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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 7 septembre 2024 65 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Barnier se prépare, la gauche manifeste - C dans l'air du 07.09.2024

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 35 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 99 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:59OuverteRéponse directe

    Comment jugez-vous les premiers pas de M.Barnier en tant que Premier ministre ?

  • 2:44RelanceRéponse partielle

    Le compromis de Barnier est-il étroit ou large ?

  • 4:12OuverteRéponse directe

    Barnier fera-t-il sa propre politique ou celle issue des négociations ?

  • 4:51OuverteRéponse directe

    Quelles ruptures Barnier promet-il en communication ?

  • 5:34OuverteRéponse directe

    Quels signaux Barnier a-t-il envoyés aux différents blocs politiques ?

  • 6:18OuverteRéponse directe

    A-t-on une idée de l'opinion sur la nomination de Barnier ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:59M.BarnierPromesse
    « Je vais ouvrir le débat sur l'amélioration de cette loi pour les personnes les plus fragiles, et je le ferai avec les partenaires sociaux. Je veux engager sur ce sujet une amélioration, mais en respectant le budget. »
  • 15:58M.BarnierFait
    « Ca ne sera pas seulement un gouvernement de droite. et des femmes de bonne volonté qui appartiennent à la majorité sortante. Je ne m'interdis pas de réunir autour de la même table des hommes et des femmes qui ont des compétences. »
  • 15:58M.BarnierFait
    « Oui. Il y a des bonnes idées partout. »
  • 17:27M.BarnierPromesse
    « Je veux engager sur ce sujet une amélioration, mais en respectant le budget. »
  • 18:52A.de TarléFait
    « Barnier, avec toute son expérience, n'a-t-il pas de quoi rassurer ? »
  • 20:43P.PerrineauFait
    « Est-ce que certaines personnalités étiquetées de gauche... J'entendais le nom de M.Valls. Est-ce qu'il pourrait accepter d'entrer dans un gouvernement en disant que ça ne se refuse pas ? »
  • 22:55A.BouilhaguetFait
    « S.Royal se voyait à Matignon. Si on lui pose la question, elle dira oui pour rentrer dans un gouvernement M.Barnier. »
  • 23:39A.BouilhaguetFait
    « Le PS a dit officiellement: "Pas un seul socialiste". »
  • 25:02B.SananèsFait
    « La recherche d'un équilibre au niveau du gouvernement va être l'un des premiers marqueurs très importants de la gouvernance de M.Barnier. »
  • 25:46B.SananèsFait
    « Il faudra voir son bilan en matière d'écologie. »
  • 27:12P.PerrineauChiffre
    « O.Faure a pris les rênes du PS. Il avait 2 équipes contre lui, qui représentaient à peu près 50%. »
  • 27:55P.PerrineauChiffre
    « Les choses sont claires sur l'affaire d'un éventuel soutien à la candidature de B.Cazeneuve. L'exécutif du PS s'est réuni et je crois que c'est à 53% qu'ils ont pris la décision. »
  • 28:36P.PerrineauFait
    « On se prépare à gouverner de manière platement réformiste. »
  • 32:11H.MathouxFait
    « Ce n'est pas O.Faure qui a décidé que B.Cazeneuve ne serait pas le Premier ministre, mais E.Macron. »
  • 32:54B.SananèsFait
    « Il y a une différence entre l'accueil qui est réservé à M.Barnier, car il faut peut-être lui laisser sa chance... Mais il faut bien distinguer cet accueil, qui est assez positif pour l'instant, de la décision politique qui est prise par un président de la République qui est très largement impopulaire. »
  • 33:33B.SananèsChiffre
    « Vous êtes à 74% de Français qui jugent qu'il n'a pas respecté le verdict des urnes. »
  • 34:16A.BouilhaguetChiffre
    « Le RN, c'est 126 députés, plus les alliés. Ils sont donc 140. »
  • 39:09A.de TarléFait
    « C'est ça, la démocratie? Vote bafoué et Premier ministre de minorité? »
  • 40:36H.MathouxFait
    « Cette Assemblée nouvelle est élue. avoir un président de l'Assemblée nationale de gauche. Ca n'a pas été le cas. »
  • 43:28B.SananèsFait
    « Si M.Barnier était renversé une fois, deux fois, trois fois, ce serait sûrement compliqué pour le président de la République de nommer quelqu'un d'autre. »
  • 53:36H.MathouxFait
    « Il y a 3 dépenses publiques. Il y a la dépense de l'État, des collectivités. Les dépenses de l'État sont à peu près stables depuis 50 ans. »
  • 54:19H.MathouxFait
    « La France est le seul pays au monde où les retraités ont un niveau de vie supérieur à celui des actifs. »
  • 55:01H.MathouxPromesse
    « Si vous me demandiez, je plafonnerai en réglementant des retraites que l'on verse. Les retraités les plus aisés, je plafonnerais le montant. »
  • 55:42B.SananèsFait
    « La hausse des dépenses ne s'accompagne pas d'une amélioration du service rendu. C'est le cas en matière de santé, d'éducation, de police, de sécurité. »
  • 56:26A.BouilhaguetFait
    « M.Barnier a parlé d'une meilleure justice fiscale. »
  • 57:10A.BouilhaguetFait
    « Il dit qu'on va augmenter les impôts des plus riches. Est-ce qu'il veut rétablir l'ISF, enlevé par E.Macron? »
  • 57:49P.PerrineauFait
    « Encore augmenter la pression fiscale va heurter les classes moyennes qui restent le coeur de l'équilibre social. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

... - A.de Tarlé: Bonsoir à toutes et à tous. 150 manifestations partout en France à l'appel d'une partie de la gauche, pour dénoncer "le coup de force d'E.Macron" après la nomination de M.Barnier à Matignon. Hier soir, le nouveau Premier ministre a donné quelques gages à la gauche. M.Barnier a également promis de rouvrir le débat pour améliorer la réforme des retraites en faveur des plus fragiles, a-t-il dit. Reste à connaître la composition du futur gouvernement, que le futur Premier ministre souhaite ouvert à la gauche. Le Parti socialiste s'y refuse. "Une faute" pour A.Hidalgo, qui réclame la tenue d'un congrès. C'est le sujet de cette émission "C dans l'air", intitulé "Barnier

1:15

se prépare, la gauche manifeste". P.Perrineau, votre livre s'appelle "Le goût de la politique" chez O.Jacob. H.Mathoux, vous êtes rédacteur en chef du magazine "Marianne". B.Sananès, vous êtes président du cabinet Elabe. que la nomination de M.Barnier à Matignon est une bonne chose. Merci de participer à cette émission. Première intervention hier soir de M.Barnier. Le nouveau Premier ministre a été interrogé sur la réforme des retraites. - M.Barnier: Je vais ouvrir le débat sur l'amélioration de cette loi pour les personnes les plus fragiles, et je le ferai avec les partenaires sociaux. Je veux engager sur ce sujet une amélioration, mais en respectant le budget. - A.de Tarlé: Comment jugez-vous les premiers pas de M.Barnier en tant que Premier ministre? Sa grande émission hier à TF1, ce qu'il s'est passé aujourd'hui avec sa visite, les consultations qu'il entreprend. Tout ça incarne l'homme du compromis qui a été nommé par le président de la République comme Premier ministre.

