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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 21 décembre 2016 7 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéDéfenseJustice

Eric Ciotti : "Il faut pérenniser l'état d'urgence car la menace est durable"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11ComplaisanteRéponse directe

    Député Les Républicains, président du conseil départemental des Alpes-Maritimes.

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Cette prolongation qui se répète, qui est pérenne, vous y êtes totalement favorable ?

  • 2:14OuverteRéponse directe

    L'état d'urgence est un outil de crise. Et quand l'exception dure, est-ce qu'il faut finalement revoir la loi de 1955 sur l'état d'urgence ?

  • 3:04OuverteRéponse directe

    Faut-il aller encore plus loin, selon vous, dans la sécurité des Français en ce moment, en limitant les déplacements et les rassemblements ?

  • 5:06OuverteRéponse directe

    Vous validez les ambitions du chef d'état-major des armées pour un budget à 2% du PIB ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:39Invité politiqueChiffre
    « Depuis, nous avons été amenés à prolonger l'état d'urgence, je crois, cinq fois. »
  • 0:53Invité politiqueFait
    « le soir, nous avons eu la tragédie de Nice, dans ma ville. »
  • 1:06Invité politiqueFait
    « La France est une cible, sans doute une cible, peut-être la première cible au monde des barbares islamistes. »
  • 1:35Invité politiqueFait
    « Un exemple très simple, la fouille des véhicules ou les contrôles d'identité par les policiers ne sont autorisées que dans le cadre de l'état d'urgence, de façon permanente. »
  • 2:42Invité politiqueFait
    « C'est un amendement que j'ai défendu. »
  • 5:25Invité politiqueFait
    « Bien sûr, il a raison. »
  • 5:58Invité politiqueChiffre
    « Nous sommes à peine à 3,3% sur les dépenses régaliennes en ce qui concerne l'intérieur, la justice et la défense aujourd'hui. »
  • 6:30Invité politiqueFait
    « Le Gardesseau parlait lui-même de clochardisation de la justice. »

Temps de parole

  • Éric Ciotti80 %
  • Présentateur20 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Les questions ce matin sur la sécurité des Français. On en parle avec Éric Ciotti au téléphone. Bonjour Éric Ciotti. Bonjour. Député Les Républicains, président du conseil départemental des Alpes-Maritimes. D'abord la prolongation de l'état d'urgence en principe jusqu'à la prochaine élection présidentielle. Les députés vont en débattre aujourd'hui. Cette prolongation qui se répète, qui est pérenne, vous y êtes totalement favorable Éric Ciotti ?

0:26
Éric Ciotti

Oui, j'y suis favorable. Je l'avais moi-même réclamé lors des précédents débats. L'état d'urgence a été instauré après les attentats qui ont frappé Paris et le Bataclan. Depuis, nous avons été amenés à prolonger l'état d'urgence, je crois, cinq fois. C'est la cinquième fois avec ce moment d'hésitation où le président de la République, le 14 juillet, avait indiqué qu'il lèverait l'état d'urgence. Et puis, le soir, nous avons eu la tragédie de Nice, dans ma ville. Donc oui, il faut pérenniser l'état d'urgence. Mais pourquoi ? Parce que la menace est durable. La France est une cible, sans doute une cible, peut-être la première cible au monde des barbares islamistes. L'Europe est une cible.

Nous savons que les risques vont durer, hélas. Et il faut se préparer à cette situation de façon durable. Donc je le dis, plutôt que de prolonger tous les six mois, tous les trois mois en l'occurrence, cet état d'urgence, il convient aujourd'hui d'introduire dans notre droit certaines dispositions qui devraient être pérennisées. Un exemple très simple, la fouille des véhicules ou les contrôles d'identité par les policiers ne sont autorisées que dans le cadre de l'état d'urgence, de façon permanente. Mais il faut que ces mesures, qui sont simples, puissent être introduites dans notre droit de façon durable. Je prends cet exemple. Il y en a d'autres. Parce que la menace est maximale.

Parce que nous vivons sous ce risque qui provient de cette destruction de toute forme d'humanité qui anime les terroristes de l'état islamique et que nous devons s'adapter à cet état de guerre. Si nous sommes en guerre, donnons-nous les moyens de gagner cette guerre.

2:14
Présentateur

Cela dit, Eric Ciotti, l'état d'urgence est un outil de crise. Et quand l'exception dure, est-ce qu'il faut finalement revoir la loi de 1955 sur l'état d'urgence ?

