Discours de Jean-Nöel Barrot à l'académie des sciences morales et politiques
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- 6:00Jean-Nöel BarrotChiffre
« Les pays de la zone euro détiennent 3000 milliards d'euros d'actifs de plus que les Américains n'en détiennent en Europe. »
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Mesdames et messieurs les académiciens, mesdames et messieurs, en quelques jours à peine, l'année 2026 a montré la pertinence du thème que vous avez retenu pour vos travaux, celui de la transformation profonde. Renversement et capture de Nicolas Madura au Venezuela. répression sans précédent du régime iranien sous la menace d'une intervention armée. Revendication par les États-Unis d'un territoire européen placé sur la protection de l'OTAN. À n'en pas douter, nous vivons un moment de transformation profonde. Une brutalisation du monde dont l'histoire, nous disent certains, semble écrite d'avance.
Celle d'une rivalité croissante menant à la confrontation inéluctable entre deux superpuissances. la Chine et les États-Unis. Soyons lucide, la force n'a jamais disparu des relations internationales. Elle n'a pas été abolie par le droit international ni dissoute dans la déclaration universelle des droits de l'homme. Elle a été domestiquée. Comment ? en faisant en sorte que ce qui est fort soit juste conformément à l'intuition visionnaire de Blaise Pascal dans ses pensées que je cite "La justice sans la force est impuissante. La force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite parce qu'il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée.
Il faut donc mettre ensemble la justice et la force et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste. Et ainsi, ne pouvant faire que ce qui est juste fut fort, on a fait que ce qui est fort fut juste. Et les efforts pour domestiquer la force succédèrent tout au long du 20e siècle. Nous nous y reprimes à plusieurs fois. La société des nations fut une première tentative admirable mais néanmoins inaboutie car elle demandait aux États de renoncer à la force sans leur offrir de garanties crédibles sur son encadrement. Après 1945, l'Organisation des Nations- Unies et les institutions de Bretonwood tirèrent les leçons de cet échec.
Elles ne cherchèrent pas à nier les rapports de puissance, mais à les organiser. Les grandes puissances, il virent leur intérêt non par altruisme mais par calcul rationnel. La stabilité du système international, l'équilibre des forces et la prévisibilité juridique leur promettait des dividendes supérieures au coût de l'instabilité et à ceux du chaos. et elles bénéficièrent d'une position d'oligopole matérialisée par leur siège de membres permanents du Conseil de sécurité des Nations-Unies associés au droits de Geto. Sans ces concessions faites aux grandes puissances, disons-le, aucun multilatéralisme durable n'aurait été accepté.
Et de fait, la première des grandes puissances du 20e siècle, les États-Unis d'Amérique, tira des dividendes exorbitants du multilatéralisme, dividendes sécuritaires. Avec les opérations de maintien de la paix des Nations- Unies, les États-Unis s'appuyèrent sur les contributions des autres pour assurer la sécurité du monde. Avec l'architecture de non prolifération, ils évitèrent une course aux armements nucléaires qui eût été pour eux comme pour les autres, ruineuses et délétaire. Et je n'ose parler de l'OTAN dont nombre de ces membres ont servi de déboucher à leur puissante industrie de défense.
Dividende monétaire ensuite avec le système de Bretonwood, le dollar devint une monnaie de réserve mondiale qui permit aux États-Unis de limiter considérablement le coût de financement de leur budget et de leur économie. dividende commerciale. Enfin, avec les règles du GAT puis de l'OMC, les services financiers et numériques américains puissent se répandre sans contrainte sur toute la planète. Mais cet équilibre des forces garanti par le droit et patiemment construit au cours du 20e siècle se fragilisa avec la fin de la guerre froide. La fin du face-àface structurant entre les deux blocs fut interprétés en Occident comme la victoire définitive d'un modèle, le modèle occidental.
L'illusion d'un monde enfin pacifié par le droit, le marché et la démocratie s'installa dans les esprits. Avec une assurance confinant, parfois à l'arrogance, on célébra la fin de l'histoire alors qu'on assistait au début d'une nouvelle ère. Et l'on vit l'hyperpuissance américaine sûr de son fait prendre des libertés avec ce droit international dont elle était pourtant garante. Et dans le même temps, une grande partie du reste du monde vécut cette période comme une mise sous tutelle. La mémoire des humiliations coloniales, les ajustements structurels imposés, les interventions unilatérales nourrirent une frustration qui devint progressivement un désir de revanche.
La Russie post-soviétique nous dit avoir perçu l'élargissement de l'OTAN comme un encerclement. La Chine vit dans l'économie libérale et les droits de l'homme un carcan conçu sans elle. Et le reste du monde commença à avoir dans le multilatéralisme un système à géomatrie variable conçu par l'Occident pour l'Occident. Nier ses perceptions, c'est se condamner à la moindre pertinence dans sa compréhension du monde. La manifestation la plus spectaculaire de ce désir de revanche fut sans aucun doute le réveil de la Chine.
