G.Attal ensuite.
Mais surtout le RN, parce que tous les sondages montrent que la France qui peut être petit propriétaire a basculé vers le RN. - A.Casse: On va être très concrets, D.Seux.
On va regarder qui sera concerné et comment. Presque tous les échiquiers politiques s'opposent à cette hausse de la taxe foncière prévue pour 2026, y compris dans le socle commun, comme G.Attal. - C'est une retraitée en colère.
A 79 ans, Josiane voit ses taxes foncières flamber un peu plus chaque année. - Taxe foncière 2022...
Taxe foncière 2025. L'écart est catastrophique. - C'est-à-dire? - Le double, tout simplement.
J'ai un principe où il faut se presser de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer, mais là, c'est franchement catastrophique. - Josiane est propriétaire de son appartement et de 2 biens locatifs. Le résultat du travail de toute une vie, dit-elle.
Ancienne commerçante, elle a investi, consciente que sa retraite serait très faible. - A 45 ans, 48 ans, je me suis dit qu'il fallait que je travaille pour ma retraite. On s'est moqué de moi, à l'époque.
J'ai eu raison. Mais là, je suis quand même très déçue. Je pars jamais en vacances, ou 3 jours, pas à l'autre bout de la planète.
Je trouve ça aberrant. Je tiens mes comptes au plus près. Une fois que j'ai tout payé, j'ai 4 euros par jour pour manger.
Je fais mes comptes. - En 2026, la taxe foncière pourrait-elle encore augmenter? L'information a été révélée cette semaine dans la presse.
Il s'agit en fait d'une mise à jour du calcul de l'impôt. Pour le fisc, 7,4 millions de logements sont équipés d'éléments dits "de confort" qui n'ont pas été déclarés par les propriétaires. Eau courante, électricité, baignoire, douche, toilettes ou encore climatiseur, ces équipements augmentent le nombre de mètres carrés pris en compte selon un barème très précis. ...
Selon Bercy, pour les foyers concernés, la hausse serait en moyenne de 63 euros. En plein débat budgétaire, tollé politique. La mesure fait immédiatement l'unanimité contre elle. - C'est une mesure scandaleuse.
On est face à un gouvernement qui refuse de faire contribuer plus les plus riches de notre pays, les milliardaires notamment, en ayant rejeté la taxe Zucman, et qui vient, de manière indistincte, taper 7 millions de Français en faisant augmenter la taxe foncière. - J.Bardella: Je demande solennellement au Premier ministre de renoncer à cette mesure dans un contexte tendu, que nous connaissons, dans le marché immobilier et dans le quotidien de nos propriétaires, qui sont devenus les vaches à lait du gouvernement. - Même G.Attal, ancien Premier ministre, fustige la mesure. - G.Attal: Si j'étais en fonction, je n'aurais pas permis à mon administration de prendre cette décision.
On a plutôt besoin de permettre aux Français de devenir propriétaires plutôt que de leur mettre des bâtons dans les roues. - Malgré la polémique, le gouvernement refuse d'abandonner la mesure. Il faut trouver de l'argent pour les collectivités.
A Fontenay-aux-Roses, la taxe foncière a baissé en 2025, mais elle avait augmenté de 22 % en 2023. Le maire l'explique. Il n'a pas eu d'autre choix. - L'Etat avait fait ses dotations de 40 % en 10 ans.
Il nous a imposé un certain nombre de dépenses obligatoires. Pour l'énergie, ça va impliquer 30 millions d'investissements avant 2030, sinon, on aura des pénalités. Chaque année, il y a des dépenses en plus et moins de dotations.
On n'a pas de planque à billets au sous-sol. Nécessairement, partout, il y a une augmentation obligatoire des taxes foncières. C'est désormais le seul levier qu'on a pour équilibrer le budget.
Une ville, la règle d'or: les budgets doivent être à l'équilibre. On n'a pas le droit d'emprunter pour financer un déficit de fonctionnement comme le fait l'Etat depuis 50 ans. - En 10 ans, la taxe foncière a augmenté en moyenne de 37 %, 2 fois plus que l'inflation. - A.Casse: On a bien entendu le ras-le-bol de Josiane, dont la taxe foncière a doublé en 3 ans. - C.Barbier: Il y a ce double effet des bases et des taux.
Les taux ont beaucoup augmenté pour les raisons que le maire a expliquées. Il faut faire rentrer des recettes. La taxe d'habitation a été supprimée par E.Macron.
Il ne reste que le foncier. A part la taxe de séjour, la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, mais il n'y en a pas dans toutes les villes. Donc on augmente le taux du foncier.
Les pourcentages selon les communes, ça ne veut rien dire, parce que ça dépend de la base locative, et c'est l'Etat qui en décide. Ca fait 30 ans que j'entends qu'il va y avoir à Bercy le grand chantier de révision des bases cadastrales pour que partout en France, on donne la même valeur aux mêmes équipements et aux mêmes surfaces selon le marché immobilier alentour. C'est un peu comme la cathédrale de Barcelone, ça ne se termine jamais.
L'administration va tellement lentement dans ce travail compliqué que, derrière, ça change encore. Il y a des communes dont la valeur baisse ou augmente, l'immobilier bouge...
La base est en permanence obsolète. Ce grand rêve d'avoir une base rationnelle, juste, équitable sur tout le territoire, et donc des taux comparables, est un rêve. - A.Casse: Question. - D.Seux: C'est vrai qu'un certain nombre de personnes considèrent que cette suppression en 2017 n'était pas une bonne idée.
En février 2017, E.Macron ne décollait pas trop dans les sondages. Son équipe économique s'est réunie et s'est demandé quelle idée géniale allait leur permettre de rebondir.
Quelqu'un a sorti l'idée de supprimer la taxe d'habitation. De fait, on en a beaucoup parlé. Ca a été un marqueur.
