Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBackseat· 17 septembre 2023

Crise, stratégie, union, “faites mieux” : Backseat reçoit Jean-Luc Mélenchon !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Chers amis, on est à l'heure, quel bonheur et quel plaisir. J'ai le plaisir de vous annoncer que nous allons pouvoir recevoir l'invité politique qui a accepté notre invitation sur le plateau de Backseat. Je vous demande d'accueillir Jean-Luc Mélenchon.

C'est la marque des C'est la marque des grands hommes de faire le tour du plateau, ouais. Bonsoir, Jean-Luc Mélenchon. Merci d'avoir accepté notre invitation.

Merci d'être avec nous sur le plateau de Backseat, Jean-Luc Mélenchon. On est à la Fête de l'Huma, le son est absolument horrible, je suis absolument désolé. D'accord.

Euh Bah, il marche pas. grave. Vous inquiétez pas.

Est-ce qu'il marche le micro, ? Ouais, on a un problème de micro. Bah alors, il marche ?

Ouais, bah oui, bah oui, je veux bien lui donner, mais je l'ai déjà donné tout à l'heure à Adèle. Bah, je te passe le mien, t'inquiète. Et !

Voilà, et moi j'ai celui qui marche pas. Non, et passe-le à quelqu'un d'autre. C'est pas grave, on va y arriver, Jean-Luc Mélenchon.

Merci d'être avec nous. Oui. Jean-Luc Mélenchon Il a dit que le son était pourri, je m'en fous, je suis sourd.

Jean-Luc Mélenchon, c'est pas la première fois que vous venez à la Fête de ? C'est C'est quand la première fois que vous êtes venus à la Fête de l'Huma, vous vous en souvenez ou ? Attends, il y a eu la bataille d'Alésia.

Et voilà voilà, à peu près là. Dans ces années-là. Jean-Luc Mélenchon, on a beaucoup de questions à vous poser.

On a qu'une heure et on voulait commencer moi qui ai choisi de venir à quatre là, hein. Mais c'est Mais justement, justement Un, deux, trois, quatre. circuler parce que on voulait commencer à vous poser des questions, notamment sur cette rentrée politique et on voulait parler de la sociale, mode.

Oui, Jean-Luc Mélenchon, bonsoir. Euh, on parlait tout à l'heure, inflation, euh, prix du logement, les factures d'énergie, cette rentrée, elle est marquée par des difficultés financières totalement inédites pour une grande majorité de Français. Une partie d'entre eux n'arrivent plus à se nourrir.

Euh, les associations d'aide alimentaire tirent la sonnette d'alarme. Vous seriez au pouvoir aujourd'hui, vous feriez quoi face à une telle situation, notamment face à ? Bon.

Euh Il y a 50 ans c'était le coup d'État de Pinochet et à partir de ce moment-là a été expérimentée à l'échelle du monde une nouvelle stratégie du capitalisme ce qu'on a appelé le néolibéralisme, c'est-à-dire une politique radicale de destruction de l'État, des services publics avec l'idée que le marché allait tout remplacer et le faire mieux que les États et les services publics. La méthode euh La méthode au Chili, euh, vous l'avez tous entendu au moins dans vos livres d'histoire, a consisté à assassiner tous ceux qui étaient pas d'accord. Et on a eu donc le baptême de cette époque.

Une politique et une violence d'État pour la faire passer en force. Et depuis, ça va se déroulant. Personne n'aurait cru qu'il y aurait en France 20 % de gens qui ne peuvent pas manger tous les jours comme ils devraient.

Personne n'aurait cru que la France qui avait le premier système de santé du monde se retrouverait avec quelque chose qui est du niveau, disons, du quart-monde. Personne n'aurait cru que on aurait une rentrée scolaire où les médias massivement supporteraient de participer à une clownerie cruelle, stupide et raciste comme l'a été la bataille sur la baya. Alors comme là, je vois que vous êtes beaucoup de jeunes si vous permettez on peut dire un mot sur ?

Oui mais vous répondrez à la question après deux mots de qu'est-ce qu'une présidence Mélenchon aurait ? à cette rentrée sociale. Allez-y vous pouvez parler de l'école mais on a quand même Alors moi je pars d'une idée c'est que je connais mon adversaire.

C'est le capitalisme. Je sais qui a organisé cette pagaille. Et c'est donc à eux que j'irai demander le plus gros effort à fournir pour nous remettre à flot.

Je ne dis pas je dis nous remettre à flot c'est-à-dire tout le monde doit pouvoir manger, tout le monde doit pouvoir aller à l'école avec des profs devant soi, tout le monde doit pouvoir aller se faire soigner, tout le monde doit avoir un salaire digne qui permet de disposer par soi-même de son existence sans demander l'aumône aux milliardaires comme il vient de nous en infliger la vilaine démonstration. Voilà ce que j'aurais fait. Alors après je peux dire rentrer dans le détail parce que c'est un programme l'avenir en commun et qui prévoit alors que pour l'impôt il y a 14 tranches et plus tu en as plus tu payes.

C'est un programme de bifurcation écologique parce qu'il faudra quand même on va peut-être en parler tout à l'heure quand même que on se soucie de ce qui se passe. Bref ce n'est pas vrai que le pays soit pauvre, ce n'est pas vrai que le pays ne sache pas faire, ce n'est pas vrai. On peut tous vivre dignement à condition de partager.

Et ceux qui ne veulent pas partager de bon gré seront partagés de force. La force de la loi. ?

Mais juste juste justement monsieur Mélenchon vous parler de climat, euh c'est la prochaine question, euh c'est la nouvelle la grosse actualité aussi de cette rentrée. On a vu l'été le plus chaud de l'histoire et encore les crises liées au réchauffement climatique en en Libye, euh d'ici quelques jours le gouvernement est censé présenter son plan de planification écologique, un mot que vous aviez participé à mettre dans le dans le débat public. Qu'est-ce que vous en ? non, j'ai pas participé, c'est moi qui l'ai inventé et qui l'ai mis sur la table.

Et c'est Martine Billard, non mais attends. C'est Martine Billard, députée de Paris, qui a déposé le premier projet de loi pour la planification écologique. Mais le mot planification écologique, tout le monde comprend son sens, c'est prévoir et organiser l'amont avec la culture, l'aval avec les moyens de production.

Mais il faut dire pourquoi faire. Planifier écologiquement, ça signifie décider dans quelle direction on va. Là, monsieur Macron, il nous l'a pas dit.

Mais justement vous Sa direction, c'est le fric. Vous en attendez quoi de ce plan de ? Alors je pense je pense qu'ils sont incapables de faire quoi que ce soit qui soit raisonnable.

D'abord, commençons par dire une chose, vous allez me trouver répétitif, mais contre quoi luttez-vous, à votre ? Contre le mauvais ! La cause Non mais attendez.

C'est très sérieux. Ça arrive. La cause de la crise écologique est dans le capitalisme.

Le capitalisme, écoutez. Ah non, mais si vous gueulez tous les trois mots, je peux plus parler. Ouais mais alors du coup mais oui mais où est la solution du ?

Si la crise vient de là, qu'est-ce que qu'est-ce que vous au pouvoir ? Ah, c'est la Fête de ! Non mais d'accord.

Merci, non mais Ça c'est c'est la fête de l'Huma, ça marche depuis un siècle, vous avez raison et maintenant la solution donc. Ouais ouais ouais. Anti-capitaliste mais pour ?

Allez-y. Alors, d'abord commençons, non mais je sais que ça peut agacer, mais identifier l'adversité nous permet de réfléchir un instant sur la raison profonde, ça peut pas être simplement une déclaration idéologique, encore qu'on peut être pour des raisons morales et idéologiques anti-capitalistes, qui est mon cas. Je viens d'une période où la crise écologique n'était pas n'était pas arrivée jusqu'au cerveau de la plupart des élites politiques, dont je faisais partie.

Comprenez bien, le cycle du capital, c'est de l'argent devient de la marchandise qui doit devenir de l'argent. Puis, la marchandise devient de l'argent et le cycle repart. Le capitalisme doit accélérer sans cesse le cycle, c'est pourquoi il est intrinsèquement anti-écologique, car il lui faut sans cesse produire n'importe quoi, n'importe comment, fut sa perte, du moment qu'il produit et qu'il espère de l'échange.

Prenons un exemple Comment vous auriez la machine, monsieur ? Écoutez, supportez un instant qu'on essaye de comprendre. Latin comprendre, cum prehendere, prendre avec soi.

Il faut d'abord comprendre la racine de la crise, sinon c'est une accusation dans l'air. Nous sommes donc confrontés à ça. Vous m'avez posé la question, qu'est-ce que vous attendez de ?

