Le courrier de l’Elysée : qui écrit au président et pourquoi ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 9 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:09OuverteRéponse directe
Qui écrit au président et pourquoi ?
- 1:43OuverteRéponse directe
Pour quelles raisons Carole ?
- 2:25OuverteRéponse directe
Et qu'est-ce que ça a donné, Carole ?
- 3:44OuverteRéponse directe
Michel Offerlet, sur la démarche de Carole, c'est une démarche qui n'est pas unique, loin de là.
- 4:26RelanceRéponse directe
Alors, ce que j'aimerais bien savoir, ce qu'on aimerait bien savoir, c'est justement quelle est la réponse qu'on lui a faite, puisqu'en principe, on répond à tous.
- 5:15OuverteRéponse directe
Julien Freutel, c'est ce que j'allais vous demander, normalement, on doit répondre.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:45AuditeurFait
« J'ai pris ma retraite le 1er septembre 2020. Bien sûr, en pleine période de crise sanitaire. »
- 1:59AuditeurFait
« Ce qui fait qu'immédiatement, je me suis trouvée confrontée à des difficultés administratives énormes. »
- 2:09AuditeurFait
« Je me trouvais confrontée à des murs de silence, en particulier de la part des caisses de retraite. »
- 2:17AuditeurFait
« Ce qui fait que je me suis décidée à écrire, d'une part à l'Elysée, d'autre part à Matignon, et enfin au ministre chargé des retraites. »
- 2:27AuditeurFait
« Absolument rien. »
- 10:27AuditeurFait
« La première fois que j'ai écrit, il y a deux ans, OK, on m'a envoyé une lettre au type. »
- 10:58AuditeurChiffre
« Moi, ça fait 11 ans que j'ai renouvelé. »
- 11:11AuditeurFait
« La première fois que j'ai écrit, on m'a envoyé une lettre au type, on s'occupe. »
- 12:12AuditeurChiffre
« Ça fait depuis 2011 que je demande un logement. »
- 12:26AuditeurFait
« Et là, j'ai envoyé en mars. On ne m'a pas répondu. »
- 12:38AuditeurFait
« Ils m'ont dit, c'est en étude. On étudie ma lettre. »
- 17:31AuditeurFait
« Dans le cadre de mon travail, j'ai des employés qui étaient de Centrafrique et qui me faisaient part de toute cette difficulté qu'avaient leurs familles dans ce pays. »
- 17:52AuditeurFait
« J'ai reçu un courrier très empathique du cabinet de François Hollande m'expliquant ce qui avait été déjà fait, ce que la Croix-Rouge allait faire, etc. »
- 18:03AuditeurFait
« Et trois semaines plus tard ou un mois plus tard, la France intervenait en Centrafrique. »
- 20:12AuditeurFait
« J'ai écrit à Jacques Chirac la première fois quand il a été élu. Je lui renvoyais le bulletin de Jean-Marie Le Pen pour lui signifier que je ne l'avais pas voté pour lui, mais contre Jean-Marie Le Pen. »
- 20:40AuditeurFait
« J'ai eu deux réponses parce que j'ai fait des lettres très policées quand c'était les voeux du jour de l'an et donc là, j'ai eu une réponse qui était une réponse avec une jolie carte que je lui disais que j'ai conservée bien évidemment. »
- 33:18AuditeurFait
« On est arrivé dans les années 80 du Liban pour soigner ma soeur qui avait un cancer de la moelle osseuse et qui a été sauvée par l'hôpital Goncourt à Paris. »
- 33:37AuditeurChiffre
« et qui représentait une somme considérable, un million de francs à l'époque »
- 33:39AuditeurChiffre
« une somme considérable un million de francs »
- 34:08AuditeurFait
« cette dette mes parents ne la devraient plus »
- 35:05InvitéFait
« il y a eu une augmentation du passage des lettres vers les chiffres »
- 37:39PrésentateurFait
« je ne comprends pas que le protocole n'est pas un parapluie sous la main »
- 37:50PrésentateurFait
« il y a deux ans on brocardait le président pluvieux aujourd'hui il est vulnérable »
Temps de parole
- Invité33 %
- Présentateur22 %
- Présentateur 220 %
- Auditeur6 %
- Auditeur 25 %
- Auditeur 34 %
- Auditeur 44 %
- Auditeur 53 %
- Auditeur 62 %
≈ 4,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, 18-20, Claire Servagent. Au téléphone sonne ce soir, qui écrit au président et pourquoi ? La question peut paraître incongrue, elle ne l'est pas tant que ça, car ceux qui écrivent sont très nombreux et ils le font pour des raisons très différentes. Il n'est donc pas inutile de s'y arrêter, surtout à trois mois de la présidentielle, dans un pays où tout a tendance à remonter au sommet de l'État. On verra quelles sont les raisons qui en poussent certains à s'adresser au président, à prendre le temps de lui écrire. On verra aussi ce que deviennent ces lettres envoyées par la poste ou par mail. Sont-elles toutes lues ? Et si oui, par qui ? Obtiennent-elles des réponses ?
Quelle importance les différents présidents qui se sont succédés ces dernières années ont-ils accordé à ces courriers ? Et qu'en est-il aujourd'hui ? Alors, si vous faites partie de ceux qui ont déjà écrit ou pas, d'ailleurs, au président, n'hésitez pas à nous appeler. Avec nous, pour répondre à toutes vos questions, les deux auteurs d'un ouvrage qui vient d'être publié aux éditions La Découverte. Son titre ? Écrire au président en quête sur le guichet de l'Élysée. Bonsoir Michel Auferlet. Bonsoir. Vous êtes professeur émérite de sociologie du politique à l'École Normale Supérieure. Bonsoir Julien Freutel. Bonsoir. Vous êtes professeur de sciences politiques à Paris 1.
