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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 13 juillet 2024 66 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleSécuritéEurope & international

Une crise politique...et des grèves ? #cdanslair 12.07.2024

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 11 %Attaque 21 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 33:31OuverteÉludée

    Pour quelle raison a-t-il renoncé à entrer en lice ?

  • 37:34OuverteRéponse partielle

    Faut-il craindre le fameux troisième tour social ?

  • 39:01FerméeRéponse directe

    Est-ce que le faire le jour de la séance inaugurale de l'Assemblée s'est approprié ?

  • 40:37FerméeRéponse directe

    La CGT serait-elle devenue un parti politique ?

  • 41:08FerméeRéponse directe

    Elle est dans son rôle, la CGT ?

  • 41:58RelanceRéponse directe

    Notamment dans l'entre-deux-tours, il y avait eu aussi cet appel au barrage contre le Rassemblement National émis par la CGT, donc effectivement, elle est un peu plus politique qu'elle n'avait l'habitude d'être.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 34:35PrésentateurFait
    « Nous avons failli disparaître. »
  • 35:11PrésentateurChiffre
    « Il y en avait plus de 80% qui voulaient élire leur président tout de suite. »
  • 36:50PrésentateurFait
    « Le président de la République n'était même pas au courant. »
  • 40:30PrésentateurChiffre
    « Plus de 45 000 policiers et gendarmes seront mobilisés dans la capitale. »
  • 46:11PrésentateurFait
    « En 2022, les Français avaient dû quand même patienter un mois avant de voir Elisabeth Borne succéder à Jean Castex. »
  • 49:02PrésentateurChiffre
    « Une majorité de Français ne veulent surtout pas d'un gouvernement du nouveau Front populaire. »
  • 50:06PrésentateurFait
    « C'est la plus petite majorité de l'histoire de la cinquième. »
  • 54:24PrésentateurFait
    « Depuis Matteo Renzi, la nomination du directeur se fait directement par le chef du gouvernement. »
  • 58:50PrésentateurFait
    « C'est son camp qui a perdu le plus de députés quand même. »
  • 1:02:11PrésentateurFait
    « Ça fait quand même presque une semaine, enfin, ça fait cinq jours. »
  • 1:03:07PrésentateurFait
    « C'était son homme. »
  • 1:03:40PrésentateurFait
    « Les communistes ont dit que pour eux, c'était compliqué par rapport au sujet du nucléaire d'en parler national. »
  • 1:03:30InvitéFait
    « ça dépend où vous placez le curseur, c'est un sujet majeur quand vous êtes écologiste et pour beaucoup d'autres »
  • 1:03:36InvitéFait
    « la position des écologistes n'est pas forcément, on ne fait pas consensus sur le reste »
  • 1:04:48PrésentateurChiffre
    « trois quarts des Français pensent que le pays est ingouvernable »

Temps de parole

  • Présentateur80 %
  • Invité13 %
  • Invité 22 %

0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:12
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans C'est dans l'air. Un savon dès la descente de l'avion à peine rentré du sommet de l'OTAN à Washington. Emmanuel Macron s'est replongé dans la crise française cet après-midi, reprochant à la majorité d'avoir offert un spectacle désastreux ces derniers jours. Il faut dire que dans le camp présidentiel, certaines ambitions individuelles débordent désormais sur le collectif. Et pendant ce temps, le nouveau Front populaire peine à dégager un nom pour diriger le gouvernement et pour cause obtenir Matignon. Aujourd'hui, c'est un bâton merdeux, résume l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin.

Il faut être souple, ne pas s'attacher à la fonction, être prêt à annoncer de mauvaises nouvelles économiques, notamment, et affronter les frustrations, voire les colères. Celles des syndicats commencent à s'exprimer menaces à l'appui. Une crise politique et des grèves, c'est le titre de cette émission. Nous attendons vos questions et réactions par SMS, Internet et sur les réseaux sociaux. Et avec nous ce soir en plateau, Bruno Jeudy. Bonsoir.

1:08
Invité

Bonsoir, Maïa.

1:08
Présentateur

Vous êtes directeur délégué et éditorialiste à la Tribune dimanche, Alice Bouillaguet. Bonsoir. Bonsoir, Maïa. Vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions. Bonsoir, Mathieu Plan.

1:18
Invité

Bonsoir.

1:18
Présentateur

Vous êtes économiste à l'OFCE, l'Observatoire français des conjonctures économiques. Enfin, Bernard Sananès. Bonsoir. Vous êtes politologue et présidente de l'Institut de sondage Elab. Merci à tous les quatre de participer à ce C'est dans l'air en direct. Élection J plus 5. Que s'est-il passé sur la scène politique ? Un président qui vote en touche. Toujours pas de fumée blanche ou NFP. Mais un délai et un nom qui braquent chez les insoumis. Le débrief du jour est signé Mathieu Lignot et Michel Bouillet.

1:44
Invité

Qui pour Matignon ? Petite leçon d'esquive signée Emmanuel Macron.

1:50
Présentateur

Je ne ferai aucun commentaire et vous le comprendrez bien depuis Washington sur la situation politique intérieure. Ces dernières 24 heures. Les Français veulent savoir. Bah oui.

1:58
Jean-Luc Mélenchon

La bataille des gauches continue. Vous avez proposé quatre noms. Clémence Guettet, Mathilde Panneau, Jean-Luc Mélenchon et vous-même. Je vous confirme qu'on propose des noms. Jean-Luc Mélenchon n'est donc pas en jeu ? Mais bien sûr que non. Jean-Luc Mélenchon est le candidat à l'élection présidentielle qui a fait 22%. Dans l'équation de Matignon, il y a maintenant une inconnue. Huguette Bellot, elle a 74 ans. Elle est présidente de la région La Réunion. J'ai le sentiment d'être communiste beaucoup plus que d'autres communistes. Je crois que je ne me suis pas trop mal débrouillée. Surprise, ça tourne en rond et ça fait les affaires du château.

2:30
Invité

Je ne ferai aucun commentaire de politique intérieure. Moi je ne suis pas d'accord avec les verts. Et pourquoi pas ? Nous pourrions tout à fait travailler avec les leaders socialistes. Ça ne peut pas être un membre de la France insoumise. Tic-tac, deadline du président mardi pour la démission de son gouvernement.

2:46
Présentateur

C'est que ce n'est pas un cadeau que de former un gouvernement aujourd'hui. J'ai bien essayé mais je ne répondrai pas davantage à des questions de politique intérieure. C'est un bâton merdeux. Les gens en avaient marre, ils disent ça ne change rien, c'est tous les mêmes. Ils ont vu qu'il allait se passer des choses. Ils attendent même l'épisode suivant. Pas de politique, pas de commentaire sur la politique intérieure. On va revenir sur l'esquive d'Emmanuel Macron à Washington. Ce qui est sûr c'est qu'à peine rentré en France, il a fait la leçon à sa majorité ce midi. Il a indiqué que l'image de ces derniers jours était désastreuse. Quel message il a envoyé cet après-midi, Bruno Jeudy ?

Il a essayé de calmer les troupes parce qu'il y a trop d'individualités qui se manifestent ? Oui, il est rentré énervé manifestement de Washington pour passer un savon à sa majorité. On voit bien que ça ne s'est pas passé exactement comme il voulait à l'intérieur de son camp. Parce que lui, il aurait voulu une direction collégiale peut-être, quelque chose à tendre un peu, que les choses bougent de l'autre côté sur les autres blocs et que le bloc central finalement reste dans une direction collégiale, peut-être avec Gérald Darmanin, voire Elisabeth Borne, en tous les cas pas... Sur le groupe à l'Assemblée, vous voulez dire ?

Parce qu'en fait, il y a un seul groupe qui n'a pas élu son président, c'est le groupe Renaissance. Et il y a eu cette bagarre toute la semaine entre Gérald Darmanin, Gabriel Attal, Elisabeth Borne, avec des lignes différentes. Et au final, le groupe a tranché en faveur de Gabriel Attal parce que c'est le barysant au fond de ce groupe qui avait le risque, si c'était Darmanin que l'aile gauche s'en aille, si c'était Elisabeth Borne que l'aile droite s'en aille. Et qu'au final, Gabriel Attal qui sort de cette campagne, bon, ils ont quand même sauvé les meubles, ça aurait pu être pire. Il apparaît aujourd'hui comme sans doute celui qui est le plus soutenu par l'Assemblée.

On va y revenir sur la bataille pour la tête du groupe. Mais l'idée c'est quand même qu'il n'y a plus de tête qui dépasse. L'idée c'est que, évidemment, ça a un peu contrarié les plans du président de la République qui voit que dans son camp, on s'est beaucoup disputé parce que ça ressemble aussi à une guerre de succession. et que depuis dimanche, il ne maîtrise plus tellement son camp. Il y en a même un ancien député, Gilles Lejande, qui fut président du groupe dans le mandat précédent, qui a dit « tous déglingue depuis 2022 ». Donc les mots sont assez durs à l'endroit du président de la République dans les coulisses du pouvoir macroniste.

Alex Bouillaguet, pas de commentaire sur la politique intérieure, disait Emmanuel Macron à Washington. Pourtant, ça lui est déjà arrivé d'en faire. Pourquoi ce silence, pour le coup, cette fois-ci ? Et pourquoi il n'a pas commenté cette crise politique française depuis les États-Unis ? Parce qu'il a intérêt à ce que tout ça se décante et surtout que ça prenne beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps. Donc lui, il voit le nouveau Front populaire se débattre pour essayer de sortir le nom d'un Premier ministre et ne pas y arriver, pas trouver de consensus.

tant mieux pour lui, parce qu'il pourra dire à un moment, et là, il prendra la parole pour prendre acte, que décidément, la gauche n'arrive pas à s'unir et n'arrive pas à sortir un nom de Premier ministre. Et donc, lui, le président garant des institutions, devra trouver lui-même son Premier ministre. Je le trouve extrêmement gonflé, quand même, Emmanuel Macron, de revenir et de s'agiter, d'engueuler tout le monde, parce que le point de départ, c'est quand même la dissolution. La dissolution qui est ratée pour son camp. La dissolution qui a, de manière légitime, provoqué son auto-effacement, libéré les ambitions pour chacun.

