Edouard Geffray, Ministre de l'éducation nationale | LCP, Lundi C'est Politique - 13/04/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Dans les années qui viennent, le nombre d'élèves va baisser. Celui des professeurs partant la retraite va exploser. Dans l'immédiat, ce sont les fermetures de classes dans la prochaine rentrée qui préoccupent les parents.
Après les 4000 postes supprimées, les syndicats s'inquiètent pour les économies promises pour l'année prochaine. Edouard Geffray, ministre de l'Education nationale l'invité de "LCP-Lundi, c'est politique". Bonsoir et ravi de vous retrouver comme tous les lundis.
Bonsoir, Edouard Geffray, Hervé Gattegno, Stéphanie Depierre, Laurent Fargues et bonsoir Hugo Couturier, Hugo au perchoir en direct sur Twitch. En fin d'émission, nous recevrons la coauteure d'un livre, "Nos enfants, l'urgence d'agir !".
Elle insiste pour redonner la place à l'écriture. On va commencer par l'affaire qui a suscité les émotions, celle d'un enfant séquestré par son père. Ce qui interroge, c'est que personne n'ait rien vu, entendu, aucun signalement.
Le garçon et sa soeur étaient dans un collège privé à Mulhouse. L'association "La voix de l'enfant " a décidé de se porter partie civile. Quelle suite allez-vous donner ? - D'abord, on est sur une citation.
Toute personne normalement constituée pense à ce petit garçon. On a besoin d'expliquer pourquoi personne n'a été en mesure de repérer cela ? Normalement, le maire est responsable de la vérification de l'inscription de tous les enfants de sa commune à l'école. - A l'école publique. - C'était privé.
Il faut un suivi minimal pour les certificats de radiation quand vous êtes inscrit dans une autre école. Il va falloir tout décortiquer dans cette affaire. - Vous voulez savoir où était le bug. - Oui.
Il faut constater si notre système n'est pas en capacité de voir cela. - Si c'est le maire qui n'a pas fait son travail, quels sont vos recours ? Si c'est le système éducatif, il y aura des sanctions, j'imagine. - J'en tire les conclusions individuelles et collectives.
Plus probablement, il y a des processus qui ont permis au père de ce garçon de s'évaporer en dehors de tout contrôle administratif. - Qu'est-ce que vous voulez dire par là ? - Ce monsieur a réussi à avoir son enfant malgré les conditions épouvantables pendant un an sans que l'école ni la mairie ne soit au courant.
Il y a un trou. Une plaie. - Ca peut être une somme de dysfonctionnement ? - C'est ça, c'est ce que je ne sais pas dire aujourd'hui.
J'ai besoin de le savoir. - Il y aura un rapport dans... - C'est environ un mois, plus six semaines.
A l'issue de l'enquête, Il y a une poursuite pénale, je viendrai alimenter la poursuite pénale... - Autre affaire, la condamnation d'une ex enseignante à un an de prison avec sursis.
Elle a harcelé une élève et a poussé cette jeune fille au suicide. Vous en tirez quelles conclusions ? - C'est une affaire qui remonte à 2019.
La justice a été dite. Elle a été rendue. Je ne me prononce pas sur une décision de justice.
La décision de justice a rétabli la vérité et la professeur a été reconnu coupable d'actes de harcèlement. Depuis 2019, il y a tout un chemin qui a été fait, il y a une loi qui est passée. Il y a 600 poursuites judiciaires qui sont engagées depuis pour du harcèlement scolaire principalement.
Généralement, c'est plutôt d'enfant à enfant mais il y a un travail aussi qui est fait en termes de formation, détection, repérage, prévention. C'est un combat qui reste quotidien. On a tiré un certain nombre de conséquences d'un climat général qui s'est soldé par des actes et des suicide de la part d'élèves.
On est dans une situation très particulière car c'est une enseignante qui est mise en cause. - C'est une dérive institutionnelle, pas systémique. - J'espère pas.
On a une dérive personnelle. Notre devoir, chacun se lève le matin avec envie d'instruire les enfants des autres. Pas de harceler les élèves.
Elle a été condamnée. Il faut poursuivre le travail de prévention. - C'est en ce moment que la carte scolaire pour la prochaine rentrée est dévoilée dans chaque département, et les élus font leurs comptes entre ce qui va ouvrir, fermer, dans les écoles...
Vous avez entendu parler du maire du Haut-Rhin qui a inscrit symboliquement cinq vaches pour que les effectifs des écoles soient remplis. Ca va compter ? - Non.
On ne compte que les personnes en situation d'apprentissage. En l'espèce, je ne crois pas que ça fasse partie des catégories... - Ca fait partie de l'initiative d'un élu. - On a une chute démographique majeure en France.
J'ai rendu les chiffres publics. On va perdre 1,7 millions d'élèves... - Les prévisions démographiques annoncent que nous allons perdre 1,7 millions d'élèves d'ici à 2035.