Merci à tous les deux d'être avec nous ce soir. Et pour commencer, nous partons dans la Sarthe, à la Ferté Bernard, retrouvée Carole. Bonsoir Carole. Bonsoir Claire. Bienvenue sur l'antenne de France Inter, Carole. Ce sujet vous a interpellé ?
Oui, tout à fait. Dès que j'ai entendu votre appel, j'ai immédiatement sauté sur mon téléphone. Alors, pour quelles raisons Carole ? Alors, je vais vous expliquer. Donc, j'ai pris ma retraite le 1er septembre 2020. Bien sûr, en pleine période de crise sanitaire. Ce qui fait qu'immédiatement, je me suis trouvée confrontée à des difficultés administratives énormes. J'avais bien sûr réalisé les démarches, il me semble, dans le bon ordre. J'ai fait appel à différents organismes, personnes. Je me trouvais confrontée à des murs de silence, en particulier de la part des caisses de retraite.
Ce qui fait que je me suis décidée à écrire, d'une part à l'Elysée, d'autre part à Matignon, et enfin au ministre chargé des retraites. Et qu'est-ce que ça a donné, Carole ? Absolument rien.
Nulle part ? Nulle part. Et pourquoi vous avez pensé au président de la République ? Parce qu'a priori, il ne s'occupe pas des retraites de chacun.
Parce que je voulais tirer en quelque sorte une sonnette d'alarme pour attirer l'attention vers les citoyens qui, à un moment donné de leur vie, un tournant de leur vie, se trouvent confrontés à un grand vide et ne trouvent plus aucun interlocuteur.
Carole, j'espère que votre problème a été résolu entre temps. Mais sinon, on perçoit une certaine déception dans ce que vous nous dites.
Bien sûr, bien sûr. Parce que pour faire valoir mes droits, justement, et pour débloquer le dossier, au bout de presque six mois sans revenu, donc sans retraite, la seule personne qui a agi, c'est Mme Claire Edon, défenseur des droits.
Défenseur des droits et personnage évidemment essentiel dans notre République. Un grand merci, Carole, en tout cas, de nous avoir appelé pour nous faire part, effectivement, de ces courriers que vous avez adressés comme des bouteilles à la mer qu'on jette quand on ne sait plus quoi faire. Michel Offerlet, sur la démarche de Carole, c'est une démarche qui n'est pas unique, loin de là.
C'est très bien de commencer par ce témoignage parce que je pense qu'il est effectivement assez représentatif de ce que, dans le langage du service du courrier présidentiel, on appelle une requête. C'est-à-dire qu'en gros, il y a une division entre requête et opinion. Requête, c'est plutôt des cas individuels. Alors, ça peut être un logement, ça peut être une retraite, ça peut être des problèmes médicaux, etc. Et visiblement, Carole, bon, elle avait un problème avec les gens qui devaient gérer sa retraite. Et puis alors, visiblement, donc, dans son expression, elle nous dit que non seulement elle parle pour elle-même, mais elle parle également pour d'autres gens.
C'est-à-dire que là aussi, les requêtes, c'est parfois uniquement individuel, mais ça peut également être au nom d'un groupe plus important. Alors, ce que j'aimerais bien savoir, ce qu'on aimerait bien savoir, c'est justement quelle est la réponse qu'on lui a faite, puisqu'en principe, on répond à tous. Alors, est-ce qu'elle a eu simplement une lettre type, ou bien est-ce que ça a été un peu plus développé ? En tout état de cause, bon, je trouve que c'est très très bien qu'elle soit allée, justement, donc, voir la défenseur des droits, qui est en gros aussi, donc, la deuxième instance nationale, qui peut éventuellement, elle, intervenir, et qui, elle, véritablement, est une administration.
On va voir, est-ce que Carole est encore là pour savoir ?
Je suis toujours là, Claire, oui.
Est-ce que vous avez eu un début de commencement de réponse, ne serait-ce que pour vous dire qu'on ne vous répondait pas, ou rien du tout ? De la part de l'Élysée et des ministères, absolument rien. Rien du tout. Merci, Carole.
Alors là, c'est un principe, c'est extraordinaire, parce que l'idée, c'est répondre à tous.
En tout cas, voilà, Carole, on ne lui a pas répondu. Julien Freutel, c'est ce que j'allais vous demander, normalement, on doit répondre. Je voulais ajouter dans la motivation de Carole, c'est que souvent, quand on a tout essayé, et qu'on est dans une situation d'urgence, alors que ça renvoie aussi à nos institutions, l'une des solutions, c'est, je vais écrire au président, et on va voir ce qui va se passer, même si ce n'est pas forcément de son ressort. Et comme Michel Offert le dit, ce qui est étonnant, c'est qu'elle n'ait aucune réponse, même pas une réponse type a minima.
Et en général, puisqu'on a travaillé dans ce service, enfin, on a enquêté dans ce service assez longtemps, en général, même si l'Elysée ne peut rien, parce que la plupart du temps, l'Elysée ne peut pas faire grand-chose sur ces cas-là, l'Elysée renvoie à une préfecture, renvoie à des services sociaux, renvoie à des ministères. Donc là, c'est une intrigue qu'il va falloir résoudre. On va voir surtout s'il y a d'autres, Carole, qui nous appellent ce soir pour nous dire la même chose. Dites-nous quand même un petit mot, justement, de cette enquête que vous avez pu faire, et qui vous a résumé dans ce livre, qui est une longue enquête.
Déjà, peut-être la première chose, Michel Ferré, pourquoi avez-vous eu envie de vous intéresser au courrier de l'Elysée ?
