Face aux experts du vendredi 13 décembre 2024
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Philippe Ballard est notre invité ce matin dans le 6-9, député de l'Oise, porte-parole du Rassemblement National. Bienvenue à vous, c'est l'information de la matinée, vous la découvrez avec nous. François Bayrou donc reçu à l'Elysée actuellement. Il vient de passer sous nos yeux avec cette voiture. Il va être reçu par le Président de la République pour une nouvelle consultation. Ça se précise, c'est un nom qu'il trouve grâce à vos yeux, aux yeux du RN ou pas, François Bayrou ? Pour votre Premier ministre. Tout d'abord, bonjour.
Écoutez, la nomination du Premier ministre, c'est une prérogative du chef de l'État. Marine Le Pen et Jordan Bardella sont respectueux des institutions. On va attendre la nomination officielle, parce que là, ce sont des petits... Ce n'est pas encore le cas, vous allez là. ...signos faibles, enfin voilà, on attend la suite. Donc on verra qui est nommé, puis surtout, quelle politique sera menée par le futur Premier ministre. Enfin, moi je vous rappelle, parce que ça nous ramène un petit peu... Alors si cette hypothèse-là est confirmée quelques mois en arrière, où c'était Michel Barnier, vous savez, la position a été très claire.
On n'a pas censuré Michel Barnier au mois d'octobre, comme ça avait été lors de la motion de censure du nouveau Front populaire. On lui a laissé sa chance, bon, puis est survenu l'épisode budget, 49-3, censure...
Donc là, cela veut dire, quel que soit le nom du Premier ministre qui sera mis sur la table, coché par Emmanuel Macron, vous attendrez avant de censurer.
Ah mais c'est ce qu'on a toujours... Même si c'est un Premier ministre de gauche ? Mais on n'a pas la censure convulsive comme le nouveau Front populaire. Enfin, la motion de censure, c'est quelque chose de grave, c'est un peu la bombe atomique, pardon, comparaison, mais peut-être par raison, mais en face de la Ve République. Donc on attend le nom, déjà, parce qu'il y a des noms, effectivement, qui sont, comme on dit, des lignes rouges. Lesquels ? Monsieur Lescure, qui est apparu hier après-midi, enfin, il coche toutes les mauvaises cases. Il est immigrationniste, il nous a dit au mois de juin que le Mercosur, c'était un très bon accord, c'est un néo, voire parfois ultra-libéral.
Il voulait même, à un moment donné, donner notre siège au Conseil de sécurité de l'ONU à l'Union européenne. Donc François Bayrou ne serait pas une ligne rouge pour vous ? Mais non, on l'a toujours dit, François Bayrou a eu, au moment de la présidentielle de 2022, il a dit, je vais amener, si Marine Le Pen ne peut pas se présenter parce qu'elle n'a pas ses signatures, j'amènerai ma signature à Marine Le Pen. Et puis, au moment, il y a quelques semaines, du procès des attachés parlementaires au Parlement européen, François Bayrou a eu des mots extrêmement justes sur l'analyse de la situation.
Si François Bayrou est à Matignon, il va reprendre un budget, potentiellement le même que celui de Michel Barnier, est-ce que là encore, vous remettrez vos lignes rouges ? Vous attendez qu'il les accepte toutes ? Et dans ce cas, est-ce que vous n'êtes pas en train de co-gouverner avec lui ?
Il y avait une dernière ligne rouge. pour 3 milliards d'euros, entre parenthèses. C'est-à-dire que c'est 0,5% du PLFSS, comme on l'appelle. À force de rajouter des milliards et des milliards. Et on proposait, enfin, Jean-Philippe Tanguy avait proposé un contre-budget, les économies asiatiques, les économies structurelles. Donc, effectivement, la revalorisation des retraites au 1er janvier s'est faite. C'est 2,2% pour les retraités. Donc, on va attendre la nomination, le gouvernement, et puis la suite de la discussion budgétaire. ça va commencer en commission, et ensuite dans l'émission.