2:44

Il ne suffit pas d'être un homme de compromis, d'avoir fait ses preuves comme il a pu le faire dans le passé. Il faut savoir: le compromis est-il étroit ou large? Ce que l'on découvre, c'est que ce Premier ministre tente un compromis large. Il ouvre la marque politique, presque à 360 degrés. Hier, c'était assez inattendu. - P.Perrineau: Voilà. Sur le fond, ça montre qu'il pratiquera une ouverture large. Si ça échoue avec la gauche politique, il fera comme il l'a dit avec les acteurs sociaux.

3:29

En même temps, il cherche à faire exister quelque chose qui manquait beaucoup dans le macronisme pur jus, c'est-à-dire des corps intermédiaires. A plusieurs reprises, on l'a entendu parler hier des syndicats, des élus locaux. Il y a une tentation, ou une tentative, d'ouverture à la fois politique, présidentielle. Y arrivera-t-il? On verra. Les intentions sont là. Il veut ouvrir le jeu politique. - A.de Tarlé: Il ne fera pas sa politique, celle qu'il a envie

4:12

de faire, il fera celle qui résultera de négociations larges. - P.Perrineau: Il a un cap, des principes, des valeurs. On peut le présenter comme rigide, mais dans sa pratique, que ce soit en tant que commissaire européen, que négociateur du Brexit, c'est un homme qui écoute beaucoup. - A.de Tarlé: A.Bouilhaguet, sur le terrain de la communication, est-ce qu'il y a, comme il l'a promis, des ruptures et des changements? - A.Bouilhaguet: C'est ce qui me frappe. Au-delà De G.Attal, c'est l'anti-G.Attal.

4:51

On dit de M.Barnier que ce n'est pas un grand communicant. Le charisme n'est pas évident, même s'il est solide. Il a déjà défini son action à Matignon comme celle de quelqu'un qui va peu parler et limiter les déplacements. - A.de Tarlé: "Agir plutôt que parler", a-t-il dit. - A.Bouilhaguet: C'est un portrait en creux de G.Attal. C'est un Savoyard, ancré dans les territoires. Ca, c'est sur la forme. Sur la méthode, le 20h de TF1 était très éclairant. Il a eu une position extrêmement oecuménique. Il sait ce qu'est l'Assemblée nationale. Il a parlé à ses 3 blocs. Il a parlé à la droite, sur la revalorisation du travail, la lutte contre l'assistanat. C'est la marotte de L.Wauquiez, le républicain. Sur le contrôle des finances publiques, encore un gros clin d'oeil à la droite: immigration, insécurité... Et aussi à sa gauche, sur sa fameuse amélioration On ne sait pas exactement ce qu'il y a derrière tout ça, il est très prudent.

6:18

Il donne un vrai signal. Est-ce que ça veut dire qu'il va augmenter les impôts des plus riches? On ne sait pas. Et enfin, le RN, avec la principale mesure demandée pour ne pas censurer immédiatement un nouveau Premier ministre. - A.de Tarlé: A-t-on une idée de l'opinion, après 51 jours d'attente que l'on a trouvés un peu longs? - B.Sananès: Dans une première enquête que l'on a réalisée entre positif. 47 % des Français trouvent que sa nomination est une bonne chose. 30 % des Français ne se prononcent pas.

7:02

Pour avoir un point de comparaison, 40 %, c'est quasiment le même score qu'avait obtenu G.Attal. Il ne part pas avec un handicap, mais il y a une part de Français qui ne se prononcent pas qui n'est pas négligeable. Tout le monde n'a pas suivi le parcours politique de M.Barnier, qui était parfois un parcours plus technique, notamment lorsqu'il était commissaire européen Hier, on voyait bien que les missions avaient un but: installer une méthode. On voit déjà la différence avec G.Attal. Je retiens la fonction différente avec le président jupitérien. C'était très notable de voir à combien de reprises la question

7:44

du compromis, du dialogue... C'est ça, qu'il voulait installer hier. Ce n'était pas une recherche de programme des priorités. 3e point, je vous retrouve. Il voulait parler, aller chercher le soutien de l'opinion. Non pas des sondages, ce n'est pas le sujet. et multiple, difficile à rassembler, vous allez chercher le soutien de l'opinion pour que ça vous booste, que ça vous permette d'avoir de l'oxygène et de dire aux formations politiques: "Vous êtes contre, mais vos électeurs me soutiennent." Les 40 % de Français qui pensent que c'est une bonne chose...

8:26

Les électeurs du RN sont plutôt dans une neutralité positive. Pour l'instant, c'est plutôt le cas. - A.de Tarlé: M.Le Pen tiendra compte de cette opinion de son électorat avant de baisser le pouce? - B.Sananès: Evidemment. - A.de Tarlé: H.Mathoux, on parlait d'E.Macron. Ca veut dire que le pouvoir est en train de passer de l'Elysée à Matignon? - H.Mathoux: Ca va être tout l'enjeu des prochaines semaines, d'autant que la situation est un peu inédite. Ce n'est pas vraiment une cohabitation. Je crois que c'est la 1re fois dans l'histoire de la Ve République qu'après des législatives perdues par le camp du président

9:08

de la République, il se retrouve quand même dans la majorité. En tout cas, les soutiens du Premier ministre à l'Assemblée seront les macronistes et la droite. C'est une situation inédite. que le président Macron ne pourra pas être aussi omniscient et omniprésent qu'avant. Par exemple, la non-imposition d'un directeur du cabinet à M.Barnier, le fait que les conseillers... - A.de Tarlé: On connaît son directeur de cabinet, M.Fournel, un proche du pouvoir. Il venait de Bercy.

9:45

C'est un ami d'A.Kohler. - H.Mathoux: Ce n'est pas quelqu'un contre la Macronie. - A.de Tarlé: C'est lui qui l'a choisi. Alors que d'habitude, c'est le président qui l'imposait. - H.Mathoux: En tout cas, E.Macron est un président omniprésent. C'est aussi la logique du discours consensuel de M.Barnier. Est-ce lié à M.Barnier, ou est-ce que c'est un discours de Premier ministre en position de faiblesse? - A.de Tarlé: Voici le directeur du cabinet, J.Fournel. - H.Mathoux: Il est dicté par les circonstances, alors qu'il va devoir trouver sur chaque loi une majorité

10:29

à l'Assemblée. On ne peut pas avoir un discours volontariste et radical dans ce contexte-là. - P.Perrineau: Hier, il y a eu une phrase importante qui montre la philosophie de M.Barnier dans le duo de l'exécutif. Les choses sont claires. Le président préside. Il faut se reporter aux textes de la Constitution de la Ve République. Le gouvernement gouverne. C'est précisé dans la Constitution. Ce n'est pas: "Le président gouverne avec un Premier ministre qui serait un super chef de cabinet." Indépendamment de l'évolution de Macron, on est en train de sortir de l'hyper présidentialisation. Elle était extrêmement forte.