Une civilisation millénaire se concevant comme centrale, convaincue d'avoir été relégué au rang de périphérie au cours de ce que la mémoire chinoise a nommé le siècle des humiliations depuis les guerres de l'opium jusqu'à l'effondrement impérial. Et voilà qu'en l'espace de 4 décennies, la Chine parvint à accomplir une transformation économique d'une ampleur inédite. En moins d'un demi-siècle, sa part dans la richesse mondiale passa de 2 % à 20 %. Et cet essort sans équivalent dans l'histoire permit à des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté. Il s'accompagna d'une industrialisation phénoménale et d'une montée en ganne technologique guidée par le primat de l'efficacité.
Peu importe que le chat soit noir ou blanc. disait Deng Ping. S'il attrape les souris, c'est un bon chat. Ce succès restera la confiance nationale nourrit par l'histoire nourrit par l'idée que l'histoire enfin reprenait son cours. Mais à cette ambition économique vint se superposer une ambition politique explicite. Rétablir la prééminence de la Chine dans l'ordre international et s'imposer face à l'hyperpuissance du 20e siècle. et pour cela, mobiliser l'ensemble des leviers de puissance à sa disposition et le faire avec méthode en s'appuyant sur des plans quinqué garant la plus grande efficacité. Puissance économique d'abord.
La Chine a dépassé l'année dernière le trilliard de dollars d'excédents commercial grâce à une politique industrielle très offensive qui vise à assurer les la condition de la prospérité tout en plaçant le reste du monde, y compris les États-Unis dans une situation de dépendance. Dépendance aux minerais et aux terres rares, ces ingrédients vitaux de l'industrie du 21e siècle dont elle maîtrise aujourd'hui 90 % du raffinage.
Dépendance aux infrastructures de commerce international a commencé par la maîtrise désormais quasi exclusive de la construction des portes conteneurs et celle des infrastructures portuaires et logistiques le long des nouvelles routes de la soie qui s'étendent dans 150 pays. Puissance diplomatique. Suite la Chine s'investit dans le dialogue bilatéral comme dans les enceintes internationales pour défendre ses intérêts, mais aussi pour contenir et faire refluer l'influence américaine. Avec l'organisation de coopération de Shanghaiï, la Chine structure les relations qu'elle entretient avec son voisinage et notamment avec la Russie. Avec la création des bricks.
En 2009, la Chine et ses partenaires rejettent explicitement la domination par le G7 de la scène diplomatique et se font les porte-paroles d'un supposé sud-gobal qui aurait des comptes à régler avec l'Occident américanisé. Et je le rappelle, en population comme en richesse, le bloc des Bricks a désormais dépassé celui du G7. Puissance militaire. Enfin, l'armée populaire de libération compte plus de 2 millions de soldats, ce qui felle la plus grande armée du monde en effectif devant les États-Unis d'Amérique.
Elle possède la Première marine mondiale en nombre de bâtiments et dispose de l'arsenal de missile conventionnel le plus dense au monde conçu pour tenir à distance des portes-avions américains. La Chine se met en situation de sécuriser son environnement régional, de dissuader toute intervention extérieure, mais aussi d'atteindre une forme de parité stratégique avec l'hyperpuissance du 20e siècle. Mobilisation des ressorts de la puissance économique, diplomatique, militaire, l'objectif semble clair, s'imposer comme une puissance centrale en rattrapant puis en dépassant les États-Unis d'Amérique. Au fond, la Chine veut redevenir ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être. l'empire du milieu.
Et alors que la Chine se réveille, voilà les États-Unis placés face au piège de Tucidide qui guettent une puissance dominante confrontée à l'émergence rapide d'une rivale et tentée par une confrontation préventive. Cette confrontation se révèle souvent très coûteuse et très périlleuse. C'est le piège qui se réferma sur Spart, superpuissance continentale de l'époque confronté au réveil d'Athène dont la puissance maritime et commerciale se développait en mer et G. Spart lança son armée dans la tique déclenchant la guerre du Péloponze. 30 ans de combat sanglant qui ravagèrent les cités grecques et à la fin Spark l'emporta. Mais à quel prix ?
Les deux puissances étaient épuisées l'une contre l'autre et c'est un troisième acteur, la Macédoine, qui conquit le monde grec quelques décennies plus tard. Un troisème acteur, suivez mon regard. Tucidide rappelle que la cause la plus vraie, mais la moins avouée de la guerre du Péloponise fut la croissance de la puissance athénienne et la crainte qu'elle aspira au Spartiat.
C'est un constat de même nature sans doute qui d'administration en administration se confirme à Washington où la Chine est présentée, je cite, comme le défi géopolitique le plus déterminant pour les États-Unis dans la revue nationale stratégique américaine de 2022 et où des mesures de plus en plus confrontationnelles sont adoptées. Ce sont des droits de douane imposés dès 2018 par la première administration Trump sur des centaines de milliards de dollars de produits chinois et plus récemment un quasi blocus commercial décrété par l'annonce de droit de douane atteignant les 145 %.