Mais ça a eu des tas d'effets délétères, comme couper le lien entre l'administré, le citoyen, le contribuable, et la commune, la collectivité locale. C'est un vrai problème. Et puis, la compensation n'a pas été totale par l'Etat.
Elle l'a été la première année, puis ça a dérivé. mais on entend le début de l'esquisse d'une petite musique qui semble dire que le gouvernement va mettre la pédale douce sur cette hausse de la taxe foncière. - A.Casse: Ceux qui nous regardent se demandent à quelle sauce ils vont être mangés.
Qui sera concerné? Comment? On a une carte qui montre comment on sera touché selon les régions.
La Haute-Corse sera la plus touchée, avec une réévaluation pour plus de 60 % des habitations. Pourquoi là en particulier? - D.Seux: Il n'est pas impossible que des bergeries transformées en logements n'aient pas été tout à fait déclarées.
On peut émettre cette hypothèse. A l'inverse, des départements comme l'Isère, c'est de l'ordre de 15 % des logements qui sont concernés. Ce n'est pas la même révision pour les maisons et pour les appartements. - A.Casse: 25 % pour les maisons et 15 % pour les appartements. - D.Seux: Exactement.
Il y a une granularité très compliquée. S'il n'y a pas eu la fameuse révision des bases locatives dont on parle depuis 1959, c'est qu'il y aurait des transferts d'imposition considérables. Des villes qui étaient très tendances il y a 50 ans ne le sont plus aujourd'hui.
Des villes côtières ont vu leur standing monter. Les HLM...
Tout est différent. Il y aurait une trentaine de millions de logements dont la taxe foncière bougerait sensiblement. Chaque fois qu'un ministre arrive à Bercy, il dit "on y va" et au bout de 2 mois, ses services lui expliquent que c'est compliqué. - A.Casse: On va peut-être finir par vraiment y aller. - D.Seux: Ca me paraît peu probable. - C.Barbier: Si on le fait de manière centralisée par l'Etat, on n'y arrivera jamais.
Si on donne aux communes et aux départements la maîtrise de la base cadastrale, si on les laisse déterminer la valeur d'un bout de terrain ou d'un aménagement, les élus pourront jouer sur la base et le taux. Après, ils rendront des comptes à leurs contribuables. - A.Casse: A court terme, à qui cette hausse de la taxe foncière va faire le plus mal? - S.Quéméner: Les classes moyennes sont les plus inquiètes.
Ceux qui sont au seuil de l'accession à la propriété, on sait qu'ils ont beaucoup de mal à rembourser. En France, je crois que 55 % des foyers sont propriétaires. Mais il y a une charge en plus.
On arrive à un moment où la taxe foncière a déjà beaucoup augmenté, en particulier pour compenser la taxe d'habitation. Ces fameux 63 euros de moyenne viennent se surajouter à un sentiment de dépossession... - A.Casse: Ces 10 dernières années, selon l'Union nationale des propriétaires immobiliers, elle aurait augmenté de 30 %. - S.Quéméner: Ca inquiète tous ceux qui ont juste réussi à acheter, qui payent juste leur retraite, et qui voient des charges et des charges arriver, notamment cette taxe foncière. - N.Saint-Cricq: J'ajoute que des personnes de plus de 65 ans, qui sont concernées par les questions des retraites...
Le gouvernement peut considérer que ça va rajouter quelque chose de déplaisant pour les retraités qui n'ont pas été ménagés. Ne serait-ce que parce qu'on ne sait toujours pas, dans certains cas, ce qui va leur arriver. - A.Casse: C'est pour ça qu'ils épargnent autant par ailleurs. - N.Saint-Cricq: Dans l'absolu, tout le monde est à 19 %.
Comme le disent plusieurs associations de retraités, comme il n'y a pas de financement de la loi dépendance, beaucoup de retraités mettent déjà de côté parce qu'ils ne veulent pas être un poids pour leurs enfants, s'ils vivent vieux. Ils épargnent pour pouvoir prévoir pour la soif. - A.Casse: Ils épargnent parce qu'ils s'attendent à être prélevés. - N.Saint-Cricq: Il y a une mission flash.
On va en parler. Quand ça commence comme ça...
On a fait les choses dans le mauvais sens. On a pris des décisions avant la mission. - A.Casse: Ca peut servir à enterrer la mesure, mais on reste prudents. - N.Saint-Cricq: Bien sûr, la preuve avec ce qui arrive.
Les missions flash, c'est généralement pour déminer. - A.Casse: Mais comment on fait?
Ceux qui nous regardent se demandent comment savoir s'ils sont concernés. C'est aussi simple qu'envoyer un mail ou aller au centre d'impôts? - D.Seux: On a appris depuis 24 heures que le gouvernement s'est rendu compte de sa boulette.
Chaque contribuable va recevoir une information. A.de Montchalin l'a annoncé. - A.Casse: Avant de recevoir le courrier, on peut aller dans sa messagerie sur impots.gouv ou se rendre au centre d'impôts?
Il faut demander le dossier 6675-M. - D.Seux: Il faut se demander si on veut pointer le bout de son nez en se signalant ou attendre de voir venir. - N.Saint-Cricq: De ce que j'ai compris, il n'y aura pas de redressement.
Le seul fait d'avoir des choses en plus ne fera pas qu'on sera redevable de quelque chose qu'on aurait dû déclarer avant. Si je n'ai pas rien compris, les gens ne risquent pas d'être redressés... - A.Casse: Attention, il y a quand même le risque de basculer dans une autre catégorie.
Il y a 8 standings, de "très luxueux" à "très médiocre". - N.Saint-Cricq: Si vous êtes dans un studio et que c'est en fait un château, il se passera quelque chose.
Mais que les gens ne paniquent pas tout de suite de peur d'être redressés sur les années précédentes. - D.Seux: Si les robinets sont en or, on est sûrement dans la catégorie "luxe". - C.Barbier: On ne peut pas être redressé sur des travaux qu'on n'a pas faits.