11:36

C'est nécessaire. - A.Bouilhaguet: Ce qui est nouveau, c'est que ce soit l'Elysée qui dise que le cordon est coupé. Jusqu'à présent, l'Elysée assumait... - A.de Tarlé: De tirer les ficelles. - A.Bouilhaguet: Visiblement, quand E.Macron a rassemblé ses troupes, il leur a dit: "On va couper le cordon." Il y avait une courroie de transmission. Le pouvoir était concentré dans les mains du secrétaire général de l'Elysée, A.Kohler. Il a choisi son président de cabinet. E.Philippe avait réussi

12:20

C'est un symbole. Il y a aussi la manière dont il va composer son gouvernement. - A.de Tarlé: E.Macron va accepter de prendre du temps pour tailler ses rosiers plutôt que de s'occuper un peu de tout? - A.Bouilhaguet: Non. Il va suivre à la lettre l'article 20, la Constitution de la Ve République. Un président préside. Naturellement, on ne l'imagine pas se désintéresser totalement de ce qu'il va se passer en France. Mais il a plutôt intérêt à plonger son nouveau Premier ministre... Pour le coup, on retrouve le fameux échelon que l'on fait sauter quand ça va mal.

13:03

On fait sauter son Premier ministre. - A.de Tarlé: Avec une situation très différente. - B.Sananès: Par le passé, c'était des cohabitations d'affrontements. Ensuite, on a eu la cohabitation de velours. Il faut se souvenir qu'en 1986, F.Mitterrand refuse la photo de famille du 1er Conseil des ministres. Cette photo est traditionnelle. Il ne veut pas poser, s'afficher avec le Premier ministre de droite désigné par J.Chirac. On n'est pas dans cette configuration, on n'est Le parti qu'E.Macron a formé, alors qu'il le soutient peut-être plus à distance aujourd'hui... On voit qu'il y a des initiatives pour se démarquer, mais ce parti va être prompt dans la coalition qui va soutenir M.Barnier. Ca va aussi donner au président de la République un devoir d'équilibre. Ce sera difficile. - A.de Tarlé: Il va devoir l'assumer, parce que son camp soutient M.Barnier. Il se présente lui-même comme un excellent négociateur. M.Barnier va clairement avoir besoin de cela pour former

14:30

son gouvernement. aujourd'hui donné rendez-vous dans la rue. - Un cortège qui s'étire dans les rues de Paris. 160 000 manifestants réunis dans la capitale, selon les organisateurs. 350 000 dans les villes de France. 2 jours après la nomination du Premier ministre, la gauche organise sa riposte. Le chef de file des insoumis dénonce un coup de force d'E.Macron. - J.-L.Mélenchon: Je vous appelle à une bataille et à une lutte de longue durée. Parce qu'elle sera de longue durée. le déni de démocratie.

15:15

- Pour mener la bataille, le NFP a déjà ses armes. - Une motion de censure. Une procédure de destitution que nous avons déposée et enclenchée. Et la mobilisation dans la rue. - M.Barnier a pourtant tenté de donner des gages d'ouverture aux oppositions. Hier, sur TF1, il tend la main à ceux qui voudraient rejoindre les rangs. - M.Barnier: Ca ne sera pas seulement un gouvernement de droite. et des femmes de bonne volonté qui appartiennent à la majorité sortante. Je ne m'interdis pas de réunir autour de la même table des hommes et des femmes qui ont des compétences. - Des gens de gauche?

15:58

- M.Barnier: Oui. Il y a des bonnes idées partout. - M.Barnier ouvre la porte. M.Tondelier la claque. - Avec monsieur Barnier, c'est terminé. Quelqu'un qui se dit de gauche et qui va au gouvernement de monsieur Barnier n'était pas de gauche. - Un gouvernement qui devrait clairement pencher à droite. à digérer le fait d'avoir vu l'hypothèse B.Cazeneuve leur passer sous le nez. - On aurait pu avoir un ministre de gauche. Je suis membre du Parti socialiste. C'est mon parti qui a empêché sa nomination.

16:42

Ce n'est pas la question de M.Barnier, mais plutôt de comment on a pu à ce point passer à côté de l'histoire. - Pour bâtir son gouvernement, le nouveau Premier ministre continue les consultations. E.Borne ce matin, la présidente de l'Assemblée cet après-midi. Et E.Philippe demain. Le gouvernement de M.Barnier sera-t-il dans la rupture L'Elysée fait fuiter dans la presse qu'il aura les mains libres. "Le président a changé de rôle. Il est arbitre, garant. Il n'est plus un président qui gouverne. On coupe les fils avec Matignon." Lorsque M.Barnier dit qu'il est prêt à rouvrir le débat

17:27

sur la réforme des retraites, dans les rangs macronistes, les dents grincent. - Ce n'est pas un Premier ministre Renaissance. On l'accompagne avec bienveillance mais on le regarde avec attention. Il faut garder une orthodoxie financière pour assurer Sinon, toutes les discussions fragilisent le système. - M.Barnier est attendu au tournant aussi par le Rassemblement national. - C'est le 1er parti de France en nombre de voix, d'adhérents et de députés. Rien ne peut être effectué en politique contre nous sans l'approbation ou la censure du Rassemblement national.

18:07

Je jugerai monsieur Barnier à ses actes. - Loin du tumulte de la rue, pour son 1er déplacement de Premier ministre, M.Barnier s'est rendu cet après-midi dans un hôpital. sur les difficultés du système de santé, alors qu'il manque 1500 postes d'internes en cette rentrée. - A.de Tarlé: Question téléspectateur: M.Barnier, avec toute son expérience, n'a-t-il pas de quoi rassurer? On n'est plus dans la jeunesse disruptive de la Macronie. - P.Perrineau: On change d'ère. On parlait de la fin de la présidence jupitérienne. Mais nous sommes dans la fin également de cette idée qu'une nouvelle politique allait complètement ringardiser la vieille politique, les élus, les partis traditionnels. La nouvelle politique a relativement échoué à créer Et ça n'est pas pour rien symboliquement que le plus jeune Premier ministre de la république ait passé les clés de Matignon au Premier ministre le plus âgé.

