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interviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 16 septembre 2025 27 minAutoproduit

Nouveau peuple, nouvelle gauche ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Merci. Merci. C'est très [Applaudissements] c'est très impressionnant de vous voir si nombreuses et nombreux dans deux salles et je dois vous dire que je le prends comme un écho de ce qui se passe dans la société et pas comme un exploit personnel ou collectif même de l'institut.

Je crois qu'il y a un lien entre votre nombre vous intéressant à des questions théoriques abstraites et qui peuvent à cet égard souvent paraître ardu si nous ne faisons pas correctement notre travail. Et ce qui s'est passé pour le 10 septembre, ce qui s'est passé à la fête de l'huma, ce qui s'est passé à nos propres amphies, la société est en état d'ébullition, de mobilisation. Elle se cherche dans son action mais aussi par la pensée.

Et c'est pourquoi je crois que c'est spécialement bienvenu que tombe à cet instant cette étape particulière de notre travail à l'Institut Laboie que vous connaissez. Mon premier mot sera donc pour remercier les auteurs qui ont permis et rendu possible l'apparition de ce 3è livre. Et j'en profite pour refaire un petit mot pour que vous puissiez situer quelle est notre relation aux intellectuels.

Euh comme vous le savez, souvent on se soupçonne mutuellement de récupération et c'est un concept qui nous fait sourire parce que notre but ultime et secret n'est pas de récupérer les autres mais d'être récupéré par les autres en tant que outil politique. Mais les intellectuels ont qui qui acceptent de de travailler avec nous, c'està-dire d'entrer dans les réunions, la préparation de documents. Pour nous, c'est un apport essentiel car nous faisons partie de ces écoles de pensée lié au matérialisme historique qui considère qu'on ne peut pas avoir d'action clairire, de stratégies performante sans une pensée théorique claire sur la société dans laquelle on évolue. compréhension de ces mécanismes, de ces contradictions et la façon avec laquelle se formule les intérêts divergents et cette divergence elle-même.

Donc pour nous, c'était vital de réussir ce contrat de confiance avec les intellectuels dans un rapport honnête. Premièrement, nous ne leur demandons pas pour qui ils votent, ni même nous leur disons naturellement que ceci ou cela ne nous plaît pas dans ce qu'ils écrit parce que figurez-vous que ça arrive. Euh mais à l'inverse, eux non plus ne nous demandent pas d'adhérer à leur thèse.

Donc nous sommes mutuellement libres et je crois que c'est comme ça que ça a permis de bien fonctionner. Si le premier livre que nous avons édité qui était un paris porté sur l'extrême droite, c'est en quelque sorte presque une un manifeste intellectuel. Ce que nous voulons dire, c'est que nous n'avons jamais dissocié les conditions matérielles d'existence, la façon avec laquelle la pensée peut se construire dans ces conditions matérielles d'existence de la forme intellectuelle qu'elle prend.

Nous ne faisons pas de séparation entre ce qu'il est convenu d'appeler le sociétal et ce qu'il est convenu d'appeler le social. Pour nous, c'est un seul et même processus qui s'appelle l'être humain qui est un être socioculturel. Donc un être culturel.

Dès lors, la pensée sur l'extrême droite s'est présentée, réfléchir sur l'extrême droite se présenter immédiatement comme quelles sont les stratégie de domination que déploient les importants, les puissants, le capital à échelle mondiale et donc de mettre le doigt sur le fait que le racisme, le sexisme, la haine des autres ne sont pas seulement des tards morals. Ça va de soi, mais c'est pas le sujet de l'action politique que d'entrer dans la morale. c'est que c'est une stratégie de domination et qu'il s'agit non pas d'une diversion mais d'une stratégie de domination.

Et quand on le regarde de cette manière-là, évidemment ça change complètement le rapport qu'on a à la société ou aux campagnes politiques que l'on mène. de second a été pour définir le capitalisme de notre époque. par la pensée dit de gauche euh la pensée révolutionnaire c'est souvent laissé enfermé dans au fond une attention portée aux classes exploitées dominées à leurs évolutions et puis faisant comme si le capital et le capitalisme était une donnée tout le temps la même sans histoire tout le temps le même mécanisme.