Alors, c'est la rencontre entre une opportunité, puisque une des amies de Julien, travaillait au service de l'Elysée, et lui a parlé, justement, avec beaucoup d'intérêt de ce qui se passait dans ce service. Et puis, c'est également, si vous voulez, d'interroger à nouveau frais la présidence de la République, puisque généralement, on parle de l'hyper-présidence, de Jupiter, etc. Mais on la prend plutôt, généralement, vers le haut, et pas tellement vers le bas. Et donc, nous, on a eu l'occasion, après beaucoup d'attentes, de pouvoir travailler pendant trois mois, à raison de plusieurs séances par semaine, au sein même du courrier de l'Elysée, en 2017.
Bon, après, éventuellement, on pourra revenir, parce qu'on a allongé vers Macron, on a également allé vers Sarkozy, voire vers Mitterrand, si vous voulez.
Alors, justement, Julien Fratell, ce service de la correspondance présidentielle, le SCP, est-ce que vous pourriez nous le présenter ? Première chose que j'ai pu apprendre en lisant votre livre, ce n'est pas à l'Elysée. Alors, ce n'est pas à l'Elysée pour des raisons pratiques et des raisons de sécurité, puisque quand le courrier arrive à l'adresse officielle, le courrier est analysé, testé, pour voir s'il n'y a pas des courriers dangereux. Et donc, comme le personnel qui s'occupe de ce courrier est assez nombreux, entre 70 et 80, selon les présidences, eh bien, il est, pas à l'Elysée, mais à côté, vers l'Alma. De l'autre côté de la Seine. De l'autre côté de la Seine.
Et donc, ça veut dire qu'on écrit, ils sont nombreux, les Français sont nombreux à écrire au président, et il faut un personnel assez important pour traiter, en temps en heure, ce courrier, et éventuellement le sélectionner pour le porter à la connaissance du président de la République.
Juste à côté du musée du Quai Branly, entre le musée du Quai Branly et la Catalina orthodoxe.
Au palais de l'Alma, un endroit célèbre, on va dire. C'est là qu'ont habité Anne Pinceau et Mazarin, quand François Mitterrand était président. On y a logé Alexandre Benalla aussi, si j'ai bien lu votre livre.
Pas longtemps.
Sur ce service, encore une fois, c'est quelque chose de prestigieux pour ceux qui y travaillent, ou pas forcément, Julien Fratell ? Alors, c'est relativement prestigieux parce qu'on travaille à l'Elysée, même si ce n'est pas dans l'Elysée, dans le palais. On travaille pour le président de la République. Il y a même toute une dimension psychologique. C'est-à-dire qu'on essaie de se mettre à la place du président, quand on reçoit les courriers et qu'on fait des propositions de réponse, et qu'éventuellement on sollicite ce qu'on appelle le palais, c'est-à-dire le cabinet du président pour une signature manuscrite. Néanmoins, ce n'est pas vraiment une administration.
Beaucoup de ceux qui travaillent dans ce service sont des fonctionnaires détachés, donc pour partie un petit peu oubliée de leur administration d'origine. Et puis, c'est quand même, au bout d'un certain temps, quelque chose d'assez usant, parce qu'il y a peut-être des courriers magnifiques, des courriers d'opinion, mais il y a aussi beaucoup de courriers de détresse. Et donc, ça abîme quand même les agents de voir à quel point, parfois, la misère du monde en France est aussi étendue. Alors, on va évidemment revenir sur ces courriers et sur les volumes, mais je voudrais qu'on passe par le standard de... Juste un point pour ce service.
Au départ, il était essentiellement dirigé par des gens qui étaient passés par la préfectorale, parce qu'on estimait qu'ils avaient une vision interministérielle et qu'ils pouvaient, à ce moment-là, si vous voulez, envoyer les requêtes ici ou là, en fonction du bon interlocuteur. Donc, c'était des détachés essentiellement du ministère de l'Intérieur, mais également du ministère de l'Éducation nationale, des gens qui s'avaient rédigés. Et puis, lorsqu'on est arrivé, nous, dans le service, il y avait pas mal de gens qui avaient fait des études de sciences politiques.
Et là, le service a été un petit peu changé, notamment avec l'arrivée d'un nouveau responsable de service, qui, lui, justement, est passé par le privé et qui a essayé de recruter, justement, en changeant complètement la modalité du service, a essayé de recruter, justement, des gens un peu différents.
Alors, on va voir, évidemment, en quoi les choses ont pu évoluer. Mais on va aller à Bonneuil-sur-Marne retrouver Jean-Paul. Bonsoir, Jean-Paul.
Bonsoir, madame.
Alors, vous avez écrit à l'Élysée, vous ?
Moi, j'ai écrit... La première fois que j'ai écrit, il y a deux ans, OK, on m'a envoyé une lettre au type. Il y a une chose que je voulais parler, parce que j'ai écouté la dame qui parlait. C'est vraiment, quand on écrit au présent, on est vraiment en détresse. Ça veut dire, on n'arrive plus à avoir d'autres solutions. Il y a l'administration, on ne fonctionne pas. On va voir le maire, on va voir les assistants sociaux. On fait ce qu'on nous dit. Rénouvelez le droit au logement. On renouvelle. Moi, ça fait 11 ans que j'ai renouvelé. Quand j'écris au président de la ville, ça veut dire que je suis vraiment à bout.
Je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas à quelle porte toquer pour avoir quelque chose. C'est pour ça que j'ai écrit. La première fois que j'ai écrit, on m'a envoyé une lettre au type, on s'occupe. Et il n'y a rien eu. Pardon, Jean-Paul,
vous avez écrit pour ce problème de logement, si je comprends bien.
Voilà, c'est ça, oui. C'est ça.
Donc, première lettre et pas de réponse.