Il a dit et répété sur tous les tons, paraît-il, qu'il est devenu planificateur. Vous l'avez entendu dire qu'il faut décarboner. Or, à l'heure à laquelle nous parlons, alors que nous sommes entrés dans une phase aiguë, le secrétaire général de l'ONU a dit l'effondrement est commencé.

Il y a aujourd'hui plus de projets de pipelines de pétrole et de gaz qu'il y en a jamais eu de toute l'histoire de l'humanité. Autrement dit, quand vous me dites qu'est-ce qu'on fait, eh bien on arrête d'abord ça. D'accord.

Mais pour arrêter ça, il faut immédiatement déployer d'autres moyens, notamment d'autres sources d'énergie. On ne peut pas se contenter de dire "Ah ben on est content parce qu'on a nos centrales nucléaires." Avant que l'été d'œuf réalise qu'on ne refroidit pas une centrale nucléaire avec de l'eau chaude dans une rivière et qu'il faut donc passer à d'autres formes.

Donc, nous arrêterons un certain nombre de procédés de production d'énergie et à marche forcée, nous installerons les machines dont nous avons besoin là où est l'énergie la plus importante, sans cesse renouvelée et la plus accessible, ? la mer. Les mouvements de la mer produisent 360 fois ce dont on a besoin à terre.

Ce sont des machines d'une simplicité enfantine puisqu'il suffit qu'il y ait des clapots qui bougent pour que ça produise de l'élec- de l'électricité. Sortir du nucléaire avec l'hydrolien, c'est votre ? Mais pas que de du nucléaire, sortir des énergies fossiles.

Ça apporte un micro. Le nucléaire, c'est une opération qui demande le temps. Si vous voulez, on ne peut pas appuyer sur un bouton et arrêter. du temps.

Donc on doit décider, c'est à ça que sert la planification. On m'a dit il y en a jusqu'à 2040. Moi j'avais dit si c'est moi qui préside ce pays, moi je vous demande de faire plus vite.

On ne peut pas attendre. Et si vous voulez avoir le si on doit avoir la discussion sur le nucléaire, j'y suis tout à fait prêt. Mais je ne veux pas qu'on réduise, d'accord, on va s'occuper du nucléaire et on va pas s'occuper des énergies carbonées, on va pas s'occuper du pétrole, on va pas s'occuper du gaz.

Il faut tout faire en même temps et c'est possible. C'est pour ça que je voulais qu'on parle d'éducation parce que la recherche fondamentale, elle est où ? C'est intéressant parce que on a commencé cet échange en posant assez bien les bases de ce qui ici fait l'unanimité cette question de cette identité profondément de gauche et il se trouve que l'humanité a fait un travail dans son numéro d'aujourd'hui un baromètre sur ce que c'est pour les gens qui ont été enquêtés du coup qu'être de gauche.

Tu peux nous en parler moi tu as une question là-dessus. Oui, ce qui est intéressant c'est qu'on on entend partout que la droite extrême aurait gagné la bataille idéologique. Là, on a republié aujourd'hui un sondage qu'on fait depuis 10 ans avec l'IFOP qui nous permet d'avoir un petit peu de recul historique et alors c'est intéressant parce qu'on voit que c'est beaucoup plus compliqué que ça que la gauche elle a bel et bien engrangé des victoires culturelles sur le rôle de l'État, sur l'écologie, sur la répartition des richesses, sur la taxation des plus hauts revenus, c'est même assez incroyable.

On marque des points sur quel autre grand sujet la gauche peut doit engranger d'abord des victoires idéologiques d'ici 2027. Vous parliez tout à l'heure de de l'abaya de tous ces débats qui avaient pollué la autour de l'école sur quel autre grand sujet comme ça la gauche peut engranger des ? D'abord je commence par le début de votre présentation.

Le l'article de l'Huma et l'enquête est superbe. Il y a la profondeur de temps qui permet de comparer et de tordre le cou à une idée ridicule depuis le début on a eu un mal de chien à faire la démonstration que je vais résumer en quelques mots mais depuis l'apparition du livre de Thomas Piketty et Julia Cagé on en a enfin fini avec un bobard qui était que l'extrême droite avait submergé le pays et que les masses populaires avaient quitté la gauche. Ce n'est pas vrai.

Mais le problème il est là quand même mais ce n'est pas vrai comme c'était présenté. Qu'est-ce qui d'abord fait que nous avons ? Mais que la gauche a trahi.

Si elle avait tenu sa parole, si elle avait réduit la misère, si elle avait augmenté l'éducation, si elle avait amélioré la santé, les gens n'auraient pas dit "Vous êtes des menteurs, donc nous allons voir les autres." Si la gauche la gauche, l'ancienne gauche, la gauche d'avant, la gauche traditionnelle avait eu le courage de tenir bon dès le début en disant "Ce n'est pas vrai que c'est l'immigré le coupable de la situation, c'est le banquier, c'est la finance." Et si aujourd'hui encore au lieu de montrer du doigt et d'accepter la clownerie qu'a été cette rentrée il y a des gens qui se sont cachés pendant 3 semaines parce qu'ils avaient pas le culot de monter en première ligne pour dire "C'est un scandale ce que vous faites." de décider que tel vêtement est un vêtement religieux quand bien même les religieux vous disent que c'est pas vrai pour montrer du doigt la jeunesse.

Écoutez-moi. Je vais vous dire une chose à propos de la loi immigration. Qui va bientôt être examinée.

Parce qu'elle va venir et ils vont pourrir l'atmosphère pendant un mois et demi avec ça. La tactique du capital consiste à fragmenter le peuple avant de le désunir politiquement. Maintenant de la question, le deuxième alinéa.

Attendez. Juste là-dessus Monsieur Mélenchon pour fustiger à juste titre la gauche qui a trahi euh les ravages du quinquennat Hollande qui ont créé du désespoir dans l'électorat d'un parti qui ne veut plus aller voter à cause de ça. Je vais vous poser la question franchement.

Vous vous réinvitez Ségolène Royal il y a quelques semaines euh avec l'hypothèse euh qu'elle porte les couleurs de la NUPES. Forcément, bah voilà, c'est tout simplement ça déstabilise. Donc l'union elle se fait jusqu'aux acteurs du quinquennat ?

Alors ça serait certainement l'examiner par le bout le plus euh musquin. Certainement la responsabilité Attendez. Allez-y, allez-y, allez-y, allez-y.

Ah ça va, on peut réagir, ça va. Moi mon rôle dans la bataille est d'atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. L'objectif c'est que nous voulons avoir une liste d'union aux élections européennes pour battre la droite et l'extrême droite.

J'ouvre mes bouteilles de bière avec ce que j'ai sous la main. Un stylo, un couteau. Et à ce moment-là, il y a une personne qui dit qu'elle en a rien à [ __ ] de l'union et qui s'appelle Fabien Roussel.

Et il y en a une autre. Allez pas me chercher. Qui me cherche me trouve.

Deuxième, il y a une femme avec laquelle j'ai eu des désaccords terribles. J'ai écrit des tas de choses extrêmement désagréables sur ce qu'elle racontait. Et cette femme, elle vient et elle dit "Je suis pour l'union." On lui dit "Vous êtes capable de le dire en ?" Elle dit "Je viens de le dire chez vous." On l'a acceptée.

Je vais vous dire, je la remercie d'avoir fait ça parce que à partir de cette séance qui a eu lieu cet été, la question de l'union qui avait l'air d'être perdue, qu'on pouvait plus en discuter, a été réouverte. Et ça a permis aux jeunes des organisations de jeunesse de reprendre la main. Moi, ici, je suis trop vieux pour qu'on me prenne à des pièges de gamins.

Par conséquent, j'utilise tout ce que je peux pour atteindre mes objectifs. Je la remercie et je continue à en vouloir à ceux qui ne veulent pas de l'union. Et je suis persuadé que nous pouvons y arriver.

Pardon. Donc, il faut avec les acteurs du quinquennat Hollande dont vous pourfendez le bilan, monsieur Mélenchon. Et pas que parce que l'union, c'est sympa et qu'on s'aime et tout ça parce que c'est pas vrai et on peut comprendre qu'on s'aime pas.

Mais parce que si nous la faisons, nous avons la capacité d'entraîner des tas de gens qui n'ont plus confiance en rien et qui se disent "On va se mettre avec vous et alors on va battre tous les autres." Et si on les bat, alors on entre dans la prochaine présidentielle en étant en tête et je sais pas qui s'en chargera, mais c'est une meilleure position quand même que moi qui ai dû me taper trois fois de partir du fond de la salle. Emilio, tu avais une question.

Ouais, justement sur l'union monsieur Mélenchon, moi j'ai un souvenir pendant la présidentielle, vous critiquiez les organisateurs de la primaire populaire en leur disant qu'ils ramenaient tout le temps sur le tapis la question de l'union et qu'ils créaient selon votre expression de la désespérance. Mais est-ce que avec la France insoumise, vous faites pas un peu la même chose, c'est-à-dire du chantage voire du harcèlement à ? Ça va, c'est de bonne guerre.