19:37

73 ans. C'est un symbole qui montre que le nouveau monde a besoin du métier de l'ancien monde, de la capacité. L'âge, c'est aussi l'expérience en politique, qu'on le veuille ou non. En politique comme ailleurs. M.Barnier a appris à la fois de ses succès et de ses échecs. Nous avons besoin aujourd'hui de l'humilité de l'expérience, Parfois, ça énerve quand on dit ça, mais la politique, c'est un métier. Nous l'avons vu à l'Assemblée nationale. - A.de Tarlé: L.Castets ou K.Bouamrane n'ont pas occupé de nombreux postes. Cela aurait peut-être été compliqué?

20:43

- P.Perrineau: L'expérience est ténue. Monsieur Bouamrane a une expérience locale. Quand on a accumulé sur la scène locale et la scène internationale... La scène locale vous fait pratiquer le compromis. Les collectivités locales ne sont pas gérées comme la nation est gérée à l'Assemblée nationale ou au gouvernement. un nouveau gouvernement. M.Barnier a dit qu'il voulait l'étendre à la gauche. Mais le PS ne veut pas participer au gouvernement de M.Barnier. Est-ce que certaines personnalités étiquetées de gauche... J'entendais le nom de M.Valls.

21:27

Est-ce qu'il pourrait accepter d'entrer dans un gouvernement en disant que ça ne se refuse pas? - H.Mathoux: Peut-être dans le cas de M.Valls. Mais je ne sais pas s'il se classe dans les rangs de la gauche, aujourd'hui. B.Cazeneuve ne rentrerait pas dans un tel gouvernement pour une raison assez simple: la gauche est la vraie perdante Il y a eu un renversement étonnant du front républicain. Les macronistes ont fait appel aux électeurs de gauche pour faire barrage au RN, aux élections.

22:10

Mais il est devenu très clair, au fur et à mesure des semaines, que lors des discussions pour le choix du Premier ministre, E.Macron a écarté toute possibilité de nommer un Premier ministre de gauche. Il a dit que la seule chose qui ne pouvait pas bouger, c'était sa politique économique. Il voulait continuer sur cette trajectoire de politique économique. Cela exclut un Premier ministre de gauche. d'être Premier ministre. - A.de Tarlé: Sur la capacité de nommer un ministre de gauche, hormis S.Royal, quelle personnalité de gauche est susceptible de participer au gouvernement de M.Barnier? C'est une question de Régis, de la Côte-d'Or. - A.Bouilhaguet: S.Royal se voyait à Matignon.

22:55

Si on lui pose la question, elle dira oui pour rentrer dans un gouvernement M.Barnier. Elle avait confectionné et conçu son éventuel gouvernement avec d'éventuelles personnalités de droite. Pour S.Royal, il n'y a aucun problème. Le PS a dit officiellement: "Pas un seul socialiste Mais je pense que certains vont se laisser tenter. Il y a des dissensions dans le Parti socialiste. Nous avons vu des votes qui sont à touche-touche. Cela pourrait provoquer une forme de scission ou de grosses difficultés pour la gauche. M.Barnier sera jugé là-dessus. On devra retrouver l'équilibre des fameux 3 blocs. Il y aura des ministres sortants. Ils viennent beaucoup de la droite. Mais on parle beaucoup de R.Dati,

24:19

C.Vautrin, L.Berger ou G.Darmanin, qui pourraient rester à leur poste On voit d'où peuvent provenir les ministres de la droite. On parle de B.Retailleau. - A.de Tarlé: Un proche du pouvoir disait: "A droite, ils en ont ras-le-bol d'être dans l'opposition. On est submergés de CV." Il y a beaucoup de candidats? - A.Bouilhaguet: On sent qu'il fera la politique qui va leur convenir. La droite, pas de problème. Mais il faut le 3e bloc. On pense à un nom qui a circulé au moment de Matignon, qui est D.Migaud. C'est une personnalité comme ça, qui est issue du Parti socialiste, Il s'est un peu éloigné du parti pour d'autres fonctions.

25:02

- B.Sananès: Je pense que la recherche d'un équilibre au niveau du gouvernement va être l'un des premiers marqueurs très importants de la gouvernance de M.Barnier. Mais il y aura aussi les premières mesures. Il va devoir donner des gages à la droite, au centre et à la gauche. Nous l'avons vu sur la politique fiscale. Sa première sortie dans un hôpital... La santé concerne tous les Français. L.Castets avait fait de la défense des services publics le thème central. de voir quels signes M.Barnier veut donner à la gauche. On parlait du soutien de l'opinion. Il ne faut pas braquer les électeurs insoumis,

25:46

qui sont très hostiles à l'égard d'un Premier ministre issu de la droite. Peut-être une politique un peu plus écologiste? Il faudra voir son bilan en matière d'écologie. Il est déjà contesté par M.Tondelier, cependant. Le 2e enjeu, ce sera pour LR. Ils sont un peu bloqués dans la banque, même s'ils ont réussi le casse du siècle. L.Wauquiez avait dit qu'il ne voulait pas de coalition. de la situation et du programme économique, social et régalien que va porter M.Barnier.

26:30

Donc la situation pour LR est différente de celle d'il y a 15 jours. Au moins, il y avait des lignes rouges. Là, nous aurons un LR qui aura une bonne partie des membres du gouvernement. - A.de Tarlé: Est-ce que le PS peut-il se fracturer sur: faut-il ou non participer à un gouvernement s'il ne porte pas nos idées? On a vu A.Hidalgo critiquer O.Faure, qui a refusé l'idée Elle en parle comme d'une faute. Est-ce que c'est en train de tanguer au Parti socialiste? - P.Perrineau: Oui, cela a tangué dès qu'O.Faure a pris les rênes du PS. Il avait 2 équipes contre lui, qui représentaient à peu près 50%. Il est à la tête d'un parti dans lequel il a toujours été contesté. Les choses sont claires sur l'affaire d'un éventuel soutien à la candidature de B.Cazeneuve. L'exécutif du PS s'est réuni et je crois que c'est à 53% qu'ils ont pris la décision. Cela veut dire que 47% des responsables

27:55

où il fallait soutenir Cazeneuve pour gouverner. Et pour gouverner, B.Cazeneuve, c'était une ouverture avec les macronistes. Que cela aille à la scission, peut-être pas. Les socialistes ont l'habitude, avec leur culture proportionnaliste, de vivre en étant d'accord principalement sur rien, en se haïssant et en pratiquant un double discours. On se prépare à gouverner de manière platement réformiste. C'est un vieux trait du mouvement socialiste en France.

28:36

Mais là, ça tangue vraiment. Il y a certaines personnalités locales, - A.de Tarlé: Celui-ci a dit: "A force de vouloir une gauche pure, nous avons une droite plus dure." - P.Perrineau: Tout à fait. Quand vous regardez les attitudes de l'électorat de la gauche non-LFI, on s'aperçoit que, sur de multiples positions, ses électeurs sont tentés davantage par le réformisme que par l'attitude provocante de LFI. On l'entendait tout à l'heure dans la manifestation de cet après-midi. Il s'agit toujours de dire: "Notre action politique doit être soutenue par le mouvement de la rue." aux urnes, et qu'on avait toujours le besoin de dire que c'est la rue qui a raison, que c'est le peuple dans la rue qui a raison. Il y a toute une partie de la gauche qui ne se retrouve pas dans ce type de culture. Et c'est peut-être cela la fracture profonde de la gauche. On va faire de la comptabilité.