On m'a envoyé une lettre type, on s'occupe, j'ai toujours la lettre. Et un an après, j'ai dit, mais ce n'est pas possible. Mais la lettre-là, je pensais qu'on allait faire, la préfecture allait me convoquer ou quelqu'un allait me convoquer. Je n'ai rien eu.
Elle faisait combien de lignes votre lettre ?
Michel Offerlet a une question pour vous.
Elle faisait combien de lignes votre lettre ? Non, c'était une seule lettre. Oui, mais elle faisait combien de lignes ? Elle était très brève.
Ah oui, c'était jusqu'à la fin de la page. Il y avait beaucoup. J'ai expliqué tout mon cas. J'ai tout expliqué. J'ai fait même des photocopies des demandes de logement. J'ai fait des photocopies. Ça fait depuis 2011 que je demande un logement. On est en 2022 maintenant. Vous voyez, j'ai rénouvelle chaque année. Après, j'ai écrit une deuxième lettre avec tous les justificatifs et j'ai envoyé. Et là, j'ai envoyé en mars. On ne m'a pas répondu. Je n'ai plus de courrier. Et deux mois après ou trois mois après, j'ai dit que je téléphone carrément à l'Elysée. Ah bon ? Et j'ai appelé. Oui, j'ai appelé à l'Elysée.
Et alors là, qu'est-ce qui s'est passé ?
Ils m'ont dit, c'est en étude. On étudie ma lettre. C'est en étude. Il faut patienter, c'est en étude. Deux mois après, j'ai dit, non, je vais ré-téléphoner encore. J'ai rappelé. Ils m'ont dit, c'est en étude. Et ils ne m'ont pas répondu. Et on ne m'a même pas envoyé même une lettre type, quoi, le président a reçu votre lettre. Ils m'ont dit qu'ils ont reçu ma lettre. Et j'avais tous les justificatifs que j'ai mis dedans. Et ils ne m'ont jamais répondu.
Et voilà où vous en êtes. Merci Jean-Paul de nous avoir appelé pour nous raconter votre démarche. Je vous souhaite bonne chance pour la suite des événements. Julien Frotel, une fois de plus, on entend quand on ne sait plus quoi faire. On écrit au président. Oui, ce monsieur disait d'ailleurs qu'on était à bout. Et quand on était à bout, on écrivait au président. Alors, ce n'est pas lié au cas qui est soulevé. Mais c'est vrai que tous les jours, arrivent à l'Elysée des lettres de gens expliquant que non seulement ils sont à bout, mais qu'ils sont à deux doigts de mettre fin à leur vie.
Et des agents sont préposés à essayer de repérer ces individus, de venir en aide, de solliciter les services de soins pour éviter qu'un drame n'arrive. Il y a des courriers de détresse. Il y a beaucoup de courriers de détresse. Et ceux-là, il faut les repérer. C'est ce que vous nous dites.
Les suicides, si vous voulez, sont traités en urgence. Donc, ça veut dire que quand même
le courrier qui arrive, on le lit.
Absolument. Tout est lu. Tout est lu. Tout est lu. Bon, maintenant mis sur machine, mais tout est lu. Là, de A à Z, tout est lu. Et les courriers suicidaires ou éventuellement, si vous voulez, avec des menaces de suicide, latente, etc., etc., sont immédiatement traités. Il y a un délai de quelques heures. Et à ce moment-là, les services sociaux, les gendarmeries, si vous voulez, sont alertés. Ça, c'est le premier paquet. Le deuxième paquet, c'est les lettres auxquelles on ne peut pas répondre parce qu'elles sont anonymes ou délirantes. Et puis sinon, après, vous avez trois catégories de lettres qui sont traitées.
Là aussi, le cas de Jean-Paul, c'est tout à fait une requête et qui est assez représentative aussi, si vous voulez, des demandes qui sont faites à l'Élysée, notamment dans le domaine du logement. un certain nombre de gens, donc non seulement décrivent par le menu leurs problèmes, mais également envoient des justificatifs. Mais est-ce qu'on ne réoriente pas
les gens vers les services compétents ?
En principe, si vous voulez, alors là aussi, si vous voulez, nous, on n'a pas pu suivre l'ensemble, si vous voulez, des choses qui se passent dans le service, étant donné l'énormité du courrier. En tous les cas, en principe, il y a donc un envoi aux services compétents et d'après le nouveau responsable du service, il devrait y avoir des retours, justement, sur les demandes. Bon, mais je crois que pour le moment, lorsqu'on a fait un entretien avec lui, le nombre de retours était extrêmement faible, si vous voulez. Ça se perd bien souvent dans les méandres administratifs. Ce qui est aussi intéressant
dans le cas de votre auditeur, c'est que votre auditeur, alors dans notre jargon, on l'appellerait un polyscripteur. C'est quelqu'un qui a écrit plusieurs fois au président et il n'est pas le seul. Alors, on écrit plusieurs fois au président pour plusieurs raisons. Soit parce qu'on a une requête et on veut aller au bout. Et alors, parfois, quand on n'a pas de réponse, on réécrit. D'ailleurs, dans les services, ce qui est redouté, c'est de ne pas répondre en temps et en heure au courrier parce qu'on sait qu'on aura un deuxième courrier expliquant la même chose et qu'il y a un risque de saturation.
Mais on a aussi des polyscripteurs qui aiment, ce qu'on dit dans le livre, tutoyer un peu le président de la République au sens figuré du terme, c'est-à-dire pour discuter de politique avec lui et partager avec lui ou sa fonction ou son symbole un certain nombre de considérations sur l'actualité. Ça, ce n'est pas des requêtes personnelles. Ça, ce n'est pas des autres choses.
