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interviewSud Radio (sur YouTube)· 14 juin 2026 22 min

L’IA: nouvelle priorité des présidentielles 2027 ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Perez. Bonjour et bienvenue dans le Numérique pour tous, l'émission dédiée à l'innovation et à la tech responsable. Vous le savez, elle est partout dans notre quotidien, dans nos vies, dans nos entreprises et plus que jamais dans l'arène politique.

Je veux parler de l'intelligence artificielle. Et alors que les programmes de nos futurs présidents sont en train de la mettre à l'honneur, de nombreuses questions s'imposent. La vidéosurveillance intelligente est à un romp contre la délinquence ou le premier pas vers une société de surveillance.

Quel va être l'impact de l'IA sur les campagnes électorales ? Et si la France doit devenir championne de l'IA, comment nos futurs gouvernements vont prendre en charge les distruction d'emploi ? C'est le débat que nous vous proposons aujourd'hui dans le numérique pour tous.

Ça commence dans quelques instants et c'est sur Sud Radio. Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Perez. Et dans ce numérique pour tout spécial IA et présidentiel, nous avons le plaisir d'accueillir le député Paul Midi, membre de la commission des affaires économiques et fermement convaincu que l'IA est une opportunité historique pour la croissance et il nous en parlera.

Et face à vous, Fabrice et Boin pour porter un regard sans concession mais néanmoins bienveillant pour nous donner un petit peu les effets de ce miroir technologique. Vous êtes enseignant à Science Po et vous êtes spécialiste reconnu de l'impact des technologies sur les réseaux sociaux. Fabrice, bonjour.

Alors, on va commencer par un débat qui est actuellement un peu sous la la loupe, celui de l'intelligence artificielle et de la vidéosurveillance. Paul euh l'amendement a un peu de mal, il patine un petit peu en ce moment. Où est-ce qu'on en est justement ?

Alors, moi, j'ai effectivement déposéous le contexte justement exactement. J'ai déposé une proposition de loi pour permettre l'utilisation de la vidéo protection augmenté. Qu'est-ce que c'est ?

C'est aider les commerçants à lutter contre le vol qui c'est un fléo pour eux hein. C'est 2 3 4 % du chiffre d'affaires qui peut être supprimé à cause de à cause du vol dans les magasins. Et bonne nouvelle, il y a une technologie qui permet de baisser de 20 à 50 % euh les occurrences de vol dans les magasins.

C'est utiliser de l'intelligence artificielle sur les caméras de vidéo protection. C'est très simple, c'est le commerçant, il ne peut pas passer son temps à regarder son écran caméra pour voir ce qui se passe dans ses rayons. Il est en train d'encaisser ses clients ou de faire ses stocks.

Par contre, Lia, elle elle peut le faire et elle peut prévenir le commerçant quand éventuellement il y a peut-être un geste qui ressemble à un geste de vol et prévenir le commerçant que c'est à ce moment-là qu'il faut regarder. Donc c'est très simple, c'est très efficace. On a voté ça à l'Assemblée nationale euh pour légaliser tout en encadrant évidemment l'utilisation de l'intelligence artificielle.

Euh maintenant il faut que ça continue la navette parlementaire. Donc j'espère qu'on y arrivera dans les prochains lois. Mais vous n'avez pas un peu l'impression que c'est la morce d'un big brower ?

Non, je pense pas du tout au contraire euh parce que c'est vraiment une technologie qui euh est encadrée, qui permet la primé primauté humaine. C'est-à-dire que les décisions sont uniquement humaines. C'est-à-dire que c'est le commerçant qui voit parce qu'il est alerté par l'intelligence artificielle que potentiellement il se passe quelque chose.

Euh et ça réduit très fortement les vols. On encadre par exemple en interdisant la reconnaissance faciale, en donnant tout un tas de spécifications techniques sur ces logiciels, en favorisant le fait qu'il soit d'ailleurs français et européen. Et donc on est vraiment très très très loin du Big Brower.

Il faut utiliser ces technologies quand elles peuvent apporter un bénéfice. Là, c'est la lutte contre vol, mais demain, j'espère que ce sera pour des sujets de santé. Quelqu'un qui tombe euh sur un trottoir, une personne âgée qui tombe sur un trottoir qui scale quelque chose qui est tout seul. euh pour que les secours puissent venir plus rapidement.