Les gens qui ont acheté après...
C'est une notion d'équité. C'est normal que la valeur d'un bien soit réévaluée pour qu'on n'impose pas de manière injuste les contribuables. C'est la méthode qui n'est pas claire.
Est-ce que ça doit se faire uniquement sur le biais des contrôles fiscaux? Est-ce que ça doit être le fait des entreprises qui font les travaux? "On a rajouté une salle d'eau en construisant une baignoire..." Est-ce que ça doit être le fait du contribuable?
C'est pas clair pour les Français. Ils ont découvert cette affaire de base qu'il fallait auto-réévaluer. Le fisc ne peut pas considérer que nul ne peut ignorer la loi sans que la loi soit claire pour les gens.
La loi de l'impôt sur le revenu, on le sait, il y a des rappels chaque année. Ca, les gens l'ont découvert. - S.Quéméner: Il y avait un exemple assez proche au début du premier quinquennat d'E.Macron.
Souvenez-vous de la crise politique suite aux 5 euros en moins sur les APL. "On attaque les jeunes", "on attaque les étudiants"...
On est censé apprendre de ses erreurs politiques. Ce qui est frappant, c'est que le gouvernement n'a pas vu ça comme un danger. Il y a des circonstances atténuantes: tout le monde regardait ce qui se passait à Marseille et ça a couvert le sujet.
Mais la porte-parole du gouvernement qui est interrogée à la sortie du Conseil des ministres, ça commence à devenir un sujet important. Ca, c'est une panique chez tous ceux qui sont à l'euro près. - A.Casse: Les oppositions s'en sont emparées.
J.Bardella dit que les propriétaires sont devenus les vaches à lait du gouvernement. J.-L.Mélenchon écrit ceci...
Et puis, il y a la charge de G.Attal. C'est tout sauf anodin, cette charge de l'ancien Premier ministre. - N.Saint-Cricq: Il était dans une période de creux.
Il essaie de revenir avec sa propre réforme des retraites pour l'avenir. Il essaie de se positionner sur la retraite par capitalisation. Quand il voit quelque chose comme ça, c'est un double avantage: parler aux gens et mettre un tacle au gouvernement actuel.
Et il met le doigt sur une chose dont on considère qu'elle a le moins bien marché: la politique de logement. En termes de marketing, c'est plutôt malin. - D.Seux: G.Attal est un peu obligé de suivre le RN et LFI parce qu'ils sont sans cesse débordés par des sujets très concrets de ce type-là.
C'est compliqué de trouver la bonne position. En temps normal, sur un sujet comme ça, hors temps de crise, ce serait de dire que les gens qui n'ont pas déclaré leur nouvelle baignoire, il faut que ça profite à ceux qui l'ont déclarée. Ca devrait être neutre pour les finances publiques entre les gains et les pertes des uns et des autres. - A.Casse: Je reprends la question de votre édito de ce matin.
C'est un scandale? - D.Seux: Je pense que ce n'est pas un scandale.
C'est une bourde. L'accumulation de bourdes devient énervante pour l'ensemble des contribuables. Personne ne peut dire où nous en sommes vraiment dans la copie budgétaire.
Quel est le bilan des hausses d'impôts et des baisses d'impôts? Si je vous disais que les calculs faits aux "Echos" montrent que depuis le début de la discussion budgétaire à l'Assemblée nationale, les impôts des ménages ont baissé de 3,3 milliards par rapport à la copie initiale du gouvernement, personne ne pourrait le croire. Il n'y a pas eu, dans la copie votée par les députés, le gel du barème de l'impôt sur le revenu.
Il y a une défiscalisation des heures supplémentaires. Il y a un certain nombre de mesures, mais c'est totalement illisible parce que ça part dans tous les sens. Sur les entreprises, il y a des dizaines de milliards d'euros de hausses d'impôts. - A.Casse: Vous dites "bourde".
Quelqu'un ici considère que c'est un scandale. - C.Barbier: C'est une bourde qui fait un bruit de scandale par l'exploitation politique.
G.Attal se refait la cerise là-dessus, en effet. Les classes moyennes sont son coeur d'électorat.
Mais regardez comme la gauche radicale et la droite extrême ont bien rebondi. J.Bardella a été d'une habileté diabolique.
Il a récupéré le sujet tout de suite pour en faire un élément montrant la perversité du gouvernement et s'engageant à porter une forme de justice fiscale et de défense des petits contribuables. C'est le capital politique de la droite extrême depuis P.Poujade, qui dénonçait les "poly-voleurs", les agents du fisc.
P.Poujade a failli prendre le pouvoir sur une révolte fiscale, et il avait J.-M.Le Pen comme consultant. - S.Quéméner: Pour J.Bardella, c'est une façon de dire qu'ils sont dans le camp des plus modestes.
Ils n'avaient pas voté la taxe Zucman. 63 euros en moyenne, ça paraît peu pour une partie des Français, mais pour l'électorat du RN, notamment, ça peut compter beaucoup. - N.Saint-Cricq: Quand E.Macron est arrivé au pouvoir, une théorie s'est propagée, à savoir que le plus simple pour enlever un impôt n'est pas de ratiboiser mais de supprimer quelque chose.
D.Strauss-Kahn a supprimé la vignette automobile. Quand c'est un impôt précis, les gens ont l'impression qu'on baisse leurs impôts, d'où la taxe d'habitation.
Là, c'est dans l'autre sens. C'est la taxe foncière. Le fait d'identifier et d'individualiser une taxe rend le sujet inflammable.
C'est de bonne guerre si la classe politique réagit comme ça. - A.Casse: La réaction des élus locaux est intéressante aussi.
Les maires précisent que cette hausse n'est pas leur idée, à quelques mois des municipales. Ils sont inquiets du budget qui se discute à l'Assemblée. Inquiet aussi, F.Sauvadet, président de l'assemblée des départements.