Et s'ils donnent quittus à toutes vos lignes rouges, qui étaient déjà celles pour Michel Barnier, c'est bon, vous validez, vous abstenez, vous votez le budget ?
Voter le budget, non, parce qu'on est dans l'opposition. Mais, enfin, voilà, c'est ce que Marine Le Pen et Jordan Bardella avaient dit au mois d'octobre. Si c'est un budget qui nous convient, oui, on peut s'abstenir.
Vous avez eu des échanges avec François Bayrou ou ses proches ?
Ah, écoutez, là, c'est à Marine Le Pen et Jordan Bardella de répondre. Mais c'est pas moi. Mais il y a toujours des contacts, oui.
Le président de la République, en tout cas le souhait du président de la République, est d'avoir un gouvernement d'intérêt général. Vous y croyez, ça, aujourd'hui ?
Enfin, honnêtement, ça veut pas dire grand-chose, un gouvernement d'intérêt général. Pour inverser les choses. Un Premier ministre qui se dit, je viens pour vous présenter un gouvernement qui n'est pas d'intérêt général, ça n'aurait pas beaucoup de sens.
Non, mais est-ce que vous acceptez l'idée que c'est l'intérêt général qu'il y ait un gouvernement ?
Mais non, mais enfin, quel responsable pourrait dire ? Ça va pas dans l'intérêt général. Mais ça va mieux aux 10 ans. Non, mais c'est la formule qui veut rien dire, honnêtement. Parce que ce qu'il faut quand même analyser, c'est la situation, c'est pourquoi on en est là, quand même. Parce que si on est dans un point de blocage, une crise politique, qui quand même, enfin c'est pathétique pour Emmanuel Macron, entre parenthèses, c'est vraiment, 7 ans de macronisme, ça mène à ça. Mais là, on paye le fond républicain.
C'est vous qui avez voté de la censure quand même.
Oui, parce que c'était un mauvais budget. Donc, dans l'intérêt des Français, 40 milliards d'impôts évités et de taxes. Oui, plus on attend d'avoir un budget, plus les Français s'inquiètent.
Vous en êtes conscients également.
Mais on va avoir une discussion, là. Moi, je voyais Charles Lecourson en début de semaine, rapporteur général du budget, qui me disait, on va sans doute, fin janvier, réenclencher la discussion dans l'hémicycle. Et il sera voté au mois de février. Enfin, voilà. Mais ce qu'il faut bien comprendre que les Français comprennent, quand même, c'est... On en est là. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu cette alliance entre Mélenchon-Macron, dans plus de 200 circonscriptions, où on s'est désisté l'un pour l'autre. Il n'y avait pas de programme. Enfin, il y en avait un, c'était battre le Rassemblement National. OK. Maintenant, la situation, c'est ça.
Je pense que les Français ne feront pas prendre deux fois à ce jeu.
Il y en a qui sont les grands perdants, quand même, de cette motion de censure. Ce sont les agriculteurs. Ils attendaient des réformes, dans ce budget. On a vu certaines permanences de vote, députés, Rassemblement National, mûrer des agriculteurs en colère. Vous êtes en train de perdre cet électorat, Philippe Ballard ?
Alors, c'est une bonne question, parce qu'il se trouve qu'à 14h, moi, je vais à Beauvers rencontrer les agriculteurs de l'Oise, puisque je suis élu de l'Oise. Je pense qu'en général, c'est-à-dire...
Non, il y a tout. Il n'y a peu d'élevage dans l'Oise, mais il y a beaucoup. Si, si, si, si, aussi. Très peu. Majoritairement, ce sont de grosses exploitations. Qu'est-ce que vous allez leur dire ? Je vous emmènerai dans ma séance.
Bon, on ne va pas en terminer un débat. Vous allez vous justifier dans cet sens ? Oui, oui, pourquoi ? Parce qu'il y avait, mais il y aura, de bonnes mesures pour les agriculteurs, je pense, au calcul des 25 meilleures années pour les retraites. La transmission d'entreprises, le GNR, le gasoil non routier, c'est grâce au Rassemblement national, d'ailleurs, qu'en 2023, on avait fait pression pour qu'il y ait cette détaxation qui va se poursuivre. Donc, là, très bien, il y avait des bonnes mesures, mais elles vont être réintroduites dans le prochain budget.