Quelqu'un qui fait une crise d'épilepsie ou une crise cardiaque, voilà, ces technologies, elles peuvent apporter énormément de bénéfices. Il faut par contre bien les encadrer pour qu'on les utilise pour les usages qu'on veut euh et c'est le choix démocratique. Alors le le l'intention est totalement bienveillante et elle est louable.

Si vous Fabrice Pulban, vous étiez à l'assemblée, est-ce que vous voteriez justement cet amendement où vous avez un blocage culturel ? Alors déjà, je l'ai un petit mal entendu. Dans 1984, il y a toujours des humains.

C'est dans Terminator qu'on a plus d'humains. Donc c'est pas du tout incompatible avec le fait de construire 1984. Et puis je soulèverai quand même une bonne nouvelle, c'est que ces technologies sont déjà installées en France depuis plus de 10 ans.

C'est Discllose qui nous l'a révélé. Vous n'êtes strictement pour rien du reste, ça a été fait avant la Macronie par Bernard Casneu. Bon, certes en inégalité mais on n'est plus à près.

Et on a installé dans plus de 200 municipalités, aussi bien dans les polices municipales que dans les les préfectures Marseille, Paris, des systèmes qui effectivement ont cette fonctionnalité, ont également la fonctionnalité de reconnaissance faciale. Le seul inconvénient, enfin il y en a deux. Le premier c'est que ça s'est fait dans la plus parfaite illégalité.

Bon, c'est c'est c'était déjà le cas pour l'assurance de masse avec le packet inspection déployé dès 2009, légalisé en 2018. Mais euh l'autre gros problème, c'est que c'est une technologie israélienne, ce qui effectivement en terme de souveraineté euh c'est bluffcam. euh ce qui en terme de souveraineté est pas fantastique.

Donc on a des start-ups qui sont a priori capables de de relever le défi et de remplacer ces technologies israélienne après 10 ans de de mise en pratique. Là on est effectivement dans une problématique qui est strictement de légaliser euh des pratiques qui dans l'administration euh sont déjà courantes depuis 10 ans, mais effectivement sont totalement illégales pour le commerçant du coin. Donc vous ne la voteriez pas de votre côté plutôt non.

En fait, si vous voulez, le le problème qu'on va avoir, c'est que le rapport à l'espace public va radicalement changer. On a depuis la révolution industrielle l'anonymat dans dans l'espace public, c'est quelque chose qui fait partie d'une forme de contrat social informel. le jour où la population va réaliser qu'effectivement elle est épier euh à tous les coins de rues, le rapport à l'espace public et le rapport à l'autorité va changer de façon radicale.

Donc moi, j'aimerais avant ce genre de loi avoir, c'est souvent le cas avec les lois sur numérique, une étude d'impact sérieuse et et moi ce qui me manque c'est une étude d'impact sérieuse sur ce genre de loi. Paul, vous nous confirmez que vous allez prendre garde à ce genre de dérive ? Oui, c'est pas du tout le cas de cette loi.

Je veux quand même bien apprécier d'abord euh c'est on légalise dans l'espace privé, c'est-à-dire dans le magasin. Euh on encadre effectivement des pratiques qui existent aujourd'hui mais qui sont euh illégales de fait. On les encadre.

C'est-à-dire que par exemple il faut qu'il y ait un droit d'information. Il faut que les euh clients quand ils entrent dans le commerce, ils soient prévenus que ce type de technologie est utilisée comme aujourd'hui ils sont prévenus que la vidéo protection est utilisé, qu'il puisse faire le choix de rentrer ou pas dans le magasin si jamais ça leur pose effectivement un problème que ce type de technologie soit utilisée. Donc on n'est pas dans l'espace public.

Effectivement dans la loi Jo, euh il y avait l'utilisation pour protéger les Jeux Olympiques de ce type de technologie de caméra augmentée à Lia pour les sujets de sécurité. Euh moi je pense que c'est utile mais là le cas dont on parle c'est dans l'espace privé dans les magasins et évidemment en encadrant ça et je le répète euh en interdisant la reconnaissance faciale. Donc cette ce logiciel il faut bien comprendre qu'il ne regarde que des gestes.

Il ne regarde par exemple ni votre couleur de peau, ni si vous êtes de quelle façon vous êtes habillé. Donc qu'il est en fait moins biaisé euh qu'un agent de sécurité euh moyen euh dans notre pays. Voilà.

Donc euh il y a des avantages aussi à utiliser ce type de technologie. C'est bien de le rappeler. Alors Paul, on sait que vous êtes bien évidemment un fervant défenseur de la technologie.