L'interdiction du réseau social TikTok précédant une prise de contrôle au nom de la sécurité nationale, la plateforme étant considérée comme un instrument de recueil des données et de propagande au service du gouvernement chinois.
des campagnes de communication stratégique visant à répandre dans le champ des perceptions l'idée que la Chine est responsable de pandémie qui frappe l'Occident et le reste du monde, des restrictions de visas pour les étudiants et les chercheurs chinois travaillant dans des filières sensibles, l'inscription sur la liste noire d'un grand nombre d'entreprises chinoises pour éviter qu'elles n'accède à des infrastructures présentes sur le sol américain empêcher qu' de bénéficier de la commande publique. Le remplacement d'un opérateur honggais par un consortium occidental au canal de Panama.
des restrictions d'exportation sur les micropossesseurs, les semi-conducteurs et les plus Nvidia composant de critique pour les centres de données et les supercalculateur. Je poursuis avec le renforcement massif de la présence militaire américaine dans l'Indo-Pacifique par l'alliance Ocus, la multiplication des bases aux Philippines, la coopération renforcée avec le Japon et Taiï. La tentative de rapprochement avec la Russie dans l'espoir de détacher Moscou de Pékin dans une manœuvre diplomatique inversant celle de Nixon.
plus récemment, une intervention militaire en Amérique latine visant l'exfiltration d'un dictateur et le changement de régime dans un pays pétrolier dont la Chine est le premier client. Des prétentions territoriales enfin sur un territoire européen sous protection de l'OTAN, justifié par la nécessité d'empêcher la Chine d'en faire un point d'entrée sur l'Atlantique Nord. L'ensemble de ces mesures dessine une stratégie assumer, contenir la Chine et éviter qu'elle ne supplante les États-Unis. On est bien loin de la fondation des Nations Unies il y a 80 ans.
Chacun des deux grands acteurs de ce duopole développe d'ailleurs une vision alternative à celle de la charte pour ériger un ordre international nouveau au sein duquel il jouerait le premier rôle. La Chine promeut depuis septembre de l'année dernière l'initiative pour la gouvernance mondiale qui semble dessiner une telle alternative. Les États-Unis, quant à eux, ont proposé samedi dernier à 60 pays d'adhérer à une nouvelle charte, celle du Bard of Peace, ce Conseil de la paix prescrit par la résolution des Nations Unies met enfin à la guerre à Gaza. Tel qu'il est présenté, ce conseil a pour responsabilité principale la paix et la sécurité du monde à Gaza comme ailleurs.
Il est dirigé par son chairman, investi de pouvoirs très étendus comme celui d'approuver la participation des membres, désigner son propre successeur et exercer son vétocé des membres. On est loin, très loin de la charte des Nations- Unies dont je ne résiste pas à vous rappeler les premiers mots. peuple des Nations Unies résolu à préserver les générations futures du fléo de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicles souffrances à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l'homme dans la dignité et la valeur de la personne humaine dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations grandes et petites.
Je pourrais prolonger le propos, mais vous l'aurez compris, tout semble se passer comme si un choc majeur entre la Chine et les États-Unis était désormais inéluctable avec des conséquences très lourdes pour le reste du monde et donc pour nous. Au mieux, le monde pourrait glisser vers un partage en sphère ou en hémisphère d'influence dans un duopol synoicain imposant ses règles, ses normes et ses dépendances dans deux hémisphères différents. Au pire, la rivalité pourrait basculer dans une confrontation ouverte entre deux puissances dotées membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce choc est-il vraiment inéluctable ? N'avons-nous plus qu'à choisir notre camp et à subir ?
Je n'y crois pas, car dans ce système d'équation par nature complexe, il y a une variable inconnue et qui peut tout changer. Cet inconnu, c'est l'Europe. Oui, l'Europe est la grande inconnue de l'équation stratégique mondiale. Pourquoi ? Parce que la résistance à la brutalisation du monde s'organise ici en Europe. Parce que de l'Asie du Sud-Est à l'Amérique latine en passant par l'Afrique, des peuples libres et désireux de le rester attendent que l'Europe se lève et montre la voie, la voix de l'équilibre.
Dans un monde sommet de choisir entre la soumission et l'affrontement, l'Europe est attendue là où elle a toujours été la plus forte dans l'invention d'une voie exigeante fondée sur la souveraineté des nations et le respect du droit international. Elle est attendue par des États de plus en plus nombreux attachés à leur indépendance qui refusent toute logique de bloc et montre qu'une architecture de sécurité collective fondée sur le dialogue est possible et qu'elle passe aujourd'hui par une Europe forte. Oui, l'Europe est la grande inconnue de l'équation et a bien des égards une variable au sens algébrique du terme que certains préféreraient voir disparaître.
Une variable que l'on cherche à effacer. Côté chinois, les autorités cherchent à effacer l'Europe en cultivant essentiellement les relations bilatérales avec les pays européens dont la France bien sûr et en faisant l'impasse sur les institutions de l'Union européenne autant que de possible. Côté américain, l'effacement est désormais théorisé explicitement dans la revue nationale stratégique publiée le 5 décembre 2025. L'Europe y est décrite comme un continent miné par des politiques migratoires jugées déstabilisatrices par la censure de la liberté d'expression et par la repression de l'opposition politique. Un continent condamné, je cite, à l'effacement civilisationnel.