C'est la deuxième catégorie, mais qui est très minoritaire par rapport à la catégorie requêtes, même si la catégorie requêtes est extensible puisqu'on peut parler de soi, on peut parler également des autres en parlant de soi. On peut parler éventuellement de sa retraite, mais de l'ensemble des retraites. Alors, pour les polyscripteurs, effectivement, vous avez même, on a retrouvé à la fois dans les archives Sarkozy et également dans les archives Hollande, enfin, du moins, sur le courrier Hollande tel qu'on a pu le voir sur place, des gens qui étaient des espèces de commentateurs du quinquennat et qui écrivaient, pouvaient écrire deux fois, trois fois par an.
Si je vous ai bien lu, ça ne lui déplaisait pas forcément à François Hollande.
Voilà. Il lisait bien ce qu'il y avait là-dedans. François Hollande, s'il voulait, bon, vraisemment, il lisait beaucoup plus de courriers que Nicolas Sarkozy. On les a vus tous les deux. Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il était très attentif aux courriers. Ses arguments n'étaient pas vraiment, vraiment convaincants. Alors que Hollande, justement, se plaignait de ne plus avoir ce contact comme il avait dans la Corrèze, justement, avec les individus qu'il pouvait voir au marché, qu'il avait en permanente. Et donc, les courriers, c'était une espèce de manière de s'ouvrir.
Alors, figurez-vous que nous sommes en ligne avec Emmanuel qui a écrit à François Hollande. Bonsoir, Emmanuel.
Oui, bonsoir.
Alors, racontez-nous.
Dans le cadre de mon travail, j'ai des employés qui étaient de Centrafrique et qui me faisaient part de toute cette difficulté qu'avaient leurs familles dans ce pays. Et du coup, voilà, j'ai, forte de toutes ces informations, j'ai écrit à François Hollande en lui expliquant la situation et je ne comprenais pas pourquoi la France n'intervenait pas dans ce pays. Et quelques jours, peut-être dix jours après, j'ai reçu un courrier très empathique du cabinet de François Hollande m'expliquant ce qui avait été déjà fait, ce que la Croix-Rouge allait faire, etc. Et trois semaines plus tard ou un mois plus tard, la France intervenait en Centrafrique.
Donc, ça m'a vraiment donné confiance dans le pouvoir politique. Et donc, du coup, régulièrement, j'écris au président. Et vous avez toujours des réponses ? Pas toujours. Et depuis que c'était Emmanuel Macron, malheureusement, je n'ai pratiquement jamais de réponse. J'ai écrit trois fois Emmanuel Macron. Je n'ai eu aucune réponse. Non,
rien du tout. Merci beaucoup pour votre témoignage, Emmanuel Junior, Frotel, sur cette façon de répondre de François Hollande. Ce que dit Madame, et c'est intéressant, c'est que Madame a écrit sur de la politique pour aller vite. Elle n'a pas parlé de son cas personnel et on n'est pas sur la requête. Et il est très probable que sa lettre ait plutôt plu, en fait, aux membres du service d'abord. Sans doute, peut-être, que François Hollande l'a lue. Mais c'est une lettre qui a intéressé les agents du service. On peut même dire, parce qu'ils ont une catégorie indigène, c'est une belle lettre.
Et quand il y a une belle lettre, les gens du service prennent du temps pour y répondre, vont chercher des arguments, interpellent des conseillers du président, conseillers diplomatiques, pour apporter une réponse relativement circonstancière. Et effectivement, pour cette dame, c'était assez plaisant et encourageant d'avoir une réponse assez singulière. Non seulement une réponse, mais en plus, il peut être... Et alors, il y a un deuxième élément, c'est qu'il y a quelques semaines après, on voyait la France intervenir. Et donc, ça pose la question de à quoi sert d'écrire au président. Donc ça peut servir.
Alors, on ne pourra pas savoir si c'est cette lettre qui a déclenché une opération militaire internationale, mais ce qu'on peut dire, c'est que quand un certain nombre de courriers arrivent autour d'un sujet, il est évident que le président de la République en prend connaissance et l'intègre dans ses décisions. Ça ne veut pas dire qu'il va se conformer à ce que les scripteurs et les scripteuses lui demandent. Il est probable qu'il l'intègre pour décider éventuellement. Jacques, bonsoir. Oui, bonsoir. Alors vous, vous avez écrit à Jacques Chirac.
Oui, alors moi, je suis un bon scripteur de la deuxième catégorie. J'ai écrit à Jacques Chirac la première fois quand il a été élu. Je lui renvoyais le bulletin de Jean-Marie Le Pen pour lui signifier que je ne l'avais pas voté pour lui, mais contre Jean-Marie Le Pen. Et puis de là, il y a eu quelques éléments qui ont fait que j'ai pris une correspondance régulière. Je lui ai fait au total 21 lettres si mes souvenirs sont bons.
j'ai eu deux réponses parce que j'ai fait des lettres très policées quand c'était les voeux du jour de l'an et donc là, j'ai eu une réponse qui était une réponse avec une jolie carte que je lui disais que j'ai conservée bien évidemment, mais je n'ai jamais eu de réponse au positionnement politique. Par contre, j'ai depuis... Alors je regrette d'avoir fait l'impasse sur François Hollande, sur Nicolas Sarkozy dans l'impasse peut-être pas la peine, mais sur François Hollande je regrette puisque évidemment il avait un attachement pour ce genre de courrier et je vais peut-être espérer avoir une vraie réponse mais toutes mes lettres étaient sur des...
commenter un petit peu la politique et ce que je ressentais au quotidien, etc. Elle se voulait un peu humoristique et d'ailleurs j'en ai fait un livre à compte d'auteurs pendant la première... Voilà donc...
Vous avez de la suite dans les idées, Jacques.