30:02

Il y a eu une mobilisation aujourd'hui, mais ça n'était pas un raz-de-marée. - A.de Tarlé: K.Bouamrane, Moran, dont le nom avait circulé, demande à ce que l'on fasse une scission, que le PS ne soit plus la remorque de LFI et de J.-L.Mélenchon. - Est-ce qu'on est dans une logique de projection pour l'intérêt général ou est-ce qu'on est dans une logique de rupture pour répondre à un seul objectif? Il faut appeler un chat un chat. Destituer le président de la République et procéder

30:46

au plus vite à des élections anticipées pour que J.-L.Mélenchon puisse arriver à un duel avec M.Le Pen, ce n'est pas ma conception de la politique. - A.de Tarlé: Si on décode, il veut mettre fin au NFP. - H.Mathoux: Il y a une querelle claire, et une querelle qui n'est pas claire au PS. Il y a la position d'O.Faure par rapport aux insoumis. Et que le PS ne doit pas faire ça. Mais sur l'épisode Cazeneuve, je ne suis pas d'accord sur la clarté de cet épisode.

31:28

Ce n'est pas O.Faure qui a décidé que B.Cazeneuve ne serait pas le Premier ministre, mais E.Macron. E.Macron ne veut pas changer de politique économique. B.Cazeneuve a dit qu'il ne serait pas un Premier ministre de gauche qui applique une politique économique de droite. Donc c'est le président qui a choisi que ce ne serait pas B.Cazeneuve. Ce n'est pas exactement le PS qui a barré la route à B.Cazeneuve O.Faure a récupéré le PS dans un sale état et il a misé sur le nom de la gauche pour le faire survivre. Dans cette optique, O.Faure est peut-être allé trop loin.

32:11

Peut-être qu'il s'est trop soumis aux insoumis. C'est ce que disent les opposants d'O.Faure. Mais c'est à différencier sur le débat de B.Cazeneuve. - A.de Tarlé: Les 3/4 des Français estiment qu'E.Macron n'a pas tenu compte des résultats des élections législatives. Le NFP était le parti qui était arrivé en tête. - B.Sananès: Il y a une différence entre l'accueil qui est réservé à M.Barnier, car il faut peut-être lui laisser sa chance... Mais il faut bien distinguer cet accueil, qui est assez positif

32:54

pour l'instant, de la décision politique qui est prise par un président de la République qui est très largement impopulaire. Cela fait plusieurs mois que, quand on teste quelque chose qui vient d'E.Macron, c'est toujours négatif. Vous êtes à 74% de Français qui jugent qu'il n'a pas respecté le verdict des urnes. Et vous avez tous les électeurs qui sont issus des oppositions. Même 1 électeur sur 2 qui a voté E.Macron en 2022 partage ce constat. La gestion de la dissolution et du choix du Premier ministre dans la rue et a perturbé une grande partie de son électorat, qui n'a pas compris la dissolution et qui ne comprend pas aujourd'hui le point d'arrivée. - A.de Tarlé: A.Bouilhaguet, "rien ne peut se faire sans nous", a-t-il dit. Est-ce que ce n'est pas une fragilité? - A.Bouilhaguet: Oui, factuellement, c'est vrai. Le RN, c'est 126 députés, plus les alliés.

34:16

Ils sont donc 140. - A.de Tarlé: Un front républicain... - A.Bouilhaguet: 193 députés de l'autre côté. Ils peuvent faire tomber quand ils veulent le gouvernement Ca va être l'art de M.Barnier de réussir à tenir cet équilibre. Ce que l'on dit aujourd'hui pour M.Barnier aurait été valable pour n'importe qui. Le RN sort le juge de paix, l'arbitre de ce gouvernement. - A.de Tarlé: Ils sont un peu à contre-courant de leur génération, souvent présentés comme peu intéressés par la politique: les jeunes militants.

34:55

Comment ont-ils vécu ces dernières tractations? - Bonjour, est-ce que vous savez qu'il y a une manifestation demain? - L'appel a été lancé contre le président depuis plusieurs semaines. à Matignon que dénoncent ces jeunes militants insoumis. - Les Français ont exprimé lors des dernières élections législatives un désir de rupture forte avec ce qu'il se passait. Dans le même temps, Macron poursuit une politique, il approfondit certaines de ses politiques.

35:39

- Quant à l'âge du nouveau Premier ministre, 73 ans, c'est un mauvais signal pour la jeunesse. - Les jeunes ont plein d'espoir. Ils ont envie de faire plein de choses, d'utiliser leurs talents, leur énergie pour faire plein de choses positives. Ils sont pour le projet social, notamment. On leur ferme toutes les portes, que ce soit professionnellement, politiquement. Ca donne un message assez profond de désespoir et ça crée une colère. - Ces militants républicains se réjouissent, devant cette passation, entre le plus jeune et le plus âgé des Premiers ministres de la Ve République. - On a souvent dit qu'il fallait retirer les dinosaures

36:24

de la politique, que c'était compliqué d'avancer en politique avec des personnes qui refusent de lâcher le milieu. Mais dans une situation pareille, l'expérience est forcément un atout. - La situation est tellement particulière et compliquée à résoudre que, sans expérience, ce ne serait pas possible. - M.Barnier, ancien député, sénateur, ministre ou encore commissaire européen... Un CV pour rassembler la droite, et au-delà. - Cette longévité qu'il a en politique, c'est aussi la preuve que c'est une personne qui a la capacité de faire ce que l'on a pu voir en Italie, en Belgique, sur des accords de gouvernement réels.

37:02

On l'a perdu en France, et c'est nécessaire dans ce genre de moment. Il peut rappeler, à la table des négociations, des partis irréconciliables dans l'absolu. ces militants insoumis y sont-ils prêts? - S'il s'agit de faire des compromis avec des gens qui sont pour organiser des référendums sur les questions migratoires, c'est hors de question. Si c'est faire des compromis avec les macronistes, qui, lorsqu'on leur dit: "90 % des Français sont contre la réforme des retraites", nous rient au nez, il n'y a pas de compromis à aller chercher.

37:47

- A gauche... - Ils sont déçus de la politique d'aujourd'hui. - ...la déception est grande. L'espoir était grand au lendemain des législatives. de gens qui s'étaient mobilisés dans les urnes pour faire barrage aux idées les plus néfastes de l'extrême droite. Pour les espoirs des gens, c'est normal que ça fasse un coup au moral. Ca peut à la fois déterminer les gens à se mobiliser, comme ça peut les déterminer à ne jamais agir. - De gauche à droite, les militants rencontrés s'accordent sur un point: ces dernières semaines ont encore un peu plus écorné l'image des politiques.