Non mais On est à la Fête de l'Huma, on est à l'Agora, les questions sont franches. Les questions sont franches, les réponses le sont aussi. Jean-Luc Dans la classe médiatique, il y a aussi une idéologie dominante, vous avez remarqué, ils posent toujours la même question.

D'ailleurs, c'est facile. Vous pouvez pas dire vous pouvez pas dire que l'Huma c'est l'idéologie dominante. Écoutez, ça va quoi.

Allez-y, allez-y. Vous commencez par me citer où vous savez même pas ce que vous dites. Ce n'est pas mon argument.

Ah ? Mais non. Merci.

Mais non. Jean-Luc Mélenchon, Jean-Luc Mélenchon, reconnaissez que en un an, ça a changé de ton sur la question de l'union de la gauche. Ça m'intéresse, j'ai envie de vous comprendre.

Ça va, c'est sympa comme ça. Monsieur Mélenchon, allez-y, allez-y, allez-y. Non mais que des gens qui suivent ça de loin, mais des gens qui regardent de près.

Alors, supportez l'explication. S'il vous plaît. On ne peut pas faire l'union si la ligne politique de la rupture n'est pas en tête. ?

Je ne ferai jamais, J A M A I S majuscule, l'union sur un programme moribond qui ne serait pas un programme de rupture avec le capitalisme. Jamais. Il fallait donc il fallait donc commencer par être devant et il fallait le faire à la loyale, c'est-à-dire en allant devant les gens sans leur mentir et en leur disant voilà ce qu'on va faire.

Personne ne peut dire Mélenchon nous a caché ce qu'il comptait faire ni la France insoumise. Une fois qu'on est devant, on est en capacité de présenter un programme et c'est ce que nous avons fait en 2022. Quand pour la deuxième fois nous avons été devant, nous leur avons dit faisons un programme partagé.

On m'a dit non, 10 mesures. J'ai dit non, pas 10 mesures, il y en a 640. C'est un vrai programme.

Donc premièrement, deuxièmement pour parler des primaires, nous n'irons pas, nous n'irons jamais dans les primaires pour une raison avérée par l'histoire. La primaire fait exploser tous ceux qui participent. Tous ceux qui ont fait des primaires dans ce trou jamais ressorti vivant.

Deuxièmement, la primaire donne la l'a toujours la la prime au secteur moyen, à celui qui clive ou à celle qui clive le moins, à celui qui fait le moins peur. Quand ils ont voulu, l'année où on a rompu le Front de gauche, mes camarades communistes avec qui je fonctionnais comme ça, on parlera peut-être de nos rapports aux communistes, et bien ont décidé à ce moment-là d'aller à la primaire. Pour finir, ils n'y sont pas allés.

Mais à ce moment-là, ils ont décidé et on a rompu les uns avec les autres. Comme dit disait la primaire, ce qui est formidable, c'est que ni Mélenchon ni Pierre Laurent ne seront jamais élus. Je termine.

Partout où on a fait des primaires, ça a toujours été pour élire des quiches qui nous ont ensuite trahis. Partout dans le monde, on a mis en place des personnages moyens, très intelligents, pas clivant et ça s'est terminé en débandade générale. Je prends l'exemple de l'Argentine, je prends l'exemple du Chili où on s'est fait aplatir sur la Constitution.

Je pourrais multiplier les pays. C'est une méthode calamiteuse que de faire des primaires. Est-ce que vous prenez l'exemple de François ?

Je veux pas de petite phrase. Je vais vous expliquer pourquoi je dis ça. Non, non, non, non, mais je enfin voilà, ça vous avez compris.

Attendez, attendez, attendez, écoutez, c'est intéressant parce que François Ruffin, aux universités, aux amphis de la France insoumise, a posé la base de la rupture avec euh la radicalité dont dont dont dont vous parlez comme base de rassemblement de la gauche, mais en apportant l'idée qu'il allait falloir rompre avec ce que vous dénoncez, avec cette avec euh enfin ce que ce que ce que au ce que au contraire, ce à quoi vous adhérez, avec un clivage, avec le le la fureur et le fracas. Qu'est-ce que vous pensez de cette stratégie que propose Ruffin, celle peut-être un peu trop lisse à votre ? Bon.

Non, moi je lui donne raison parce que quand il est allé dire devant l'Élysée qu'il y aurait un attentat, je trouvais que c'était exagéré. Soyons sérieux. Allez-y.

La déclaration de François, qui est un homme politique de premier plan, un camarade et un ami. Et on peut y passer la soirée, c'est pas moi qui vais alimenter la cette chronique. Non, non, je vois.

Nous avons eu un premier désaccord. François disait "On a négligé les zones rurales." Et on a discuté de ça.

C'est une discussion sérieuse. Oui, bien sûr, je On a le droit d'être en désaccord. Ah ben non, mais parce que Si on est en désaccord, alors c'est qu'on se déchire.

Si on dit tous pareil, on dit "Ah, ils ont tous peur de Mélenchon." Faut le savoir. Donc on parle.

On a assez parlé pour se comprendre. Et moi j'ai fait observer que dans les zones rurales, nous avons repris pied. Il y a une députée dans la Creuse, elle est insoumise.

Il y a trois députés dans la Haute-Vienne, ils sont insoumis. Il y a un député CGTiste dans l'Aveyron, de la vallée de la mécanique quand il était abandonné, il est insoumis. Donc il y a des résultats.

Comment y ? Pas parce que ouais, j'ai donné ma part mais parce qu'il y a un vrai travail de terrain, d'aller chercher les gens, faire des phrases dans les réunions publiques, c'est une chose, aller chercher les gens un par un, c'en est une autre, c'est un travail à faire. Et là où on a convergé, puisque vous citez François rappelez-vous sa formule à cette réunion parce que c'est la première fois qu'il l'a utilisé.

Il a dit dans les tours celles des quartiers populaires, ce qui n'était pas sa position au départ, et dans les faubourgs c'est la même question qui est posée. C'est celle des services publics, c'est celle de la dignité des personnes, c'est celle du niveau des salaires. Donc nous sommes d'accord.

Qu'en ? Pourquoi attribuer ça à ? Il y en a d'autres qui disent ça.

Je ne suis pas d'accord et je peux l'expliquer en un mot. Allez-y. La stratégie de la conflictualité est aussi vieille que la philosophie elle-même et la pensée libre, aussi vieille que le marxisme et le socialisme.

Si vous n'allez pas au conflit à la mise en conflit, alors les choses restent consensuelles et la conscience ne surgit pas. Il faut dire non pour savoir pourquoi on dit oui. Et pour ça, il faut accepter le conflit.

On éduquera pas des millions de gens je ne crée pas un parti révolutionnaire, je travaille à la formation d'un peuple révolutionnaire. Ce qui signifie que c'est par le conflit et l'éducation collective. Usul, tu vois pourquoi je crie comme ça, j'ai un micro, hein.

Et comme vous êtes nombreux, ça me fait crier. Oui, il y a un running gag sur le fait qu'aucun micro qu'on me donne ne fonctionne. Apparemment, on ne veut pas que je me fasse moi aussi engueuler par Mélenchon, très bien.

Donc Donc euh moi je vais plutôt aller dans le sens à la fois de l'ambiance générale, on est quand même à la fête de l'Huma, il y a des communistes, il y a des insoumis, il y a tout. Donc s'il y a bien un truc sur lequel on est d'accord, c'est on a une bonne base marxiste, normalement on devrait pouvoir y aller. Euh On a On a démarré on a démarré sur la situation sociale que sont en train de vivre les Français aujourd'hui et on peut revenir là-dessus.

Une des mesures qui a beaucoup été mise en avant par vous dans vos interventions, ça a été le blocage des prix. Euh mais en même temps on se retrouve aussi face à un tel déferlement, face à Total, face à quelles peuvent être nos revendications les plus radicales contre le capitalisme qui sont à même de faire retourner euh de la même manière que l'extrême droite n'a aucun problème à être radical et à avancer, aujourd'hui on parle un concept un peu galvaudé, la fenêtre d'Overton et cetera, mais eux ils y vont fort. Pourquoi nous on y va pas ?

D'autant plus que on voit dans les enquêtes que là où les Français peuvent être réticents par rapport à la gauche et où la gauche peut être minoritaire, c'est dans des certaines questions culturelles. Par contre, sur le rôle des services publics et le rôle de l'État, je pense pas que les Français auraient beaucoup de problèmes à ce qu'on demande la nationalisation de Total euh Total ou l'expropriation l'expropriation de certaines grandes fortunes et cetera. Cette radicalité Cette radicalité, elle peut nous mettre d'accord et elle peut d'autant plus nous mettre d'accord avec ces camarades du parti dit communiste.