Beaucoup de départements se disent en faillite. - Un cri d'alerte du président de l'assemblée des départements de France. Pour F.Sauvadet, les collectivités sont étranglées. - F.Sauvadet: On avait 14 départements en difficulté.
On en a 54 aujourd'hui. Ils sont à la limite de la rupture. On continue de charger la barque et on est à la limite de ce que nous pouvons faire, payer les prestations qu'on nous impose.
Le département, qui est au coeur de notre système de solidarité et d'investissements de proximité, est en train de sombrer, tout ça dans une indifférence générale. Quand on va se réveiller, ça va être brutal. - Les départements ont pour mission de verser des prestations sociales comme le RSA, l'APA pour les personnes âgées en perte d'autonomie, ou la PCH, pour les personnes handicapées.
Cela représente 70 % de leur budget. C'était 64 % il y a 10 ans. Une hausse qui fragilise les missions du quotidien. - F.Sauvadet: On entretient 388 km de routes, 100 000 ponts, et on se sent bien seuls.
Nous sommes les principaux financeurs des services de secours. Nous aidons tous les collèges. Nous aidons les communes qui ne peuvent pas avoir les premiers équipements.
Tout ça est remis en cause. En un an, on a baissé nos investissements de plus de 10 %. Ils étaient déjà en baisse.
Et l'Etat vient nous donner des leçons? A un moment, stop. Quand on aura des camions de pompiers qu'on ne pourra pas remplacer, les populations vont se retourner contre l'incurie de tous ceux qui ont laissé faire. - Alors, l'ancien ministre et ancien député UDI F.Sauvadet en appelle à la responsabilité du Parlement, en pleine discussion sur le budget. - F.Sauvadet: Quand je vois que pour spéculer dans 18 mois sur les élections présidentielles, il y a une forme de Foir'Fouille à la bonne idée à l'Assemblée nationale, j'ai envie de dire: "Donnez-nous un budget!
Un budget réaliste!" Dans le même temps, on nous dit qu'il faut participer au redressement des finances publiques et on veut nous taxer sur des dépenses qu'on nous impose. C'est un monde de fous.
On n'a jamais autant dépensé d'argent public. Il n'y a jamais eu un tel niveau d'insatisfaction. C'est tout simplement parce que le pouvoir public s'est éloigné des réalités de terrain. - Villes, métropoles, départements, grandes régions...
Dans ce millefeuille administratif, faudrait-il supprimer les départements? Forcément, F.Sauvadet y est opposé. - F.Sauvadet: Ceux qui ont voulu la disparition des départements se sont toujours cassé les dents.
La proximité, c'est notre histoire. Les départements, c'est notre identité. Le "territoire", c'est inventé par des technocrates qui veulent redessiner la France.
Il faut pas la redessiner, il faut l'écouter et faire confiance à cette France qui se sent abandonnée. Quand les élus locaux se sentent aussi abandonnés dans les missions qui leur sont confiées par la loi, il y a quelque chose qu'il faut vraiment revoir vite dans ce pays, sans quoi l'inéluctable arrivera: la montée des extrêmes, que je ne souhaite pas pour le pays. Je crois n'avoir jamais employé les mots "je suis en colère" ou "je me sens abandonné" dans ma carrière politique.
Je les emploie cette année. Ils doivent être entendus. - Le Premier ministre a annoncé plusieurs mesures pour soulager les départements.
Une enveloppe d'urgence de 600 millions d'euros a été débloquée. - A.Casse: Les mots de F.Sauvadet vous surprennent. - N.Saint-Cricq: Il ne fait pas partie des politiques qui, traditionnellement...
C'est probablement qu'il a des difficultés au quotidien pour équilibrer les choses et qu'il se sent dépassé par les événements. Ce n'est pas la longue litanie de tous les élus locaux qui trouvent toujours qu'il y a un problème et qu'ils ne sont pas aidés. Ca a l'air d'être quelque chose de plus dramatique.
On en entend régulièrement, ceux qui ne peuvent pas avoir d'équipements sportifs, qui ont peur que les murs d'école tombent...
Dans un reportage ici même, on avait vu quelqu'un qui ne pouvait pas mettre en fonction la piscine...
Les 2 degrés de chauffage de la piscine permettent de faire des économies. Ceux qui essaient de faire augmenter la taxe ménagère pour gratter quelque chose...
C'est quotidiennement vécu par les administrés. Le conseil départemental ou la commune, c'est un échelon proche. - A.Casse: Il a l'impression de ne pas être entendu. "Attention, le réveil va être brutal." - D.Seux: Il faut comprendre la colère des élus locaux.
On peut leur dire "vous ne contrôlez pas vos déficits dans les collectivités locales", mais le déficit dans les finances publiques est, pour la quasi-totalité, le déficit de l'Etat. Ils doivent équilibrer leurs comptes. Ils regardent l'Etat en se disant que ce n'est pas possible.
L'essentiel de leurs dépenses, ce sont des dépenses de guichet. Ils doivent donner le RSA et l'allocation aux adultes handicapés aux personnes qui se présentent à eux quand ces personnes remplissent les conditions. Ils ne maîtrisent pas la dépense.
Ils ont des recettes contraintes. Ils ont été débordés depuis 15 ans et ça s'accentue par les dépenses sociales que l'Etat prend mal en charge et dont l'Etat fixe les conditions d'obtention. Ils ont été dépossédés de leurs décisions et de leurs financements.
Pour eux, c'est compliqué. C'est pour ça que que certains disent qu'il faut plus de décentralisation. - A.Casse: Question. - C.Barbier: Oui, sur certains aspects, on peut considérer que la constitution des grandes régions qui devait apporter des économies d'échelle a été un échec.
Ils ont ajouté des dépenses et n'ont pas fait d'économies. Quand on regarde le nombre d'emplois publics de créés, on a l'impression que ces régions n'ont pas été assez...