38:29

- On passe pour des cons, des énormes cons. Lorsqu'on a une situation pareille, il ne faut pas tirer sur la corde mais comprendre qu'il faut aller On a fait tout l'inverse. - Ca ne donne pas envie aux gens de s'intéresser à la politique, lorsque l'on voit ce que ça donne. - Dans chaque camp, l'impression que la bataille n'est pas terminée. Tous s'attendent à ce que le nouveau Premier ministre soit renversé dans les prochaines semaines par une motion de censure. - A.de Tarlé: Question téléspectateur, dans le Maine-et-Loire.

39:09

"C'est ça, la démocratie? Vote bafoué et Premier ministre de minorité? Est-ce que ça ne peut pas pousser les jeunes que l'on vient de voir à la radicalité? - P.Perrineau: Oui, ça peut les pousser à la radicalité. Lorsque l'on écoute les jeunes militants de LFI, on le voit bien. Quand on leur demande ce qu'est le compromis, c'est être d'accord avec eux-mêmes. C'est une forme de compromis très restreinte. Mais on voit que d'autres militants disent: "L'heure est particulière.

39:53

Au fond, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale." Il faut la construire. On n'a jamais connu ça sous la Ve République. Même dans les 2 années qui viennent de s'écouler, à la majorité macroniste de gouverner. Là, il n'y a pas de majorité. Le NFP, c'est 193 députés. On est loin de la barre des 289 de la majorité absolue. Ils sont en dessous de 200. Il y a un événement dont il faut parler, qui justifie peut-être en partie l'attitude du président de la République. Après des contacts qu'il avait pris avec la gauche, il n'est pas allé jusqu'au bout de cette logique. C'est l'élection de la présidente de l'Assemblée nationale.

40:36

Cette Assemblée nouvelle est élue. avoir un président de l'Assemblée nationale de gauche. Ca n'a pas été le cas. C'est un autre type de majorité qui a été à l'oeuvre Pour réinvestir madame Braun-Pivet. Pour l'instant, la majorité est derrière M.Barnier. Le président De la République s'est dit: "L'Assemblée a pris un acte lourd. Lorsque l'on demande à cette Assemblée de se prononcer, on ne choisit pas un homme de gauche, on choisit une femme du bloc central avec le soutien de la droite républicaine." Ca a été certainement un élément... Ca ne justifie pas le comportement du président de la République. Mais c'est un élément qu'il a pris en compte. Qui prétend au pouvoir, n'a même pas été capable de faire élire un président de l'Assemblée nationale. Qu'en sera-t-il demain, si je choisissais la candidate qu'elle me propose?" Surtout que cette candidate était l'anti-Barnier. C'était une candidate sans aucune expérience politique.

42:01

C'était maladroit de la part du NFP. Si le NFP voulait sortir de cet enclavement, il fallait choisir quelqu'un porteur de ce compromis. - A.de Tarlé: "L'objectif de la gauche n'est-il pas de forcer Ces manifestations que l'on a aujourd'hui dans la rue, elles sont contre M.Barnier ou contre E.Macron? - B.Sananès: Elles visent à mettre la pression sur le président de la République. Cette idée de destitution, ou plutôt de départ du président de la République...

42:43

Quand on pose la question, ce n'est pas la procédure mais le point d'arrivée qui compte. Elle se dit favorable à cette procédure de destitution. Quand vous dites 52 %, ce n'est pas réservé aux militants de gauche de La France insoumise. Cette idée progresse chez les abstentionnistes, S'il y avait une crise demain, une instabilité gouvernementale, si M.Barnier était renversé une fois, deux fois, trois fois, ce serait sûrement compliqué pour le président de la République de nommer quelqu'un d'autre.

43:28

Il serait en première ligne et la question de son maintien au pouvoir se poserait. Elle se reposait dans une partie de l'opinion. C'était son job de trouver un Premier ministre. Maintenant, c'est lui le responsable. - A.de Tarlé: Pour revenir sur le reportage que l'on a vu, on a vu des jeunes empreints d'une certaine radicalité. Est-ce inquiétant pour l'avenir des 2 partis du gouvernement, ainsi et les Républicains, si la jeunesse ne se reconnaît plus au RN ou chez LFI? - H.Mathoux: Ces partis sont faibles chez les jeunes, ils ont perdu des votants. - A.de Tarlé: Les Républicains sont faibles chez les jeunes? - H.Mathoux: Je crois que c'était Malraux qui disait que le gaullisme, c'était le métro à 6h du soir.

44:13

Là, c'est plus le TGV pour La Baule, si je veux caricaturer. C'est un parti sociologiquement très resserré. Son électorat est plutôt âgé, bourgeois. Je ne sais pas si c'est la cause ou la conséquence, Je me rappelle d'E.Woerth, qui est parti chez les macronistes, qui voulait que les personnes puissent voter dans la commune de leur résidence secondaire. C'est une mesure qui ne parle pas aux jeunes. Ces partis ont déçu lorsqu'ils ont gouverné, et se sont repliés sur un électorat réduit et plutôt âgé. Ils ne s'adressent pas aux jeunes.

44:57

Et quand on est jeune, on a plutôt tendance à se tourner vers des solutions plus radicales. Peut-être que l'on découvre les vertus de la modération plus tard, quand on est plus installé dans la vie. Je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de jeunes C'est un problème pour les macronistes aussi. - A.de Tarlé: Le Parti socialiste, que l'on avait cru voir renaître avec les 14 % des Européennes. Quand on voit qu'A.Hidalgo appelle à une impérieuse nécessité à avoir un congrès au PS, on a l'impression qu'ils retombent dans le travers de leurs divisions internes, qui pourraient être mortifères. - A.Bouilhaguet: Oui, c'est vrai qu'ils ont fait une renaissance

45:42

au cours de ces Européennes. On a vu R.Glucksmann incarner cette idée de sociaux-démocrates. Chacun était dans sa ligne de départ, et à l'arrivée, les socialistes s'en sont bien sortis. Il y a peut-être pour eux une question de perspective. On sait qu'il y aura un candidat socialiste en 2027. - A.de Tarlé: On a déjà des noms? - A.Bouilhaguet: A ce stade, non. Il y a toujours hypothèse de R.Glucksmann. Je ne suis pas sûre qu'il soit intéressé par l'élection. Il y a une 2e chose sur laquelle compte E.Macron,

46:26

c'est cette proportionnelle. Naturellement, ça peut favoriser le RN, mais ça peut aussi favoriser le Parti socialiste. avec Mélenchon pour exister. - A.Bouilhaguet: Ils n'auront plus besoin d'être sous la tutelle de l'encombrant J.-L.Mélenchon pour continuer leur chemin. Peut-être que ça va libérer la parole au sein du Parti socialiste. - B.Sananès: Avant 2027, il y a 2026 et les élections municipales. LFI détient beaucoup de grandes villes. A Lille, ils ont dépassé la liste de M.Aubry. La gauche aura besoin de s'unir si elle veut conserver ces villes. Pour cela, ça met plutôt une pression à l'unité qu'à la désunion, même s'il y a des divisions au niveau national. du futur gouvernement. Les élus locaux devraient scruter les arbitrages avec grand intérêt. Après avoir été accusés par Bercy d'être en partie responsable du déficit, leur colère ne retombe pas.