Et donc, effectivement, le président parti, eh bien, Gabriel Attal, Gérald Darmanin, tous les deux ont la même visée, devenir les patrons de ce qui reste des macronistes, puisqu'on sait qu'Emmanuel Macron ne va pas se représenter en 2027. Et puis voilà, c'est la relève. Donc, les écuries s'échauffent, les écuries se préparent. Et Emmanuel Macron, à un moment, il regardera les petits chevaux partir. Alors, c'était l'idée, depuis Washington, de laisser décompter, de voir ce qui se passe en France. Mais j'imagine aussi qu'il y avait un message à l'international à apporter.

Il va dire que la France, c'était le souhait d'Emmanuel Macron, de dire que la France n'est pas affaiblie à l'international.

6:57
Invité

Oui, en tout cas, il essaye de rassurer les partenaires, clairement, là-dessus, en disant qu'effectivement, il y a... C'est une rupture quand même assez nette. La distribution, mais malgré tout, il n'y a pas eu de majorité qui émerge, clairement, et qui soit anti-européenne, ou anti-OTAN, ou qui soit contre un soutien à l'Ukraine. Donc, c'est vrai que cet écartèlement, en fait, en réalité, ne remet pas forcément en cause, en tout cas à court terme, la politique française à l'international, qui est portée par le président.

Non, ça ne dit pas la suite, mais pour le moment, il a plutôt mis l'accent sur le fait que, finalement, la radicalité, par rapport à l'OTAN ou à l'Europe, n'avait pas la majorité, que ce soit du côté du RN ou du côté de l'FI, même si ce qui reste au milieu ne s'accorde pas forcément. Donc, je pense que c'était le message essentiel qu'il a voulu faire passer, même s'il ne nous donne pas les solutions pour la suite.

7:42
Présentateur

Parce qu'il y avait des inquiétudes qui se manifestaient chez nos partenaires européens. Il y a Olaf Scholz, par exemple, du chancelier allemand, qui, paraît-il, l'a un peu chambré en lui proposant de lui vendre des séminaires pour obtenir une majorité.

7:55
Invité

Oui, oui, parce que c'est vrai que, dans la tradition allemande, ils connaissent mieux cet exercice-là, qu'on ne connaît pas. D'ailleurs, on a tendance à un peu s'agiter vite quand on voit le système et la nécessité de faire des coalitions, ça prend du temps. Mais oui, clairement, je pense que les partenaires européens et internationaux nous ont regardés de près. C'est quand même un changement de cap très fort pour la France. Et un saut dans l'incertitude. Et c'est vrai qu'on a parlé beaucoup de la politique intérieure avec le programme économique, mais il y a aussi tous les engagements internationaux et européens. Et ce n'est pas rien, ce n'est pas rien du tout.

Et donc, c'est vrai que, oui, ça a été scruté de près. Et finalement, ce statu quo, quelque part, en tout cas à court terme, rassure.

8:34
Présentateur

Bernard Sananès, Emmanuel Macron, il est à 25% d'opinion favorable aujourd'hui dans votre dernier sondage Elab. Est-ce que, justement, le fait d'être parti à l'international, à ce sommet de l'OTAN, est-ce qu'il peut regagner des points à l'international ? Il va essayer, le président de la République, de donner le sentiment qu'il reprend de la hauteur. Mais c'est compliqué de reprendre de la hauteur après avoir été l'acteur majeur de ce qui a été un échec politique, comme on n'en avait pas connu, depuis une dissolution ratée en 1997. Donc, certes, il veut montrer qu'il est en surplomb, et la posture internationale le sert.

Et d'ailleurs, dans les 25% que vous évoquez, quels sont les atouts qui restent crédités, Emmanuel Macron ? Il y a la compétence, il y a la stature internationale. Le socle de ces 25%, il tient, j'allais dire, quasiment là-dessus. Mais à l'inverse, vous avez un nombre de mécontents qui est assez record, et qui fait que la cote du président de la République est à un de ses niveaux les plus bas. Le record a été battu une seule fois en plein moment des Gilets jaunes. C'était 23%, donc on n'est pas loin de ce bas niveau. Ce qui est intéressant aussi, c'est de voir comment l'opinion a changé en un mois par rapport à la dissolution.

On avait une majorité de Français, courte majorité, mais majorité quand même, qui trouvaient après le 9 juin, les dates s'est passées tellement vite, que la dissolution était une bonne chose. On a aujourd'hui, cette semaine, deux tiers des Français qui pensent que ça a été une mauvaise chose. Pourquoi ? Parce que finalement, ceux qui étaient pour la dissolution, ils exprimaient un espoir d'alternance. Il y avait les électeurs du RN, d'une part, les électeurs de gauche, qui exprimaient un espoir d'alternance.

Et pour ces deux forces, aujourd'hui, l'espoir d'alternance, il est totalement déçu pour le RN, et en grande partie déçu pour la gauche, qui, malgré son succès relatif, n'arrive pas à installer une majorité relative. Mais elle y travaille. Et si ce gouvernement était dirigé par Jean-Luc Mélenchon ? Parce que la France Insoumise a proposé 4 noms pour Matignon, Manuel Bompard, Clémence Guettet, Mathilde Panot, et donc Jean-Luc Mélenchon, qualifié d'épouvantail, de boulet, pendant toute la campagne, il concentre les critiques. C'est quoi ? C'est une provocation des Insoumis, quand on sort le don de Jean-Luc Mélenchon, aujourd'hui ?

La garde rapprochée de Jean-Luc Mélenchon n'a jamais changé de discours. Alors, ils l'ont dit pas trop fort pendant la campagne, au début de la campagne des législatives. Et puis, au fond, ils n'ont jamais cessé. C'est-à-dire, vous savez, les Insoumis, c'est un noyau dur autour, dévoué, corsé bien à Jean-Luc Mélenchon, et de toute façon, ils ne voient pas autre solution que Jean-Luc Mélenchon, y compris Manuel Bompard, y compris Mathilde Panot, quand leurs noms sont donnés, en fait, leurs noms sont donnés pour cacher leur vraie ambition, qui est de porter Jean-Luc Mélenchon à l'Élysée, et aujourd'hui, à Matignon.

Donc, au fond, c'est un peu logique, mais on voit bien qu'y compris chez les Insoumis, il y en a qui lâchent, qui commencent à dire, bah non, c'est impossible. Et puis, la vérité, c'est que Jean-Luc Mélenchon, il n'a sans doute pas changé d'objectif. C'est pas Matignon, son objectif, c'est l'Élysée, donc il vaut mieux planter cette affaire, faire durer les négociations. Même si, chez les Insoumis, on sent quand même une envie de devenir ministre. C'est ça qui est assez drôle. En privé, on les voit, ils se voient bien tous ministres, et d'ailleurs, les autres qui négocient avec eux, notamment les socialistes, ils s'étonnent de voir les Insoumis vouloir être à ce point ministre.

C'est ça qui est assez étonnant. En tous les cas, je ne suis pas sûr que Jean-Luc Mélenchon et sa garde rapprochée aient tant vie que ça, parce qu'ils savent bien qu'ils n'arriveront pas à imposer le nom de Jean-Luc Mélenchon. Donc, ils font un bras de fer maximum avec les socialistes, et indirectement avec Emmanuel Macron. – Alex Bouilleguet, je suis entièrement d'accord avec ça. Je pense qu'ils font de l'agitation, ils donnent des noms impossibles. Clémence Guettet, quand même, qui a écrit le projet de la France Insoumise, mais qui l'a propulsé tout de suite à Matignon.

Et surtout, ils donnent des personnalités extrêmement clivantes, que ce soit Mathilde Panot, Manuel Bompard ou Jean-Luc Mélenchon lui-même. Tout ça, c'est des sosies. – Est-ce qu'il y a d'autres voix au sein de la France Insoumise ? – Ils sont déjà partis en fait, soit de leur plein gré comme Clémentine Autain, qui a été quand même un peu poussée dehors, soit parce qu'ils ont été purgés, comme Alexis Corbière ou Daniel Simonnet. Donc non, il y a des personnalités avec lesquelles on peut parler.

Manon Aubry, par exemple, je pense que c'est une personnalité avec qui on peut parler, mais qui n'a pas le poids politique nécessaire pour pouvoir dire, oui, soyons crédibles, proposons quelqu'un qui pourra être effectivement accepté. Alors on voit que les socialistes, ils sont un peu piégés, parce que le postulat de départ, c'était celui qui aurait le plus grand groupe à l'Assemblée nationale et qui pourrait effectivement proposer le nom du Premier ministre. Donc pour l'instant, on ne sait pas exactement quel est le rapport de force, on le saura jeudi prochain, mais on sent que les socialistes développent des arguments.

Donc maintenant, ils ne disent pas qu'ils ont, je ne sais pas, une soixantaine de parlementaires ou soixante-dix, ils disent qu'ils ont 130 parlementaires. Donc ils englobent le Sénat, ils disent qu'ils ont eu deux anciens présidents de la République, ils disent qu'ils ont la moitié des régions françaises, 33 départements, qu'ils sont crédibles et qu'Olivier Faure est un homme consensuel, qui était proche des Insoumis puisqu'il a été à l'origine de la NUPES, mais également peut-être acceptable pour Emmanuel Macron. Donc en fait, c'est un jeu de rôle.

Les socialistes, ils veulent gouverner, ils veulent être à Matignon, quitte à peut-être s'entendre sur le programme, peut-être à faire passer ou ci ou là des choses à la trappe, alors que les Insoumis, on peut douter de la réalité de leur engagement. Effectivement, si ça se finit en grand bazar, eh bien tant mieux dans un an. Nouvelle dissolution, et puis l'objectif, c'est Emmanuel Macron, démission et nouvelle élection présidentielle. Bernard Sananès. – Du côté de l'opinion, c'est intéressant de voir comment le paysage évolue aussi vis-à-vis de la gauche. Jean-Luc Mélenchon clivait déjà l'opinion dans son ensemble, il clive maintenant la gauche.

Il n'y a qu'un quart des sympathisants de gauche, des électeurs de gauche, des électeurs du nouveau Front populaire, qui souhaitent qu'il soit à Matignon. Donc c'est très peu, et c'est beaucoup moins que d'autres personnalités de la gauche. Parce qu'en parallèle, cette campagne a révélé finalement, je ne vais pas dire une nouvelle génération, parce que ce n'est pas tant un niveau d'âge, une question d'âge, mais de nouveaux visages que les Français connaissaient mal.