2:25
Éric Ciotti

Il faut, je le dis, pérenniser certaines dispositions de l'état d'urgence. L'état d'urgence offre des outils aux forces de l'ordre. Nous les avons développés à l'Assemblée nationale. Sans revoir la loi, donc ? La fouille des véhicules a été autorisée en modifiant la loi de 1955. C'est un amendement que j'ai défendu. Mais il n'est limité qu'à la période de l'état d'urgence. Qui peut dire aujourd'hui que les policiers ne pourraient pas fouiller le coffre d'un véhicule en période de risque ? Le risque, malheureusement, il faut s'y préparer. Il faut le dire aux Français, va durer plusieurs années. Donc on ne va pas tous les six mois rééditer la prolongation de l'état d'urgence.

3:04
Présentateur

Après ce qui s'est passé lundi soir à Berlin, en France, le ministre de l'Intérieur Bruno Leroux annonce une sécurité renforcée en France sur les marchés de Noël. Faut-il aller encore plus loin, selon vous, dans la sécurité des Français en ce moment, Éric Ciotti ? En limitant, par exemple, les déplacements et les rassemblements ?

3:24
Éric Ciotti

Le risque zéro n'existera jamais. Je suis opposé à ce qu'on annule des fêtes, des manifestations, parce que ce serait déjà concédé une victoire à ceux qui ont fait profession de nous détruire. Il faut que la vie continue. Il faut que la démocratie soit plus forte que la barbarie. Donc il faut que ces manifestations, notamment les manifestations festives, aient lieu. Ceci étant dit, il faut protéger au maximum ces manifestations. Le risque zéro n'existera jamais. Les cibles sont multiples partout sur le territoire. Mais il convient de mettre des moyens, des moyens de protection passifs.

Je pense aux barrières de protection, aux plots qui ont été installés, aux barrières d'anti-intrusion sur les lieux des manifestations. Il faut rentrer dans une nouvelle culture. J'étais cet été en Israël pour examiner leur dispositif de lutte antiterroriste. Ils vivent. C'est un pays qui vit avec le terrorisme, qui s'y est adapté. Et donc il faut qu'aussi notre pays et cette culture, dans chaque réflexion, dans l'organisation d'une manifestation, il faut désormais, ce qui n'était pas forcément pris en compte auparavant, prendre la mesure du risque pour adapter avec des dispositifs précis. Nous avons des forces de sécurité très performantes.

Mais aujourd'hui, ça fait deux ans qu'elles sont sollicitées d'une façon très forte. Et je veux leur rendre hommage en fin d'instant, parce que c'est avec un grand courage et beaucoup de dévouement que les policiers et les gendarmes nous protègent. Il faut aussi mieux les protéger eux-mêmes. Et ça sera l'objet du texte qui sera présenté, je crois, aujourd'hui au Conseil des ministres.

5:06
Présentateur

Ce matin dans les échos, Eric Ciotti, ce matin dans les échos, le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers, réclame un budget pour les armées relevé à 2% du PIB. Pour l'instant, il est prévu à 1,7% seulement, si on peut dire, l'an prochain. Vous validez les ambitions du chef d'état-major des armées ?

5:25
Éric Ciotti

Bien sûr, il a raison. C'est un constat, c'est une évidence, c'est une exigence. Là encore, si nous sommes en état de guerre, il faut se donner les moyens de gagner cette guerre. Je crois qu'il faut globalement, il faut réarmer l'état républicain. Il faut le faire pour la défense, conformément à ce que demande le général Pierre de Villiers. Il faut le faire pour la sécurité, le ministère de l'Intérieur. Il faut le faire pour la justice, le ministère de la Justice. Aujourd'hui, les dépenses régaliennes, vous citiez ce chiffre d'1,7% du PIB pour la défense, avec un objectif que les Républicains, dans leur projet, ont porté à 2% en 2022.

Nous sommes à peine à 3,3% sur les dépenses régaliennes en ce qui concerne l'intérieur, la justice et la défense aujourd'hui. C'est beaucoup trop peu. Il faut, tout autant que nous portions cet effort sur la défense nationale, le faire sur la justice, qui est en situation de faiblesse absolue. Le Gardesseau parlait lui-même de clochardisation de la justice. Les magistrats, trop peu nombreux au demeurant, se heurtent à des difficultés matérielles inacceptables pour rendre la justice. Et de même, les policiers et les gendarmes sont confrontés à des situations totalement insupportables, la paupérisation de commissariat, des véhicules qui ont 200 000 kilomètres.

Donc, il faut globalement réarmer l'État pour faire face à la menace à laquelle nous sommes confrontés.

6:57
Présentateur

Eh bien, merci Éric Ciotti, député et les Républicains, président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes, invité ce matin du 5-7. Merci et bonne journée. Merci.