Voilà, voilà. Et donc j'ai continué avec Emmanuel Macron et là j'ai eu sur trois lettres j'ai eu deux réponses assez argumentées avec des arguments qui ne me convenaient pas forcément mais en tout cas des réponses un petit peu fouillées qui voyaient que la lettre avait été lue. Donc j'en ai déduit que peut-être les services de l'Élysée avaient fait un petit peu un certain progrès depuis mais je peux comparer qu'entre l'époque Chirac et l'époque... Merci, merci beaucoup Jacques
et je vous signale que Julien Freutel a dit qu'il aimerait beaucoup lire votre livre donc vous nous donnerez les références pour qu'on puisse les donner à nos deux auteurs. Oui Michel Offerlet ?
Alors je pense que vous avez dit ce qu'a dit justement Jacques c'est la lettre polissée c'est-à-dire qu'on a vu toutes les couleurs des lettres possibles c'est-à-dire que vous avez à la fois des lettres extrêmement polissées vous avez des lettres extrêmement insultantes pas même des gens qui ne sont pas anonymes mais qui insultent véritablement le président sous leur propre identité.
Et ça, ça arrive avec tous les présidents ?
Alors justement c'est quelque chose qui est assez difficile si vous voulez dire parce que nous on a eu véritablement on a pu baigner entre guillemets dans le courrier de Hollande alors que Sarkozy on n'en a vu qu'une toute petite partie. Le responsable du service sous Mitterrand nous a dit qu'il y avait d'une certaine manière une espèce de respect vis-à-vis du président sous Mitterrand.
Alors il est possible aussi si vous voulez que le fait que désormais on soit passé disons une majorité de courriels ça a basculé aux alentours des années 2015 à peu près et maintenant je crois que ça va être 60% de courriels et seulement 40% de courriers le courriel peut impliquer si vous voulez des formules de politesse des présentations de soi extrêmement relâchées si vous voulez ce qu'un courrier éventuellement donc non pas interdit mais simplement on fait un peu plus attention dans un courrier. Alors en ce qui concerne justement le fond même de ces lettres ces lettres donc polissées vous avez une chance plus ou moins importante de remonter si vous voulez vers l'Elysée.
C'est vrai que les requêtes c'est rare qu'elles remontent si vous voulez au palais sauf éventuellement par exemple François Louon nous a dit qu'il avait signé un certain nombre de lettres notamment dans des cas dramatiques des mères qui disaient qu'elles avaient perdu leurs enfants par exemple et donc là c'est quelque chose qui remonte mais simplement les cas personnels c'est assez rare ce qui pose un problème politique parce que d'une certaine manière l'addition de ces cas personnels ça donne mes gilets jaunes et ça donne si vous voulez donc un ensemble qui n'est pas forcément très très bien vu ou qui n'était pas forcément très très bien vu par les services et sinon vous avez donc une sélection qui est envoyée donc à l'Elysée une sélection hebdomadaire ou mensuelle avec donc généralement c'est des lettres à la fois polissées c'est des lettres plutôt d'opinion et c'est des lettres qui sont bien écrites en bon français en bonne orthographe
vous venez de parler des gilets jaunes j'aimerais savoir si d'après ce que vous avez pu voir du courrier Julien Freutel est-ce qu'effectivement il y a eu des signaux d'alerte dans le courrier qui auraient pu laisser penser effectivement au mouvement des gilets jaunes j'ai vu qu'il y a beaucoup de choses qui concernent les ressources insuffisantes et la voiture alors on fait l'hypothèse que dans les courriers adressés déjà sous François Hollande un certain nombre de germes qui allaient donner le mouvement des gilets jaunes et étaient présents mais on doit reconnaître quand même que nous on fait cette hypothèse a posteriori une fois que ces mobilisations ont eu lieu donc il faut être assez prudent mais quand il y a eu ces gilets jaunes avec Michel Oferlet on a écrit un petit billet dans AOC pour dire que nous quand on lisait les lettres adressées à François Hollande on avait déjà ces questions de voiture ces questions d'essence ces questions de contrôle technique de vitesse et de pouvoir d'achat donc quand on a entendu les gilets jaunes on n'a pas été on n'a pas été dépaysé puisqu'on lisait en abondance ces courriers Morale de l'histoire il faut vraiment lire les courriers et faire attention à ce qu'ils disent je voudrais qu'on aille au standard retrouver Pierre-Antoine bonsoir Pierre-Antoine 13 ans vous avez 13 ans
oui bonsoir je m'appelle Pierre-Antoine du coup j'ai 13 ans et j'ai écrit au président de la république il y a 2 ou 3 ans parce que mon rêve était de devenir président de la république parce que je suis toujours d'ailleurs passionnée de politique et du coup je lui ai envoyé une lettre pour savoir comment devenir président de la république c'est à quoi il m'a répondu qu'il fallait avoir des idées travailler assidûment et avoir beaucoup d'énergie il a aussi rajouté qu'il était réjoui de pouvoir compter sur moi qui incarne l'entrétisme nécessaire pour préparer l'avenir ce qui m'a d'ailleurs réjoui moi aussi ça veut dire que c'est lui qui a répondu ?