Vous parliez d'Olivier Faure, Marine Thondelier, Emmanuel Bompard, excusez-moi, qui sont dans le paysage politique, qu'on connaît bien depuis longtemps, mais qui n'avaient jamais été autant exposés dans une campagne, et bien sûr, Raphaël Glucksmann. Et ces quatre personnalités progressent, on le voit dans notre baromètre ce matin, de manière assez sensible, la plus grande progression étant d'ailleurs à mettre au crédit de Marine Thondelier, qui a surpris et qui s'est installée, mais Emmanuel Bompard progresse aussi, comme quoi les débats finalement ont marqué les Français. Donc ces nouveaux visages de la gauche montrent aussi à l'électorat de gauche qu'il n'y a pas que Jean-Luc Mélenchon.

Pour beaucoup d'électeurs, depuis 2017, le seul visage de la gauche, le visage aussi de la crédibilité, parce qu'une série d'électeurs disaient, bon, Mélenchon a peut-être des défauts, mais c'est le seul qui est présidentiable. Là, on voit bien que ces nouveaux visages de la gauche peuvent prétendre au poste de Premier ministre et être crédibles pour l'occuper. En mots des dissidents, on évoquait Daniel Simonnet, Clémentine Notin, Raquel Garrido, Alexis Corbière, ils ont des idées de lancer aujourd'hui, l'après, l'association pour une république écologique et sociale. Ils voudraient un groupe commun avec les écologistes et les communistes. Ils ont une chance d'y arriver ?

Alors après, il faut 15 députés pour pouvoir former un groupe. On voit bien qu'ils en sont encore un peu loin. Peut-être y arriveront-ils. En tout cas, c'est la suite naturelle de ce qui s'est passé pendant les élections. Cette purge insensée au sein des insoumis, jusqu'à même au deuxième tour maintenir les candidats dans des fiefs inexpugnables des insoumis. Mais enfin bon, c'est une lutte à mort dès lors qu'on s'éloigne et qu'on cache le soleil et qu'on dit du mal du chef de la secte. C'est un truc incroyable ce qui s'est passé objectivement. Alexis Corbière et les autres ont été punis, purgés, comme on ne le voyait que dans certains régimes. Donc oui, c'est la suite naturelle.

Ils vont essayer de monter leur groupe. Ça va être compliqué. On voit que les communistes, ils ont aussi du mal à former un groupe. Tout ça, c'est des petits groupes. D'ailleurs, ça donne une idée de l'émiettement, la balkanisation de l'offre politique. Standard & Poor's, l'agence de notation, avait pointé dans sa note une fragmentation, un risque de fragmentation majeur de la vie politique. Je pense qu'on sera peut-être à 12 ou 13 groupes à l'Assemblée, ce qui est pratiquement un record. Je vous voyais sourire à l'évocation par Bruno Jeudy de la secte, du mot secte, ça vous a fait rire ?

16:52
Invité

Oui, ça fait rire parce que le mot est fort. Mais non, clairement, quand on réfléchit à tout ça, c'est vrai que ça paraît extrêmement compliqué parce que si la LFI se retrouve avec un premier ou une première ministre, se pose la question du programme et du programme économique en disant c'est tout le programme et rien que le programme. c'est impossible d'avoir une majorité ou d'avoir des coalitions possibles sur un tel programme.

17:16
Présentateur

Je vous coupe, parce qu'on va en parler dans un petit instant. Pendant que le nouveau Front Populaire se donne un peu de temps pour choisir le nom du ou de la future première ministre, les discussions patinent et une inquiétude commence à monter. Cette instabilité politique aura-t-elle des répercussions économiques ? Les investisseurs s'inquiètent, on sait déjà qu'il faudra se serrer la ceinture. Bruno Le Maire vient d'annoncer 5 milliards supplémentaires de coupes budgétaires, c'est cadeau. Annelise Guérard et Vincent Sauré. Ce matin, à peine son avion posé, Emmanuel Macron convoque une réunion de crise à l'Elysée.

Et cette nuit, à Washington, le chef de l'État a pris la parole pour la première fois. Objectif, garder sa place sur la scène internationale.

18:00
Invité

J'ai pu confirmer à l'ensemble de mes homologues et alliés que la France serait une approche de continuité de ses engagements internationaux. Qu'il s'agisse de l'Europe, de l'Alliance ou du soutien à l'Ukraine. Car les forces politiques qui constituent une majorité à l'Assemblée sont en faveur de ces lignes.

18:21
Présentateur

Un président qui veut garder la main et un ministre de l'économie qui ne lâche rien. En dépit de leur défaite, Bruno Le Maire annonce 5 milliards d'euros de coupes budgétaires et se justifie. Une autre alternative serait de laisser filer les déficits et la dette.

18:36
Invité

Je veux être tout aussi clair, les marchés ne laisseront pas faire.

18:40
Présentateur

Et la Commission européenne non plus.

18:43
Invité

Pas de privilèges, Bruxelles ouvre une procédure contre Paris pour déficit excessif.

18:48
Présentateur

A partir de mardi, la France sera officiellement sous surveillance en raison du dérapage des comptes publics. Et la situation politique n'arrange rien.

18:58
Invité

C'est un choc d'incertitude. C'est-à-dire que les chefs d'entreprise que nous interrogeons nous disent leurs inquiétudes sur l'attentisme de leurs clients qui préfèreraient épargner plutôt que consommer, sur le report de leurs investissements et sur le gel de leurs embauches. Alors ça, je crois que ça serait un choc très négatif pour la croissance et pour l'emploi.

19:18
Présentateur

Incertitude. Car les jours passent et toujours pas de Premier ministre. Au nouveau Front populaire, on réclame de la patience.

19:25
Invité

Ça fait cinq jours. Je vous rappelle que dans un certain nombre de pays en Europe, il faut parfois plusieurs mois.

19:31
Présentateur

En Allemagne, ils ont mis plus de deux mois. En Espagne, quatre mois. Et aux Pays-Bas, ils ont mis 222 jours. La Belgique, si je me rappelle bien, c'était 564 jours. Je pense qu'on peut ne pas battre le record. Qu'importe le nom du Premier ministre, pour le Rassemblement national, tout gouvernement du nouveau Front populaire s'exposera à la censure.

19:49
Invité

Sur la présence des insoumis ou des écologistes qui sont des insoumis repas en vert, nous y a une censure systématique. Voilà, censure systématique parce que leur simple présence à la tête du gouvernement est dangereuse.

20:01
Présentateur

Pendant ce temps-là, on se répartit les postes de président de groupe à l'Assemblée. Gabriel Attal est désormais le seul en lice pour le parti Renaissance. Il devrait sans surprise être élu demain. Pas de quoi apaiser les tensions au sein de la Macronie.

20:15
Invité

Les élections au sein du groupe ne règlent cependant en aucun cas les deux problèmes majeurs qui sont les nôtres. Ni notre ligne politique, ni le fonctionnement du parti.

20:25
Présentateur

Les jours du gouvernement sont comptés. Emmanuel Macron devrait accepter la démission de Gabriel Attal la semaine prochaine. En attendant, on travaille. C'est en tout cas ce qu'a dit Bruno Le Maire. Mathieu Plannes, ces nouvelles coupes budgétaires annoncées par Bruno Le Maire, ça relève d'une absolue nécessité. Ou ça relève plutôt de la stratégie politique ?

20:44
Invité

Alors je dirais, il y a un peu de tout. C'est assez clair, il y a de la stratégie politique. C'est-à-dire, finalement, Bruno Le Maire confirme la continuité, ce qui avait été déjà annoncé, qu'il allait faire des coupes budgétaires. Il avait parlé de 10 milliards, plus 10 milliards. Et donc, en fait, il les annonce maintenant. Ça, c'est assez clair. Et donc, c'est cette continuité. Deuxièmement, je pense que même pour lui, politiquement, il envoie un signal du sérieux budgétaire pour la suite, ce qui n'a pas été forcément le cas pendant les 7 ans. Et donc, il dit, je pars, mais je vous avais annoncé qu'il fallait redresser les comptes publics.

Et puis, il y a deux autres points qui me semblent importants. C'est qu'il y a une procédure pour déficit excessif qui s'ouvre officiellement mercredi. Et donc, qui nous impose normalement un redressement des comptes publics avec une certaine vitesse d'un certain montant, qui est important. C'est plusieurs dizaines de milliards d'euros d'ici les prochaines années pour revenir en dessous des 3% du PIB. Donc, il s'ancre, en fait, dans les traités budgétaires. Et puis, dernier point, Bruno Jeudy l'a dit tout à l'heure, il y a les agences de notation qui nous scrutent, qui nous ont dégradé déjà fin mai, standard Rennes pour. Et qui ont annoncé...

21:42
Jean-Luc Mélenchon

Et ça a eu quelles conséquences ?

21:43
Invité

Alors là, zéro. Mais fin mai, pourquoi ? Parce que c'était anticipé. Par contre, là, on est sur une situation qui est beaucoup plus risquée. C'est-à-dire que les agences de notation ont dit qu'elles pouvaient à nouveau dégrader pour les régions de questions d'instabilité politique, d'incertitude, qu'a rappelé le gouverneur de la Banque de France.

21:59
Présentateur

Et du coup, ça a eu quoi comme conséquence ? Ça veut dire qu'on va emprunter plus cher, c'est ça ?

22:04
Invité

Alors, à court terme, pour le moment, ce qu'on a vu, c'est qu'on a une légère hausse des taux. C'est-à-dire que ça nous coûte un peu plus cher d'emprunter par rapport à avant. C'est-à-dire qu'on a, finalement, un peu moins la confiance des investisseurs. Mais, j'allais dire, ça reste assez maîtrisé. Pourquoi ? Parce qu'on est dans la situation statu quo. Le RN n'a pas emporté l'élection. Et là, on ne sait pas quel va être le gouvernement et la coalition. les années à venir, les trimestres et les années à venir. Et notamment, de savoir est-ce qu'on va pouvoir respecter les règles du jeu européen ou est-ce qu'on va s'en écarter ?