Donc allons-y. Qu'est-ce qu'on peut demander de plus fort qui aille au-delà de la revendication transitoire euh voilà. attends.

Ne mélangeons pas tout. Vous vous êtes un connaisseur. Donc euh bah j'y vais mollo.

D'abord euh commençons par dire est-ce qu'on peut faire quelque ? Déjà pour commencer. Mais ça dépend de quoi on parle.

De la lutte dans le cadre d'un gouvernement de droite qui criminalise toutes les oppositions et d'un système médiatique qui nous insulte du matin au soir ou bien est-ce que on est au pouvoir et en exerçant le pouvoir, on crée les conditions d'aller, c'est ma stratégie hein, vous ferez peut-être autrement, mais c'est ma stratégie jusque-là, c'est-à-dire un programme de transition. On part d'une position qui mobilise, qui rassemble les foules, les masses qui s'éduquent, qui savent pourquoi elles le font et on va à une autre direction, prenons exemple là, on va dire une mesure anticapitaliste immédiate. On a besoin de tant de milliards, mettez la main à la poche, Total, machin, truc et cetera, vous devez tant.

Pas le monde, vous devez tant comme impôt. 2e mesure, l'inflation, c'est voler du salaire aux travailleurs. Donc, nous faisons deux choses. 1, dans l'immédiat, nous indexons les salaires sur l'inflation.

Vous augmentez les prix, on augmente les salaires. Ah mais monsieur Mélenchon, il faut rompre le cycle infernal. Si vous augmentez les salaires, eh ben alors il va falloir augmenter les prix.

Eh ben justement, non. On augmentera les salaires et vous n'augmenterez pas les prix. Comment on va ?

En bloquant les marges. Pas seulement en bloquant les prix, mais nous avons établi la démonstration, les économistes qui nous font l'amitié de travailler avec l'Institut La Boétie, on fait la démonstration que c'était l'augmentation des marges de l'agroalimentaire, c'est-à-dire la part qu'ils vous prennent en bénéfice, qui explique l'explosion des prix. Par conséquent, la mesure d'urgence, c'est pas de faire Bruno demande, s'il vous plaît, soyons gentils, c'est de dire de d'arrêter, de bloquer, de faire reculer, de dire vous avez droit à une marge de tant.

Que personne vienne me dire que c'est mesures de communisme de guerre. Parce que sous le général de Gaulle dans les années 50-60, il y avait un contrôle de tous les prix, pas seulement d'un ou deux, de tous. Donc on peut le faire.

Et pourquoi le ferait-on dans une mesure ? Parce que les gens sont pris à la gorge. Et que on ne peut plus accepter d'entendre des dissertations économiques en se disant "Faites ceci ou faites cela et ça finira par s'arranger." Non, c'est maintenant tout de suite.

Maintenant vous parlez des nationalisations. Nous avons mis au point un programme. Qui ?

Partagé. Je ne peux pas sortir de mon chapeau, même déjà l'échelle mobile des salaires sur laquelle tous les insoumis sont d'accord et la CGT et un certain nombre d'organisations, le NPA, d'autres organisations, des syndicats, des trotskistes, bref, plein de gens sont d'accord, mais ce n'est pas dans les 640 mesures que nous avons signées avec les autres. Comprenez-moi.

Je suis obligé de me faire le garant scrupuleux du programme qu'on a signé parce que les autres s'en foutent des programmes. Ils avaient à peine fini de signer qu'ils ont commencé à dire "Ouais ouais, non, c'est un accord électoral." Et puis après, c'est un accord électoral d'un genre nouveau qui ne s'applique dans aucune élection.

Parce que une fois qu'ils ont pris leur siège, au revoir Mélenchon et à la prochaine. Donc Donc Vous leur en ? Mais ça c'est la vérité.

Vous leur en ? Donc maintenant si nous voulons des nationalisations, comment est-ce qu'on va y arriver, ? Il faut d'abord qu'on ait franchi la première étape, la conquête du pouvoir.

Deuxièmement, il faut qu'il y ait l'intervention populaire dans la vie économique partout pour que les salariés et les travailleurs eux-mêmes déterminent ce que nous allons faire. Il ne suffit pas de nationaliser, soit dit par parenthèse, il faut également transformer tout le processus de la production et seuls les travailleurs ont l'expertise qui permet cette transformation. C'est pourquoi tu as raison de dire ce n'est pas dans le programme la nationalisation totale.

La question pourrait se poser en effet. Total est une boîte qui a été créée par François 1er, c'était la compagnie des huiles orientales. Elle a appartenu à l'État.

Elle a généré des dizaines d'entreprises nationalisées de la pharmacie qui ont toutes disparu. On pourrait décider qu'on a à nouveau besoin du contrôle du pétrole, pas pour faire du carburant, mais pour faire de la pétro- de la chimie, des médicaments et ainsi de suite. Ou bien parce que nous n'acceptons pas que des Français contribuent à la pollution radicale de la planète, notamment celle qui va avoir pour origine l'extraction du pétrole qui se trouve aujourd'hui en Centrafrique et qui justifie l'un des pipes les plus longs du monde.

On a encore beaucoup de questions à vous poser pour continuer à expliquer tout ça. Sacha, tu avais une question. Bonsoir.

Euh, je je vais complètement changer de sujet. Je sais pas, j'avais Est-ce qu'on peut passer ? La l'année dernière, lors de votre meeting à Caen, euh j'ai j'ai revu des images et et à un moment vous dites "Ah bah c'est là." Je sais pas si c'est fois que j'ai dit ça.

Ah que Mélenchon parle violemment. J'aurais dû le dire d'une voix sucrée, personne n'aurait compris. On est obligé de parler comme ça.

Des fois, ils s'étonnent de mon vocabulaire. Mais pour qui vous me ? J'ai fait des études comme tout le monde, grâce à l'école publique.

J'ai une licence de philo, un diplôme universitaire d'études de lettres. Je sais ne pas dire "La police tue." Mais si je le dis pas, ils en parlent pas.

A la fin vous dites euh je dis la police tue et si je ne le dis pas, ils n'en parlent pas. Je suis désolée ma question elle est pas sur la police. Justement donc l'extrait ça parlait du fait de se faire entendre.

Sacha expliquez-nous donc. je je devais pas parler de la police, je suis désolée. Euh j'ai trois questions sur cet extrait vous avez pu entendre du coup ou ? pas compris de quoi on parlait dans l'extrait hein.

En gros dans l'extrait vous dites je dis la police tue et si je ne le dis pas, ils n'en parlent pas. Les médias. Euh moi j'ai trois questions là-dessus.

Euh la première c'est est-ce que avec cette stratégie entre guillemets de la phrase choc euh vous acceptez un peu le système médiatique tel qu'il est et est-ce que du coup vous acceptez de le nourrir parce qu'il vous nourrit et ? Ma ma je peux poser les questions et après Non non mais je comprends. Ma deuxième question c'est est-ce que en tant en tant qu'homme politique vous estimez n'avoir aucun moyen de contourner ce système médiatique ?

Non on en a. Nous avons une stratégie après c'est après c'est promis j'arrête après. Et la troisième c'est euh est-ce que cette stratégie finalement c'est pas un échec puisque le système médiatique ne fait qu'on ne va parler que de la petite phrase et jamais du fond.

C'est toujours Mélenchon a dit ça, Mélenchon a été violent et jamais euh on revient jamais vraiment sur le le sens de la phrase. Alors en répondant à la première question, je vais peut-être un peu répondre à la troisième. J'apprends qu'un jeune homme qui porte un uniforme a estimé qu'il y avait un refus d'obtempérer.

Il a 24 25 ans à ce moment-là. Il sort son flingue et il tire sur le chauffeur. Le lendemain dans les médias, on on entendra "Oui, mais il était connu de la police." C'était d'ailleurs écrit sur son front, ?

Je suis un repris de justice ici. C'est déjà énorme que quelqu'un dise un refus d'obtempérer ait pu avoir comme condition la mort. Je ne connais pas une personne normale qui trouve ça normal.

Deuxièmement, écoutez, regardez, tous, on doit réfléchir à ce qu'on fait en responsabilité. J'ai essayé de comprendre. Merde, j'ai mon âge, je suis entouré de gens jeunes.

Qu'est-ce qui fait qu'un gars de 24 ans qui a sorti son revolver, qui tire sur quelqu'un, ensuite bouge la main et tire sur la ? C'est un jeune homme, il y a une passagère, il la regarde, n'importe quel homme fait ça, il la regarde. Qui ?

Et lui, il tire. Je me suis demandé pourquoi. Écoutez-moi, je me suis demandé pourquoi, pourquoi il avait ?