La vérité est ailleurs. Une Europe éclatée serait une Europe plus facilement vassalisée et une Europe vassalisée deviendrait la variable secondaire d'une économie dont les priorités seraient mises au service des seuls intérêts américains. Alors disons-le, non, l'Europe n'est pas au bord de l'effacement civilisationnel. La civilisation européenne est ineffaçable. C'est une civilisation de l'esprit. Elle s'est forgé patiemment depuis plus de deux millénaires. Deux millénaires par sema d'échecs, de succès, de flux, de reflus, de guerre, de paix.
L'Europe et cette forge de l'idée selon l'expression de Stéphan où furent frappés à partir du sang et de l'esprit des nations latines, germaniques, anglo-saxon et slave certaines des plus grandes pensées du monde. Des idées qui changèrent le cours de l'histoire. Et s'il est vrai que l'Europe a donné au monde le pire et le meilleur, c'est précisément ce qui aujourd'hui la rend adulte. Elle était là avant, elle sera là après. Le dessin européen commença à Athè Verceau de la démocratie puis à Rome lorsque Nat-il l'idée inédite de gouverner non seulement par la force mais par l'intelligence traduite dans le droit. une administration rationnelle, un réseau routier, une langue commune, le latin.
Derrière la légion romaine, c'est la culture qui marche et l'esprit européen se manifesta à nouveau avec l'humanisme. Les universités dialoaient à travers le continent, Bologne, Prague, Oxford, Paris. On y parlait latin, Erasm, Giordiado, Bruno, Spinoza, Bacon, Lignis, Descart se savait citoyen d'une même République, la République des lettres. L'imprimerie mit le savoir en mouvement, puis ce fut la renaissance, une nouvelle naissance de l'esprit. Puis vint les lumières, la liberté d'expression inventé bien avant le premier amendement, l'esprit critique, le discernement.
Tout au long de l'histoire européenne, nous rappelle Sveg, chaque fois que la flamme de l'idée a été sur le point de s'éteindre, elle s'est rallumé. Et lorsque la littérature se replia dans les langues nationales, une langue universelle surgit au-dessus des autres, la musique. Endel, Mozart, Heiden, Gluk, Spontini écrivaient indifféremment leurs opéras en italien, en français ou en allemand. et la fraternité européenne pror dans l'art, dans la science, dans la pensée. L'esprit européen est un esprit de résistance contre tous les totalitarismes.
C'est l'esprit des républicains espagnols si brillamment traduit dans la poésie d'Aragon, des Luars et de Char, c'est celui d'André Troquet, pardonnez-moi cette référence, pasteur du Chambon sur l'ignon, juste parmi les nations, qui dans un prêche révolté au lendemain de l'armistice le 23 juin 1940 s'adressa à ses paroissiens en ses termes : "Des pressions païennes formidables vont s'exercer pour tenter de nous entraîner à une soumission. à l'idéologie totalitaire. Si l'on ne parvient pas tout de suite à soumettre nos âmes, on voudra soumettre tout au moins nos corps. Et le pasteur Trockm qui les appela à opposer à la violence exercée sur leur conscience les armes de l'esprit.
Esprit de résistance contre le jou soviétique qui chercha en 1991 à réprimer l'élan d'indépendance qui traversait le flanc oriental de notre Europe. Ce fut le cas à Riga où je me trouvais jeudi dernier et où le peuple Leton désarmé mais vaillant affronta la rigueur de l'hiver pour dresser des barricades et empêcher les tanks de Gorbatchov de reprendre les bâtiments publics.
Esprit de résistance de l'homme révolté de Camu qui nous rappelle, je cite, qu'aussitôt que la révolte oublieuse de ses généreuses origine se laisse contaminer par le ressentiment, elle nie la vie, court à la destruction et fait se lever la coorte ricanon de ces petits rebelles, graines d'esclaves qui finissent par s'offrir sur tous les marchés d'Europe à n'importe quelle servitude. Elle n'est plus révolte ni révolution, mais rancune et tyrannie.
Une civilisation de l'esprit qui apporta tant au monde et qui mit fin à des décennies de guerre fratricides en donnant naissance à l'une des construction politiques les plus abouties de l'histoire, l'Union européenne qui n'acquit dans le salon de l'horloge du qued d'ors le 9 mai assurant à l'Europe 8 décennies de paix et de prospérité. Paul Valérie avait raison quand il disait que les autres parties du monde ont tu des civilisations admirables, des poètes de premier ordre et même des savants. Mais aucune partie du monde n'a possédé cette singulière propriété physique, le plus intense pouvoir émissif uni au plus intense pouvoir absorbant. Tout est venu à l'Europe et tout en est venu.