Et est-ce que, finalement, la France commence à être toute sur une poudrière ou pas par rapport à sa crédibilité économique et budgétaire ? Et donc, les agences de station ont dit qu'elles étaient prêtes à redégrader à nouveau la France si on restait dans cette instabilité. Donc, on est quand même dans un schéma nouveau qui est assez inquiétant.

22:51
Présentateur

Alex Bouillaguet, quand il annonce ces 5 milliards d'économies, Bruno Le Maire, il dit quoi ? Il dit « Je suis sérieux ». C'est aussi une manière de presque entrer en campagne pour 2027 ? En tout cas, il a dit « Je ne suis pas en tong à la plage ». C'est ça, « Je ne suis pas en tong à la plage ». Sous-entendu, écoutez, je gère, donc le gouvernement n'est pas démissionnaire, donc ça veut dire qu'on n'est pas juste en train de gérer les affaires courantes, on est aux affaires, donc il y a un sérieux budgétaire parce que, finalement, ces tractations, elles peuvent durer longtemps. On entendait Marine Tondelier dire le gouvernement un mois, deux mois, trois mois.

On a juste, pourquoi pas, mais on a juste une petite échéance qui est effectivement le budget, c'est le 1er octobre. Et c'est très ritualisé ce budget. C'est au printemps, on fixe les montants des crédits, à l'été, les ministres y reçoivent leurs fameux lettres plafonds qui effectivement fixent les dépenses et puis, début octobre, c'est la présentation du budget. Donc, il faut quand même que ce rite, avec ou sans gouvernement, il faut que toutes les coches soient remplies après, à partir du 1er octobre. Là, il y a la présentation. Ce n'est pas non plus un problème si il y a un gouvernement. Elisabeth Borne comme Gabriel Attal ont fait du 49-3 pour l'adopter.

Mais ça se complique s'il y a une motion de censure. Si le gouvernement, tout frais, tombe, motion de censure, donc il faut déjà retrouver un gouvernement. Voilà, ça risque vraiment... Et là, qu'est-ce qui se passe ? On reprend le budget l'année d'avant et on l'applique si personne ne trouve d'accord ? En fait, on peut arriver à une sorte de shutdown, c'est comme ça que ça s'appelle aux Etats-Unis. Oui, c'est ça. Alors, il y a des procédures et tout, mais ça peut tourner dans le vide et certains disent que ça peut même aller jusqu'à l'article 16 des pleins poires pour le président de la République pour débloquer les choses.

24:36
Invité

Oui, il y a d'autres choses avant. Il y a plein d'autres choses avant, mais il a tout fait un numéro 4. Oui, la possibilité de déroger justement un belègue classique pour une reconduction des services publics, la possibilité de prélever les impôts et donc éviter un shutdown. Mais c'est vrai qu'on n'a jamais connu une telle situation. Ça a été pratiqué deux fois sous la Ve République, mais pour des questions plus d'agenda, en fait, et pas pour des questions de majorité, c'était assez différent quand même.

25:06
Présentateur

Il faut dire aux téléspectateurs que les fonctionnaires seront payés, nous ne sommes pas aux Etats-Unis, qu'il y a une règle qui permet de payer par douzième en s'appuyant sur le budget de l'année précédente. Les institutions en France ont été faites justement pour verrouiller ce risque. Donc, de ce point de là, ça va. Mais ça ne règle pas les problèmes exposés par Mathieu, c'est-à-dire les problèmes de déficit budgétaire excessif, d'économie qu'il faudra faire, quel que soit le gouvernement. La donne économique et financière du pays, elle est connue et qu'on est entré dans une phase où on paye l'addition d'années dispendieuses avec la Covid, avec les boucliers énergétiques.

Toutes ces politiques ont coûté très cher et qu'aujourd'hui, l'addition est présentée en quelque sorte aux Français. Oui, les Français dont le pouvoir d'achat est la principale préoccupation, Bernard Sennanès, ça va être le sujet de la rentrée, l'économie ? Oui, parce que même s'il y a une amélioration légère sur le front du pouvoir d'achat, l'inflation a renié le pouvoir d'achat des ménages et aussi le moral des ménages parce que ça fait plus de deux ans qu'on vit cette inflation et qu'elle est au quotidien, qu'elle frappe les Français.

Mais pour le gouvernement, quel qu'il soit, qui sera aux manettes, si à l'instabilité politique et à la difficulté de gouverner politiquement, le pays s'ajoute en plus une détérioration de la situation économique, c'est évidemment la situation de tous les risques. Vous regardez l'amélioration de la situation d'emploi qu'on voyait bien dans les enquêtes. Le thème de l'emploi était seulement la dixième priorité des Français parce qu'il y avait prise de conscience qu'il y avait une légère amélioration. Les économistes ne sont pas tous d'accord sur la nature des emplois en tout cas qui étaient créés.

Mais si le couple pouvoir d'achat et inflation revenait en tête des préoccupations des Français, ce serait évidemment très risqué pour le gouvernement encore une fois, quel qu'il soit. Mathieu Plannes, on va être concret. Aujourd'hui, c'est le nouveau front populaire qui est en train de réfléchir à un programme aux urgences, à ce programme à appliquer. Est-ce que dans la situation économique actuelle, ce programme est applicable ? Que ce soit le SMIC, l'admission euro, la progression de la réforme des retraites ?

27:08
Invité

Toute la liste, non. C'est clair que non. Et je pense que ça ne sera jamais appliqué. De toute façon, la liste est bien trop grande avec des mesures qui sont chocs, mais d'ailleurs qui s'inscrivaient comme un programme de rupture qui était assumé avec un vrai choc fiscal, pas un vrai, un énorme choc fiscal très redistributif en direction des plus modestes, relance des services publics, augmentation de l'indice de fonction publique, augmentation du SMIC, ça fait beaucoup, beaucoup, beaucoup dans une situation effectivement de sortie de crise. C'est-à-dire que ça fait 4 ans qu'on a eu du quoi qu'il en coûte, crise Covid, crise énergétique et ça laisse des traces sur les comptes publics.

C'est pour ça qu'on a un déficit aussi élevé, on a une dette élevée. Peut-être que d'ailleurs on a eu peut-être trop de mesures budgétaires, c'est une question qui se pose, mais clairement, c'est-à-dire qu'aujourd'hui la trajectoire c'est l'inverse. On sort du quoi qu'il en coûte, c'est plutôt leur...

27:53
Présentateur

Donc on a trop dépensé.

27:54
Invité

C'est leur décompte. C'est leur décompte. En plus avant, les taux d'intérêt étaient bas, maintenant ils sont levés, donc l'argent coûte cher. Et donc c'est vrai que c'est comment un tel programme peut s'inscrire dans une crédibilité budgétaire de redressement des comptes publics. Et c'est là où ça coince, c'est-à-dire que si jamais il est appliqué, il ne peut pas respecter les engagements européens. Et donc qu'est-ce qui se passe si vous ne respectez pas les engagements européens ? Donc ça veut dire soit ils ronnent complètement sur leur programme et en fait on va avoir presque, j'allais dire, en puissance 2 ou 3 ce qui s'est passé en 2011-2012.

C'est-à-dire que Hollande n'a pas été élue sur ce qu'il a fait. Le programme a été quand même... L'application de ce qui a été fait était très différente en 2012. Il y a eu un redressement des comptes publics. Et donc ça pourrait se retrouver dans une situation en fait. Vous êtes rattrapé par les contraintes européennes et budgétaires. Et donc si vous en écartez, par contre prenez un risque par rapport aux partenaires européens, par rapport à la commission, par rapport au marché et par rapport à plein de choses. Donc on est vraiment là à ce point de, j'allais dire, d'accroche.

28:44
Présentateur

Et ça dépend de qui applique ce programme parce que j'imagine qu'il ne va pas s'appliquer de la même manière si c'est Olivier Faure qui est à Matignon, que c'est Clémence Guettet ou encore Huguette Bello dont on a parlé aujourd'hui qui est la présidente de la région Réunion et qui a été proposée par les communistes. Alors les noms que vous indiquez là sont quand même des noms qui sont tous issus du nouveau front populaire qui aujourd'hui ne montre pas de signe de lézarde. Pour l'instant, ils veulent... Pas sur le programme ? Sur les priorités ? Sur le programme, oui. Et c'est pour ça que c'est long parce qu'en fait, il y a plusieurs points de blocage.

Il y a le point de blocage du nom de leur premier ministre, du premier ministrable, celui qui voudrait proposer le plus vite possible à Emmanuel Macron. Mais on voit que tous les jours, ils nous disent que c'est dans l'heure qui vient et finalement on attend et on ne sait pas si ce sera aujourd'hui, demain, lundi. Là, ils ont dit plutôt qu'il se prendre. Voilà, sans doute. Mais au fond, j'allais vous dire, ils ont raison. Autant qu'ils prennent du temps pour se mettre d'accord sur un nom, sur les priorités budgétaires parce qu'ils ne pourront pas tout faire, Mathieu Plan l'a dit. Et c'est aussi un point de tension entre eux parce que... C'est ça, ils ne sont pas d'accord sur les priorités.

Il y a les insoumis qui, eux, veulent tout appliquer. Il y a les socialistes qui ont bien compris que tout ça était impossible. Et puis, il y a Marine Tondelier et les écologistes qui font un peu le pont entre les deux, qui essaient d'arranger un peu les choses, Marine Tondelier depuis le début parce que finalement, ce nouveau front populaire est né parce que les écologistes l'ont permis. Les socialistes auraient voulu une autre configuration et les insoumis, moins ils voient les socialistes, moins ils voient François Hollande, mieux c'est. Donc au fond, ils ont intérêt à prendre du temps. Ils ont intérêt à se mettre d'accord parce que ça ne va pas durer longtemps sinon.

Ça va durer le temps d'une motion de censure et ce gouvernement sera par terre tout de suite. Donc ils ont plutôt intérêt à montrer du sérieux en arrivant, en montrant que, bon, voilà, ils ont leurs priorités et pourquoi pas, le SMIC a plus de 100 euros, d'autres priorités annoncées dans leur programme, mais ils ne pourront pas tout faire. Alex Bouillag. Non, mais c'est vrai qu'il y a quand même deux approches dans les négociations. Il y a les insoumis qui sont droit dans leur botte tout le programme, rien que le programme, c'est-à-dire qu'ils n'en démordent pas.