Parce que c'est bien beau d'aller mûrer des permanences électorales, y compris des députés du Rassemblement national, mais ce qu'ils pourraient peut-être faire, c'est aller mûrer les permanences de ceux qui ont permis l'accord du Mercosur. Oui, mais vous comprenez leur colère aujourd'hui ? C'est sur des dizaines d'années qu'ils vont payer...
Oui, mais Philippe Ballard, vous comprenez leur colère aujourd'hui ? Des promesses leur ont été faites en mars dernier, et la censure a décalé tout cela. Ils ne savent pas, aujourd'hui, si ces promesses-là vont être tenues.
Ça sera tenu. On est fin décembre. Alors là, c'est une ligne rouge. Si toutes ces promesses n'étaient pas reprises dans le budget, oui, oui, on en ferait une ligne rouge. Et ça aura un effet rétroactif. Donc, voilà, on a peut-être perdu deux mois, trois mois, mais l'accord du Mercosur, je vais vous dire, là, c'est pour des dizaines d'années que les agriculteurs vont... Le président de la République était contre. Oui, oui, d'accord. Et il est démonétisé. Enfin, qui écoute encore Emmanuel Macron à Bruxelles ?
Attendez, il y a un autre indicateur, Philippe Ballard, vous allez donner votre avis. Il y avait une législative partielle dans les Ardennes. Dans les Ardennes, le dimanche dernier. Le candidat était arrivé en tête au premier tour. C'est une circonscription, moitié Charleville-Mézières, moitié campagne, précisément, avec des grandes... Votre candidat est battu au second tour, alors qu'il était vraiment très en tête. Est-ce qu'il n'y a pas une frange de votre électorat naturel qui dit, la censure, on en a ras-le-bol ?
Alors, en réponse en deux temps, rapidement, dans les Ardennes, il y a eu 70% d'abstention. Ben oui, mais ça veut dire que nos amis ne se mobilisent pas. Et nos candidats ont perdu avec, de mémoire, 49,1%. 350 voix. Voilà, 350 voix. Donc, je ne sais pas si c'est vraiment un échantillon représentatif. Mais dont acte, oui, il n'a pas été rélu. On ne va pas dire l'évidence. Mais enfin, quand il y a 30% de participation... Et après, moi, je vous renvoie au sondage qui est sorti il y a deux jours. En cas de présidentiel, Marine Le Pen fait entre 36 et 38%. Voilà. Et quand on regarde attentivement le détail, chez les retraités, chez les CSP++, les cadres supérieurs, les cadres, elle est en tête.
Ou elle est bien placée, des fois, elle est deuxième. Donc, enfin, voilà, pas de panique à bord.
Est-ce que, d'ici 2027, les Français doivent s'habituer à avoir des gouvernements Clinex ? Donc, Attal, lui, moi, je crois. Barnier, trois mois. Enfin, est-ce que... Quatre premiers ministres en un an, effectivement. Est-ce qu'il faut s'habituer à ça ? Est-ce que c'est ça, la réalité de la politique en France, aujourd'hui ?
Eh bien, alors, malheureusement, oui, quatre premiers ministres en un an. Et là, je reviens sur ce que je viens de dire. Oui, si on en est là aussi, c'est à cause de ce Front républicain qui a fait qu'il y a trois blocs irréconciliables à l'Assemblée nationale. Alors, parfois, ils essayent...
Enfin, sans votre censure, il y aurait trois premiers ministres en un an.
Michel Barnier, c'est vrai. Ah oui, d'accord. Enfin, encore une fois, dans l'intérêt de la France et des Français, on ne pouvait pas garder ce budget en l'État. On a mis les taxes, les impôts. Moi, dans ma circonscription, puisqu'on en reparle, moi, j'avais même posé la question au MEDEF, au président du... Donc, le patronat français. Il n'était pas si satisfait. La veille de la censure. J'aurais dit, mais s'il y a censure, si ce budget ne voit pas le jour, est-ce que ça vous inquiète ? Réponse, non. Je lui ai dit, pourquoi non ? Parce qu'on évitera des taxes et des impôts. Et puis, pour les bas salaires, il y avait quand même des suppressions d'allègements de charges.