Mais quand on interroge certains élus, certains disent que c'était nécessaire. Dans la gestion des collectivités locales, tout n'a pas été exemplaire. Néanmoins, on a raté la nouvelle phase de décentralisation.
On peut donner des responsabilités aux collectivités locales, mais il faut vraiment leur donner le pouvoir sur certains domaines. Il faut arrêter de transférer les compétences et de dire qu'on transférera les dépenses ensuite. Ca a complètement raté.
Parmi ceux qui appellent à un nouvel acte de décentralisation, il y a S.Lecornu. - D.Seux: J.-L.Borloo et S.Lecornu. - C.Barbier: S'il survit aux débats budgétaires.
Mais c'était sans doute ce qu'il y avait de plus ambitieux dans son discours de politique générale que d'annoncer cette vraie loi de décentralisation. Quand il dit aux maires qu'il allait faire un méga décret pour supprimer des normes, s'il le fait, il aura sa statue dans toutes les mairies. Le nombre de maires qui ont peur de faire des erreurs, de se mettre en illégalité en ne respectant pas les normes, ça empoisonne la vie des élus.
Les démissions de maires, c'est beaucoup la charge mentale de l'administration. - A.Casse: Le maire du Touquet, aussi vice-président des Républicains, propose la hausse de la taxe foncière: "Il y a un vrai problème de méthode.
Je me demande si ce n'est pas un leurre. Pendant ce temps, on réduit les moyens des collectivités, mais ce n'est pas avec ces 500 millions qu'on va remplir les caisses. En revanche, on va énerver les Français." - S.Quéméner: D.Fasquelle sait que ça va agacer ses administrés.
Tout ça arrive juste avant les municipales. Tous ces sujets vont devenir encore plus électriques juste avant. La manière dont c'est présenté, dont c'est venu jusqu'à nous laisse à entendre qu'il fallait vraiment trouver 500 000 euros pour les collectivités locales.
Il fallait trouver une solution. On fait de toute façon cet ajustement qu'on devait faire depuis des années, mais cet argent ira aux maires. Or, les maires répondent qu'ils ne voulaient pas de cet argent, en tout cas pas de cette façon. "Il faut trouver une autre solution." C'est ce qu'a dit M.Le Pen, qui a tweeté cet après-midi: "C'est un arrangement entre D.Lisnard et A.de Montchalin." On n'a aucun commencement de preuve de tout ça, mais on voit ce qu'on essaie de nous mettre dans la tête. - A.Casse: Notre fil rouge pour l'instant, c'est un certain ras-le-bol.
Il y avait celui de Josiane, de F.Sauvadet...
Il y a aussi ce que vous disiez ce matin dans votre édito. J'en reviens toujours à lui. On fait le lien avec la discussion budgétaire en cours. - D.Seux: Non seulement la discussion budgétaire, mais aussi les fuites de TVA.
On a le chiffre depuis aujourd'hui. Il manque 7 milliards de TVA, ce qui n'est pas rien sur une recette de 200 milliards. Où sont passés ces 7 milliards?
Ces 7 milliards sont entre la prévision initiale du gouvernement et la réalité de fin d'année. Les explications, c'est qu'au fond, dans ce contexte politique, est-ce qu'un certain nombre de Français, d'entreprises, ne se disent pas que comme les politiques ne sont pas responsables, ils vont se passer de TVA? - A.Casse: C'est un début d'explication, selon vous? - D.Seux: Oui.
Il y en a une autre. La consommation évolue. Quand il y a une difficulté de pouvoir d'achat, les Français achètent moins de produits taxés à 20 %, de voitures, et un peu plus de produits taxés à 5 %, d'alimentaire.
Donc, ça baisse les recettes. C'est une nouvelle question qui se pose sur le consentement à l'impôt. L'énervement autour de la taxe foncière...
On le ressent dans le pays. Ca se retrouve sur un certain nombre de sujets et ça nous amène directement au débat budgétaire. - N.Saint-Cricq: Ca fait 2 mois qu'on n'entend parler que d'impôts supplémentaires.
Je sais qu'il y a un ordre dans la façon dont on doit parler des choses dans le budget...
Le consentement à l'impôt...
Les gens ne sont pas hystériques de payer des impôts. Ils comprennent à quoi ça sert. Mais si on ne flèche pas les impôts que l'on paie, ça peut passer, mais là, tout ce qui arrive, c'est "faire les poches des riches", et on énerve les gens avec des choses qui n'auront pas lieu.
Ce que je trouve presque pire, c'est l'idée qui peut se développer...
S.Lecornu a l'air honnête quand il parle. Il n'a pas l'air d'être quelqu'un de tordu.
C'est l'idée que tout ça, c'est du bricolage par derrière. Ce qu'il lâche en public devant l'opinion, c'est quelque chose qu'on essaie de rattraper en se disant "ces abrutis de Français ne vont pas s'en rendre compte". Cette idée d'une insincérité gouvernementale, ça peut être très dangereux.
Les derniers qui étaient convaincus de faire des efforts pour le bien du pays risquent d'être eux-mêmes découragés. Il faut faire très attention à ce qui peut être fait. Il y a un moment donné où même des gens très calmes peuvent considérer qu'on se moque un peu d'eux. - A.Casse: Vous le percevez, que les efforts se feraient dans le dos des Français? - C.Barbier: Même si le débat est public à l'Assemblée nationale, on sait qu'un amendement voté peut tomber si la globalité de la partie recettes n'est pas votée.
Après, il part au Sénat. Et ça revient en CMP, en 2e lecture...
On a l'impression d'un jeu de rôle qui crée des coups de stress aux Français et qui finira par un bras de fer politique. En 48 heures, on a refusé d'augmenter la TVA sur les vapoteuses. C'est moins dangereux que le tabac, mais c'est quand même de l'addiction à la nicotine.