Oui, 10 pays sont aujourd'hui candidats pour rejoindre l'Union européenne. Quelle autre organisation politique dans le monde peut en dire autant ? Oui, à Billi comme sur le Maidan en 2014, des peuples se lèvent et chantent leur aspiration à la démocratie et la liberté au son de l'ode à la joie et en brandissant le drapeau européen comme un symbole d'espérance. Quel autre idéal politique dans le monde suscite un tel engouement ? Et de fait, on vit mieux en Europe qu'aux États-Unis ou en Chine. On y vit plus libre, on y vit plus longtemps et en meilleure santé. Notre espérance de vie est plus longue. La mortalité infantile est plus faible, deux fois plus faible. Les inégalités aussi.
Ce qui annonce l'effacement de la civilisation européenne devraient donc commencer par s'interroger sur leur propre faiblesse, leur propre fragilité, le risque de leur propre effacement et se souvenir que les logiques de domination, si fascinantes soit-elles, pour les observateurs, sont vaines et voué à l'échec. Parce que les nouveaux empires portent, nous le voyons bien, en eux-mêmes, les conditions de leur propre faiblesse. Non seulement le les grandes puissances ont leur propre fragilité interne qui sont largement documenté, je n'y reviens pas.
Mais l'histoire nous instruit que chaque fois qu'une nation a cherché à étendre démusirément son influence, son empreinte économique ou son territoire au détriment des autres, elle a fini par tout perdre, aveuglée par sonris. Le néocolonialisme, la pulsion de recolonialisation est un aveu de faiblesse. Chaque nation du monde est confronté à sa propre finitude. La mesure seule est la condition de l'équilibre et c'est cet équilibre qu'il faut chercher avec ardeur. Alors non, l'Europe n'est pas au bord de l'effacement civilisationnel.
Mais oui, l'esprit européen est travaillé par un doute profond, un doute qui interroge sa capacité justement à peser dans l'équation stratégique mondiale que je tentais tout à l'heure de décrire. Sa capacité à ne pas se laisser entraîner dans un camp auquel elle serait assujettie ou dans une confrontation qu'elle n'aurait ni voulu ni choisie. Et ce doute est d'abord de nature spirituelle et morale. Il tient à une lente corrosion de l'esprit européen par la rouille de l'individualisme et l'opium du matérialisme. À l'exigence de solidarité se substitue des modes de vie qui poussent chacun à s'intéresser à soi plutôt qu'aux autres et à la vie de la cité.
des modes de vie dont découle l'épidémie de solitude qui submerge nos sociétés contemporaines. Au sens du devoir se substitue une course effrainée à l'accumulation des droits individuels au mépris de la nature profondément spirituelle et collective de la personne humaine qui n'accède à l'émancipation véritable que par l'exercice de la conscience et de la responsabilité. Au goût de l'effort et du travail se substitue celui du plaisir matériel et du divertissement. J'ai vu toute mon enfance rempailler des chaises exactement du même esprit et du même cœur et de la même main que ce même peuple avait taillé ses cathédrales.
Le travail était une prière, l'atelier, un oratoire, écrivait Peggy qui concluait que la bourgeoisie capitaliste a infecté le peuple. Oui, l'esprit européen est travaillé par un doute spirituel et moral. Un doute qui s'accompagne et c'est un paradoxe pour le continent le plus démocratique du monde d'une grande lassitude démocratique ancrée dans des sentiments mêlé. Le sentiment que la démocratie ne nous protège pas ou plus des bouleversements mondiaux. Le choc venu de Chine a détruit des millions d'emplois laissés des régions entières d'Europe et d'Amérique du Nord sur le carreau.
Les politiques de Pékin ont fait gonfler l'endettement des ménages américains et assombrer les perspectives d'emploi. Dans le même temps, les mutations profondes des structures familiales et l'immigration croissante ont transformé nos sociétés alimentant des inquiétudes auxquelles la démocratie peine ou semble peiner à apporter des réponses. La numérisation, l'autométisation ont bouleversé le marché du travail. fragiliser les classes moyennes qui se sentent livrées à elle-même, seules et délaissées.
C'est aussi le sentiment d'injustice et de frustration que génère des sociétés rongées par le matérialisme malgré le bien-être sans précédent dont nous jouissons par rapport à l'immense majorité de la population mondiale. Le sentiment que les citoyens ne sont pas entendus, que les sujets qui leur tiennent à cœur ne sont jamais traités et qu'une élite lointaine à Paris ou à Bruxelles ou dans les capitales décide à leur place sans leur rendre de compte. Cette lassitude démocratique n'est pas tombée du ciel. Elle résulte de décennies d'aveuglement des élites face à un monde en bouleversement, de leur dénière légitime des classes moyennes et populaires fatiguées d'être méprisé et mis à l'écart.
Elle est le fruit de l'incapacité des forces politiques traditionnelles à esquisser un nouvel horizon pour répondre à cette colère. Depuis des années, les forces politiques traditionnelles aux États-Unis comme en Europe ont laissé la situation dérivée au point que le peuple se sent totalement dépossédé du pouvoir et soumise aux pressions venues de l'extérieur qui qui éprouve sa solidité comme au coup de boutoir de plus en plus puissant des forces politiques nationalistes qui veulent en finir l'organisation politique qu'il naquisit il y a 76 ans dans le salon de l'horloge du qu d'ors est remise en question. Le président de la République l'avait dit en 2024 à la Sorbonne.