Comment tu peux abattre quelqu'un et comment quand tu es un homme, tu abats quelqu'un qui est une ? Et je me suis dit c'est qu'à cet instant, dans son esprit, il y a un interdit absolu qui n'a pas fonctionné. Déjà, le premier n'avait pas fonctionné, c'est pas moi qui l'a inventé, c'est le début du décalogue, tu ne tueras point.

Et après, Après monsieur le président, je suis désolée, mais c'est pas une question sur les violences policières, je pense qu'on est tous d'accord, à peu près ici dessus. Oui, mais Vraiment. Mais j'essaie d'expliquer.

Je suis un homme qui connaît les questions du commandement. Une troupe ne vaut que par ses chefs. Si vous trouvez des éléments qui trouvent normaux de tirer, c'est parce que jamais on leur a dit "On ne fait pas ça." Ta dignité d'homme t'interdit de le faire.

Bien. C'était pas la question. Oui oui mais j'explique.

Et c'était c'était important que vous le disiez mais sur la question qui est posée sur la stratégie médiatique. mais j'ai compris figurez-vous hein. C'est une relance, c'est une relance.

Merci merci. Non non mais croyez pas que je l'engueule quoi. C'est j'en ai marre à la fin.

Dès que je parle un peu fort on me croit que j'engueule les gens. J'engueule pas. Ça peut arriver, ça peut arriver.

La stratégie médiatique. 1er tweet de Mélenchon ce jour-là "Je suis écœuré." Je fais un tweet pour dire euh pas de peine de mort pour le refus d'obtempérer.

Aussitôt tous les journalistes disent comme c'est intéressant "Quelle pensée intelligente et ? Commentons-là. Que veut dire monsieur ?" Surtout que j'ai dit "Il faut réformer la police de la cave au grenier." Aussitôt ils se sont dit "Voilà ce qui est intéressant." Rien.

Pas un mot. Ils s'en foutent. Alors j'ai dit "Vous le prenez comme ça et ben moi je vous fais du poutou.

La police tue, le tabac tue, la police tue." Et j'ai pas peur de le répéter. Et j'ai l'intention d'obtenir par ma stratégie j'ai l'intention d'obtenir que tout le monde réfléchisse comment on a pu en arriver là.

Mais du coup vous voyez doit servir et obéir à la loi républicaine comme les autres. Mais encore une fois là-dessus on est d'accord mais vous nourrissez un système que vous critiquez. Mais madame, je vous comprends.

Chaque fois que je vais faire mes courses je nourris le capitalisme. Chaque fois que je monte dans une bagnole, je contribue à la pollution. Chaque fois que je vais à une élection, je justifie la 5e République.

Nous faisons la lutte politique dans les conditions que nous trouvons. Par conséquent, comme il y a un mur, il y a un mur médiatique, il faut percer le mur. Comment ? c'est ma 2e question, comment vous le contournez en tant qu'homme ?

Alors voilà, on a tout essayé hein au début. Des fois même les copains, on a connu des journalistes qui étaient de gauche et puis tout d'un coup, tiens, il l'était plus. Euh ou bien on arrivait euh au moment de l'interview, c'est pas le cas ici hein.

D'ailleurs, j'ai pas dit que vous étiez de gauche. Surtout pas Usul. Bon, vous êtes tous de gauche.

Ah bon, on a le droit en plus de d'hiver hein comme on est. Mais c'était très difficile et ça ne marchait jamais. Et ce que vous devriez poser comme question, c'est pas à Jean-Luc Mélenchon, c'est de dire comment ça se fait que depuis 10 ans, vous traitez ce type de tout, tout ce qui vous passe sous la main, antisémite, ceci, cela, tout, violent, antiflic, anticesci, anticela et d'élection en élection, je ne cesse de progresser.

Alors, s'il y a quelqu'un qui a une stratégie de communication, c'est mes adversaires, c'est pas moi. Mais comme ça ne suffit pas à vous convaincre que vous êtes des espoirs. Non mais ça vous suffit pas à vous convaincre qu'il y a quelque chose qui va pas dans le système médiatique.

Le système médiatique est fondamentalement la 2e peau du système. Vous mettez de côté quelques journaux de gauche, dont l'Humanité, C'est gentil. dont l'Humanité, et ben eh Et tout le ?

L'Humanité, c'est notre bien commun hein, c'est Jaurès qui à la sueur de son front l'a créé et eux ils continuent à la faire vivre. Donc tous ces journaux et Usul aussi. Euh Bon, des fois il dit du bien de moi alors que j'ai envie de dire de lui non.

Pas toujours. Non mais je reviens à ce que donc on a élaboré une stratégie. Que comment on allait ?

D'abord un, on cesse de croire qu'un propos intelligent intéresse un média. Pendant 10 ans, j'ai parlé de planification écologique. Je n'ai jamais été interrogé une seule fois sur ce que ça voulait dire.

J'ai plaidé pendant je ne sais combien de temps. La première fois que j'ai parlé de l'anthropocène dans un livre, l'ère où l'être humain modifie la planète, le seul commentaire médiatique que j'ai eu sur un plateau télé, le seul en 10 ans, c'est "Ah ! Bah avec vous au moins on a appris un mot." C'est tout.

Le système médiatique ne sert qu'à une chose, bourrer le crâne et empêcher de penser. Donc, comment on doit ? Il faut le contourner.

Il y a toute la presse, il y a d'abord notre propre presse qu'il faut défendre, la faire vivre, pas parce qu'on est d'accord avec ou parce qu'elle est d'accord avec nous, mais parce qu'elle ouvre de la discussion. Bah au moins elle est dans l'espace de gauche. Bon, des fois il y a une presse géniale que j'aime beaucoup.

Par exemple, je lis le Figaro. ? Bah parce qu'ils sont de droite et qu'ils le disent.

Les pires, c'est les planqués. C'est ceux qui disent "Nous non, on est objectif et indépendant." Mon œil oui, vous n'êtes ni objectif ni indépendant.

Le monde qui me tape dessus sans arrêt est pas un journal indépendant. Comment faut-il ? Il faut faire exploser le système en aidant ce qui est autour et nous-mêmes en créant nos propres médias qui ont une plus grande influence.

Je termine là-dessus. Quand Libération écrit un article pourri sur moi ou qui prétend qu'il y a une rupture entre Mélenchon et les juifs, une invention de Libération, qui se permet d'écrire une phrase comme qu'il attribue à quelqu'un d'autre qui dit "Ah mais chez les insoumis, il y a pas de dirigeant juif, ça fait bizarre." Et bien je vais vous dire une chose, il y a pas de dirigeant juif, il y a pas de dirigeant chrétien, il y a pas de dirigeant musulman, il y a que des dirigeants.

Et si quelqu'un veut aller dire à Libération quelle est sa religion, c'est son affaire mais c'est pas moi qui m'en occuperai. Entre cet article pourri qui a eu quelques dizaines de lecteurs qui n'ont que ça à [ __ ] et n'importe lequel des articles que nous passons sur nos nos vidéos font des chiffres qui n'ont rien à voir. Je vous donne un exemple, le passage de l'autre soir sur le Maroc où j'ai mis en avant la solidarité marocaine. 1,5 million de personnes regardent l'émission.

Sur mes chaînes 3 millions. Alors, de l'article de Libé, je m'en tamponne. Voilà.

Jean-Luc Mélenchon, depuis tout à l'heure, vous euh vous parlez de conflictualité. Attendez. Vous parlez de conflictualité.

Jean-Luc Mélenchon, les garçons, ça se passe par là. Merci. !

Ah heureusement que vous êtes ! Vous parlez vous parlez de conflictualité, d'une stratégie assumée. Euh vous expliquez très bien euh comment effectivement des fois vous jouez avec les médias sur une petite phrase pour imposer aussi un thème euh dans dans la bataille culturelle.

J'ai été limité, hein. Moi moi moi je vous avoue euh il y a il y a et c'est pas un débat de personne, il y a un tweet que vous avez fait hier qui m'a étonné parce que vous avez reproché dans ce tweet euh en l'occurrence au secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel euh le fait qu'il appelle le fait que Non non mais c'est euh c'est intéressant comme euh c'est intéressant comme débat de fond. Le fait Vous avez reproché le fait qu'il appelle à se mobiliser devant les préfectures.

Pourquoi il a fait cette ? Il a fait il s'adressait à des lecteurs de l'Humanité qui disaient ce qu'on disait tout à l'heure, qui disaient "On crève la dalle, on vote, ça sert à rien, on arrive plus à payer nos factures. Oui, on vous aime bien la gauche, mais là vous faites quoi pour ?" Il disait mais et donc un un responsable politique qui répond à cette détresse populaire, pour le coup, il fait la stratégie que vous évoquez tout à l'heure.