47:52

Le maire tient à rappeler que dépense est aussi synonyme d'investissement. - A Talence, au sud de Bordeaux, c'est un peu la vitrine de la commune: ce bassin nordique. - C'est le seul bassin de 50 m olympique de la Gironde. C'est vraiment quelque chose de recherché par des nageurs qui viennent de Talence ou de tout le département. - Monsieur Le maire en est fier, et les nageurs le lui rendent - Je me régale. Tous les matins, je fais mon kilomètre. - L'élu a une mauvaise nouvelle.

48:36

- Tout est prévu pour que ce soit ouvert toute l'année. Pour le 2e hiver, on va devoir faire des économies. Je crois qu'elle ferme au moment des vacances de la Toussaint. - Impossible de fermer la piscine sous peine de couler les finances de la ville. On ne peut pas se permettre aujourd'hui... On est sur une exemplarité. - Il y a des dépenses inévitables pour les 45 000 habitants, notamment les plus petits, comme la végétalisation de la cour de l'école maternelle.

49:21

- Cette école a été livrée il y a un an. Cette cour était entièrement bétonnée. Il y avait quelques arbres, mais que du béton. Il est prouvé que pendant les périodes de grosse chaleur, il y a 10 degrés d'écart entre cette partie en béton et cette partie qui respire. - 250 000 euros d'investissement pour un objectif écologique. Il faut réduire drastiquement l'enveloppe. - Je décide d'investir, mais c'est fait 5 ans après. Après, on nous dit qu'on ne va pas nous aider. Si on ne nous aide pas, on est forcément arrêtés en plein milieu du quai. - Alors, à l'heure des comptes, pour pouvoir boucler le budget de 2025... - Il va falloir que l'on continue de canaliser les frais. - Le maire et son adjoint aux finances cherchent des pistes d'économies, encore et encore. - Je n'ai pas le droit d'emprunter à quelque taux que ce soit pour fonctionner.

50:42

Le fonctionnement doit être en équilibre, entre le salaire et les dépenses. chaque année pour payer son fonctionnement. - Nous n'avons pas le droit de faire ça. Quand le gouvernement démissionnaire accuse les collectivités territoriales de creuser la dette... - M.Barnier est un élu local. Il a exercé beaucoup de fonctions, du local au national. Il connaît nos réalités. Il a annoncé, lors de la cérémonie de passation, qu'il y aurait des lendemains difficiles. Mais ces lendemains difficiles... On va jouer groupés. Mais les communes sont en équilibre. C'est à l'Etat de réduire son déficit, et de ne pas faire ce qu'il fait depuis 15 ans, c'est-à-dire nous piquer de l'argent. Ca, aucun problème, on sait le faire. - Avec la suppression de la taxe d'habitation et la baisse des dotations, le maire estime que sa commune a perdu.

52:08

Il devra peut-être augmenter les impôts locaux en 2025. - A.de Tarlé: B.Le Maire a tiré la sonnette d'alarme. Les comptes publics sont en train de déraper. Ca ne sera pas 5,1 mais 5,6. Il a accusé les élus locaux d'être à l'origine de ce dérapage - A.Bouilhaguet: C'est peut-être un peu étonnant de sa part. C'est quand même 16 milliards sur l'année 2024 qui auraient été dépensés en trop et non prévus par les collectivités locales. En tout cas, il avait alerté au printemps sur le déficit. Il avait dit que nous serions à 5,6 au lieu de 5,1. Ca va être très compliqué pour M.Barnier qui va devoir se saisir très vite de cette question du budget. Est-ce qu'il va devoir procéder à des mesures d'économies?

52:52

Est-ce qu'il va se dire qu'il faut quand même faire quelques dépenses pour calmer les tensions sociales? Cela va être scruté de très près. Ce sera son 1er grand dossier à gérer. octobre. Donc il n'y aura pas de session extraordinaire d'ici là puisque l'Assemblée recommence à fonctionner à partir du 1er octobre. On peut envisager qu'après ce discours de politique générale, on attaque très rapidement entre le 1er octobre et la mi-octobre cette affaire de budget. - A.de Tarlé: Cet après-midi, M.Barnier a dit que la situation était "très grave" en parlant de la dette.

53:36

Pourquoi est-ce que l'on n'arrive pas à réduire les dépenses l'Etat? - H.Mathoux: Il y a 3 dépenses publiques. Il y a la dépense de l'Etat, des collectivités Les dépenses de l'Etat sont à peu près stables depuis 50 ans. Il y a 2 types de dépenses qui explosent. Il y a les collectivités territoriales. B.Le Maire les accuse quasiment intégralement. Il suffit d'ouvrir un rapport de la chambre régionale de la Cour des Comptes pour voir qu'il y a des problèmes de baisse de dotations. Mais la 3e dépense, c'est le plus grand tabou de la politique française, c'est la protection sociale, et notamment le niveau des retraites.

54:19

Un responsable politique n'en parlera jamais. - H.Mathoux: Selon moi, c'est la réalité économique. La France est le seul pays au monde où les retraités ont un niveau de vie supérieur à celui des actifs. - A.de Tarlé: Vous plaidez pour la retraite à 65 ans? - H.Mathoux: Si vous me demandiez, je plafonnerai en réglementant des retraites que l'on verse. Les retraités les plus aisés, je plafonnerais le montant. Ou alors, j'arrêterais d'indexer les retraites sur un taux... - A.de Tarlé: On dépense aussi beaucoup pour la santé. Ce sont des tabous. On ne peut pas dire que l'on va baisser les retraites ou couper les financements sur la santé. Il suffirait d'arrêter d'indexer les retraites sur l'inflation pour économiser les fameux 16 milliards. - A.de Tarlé: Ce n'est pas comme ça que l'on reste au pouvoir. - H.Mathoux: Mais c'est comme ça qu'on réduit la dette. - B.Sananès: La hausse des dépenses ne s'accompagne pas d'une amélioration du service rendu. C'est le cas en matière de santé, d'éducation, de police, de sécurité. Il y a cette perception que le déficit se creuse.