C'est-à-dire qu'on a beau leur dire qu'il faudra quand même assouplir, trouver de quoi faire passer des textes avec une majorité de circonstances. Eux, ils déboulent comme s'ils avaient la majorité absolue. Or, ils sont vraiment loin du compte. Et on sent qu'effectivement, du côté notamment des socialistes, il y a plus de pragmatisme, peut-être aussi plus d'expérience et puis peut-être plus d'envie de gouverner. On en revient un petit peu au problème de départ. Mais quoi qu'il arrive, je ne sais pas quelle sera la durée de vie du prochain gouvernement. Je pense que ce sera quand même une durée de vie assez limitée parce que, sauf à vraiment élargir l'assiette des alliances, ça n'existe pas.

Ou alors il faut ce qui est plutôt en train de faire l'aile droite, parce que c'est peut-être ça qu'Emmanuel Macron est en train de faire en sous-main, c'est-à-dire se tourner plutôt vers la droite, essayer de trouver quelqu'un de consensuel et puis qu'il y ait une espèce de pacte de non-agression, c'est-à-dire pas forcément une coalition avec « je vote pour toi », mais c'est « je m'abstiens et en tout cas, je ne vais pas voter pour toi ». C'est ce qu'il y a un peu Laurent Fauquier. Tout à fait. C'est une espèce de pacte législatif.

Et moi, je me demande si pendant que tout le monde regarde la gauche en train de s'agiter, que tous les jours on se dit « alors Huguette Bello aujourd'hui, Clémence Guettet hier, demain Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Bompard et qu'on sort », peut-être qu'en fait la vraie story, la vraie histoire, elle est en train de se nouer en sous-main, de manière peut-être plus discrète avec notamment les Républicains ou pourquoi pas. Bernard Sennanet. Il y a un vrai enjeu aussi dans la séquence de communication politique, évidemment.

C'est sûr que si les insoumis, le PS et les écologistes et les communistes arrivaient à se mettre d'accord sur un non, ce qu'ils auraient pu faire semble-t-il depuis le début de la semaine, ça met la pression, tout d'un coup, la pression revient chez Emmanuel Macron. Si cette décision fait l'objet d'un consensus, si tous les leaders du nouveau Front populaire se retrouvent autour d'une caméra, d'un micro, comme ils l'ont fait pour l'annonce, par exemple, de leur accord d'investiture quand ils ont pris la décision d'investir en une nuit quasiment tous leurs candidats, ça a un impact qui prendrait les Français à témoin.

D'ailleurs, les Français, quand on leur pose la question, ils sont assez partagés, mais 50% d'entre eux, alors qu'ils ne sont que plus de 30% à avoir voté pour le nouveau Front populaire, 50% d'entre eux considèrent que si le NFP s'entend pour proposer un non, Emmanuel Macron devra lui proposer de former le gouvernement. Donc on voit bien que les Français ont assez conscience quand même qu'il y a une victoire très relative, mais une victoire comme un avantage, voilà, je cherchais le bon mot, un avantage pour le nouveau Front populaire.

Et la pression, Emmanuel Macron, il a tenté de la relâcher au sein même de ses troupes, et notamment autour de ce duel entre Gérald Darmanin et Gabriel Attal pour la tête du groupe à l'Assemblée nationale. Elisabeth Borne, cela dit, était aussi dans la course. Gérald Darmanin, on dit qu'il était le candidat de l'Elysée. Finalement, il a renoncé à entrer en la course pour quelle raison ? Il a renoncé parce qu'en fait, à l'intérieur du groupe Renaissance, les choses ne sont pas si simples que ça.

Il y a vraiment, on retrouve au fond la crise, la dissolution, la campagne électorale a fait réapparaître l'aile gauche, l'aile droite et ce groupe était menacé de dislocation avant même que la législature commence. Nous avons failli disparaître. Gérald Darmanin, il a dit ça dans sa lettre de profession de foi et c'est vrai que Gérald Darmanin faisait tanguer le groupe vers la droite et Elisabeth Borne sans doute vers la gauche et au fond, Gabriel Attal dans cette campagne est apparu comme un chef de majorité qui a essayé de sauver les meubles, qui a plutôt quand même tenu cette campagne dans des conditions extrêmement difficiles.

Alors, il s'émancipe du président de la République, c'est clair, c'est net, on l'a entendu dimanche soir, il n'a pas prononcé le nom d'Emmanuel Macron ni dimanche soir ni dans la lettre dans laquelle il parle de nous avons failli disparaître. Donc, au fond, les députés Renaissance voulaient avoir élire leur président tout de suite.

sans élection immédiate de leur président, ils risquaient de se retrouver ne pouvant postuler parce que la semaine prochaine, après l'élection du président de l'Assemblée nationale, il y a la répartition de tous les postes de responsabilité à l'Assemblée nationale et ne pas s'y présenter avec un seul candidat à chaque fois, c'était sans doute rendre aussi les choses plus compliquées pour les députés.

Il y a eu une espèce de sondage interne qui a été fait par certains députés, alors bon, on ne sait pas dans quelles conditions et apparemment, il y en avait plus de 80% qui voulaient élire leur président tout de suite et qui ne voulaient pas de direction collégiale et c'est comme ça que Gabriel Attal s'est imposé, enfin, sous réserve du vote qui aura lieu demain de ce seul candidat. Une élection qui ne règle ni la ligne politique ni le fonctionnement du parti a déclaré Gérald Darmanin. Il est quoi ? Il est mauvais joueur ? Il n'est pas mauvais joueur mais lui, il a déjà son plan en tête. Et alors, quel est son plan ?

Son plan, c'est de s'asseoir, de s'appuyer beaucoup sur Horizon, de ramener tout ce qu'il peut ramener de Renaissance et surtout d'aller récupérer des Républicains. Lui, il veut faire travailler la poutre comme disait Edouard Philippe. Il veut casser le système pour recréer un groupe qui puisse effectivement pencher plus à droite et faire équipe avec Edouard Philippe. Ça, c'est son plan idéal et grosso modo que le mieux placé gagne, l'emporte pour 2027. Une forme de ticket l'Elysée, Matignon en fonction du rapport de force. Et c'est pour ça que Gabriel Attal jouait un gros coup parce que Darmanin, il est malin. Il faut le reconnaître.

Donc, il réussit à quand même s'émanciper d'Emmanuel Macron prendre la tangente assez rapidement parce qu'il est quand même le seul à avoir dit que lui, il n'aurait vécu qu'une seule chose c'était de quitter le gouvernement pour reprendre sa liberté. Et en même temps, il a été dans la confidence sur la dissolution. Il a validé cette dissolution. Donc, il fait une espèce de jeu et en même temps alors que Gabriel Attal, oui, aujourd'hui, les relations sont extrêmement mauvaises entre Emmanuel Macron et lui. Il a annoncé dans l'entre-deux-tours la suspension de la réforme des retraites. Le président de la République n'était même pas au courant. De l'assurance-chômage.

De l'assurance-chômage, tout à fait. Le président n'était pas au courant. Donc, il joue sa carte de manière plus brutale et c'était très important pour lui de réussir à récupérer ce groupe renaissance parce que c'est sa carte pour la suite. Bernard Sénanès. Une chose qui est intéressante à noter, c'est que l'électorat macroniste ne sanctionne pas ce que j'appelle les affranchis de la dernière semaine. C'est-à-dire qu'on voit bien qu'Édouard Philippe, Gérald Darmanin, Bruno Le Maire dans une certaine mesure, mais surtout Édouard Philippe et Gérald Darmanin et Gabriel Attal ont pris leur distance avec le président de la République.

Eh bien, quand on regarde dans l'électorat macroniste, ils ne sont pas sanctionnés. Au contraire, ils progressent. Donc, on voit bien que même dans cet électorat macroniste, on considère qu'une page s'est sans doute définitivement tournée à la défaveur du président de la République. Cette instabilité politique, elle pourrait bien attiser de nouvelles colères. Faut-il craindre le fameux troisième tour social ? Les syndicats, en tout cas, laissent planer la menace et avant même la rentrée car auparavant, il y a les Jeux Olympiques de Paris et le monde entier nous regardera. Baptiste Gargui-Chartier avec Claire Bondiot, Marion Devauchel et Rémi Spietek. C'est un coup de pression sur l'Elysée.

La CGT Cheminot lance un appel au rassemblement devant les préfectures et près de l'Assemblée nationale. Le syndicat exige un gouvernement du nouveau Front populaire.

38:06
Invité

Il est temps maintenant que les choses se mettent en place. Il est temps de matérialiser la possibilité de se mettre au travail d'un point de vue du gouvernement et il est temps que le président de la République prenne acte du résultat des urnes et qui respecte aussi le vote des Français et qui permette justement qu'un gouvernement se mette en place et que les syndicats jouent pleinement leur rôle.

38:26
Présentateur

Rassemblement prévu le 18 juillet, date de la séance inaugurale de la nouvelle Assemblée. Un appel soutenu par l'ensemble de la CGT.

38:36
Invité

Je pense qu'il faut toutes et tous rejoindre ces rassemblements pour mettre l'Assemblée nationale sous surveillance et appeler au respect du vote populaire.

38:46
Présentateur

Des déclarations qui passent mal dans le camp présidentiel. Ce n'est pas l'une des branches d'un syndicat qui doit dire ce qui doit se passer dans le pays.

38:55
Jean-Luc Mélenchon

Il a le droit de le réclamer et de manifester.

38:58
Présentateur

C'est un droit constitutionnel de pouvoir manifester évidemment. Est-ce que le faire le jour de la séance inaugurale de l'Assemblée où là tous les députés vont pouvoir voter pour élire la nouvelle ou le nouveau président de l'Assemblée nationale s'est approprié ? Chacun jugera. Je crois que les Français appellent surtout au calme. Selon le Rassemblement national, les syndicats doivent rester à leur place.

39:18
Invité

La CGT, je pense qu'elle est devenue la fila syndicale de la France insurrectionnelle parce que, écoutez, lorsqu'on dit mettre sous surveillance l'Assemblée nationale, pardon, mais c'est un lexique inquiétant. Pour ce cheminot élu député nouveau Front Populaire,

39:33
Présentateur

la CGT est bien dans son rôle.