Est-ce que cette prévision vous entraîne d'ores et déjà à décider des fermetures de classes et selon un calendrier provisionnel qui s'étale sur plusieurs années ? - Ce que j'ai voulu, c'est qu'on partage un diagnostic et que aussi bien la classe publique, les élus et les Français aient conscience de ce qui se passe. Il y a eu 25 % de naissances en moins.
On perd une génération tous les quatre ans. Il faut prendre conscience de ce qui se passe. Il faut se mettre d'accord sur le diagnostic.
Il faut voir loin. Dans 15 ans, un élève aura le bac. Il ne faut pas raisonner de manière mathématique.
Si on fait ça, on va casser un système qui repose sur un maillage territorial très fin. Avant, on disait que l'école doit être le plus près du territoire. On ne va pas casser ça.
Il faut voir dans quelles conditions ça se conjugue. C'est pour cela qu'il y a des travaux qui sont engagés. Sur 10 ans, comment je pense l'école, notamment en termes d'offre scolaire mais aussi en termes d'aménagement du territoire. - Vous reformuler la question mais vous ne donnez pas de réponse.
Est-ce qu'il y aura des fermetures de classes consécutives de cette prévision ? - Il y en a comme depuis 10 ans ou 20 ans. Au lieu de subir chaque année...
Chaque année on a un projet de loi de financement qui constate des fermetures. Chez vous, vous n'avez plus d'enfants... - Ca dépend de si c'est une campagne... - Ca pose problème dans les zones rurales, par exemple, vous allez tenir compte des spécificités des territoires pour les épargner un peu plus que d'autres ? - Bien sûr, c'est tout l'enjeu.
Quand Paris perd 30 %...
Les configurations ne sont pas les mêmes et les conséquences ne sont pas les mêmes. Il faut changer de méthode. Chaque année, on dit qu'on va fermer des classes et qu'au mois de septembre...
Il faut arrêter avec ça. Il faut se poser la question de où on sera dans 10 ans ? Il faut décider ce qu'on laisse d'ouvert.
Qu'est-ce qu'on veut modifier dans l'offre scolaire ? Comment je maintiens en vie un collège qui fait 55 élèves ? - Ceux-là sont voués à disparaître ? - Pas forcément.
Certains ont installé une classe de CM2 dans le collège. Les élèves poursuivent leur scolarité dans ce collège. Ca permet d'avoir une cohérence du bâti et d'avoir une continuité.
Tout cela, il faut l'imaginer. - Vous souhaitez rendre public ce chiffre, on se trompe si on a l'impression que de mettre en avant ce chiffre qui est lourd, vous permet d'annoncer des futures économies, future fermeture de classe ? Pourquoi l'avoir rendu public ? - C'est très simple, un collège, ça ne se construit pas en huit jours, une école non plus.
J'ai 12 millions d'élèves sous ma responsabilité. Ces enfants nous les prenons en charge de 3 à 18 ans. Soit on fait l'autruche.
Soit on se dit : "Ayons une vision pour l'école et pour le territoire sur 10 ans." C'est ce que je prône. - Est-ce que vous allez épargner les réseaux prioritaires ? - Généralement, elles sont dans des quartiers où la démographie est moins en baisse.
Je pars pas du principe qu'il faut ne pas fermer ici, ou là par principe. Il faut le prendre en compte. C'est pour cela qu'on part sur 10 ans.
Il faut tenir compte de la sociologie. Plus je suis sur des populations défavorisées, plus il y a d'élèves. Il faut avoir cette vigilance.
Il faut voir la dynamique du territoire ne pas s'arrêter à une école. - Vous parlez de vagues sismiques démographiques, est-ce qu'il ne faut pas en profiter pour baisser le nombre d'enfants par classe pour améliorer l'efficacité de l'enseignement ? - C'est ce qu'on fait.
En 2017, on était à plus de 23 élèves, aujourd'hui, ça a baissé. - On est encore au-dessus d'un certain nombre de pays européens. - On n'a jamais eu un nombre si faible d'élèves dans le premier degré dans l'histoire de notre République.
On va poursuivre. La dernière fois que l'Italie, par exemple, a eu le taux de fécondité de la France cette année, c'était en 1941. 40 ans plus tard, ils ne sont pas dans la même situation.
L'objectif de réduire les élèves par classe, c'est la tendance globale. Le problème, c'est que soit on maintient le numéro de professeur constant et donc on fait baisser très vite le nombre d'élèves par classe mais dans ce cas, on n'aura plus besoin de nouveaux professeurs dans sept ou huit ans. - Comment ça va s'organiser ? - Quand on doit fermer une classe, il y a une priorité dans le mouvement de mutation des enseignants, c'est une dynamique qui est complexe et qui se touche avec beaucoup de doigté et plutôt à long terme.
L'idée est qu'il y ait des mouvements, des départs en retraite, des mutations...
On repositionne là où il y a des élèves. - Ca veut dire qu'on peut espérer indice un effet d'aubaine de cette vague sismique démographique ? - De manière générale, il y a une triste aubaine, effectivement.