Euh vous dites que la France doit devenir un champion de l'intelligence artificielle. Bon, on voit quand même que il y a une forte puissance des États-Unis et de la Chine, même si on y prête moins attention ici en Europe. Euh est-ce que cette ambition, on en a réellement les moyens ?

En fait, moi je suis d'abord un fervant défenseur de redonner aux Français, aux Français, aux Européens aux européennes la capacité de la prospérité. Qu'est-ce qui se passe depuis 30 ans ? On a quasiment raté la révolution euh numérique et grosse partie de la richesse lié à cette révolution qui a été créée, elle est partie aux États-Unis.

C'est un problème et on a face à nous la révolution de l'intelligence artificielle qui va être aussi une une opportunité économique énorme. Soit on mène cette révolution et donc ça apportera des bénéfices énormes pour les Françaises ou pour les Français en création d'emploi, en augmentation de salair et et c'est c'est la direction que moi je veux qu'on prenne. Soit on rate cette révolution technologique, on va s'appauvrir relativement par rapport aux États-Unis et à la Chine. on va perdre notre souveraineté et généralement ça finit.

Toujours pareil dans l'histoire, c'est constante dans notre histoire. Euh quand vous ratez une révolution technologique, vous apposissez et vous finissez soumis ou envahi. C'est ce qui est arrivé à la Chine quand elle a choisi de ne pas faire la révolution industrielle il y a quelques siècles.

Elle est devenue est passée de la première économie du monde à un des pays les plus pauvres du monde. Et depuis qu'elle a repris une stratégie [grognement] de d'innovation de gain de productivité économique, elle est redevenue la deuxème économie du monde. L'Europe est la troisème économie du monde.

Moi, je veux qu'on redevienne la première économie du monde. Je veux que dans ce pays, les Françaises et les Français aient les meilleurs salaires au monde et qu'on ait le plus de ressources publiques pour payer notre armée, nos hôpitaux, notre éducation, la transition écologique et tout ce qu'on doit payer dans ce pays. Et c'est en ça que l'intelligence artificielle est une énorme opportunité mais aussi un risque si on ne le fait pas bien.

Alors, on loue votre optimisme, mais j'entends d'ici monsieur Épalis qui va vouloir apporter euh une contradiction ou alors être peut-être opinion une précision sur la Chine. La la Chine a été ruinée avant tout par l'invasion de l'opium euh de la part des puissances occidentales qui a complètement écrasé ce pays pendant un siècle. Il s'en est sorti de façon catastrophe.

Ça c'est arrivé après que la Chine décide politiquement pour des raisons que je vais pas détailler de ne pas faire la révolution industrielle. Non non non, je parle le 18e siècle. Non non, je je parle le 18e siècle.

Sinon, je je partage complètement son diagnostic. Effectivement euh on a totalement raté la révolution du numérique. On peut par exemple prendre des chiffres comme le PIB par habitant.

Il y a 20 ans, le PIB par habitant était tout à fait comparable avec les États-Unis. Aujourd'hui, le PIB par habitant des Français est moitié moins que celui des États-Unis. On a totalement décroché, on s'est fait littéralement coloniser par les gars femmes.

Il faudrait peut-être un retour d'expérience et une analyse de ce qui s'est passé pour ne pas continuer dans cette voie. Je vois des signes encourageants de la part de l'Europe qui prôent alors l'open source, ce qui ne veut absolument rien dire, mais potentiellement peut-être le logiciel si les lobby des gafames arrivent à ne pas fusiller cette loi. On peut essayer d'être optimiste.

On verra bien ce que ça donnera. [grognement] Et à côté de ça, il faut quand même être réaliste. Le le budget IA des États-Unis est assez comparable au budget de la France, de l'État français.

Donc on est vraiment dans la situation de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. La stratégie chinoise pourrait être une alternative. C'est que les Chinois très concrètement sont passés en logiciel libre. les les logiciels d'IA chinois sont un bien public qu'on peut installer sur sa propre machine.

Le problème c'est que ce genre de stratégie n'est pas à la portée de la France dans la mesure où on va dire qu'il y a certaines collusions au niveau des champions français entre l'appareil d'état et le et les champions français. Donc comme ça détruirait de facto les champions français de typiquement adopter une stratégie chinoise, ne serait-ce qu'en forcamp les les I chinoises et en en faisant notre propre version, on se retrouve un peu coincé. On n pas les moyens.