non non pardon son chef de cabinet qui a répondu
ok et donc ça fait plaisir ? oui oui et donc toujours tu as toujours envie d'être président de la république ? oui pourquoi pas plus que jamais tu vas lui réécrire peut-être un jour oui Michel Offerlet
oui alors justement on aurait pu penser éventuellement ça aurait pu être le style Macron qu'il signe une lettre qui avait été écrite par son service ça c'était possible alors ce qui est intéressant c'est que justement Pierre-Antoine nous donne un petit peu de son identité c'est à dire qu'il nous dit quel âge il a parce qu'on s'est aperçu que dans le courrier et bien on ne sait pas forcément justement les trois précédents interlocuteurs n'ont pas dit qui ils étaient c'est à dire qu'on se situe on sait que c'est un homme ou une femme on arrive parfois aux questions qui sont posées à savoir la génération à peu près de toute manière les jeunes utilisent relativement peu le courrier ils utilisent d'autres moyens éventuellement donc de communication mais par contre en ce qui concerne si vous voulez donc la catégorie sociale bon on sait d'où ils viennent on sait de quelle région de ville etc mais la catégorie sociale n'est pas forcément si vous voulez donnée c'est à dire que bien souvent tous ces scripteurs qu'ils soient d'ailleurs des scripteurs d'opinion ou de requête se disent de la classe moyenne pour s'opposer à ceux d'en haut et pour s'opposer parfois aussi de manière vigoureuse à ceux d'en bas à savoir les assister entre guillemets bon voilà et donc c'est pour ça qu'on a eu beaucoup de mal si vous voulez à faire une espèce de portrait de ceux qui écrivent parce qu'on a des bribes parce qu'effectivement sauf alors si les catégories très très clairement les patrons disent qu'ils sont des patrons lorsqu'ils exposent le problème de leur entreprise mais pour le reste on sait que c'est quelqu'un de retraité mais sans beaucoup si vous voulez de connotation sociodémographique
la démarche de Pierre-Antoine est d'abord très très belle et touchante et très révélatrice de la force de l'institution présidentielle parce qu'effectivement presque quotidiennement même si c'est pas la majorité les enfants écrivent et quand on lit les courriers ou les dessins parce que les enfants écrivent des dessins on voit que parfois les parents mettent un petit mot en disant on vous promet qu'on n'est pas derrière on n'y est pour rien ils ont voulu écrire et ça veut dire que chez les enfants il y a déjà l'institution présidentielle là il y a Michel Offerlet qui me montre effectivement des dessins il faudra qu'on mette ça sur le site figurez-vous qu'on a Juliette aussi 12 ans qui est au téléphone et qui a bonsoir Juliette qui a écrit au président bonsoir
oui j'ai écrit deux fois au président et il m'a répondu les deux fois et la première fois j'avais dit ça et il m'a écrit au sujet de la vaccination des gens qui étaient à la rue et la deuxième fois j'ai écrit au sujet de la pollution des mers
et alors donc les réponses ça a été quoi ?
il m'a répondu les deux fois et j'ai eu une lettre avec moi
Juliette c'est toi qui avait eu l'idée d'écrire et pourquoi tu as pensé au président ?
parce que j'étais dans la voiture et là j'ai pensé aux gens qui étaient à la rue et qui devaient se faire vacciner et après j'ai décidé d'écrire au président
merci Juliette pour ce témoignage Julien Frotel alors qu'est-ce qu'il faut dire sur ce genre de témoignage ? encore une fois ça remonte au sommet de l'état ça veut dire quoi de notre façon de fonctionner il y a un côté monarchique là-dedans ?
voilà quand on parle de présidentialisation on peut éventuellement redéfinir les règles constitutionnelles qui organisent notre vie politique mais avec Michel Oferlé on pense la présidentialisation aussi quand elle est dans dans l'esprit des grands comme des petits et donc ces enfants qui ont un niveau de connaissance politique en général limité c'est normal ils sont en phase d'apprentissage connaissent au moins un personnage le président de la république et ce assez tôt puisque en école primaire je sais par exemple que dans une école du 19ème Fessard des classes ont écrit au président de la république et ça parle aux élèves que d'écrire au président de la république ils connaissent ce personnage certains ça a été dit par Pierre-Antoine disent même vouloir un jour être président ou présidente de la république alors il y a quelque chose qui m'a surpris ce que j'ai appris dans votre livre et du coup je suis allé regarder effectivement sur le site de l'Elysée après il est dit on invite les gens à écrire au président c'est très clair une cause vous tient à coeur un fait d'actualité vous interpelle vous souhaitez faire part de vos préoccupations ou de vos réflexions en quelques clics envoyez votre message au président de la république ou à Brigitte Macron absolument ça veut dire quoi on écrit au roi et à la reine aussi
c'est un petit peu ça vous pouvez l'interpréter comme ça effectivement puisque on a toujours écrit au souverain enfin je veux dire bon mais avec des formes on peut comparer avec l'ancien régime mais c'est
c'est ce que j'allais vous demander d'ailleurs ça date de quand d'écrire
les placés les requêtes sous l'ancien régime avaient des formes déterminées si vous voulez tandis que là c'est d'une certaine manière une forme de démocratisation de l'appel au souverain alors c'est vrai que dans les courriers vous avez donc les courriers monsieur et les courriers madame alors les courriers les courriers monsieur sont généralement beaucoup plus nombreux mais Brigitte Macron on n'a pas encore parlé
du volume que ça pouvait représenter du nombre de courriers qu'il y avait chaque année par exemple
c'est 1000 par jour et depuis le Covid c'est plutôt 2000 si vous voulez je pense qu'il y a eu effectivement une montée pendant les attentats aussi si vous voulez il y a eu une montée du nombre de courriers si vous voulez bon Brigitte Macron d'après les statistiques c'est aux alentours d'entre 20 et 25 000 courriers par an si vous voulez bon courrier et courriel et donc effectivement ce qu'on voit c'est par rapport à ce qu'on appelle le présidentialisme c'est le présidentialisme par le bas c'est à dire de quelle manière les gens se représentent justement le rôle du président de la république peuvent éventuellement donc l'interpeller avec vraisemblablement bon pour certains d'entre eux l'idée qu'il peut faire beaucoup de choses bon même si ensuite ils sont déçus si vous voulez bon et notamment le droit de grâce est dans la constitution il est presque plus désormais si vous voulez donc appliqué mais on a l'impression que certains d'entre eux pensent qu'on peut gracier tout et n'importe quoi si vous voulez que le président pourrait éventuellement utiliser ce droit de grâce bon alors c'est ça si vous voulez
