La lutte continue ! - Discours de Jean-Luc Mélenchon après le 1er tour
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Une nouvelle page du combat s'ouvre, vous l'aborderez, nous l'aborderons, dans la fierté du travail accompli, cette force immense que nous avons construit de nos mains, tant de fois, le mépris et les insultes. Mais elle est là, et pour chaque étape, elle est là, si vous décidez de la préserver, de l'entourer, comme vous l'avez fait jusqu'à cette heure en dépit de tout. Ce matin, il faisait beau à Marseille, sur la mer fuyante, les rayons du soleil bondissaient d'une vague à l'autre. Ce matin, tandis que je me préparais à entrer dans cet événement dont je ne savais rien, me sont arrivés bientôt les échos de l'OIAPOC, frontière française sur le Brésil.
Et puis ceux du Maroni, et puis ceux de la Martinique, et puis ceux de la Guadeloupe, et puis ceux de la Réunion, qui dès le premier tour, dès le premier tour, m'élisaient pour leur président. Et j'ai vu, dans leur décision, ce qu'elle signifiait pleinement et entièrement. L'état dans lequel se trouve la patrie et son peuple, sur tous les points du territoire. Un état d'exaspération, et le sentiment d'être entré dans un état d'urgence écologique, sociale. Et maintenant, encore une fois, nous le voyons ce soir, un état d'urgence politique.
Car le tableau, le tableau que vous avez sous les yeux, tel qu'il a été voulu, non de notre fait, ni même du fait du peuple français, mais des institutions de la Vème République, et de cet étrange système de tirage au sort, qui aboutit à vous demander de choisir entre deux mots, dont vous sentez à la fois qu'ils sont terribles pour vous-même, et qu'ils ne sont pas de même nature. Et chacun d'entre vous se trouve mis au pied du mur de sa conscience, de la décision qu'il doit prendre. C'est la condition humaine d'être sans cesse confronté à des décisions qui sont souvent difficiles à prendre. Eh bien, la dernière fois que s'est-il passé, je vous ai dit ce que je vous redirai. Non.
Je connais votre colère, mes compatriotes. Vous tous dont j'ai parlé il y a quelques instants, je connais votre colère. Ne vous abandonnez pas à ce qu'elle vienne à vous faire commettre des erreurs qui seraient définitivement irréparables. Tant que la vie continue, le combat continue, c'est moi au devoir de vous dire, comme étant le plus ancien d'entre vous, que la seule tâche qu'on a à se donner, c'est celle qui accomplit le mythe de Sisyphe. La pierre retombe en bas du ravin, alors on la remonte ! Ni faible, ni sans moyens, vous êtes en état de mener cette bataille. Et la suivante, et la suivante, autant qu'il n'y ait...
Je n'ai jamais lâché prise, je n'ai jamais cédé, je n'ai jamais baissé le regard. Et c'est de cette façon-là que nous avons construit cette force. Alors maintenant, c'est à vous de faire. Dans la bataille qui arrive, nous avons constitué le pôle populaire. Parce qu'il était là, toutes sortes de gens ont pu prendre appui dessus pour faire un vote et nous amener jusqu'à ce point. Les batailles arrivent devant vous. Nous ne commettons pas l'erreur de nous fourvoyer à peine entrer sur le chemin. Nous savons pour qui nous ne voterons jamais. Et pour le reste... Comme je vous l'ai dit, il y a cinq ans, vous souvenez-vous qu'il y a eu quelques dégâts après notre déclaration ?
Pour qui prendrait-on les Français ? Ils sont capables de savoir quoi faire. Ils sont capables de décider ce qui est bon pour le pays. Jamais nous ne perdrons notre confiance dans la démocratie. Donc, vous ne devez pas donner une voix à Mme Le Pen. Alors, je le sais bien. Je répète parce que des fois, il arrive que même quand je dis les choses, c'est comme si je ne les avais pas dites. Alors, je recommence à cet endroit du film. Il ne faut pas donner une seule voix à Mme Le Pen.
Il ne faut pas donner une seule voix à Mme Le Pen. Il ne faut pas donner une seule voix à Mme Le Pen.
Voilà. Je crois que le message pour cette partie a été entendu. Alors, maintenant, qu'allons-nous faire ? On va ouvrir la page et les 310 000 personnes qui m'ont parrainé donneront leur point de vue. Ceux-ci posés, ne nous cachons pas, la violence de la déception. La violence de la déception, elle est d'abord en pensant à tout ce qui aurait été entrepris et qui ne le sera pas. Et ceci, plus que le reste me cuit. Ce que je me préparais à faire, ce que je croyais immédiatement à portée de main. Les belles équipes dont nous disposons et qui étaient prêtes à se déployer pour assumer toutes les tâches qu'il y avait à assumer. Oui, c'est une déception.
Mais en même temps, comment se cacher, je suis comme vous, entre les deux, comment se cacher aussi la fierté du travail accompli ? Le pôle populaire existe. Si nous n'y étions pas, que resterait-il ?
Qu'aurions-nous construit cette force ?
Je m'adresse à vous d'ici dans cette salle. Non pour vous tenir les propos lénifiants de réconfort ou de bonne mine qu'il faudrait avoir. Je n'ai ni bonne mine, ni envie d'être réconforté. Je ne connais que mon devoir. Et je vous appelle à faire de même. La lutte continue. Nous disons à tous ceux qui jusque-là n'ont pas voulu l'entendre. Ici est la force. Nous avons une stratégie, le pôle populaire. Nous avons un programme. Nous avons devant nous d'autres élections. Nous tiendrons à chaque étape notre rang. Réfléchissez-y. Alors bien sûr, les plus jeunes vont me dire Eh bien, on n'y est encore pas arrivé, c'est pas loin. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci. Merci.
Jean-Luc Mélenchon