Il faut voir cela comme un nombre de progrès. On améliore le remplacement, on diminue le nombre d'élèves par classe, et on est obligé parfois, comme cette année, de diminuer un peu le nombre de professeurs. - Il y aura 4000 suppressions de postes à la rentrée.
Il faut s'attendre à quoi pour 2027 ? Autant, plus ? - On n'est pas encore dans ces projections-là. - Si vous avez des chiffres de la démographie, ça aide à se projeter. - Mais la question de savoir comment se définit le chemin ensemble.
Cette année, je vais prendre 15 départements et je vais leur demander de me faire remonter leurs besoins au vu de l'évolution géographique et démographique qu'ils connaissent. Là, on va inverser. On va partir du terrain, du territoire.
On va leur demander comment ils voient les choses. On va définir ensemble un schéma qui, ensuite, sera celui qu'on proposera. - Ca veut dire que dans le budget 2027, pour ce budget, il y a déjà eu des économies de faites.
Ca ne va pas être des enseignants en plus pour 2027 ? - Je ne peux pas vous le dire pour l'instant. On verra en temps utile. - On parlait des départs à la retraite tout à l'heure, il est prévu 300 000 départs d'enseignants d'ici 2030.
Seront-ils tous remplacés ? - J'ai un désaccord avec ce que vous dîtes. Cette étude du ministère du Travail, disait en 2022 qu'il y avait 330 000 départs à la retraite sur la période 2019-2030.
Si on dit 330 000...
Elle a dit pour l'ensemble du périmètre national. On ne parle pas de la même base ni du même temps. Ca voudrait dire que 40 % des professeurs seraient à moins de cinq ans de la retraite.
On aurait un gros problème. Donc la base et le temps ne sont pas les mêmes. Aujourd'hui, ce que me dit la direction des statistiques du ministère national, c'est que les projections 68 000 départs à la retraite.
Réellement, on reste sur les mêmes nombres de départs en retraites par an. Les concours, aujourd'hui, permettaient largement de compenser les départs en retraite. - 300 000, c'est un chiffre qui est daté ? - Oui.
Et il a été assimilé très tard pour une population alors que la base n'était pas la même. Quand on change le volume et le temps, on n'a pas le même résultat. - L'étude date de 2022. - 68 000 enseignants qui partent à la retraite c'est de la maternelle jusqu'au lycée. - C'est ça.
Ce sont bien des professeurs. - Je voudrais revenir sur ce qu'on disait, est-ce que les fermetures de classes dans les milieux ruraux qui peuvent avoir des effets plus importants au niveau sociologique... - On sait que c'est un des ressorts du vote pour le RN dans les territoires ruraux, est-ce que c'est un critère qu'un ministre de l'Education nationale prend en compte lorsqu'il à ce type de décision à prendre de répartition ? - Je ne prends pas en compte la couleur politique des gens quand je prends des décisions.
Si quelqu'un regardait la couleur d'un maire avant de fermer une classe... - On parle pas du maire mais des électeurs. - Une fermeture de classe est toujours un déchirement.
Surtout dans les milieux ruraux. Un professeur m'a dit à un moment qu'il était là dans la classe et que son père l'était aussi. - On a vu une augmentation du vote pour le RN.
Ca contribue ? - De manière générale, chaque fois que le service public recule, la frustration et la colère augmentent. On ne peut pas faire ça à la légère.
Si on travaille sur l'offre scolaire, l'école est divisée en plusieurs entités. On va mettre un professeur qui va prendre des demis groupes et qui va faire de l'aide aux devoirs le soir. Votre contrat social est différent.
Je ne ferme pas pour fermer. On est obligé de repenser l'école mais on gagne en qualité. Mais il faut l'expliquer et il faut que ça se concrétise.
Si les gens voient juste des fermetures de classe, ils ont la rage au coeur. Si on leur dit que c'est pour autre chose, ils acceptent. - On va revenir sur une promesse de campagne d'Emmanuel Macron qui était une augmentation salariale pour les enseignants de 10 %.
Où en est-on ? - Il y a eu des augmentations de salaire en 2021-2022 et 2023 sous l'effet d'une revalorisation. Il y a eu le pacte enseignant qui a été mis en place.
Oui, la promesse a été tenue. Mais globalement... - Aujourd'hui, vous pouvez dire que chaque enseignant...
Ce chiffre de 10 % a été atteint ? - En moyenne, oui. Mais il y a des disparités assez fortes.
On a beaucoup valorisé les sorties et fins de carrière. Là où il y a du travail à faire, ce sont pour les milieux de carrière. - Donc les 10 %, dans la moyenne... - De mémoire, on les a. - Un dispositif qui était clé, c'était un pacte, l'ensemble de primes données aux enseignants volontaires pour faire des remplacements...
On a vu l'enveloppe budgétaire de ce pacte réduire peu à peu. Vous allez abandonner ce système ? - Il fonctionne bien.