Les Chinois avaient le même problème, ils ont résolu en faisant de li à un bien public. Euh concrètement donc en 30 secondes concrètement on est aujourd'hui dans une injonction paradoxale. Donc d'ici aux élections, il se passera rien.

Après les élections, on verra. Mais la la seule stratégie réaliste qui s'offre à nous, c'est la stratégie chinoise. Paul, il y a un corolaire et qui concerne justement tous les citoyens, c'est la peur de perdre son emploi à cause de l'intelligence artificielle.

Est-ce que l'État, au-delà de cette ambition, et Fabrice parle d'une injonction contradictoire sur un autre sujet, est-ce que le maintien de l'emploi va être une garantie et vous allez être vigilant là-dessus ? Est-ce que vous allez même peut-être compenser avec de la formation ou euh comment vous soutenez les citoyens dans ces années à venir ? En fait, en fait, ce qu'il faut bien comprendre euh c'est que euh on sait très bien comment ça se passe ces révolutions technologiques parce que ça se passe toujours de la même façon.

Effectivement, elles détruisent de l'emploi mais elles en recréent généralement à peu près deux fois plus. Il y a 30 ans avant qu'on ait le numérique, il y avait 1 million d'actilos qui écrivaient à la machine à écrire. C'est 1 million d'emplois ont été détruit, n'existe plus.

Par contre, il n'y avait pas il y a 30 ans 1 million de développeurs, 1 million de livreriese commerce, tous ces métiers nouveaux qui ont été créés et donc la balance, elle est positive. Elle est positif mais encore faut-il former les dactilos pour qu'elle ne reste pas sur le carreau. Exact.

Exactement. C'est ça le sujet numéro 1, c'est la concurrence qui peut exister entre des salariés qui sont formés aux utilia et des salariés qui ne sont pas formés aux utilia. Et c'est ça le sujet de la même façon que ceux qui dans les 30 dernières années avaient une difficulté à utiliser un ordinateur avaient plus de difficultés à accéder à l'emploi ou à progresser dans leur emploi.

Donc la priorité numéro 1 sur ce sujet c'est de former massivement les Françaises et les Français aux outils de l'IA. Pour ça qu'on propose avec Gabriel Atal de former 20 millions de français dans les 3 à 5 prochaines années aux outilia. Il y a une technologie que tout le monde connaît qui est très pratique pour avoir un emploi et pour faire plein d'autres choses à laquelle l'État grâce à des politiques publiques très ambitieuses forme l'ensemble des Frances s'appelle la voiture.

Moi je pense que on doit faire la même chose. Il enfin écoutez il faut qu'on utilise les budgets de formation professionnelle qui sont très importants pas toujours totalement bien orientés. Ils sont notamment financés par les entreprises mais aussi par l'État.

Il faut que ce soit la puissance publique et les entreprises qui financent. Mais ces budgets je dirais existe déjà. C'est de la réalité.

Ou quand il y a 2500 € par an et par candidat dans les entreprises pour former, est-ce qu'on a les moyens de former tout le monde ? Est-ce qu'on va vouloir former tout le monde ? Il faut il faut le faire.

C'est vraiment un enjeu vital. Il ne faut pas reproduire les erreurs qu'on a fait dans ces 30 dernières années sur la la révolution digitale numérique pardon où on a laissé les gens au bord du chemin. Il y a des gens encore dans notre pays qui sont dans l'électronisme 30 ans après l'arrivée des ordinateurs.

Ça c'est pas possible. Il faut pas se gourrer cette fois-ci. On doit faire le retour d'expérience et donc il faut former massivement.

Il faut que tout le monde y passe. Mais c'est positif. La bonne nouvelle avec l'intelligence artificielle c'est que c'est pas devenir chirurgien.

Il y a pas besoin de faire 10 ans d'études pour comprendre comment ça marche. En quelques heures, les études académiques le montrent déjà, en quelques heures, vous mettez le pied à l'étrier euh des personnes qui veulent être formées. C'est relativement auto-apprenant parce que quand vous avez à peu près compris comment ça marche, vous posez les questions à Lar et c'est elle qui vous qui vous répond et qui vous explique comment comment il faut faire.

Et donc en quelques heures, vous pouvez mettre le pied à l'étrier des Françaises et les Français. Forcer les patrons à former leur collaborateur. En fait, il faut qu'on ait un système, je pense pour le coup national.

