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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 11 avril 2017 8 minComplaisantActualité / polémiqueOutre-merSolidarités & familleÉconomie & entreprisesRetraites

Nathalie Arthaud : "C'est vrai que l'État a abandonné la Guyane"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 30 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:29OuverteRéponse directe

    Ont-ils eu raison de rester en Guyane ?

  • 1:20OuverteRéponse directe

    La France doit-elle faire un chèque de 3 milliards sans discuter ?

  • 2:18OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut poursuivre les blocages, coûte que coûte ?

  • 2:58OuverteRéponse directe

    L'affaire Pénélope Fillon change-t-elle quelque chose pour vous ?

  • 3:51OuverteRéponse directe

    Comment résonne l'argument du vote utile pour Mélenchon chez les trotskistes ?

  • 5:11OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous différencie sur le fond avec Philippe Poutou ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:18Invité politiqueFait
    « Les quatre parlementaires guyanais ont préféré rester en Guyane et ne pas répondre à l'invitation du chef de l'État. »
  • 2:00PrésentateurChiffre
    « C'est les 41 milliards du pacte de responsabilité. »
  • 2:14Invité politiqueChiffre
    « 32 entreprises guyanaises ont fermé leurs portes. 300 emplois déjà supprimés. »
  • 5:51PrésentateurPromesse
    « Le minimum porté à 1800 euros net par mois. »
  • 7:13Invité politiqueChiffre
    « Vous supprimez la TVA, qui pourtant rapporte 180 milliards chaque année dans les caisses de l'État. »
  • 7:21PrésentateurChiffre
    « Les dix premières fortunes du pays, cumulées, représentent la moitié du budget de l'État. »

Temps de parole

  • Présentateur75 %
  • Nathalie Arthaud25 %

2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, point fr, France Inter, Eric Delvaux, le 5-7.

0:10
Nathalie Arthaud

Bonjour Nathalie Arthaud, candidate à l'élection présidentielle, porte-parole de lutte ouvrière. Question d'actualité d'abord, la crise en Guyane. Les quatre parlementaires guyanais ont préféré rester en Guyane et ne pas répondre à l'invitation du chef de l'État qui leur a demandé de venir à l'Élysée pour débloquer le conflit et la crise dans ce département. Ont-ils eu raison de rester en Guyane ?

0:31
Présentateur

Ce n'est pas tellement l'action des quatre parlementaires, mais c'est plutôt le fait que la population guyanaise continue de mettre la pression sur l'État, sur le gouvernement. Et elle a raison, parce que si elle n'avait pas déclenché ce mouvement et cette levée en masse, il ne se serait rien passé. Et le chômage, la vie chère, les services publics qui reculent alors qu'il y a un manque déjà criant. Dans une région où pourtant la France est très fière d'avoir la base de Kourou et se concentrer de technologie, de modernité. Donc voilà, moi je donne raison. Je suis de tout cœur avec les Guyanais qui aujourd'hui revendiquent leur droit minimum. C'est vrai que l'État a abandonné la Guyane.

1:20
Nathalie Arthaud

Donc la France, la métropole, l'Hexagone doit faire un chèque de 3 millions sans discuter, comme le réclame le collectif Guyanais ?

1:27
Présentateur

Milliards.

1:28
Nathalie Arthaud

Milliards, j'ai des millions, pardon, milliards bien sûr.

1:30
Présentateur

Mais oui absolument, écoutez, il y a trois hôpitaux. Un à Kourou, je crois, c'est celui de Kourou, est menacé de fermeture. Les enfants, tous les enfants ne sont pas scolarisés. Il faut raccorder à l'eau potable, à l'électricité des milliers de femmes et d'hommes. Donc bien sûr que cela relève effectivement des responsabilités de l'État. Et comme toujours, l'État ne veut pas mettre l'argent pour les plus pauvres, en fait, pour les classes populaires. Cet argent, il le réserve à une minorité. C'est les 41 milliards du pacte de responsabilité. Et donc la moindre des choses, c'est que cela revienne, oui, bien sûr, à la population qui en a besoin.

2:07
Nathalie Arthaud

Cela dit, Nathalie Arthaud, depuis le début du conflit, il y a près de trois semaines, déjà 32 entreprises guyanaises ont fermé leurs portes. 300 emplois déjà supprimés, disaient ce matin nos confrères de Outre-mer Première. Est-ce qu'il faut poursuivre les blocages, coûte que coûte ?

2:21
Présentateur

Mais bien sûr qu'il faut poursuivre les blocages. C'est une question de rapport de force. Et on ne parle pas de tous les travailleurs qui sont mis sur le carreau au quotidien, avec le fonctionnement normal de cette économie. On ne parle pas de ceux qui travaillent, qui travaillent dur, qui n'arrivent pas à joindre les débouts, à faire vivre leur famille, qui n'arrivent pas à se soigner. Et ça, c'est le quotidien de centaines de milliers de familles et d'hommes. Là, aujourd'hui, ils disent non, stop, ça suffit. Et ils ont raison, c'est le seul moyen qu'ils ont, en réalité.

2:47
Nathalie Arthaud

Dans l'actualité également ce matin, l'affaire Pénélope Fillon, suite avec le site Mediapart, qui affirme que son mari, François Fillon, l'avait embauché en tant qu'assistante parlementaire dès 1982, c'est-à-dire quatre ans plus tôt que ce qu'a fini par reconnaître l'ancien Premier ministre. Est-ce que ça change quelque chose pour vous ?