39:35
Jean-Luc Mélenchon

Un syndicat, il représente les salariés, il représente les syndiqués, il représente plus largement toute la population française. Et donc, c'est normal que l'on mette aussi la pression sur un gouvernement ou sur un président de la République. Quand on est élu député, on représente des gens et on doit gouverner justement pour ces gens-là. On ne doit pas gouverner contre et malheureusement, c'est ce qui se passe actuellement et c'est ce qu'Emmanuel Macron ne comprend pas.

40:02
Présentateur

Appel à manifester de la CGT alors que les Jeux Olympiques se rapprochent. À quelques jours de la cérémonie d'ouverture, les questions de sécurité sont dans toutes les têtes. Le gouvernement tente de rassurer. La sécurité des Géos sera assurée, Gérald Darmanov ?

40:17
Invité

Tant que je serai à mon poste, y compris si c'est jusqu'aux Jeux Olympiques, je l'assurerai. Mais le président de la République change le gouvernement quand il le souhaite. C'est la Constitution et moi, je respecte la Constitution.

40:27
Présentateur

Sur la journée du 26 juillet, plus de 45 000 policiers et gendarmes seront mobilisés dans la capitale. François a une question pour vous. La CGT serait-elle devenue un parti politique ? Mathieu Plaine.

40:43
Invité

Effectivement, il y a un engagement assez fort de la CGT. On est quand même dans un moment assez charnière avec des engagements sociaux très forts, notamment sur la question de la réforme des retraites. On voit que le programme économique a pris le devant de la scène, quand même, notamment du côté du nouveau Fonds populaire et avec des revendications sociales qui sont fortes. Donc, je ne suis pas tellement étonné que la CGT n'appelle à manifester.

41:08
Présentateur

Bruno Jeudy, elle est dans son rôle, la CGT ?

41:09
Invité

Elle dépasse un peu son rôle. On voit bien que là,

41:13
Présentateur

elle fait de la politique, elle fait pression sur Emmanuel Macron pour que le NFP arrive au pouvoir avec, vous l'en rappelez, au fond, c'est un peu la même chose que Jean-Luc Mélenchon, sauf qu'elle dit, eux, ils agissent par la manifestation, c'est tout le programme et rien d'autre. C'est mettre la pression sur le gouvernement, alors qu'on sait bien qu'à l'arrivée, on verra, mais les risques de grève pendant les Jeux sont quand même assez limités.

Les choses ont été assez bordées avant, il y a eu des accords qui ont été passés, des engagements coûteux par ailleurs, mais en partie logiques parce que beaucoup des personnels des services publics vont travailler plus et ont différé leurs vacances pendant les Jeux, mais là, on voit bien que la CGT fait de la politique. Alex Bouillaguet ? Oui, notamment dans l'entre-deux-tours, il y avait eu aussi cet appel au barrage contre le Rassemblement National émis par la CGT, donc effectivement, elle est un peu plus politique qu'elle n'avait l'habitude d'être et puis ces appels à se rassembler, à manifester, ça rejoint en fait la stratégie du nouveau Front Populaire et plus précisément des Insoumis.

Les Insoumis se disent si Emmanuel Macron n'accepte pas un Premier ministre insoumis, eh bien, en clair, c'est le peuple qui va parler et en sous-main, une petite insurrection, ça serait plutôt bien vu de la part du côté de la direction des Insoumis. Et d'ailleurs, on se souvient de ce tweet fait par Adrien Quattin, ce qui aujourd'hui n'est plus député puisqu'il ne s'est pas représenté, mais qui a appelé à une grande marche sur Matignon. Et en fait, quand on demande aux entourages, on dit non, non, mais on n'appelle pas à ça, à ça. Et puis, il rajoute, il dit, mais en même temps, si les gens manifestent, si les gens sont dans la rue, eh bien, tant mieux, et nous, on fait monter la sauce.

Donc la CGT, elle accompagne aussi ce mouvement et c'est vrai que la fameuse stratégie de bordélisation de Jean-Luc Mélenchon, elle est toujours là. C'est-à-dire que s'ils n'arrivent pas à avoir ce qu'ils veulent par les conciliabules politiques, eh bien, ce sera la rue qui leur donnera raison. On verra sur cette séquence probable ou possible l'impact des Jeux olympiques sur l'opinion des Français. Je rappelle un point quand on a appris la dissolution, on a tout de suite commencé à interroger les Français pour voir quelle était leur réaction.

Alors, il y avait l'incompréhension, il y avait ceux qui étaient satisfaits parce qu'ils espéraient l'alternance, comme je le disais tout à l'heure, et puis, il y avait ceux qui donnaient des arguments, mais pourquoi il l'a fait maintenant avant les Jeux olympiques ? Pourquoi il a pris le risque de sacrifier les Jeux olympiques alors que le président de la République lui-même nous a dit que c'était un moment de fierté ? Moi, je crois que les Français restent. On ne peut pas dire qu'il y ait une folie pour l'instant, une magie des Jeux olympiques. L'opinion est à distance parce qu'il y a beaucoup de difficultés, il y a une situation politique instable.

Non, mais c'est vécu au moins comme une trêve, peut-être ? Comme une trêve, sans douter. Donc, ceux qui s'en prendraient ou menaceraient cette trêve pourraient aussi avoir un effet backlash, un effet retour qui ne serait pas impossible. Ça a d'ailleurs été l'appel d'Anne Hidalgo que le gouvernement à tal démissionnaire soit investi pour gérer les affaires courantes pendant la période des Jeux. C'est très bien. Est-ce que ce serait plus simple finalement pour tout le monde ? Objectivement, c'est sans doute la solution vers laquelle on se dirige. On verra bien ce qu'il en est lorsque le nouveau Front Populaire aura proposé un nom à Emmanuel Macron. Que dira Emmanuel Macron ?

On voit que dans la lettre qu'il a fait publier il y a deux jours dans la presse quotidienne régionale, il dessine il faut des majorités solides, il faut une majorité solide donc il pourra toujours recevoir cette personnalité désignée par le nouveau Front Populaire. Lui signifier que pour l'instant il n'y a pas de majorité solide et le charger de trouver cette majorité solide, de prendre le temps de la chercher.

Donc on voit bien que quand le gouvernement de Gabriel Attal aura été démissionné, ce qui devrait arriver mardi ou mercredi pour permettre aux 17 ministres élus ou réélus de pouvoir participer au vote à la présidence pour la nouvelle présidente pour le président de l'Assemblée et les postes clés derrière une période j'allais dire d'un gouvernement qui va expliquer les affaires courantes va s'installer et notamment pour les Jeux Olympiques.

Cette trêve olympique, les Français la veulent, Bernard a raison et le président prendrait le risque de briser cette trêve, d'aggraver la discorde nationale pendant les Jeux, ce serait extrêmement mal vu pour tout le monde, le nouveau Front Populaire comme tous ceux qui est jusqu'au président de la République. Mathieu Plaine, pour rebondir sur ce que disait tout à l'heure Bruno Jeudy sur le risque de grève, vous les quartiers a priori pendant les Jeux Olympiques,

45:37
Invité

ça a été déminé. On l'a vu, il y a quelques mois, il y a eu quand même beaucoup de discussions autour de ça. Une prime. Une prime, ça a coûté assez cher, ça a été déminé. Donc ça serait assez surprenant que ça arrive là. Donc non, je ne crois pas non plus qu'il y aura une grève même si on n'est jamais à l'abri effectivement d'événements non maîtrisés.

45:55
Présentateur

On a des grèves dans les aéroports je crois préavis pour le 21 ou pour le week-end dans les aéroports, oui. Le week-end suivant. Oui. Et c'est peut-être pour ça aussi que ce fameux gouvernement qui sera donc effectivement démissionnaire mardi ou mercredi prochain, ça peut durer longtemps. J'ai regardé sous la 4ème République, ça a duré 348 jours parce que finalement, le principal écueil d'un gouvernement démissionnaire, c'est de se dire qu'il allait manquer de pouvoir et notamment concernant la sécurité. Or, d'après ce qu'on comprend, un gouvernement démissionnaire pourrait assurer la sécurité et notamment au moment des Jeux olympiques.

Après, c'est vrai qu'il ne peut pas signer de décret ni d'ordonnance, il ne peut pas se projeter sur des projets d'avenir, il ne peut pas nommer des préfets ou des directeurs d'administration. Mais cette continuité de l'État, elle est scrutée par le Conseil d'État qui retoquerait si ça outrepasse. Mais finalement, bon an, mal an, ça peut passer l'été. Il n'y a pas de raison. Dans les affaires courantes, on dit qu'il y a à peu près quatre ministères qui sont vraiment très concernés. Évidemment, l'intérieur, compte tenu de la situation des Jeux olympiques, la défense, parce qu'il y a une partie de la sécurité autour des Jeux, il y a l'opération Sentinelle, tout ça va être...

Et puis, il faut ajouter les transports, le sport, j'allais dire, de manière fonctionnelle. On peut ajouter la santé puisque c'est quand même aussi un des domaines importants. Ça veut dire que les autres, ils font leur bagage ? C'est-à-dire que les autres, ils sont à minima. Voilà, il y a une... On entre aussi dans la période de vacances. De toute façon, les autres n'auraient pas été sur... Sur sollicité. Sur sollicité. Techniquement, vous avez tous les deux raisons, évidemment, et ça peut passer l'été. Il n'y a pas, en dehors des sujets qu'évoquaient Bruno et Alix Bouilléguet, des thèmes qui nécessitent de renommer un gouvernement.

Par contre, il peut y avoir une forme d'impatience des Français, disant, mais attendez, vous nous avez demandé, M. le Président de la République, de vous avez fait une campagne éclair en trois semaines. Puis d'habitude, même si c'est vrai, il y a des rappels historiques qui ne sont pas les mêmes, mais d'habitude, en France, on se couche le dimanche et le lundi, on ne connaît pas le nom du Premier ministre, mais en tout cas, on connaît à peu près la configuration de la majorité. Vous ne pensez pas que la lassitude que les Français ont exprimée pendant cette séquence électorale et ce besoin de respirer un peu prime sur l'impatience ?