On aurait dû dire qu'on allait monter la TVA pour empêcher les gens d'être en addiction. Le lendemain, on augmente la TVA sur les eaux minérales. C'est incompréhensible.
C'est un grand n'importe quoi. - A.Casse: Les gens qui nous regardent se demandent aussi où on en est dans ce feuilleton budgétaire.
Il y avait une date limite pour la partie recettes. C'était jusqu'à dimanche soir, minuit. Ca tient toujours?
Est-ce qu'on va vers une loi spéciale? Comment on avance dans ce calendrier, qui est très contraint? Normalement, c'est au moment des fêtes de fin d'année que ça va se jouer. - S.Quéméner: Le 23 décembre, si on suit la règle des 70 jours.
D'un côté, on a le projet de loi de Sécurité sociale qui n'a pas été voté et qui est passé au Sénat avec les amendements qui ont été votés à l'Assemblée. Suspension de la réforme des retraites, etc. Là, on a la partie recettes du projet de loi de finances, donc le budget de l'Etat qui est à l'Assemblée, qui va être, selon toute évidence, voté, mais qui va être rejeté.
On sait déjà que le socle commun ne votera pas. D'ailleurs, c'est étonnant. Matignon nous a annoncé ça en essayant de dédramatise: "Ce n'est pas grave.
On trouvera quelques députés..." Personne n'est d'accord sur cette partie recettes.
Ensuite, ça va partir au Sénat. Comme ça aura été rejeté, ça partira sans les amendements, donc on recommence à zéro. On a 2 textes sur des trajectoires différentes.
Il y aura ensuite une lecture au Sénat, en commission mixte paritaire. On met 7 sénateurs et 7 députés dans une pièce. On attend de voir ce que ça donne.
Si c'est conclusif, le budget s'arrête là. Sinon, ça repart en 2e lecture à l'Assemblée. On va encore avoir beaucoup d'allers-retours, beaucoup de feuilletons et les raisons de s'y perdre un peu plus.
Ce qui me frappe dans ce qui s'est passé cette semaine, c'est le prix de stationnement dans les hôpitaux. C'est un irritant puissant pour tous ceux qui doivent aller à l'hôpital. Ce qui me frappe, c'est que dans ce budget, on trouve pas des solutions et on sort de nouveaux problèmes.
Cette question des places de stationnement dans les hôpitaux braque très fortement au Sénat et en 2e lecture. Des gens payent 12 euros des heures de stationnement alors qu'ils attendent des heures à l'hôpital. - A.Casse: La loi spéciale semble le plus plausible? - D.Seux: Le plus probable...
Il semblerait qu'il y ait 2 destins différents pour le projet de budget de l'Etat et le budget de la Sécurité sociale. Sur le budget de l'Etat, il n'y aura pas d'accord. Le texte va être rejeté.
Il semblerait qu'on se dirige...
Que veut dire une loi spéciale? Ca veut dire qu'à la fin, il y a un texte de 3 articles qui est voté. Tout le monde le vote.
C'est reconduction des impôts et reconduction des dépenses. - N.Saint-Cricq: On ne change rien. - D.Seux: Une fois la loi spéciale promulguée, en janvier ou février, on se remet à discuter, à la différence près, et c'est ce qui s'est fait début 2025...
Réapparition de l'hypothèse 49-3. - N.Saint-Cricq: Que tout le monde a l'air de regretter en ce moment, sans le dire. - D.Seux: Qui va sortir du bois pour dire que c'était pas mal, finalement?
Et il y a le texte de la Sécurité sociale. Un vote est beaucoup plus probable car il y a la suspension de la réforme des retraites. C'est le coeur du coeur de l'accord entre S.Lecornu et les socialistes.
Et là, le gouvernement tombe tout de suite. - A.Casse: Et si c'est la loi spéciale, qu'est-ce que ça envoie comme signal? - C.Barbier: Un très mauvais signal.
C'est dire au monde entier, à l'Europe, au FMI, aux agences financières: "On n'est pas capables, en France, d'être raisonnables." On prend déjà 2 mois de retard sur un budget qui n'était déjà pas parfait. En 2025, on avait un peu de temps pour discuter.
Ca s'est terminé fin février avec F.Bayrou. Là, la classe politique est beaucoup plus cabossée et il y a les municipales.
Il est hors de question d'arrêter les travaux parlementaires assez tôt. Le 49-3 a une seule chance de passer. C'est qu'il soit décidé par le PS.
C'était leur grande victoire en septembre d'avoir obtenu la renonciation dès potron-minet par Lecornu au 49-3. On le rétablit comme 49-3 d'obédience parlementaire. Si les socialistes ont la maturité pour faire ça, ils redeviennent un parti de gouvernement. - N.Saint-Cricq: Et là, les gens ne comprennent plus rien.
Il faudra expliquer aux gens que les socialistes préfèrent un 49-3 pour ne pas dire qu'ils ne veulent pas le budget... - D.Seux: Disons que ce n'est pas une publicité ordinaire pour le parlementarisme. - A.Casse: Ce plan social qui a lieu à bas bruit...
Des associations emblématiques comme le Secours catholique se retrouvent contraintes de licencier non pas parce que les besoins baissent, mais parce que les coûts augmentent. 1 association sur 3 serait en péril. - Il y a de la pâte à tarte à distribuer. - A l'heure du déjeuner, cours de cuisine dans cette salle des fêtes du nord-ouest d'Amiens. - On est en train de faire une tarte tatin. - Vous aviez déjà fait la recette avant? - Jamais.
C'est la première fois. - L'atelier est proposé 2 fois par mois par une association en complément de ses paniers d'aide alimentaire. - C'est une recette qu'on voulait faire découvrir avec un produit typiquement d'ici, le chicon.
L'idée, c'est qu'ils travaillent des produits qu'ils ont dans le panier. - Le rendez-vous est devenu l'un des ciments de la vie du quartier. - C'est convivial. - Ca change les idées.