3:04
Présentateur

Ça en rajoute, mais là, on était déjà à un niveau, de toute façon, on a quand même compris qu'ils n'avaient aucun scrupule et que ces donneurs de morale, il fallait s'en méfier, les renvoyer à leurs propres incartades, à leurs propres bassesses. C'est ça la réalité. Moi, ce que je tiens à dire aussi, c'est que les travailleurs, ce qui leur a fait le plus mal, c'est la politique que Fillon a menée au gouvernement, déjà, en tant que Premier ministre de Sarkozy. Et là, effectivement, il nous promet une purge. Donc, voilà, il n'y a aucune... Enfin, voilà, c'est un candidat, effectivement, pour la grande bourgeoisie et pour les riches, et il est étranger aux classes populaires.

3:45
Nathalie Arthaud

La séquence favorable en ce moment à 12 jours de l'élection du premier tour, c'est la séquence Mélenchon. On entend parler d'un vote Mélenchon comme d'un vote utile dès le premier tour pour faire barrage à la droite. Comment est-ce que cet argument résonne chez les trotskistes de lutte ouvrière ?

4:01
Présentateur

Oh, mais ça, l'argument utile, on a toujours eu. On a toujours eu. Il fallait toujours, en fait, se rassembler derrière le candidat de gauche le mieux placé. Alors, ça a été Mitterrand, ça a été Hollande, dernièrement, en 2012. On nous expliquait toujours que, voilà, les travailleurs s'en sentiraient mieux, seraient mieux protégés. La réalité, c'est qu'au pouvoir, les présidents de la République, tous, quels qu'ils soient, quelle soit leur couleur, leur majorité gouvernementale, se transforment en instrument du grand capital. Parce qu'en réalité, au-dessus d'eux, il y a un pouvoir qui domine, c'est le pouvoir de l'argent.

Et c'est ces lois du capitalisme, de la rentabilité, de l'exploitation. Et moi, c'est ma divergence fondamentale avec Jean-Luc Mélenchon. Je pense, je suis convaincue, qu'on ne peut pas gérer de façon humaine, juste, morale, un système qui est basé sur l'exploitation et qui ne peut produire que des inégalités. C'est cet ordre capitaliste. Et voilà, faire croire qu'il y aura une politique favorable dans ce cadre-là, je crois que c'est véhiculer des illusions, des illusions dont les travailleurs sont toujours revenus, sont toujours, se sont, voilà.

5:09
Nathalie Arthaud

Ça, c'est votre différence avec Jean-Luc Mélenchon. Qu'est-ce qui vous différencie sur le fond, également, avec le candidat trotskiste de NPA, Philippe Poutou ?

5:17
Présentateur

Je vais en profiter pour dire surtout ce qui nous rassemble, comme ça, ça me permettra d'aborder les quelques points, quand même, de mon programme. C'est que nous, voilà, nous voulons porter les intérêts, effectivement, des travailleurs, des exploités, de l'ensemble de la population. Alors moi, je me concentre là-dessus quand Philippe Poutou aborde plusieurs autres thèmes. Mais moi, effectivement, dans cette campagne, je veux appeler les travailleurs, les ouvriers, les employés, les chômeurs, qui sont des travailleurs condamnés à l'inactivité, les retraités, à dire et à affirmer haut et fort leurs besoins, leurs revendications. Et dans cette société, eh bien, le minimum, c'est un emploi.

C'est un emploi, c'est un salaire correct, le minimum porté à 1800 euros net par mois. Et c'est aussi ce droit de pouvoir contrôler l'argent qui circule dans les entreprises, les décisions qui sont prises parce qu'on nous dit en permanence qu'il n'y a pas d'argent, qu'on ne peut pas embaucher, qu'on ne peut pas augmenter les salaires, qu'on ne peut pas soulager les travailleurs. Et puis, au bout du compte, on voit qu'il y a des milliards qui s'amassent à un pôle, qui sont versés aux grands actionnaires en dividende. Donc, ça suffit aussi.

6:17
Nathalie Arthaud

Vous voulez, vous venez de le dire, contrôler l'argent qui circule dans les entreprises, c'est la co-gestion que vous souhaitez ?

6:22
Présentateur

Ah mais c'est la possibilité pour les travailleurs de tout dire de ce qu'ils savent des entreprises, des comptables, tous ceux qui travaillent dans les bureaux, mais aussi dans les ateliers, de mettre tout ça sur la place publique, de façon à ce qu'on ne soit pas soumis aux rumeurs, aux fausses informations, au chantage permanent, chantage à la compétitivité, qui se fait toujours sur le dos des travailleurs, alors qu'ils pourraient très bien baisser les prix en baissant leur propre marge, en prenant sur la part, justement, des grands actionnaires. Donc, pour nous, c'est transformer, effectivement, les salariés en lanceurs d'alerte, sans crainte d'être placardisés ou d'être licenciés.

Voilà ce qui permettrait, effectivement, à l'ensemble des salariés, puis à la population aussi, de reprendre, enfin, en main, un peu de pouvoir dans cette société.

7:03
Nathalie Arthaud

Parmi vos propositions, vous l'avez dit à l'instant, un SMIC net à 1800 euros, des embauches dans tous les services publics, la gratuité des soins prescrits. Et d'un autre côté, vous supprimez la TVA, qui pourtant rapporte 180 milliards chaque année dans les caisses de l'État. Comment financez-vous toutes ces mesures sociales ?

7:21
Présentateur

Vous savez, par exemple, les dix premières fortunes du pays, cumulées, représentent la moitié du budget de l'État. Et on sait, par ailleurs, qu'il y a des milliards d'argent qui, justement, s'évadent dans les paradis fiscaux, etc. Donc, la réalité, c'est qu'on a une minorité qui est de plus en plus riche. L'argent, il existe. Il faut aller le prendre là où il est.

7:45
Nathalie Arthaud

Merci bien. Nathalie Arthaud, donc, candidate, porte-parole de lutte ouvrière et candidate à l'élection présidentielle. Merci et bonne journée. Merci. À suivre le temps.