Il faut avoir présent tout ça... 4 milliards sur 80, oui. Oui, voilà. Donc, ça renchérissait le coût du travail. Moi, il y avait des petits entrepreneurs, ils me disaient, moi, je licencie ou je ferme la boîte.
Il y a une nouvelle façon d'utiliser les outils de la Ve République qui est en train d'être peut-être expérimentée. Vous savez, c'est le non-49.3, non-censure. Que pensez-vous de cette idée qui semble séduire au Parti Socialiste ou au sein du socle commun ?
Alors, déjà, on va rappeler quand même que la censure, c'est dans la Constitution. Donc, lors d'une réunion à l'Elysée avec tout le bloc UMPS, parce qu'on est en train de réinventer l'UMPS, ils disent, on va éviter la censure. C'est dans la Constitution, premier point. Et puis, deuxième point, c'est quoi ce socle commun avec les socialistes ? Et puis, les LR. Parce que sinon, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale. C'est pour ça que je vous dis, on réinvente l'UMPS.
Mais vous y croyez un accord de non-censure avec la gauche aujourd'hui ? Vous y croyez ? Parce que vous perdrez votre droit derrière. Mais non, mais votre pouvoir de censure à l'Assemblée.
Pour nous, c'est une tambouille, c'est l'UMPS. Mais bon, je joue le jeu et je vais vous répondre. Mais enfin, ce n'est pas à la hauteur de ce qu'attendent les Français, des enjeux. Mais vous y croyez aujourd'hui ? Ils sont en train de nous dire, mais quand est-ce qu'on s'occupe de notre problème de pouvoir d'achat, de sécurité, d'immigration, etc. Mais ça ne verra pas le jour. Enfin, on va juste être concret. À l'Assemblée, on examine des projets de loi. Alors, sur la fiscalité, sur la sécurité, sur l'immigration. Mais qu'est-ce qu'il peut y avoir de commun entre l'aile gauche du PS et les LR ?
Alors, je sais bien qu'entre les paroles et les actes, surtout chez les LR, il y a un delta qui est quand même assez considérable, notamment quand on écoute M. Wauquiez. Mais ils vont mettre quoi dans les textes de loi ? Ils vont mettre quoi ? Donc, vous allez finir par censurer Philippe Ballard ? Mais non, on ne va pas.
Parce que c'est votre intérêt.
Mais non, on n'est pas comme ça. Nous, ce qui compte, encore une fois, moi, c'est toujours la phrase que je répète, je me rappelle la première réunion de groupe en juillet 2022 à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen a dit « Votre seul boussole, c'est l'intérêt de la France et des Français. Vous voterez un texte d'où qu'il vienne. » Et on l'a fait depuis deux ans et demi. On a voté des textes qui venaient de la Macronie. On a voté des textes qui venaient de ce qu'on appelait la NUPES. Dans l'autre sens, ce n'est jamais vrai. Trouvez-moi un texte qui a été voté par la gauche ou le bloc central que nous ayons proposé, y compris l'endométriose, d'ailleurs.
Celui-là, on s'était dit « Vous êtes d'accord sur le dossier de retraite ? » Ça va passer ? Ce n'est pas passé. Juste par sectarisme. Une zone d'accord ?
Oui, vous êtes d'accord avec la retraite. Vous êtes d'accord avec la gauche.
D'accord. Vous avez affiné votre position, quand même,
dans ce domaine. Il faut juste rappeler que lors de la niche parlementaire du Rassemblement national le mois d'octobre, on avait mis en premier texte effectivement « Revenir à 62 ans, âge légal, 42 annuités ». Eh bien, la gauche, abonné, absent, ne l'a pas voté. Nous, par contre, on était prêts à voter lors de la niche de la France insoumise cette même mesure. Nous, on n'est pas sectaire. Du moment que ça va dans l'intérêt de la France et des Français, on le fait. Donc, la suite, on va voir qui est le Premier ministre, qui est le gouvernement, qui est le petit, qui le pratique, quel budget sera présenté.