On sort et on voit du monde. - Mais l'association doit réduire la voilure. Les subventions de la CAF, de la métropole, du département ont fondu et menacent des projets comme celui-ci. - Je dois faire des ateliers cuisine, la même prestation, mais avec un budget qui a descendu de 30 à 40 %.
En achat de marchandises, j'ai une enveloppe de 50 euros. - On fait quoi, avec 50 euros? - On fait comme on peut.
Je fais de la récup. Sinon, je prends sur ma prestation ou mon salaire. C'est ça, le jeu. - Mais parfois, ça ne change plus.
L'association a divisé par 3 le nombre de ses salariés par rapport à l'an passé. Baisse d'effectifs aussi dans cet autre centre social qui assure l'aide aux devoirs pour les élèves du collège voisin. Entrée en 6e, Rose vient, comme ses camarades, 2 soirs par semaine. - On dit que c'est un pronom comment? - Indéfini.
Ca aide de se faire aider par d'autres personnes en qui on peut avoir confiance. Chez nous, parfois, on ne peut pas avoir le temps ou l'aide particulière pour les matières. - Un suivi précieux que l'école n'offre pas toujours non plus, mais là aussi, les fonds publics se tarissent.
L'association qui gère le centre a dû supprimer l'équivalent de 2 emplois à temps plein. - Pour nous, c'est une angoisse permanente de se dire que du jour au lendemain, on pourrait perdre son travail qu'on chérit. Pour les jeunes, c'est aussi une perte.
On essaie de les connaître ou de les comprendre pour mieux les accompagner. - Les années précédentes, on intervenait dans 6 lieux différents. Aujourd'hui, on intervient dans 3 lieux différents.
Il y a des besoins grandissants. La population est en demande. Il n'y a jamais eu autant de pauvres en France qu'aujourd'hui.
La précarité est là tous les jours. On retient les moyens aux associations. La politique du ruissellement telle qu'elle a été définie - Même amertume derrière les sourires à la fin de l'atelier cuisine. - C'est très réussi.
C'est très bon. - Les débats budgétaires en cours au Parlement prévoient une nouvelle baisse de plus de 50 % des subventions aux associations de l'économie sociale et solidaire. - Ca s'appelle des choix, il me semble.
Je ne supporte plus ce discours sur l'état de la France, en décrépitude, quand on voit que les actionnaires ont de plus en plus de dividendes. Je ne vois pas pourquoi on ne les taxerait pas pour que ce soit réparti. Je pense qu'ils n'ont rien compris et qu'ils vont payer la facture dans pas très longtemps.
Là où le tissu associatif disparaît, les gens sont laissés à eux-mêmes. L'intérêt général, le collectif, ça va disparaître avec le monde associatif. Je pense que je vais arrêter.
Ce qu'on perd, c'est ça, des gens qui avaient la foi, l'envie, et qui la perdent. - Les associations emploient près de 2 millions de salariés en France, plus que le bâtiment ou l'hôtellerie-restauration. 90 000 de ces emplois seraient aujourd'hui menacés. - A.Casse: Comment vous réagissez aux propos du directeur de l'association qui dit "la politique du ruissellement telle qu'elle a été définie ces dernières années ne fonctionne pas"? - D.Seux: Le lien direct entre la baisse des subventions aux associations et la hausse des dividendes ne me paraît pas complètement clair.
En revanche, ce qui est vrai, c'est que le tissu associatif, aujourd'hui, je ne vais pas dire que c'est la colonne vertébrale du pays, mais quand on voit un monde politique qui part dans tous les sens, on se demande ce qui tient le pays. Ce sont notamment les associations, avec les salariés et les bénévoles. - A.Casse: Elles comblent les manques de l'Etat. - D.Seux: Oui.
Il faut absolument préserver ce tissu. Après, l'Etat verse environ 12 milliards d'euros aux associations. Est-ce que c'est suffisamment réparti?
Mais c'est vrai qu'il faut les préserver, notamment pour les moins aisés et les plus pauvres. Ce qu'on attend de l'Etat, c'est qu'il aide véritablement ceux qui sont le plus en difficulté. - A.Casse: Question. - N.Saint-Cricq: Pas forcément.
Cela dit, l'utilité, c'est un facteur subjectif. Si on considère que c'est essentiel en termes de repas servis comme aux Restos du Coeur ou au Secours populaire, ou l'encadrement des enfants à la sortie de l'école, on peut considérer que d'autres... - A.Casse: Dans les Pays de la Loire, il y a des subventions qui ont été coupées pour des associations culturelles. - N.Saint-Cricq: C'est une notion subjective.
Il est évident que si on prenait les choses dans l'autre sens, on aurait tendance à se diriger vers un pays utile. Faire des économies là où elles doivent être faites, probablement ne pas faire du rabot un peu partout et, surtout, mettre le paquet et contrôler les associations. A chaque fois que vous supprimez une subvention, vous avez quelqu'un qui hurle en disant que ce n'est pas possible.
On va être obligés de faire du ménage dans tout. - A.Casse: Il y a des réalités qui se percutent.
Les dividendes augmentent et la pauvreté n'a jamais été aussi élevée depuis 30 ans. - S.Quéméner: Est-ce qu'on n'est pas à la veille d'un changement de modèle?
Certains disent que les subventions doivent venir du privé. B.Hamon, aujourd'hui président de l'économie sociale et solidaire, dit qu'il ne faut pas faire ça car on perdrait la notion d'intérêt général et que chacun donnerait à l'association qu'il juge bonne, or, il faut que ça passe par l'Etat pour qu'il y ait ce tamis.
On a eu un premier signal intéressant. Il y a la fameuse niche Coluche qui veut que 75 % de ce que vous versez aux associations, vous puissiez le déduire de vos impôts. Il y a un crédit d'impôt pour ceux qui ne sont pas imposables.
On voit la réponse qu'est en train d'apporter la classe politique. - A.Casse: On passe à vos questions.