Le chancelier allemand l'a répété cette semaine. Rien ne garantit aujourd'hui que nous vivrons encore au sein de l'Union européenne dans 10 ans. L'Union européenne, notre organisation politique, est en danger. Rien n'est perdu, mais l'Europe ne se révélera ne se relèvera que si elle conclut un pacte nouveau avec les peuples. Des peuples qui aspirent à maîtriser leur avenir, qui aspirent à la souveraineté, non pas une souveraineté illusoire, repliée, solitaire, mais une souveraineté européenne véritable. des peuples qui n'acceptent ni les capitulations face aux guerres d'invasion, ni les renoncements dans les guerres commerciales.
les peuples qui attendent de l'Europe qu'elle protège qu'elle défendent et qu'elle maîtrise ses frontières contre toutes les menaces qu'elles viennent du Kremelin, du programme nucléaire iranien ou du terrorisme islamiste contre toute forme de concurrence déloyale, de coercition économique, de chantage énergétique contre toute ingence étrangère dans les processus électoraux de ces Étatsmembres. Que l'Europe tienne bon, qu'elle tienne ferme et qu'elle sache dire non. Non aux États-Unis quand il touche à ce qu'elle a de plus intime, sa démocratie, ses frontières. Si certains semblent aujourd'hui l'oublier, rappelons que les États-Unis ont un besoin vital de l'Europe.
Les grandes entreprises du numérique réalisent un quart de leur chiffre d'affaires et sans doute la moitié de leurs profits en Europe. Et les pays de la zone euro détiennent 3000 milliards d'euros d'actifs de plus que les Américains n'en détiennent en Europe. Personne ne sort jamais gagnant d'une guerre commerciale. J'ajoute que nous disposons d'instrument très puissant pour nous défendre contre toute atteinte à nos intérêts essentiels qui nous permettent de restreindre l'accès au marchés européens et refermer nos marchés publics. On aurait tort de l'oublier.
Dans ce contexte, les peuples de l'Europe attendent d'elle qu'elle se saisisse pleinement de la ligne donnée par le président de la République dans ces discours de la Sorbonne, celle de l'autonomie stratégique et de la souveraineté européenne. Clause de sauvegarde pour l'acier. Protection des ferroux alliages. Préférences européennes dans les instruments européens de défense. Nouvelle emprunt commun pour soutenir l'Europe. L'Europe ces derniers mois semble enfin se réveiller mais elle doit accélérer. Ce surceau européen est encore possible mais il reste peu de temps. Et la condition de ce sursaut européen, l'inconnu dans l'inconnu, oserais-je dire, c'est la France.
Nietzsche disait de l'Europe qu'elle était cette petite presquille de l'Asie. Or, la France en est le finistère. C'est là que tout commence. C'est là que peut repartir l'élan européen et le destin de l'Europe est désormais indexé sur le choix que fera notre pays. S'engager résolument sur la voie de la reconquête ou se résoudre au déclin. C'est à cette responsabilité historique de la France, de notre pays que je voudrais maintenant consacrer la suite de mon propos. La France ne peut entraîner l'Europe que si elle est véritablement elle-même. Et comme l'a si bien dit le général de Gaulle, la France n'est réellement elle-même qu'au premier rang.
La France ne peut être la France sans la grandeur. Il est vrai que la classe politique n'est pas toujours au rendez-vous ni de ce changement d'époque que je viens de décrire, ni de cet appel du général de Gaulle à la grandeur que je viens de citer. Un débat public stérile où rène les invectives n'en finit plus d'éloigner les Français de la politique et donc des choix qui engagent leur avenir. Pourtant, au fond de même, les Françaises et les Français sont prêts à participer ensemble à de grandes aventures collectives, à rendre par leur effort, par leur travail la vie et le monde meilleur en même temps qu'ils en tirent gratification, considération et dignité.
Les exemples ne manquent pas de ce génie français qui ne demande qu'à s'exprimer. Et il suffit, monsieur le président, de contempler la composition de cette Auguste Académie pour s'en apercevoir qui compte en son sein des esprits parmi les plus brillants du monde. Philosophes, juristes, entrepreneurs, écrivain, économiste, serviteur de l'État. Vous avez mesdames et messieurs les académiciens donner à voir au monde la grandeur de la France. Et permettez-moi d'avoir un mot pour le dernier membre que vous avez élu qui grandit dans une famille égyptienne réfugié un temps en Italie. Madame l'ambassadrice.
Il fut formé en France à l'économie et s'imposa comme l'un des grands théoriciens de la croissance et de l'innovation au point de recevoir il y a quelques semaines le prix Nobel d'économie Philippe Guillume. Un mot aussi pour le dernier d'entre vous à avoir été intronisé il y a quelques jours seulement. entrepreneur et dirigeant talentueux, théoricien du désir, qui contribue de façon décisive à la balance commerciale de notre pays et qui fait rêver le monde entier en y valorisant admirablement les savoir-fais. Bernard Arnaud, ces destins révèlent le talent et le génie français.