Il a été progressivement concentré...
Il a toujours couvert un spectre large. On l'a reconcentré sur les missions qui sont devant les élèves. Donc le remplacement, les stages de réussite pendant les vacances, le fait que les vacances de la Toussaint, il y a une semaine où un professeur peut vous aider à réviser...
Il fonctionne toujours. - Autre sujet, porté par un de vos prédécesseurs, améliorer la mixité sociale dans les établissements privés. Les chiffres sont assez impressionnants, en 20 ans, la part des enfants issus de familles très riches est passée de 26 % à 40 % aujourd'hui dans les établissements privés.
Ce protocole qui avait été signé entre les gouvernements...
Vous allez mener des actions pour augmenter la mixité dans les établissements privés ? - On a deux sujets, un sujet d'attractivité du public. Les classes les plus favorisées ont tendance...
Il y a une fuite de ces classes vers le privé. Il faut faire deux choses : renforcer l'attractivité du public, travailler les parcours d'excellence, et on a systématiquement implanté des nouvelles voies dans le public ces dernières années. Et il faut travailler sur l'accueil des familles d'élèves boursiers et sur la tarification progressive.
Beaucoup d'établissements privés sont passés depuis deux ans en tarification progressive. Selon la cotisation des parents. Maintenant, il faut qu'ils accueillent des élèves boursiers.
Derrière, il y a des habitudes à changer. On reste malgré tout contrariés par les logements. Il y a un problème de gentrification. - Vous voyez que ça évolue ? - Je n'ai pas de chiffres en tête.
On a très clairement...
Pas au sens national, j'ai des idées locales. Aujourd'hui, on fait une allocation des moyens qui tient compte de l'ouverture sociale. On me dit que si vous vous ouvrez plus, vous avez plus de boursiers, on vous aidera plus.
Je n'ai pas de chiffres. On en aura sûrement à l'été. - Des élus locaux dénoncent une offensive de l'enseignement catholique profitent des fermetures de classes publiques.
Il y a des panneaux publicitaires. Un élu de ma commune du Loir-et-Cher déclare l'offensive que mène l'école catholique contre l'école publique. Qu'est-ce que vous répondez à cela ? - Je ne connais pas la situation de cette commune.
Il faut mesurer les enjeux, la chute démographique que je mentionnais, elle fait aujourd'hui, là où avant la question ne se posait pas tellement, il commence à se poser car, quand un maire voit son école perdre des élèves et qu'en face il y a une école privée, c'est normal qu'ils partent dans le privé. Il faut travailler à un système où il n'y a pas de concurrence entre les deux. Liberté de choix est conscient et garanti.
Il ne faut pas arriver à un système où il y a une concurrence ou bien où le privé devient la seule option. D'où l'intérêt de maintenir une présence sur les cartes pour clé pas de fuite ou d'incitation au privé car nous avons reculé. - Parlons du niveau de des élèves en mathématiques.
La France est 26e. Comment vous expliquez un rang aussi médiocre pour notre pays alors qu'on a l'habitude de célébrer la qualité de la filière mathématique française ? Qu'est-ce qui explique ce paradoxe ? - - L'explication, on a une école de mathématiques très renommée mais aussi beaucoup d'élèves en grande difficulté.
On a une inégalité filles-garçons qui est plus forte que la moyenne des pays de l'OCDE. Ca fait longtemps qu'on a commencé à renverser la tendance. Ca prend du temps.
Si je reprends l'ensemble du cycle, grande section...
On a mit l'accent sur le français et les mathématiques. On a reformé tous les professeurs des écoles en mathématiques depuis 2018, dans le cadre du plan Maths, et on est en train, au collège, avec un concours paritaire...
Et au niveau du lycée, ont essaie de pousser les filles à faire plus de science. On y arrive, progressivement, la part des filles a augmenté. On n'est pas à 50 %...
L'idée est d'agir à chaque étape pour faire en sorte qu'à la fin, nous ayons plus d'élèves bons et excellents. - On n'est pas loin du 1er mai. Il fait beaucoup parler.
C'est la fête des travailleurs. Votre ministre est collègue ministre du Travail a invité les syndicats qui veulent faire travailler leurs salariés. Les traiteurs, fleuristes...
Sébastien Lecornu a prévu de ne pas passer en force. Il vient d'indiquer, que la Commission mixte paritaire qui était censée faire accélérer cette loi sur le 1er mai, Jean-Pierre Farandou ne serait pas convoqué dans l'immédiat, pour vous, c'est un geste d'apaisement pour les syndicats ? - Sur ce point, le Premier ministre et Jean-Pierre Farandou on dit dans le départ qu'ils étaient dans une position de dialogue.
Il y a un dialogue avec les syndicales syndicaux. - Ca veut dire que rien ne changera pour le 1er mai cette année a priori ? - Jean-Pierre Farandou est plus compétent pour vous répondre.