Donc moi je ne comprends pas pourquoi vous qui assumez la conflictualité, pour le coup je vais reprendre vos mots, vous ayez des pudeurs de gazelle à se mobiliser devant des préfectures. Jean-Luc Mélenchon. Parce que je ne suis pas d'accord.

OK. Il n'a pas appelé à se mobiliser devant les préfectures, vous foutez pas de moi. Non non non non. appelé à les envahir.

Il a exactement dit ça, donc Il a le droit de se dégonfler, mais moi je suis obligé de le prendre au sérieux. Après ça a été les stations essence et les supermarchés. Il a changé d'avis aussi.

Pourquoi je Pourquoi je ? Qu'il applique des techniques qu'il m'a empruntées, je l'ai vu, figurez-vous. pas le premier, monsieur Mélenchon, quand même.

Il y a une histoire, il y a des traditions de lutte. Vous avez juste l'intention d'être désagréable, c'est tout. Bah non non, je rappelle qu'il pève, hein, monsieur Mélenchon.

Non mais attends. Occuper Non mais c'est pas une insulte, monsieur Mélenchon, mais enfin occuper euh les lieux Mais qu'est-ce que j'ai dit qui est ? J'ai dit quelque chose ?

Allez allez-y, continuez continuez. Non mais tu as toujours les grands mots, hein. Non non. moi j'ai toujours les grands mots.

Il vit tu pères. Mais là vous me prenez pour vous vous C'est pas correct ce que vous faites. S'il a dit quelque chose, laissez-moi répondre.

Mais c'est que Je vous dis que il a bien le droit d'utiliser une technique que je connais, mais qu'il me permette de penser que après ce que nous venons de subir, notamment pendant les révoltes urbaines qui ne sont pas des émeutes urbaines mais des révoltes urbaines. On a le droit d'être prudent. ?

Et moi, je n'appelle pas les autres à faire quelque chose que je ne fais pas moi-même. Après que la préfecture du Puy-en-Velay ait été incendiée, je pèse mes mots quand il est question d'une préfecture. Et quand je parle à un militant révolutionnaire, là les mots ont une importance.

Le communisme est une stratégie révolutionnaire. La stratégie insoumise est une stratégie révolutionnaire. Par conséquent, les révolutionnaires ne sont pas des révolutionnaires de salon qui disent "Ah ben tiens, on va aller attaquer les stations-essence." Alors allez attaquer les banques si vous voulez attaquer quelque chose d'utile.

Mais ne faites pas ça. Lénine, pour attaquer le Palais d'Hiver, il a quand même réuni le bureau politique et ils ont décidé de faire le coup. Je ne suis pas d'accord pour qu'un chef, quel qu'il soit, appelle à des actions d'un tel niveau de violence sans maîtriser ce qu'il fait.

Je ne l'ai jamais fait. J'ai appelé à des insurrections citoyennes. J'ai appelé à des marches.

J'ai appelé à voter. J'ai appelé à s'unir. J'ai appelé à la Constituante, à la révolution citoyenne.

Vous ne m'avez jamais entendu appeler à autre chose. Et le jour où vous m'entendrez appeler à autre chose, alors oui, vous pourrez avoir peur parce que vous savez qu'on se prépare à le faire. Alors, justement pour rebondir là-dessus, euh on a eu on a eu une année l'année dernière avec beaucoup de mouvements sociaux, il y a eu le mouvement des retraites.

Euh comment vous voyez se se profiler cette ? Il y a la manifestation du 23, il me semble, 23 septembre contre les violences policières. Et euh et et et en même temps, on est dans une situation sociale qui est tellement dure pour les gens quel débouché on leur donne si ça n'est pas occupé la préfecture, quel débouché politique, ce qui sous-entend une deuxième question.

Où en sont les relations aujourd'hui des partis politiques, alors entre eux à gauche, on voit que c'est compliqué, mais par exemple avec les grandes centrales syndicales dont euh la CGT, j'ai croisé Sophie Binet tout à l'heure. Euh il semblerait il semblerait que vous vous entendez mieux avec Sophie Binet qu'avec euh son prédécesseur, euh mais du coup ça débouche sur ? Est-ce qu'il y a un genre de ?

Est-ce que vous avez des espaces pour vous parler entre partis politiques et euh ? On sait que vous avez eu des mots sur la charte d'Amiens, mais aujourd'hui concrètement là, si on devait relancer un mouvement social, comment ça se ? Et quelle leçon tirer du précédent mouvement social dans laquelle voilà, il y a il y a eu un rôle euh joué par les uns et les autres, bon bref, je vous laisse répondre.

Bon alors, qu'est-ce qu'on fait ? Je sais pas si euh tout le monde est à l'inaire pour supporter le choc de la vérité. La stratégie que défendent les insoumis, ça a été de constituer un pôle politique de rupture, un pôle politique anticapitaliste sérieux, concret, assez fort pour être le centre de gravité de la lutte sociale étant entendu qu'à nos yeux, la lutte ne peut mener nulle part si ceux qui la dirigent n'ont pas l'intention d'aller jusqu'au bout.

C'est un point de vue qu'on peut manier de différentes manières. C'est pourquoi, après qu'on est passé pour la première fois en tête de toutes les organisations traditionnelles de la gauche, nous avons immédiatement proposé de faire un front populaire et immédiatement, tout le monde a répondu "Va te faire !" Alors, avec des arguments des uns et des autres.

La stratégie est un pôle politique fort, discipliné, organisé, présent partout et organisant une connexion avec les forces sociales. La connexion est compliquée à organiser. Je n'ai pas eu des mots sur la charte d'Amiens, cher Usul.

J'ai dit à ceux qui me répondent "Et la charte d'Amiens nous dit que nous devons être opposés, séparés les uns les autres." Je leur dis "Oui, vous voulez appliquer la charte ? Je vous en prie, faites-le.

Parce que la charte d'Amiens dit que le syndicat doit se mettre à distance de la politique parce qu'il a l'intention d'organiser la grève générale révolutionnaire et la transformation de l'économie." Voilà ce qu'il y a dans la charte d'Amiens. Alors, à ceux qui viennent me dire "Oui, la charte d'Amiens." Je dis "D'accord, applique-la et je t'aiderai." Mais, la stratégie de l'Union populaire qui est la stratégie fondamentale des insoumis Union populaire et union politique, c'est pas la même chose.

Il peut y avoir des formes d'union politique qui s'opposent à l'Union populaire. Prenons un exemple. Les socialistes ne veulent pas dire qu'ils veulent abroger la loi permis de tuer.

Si nous ne pouvons pas dire, au nom de l'Union politique, ça parce que ça les dérange et que c'est pas dans le programme, nous perdrons l'Union populaire parce que les milieux populaires veulent qu'on abroge le droit de tuer leurs gosses quand ça déplaît à quelqu'un qui est armé. Alors, comment ? Alors J'essaie de faire aussi vite que je peux.

Allez-y, allez-y. Là, en plus, je vous raconte tout, hein. Je crie parce que je sais pas pourquoi je crie.

Je pourrais faire ça. C'est vrai ça, c'est une très bonne question. Mais allez-y.

Je peux parler tout doucement. Alors, comment ? Nous déclenchons Là, ça va un peu chauffer.

Au premier quinquennat de monsieur Macron, il commence par la modification du code du travail. Ouais. Il bouleverse de fond en comble ce que les Français appellent la République sociale, c'est-à-dire, il y a la loi, tu as le droit d'avoir un accord de branche meilleur que la loi mais pas moins bon.

Tu as le droit d'avoir un accord d'entreprise meilleur que l'accord de branche mais pas moins bon. Ça, c'est le principe de faveur, c'est 100 ans de lutte syndicale et politique de la gauche pour obtenir ça. En un mois pendant l'été, nous appelons à deux manifestations et la loi passe.

Mais que me dit à ce moment-là Philippe ? Qu'est-ce qu'il vous ? Les syndicats chez eux, les partis chez eux.

Autrement dit, ça te regarde pas. Vous trouverez partout dans la presse les traces de cette polémique à laquelle je n'ai jamais répondu. Mais c'est continuellement à moi qu'on vient demander des comptes sur ce qui s'est passé à ce moment-là.

Lorsqu'a commencé la bataille des retraites, la même chose, nous disons "Nous avons besoin d'une structure commune. Nous sommes d'accord pour que les syndicats la dirigent. Mais nous avons besoin d'une structure commune pour préparer, organiser notamment toutes les marches qui avaient lieu pendant les weekends et définir la stratégie commune.

Il n'y a jamais eu un seul jour, une seule réunion, une seule rencontre entre les syndicats et les organisations politiques qui se battaient dans l'Assemblée nationale. ! !

On est venu sur moi et les autres insoumis nous demander de retirer nos amendements pour qu'on puisse voter sur l'article 7. C'est-à-dire l'article qui décidait du passage à la retraite à 64 ans. La stratégie insoumise s'est appliquée d'un bout à l'autre, quoi qu'on nous ait demandé.