Non, je ne crois pas parce que la participation était très forte. Ça dit quelque chose aussi. Il y avait encore une fois cette envie de changement qui s'est exprimée soit pour le vote Rassemblement National, soit pour le vote Nouveau Front Populaire. Il y avait pour une partie de l'électorat Macroni cette réponse aux besoins de clarification. Et puis, il y avait sans doute aussi l'idée que, ce qui n'a pas été le cas, évidemment, c'est que l'élan réformateur reprenne. Et puis aujourd'hui, on n'a ni aucun de ces trois phénomènes auxquels la dissolution a permis de répondre. Donc l'impatience peut être de se dire que finalement, tout ça traîne.

Un petit bémol quand même, Bernard, en 2022, les Français avaient dû quand même patienter un mois avant de voir Elisabeth Borne succéder à Jean Castex. Il est secrétaire d'État. Ça a eu beaucoup d'impact. Après, ça donnait le sentiment que le quinquennat d'Emmanuel Macron ne démarrait mal. Emmanuel Macron leur avait déjà figé un mois d'attente. En situation normale, il prend déjà son temps. Donc en situation un peu exceptionnelle, inédite, autant dire que ça peut durer. Juste, vous parliez des Français, on voit quand même, c'est assez paradoxal puisqu'il y a un dernier sondage qui explique qu'une majorité de Français ne veulent surtout pas d'un gouvernement du nouveau Front populaire.

Donc en fait, la clarification souhaitée, espérée par Emmanuel Macron, elle n'est pas du tout là puisqu'on a trois blocs et que ceux qui sont en train aujourd'hui de négocier pour un poste de Premier ministre, ce ne sont pas du tout ceux qui sont souhaités par les Français. Et je voudrais citer aussi, on évoquait tout à l'heure la CGT, l'avertissement de Sophie Binet. Je voulais citer Serge Bousquet-Cassagne, agriculteur à la tête de la coordination rurale du Lot-et-Garonne, qui dit en cas de ministre LFI ou écologiste, il dit « ils ne passeront pas sur notre corps, il faudra non pas ressortir les tracteurs, mais les fourches ».

Est-ce que la colère et la frustration sont encore présentes, notamment chez les agriculteurs ? Il fait de la politique, c'est ce responsable de la coordination rurale ? La coordination rurale, oui. Il fait de la politique, coordination rurale, même s'il le démente, le responsable le démente, on les dit proche du Rassemblement national. Donc c'est quand même un propos très politique. Mais la frustration, elle est là, elle est sur les 10 millions d'électeurs du Rassemblement national qui voient que le match se fait partout ailleurs, mais absolument pas chez eux.

Donc je pense que les électeurs, ils se disent, c'est que là pour le coup, on nous a peut-être aussi un peu volé l'élection où il y a quelque chose qui à un moment ne s'est pas bien passé. Et d'où le changement aussi de registre de Marine Le Pen qui dit, nous à l'Assemblée, on va continuer la stratégie de la cravate, on va être bien élevés, on va adouber les textes qui nous plaisent, au contraire rejeter ceux qui ne nous plaisent pas.

Elle est un peu montée en puissance en disant, attendez quand même, nous aussi on a nos lignes rouges puisque tout le monde en fixe des lignes rouges, ce qui fait que ça arrange quand même les affaires de personnes en disant, s'il y a des insoulous ou des écolos au gouvernement, on votera systématiquement la ceinture. D'ailleurs, ce qu'on peut noter, c'est qu'on retrouve du côté de l'opinion la même fragmentation que celle du côté des élus, des députés et des différents partis. Finalement, les citoyens ne sont pas prêts à faire plus de compromis que les responsables politiques.

Quand on demande, nous on a testé cette semaine toutes les hypothèses de coalition, il n'y a pas une seule hypothèse de coalition qui dépasse 40% de soutien. Et donc on retrouve cette idée de dire, mon parti doit gouverner non pas seul, mais en tout cas avec vraiment un spectre assez étroit. Et ça, ça montre la fragmentation finalement de l'opinion, la fragmentation de la société française que ce vote a traduit. Finalement, quand on regarde l'hémicycle, on pourrait se dire, si on n'a pas suivi la vie politique depuis longtemps, c'est comme si on avait voté au scrutin proportionnel. Les blocs sont quasiment égaux.

Ces élections législatives ont plongé le pays dans l'incertitude, mais figurez-vous qu'elles ont aussi créé des remous en Italie. La RAI, surnommée Télé Mélanie par l'opposition, le scrutin français. Ça fait plusieurs mois que la télé publique est soupçonnée d'être à la botte de la première ministre d'extrême droite. Juliette Vallon avec Nicolas Baudridasson. Les Français aux urnes pour le second tour des élections législatives pour un vote historique. Sur la chaîne de télé privée italienne La 7, couverture du deuxième tour en France avec une envoyée spéciale à Paris dimanche dernier. Même dispositif chez sa concurrente Mediacet.

Un journaliste est en direct depuis la soirée électorale du Rassemblement National. Oui, exactement.

52:22
Invité

Il est en train de prendre la parole.

52:25
Présentateur

Service minimum en revanche pour la télévision publique La RAI, une institution en Italie. Sa chaîne d'information en continu préfère diffuser un reportage sur un festival culturel identitaire. Un choix assumé par son directeur très proche de Giordia Meloni. Depuis son arrivée au pouvoir, la présidente d'extrême droite du Conseil italien a placé des proches accusés par les journalistes de faire main basse sur l'information. Les journalistes de la RAI, quand on les interroge sur ces questions, souvent ils requièrent l'anonymat, disent qu'il y a quand même des pressions fortes pour favoriser la couverture de l'action du gouvernement, notamment sur la première chaîne.

Et une volonté finalement de diffuser par ailleurs les meetings politiques sans apport journalistique. Les journalistes se plaignent également de voir qu'il y a plus de place pour l'expression d'opinion. Des pressions que les salariés du groupe dénoncent depuis des mois. En mai dernier, ils se sont même mis en grève suite à la censure d'un écrivain italien invité à lire un texte antifasciste à l'antenne le jour de la commémoration de la chute de Mussolini. Nous sommes confrontés à un système de contrôle qui viole les principes du travail journalistique.

« Nos téléspectateurs doivent savoir que nous sommes en désaccord avec les décisions de la direction de la RAI et que nous luttons pour un service public audiovisuel indépendant, équilibré et pluriel. » Lui aussi se dit censuré. Le journaliste et auteur du best-seller Gomorra, Roberto Saviano, marqué à gauche, l'écrivain a vu son émission sur la mafia brusquement déprogrammée de la RAI.

53:59
Invité

« Centimètre par centimètre, mètre par mètre, ils contrôlent tout parce que ce gouvernement est basé uniquement sur le silence et la propagande. Et je me dis « Mais comment est-ce possible de travailler encore à la RAI ? D'être toujours invité là-bas, dans des institutions où tout est déterminé et contrôlé par la volonté du gouvernement ? » Depuis plusieurs mois,

54:25
Présentateur

les départs s'enchaînent à la RAI. Il y a un an, Fabio Fazio, l'un de ces journalistes vedettes qui avait reçu Barack Obama et faisait d'excellentes audiences à rejoindre une télé privée. La RAI, renommée Télé-Mélonie par l'opposition de centre-gauche qui défend la liberté de la presse. « Assez de cette Télé-Mélonie. Permettez-moi de le dire et d'applaudir chaleureusement le professionnalisme des journalistes et de ceux qui travaillent à la RAI avec tant de dévouement et de détermination. Ils ne méritent pas de voir leur professionnalisme mis au service d'une machine de propagande pour le gouvernement.

Georgia Mélonie, accusée aussi de s'immiscer dans le secteur de la culture pour distiller ses idées ultra-conservatrices et identitaires. C'est-à-dire de construire un nouveau récit national qui soit compatible avec les valeurs nationalistes et conservatrices de cette famille politique. Alors comment le faire ? Évidemment, il y a la RAI, mais il y a eu évidemment des nominations nombreuses dans plusieurs institutions

55:29
Jean-Luc Mélenchon

culturelles comme par exemple des musées, des théâtres où on a une volonté de remplacer

55:37
Présentateur

une certaine classe dirigeante qui est de gauche qui a été jusqu'à présent dominante et selon la droite

55:44
Invité

mélonienne, hégémonique.

55:46
Présentateur

Où s'arrêtera la croisade de la présidente du Conseil italien qui remet aussi en cause certains droits sociétaux. En avril dernier, les députés d'extrême droite ont adopté un amendement autorisant les militants anti-IVG à pénétrer dans les cliniques pour dissuader les italiennes d'avorter. Alex Pouillaguet, ça vous fait réagir ? Oui, c'est vrai que c'est assez symptomatique, c'est-à-dire que Giorgia de Méloni, elle a pris le pouvoir en Italie et c'est vrai qu'on a été assez étonnés de voir que finalement ce n'était pas la grande révolution qu'elle embrassait comme du bon pain Ursula von der Leyen. En tout cas, à l'international, elle le ferait...

Exactement, un visage tout à fait plutôt soft comme on dirait, plutôt... Voilà, pas forcément d'extrême droite, l'immigration, elle est promis monts et merveilles, finalement pas grand-chose. Bon, donc ça, c'est le côté pile. Le côté face, ce qu'on n'a pas vu tout de suite, c'est effectivement la mise sous tutelle du service public et en fait, c'est à ça qu'on reconnaît que ça reste un mouvement d'extrême droite, comment on muselle effectivement petit à petit la presse et le service public. C'est ça, le verrouillage des médias comme projet politique, Mathieu Plann.

56:55
Invité

Oui, d'ailleurs, vous avez interviewé la Salane Cavall qui a fait un très bon article dans Le Monde là-dessus qui montrait effectivement le lien entre la rail et le pouvoir politique et d'ailleurs, depuis Matteo Renzi, la nomination du directeur se fait directement par le chef du gouvernement. Donc là, elle a placé à sa tête quelqu'un d'un intellectuel assez proche, forcément même très proche d'elle, qui est sur une ligne qui est plutôt admirateur de Poutine, de Trump, qui est plutôt anti-vax. Donc on n'est pas du tout dans la rail traditionnelle ou classique. Donc en fait, c'est vraiment une lutte culturelle.