Ils sont la preuve irréfutable que la France n'a rien perdu de sa grandeur et il nous donne l'espérance d'un nouvel essort. Mais on ne va jusqu'à l'espérance qu'à travers la vérité et au prix de grands efforts, nous rappelle George Bernamis. Alors disons la vérité sur les défis qui sont les nôtres et soyons prêts à de grands efforts. Je ne serai pas exhaustif. Les défis sont nombreux et chacun pourrait faire l'objet. d'une discussion à part entière. J'en citerai trois qui peut-être me paraissent un peu sous-estimé. La répartition des responsabilités, la justice générationnelle et le courage civique. Commençons par le premier.
Dans toutes les dimensions de nos vies quotidiennes, l'énergie créatrice du peuple français est insérer dans un carcan que nous avons nous-mêmes conçu par un pouvoir à la fois concentré et dilué dans des structures anonymes qui prétendent décider à notre place sans jamais rendre de compte. Une technocratie qui croit souvent mieux que nous ce dont nous avons besoin et ce que nous devrions faire par un mati d'administration d'opérateur de strat que nous avons nous-mêmes créé et qui perdent le citoyen dans des méandres où il ne sait plus qui décide ni à qui il doit s'adresser. D'où le sentiment d'être impuissant et désarmé, d'où le sentiment de dépossession.
simplifier, débureaucratiser, décomplexifié, décentralisé, déconcentré. Chacun ici a entendu 1000 fois ses terme qui porte une part de l'intention qui est la nôtre, mais que j'exprimerai différemment. J'appelle à un changement de régime dans l'ordre des pouvoirs et des responsabilités, à une remise à plat complète des compétences de l'État, des collectivités, de la sécurité sociale du secteur privé, se donnant pour objectif la libération des énergies et préservant les conditions de la solidarité. Que chacun dispose d'une zone d'autonomie et de responsabilité où il puisse exercer ses capacités. Voilà le principe de fécondité pour toute société qui se veut créatrice.
Car c'est dans la liberté et la passion d'entreprendre que s'exprime le dynamisme d'un peuple. Alors rendons à chacun les moyens de diriger sa vie. Donnons-nous des chefs, ouvrons des voix et invitons ceux qui trépignent d'impatience à s'y engager, à y déployer leur enthousiasme et leurs talents. Libérons les puissances du rêve et les puissances de l'action. Cela doit commencer par une refondation profonde de l'action publique telle que François Baïou l'avait initié et par un acte de décentralisation comme le premier ministre l'a annoncé.
Cette refondation doit se poursuivre par une révision sans tabou du périmètre d'intervention respective de l'État de la sécurité sociale des collectivités et du secteur privé sans rien s'interdire y compris si cela doit nous conduire à établir des parlements et gouvernements de province dépositaires de vastes champs de compétences. comme cela a été suggéré récemment. Et dans ce même mouvement, des libertés nouvelles doivent être rendues au chefs d'entreprise, au maire, aux salariés, à l'usager du service public qui doit pouvoir décider pour eux-mêmes et assumer leur responsabilité.
C'est la condition nécessaire pour liber libérer l'énergie dont la France a aujourd'hui tant besoin et pour offrir à chacun un horizon d'émancipation. Deuxè défi, la justice générationnelle. Nos prédécesseurs ont bâti un modèle social qui permet de vivre plus longtemps et mieux que dans la plupart des pays du monde. Un modèle conçu dans une France en forte croissance portée par la démocratie, la démographie galopante du baby boom. Ces deux tendances sont aujourd'hui inversées. Pour la première fois depuis 1945, la France a enregistré l'année dernière plus de décès que de naissance. Il est difficile de se faire à cette idée, mais il nous faut sortir du déni démographique.
L'exception française est bel et bien derrière nous. La France est en train de devenir un pays de grands-parents sans petits-enfants et dans 10 ans, la population active de la France commencera à baisser. Tout cela emporte de très lourdes conséquences. Dans un système fondé sur la solidarité intergénérationnelle, la charge pesant sur les nouvelles générations devient insoutenable et les condamne à l'asphyxie. D'où la colère, d'où l'inquiétude, d'où le surgissement de Nicolas qui paye l'affaiblissement du consentement à l'impôt comme aux cotisation sociale et le doute désormais bien installé sur la pérennité du système de retraite par répartition.
La France ne peut se permettre de sacrifier sa jeunesse pour soutenir un niveau de vie pour les boomers, pardonnez-moi l'expression, supérieur à celui dont il bénéficie dans tous les pays comparables. Ayons la lucidité et la franchise de dire que nous partons plutôt à la retraite que les autres, que lorsque nous y sommes, nous bénéficions d'un niveau de vie équivalent à celui des actifs, d'un taux de pauvreté inférieur à toutes les autres classes d'âge, que nous touchons davantage que ce que nous avons cotisé et épargnons un/4 de nos pensions de retraite. La France ne peut se permettre de sacrifier l'avenir au présent.