le président a déjà beaucoup de pouvoir mais on lui en accorde encore plus à travers à travers ses courriers vraisemblablement
c'est un petit peu si vous voulez d'une certaine manière bon même si la présidence est vilipendée il y a une partie des français malgré tout qui tendent sa chance bon et qui reconnaît encore l'institution et qui en quelque sorte en appelle si vous voulez ce qu'on peut appeler au souverain effectivement pour qu'il puisse intervenir à la fois sur son cas personnel voire éventuellement pour les opinions intervenir sur les politiques publiques
on va repartir au standard retrouver Karma cette fois bonsoir oui bonsoir bienvenue
oui bonsoir merci beaucoup moi je voulais parler d'une lettre qu'avaient reçu mes parents en réponse à la lettre qu'ils avaient adressée à François Mitterrand alors en fait on est arrivé dans les années 80 du Liban pour soigner ma soeur qui avait un cancer de la moelle osseuse et qui a été sauvée par l'hôpital Goncourt à Paris sauf que mes parents plus tard on leur a réclamé l'argent qu'ils n'avaient pas qu'ils devaient à l'hôpital public et qui représentait une somme considérable un million de francs à l'époque et ils étaient dans l'impossibilité de régler cette somme alors mon père qui écrivait très très bien c'était un littéraire un poète il s'est fendu d'une lettre d'abord en arabe et un ami lui a traduite il a envoyé cette lettre au cabinet de François Mitterrand et au cabinet de Michel Rocard qui était premier ministre à l'époque et une semaine plus tard mes parents ont reçu une réponse d'abord du cabinet de François Mitterrand pour dire que cette dette mes parents ne la devraient plus et quelques jours après une même lettre du cabinet de Michel Rocard pour dire la même chose donc mon père qui était déjà un servant mitterrandien ça n'a fait qu'amplifier son adulation je ne sais pas si mon témoignage va plaire à beaucoup de monde puisqu'on va dire qu'on soigne gratuitement les étrangers toujours est-il que nous on a fini par s'installer en France et devenir français et que ma soeur a pu être soignée et sauvée par l'hôpital public Merci beaucoup
Karma J'aimerais qu'on dise un petit mot de la façon dont le service a évolué au cours des années parce que si je vous ai bien lu j'ai l'impression que ça s'est entre parenthèses professionnalisé sous Emmanuel Macron on utilise des algorithmes maintenant pour analyser les courriers qui arrivent
Surtout effectivement donc vraisemblablement il y a eu une augmentation du passage des lettres vers les chiffres c'est-à-dire que les lettres deviennent des chiffres c'est-à-dire qu'ils sont mis à ce moment-là donc d'abord même sous François Hollande en graphique on compte les pour les contre on essaye de voir justement l'état de l'opinion à travers donc les lettres qui sont une forme de sondage bon éventuel mais alors ça s'est accéléré si vous voulez à la fin du quinquennat Hollande et surtout sous le quinquennat Macron où là désormais si vous voulez donc ce ne sont plus seulement les courriers qui sont mis en machine mais il y a les courriers les courriels il y a également les courriers manuels il y a également la presse quotidienne régionale il y a également le twitter et facebook et cela sert en quelque sorte à donner si vous voulez une espèce d'état de l'opinion pour la préparation des voyages voire trois petits points la campagne électorale d'Emmanuel Macron
en deux mots les usages ont changé aussi parce que Emmanuel Macron et ce jeune président qui est arrivé au pouvoir dénué d'expériences politiques notamment locales donc ce qu'on a pu voir c'est qu'il avait étudié les courriers pour aller vite pour apprendre à devenir président et pour savoir si les mesures qu'il prenait atteignaient leur but et puis effectivement dans l'esprit un peu des réformes pilotées par Emmanuel Macron ce service s'est modernisé à l'introduire des algorithmes et par exemple utilise les données dans les courriers pour les voyages présidentiels pour les déplacements du président afin que ce dernier sache qui il va rencontrer qui il peut rencontrer qui il peut mobiliser qui il peut éventuellement aussi sonder en face à face voilà
il y a un ciblage si vous voulez à la fois régional je vais dans telle région et j'ai envie de traiter de tel ou tel problème et donc quels sont éventuellement donc les gens qui peuvent que je peux rencontrer et qui peuvent servir de base au voyage
voilà il y a beaucoup de choses à dire écrire au président enquête sur le guichet de l'Elysée aux éditions La Découverte je vous assure qu'il y a des choses très marrants à lire on n'a pas le temps mais franchement il y a quelques lettres adressées à François Hollande sur ses chemises et sur la pluie qui lui tombait dessus qui sont assez assez savoureuses merci en tout cas merci en tout cas à tous les deux et merci à tous ceux qui nous ont appelé juste après les infos de 20h ce sera le livre mais oui mais je vous assure si vous non mais j'exagère quand même dites moi qui vient dans leur philo tout à l'heure Francis Wolff pour le monde à la première personne c'est le titre d'un livre alors si Raphaël Delvolvé me donne 20 secondes généreusement je vais quand même vous en lire une qui a été adressée à François Hollande parce que c'est savoureux je ne comprends pas que le protocole n'est pas un parapluie sous la main en quoi serait-ce déshonorant d'avoir un parapluie sur la tête au lieu de montrer un homme d'âge mûr les cheveux collés les lunettes embuées l'imperménable à essorer il y a deux ans on brocardait le président pluvieux aujourd'hui il est vulnérable et votre image détrempée ne peut inspirer la confiance on a écrit pour des tas de raisons au président de la république non le monarque doit supporter la pluie justement
c'est dans la tradition française
c'est terminé merci à tous