Il faut que tout le monde y participe bien sûr, chacun doit y trouver son rôle mais il faut, on s'assure que au moins 20 millions de français, c'est-à-dire quasiment tous les salariés euh au moins 2/3 des salariés du privé et du publicent par ces formations là. Il faut les embarquer, les pousser, il faut que ce soit positif et donc je pense qu'il faut qu'on fasse un grand plan national sur ce sujet-là. Voilà.

Fabrice, cette enfin Paul Midi parlait d'une évolution comparable à celle d'internet il y a quelques années. Pour vous la rupture, elle va être beaucoup plus violente. Bah oui, elle va se passer en quelques années, là où auparavant on était dans l'ordre de la génération.

Donc former des daxilo, au final, on l'a pas fait. On l'a juste eu le temps de les voir arriver à la retraite. Là, on aura pas le temps de voir une génération entière arriver à la retraite, ne serait-ce que parce que les premières victimes, c'est la génération qui arrive sur le marché du travail.

Euh la première usage de chat GPT dans l'entreprise, c'est de remplacer le stagiaire et de remplacer les emplois euh juniors. Donc on on va avoir un problème effectivement de euh raréfection de l'emploi qui va commencer par des gens qui sont qui s'imaginaient totalement à l'abri euh des précédentes disruptions, la révolution industrielle, la révolution numérique qui ne les avait pas touché au contraire et qui là vont se retrouver sur le carreau. Et c'est une génération qui a fait des études, qui avait pas mal d'ambitions en terme de travail et qui très concrètement vote dans les extrêmes aujourd'hui plutôt l'extrême gauche et qui va se retrouver sur le carreau.

Donc on va se retrouver dans une situation avec énormément de population qui a des vraies capacités à réfléchir, à s'organiser, à débattre et qui va se retrouver exclu du marché du travail. C'est déjà le cas dans tous les juniors des toutes les entreprises. Paul 30 secondes pour répondre à la pause franchement totalement je pense que c'est totalement faux ce que vous venez de dire.

C'est vérifier par des chiffres et je pense qu' on pourra mettre les chiffres derrière les qui a essayé de le démontrer qui a été après démonté par pas mal d'économistes. Donc ça ne se voit pas dans les chiffres. Ça ne s'est jamais vu dans aucune révolution technologique depuis le début de de la de l'humanité.

Il n'y a jamais jamais jamais eu de ce qu'on appelle de chômage technologique. C'est de hausse de chômage liée à l'arrivée d'une nouvelle technologie. Sincèrement dans le monde du développement informatique, vous pouvez affirmer ça, c'est que euh cette révolution technologique, on peut s'imaginer qu'elle ira beaucoup plus vite que les autres.

Donc le besoin de formation, d'accompagnement, il est beaucoup plus important et beaucoup plus rapide. Il faut qu'il soit à la hauteur des enjeux. C'est pour ça que nous quand on propose à Gabriel Atal de former en 5 ans 20 millions de Français, euh ça peut paraître important, [raclement de gorge] mais c'est ce qu'il faut faire justement pour accompagner euh cette révolutionlà et qu'on l'amène, voilà, que les Françaises et les Françaises soient les meilleurs euh salariés sur l'IA de toute l'Europe et du monde entier.

Je pense que ça c'est possible, c'est beaucoup d'effort mais attention à ne pas faire croire aux Français qu'ils vont tous être au chômage dans 3 ans. Ça c'est vraiment je pense une bêtise. Paul Midi, Fabrice et Paulboin je vous propose de marquer une courte pause.

On va continuer à parler de formation et notamment des jeunes générations. Restez avec nous. L'intelligence artificielle sur Sud Radio, ça continue dans quelques instants et c'est sur le numérique pour tous.

Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Perez. Le numérique tout spécial intelligence artificielle et présidentielle. Ça continue et j'ai une question justement ben sur cette fameuse IA qui va s'infiltrer dans la préparation des élections Paul Midi.

On sait qu'on peut influencer certaines campagnes maintenant avec une bonne maîtrise des des des algorithmes des plateformes numériques. Est-ce que ces élections alors vous allez peut-être pas nous le dire mais dans quelle mesure on peut être protégé d'une influence de l'intelligence artificielle sur le profiling justement des messages que l'on va adresser ? Alors euh ce qu'il faut bien, je pense que vous parlez des réseaux sociaux notamment, hein.