Gramsci parlait de ça, l'hégémonie culturelle, par exemple, c'est s'emparer du pouvoir mais par la domination culturelle. Donc on est dans ce rapport de force là-dessus. Marion Maréchal Le Pen en avait parlé, le Gramsci de droite, c'est-à-dire dire qu'en fait, il faut retrouver une domination culturelle mais d'extrême droite et donc ça passe par ça et pas forcément par la politique économique. C'est là où c'est extrêmement dangereux de façon à, entre guillemets, prendre le pouvoir politique. Et on le retrouve dans le programme du RN. Vous voyez, le programme du RN voulait, disait, privatiser le service public. On a, on retrouve un peu chez Malach, chez Orban, on retrouve ça.

Donc c'est quand même assez intéressant de suivre ça parce que c'est pas rien.

58:05
Présentateur

On va passer à vos questions SMS. Habib nous dit le président perd les européennes, il dissout, il perd encore mais c'est toujours lui qui définit l'arc républicain. Prénaud, je dis. Habib a raison, il pose une bonne question. Il y a quelque chose d'assez étonnant de voir le président de la République ne pas attendre d'abord que la première force arrivait en tête même si elle dispose d'une majorité extrêmement relative, c'est-à-dire moins de 200 députés, c'est la plus petite majorité de l'histoire de la cinquième, attendre qu'il lui propose un premier ministre et ensuite le recevoir et voir avec lui des conditions d'exercice de pouvoir.

C'est vrai que dans sa lettre, il a quelque part dit que personne n'avait gagné mais lui, il n'a pas concédé le moindre élément de défaite. C'est son camp qui a perdu le plus de députés quand même. Donc c'est vrai qu'il y a quelque chose d'assez étonnant et la sagesse du président qui est quand même le président de tous les Français, ce serait peut-être d'attendre, de voir ensuite. Et dans son camp d'ailleurs, cette question se pose.

Est-ce qu'il ne faut pas finalement laisser le nouveau Front Populaire exercer le pouvoir ne fût-ce que quelques semaines ou moins parce qu'on voit bien que c'est très compliqué entre eux et que ce sera difficile d'échapper à une motion de censure et ensuite, à ce moment-là, voir comment pourrait s'organiser une coalition qui regrouperait des macronistes, des socialistes, je ne sais pas,

59:34
Invité

d'autres en tous les cas.

59:35
Présentateur

Mathieu Plannes, pardon. Allez-y Mathieu.

59:37
Invité

Non, mais c'est vrai que je pense que les Français vont être déçus en réalité parce que d'abord, c'est un schéma politique qu'on ne connaît pas et qu'il va falloir du temps pour nouer un gouvernement s'il ne veut pas faire face à des motions de censure permanentes. Et donc, sur les mesures économiques ou sociales, ça risque de faire pchit. C'est que, de toute façon, soit vous avez un gouvernement qui essaie d'appliquer son programme mais il sera face à des motions de censure, soit vous trouvez une coalition qui se met d'accord sur tout et sur rien parce que le seul point commun c'est de rien faire finalement, j'ai l'impression.

Donc, vous voyez, les Français sont dans le schéma de l'impatience et on le voit dans les programmes politiques, c'est-à-dire tout de suite la question du pouvoir d'achat, des salaires, d'indices de fonctions publiques, un peu sur tout le schéma d'ailleurs, quelles que soient les parties. Et puis, quand on voit la réalité aujourd'hui de l'Assemblée nationale, on risque d'avoir un statu quo assez long, des coalitions et à la fin, un programme économique à minima. Enfin, moi, c'est ma grille de lecture.

1:00:28
Présentateur

Nathalie nous dit Fabien Roussel propose ce soir Huguette Bélo pour Matignon, une communiste de 73 ans. Est-ce vraiment crédible ? Alex Bouillaguet. Moi, il me semble que non, il me semble que c'est un peu un leurre, c'est-à-dire que c'est pour montrer que chacun a de bonne volonté. Donc, Fabien Roussel, il avance le nom de cette ancienne députée, donc il y a beaucoup d'expérience, qui effectivement est présidente du Conseil Régional de la Réunion, qui a été aussi, donc il y a un temps siégé chez les communistes quand elle était députée, et puis qui a été aussi avant-dernière de liste sur la liste européenne des Insoumis, qui a soutenu Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle.

Donc, c'est un peu, me semble-t-il, un jeu de rôle, c'est-à-dire que les Insoumis... Il a dit aussi, j'ai soutenu la candidature des socialistes à la... Pardon, Olivier Faure, je cherche son prénom, excusez-moi. Oui, c'est ce qu'il a dit Fabien Roussel. Oui, oui, donc on lance cette Huguette Bélo un peu dans l'espace, et ça permet aux Insoumis de dire, mais oui, c'est une excellente idée, aux écologistes de dire, mais oui, c'est une excellente idée, aux communistes de dire, c'est notre idée, donc elle est excellente. Ça cornerise un peu les socialistes qui, eux, disent, bah non, ils restent sur leur idée d'Olivier Faure.

Donc, je pense que c'est une forme de jeu de rôle pour montrer que c'est constructif. Ce n'est pas très sérieux. Je pense qu'on voit bien qu'ils sont dans une impasse, ils ne parviennent pas dans ce jeu conclave qui n'a pas l'air d'être très joyeux à trouver une solution. Ça fait quand même presque une semaine, enfin, ça fait cinq jours, et c'est rien contre Mme Bélo qui fut une excellente parlementaire par ailleurs, mais ça ne fait pas très sérieux pour une alliance électorale qui manifestement, depuis, d'ailleurs, pendant les 21 jours de la campagne, a éludé la question du Premier Ministrable et qui, aujourd'hui, se trouve plantée sur cette question.

Donc, ça renvoie un signal pas très positif, y compris à leurs électeurs. Fred nous dit pourquoi reprendre le terme de bordélisation ? La CGT n'a-t-elle pas droit à la manifestation ? Bernard Salanès. Le droit de manifester, comme tout le monde l'a dit, évidemment, il est acquis. C'est vrai que ce qui est plus étonnant, même si la CGT avait pris position assez nettement, notamment sur l'entre-deux-tours des législatives, ce qui est plus étonnant, c'est que la CGT veuille faire pression sur les choix politiques, qu'ils soient ceux d'une coalition au Parlement, que ce soit ceux du président de la République. C'est vrai que ça, c'est surprenant.

Le mot de Mme Binet de mettre l'Assemblée sous surveillance, c'était peut-être un petit excès de langage. Catherine nous dit, est-il vrai qu'Emmanuel Macron aurait préféré Gérald Darmanin comme président du groupe Renaissance à l'Assemblée plutôt que Gabriel Attal ? Oui, clairement, c'était son homme, mais effectivement, chacun a joué sa carte. Gabriel Attal, il s'est émancipé, ça y est, c'est fini, il est parti, il joue sa carte. Pierre, pourquoi un Premier ministre écologiste ne ferait-il pas consensus puisque la transition énergétique est le sujet majeur du siècle ?

1:03:25
Invité

Je pense qu'effectivement, ça dépend où vous placez le curseur, c'est un sujet majeur quand vous êtes écologiste et pour beaucoup d'autres, mais en réalité, après la position des écologistes n'est pas forcément, on ne fait pas consensus sur le reste, par exemple sur la question du nucléaire.

1:03:39
Présentateur

Les communistes l'ont dit d'ailleurs, les communistes ont dit que pour eux, c'était compliqué par rapport au sujet du nucléaire d'en parler national. Dans leur plateforme, la plateforme du Nouveau Front Populaire, un certain nombre de sujets ont été mis de côté et notamment la question du nucléaire parce qu'ils ne peuvent pas s'accorder. Il n'y a pas de personnalité écologiste qui fasse consensus aujourd'hui en France. Sandrine nous dit la formation d'une coalition prend plusieurs mois aux autres pays européens. Pourquoi voudrait-on que la France y arrive en cinq jours ?

Elle a raison, mais sauf que je reviens à Emmanuel Macron, c'est vrai qu'il n'a pas compris que la dissolution, on n'était plus avec le président monarque une présidentialisation, on était dans un régime parlementaire. Donc ce sont les partis qui ont la main et effectivement, ils continuent de dicter les règles du jeu, de dire « toi, je veux bien, toi, je ne veux pas et tout ». Non, la réalité, c'est qu'en fait, il devrait effectivement nommer un Premier ministre qui est à charge de faire une plateforme qui peut durer un mois, deux mois, trois mois, mais c'est plutôt dans ce sens-là. Alors que lui, il dit « arrangez-vous sur les idées et puis je nommerai après ». Le Parlement de Paris.

Vous disiez, vous étiez d'accord avec ce temps-là.

1:04:43
Invité

Oui, mais ce n'est pas dans notre culture, donc il va falloir apprendre. Mais ça peut le devenir.

1:04:48
Présentateur

D'ailleurs, on le voit bien, trois quarts des Français pensent que le pays est ingouvernable et quand on les interroge, au-delà du soulagement pour ceux qui voulaient faire barrage au Rassemblement national, il y a cette inquiétude qui ressort très fortement. Merci à tous les quatre d'avoir participé à ce « C'est dans l'air ». Restez avec nous dans un instant, vous retrouvez Anne-Élisabeth Lemoyne et toute la bande de C'est à vous. Bonsoir, Babette. Quel est le menu ? Bonsoir, Maya. Au programme ce soir, ce qui pourrait être le lapsus de trop quand Joe Biden confond Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine. On y revient dans la story de Mohamed Bouafsi.

Un 14 juillet, pas comme les autres dimanche pour cause de Jeux Olympiques. Les souvenirs d'autres défilés mémorables avec Laurent Sénéchal. Un été qui ne démarre toujours pas. Les prévisions d'Evelyne Delia étaient qui risquent de s'achever avant que la France ne se trouve un Premier ministre. On refait le film de cette campagne avec nos invités pour la dernière émission en direct de la 15e saison de C'est à vous. Oh, dernière émission. Profitez-en bien avant les vacances, Babette. A tout de suite. Et vous pouvez revoir cette émission sur France.tv et l'écouter en podcast. Nous, on se retrouve demain à 17h45. Bonne soirée. Sous-titrage Société Radio-Canada