C'est la priorité de toute civilisation que d'opérer ses choix en pensant aux prochaines générations, à sa jeunesse, à ses enfants. Des choix justement devront être faits pour préserver le contrat social. Bien sûr, il sera nécessaire de rouvrir le chantier des retraites en sortant de l'obsession stérile de l'âge légal. Une voie crédible existe. Le système de retraite à point déjà en vigueur dans plusieurs pays européens. Mais vous l'aurez compris, cette ambition dépasse largement le champ de la sécurité sociale. Nous devons assumer un rééquilibrage entre les générations et le dire clairement.
petite enfance, éducation, enseignement supérieur, recherche, accès au logement et à l'emploi, équilibre des finances publiques. Ces investissements doivent devenir une priorité stratégique. La jeunesse ne doit plus être la variable d'ajustement de nos choix budgétaires. 3è et dernier défi provisoirement puisque je le disais tout à l'heure il y en a tant d'autres celui du courage civique ce tressaillement que nous ressentons au fond de nous et qui nous pousse à nous désintéresser de nous-même pour nous tourner vers notre prochain vers la vie de la cité. Conscient que face à l'adversité et quels que soient les risques, nous formons ensemble une communauté de destin.
Le courage de mettre nos valeurs au-dessus de nos intérêts, d'assumer notre part du fardeau collectif sans certitude que les autres feront de même, d'appréhender la dimension spirituelle de la vie et de résister à la tentation du confort, de regarder le monde en face et d'être prêt à prendre des décisions difficiles quand elles s'imposent. Le courage aussi de ne pas céder aux pressions immédiates et de rester concentré sur l'essentiel. De refaire la renaissance pour reprendre le titre de l'article d'Emmanuel Mounier inaugurant la revue Esprit. Le courage de ceux qui dans les heures les plus sombres de notre histoire surprendent tous les risques sans aucune garantie de succès.
De ceux qui partirent à Londres, de ceux qui prirent le maqui. Le courage de l'admiral Muselier envoyé par le général de Gaulle en 1941 pour protéger Saint-Pierre et Michelon contre l'appétit des États-Unis de Roosevelt qui menaçaient de s'en emparer pour des raisons de sécurité nationale. L'amiral Musolier reprit le contrôle de l'archipel qui fut le premier territoire libéré par la France libre à la faveur d'une manœuvre militaire entrée dans les annales.
Mais constatant que l'appétit américain ne faiblissait pas et que Roosevelt songeait à envoyer à Saint-Pierre et Micelon un croiseur et deux destroyés, l'admiral Muselier s'adressa au peuple américain en ces termes : "Il n'y a pas de puissance au monde qui puisse chasser mes hommes et moi-même de ces îles tant que nous serons vivants. Pour l'honneur, je résisterai à toute force navale, quelle que soit sa puissance. Si par une circonstance incroyable, une telle tentative devait être faite, alors c'est qu'il n'y aurait plus de démocratie sur la terre et il ne resterait d'autres solutions pour les démocrates que de mourir.
Notre sang tâcherait l'histoire, la démocratie serait notre lince seul et notre tombe. Et de fait, Saint-Pierre et Mlon resta un territoire français et le restera toujours. Naturellement, toute ressemblance avec des faits existants ne serait perdre que fortuite. Le courage civique, c'est celui des Françaises et des Français qui se lèvent face à l'adversité. Des médecins, infirmiers, caissiers, chauffeurs ou livreurs qui lorsque nous avons été confinés été confinés par la COVID-19 se sont levés pour permettre au pays de tenir et de résister.
des Françaises et Français si nombreux qui se sont retrouvés dans des réseaux de solidarité pour fabriquer des masques, des visières, porter des repas ou tout simplement rompre la solitude des plus fragiles. Le courage civique ne se décrète pas. Il né de l'inspiration que nous puisons dans l'histoire de la France et se forge à l'école de la République et dans l'engagement conçu avec Paul Louis Lanzberg, ni comme une fidélité irréfléchie, ni comme la passivité de celui qui attend la cause parfaite, mais comme une nécessité, un moyen de connaissance et de réalisation de la liberté et de l'émancipation de la personne humaine.
la répartition des responsabilités, la justice générationnelle, le courage civique. C'est au prix de tels efforts et de bien d'autres encore que nous parviendrons à donner à la France toute la force et la grandeur dont elle a impérativement besoin pour éviter à l'Europe d'être condamné au déclin, pour permettre à l'Europe de modifier l'équation stratégique mondiale, faire mentir ce qui apparaît aujourd'hui comme une évidence algébrique et ouvrir une troisième voie. Telle est la responsabilité que nous avons en partage devant les générations à venir et devant nous-mêmes.
Telle est l'épopée qui me paraît non seulement nécessaire mais souhaitable à n'en pas douter le cycle de conférence prestigieux conçu avec soin par l'ambassadeur Lévit que je remercie pour son invitation et pour ses mots nous montrera la voix. Mesdames et messieurs académiciens, je vous remercie. [applaudissements]
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Monsieur le ministre, merci du fond du cœur Yeah.
Jean-noël Barrot