Il y a des discussions entre les syndicaux et Jean-Pierre Farandou. C'était pour permettre les boulangers et les fleuristes d'ouvrir le 1er mai. Certains boulangers ont été sanctionnés parce qu'ils avaient ouvert le 1er mai. - Il faisait travailler des salariés. - C'est compréhensible...
Ce débat, il est compréhensible. Compte tenu du texte et des réactions, il y a un dialogue social qui est mené actuellement. Son issue, on verra bien. - Sauf que l'issue, ça pourrait être une motion de censure.
Si le Gouvernement ne recule pas assez. Vous vous sentez menacé par cette motion de censure ? - La question n'est pas de savoir ça, c'est de savoir si le dialogue entamé par le ministre du Travail permet ou pas d'aboutir à une solution consensuelle.
Il n'y aura aucun passage en force. - Même si ça ne doit pas changer et que c'est reporté à plus tard. - Pas de passage en force. - A propos de calendrier, le mois de mai est truffé de ponts.
Tous les week-ends sont des week-ends de trois jours. - Pour vous aussi. - 1er mai, journalistes, on a le droit.
Et sur le mois de mai, est-ce que ce n'est pas un problème d'organisation avec des ponts toutes les semaines ? - C'est ce qui fait que le troisième trimestre ne ressemble à rien. - Il est traditionnellement plus long.
La dernière période qui sépare les vacances de l'été est la période la plus longue. Les quelques jours fériés entre les deux, ça permet de rendre la période plus vivable pour tout le monde. - Tout ce qui tourne autour de l'école...
Les personnels qui ne sont pas dans l'Education nationale...
Des affaires ont surgi. - Le scandale du périscolaire à Paris. 30 animateurs ont été suspendus en 2025, suspectés de violences voire de viols.
Il y a une cellule d'écoute pour les parents. Vous, comment allez-vous accompagner ces initiatives ? - Il se trouve que j'ai mis en place un certain nombre de mesures.
Quand un parent dépose son enfant à la grille de l'école, il le dépose dans une bulle de sécurité. Ca se voit. Vous voyez les parents, au moment où l'enfant passe la porte, il est en sécurité.
C'est ce que pense n'importe quel parent. L'école ce ne sont pas seulement des professeurs. C'est un lieu où on est en sécurité.
On ne peut pas jouer à chat perché en disant que c'est du périscolaire. Il se trouve qu'on aura un contrôle d'honorabilité des professeurs. Il y a un fichier de casier judiciaire pour s'assurer qu'aucun de nos agents n'a d'antécédent judiciaire, notamment avec violence sur mineur.
On est en train de proposer dans ce cadre, d'étendre cela aux animateurs... - Tous ceux qui viennent dans l'école. - Même pour une heure.
Par exemple un spectacle devant les enfants. Aussi, j'ai rédigé un article qui pose un principe de liste noire. Même si on n'a pas été condamné pénalement, si vous avez été évincé de l'Education nationale en raison d'un comportement non adapté avec des mineurs, vous ne pourrez plus être réembauché par l'Education nationale.
Si vous êtes surveillant, renvoyé par votre établissement aucun établissement ne peut vous réembauché. Les parents pourront saisir, quand la situation a été mal prise en charge, sans savoir si c'est scolaire ou périscolaire, pourront la saisir et déclencher des actions pour rapporter... - Vous avez envoyé une lettre aux parents. - Pour parler des violences à l'école.
Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que vous allez faire ? - J'ai effectivement écrit aux parents.
C'est un autre sujet. J'ai écrit à tous les parents d'élèves pour leur dire que finalement, ils pouvaient compter chaque jour sur l'Education nationale pour former leur enfant et qu'on comptait sur eux pour participer au renfort de l'institution. Quand vous avez des enfants qui viennent avec des couteaux et qui menacent des professeurs...
Parfois il y a des parents qui font ça. 30 % des incidents graves sont le fait de parents. Il y a un moment où il faut qu'on soit au clair en disant que l'école c'est une institution. - Et il faut qu'ils soient responsables.
Les parents sont responsables. - Je dis aux parents que chacun de nous...
Tout le monde oublie que j'ai écrit sur l'école. Chacun de nous détient d'une partie...
En tant que parent, je détiens une partie du comportement de mes enfants. - Ca, ça veut dire qu'ils peuvent être sanctionnés par les faits de leurs enfants ? - Ce n'est pas le sujet.
Avant d'arriver à la sanction, la première étape est de garantir une tranquillité scolaire. Parler à leur enfant, signaler...
Il faut inviter à respecter l'autorité des professeurs et leur dire que l'institution ce n'est pas un paillasson. L'institution s'est donnée pour mission de faire grandir leurs enfants. - Il y a des parents dans le tchat, quelqu'un dit : "Etant parent d'une enfant handicapée, que me dites-vous pour me rassurer et laisser mon enfant dans l'institution ?" - Il y a des cas dans des institutions, de violence...