Euh ce qu'il faut bien comprendre que euh les forces politiques dans ce pays ne peuvent pas utiliser la publicité sur les réseaux sociaux euh qui est la seule qui permet de vraiment cibler tel ou tel type de personne, tel ou tel type de position. Ça c'est légal aux États-Unis. Donc beaucoup d'argent est dépensé aux États-Unis là-dessus. en France être illégal et je pense que c'est une bonne chose et donc il y a souvent beaucoup de fantasmes de certains mais mais en fait les les partis politiques sont pas en capacité de le faire.

C'est illégal. Alors, certains peuvent faire des choses illégales, mais évidemment moi ma force politique, elle fait pas elle fait pas ce genre de chose. Ce [grognement] qu'il faut par contre bien comprendre, c'est que euh effectivement, c'est l'algorithme de TikTok qui va choisir les vidéos et les personnalités poétiques qui vont être envoyé auprès de nos enfants.

C'est plutôt des enfants qui utilisent TikTok, auprès de tous lesateurs français. Ceux qui peuvent voter, voilà, ceux qui peuvent voter. Ouais.

Mais voilà. Bon, les enfants sont aussi exposés à ces à ces vidéos là et et cet algorithme, que ce soit TikTok ou sur les autres réseaux sociaux américains ou chinois, il ne respecte pas les règles de pluralisme que vous en tant que radio ou que les chaînes de télévision euh respectent parce qu'on leur a mis l'obligation dans la loi depuis 40 ans. Donc est-ce que ces élections seront biaisées ou pas ?

Et bien euh de fait euh comme ces réseaux sociaux sont maintenant le premier mia d'information pour les Françaises et pour les Françaises jusqu'à 35 ans euh sur ces médias, il n'y aura pas, peut l'imaginer, le pluralisme euh qui est je pense quelque chose d'important qu'on a à la télévision ou à la radio. Donc moi, je plaide pour qu'on applique ses rêves de pluralisme sur les réseaux sociaux, mais comme on est à moins d'un an d'une élection présidentielle et que dans notre démocratie, on a cette règle implicite de ne pas changer les règles du jeu moins d'un an avant une élection, cette règle ne sera pas changée d'ici là. Merci Paul. 30 secondes pour conclure très rapidement rapidement.

Effectivement, on n pas le droit de faire de la pub politique, mais si des militants se mettent à le faire, c'est totalement hors cadre. Et donc si j'ai une armée de militants qui font des petits clips sur Bardella, Mélenchon, machin pour faire leur promotion, bah je je vais pouvoir avoir un leverage avec une armée de militants. Et là, les forces ne sont pas égales.

Et ensuite le problème central que pose c'est la l'ultrapersonnalisation du message. On a vu ça avec Cambridge Analytica et là il y a absolument aucun garde fou dans la campagne actuelle pour ultra personnaliser les messages grâce à l'IA qui plus il y a un mouvement anti qui commence à être massif aussi bien en France qu'aux États-Unis et qui va va s'insérer dans la campagne d'une façon ou d'une autre. On a commencé à voir poindre des réactions avec la campagne de Sarah Knafo.

Il y a aucun doute que dans la campagne présidentielle, l'IA va avoir sa place dans le côté positif et dans le côté négatif. Et il y a clairement un sentiment néoludite en France qui est très très fort. Paul, 30 secondes pour répondre.

En fait, pour bien préciser, je répète que pour ce qui est des partis politiques, des campagnes de notre pays, c'est interdit de faire ça. Et donc ça n'est pas fait du militant, c'est que il peut y avoir des risques d'ingérence étrangère. On en a eu à chaque fois aux dernières élections et évidemment que pas que en France et et donc il faut être très conscient de ces ingérences étrangères.

Elles sont là dans notre quotidien et dans l'actualité. Voilà. Et donc il faudra que tout le monde soit vigilant.

C'est pour ça qu'on a besoin de journalistes dans cette démocratie qui puissent voilà de vrais journalistes qui puissent faire la différence entre le vrai, le faux, d'où viennent les messages, d'où ils sont poussés, avec quels intérêts. Et donc voilà, c'est on a un sujet médiatique et de financement de nos médias dans ce pays. Je pense qu'il est le sujet numéro 1.

Merci beaucoup Paul Midi et Fabrice Paulbois pour votre éclairage et pour la richesse de ce débat. Le numérique pour tous, c'est fini pour aujourd'hui. Cette semaine encore, un grand merci d'interagir avec nous. sur les réseaux sociaux, vous êtes de plus en plus nombreux et on essaie de répondre à tout le monde.