Question. - C.Barbier: Les semaines de débats auront servi à faire vivre la démocratie parlementaire.
Ca s'appelle la démocratie. On ne sait qu'à la fin si on a perdu son temps ou pas. L'année dernière, quand le gouvernement Barnier est tombé, on a perdu beaucoup plus car tout a été jeté à la poubelle.
Bayrou est reparti en reprenant les éléments. Le dernier mot revient à l'Assemblée nationale, à condition de respecter les délais. - A.Casse: Question. - N.Saint-Cricq: Forcément, ça peut freiner.
Je ne suis pas spécialiste du logement, mais ça peut freiner la circulation des biens si on a des taxes foncières sauvages très élevées. Quand on achète un appartement, on consulte la taxe foncière, les charges. Si on se dit que ça peut exploser à tout moment, ça rend plus difficile l'acquisition d'un bien, alors que c'est déjà un problème en France. - D.Seux: Il y a un impôt beaucoup plus scandaleux, et là, j'utilise le terme, que la taxe foncière.
C'est ce qu'on appelle les frais de terre, les droits de mutation à titre onéreux. Quand vous achetez un bien, vous avez un impôt de 7,8 % qui va aux collectivités locales. - N.Saint-Cricq: Si on freine, ça fait encore moins d'argent pour les collectivités locales. - D.Seux: Il y a une vingtaine d'années, ça avait été quasiment à zéro.
Ca, c'est un frein économique. Ca freine la mobilité professionnelle, quand il faut aller chercher un emploi ailleurs, déménager. C'est anti-économique et antisocial. - A.Casse: Question. - N.Saint-Cricq: Et bah voilà! - S.Quéméner: La personne en question pense à ce qui s'est passé à l'Assemblée sur la taxe Zucman.
Effectivement, il y a eu une incompréhension d'une partie des Français qui votent pour le RN. Pourquoi n'ont-ils pas voté la taxe Zucman? M.Le Pen a expliqué que ce n'était pas un bon impôt.
C'est vrai qu'il y a une question. Où est le RN, économiquement? Pour l'instant, le Rassemblement national, c'est le parti d'opposition.
Par nature, quand on s'oppose, on ne décide pas des politiques économiques. Deux lignes apparaissent si on schématise vraiment. La ligne de M.Le Pen, qui veut attirer le peuple de gauche et de droite, et J.Bardella, qui essaie de plaire aux entrepreneurs, et en même temps d'envoyer des signaux aux propriétaires les plus modestes en disant "vous êtes des vaches à lait". - A.Casse: C'est le "en même temps" façon J.Bardella? - S.Quéméner: J.Bardella est quand même plus pro-entreprises dans son discours. - A.Casse: Selon F.Sauvadet, 54 départements seraient en quasi faillite.
Question. - D.Seux: Je ne sais pas précisément car on ne connaît pas...
Il y a eu un seul exemple de département en faillite. Ca veut dire concrètement qu'il faudrait arrêter de distribuer aux guichets, notamment sociaux, les prestations dues. Ce serait un problème. - C.Barbier: Si l'argent qui sort est plus important que l'argent qui rentre, vous vous trouvez en situation de faillite.
Quand ça arrive, c'est la mise sous tutelle par le préfet. C'était arrivé à Avignon il y a quelques années. - A.Casse: Question. - D.Seux: Oui.
Les propriétaires dans ce qu'on appelle l'immobilier locatif répercutent sur le loyer la hausse. La rentabilité de l'investissement locatif est en moyenne relativement faible, contrairement à une idée reçue. Ca se répercute. - A.Casse: Tout le monde va trinquer? - N.Saint-Cricq: Ce n'est pas encore fait. - A.Casse: Oui, mais à l'instant T? - D.Seux: Les bruits qu'on a eus ces dernières heures montrent que le gouvernement est en train de mollir sur le sujet. - A.Casse: Mais il ne dit pas qu'on arrête.
S.Lecornu n'a pas dit cela face aux maires. C'est pour ça qu'on reste très prudents.
Question. - N.Saint-Cricq: C'est l'un des problèmes auxquels on risque d'être confrontés en raison de l'instabilité et de la fluctuation des décisions et des gens qui préfèrent attendre et qui ne savent pas ce qui va se passer dans un mois, un an.
C'est cette incertitude qui est pire que tout. Pour l'instant, ça ne se répercute pas entièrement sur la croissance et sur les actes d'achat, mais si ça continue un certain temps...
Vous n'achèteriez pas une voiture ou un appartement si vous ne saviez pas ce qui allait vous arriver. Des gens se privent de vacances en perspective de ça. - D.Seux: Les entreprises mettent le pied sur le frein.
Dans le cas des retraités, ils épargnent car ils ont anticipé un gel des retraites. - C.Barbier: Et l'Etat est puni.
Il se punit lui-même car il croit qu'il va faire rentrer 50 euros de taxe foncière en plus, mais il va perdre 100 euros de TVA en moins. - A.Casse: Question. - S.Quéméner: Oui, c'est le scénario le plus probable.
S.Lecornu le dit et le répète en privé, en public: il ne veut pas passer par ordonnance. On arrive au 23 décembre.
S'il n'y a pas de budget, loi spéciale et on repart comme l'an dernier, avec les difficultés et les municipales en même temps. Et ce n'est pas comme F.Bayrou qui arrivait pour faire le budget 2025. - A.Casse: Question. - C.Barbier: La fusion est une possibilité.
L'intercommunalité, la gestion en commun de services publics, c'est sans doute plus respectueux de l'esprit de clocher. Ce que peut faire ce téléspectateur, c'est se présenter aux municipales. - A.Casse: Merci à tous d'avoir été nos invités.
Tout de suite, "C à vous". - A.-E.Lemoine: Au programme, la guerre contre le narcotrafic est-elle déjà perdue?
Amélie de Montchalin