Vous êtes réaliste. Vous voyez bien qu'il y a un problème de financement de ce modèle. Démographie, croissance, etc. On va fabriquer, malheureusement, il faut le dire aux gens qui nous suivent, ce matin, on va fabriquer des retraités pauvres si on ne change pas les règles. C'est-à-dire que le taux de reversion sera très faible. Il faut bien trouver une solution. Comment se fait-il qu'on n'arrive pas à avancer sur ce sujet qui est un sujet clé dans l'esprit des Français ? Alors, déjà,
un, c'est un choix politique. Mais j'y reviendrai. On est prêt à assumer. On fait des économies, par ailleurs. Vous avez raison, quand on est à 46, 47% de prélèvements obligatoires, 56% de dépenses publiques par rapport au PIB. Là, on ne peut pas faire pire. Mais un, la France souffre, et ce n'est pas à vous que je vais l'apprendre, d'un problème de taux de productivité. On a quasiment l'un des plus mauvais de l'OCDE. Et la deuxième chose, c'est de se projeter aussi dans l'avenir et d'avoir une vraie politique familiale. Alors, les bébés qui vont naître cette année ou l'année prochaine, c'est sûr que ils n'auront pas 20 ans dans 3 ans. Mais nous, on se projette à l'avenir.
Gouverner, c'est prévoir pour reprendre une formule. Donc, on prévoit. Et après, c'est un choix politique. Effectivement, ça avait été chiffré lors de la campagne présidentielle. C'est un coût de 8, 9 milliards d'euros, mais compensé par des économies. Alors, sur notre contribution au budget de l'Union Européenne, sur la lutte contre la fraude fiscale, sociale, sur la politique migratoire, etc., etc. Et puis, surtout, économie, mais au niveau de l'État, les agences diverses et variées qui coûtent un pognon de dingue
et qui ne servent quasiment rien. Vous en avez entendu parler de ça. au moment où il s'agissait de trouver des économies. Tout le monde, sur les plateaux télé, citait 1 200 agences parapubliques, 80 milliards d'euros par an. Vous avez un écho, aujourd'hui ? Personne ne parle plus. C'est-à-dire, c'est-à-dire, Philippe Ballard, qu'on n'a rien fait. Et ce dont j'ai peur, c'est que le gouvernement qui sortira dans les jours ou dans les heures qui viennent soit un gouvernement de dépensiers.
Mais vous avez raison sur le constat. Oui, il y a 1 200 agences diverses et variées, 80 milliards d'euros. Des fois, c'est un peu plus, des fois c'est un peu moins. Pardon, mais il y a des économies structurelles à faire. L'autre jour, je regardais, vous savez, les ânes, zéro artificialisation nette. On avait une réunion avec les maires de loi. J'ai essayé de comprendre comment ça fonctionnait. Alors, vous avez une ministère et après, vous avez 12 agences d'estrade divers et variées. On ne comprend pas qui fait quoi. Et tout ça, ce sont des centaines, voire des milliers d'emplois, des gens, des structures. On ne sait pas ce qu'ils font, mais ça coûte de l'argent public.
Là, il y a des économies structurelles à faire et je vous renvoie encore une fois au contre-budget qui avait été présenté par Jean-Philippe Tanguy.
Sur la situation internationale, très rapidement, on voit l'inquiétude en Syrie. Est-ce que c'est le bon moment pour changer de ministre au Quai d'Orsay, à Beauvau, à la Défense, avec les inquiétudes qu'on a aujourd'hui, notamment sur les djihadistes français qui sont sur ce terrain ?