Nous avons tout maintenu, ? Parce qu'une stratégie de combat, si ça vous vient à l'esprit, il y a quand même qu'il y a des stratégies de combat. Ouais.

Pour moi, qu'est-ce qu'il ? Que la lutte puisse durer pour qu'on puisse aller au bout de cette lutte. Et pour ça, il fallait que le texte ressorte de l'Assemblée nationale sans avoir voté par personne.

Donc, c'était le contraire. Je ne voulais pas, les chefs du mouvement insoumis, Bompard, Panot et les autres ne voulaient pas qu'on soit battu à l'Assemblée nationale de manière à ce que ça aille au Sénat, que les sénateurs bloquent à leur tour, que ça revienne et bref, que le combat puisse être organisé. C'est le contraire qu'on nous a demandé de faire et nous ne l'avons pas fait.

Je termine en vous disant entre-temps, mais si vous voulez des infos de première main, je les donne. J'ai ça jamais été raconté cette histoire, donc maintenant vous êtes au courant. c'est c'est c'est très intéressant.

On va parler d'un autre combat après, mais allez-y. Non, mais je peux arrêter, moi je m'en fous, hein. Non non non.

Bon. Non non, ça nous intéresse. Ça m'intéresse.

Donc, il y a eu un congrès de la CGT. La CGT est l'organisation syndicale dans laquelle il y a sans doute le plus d'insoumis au mètre carré pour les raisons qui sont les leurs, hein. Parce que nous ne nous mêlons pas de la vie des syndicats.

Je sais pas d'où ça sort. Nous respectons absolument le fait que les syndicalistes, qu'ils soient insoumis ou ce qu'ils veulent, décident qui compte pour leur syndicat. Mais nous, on décide pour nous-mêmes.

J'observe qu'au congrès de la CGT, le rapport d'activité incluant la séquence retraite, le rapport d'orientation et la candidature qui portait ces orientations ont été battus par les cégétistes qui ont élu une secrétaire nationale qui a immédiatement complètement changé les relations. Et elle a dit, alors qu'une question amicale était posée par un journaliste. Direz-vous que monsieur Mélenchon et elle a répondu avec un sang-froid total Ah, je suis d'accord pour que les les relations entre le syndicat et les partis redeviennent normales.

Et nous on ne demandait pas autre chose. Juste être respecté. À ce propos-là Et la secrétaire générale de la CGT qui a annoncé qu'était dissoute la structure qui s'appelait Plus jamais ça qui mettait en contact des associations avec des partis politiques.

A immédiatement accepté et proposé la manif du 23 qui est un grand événement camarades que vous devez faire réussir contre la violence policière, le racisme systémique et les injustices sociales. Et les syndicalistes disent et les 100 organisations que cette structure pourrait être une structure dans la durée. Ce n'est pas de ma faute si ni le Parti communiste ni le Parti socialiste ne veulent participer à cette manifestation.

À propos vienne pas me demander à moi pourquoi. À propos de participer à des mouvements communs, il y a une question qui va vous être posée par Sacha. Euh monsieur Mélenchon, vous proposiez dans votre programme de 2022 des mesures pour garantir l'indépendance éditoriale et juridique des des journalistes et des rédactions vis-à-vis de leurs actionnaires.

Il y a quelques semaines, il y a 95 journalistes sur 100 du JDD et j'en fais partie qui ont qui ont quitté la rédaction après l'arrivée de Geoffroy Lejeune et on a réclamé pendant 40 jours de grève à peu près la même chose que vous. On a l'impression que c'est un combat qui vous a pas plus touché que ça et moi je voulais savoir est-ce que vous avez masqué vos convictions parce que c'était le JDD ou ? Non, le JDD était un journal dont le dernier numéro paru avant le rachat était une une avec madame Le Pen, ses progrès et le reste et qu'on était une demi-page d'insultes contre les insoumis.

Il faut aller plus loin que les unes par Ouais ouais ouais. Non, il faut aller plus On a le droit à la dignité, figurez-vous. Oui, bah les journalistes aussi. pas vous n'êtes pas une institution devant laquelle nous allons dire vous dites ce que vous voulez.

Quand vous dites quelque chose que nous condamnons et pas une fois, mais deux fois, mais trois fois, mais quatre fois, mais cinq fois, on a le droit. Ne venez pas pleurer dans notre gilet, surtout pour à la fin faire ? Un journal qui va donner la une à Madame Le Pen, ce qui se faisait avant.

Alors, je viens maintenant Ouais ouais, mais moi je dis ce que je pense. Mais vous savez comment ça marche un ? je savais comment ça marche un journal.

Vous ne soutenez pas de de machin là. Oui, je suis avec toi, je t'aime, mais je t'aime pas et tout ça. Non non, ce journal est Voilà, vous ?

Non, mais je demande, ça m'intéresse. Écoutez, écoutez. Bah allez-y, redites la phrase.

Non, mais ça m'intéresse parce que ce que vous dites, et vous l'avez dit tout à l'heure, vous arrêtez les journaux amis et vous avez parlé de médias amis, vous avez cité l'Humanité et ils en seront ils en seront probablement reconnaissants, mais vous arrêtez à un certain point, il y a un point à partir duquel ce sont plus des amis, donc vous ne soutenez pas leur grève et cetera, dites-moi. Ça a déjà changé la formulation. Dites-moi. commencé par dire il faut être d'accord avec vous pour que vous souteniez.

Comme si évidemment je serais seulement un ami de la liberté de la presse, des gens qui disent comme moi, vu que comme je suis les bornés et antisémite et violent et en Non, ça j'ai pas dit ça, non non non, c'est pas ce que j'ai dit. on est bah ouais Non, mais c'est pas ce que j'ai dit. ouais.

Vous croyez réellement à votre ? Oui, je crois vraiment à ma question, ça m'a Et bien, je vais vous dire Expliquez-moi. quelqu'un interdit le Figaro, je cours participer et je cotise pour que le Figaro puisse paraître.

Alors, pourquoi pas le ? Et alors, pourquoi vous avez pas Parce que le JDD se comportait comme un journal d'extrême droite et si Valeurs actuelles coule, je m'en fous. Un journal d'extrême ?

Bah, excusez-moi, vous pouvez pas dire que c'est un journal d'extrême droite. On perd les boussoles, on perd la boussole à partir du moment où vous dites vous qui l'avez perdue. Non, non, je suis pas Vous avez fait un numéro entier sur les progrès de l'extrême droite, le portrait de Madame Le Pen.

Vous avez fait des compliments à toutes les pages et vous avez mis une demi-page pour nous insulter nous et vous voulez après que j'aille ? Vous avez obtenu quoi dans votre ? Vous êtes partis à combien sur ? 17.

Vous avez obtenu ? Ce que la loi prévoit, c'est-à-dire le droit de présenter votre objection de conscience et d'être payé pour ça. Ce que n'importe quel travailleur n'obtient pas quand on se bat contre le fou de roi. ne s'applique qu'à partir du moment où la ligne édito a été changée et que ça a été constaté.

On voulait pas bosser pour Geoffroy Lejeune. On est partis avant. Mais je vous félicite.

Bah donc ne nous demandez pas d'avoir pris notre clause de conscience, on ne pouvait pas le faire. Je vous félicite d'être partis, mais laissez-moi dire que le journal que vous avez quitté est un journal que je n'aime pas et qui est un journal à orientation d'extrême droite. du coup, vous soutenez l'indépendance de la presse uniquement pour les médias que vous appréciez.

Bien entendu. ? Du coup, l'indépendance de la presse est uniquement pour les médias que vous appréciez.

C'est un combat qui n'est valable que pour ces médias-là. Écoutez, Madame. Allez-y, ce sera la la dernière là-dessus parce que après on va tourner en rond, mais allez-y.

L'en- Voilà. La grande pensée politique que nous allons avoir ce soir, ça n'est pas 9 milliardaires possèdent tous les journaux de ce pays, ça n'est pas ils ont les radios, les télés, toutes les rédactions, c'est Mélenchon ne défend pas le JDD. du tout.

Eh ben, Mélenchon défend le JDD. Mélenchon défend le JDD, allons. Non, mais Jean-Luc Mélenchon parle de Vous avez lu un texte de moi contre ?

Jean-Luc Mélenchon, Est-ce que oui ou non, vous avez lu une parole de moi contre ? Voilà, ce que j'allais dire, on peut peut-être faire la nuance entre la ligne éditoriale d'un titre que vous critiquez et la nécessaire solidarité à l'égard de journalistes qui sont précaires et parfois qui travaillent là parce qu'ils doivent bouffer. On peut faire cette nuance quand même, ?

Non, Madame. Ah bon, bah alors écoutez. partie. ?