55:42

On paye plus, mais l'amélioration n'est pas au rendez-vous. F.Bayrou avait fait de la dette son cheval de bataille de l'élection présidentielle. Cela doit être la 4e ou la 5e priorité pour les Français. Avant, c'était un sujet de débats de plateaux télévisés. Là, dans tous les électorats, à l'exception de LFI... - A.Bouilhaguet: Ce qui est intéressant, c'est que dans ses propos au 20h de TF1, M.Barnier a parlé d'une meilleure justice fiscale. Il a été prudent, car on ne sait pas ce qu'il y a derrière. Il dit qu'on va augmenter les impôts des plus riches. Est-ce qu'il veut rétablir l'ISF, enlevé par E.Macron? Est-ce qu'il veut de nouveaux impôts sur le patrimoine financier? Est-ce qu'il veut une réforme des droits de succession? Ce sont des pistes évoquées par B.Le Maire sur le fait de taxer davantage les profits des énergéticiens et taxer les rachats d'actions. Il cible les entreprises et les plus riches alors que c'est

57:10

le socle électoral d'E.Macron. - B.Sananès: Dans le pacte présenté par LR, il y avait la question de la non-augmentation des impôts. - A.de Tarlé: Mais si la situation est très grave, et dans les Landes, on nous pose cette question: quels impôts et taxes risquent d'augmenter? - P.Perrineau: Pour l'instant, on parle beaucoup de l'éventualité d'une redistribution fiscale. comparables, qu'elle soit directe ou indirecte, est extrêmement élevée. Encore augmenter la pression fiscale va heurter les classes moyennes qui restent le coeur de l'équilibre social. On va se heurter à un ras-le-bol fiscal. Il y a eu plusieurs mouvements dans l'histoire politique fiscale qui se sont nourris de ce ras-le-bol fiscal. Quand vous parlez des gens de la classe moyenne salariée ou de la classe moyenne indépendante, nous n'en sommes pas

58:33

loin. Donc attention. En revanche, et d'ailleurs, lorsqu'il était candidat M.Barnier avait abordé le problème. Il y a certainement, dans les dépenses de fonctionnement de l'appareil d'Etat, des choses à envisager. Il appelait cela à l'époque "un redéploiement des effectifs de la fonction publique", que l'on ne remplace pas systématiquement les fonctionnaires qui partent à la retraite. Et avec le reste, un redéploiement. - A.de Tarlé: Il en parlait cet après-midi: "dépenser mieux". - P.Perrineau: Peut-être qu'un jour on arrivera à passer à l'acte. - A.de Tarlé: Tout de suite, on revient à vos questions.

59:15

Louise en Haute-Loire pose la question: à qui M.Barnier - A.Bouilhaguet: C'est une bonne question. Peut-être un peu moins à E.Macron qu'à ses prédécesseurs. Il va être tenu par ce qu'il souhaite faire. C'est-à-dire une coalition allemande ou à la belge. Il a commencé par établir une plateforme et ensuite, on choisit le casting pour le gouvernement. Il va peut-être être plus autonome que ses prédécesseurs. Mais il y a au-dessus de lui le président.

59:57

- B.Sananès: Les Français considèrent qu'il doit être le plus autonome possible vis-à-vis d'E.Macron, quitte à s'opposer à lui de temps en temps. Ils souhaitent que M.Barnier fasse entendre sa différence. son indépendance par rapport à E.Macron? - B.Sananès: Il va y avoir la recherche de marqueurs politiques qui vont structurer son ADN politique. - A.Bouilhaguet: Sur la personnalité de M.Barnier, on a tendance à dire qu'il a un côté un peu mou. Mais pas du tout.

1:00:42

Il est orgueilleux, têtu, assez acharné dans son travail. - A.de Tarlé: Question de Jean-Claude dans les Côtes-d'Armor: quelle peut être la vision sur la retraite d'un homme qui travaille encore à 73 ans? M.Barnier a-t-il pris la mesure de la crispation et du refus dernier? Il y a eu 13 000 manifestations l'an dernier. - H.Mathoux: En effet. Il y avait une proposition sur la mesure d'âge alors que c'est plutôt sur la durée de cotisation qu'il aurait fallu jouer.

1:01:22

M.Barnier va s'adresser aux classes populaires. Il faut prendre en compte les métiers pénibles, pas forcément les métiers politiques, des métiers qui sont physiquement difficiles. - A.de Tarlé: Il a parlé d'améliorer la situation pour les plus fragiles. - H.Mathoux: Les gens qui ont souffert en travaillant. Mais il faudra faire un grand geste pour faire une ouverture politique suffisante. - A.de Tarlé: Alexis nous demande: "Cette manifestation lancée par le NFP est-elle un succès?" - B.Sananès: 26 000 personnes selon la préfecture de police. - A.de Tarlé: Et 160 000 selon LFI. - B.Sananès: C'est une manifestation qui reste limitée à un public de militants et de sympathisants politiques.

1:02:06

Ce n'est pas une manifestation populaire. Après, est-ce que ce mouvement peut s'amplifier? Pour l'instant, cela n'en prend pas le chemin. Est-ce qu'il peut y avoir d'autres mouvements sociaux à l'appel Ca, c'est différent. - A.de Tarlé: "Pourrait-il y avoir des ministres du RN dans le gouvernement Barnier?" C'est Claude en Seine-Saint-Denis qui nous pose la question. - A.Bouilhaguet: C'est ce que J.Bardella a dit, mais ce n'est pas dans l'intérêt du RN, qui reste aujourd'hui l'arbitre des gouvernements qui vont peut-être se succéder, et qui vise

1:02:44

2027. Autant, les élèves se sont dit qu'ils n'avaient pas gouverné depuis 11 ans... Mais le RN, dont l'ambition suprême reste la présidentielle, n'a pas M.Barnier va s'entretenir avec eux. Il veut rencontrer le NFP, mais également le RN. - A.de Tarlé: Pour Les Républicains, c'est une façon de redevenir un parti de gouvernement que d'aller aux affaires? - A.Bouilhaguet: C'est N.Sarkozy qui le répète depuis longtemps. Il fallait que chacun prenne ses responsabilités. Ce qui est étonnant, c'est comment a bougé L.Wauquiez sur ce sujet. E.Macron a été assez intelligent parce que X.Bertrand était sans doute un poisson-pilote. E.Macron n'avait pas du tout envie de partager le pouvoir avec X.Bertrand, qui a des ambitions pour 2027. aligné. Mais cela a permis de remettre, d'installer, un nouveau logiciel du côté des Républicains pour arriver à ce nom de M.Barnier. - B.Sananès: L'électorat de droite ne comprenait pas que la droite

1:04:10

n'aille pas gouverner, surtout pour éviter ce qui est une menace à ses yeux: la présence à Matignon de quelqu'un venant de la gauche. Je pense que les députés LR ont fait remonter cette envie de l'électorat de droite de dire que maintenant, il fallait y aller. - P.Perrineau: La force des anciens partis PS et LR est de dire: "Nous sommes porteurs d'une culture du gouvernement que n'a pas le RN ni LFI." On ne peut pas se battre. La culture du gouvernement, c'est leur fonds de commerce. Le PS a loupé le coche pour des raisons diverses et variées.