Une personne sur 30 en France se lève tous les matins avec l'unique objectif de faire progresser les enfants des autres. Effectivement, il peut y avoir des cas terribles entre élèves. Globalement, on a 12 millions d'élèves, un Français sur cinq est dans les murs de l'école chaque jour.
Il est protégé. Evidemment, son enfant a une place dans l'institution scolaire. - Je reviens sur le scandale de Bétharram, violences commisent sur des enfants.
Il y a une Commission d'enquête parlementaire déclenchée à la suite de cette affaire. Les deux parlementaires qui ont commis la Commission ont déposé une proposition de loi visant à tirer les conséquences de ce scandale avec de meilleurs contrôles d'établissement, de personnel, meilleure indemnisation des victimes. Le texte date de fin janvier, signé par 150 députés et il n'est pas inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.
Le ministre de l'Education nationale que vous êtes est favorable à ce texte ? - On a discuté longuement avec les deux parlementaires et il y a un certain nombre de dispositions que j'ai mises en oeuvre. Quand je vous parle du contrôle d'honorabilité des intervenants, je vais le faire.
La liste noire n'en figurait pas, je l'ai rajoutée. On a un certain nombre d'actions et on a procédé à plus de 1500 contrôles depuis le début du plan. Tout cela se déroule de manière complète.
Si ce projet doit être mené, il le sera. - Vous le souhaitez ? - La conférence ne l'a pas retenu pour l'instant.
Aujourd'hui, je fais en sorte de ne pas avoir absolument besoin de ce texte pour pouvoir avancer. S'il est adopté un jour, il aura consolidé l'édifice. Mais on met déjà certaines mesures qui permettent... - Il n'y a pas besoin de loi supplémentaire. - Les mesures dont vous parlez concerne y compris bien entendu, pour ceux qui nous regardent, les établissements privés. - Evidemment.
Ca concerne tout le monde. On a inspecté 1000 établissements privés sous contrat en 2025... - Ce à quoi s'était engagée Elisabeth Borne. - Ca s'est fait de manière... - Il y a des affaires ? - Il y a vraiment très peu...
On a décelé trois établissements dans lesquels il y avait des éléments...
Pas forcément institutionnels mais personnels. - Des abus sexuels ? - Plutôt des violences ordinaires.
On a fait un article 40. Aux dernières nouvelles, on a eu trois articles 40. Il peut y avoir des points à régler mais qui rentre dans le cadre ordinaire et on avance sur ce terrain.
On avance de manière ferme et claire sur le sujet. - Vous avez déposé un article 40 contre TikTok. Vous avez créé un compte TikTok, vous avez rentré l'identité d'un adolescent et vous vous êtes rendu compte qu'au bout de 10 minutes on vous proposait des contenus dépressifs voire qui amenaient vers le suicide.
Si cette application propose cela à des adolescents, ne faut-il pas l'interdire ? - Ne me tentez pas. A cadre juridique constant, ce que je peux faire c'est déclencher une suite pénale.
C'était 20 minutes, pour un profil de jeune fille de 14 ans. On avait des contenus avec des tutoriels de scarification et des vidéos qui expliquaient que le suicide était le but ultime de la vie. Ce sont des choses qui se regardent de très près.
On ne peut pas gérer le sujet en deux minutes sur un plateau de télévision. Il faut que cette plateforme respecte la loi. Notre devoir, si elle ne le fait pas, c'est de faire en sorte qu'ils soient poursuivis pour provocation au suicide. - Ca amène à l'utilisation des téléphones portables. -Ils sont désormais interdits dans les collèges.
Quel bilan vous tirez de cette dernière décision et comment vous comptez la mettre en oeuvre au lycée ? - Au collège, c'est partout depuis 2018. Ici, c'est pour la rentrée prochaine.
Je ne pense pas qu'il faille mettre des casiers. Je pense que les jeunes peuvent comprendre un principe d'interdiction. Il faut réduire le temps devant les écrans.
Un jeune sur trois souffre de troubles anxiodépressifs. Aucun de nous veut cela pour ses enfants. Il y a une corrélation entre le temps passé devant les écrans et l'état psychique des jeunes. - Sur l'éducation à la vie affective relationnelle et sexuelle, est-ce qu'il y a encore des blocages ? - On a fait un pointage en décembre et on en fera un en juin.
En décembre, il y avait 38 % des lycées publics qui avaient fait au moins une séance sur les trois. Dans le privé, c'était la même chose mais avec 10 points au-dessus. On a relancé tous les établissements et on verra en juin mais j'espère qu'à ce moment-là, nous serons à 100 %. - Il aura des sanctions, si ce n'est pas le cas ? - Il n'y a pas forcément de sanctions dans le système éducatif.
Mais en tout cas, une visite d'échange et reprise de la situation. - On va accueillir Delphine Saubaber qui est coauteure d'un manifeste pour l'écriture. " Revenir à l'écrit pour assurer l'avenir de notre société ". - Nous allons dans le mur, droit devant.