Parce que il y a un principe dans la vie morale et philosophique qui s'appelle la responsabilité personnelle. Si vous acceptez de travailler pour un journal qui crache dans la gueule des travailleurs et qui insulte les insoumis, assumez-le. Moi, j'assume.

Moi, j'assume mes idées, je les défends. On arrive. Je m'expose, je me laisse insulter.

Alors vous aussi, faites-en autant. Défendez vos idées jusqu'au bout et quand on meurt Ils ont fait ce qu'ils ont fait, ils sont partis. Ils ont fait ce qu'ils ont fait, ils sont partis.

Et ben, je l'assume. Et on va reprocher à des ouvriers qui travaillent dans une boîte qui fait Non, non, non, non, non. Bah si, c'est la même chose. non, non.

C'est la même chose. Bah si. Vous connaissez un Attendez.

Allez-y, allez-y. C'est un peu facile. Comme ça, il y a plus de responsabilité morale, personne n'est responsable de rien.

Non. même chose des employés de banque. Je vous félicite d'être partie.

Pourquoi vous me cherchez ? Je vous dis que je n'aime pas le JDD. Je vous dis que je suis Ah ben, encore heureux que j'ai le droit.

Le JDD est un journal qui a pris une pente d'extrême droite depuis un grand moment. Et il y a un principe de responsabilité que vous avez assumé parce que vous avez dit à partir du moment où vous annoncez que vous êtes d'extrême droite, vous avez dit "Moi, je m'en vais parce que je ne fais pas de boulot là." C'est bien pour des raisons de conscience.

C'est bien pour des raisons de morale. Donc de plus, c'est pas des cris, s'il vous plaît, quand je parle de conscience et de morale parce que cette femme vient de vous prouver que ça existe et que c'est un moteur. Mais vous donnez des entretiens dans votre livre.

Donc elle doit être félicitée. votre livre, dans le JDD, monsieur Mélenchon. Donc vous avez donné des entretiens à un journal d'extrême droite.

Tu vois, je comprends pas. J'ai vu J'ai lu des entretiens de Manuel Bompard par exemple peu de temps avant l'arrivée de Geoffroy Lejeune. C'est-à-dire que les insoumis ont donné des interviews à un journal d'extrême droite.

Oui, monsieur, ça arrive. Ça dépend de nous. Mais oui, nous Pour nous, tout ce système excepté ce que je dis, est un ennemi.

Mais comme nous sommes des démocrates, nous acceptons l'idée que nous avons des adversaires. Ne nous envoyez pas d'essayer de les rouler dans la dans la farine. On essaye continuellement.

D'accord. Moi, je n'ai jamais donné d'interview à Valeurs actuelles et je considère que c'est une erreur de le faire. Mais je comprends les camarades qui me disent "On y va parce que tu as des nazes qui payent 3 euros pour se faire engueuler par nous dans leur propre journal." On arrive.

Ça se comprend. Mais ce que je voudrais dire et je voudrais qu'on m'entende, je trouve incroyable que l'entrée sur la question du JDD, ce soit moi et mon sentiment de la liberté. Ce pays est gouverné par neuf personnes qui manipulent l'opinion de tout le monde.

Ça a été dit avant que vous arriviez, monsieur Mélenchon, on a passé une demi-heure là-dessus. Ouais, ouais, ouais. Non, non, non, ça a été Ouais, ouais, ouais, c'est ça, c'était déjà avant.

Surtout, ne faisons rien, défendons la corporation envers et contre terre. Personne n'a dit Il y a une proposition. Ah ouais, mais vous supportez Mais on a fait on a fait tout le début de l'émission là-dessus, c'est juste Non, non, non, vous ne supportez vous ne supportez pas la critique.

D'accord, d'accord, d'accord. Bon. Parce que vous Donc je prends l'exemple, il y a une proposition de loi.

On nous a dit "Pourquoi vous la signez ?" La proposition de loi disait "Le rédacteur en chef ne peut pas être rédacteur en chef si les journalistes ne sont pas d'accord." Alors on a dit "Ah bah tiens, bonne idée." Et on vous propose deux autres choses dans la loi.

Premièrement, une mesure anti-monopole. Il n'est pas permis de posséder un journal, trois télés, quatre radios. C'est interdit.

Ce n'est pas permis de Donc une loi anti-monopole. On a dit "On vous propose de mettre dedans que les lecteurs ont des droits." Bien sûr.

Moi, je suis abonné à l'Huma, ils ont pas intérêt à changer de ligne, ils ont intérêt à rester communistes, même si je suis pas d'accord avec ce qu'ils racontent des fois. Parce que si Fabien Gay qui est un militant hors pair pour qui j'ai la plus grande estime venait à changer de ligne elle aussi. Moi, je veux pouvoir dire je suis pas d'accord avec celui-là, dégagez-le, mettez-en un autre.

Parce que celui qui paye le journal, c'est moi. Vous, voilà. Donc, le fait que les lecteurs aient des droits sur le journal auquel ils s'abonnent, on devrait au moins les consulter.

Je dis pas que c'est eux qui vont élire le rédacteur. Faut avoir la compétence professionnelle, faut une liste. Donc, on a dit "Ben, on voudrait rajouter ça." On nous a dit "Ah non, ça va trop loin." Ah, ben faudrait savoir.

Nous, on veut pas signer un tel dans lequel il n'est pas dit qu'on décontrôle le monde de Paul. Et d'ailleurs, le SNJ, syndicat des journalistes, a dit "Eh, c'est quoi cette ?" Parce que vous allez faire pression sur les journalistes pour obtenir des aides, c'était ce qui est dans la loi.

Donc, on était pas d'accord. On aurait pu nous dire "Ah ben tiens, vous êtes pas d'accord, mais ?" Non, immédiatement ça a été "Ils sont pas d'accord, ils défendent que les journaux qui répètent leur trac." C'est pas vrai.

Nous voulions une vraie loi commune. Pourquoi on a pas ? Parce que des macronistes se sont mis à signer ce texte-là.

On a dit "Vous vous foutez de notre gueule, c'est de votre faute si on en est là et vous venez signer une loi où vous faites les mariole pour vous donner une bonne conscience." Voilà, je vous explique pourquoi on a pas signé ça. à la fin, on s'était engagé à vous libérer à l'heure, ce sera donc ma dernière question. c'est qui est libéré, j'ai l'impression que c'est lui, hein.

C'est pas faux, c'est pas faux. Euh, Jean-Luc Mélenchon, ce sera ma dernière question. Je voudrais qu'on parle de l'avenir.

Euh, le le soir du 1er tour de de l'élection présidentielle en 2022, vous avez eu ces mots qui ont résonné chez beaucoup de jeunes. C'était le fameux Faites mieux. Aujourd'hui, en 2023, et justement ça m'intéresse.

Aujourd'hui, en 2023, est-ce que vous dites toujours "Faites ?" Et est-ce que vous pourriez nous en dire un petit peu plus sur ce que vous avez envie de dire aux ? Je Je jouis d'une situation unique dans une vie politique.

J'ai plus rien à prouver. Je n'ai jamais été corrompu d'aucune manière. Je dis ce que je veux.

Je fais ce que je veux et il se trouve que des gens disent "Tiens, c'est intéressant." Je vous dis ça pour que vous m'entendiez dans toute la force de ce que je veux vous dire maintenant. À 410000 voix près, on arrivait au 2e tour.

J'avais J'avais un doute sur ce résultat. Mais je me suis dit maintenant il y a qu'une chose qui vaut c'est on continue le combat. Alors, il m'est venu cette idée de vous dire "Faites mieux." Mais je voudrais d'abord lever une ambiguïté.

Je voulais pas vous dire comme un prétentieux "Faites mieux que moi." C'est pas ça que je voulais dire. "Faites mieux." C'est-à-dire faites mieux que ma génération qui n'y arrivait à rien.

Abattez la citadelle. N'écoutez jamais personne qui vous dira de reculer, d'arrêter, de céder, d'amolir. Faites mieux.

Abattez ce système. Merci. Et écoutez.

Je sors. Je fais un bouquin, le 28 septembre il sort. J'essaie de vous expliquer.

Écoutez-moi camarades. Allez-y. L'action politique ne vaut rien sans pensée politique claire.

Sans théorie claire, pas d'action claire. Vous devez travailler inlassablement à mieux comprendre les mécanismes qui unissent le capitalisme quotidien à la catastrophe qui s'avance vers l'humanité. Et mon dernier mot sera le suivant.

Une société résiste d'autant mieux qu'elle est travaillée par l'instinct de la solidarité et du collectivisme. Soyez collectivistes, soyez solidaires, faites mieux que la merde qu'on vous lègue. Merci Jean-Luc Mélenchon d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Back Seat.

Merci beaucoup, je vous laisse votre place sur le plateau, merci.