Là, ce n'est pas à nous de répondre. Ça ne vous a pas échappé que ça ne sera pas un Premier ministre Rassemblement national. De toute façon, on n'aura pas voulu y poste et quand on entend dire que ce sont des djihadistes modérés, il y a un mot en trou. Djihadistes et modérés, ça ne va pas ensemble. Donc, on va attendre la suite. Tant mieux, il y a un dictateur sanguinaire qui a été éjecté du pouvoir mais maintenant, si c'est pour avoir les talibans à Damas, ce n'est peut-être pas
une bonne chose. Il faut geler les dossiers d'instruction de demande d'asile des Syriens. Ah oui. Oui, oui, tout à fait. Mais vous savez, il y a même des pays d'Europe... Mais ça peut être pire pour eux demain.
Ça peut être bien pire encore. Absolument. On va attendre. Déjà, on peut geler effectivement les demandes d'asile. Deux, il y a des pays d'Europe qui renvoient les Syriens. Qui renvoient les Syriens. Vous pensez qu'il faut le faire avec nous en France ? Et après, le droit d'asile, si vous voulez, c'est très simple. On est pour un droit d'asile instruit dans les ambassades ou les consulats du pays d'origine. Alors, il n'y a plus d'ambassade de France à Damas. Bon, mais il y a des pays limitrophes et on pourra parce qu'on peut effectivement avoir des inquiétudes notamment sur les minorités. Je pense aux chrétiens d'Orient qui depuis des années, trop longues années, kurdes également, souffrent.
Bah oui, on va voir ce que ce régime de djihadistes modérés comme on nous les présente mais qui ne sont sûrement pas des djihadistes modérés puisque ça n'existe pas. Ce que ça donnera pour l'avenir.
Vous pensez qu'il faut rouvrir, que la France doit rouvrir une ambassade en Syrie ? Que c'est possible ?
Bah, c'est peut-être un peu prématuré. On va voir la suite de la situation. Mais on était pour une coopération avec les services de renseignements syriens. Attention, renseignements. Parce qu'eux, ils avaient des renseignements. Il ne s'agissait pas d'une collaboration avec ce régime despotique sanguinaire de Bachar el-Assad.
Certains de vos amis, on peut penser à Thierry Mariani, ils sont allés à plusieurs reprises rencontrer Bachar el-Assad de manière assez cordiale. Est-ce que vous le regretterez ?
Mais, c'est où le Rassemblement National ? C'est devenu un très grand parti. C'est le premier parti de France. Et il y a Thierry Mariani qui a été ministre de Nicolas Sarkozy. Il faut quand même le rappeler. Il y a peut-être un regard un peu différent sur la situation internationale. Il s'est effectivement rendu en Syrie, à Damas. Il a rencontré Bachar el-Assad. Il y a des photos qui le montrent. Il y a des tendances, oui, puisqu'on est un grand parti politique. Mais enfin, je vous renvoie aux déclarations de Marine Le Pen et Jordan Bardella sur la situation en Syrie.
Philippe Ballard, pour terminer, retour en France avec l'information de la matinée. Vous le voyez, si vous nous rejoignez ce matin sur LCI, François Bayrou est en ce moment avec Emmanuel, Macron à l'Elysée depuis 8h30. Un Premier ministre devrait être annoncé ce matin. C'est l'Elysée qui a fait fuiter cette information hier soir. Jordan Bardella, il y a quelques jours sur TF1, déclarait qu'on ne censurera pas sauf si c'est un Premier ministre de gauche. François Bayrou n'est pas un ministre, n'est pas affilié à la gauche. Il est centriste. Vous êtes à minima, vous seriez à minima satisfaits que ce soit lui ?
Je vais rappeler ce que j'ai dit tout à l'heure, François Bayrou au moment de la présidentielle, au moment du procès des attachés parlementaires européens a eu des mots qui étaient justes et encore une fois on aura la même attitude que pour Michel Barnier. Donc pas de censure si c'est Bayrou ? Mais non, pas de censure. Je dis bien pour François Bayrou parce que les noms qui sont sortis d'hier, il y en a, ça ne fait pas rêver. Et vous en avez parlé tout à l'heure. Merci beaucoup,
Philippe Ballard, député de l'Oise, d'être venu ce matin dans le 6-9.
Philippe Ballard