Et avec nous, nous entraînons nos enfants. Ce livre est un coup de gueule. Ce livre est aussi un espoir. - Le niveau des élèves en Français inquiète.
Dans une dernière enquête, le score moyen de relecture est passé de 193 points à 474 en 2024. Difficultés à lire et à écrire sans faute mais surtout à structurer une pensée, comprendre, résumer. A quoi bon, se disent certains, quand les IA rédigent des devoirs en quelques secondes.
L'intelligence artificielle risque-t-elle d'éloigner les jeunes de l'écriture alors qu'elle est essentielle pour s'émanciper. - Ecrire ce n'est pas seulement apprendre à déchiffrer un texte mais c'est donner du sens à ce qu'on lit et écrit. - Former des esprits critiques à l'ère de l'IA, ce soir elle vous interpelle, Delphine Saubaber. - Nous l'accueillons sur ce plateau.
Je vous laisse saluer le ministre. Bonsoir. Asseyez-vous, je vous en prie.
Bienvenue. Vous êtes prix Albert Londres, c'est une référence dans le monde du journalisme. Je vous laisse avec Edouard Geffray.
Vous voulez peut-être commencer par le thème de votre livre, il faut relancer l'écrit. - Oui, est-ce que vous êtes d'accord avec cela ? Sur la situation extrêmement critique que l'on vit dans un monde tout écran, bientôt toute IA.
Nous avions lancé une tribune dans Le Monde en 2023, où on mettait en exergue que l'écriture,...
Dans la tête des gens, c'est la dictée...
Dans le livre, on ne parle pas de ça. On parle de la capacité des enfants à articuler leur pensée. L'écriture est nettement moins présente qu'auparavant, à part dans le primaire.
La production d'écrit de laisse la part belle. Nous défendons l'écriture créative. Dans un monde bouleversé est-ce que c'est un sujet pour vous ?
Depuis des années, on parle beaucoup de lecture mais peu d'écriture. - C'est le sujet. Je suis très en phase avec votre cri d'alarme.
C'est le sujet à la fois au niveau positif et négatif. En négatif, on en parlait, on a un problème avec les écrans. Nous enfants sont massivement sur les écrans avec tout un cortège de troubles cognitifs.
Un enfant, s'il a un Smartphone à huit ans, on a du mal à ce qu'il apprenne ses tables de multiplication. En termes de construction de la pensée, ce sont des contenus vidéo, ils savent très très vite et il n'y a pas la construction de la pensée. Et au niveau de la mémoire, écrire, c'est retenir.
Moi, j'ai une ambition, c'est qu'on arrive à produire des textes à trou. Si j'écris : "Charlemagne a été couronné en l'an 800", mais si j'écris un texte à trou, avec "Charlemagne a été couronné...", je n'ai pas une pensée complexe. - Ca, c'est la base.
C'est le problème de l'écriture créative. - L'écriture, c'est un instrument pour créer de l'imaginaire, de la construction de la pensée. Savoir écrire, c'est savoir penser.
L'écriture créative, c'est, à la base, anglo-saxon. C'est juste associer l'écriture a du sens et du plaisir. Peut-être que l'école pourrait essayer de songer à mettre plus de sens et de plaisir dans ce qu'elle fait.
Je suis moi-même maman et je connais beaucoup de parents. Les enfants et les parents se posent beaucoup la question du sens. Les professeurs peuvent être d'anciens très bons élèves, c'est tout à leur honneur mais aujourd'hui, les enfants sont très différents.
On a l'impression qu'ils n'ont rien dans la tête, parfois, car ils font beaucoup de fautes d'orthographe...
Mais on ne leur demande pas l'expression de leur pensée, on n'écoute pas la voix des enfants. Nous avons commencé à écrire ce livre à la base d'un atelier sur les enfants de demain. On a été scotché par les textes d'une profondeur philosophique.
Ils étaient d'une lucidité...
Ils sont contents qu'on leur donne les micros. Ces enfants pensent mais ils n'ont pas les armes. - Monsieur le ministre, vous dîtes qu'il faut apprendre à écrire, d'accord, mais ça peut être strict.
Mais ce que la notion de plaisir est présente à l'école ? - Oui. On parle souvent de lecture plaisir.
Mais on a beaucoup mit l'accent sur la lecture. Moi, je la promeus abondamment. Mais la lecture sans l'écriture, c'est un apprentissage bancal.
Les deux se répondent. Si je lis sans jamais prendre plaisir...
Au bout d'un moment, il y a une asymétrie. Je suis convaincu qu'un enfant qui n'apprend pas à écrire pour imaginer, il décroche à un moment de la lecture plaisir. Si une partie de l'hémisphère ne le fait plus, la deuxième se dessèche.
Je suis très en phase avec ce que vous dîtes. Il faut qu'on arrive à faire ce travail. Ca se fait déjà.
Beaucoup d'écrivains viennent en résidence dans nos écoles pour commencer des projets comme ça. Maintenant, ça ne se fait pas partout. - Petite parenthèse, vous dîtes que tous les intervenants dans les écoles, on passera au crible leur passé.
Même les écrivains ? - Oui. Mais ce n'est pas passer au crible leur passé, mais réviser leur casier judiciaire. - L'arrivée de l'IA peut assécher l'écriture créative. - Oui.
Elle va impacter les enfants qui n'ont pas la conscience de leur pensée propre. Un enfant plante son " moi " sur la feuille. Il y a une phrase qui dit que lire et écrire constituaient la réponse à la magnifique question que les hommes ont mis des milliers d'années à répondre : " Qui suis-je ?" .
C'est ça, écrire. L'IA, pour ces enfants qui sont à peine en construction de leurs propres pensées, l'IA va leur servir de substitution. C'est très grave.
On est dans un paradigme civilisationnel important. Les politiques n'en parlent pas beaucoup. Qui parle de la jeunesse ?
A la prochaine campagne présidentielle, est-ce qu'on entendra parler des enfants ? - Et des risques ? - On sacrifie notre jeunesse.
Un enfant qui n'a pas de portable à l'école...
On passe pour des parias. On les jette dans la gueule d'Internet. Il y a du très bon sur Internet mais un enfant ne sait pas lire... - Quelle est votre idée ? - Je ne suis pas politique.
Je suis pas une femme politique. Je suis une civile qui a un cri d'alarme. - Il faut éliminer l'IA de l'école ? - Ce n'est pas un livre qui vise à aller contre le numérique.
Mais il faut...
C'est une urgence républicaine. On va dans le mur. - Edouard Geffray, il faut réserver du temps à l'écriture plutôt qu'à l'IA ? - Je ne vais pas vous répondre tout de suite.
Je partage le fait qu'on est sur une rupture anthropologique. Quelqu'un m'a fait prendre conscience du fait qu'il y a eu trois ruptures dans les technologies de la connaissance. La première est l'invention de l'écriture, ensuite, l'imprimerie, puis l'IA.
La deuxième fois, on est passé du Moyen Age à l'époque moderne, la troisième fois, on ne sait pas encore où on va. On est dans une évolution de cette nature-là. Il ne faut pas sous-estimer cela.
Il ne faut pas en avoir peur. Ca se pilote. Ce n'est pas une question de ce qu'on doit apprendre à nos enfants. - Vous avez parlé de l'écriture et du lexique.
L'IA, si vous ne savez pas la prompter, elle va sortir une réponse minable. Si vous avez du vocabulaire, et une pensée complexe, vous serez l'utiliser au mieux. Quelques devoirs faits à la maison quand 90 % des élèves utilisent une IA pour le faire ? - Est-ce qu'il faut consacrer du temps sacraliser du temps à l'écriture et à la lecture à l'école ? - En toute logique, Je suis très prudent en disant qu'il faut sacraliser du temps.
En toute logique, il faudrait écrire un peu tout le temps. Il faut des espaces d'écritures d'imagination, il faut cultiver la lecture. Il faut forger l'esprit critique de nos enfants avant qu'ils soient exposés à du contenu.
Ce qui est en train de se passer avec le numérique et les téléphones à huit ans, c'est qu'on les expose à du contenu avant d'éveiller leur conscience. Il faut remettre les choses dans le bon ordre. D'où le fait qu'on interdise les téléphones portables.
D'où le fait que j'ai dit que je ne voulais pas que l'école soit les vecteurs des entrées des écrans dans les maisons. En primaire, il n'y avait pas d'écran. - Ca vous rassure ? - Bien sûr.
Je suis heureuse d'entendre ce constat qui est rarement dit au plan politique. Mais l'école est quand même partie prenante du numérique. Pour être maman d'élève au collège, si vous n'aimez pas de tablette où sont consultables en temps et en heure les notes de vos enfants...
La moyenne est recalculée à chaque note, elle est comparée à la moyenne de la classe...
Si bien que certains parents disent que leur fils s'est levé à 6 heures pour regarder la note...
En plus, ça projet parcourt Sup...
Comme on est dans un système hyper évaluatif, depuis le CP...
Ca questionne sur l'approche de l'école par rapport au numérique. On ne peut pas dire aux enfants de ne pas regarder les écrans si tout est sur l'écran. - A l'école primaire, il n'y a pas d'écran.
Là-dessus... - Ce sont les parents qui regardent les notes. - Au collège et au lycée...
De toute façon, ils les reçoivent par courrier. - Au collège et au lycée, on a mis en place la déconnexion. Derrière ça, il faut qu'on apprenne collectivement à se servir de l'outil.
On n'a pas besoin de consulter les notes de nos enfants tous les jours ni de les comparer. - Merci, Delphine Saubaber, d'être venue débattre avec Edouard Geffray. Merci, Edouard Geffray. "Lundi, c'est politique" revient dans 15 jours.
D'ici là, bonne semaine sur LCP. Merci et à bientôt.
Édouard Geffray