Ce n'est pas vrai. Bien sûr, le capitalisme s'est survécu, a survécu à plusieurs des crises qu'il a déclenché, une tous les 10 ou 12 ans, certaines culminant dans des déflagrations générales comme les deux guerres mondiales. Il a réussi à y survivre parce qu'il a en lui un certain nombre de mécanismes d'adaptation, mais aussi parce que ceux qui normalement auraient dû l'expulser de la place dominante ne l'ont pas fait.

Et la question à se poser, c'est pourquoi l'ont-ils pas fait ? était-il trop stupide ou bien ne disposaiit-il pas des instruments qui leur permettaient de le faire et notamment les instruments de compréhension ? Nous avons le sentiment depuis que le 20e siècle avait commencé en 1914, s'est achevé en 1991 avec l'effondrement de l'URSS que une période historique nouvelle se dessinait et au début à taton bien des gens ont donné des diagnostics sont avérés être totalement faux dont nous persuadés que libéré du stalinisme le socialisme alors s'épanouirait avec joie et bonheur dans tous les pays du monde.

Naturellement ça ne s'est pas du tout passé comme ça. Ensuite, les autres nous avaient dit "Ben, c'est la fin de l'histoire." Mais bon, on n'y a pas cru pour être honnête.

On pensait que la société qu'on voyait resterait pénétrer, travailler par des contradictions et des contradictions d'intérêt et donc des catégories sociales qui s'opposeraient à ce propos. Donc en effet, la fin de l'histoire n'a pas eu lieu et elle a l'histoire a continué euh à travers des contradictions, des tensions et essentiellement des crises bien évidemment. Mais de même, l'ordre nouveau, l'ordre nouveau du monde annoncé en 1991 par monsieur Bouche non plus n'a pas eu lieu, ne s'est pas construit et c'est un désordre croissant qui s'est emparé de l'ancien ordre géopolitique et nous sommes dedans en ce moment.

Alors tout ça appelé une remise à zéro des compteurs. À quel capitalisme avons-nous affaire ? car nous venions tout juste de finir d'assimiler qu'il s'était mondialisé d'une part, c'est-à-dire transformer la planète en en faisant une division du travail, une division géographique du travail et que il était globalisé à l'intérieur de la sphère numérique.

À peine avions-nous fini euh de de nous pénétrer de cette idée que déjà on passait à autre chose et que le capitalisme euh se présente comme un capitalisme euh de la rende, comme un capitalisme euh du tribu. comme un capitalisme que Cédric Duran a qualifié, il faut bien mettre des mots hein, de techno, féodal, ce qui nous vaut des fois des remarques à Serbes dans la tradition de la polémique et de l'art de couper les cheveux en quatre qui anime souvent la gauche. J'ai été très heureux de me faire prendre à partie dans le monde diplomatique pour deux grandes pages.

Pourtant, le monde diplomatique, c'est le meilleur journal de ce pays. Et bien et alors, il y a quelqu'un qui nous a de moneste. C'est toi qui a traduit d'ailleurs.

Je dis ça parce que je te vois donc ça me rappelle ta participation à ces erances et qui euh dit que euh bon euh alors ça se termine par Oui, mais c'est le capitalisme qui est en cause. OK. Alors bon, je suis trop vieux pour qu'on me la fasse.

Euh celle-là, on me l'a fait 10 fois. Euh non, bien sûr, ceci, cela. Mais c'est le capitalisme.

De quoi tu parles ? De quel capitalisme ? Sous quelle forme ?

À quelle époque ? Quels sont les protagonistes ? Quel est le rapport de domination ?

C'est ça qui compte. Parce que en tant qu'être humain, alors peut-être moi parce que je suis un militant politique, ce qui nous intéresse, c'est comment la matière première va nous donner les instruments pour transformer le monde, pas seulement pour le commenter. Alors euh donc ça a été ce livre de Cédric Duran et il faut bien dire que nous adhérons, nous les animateurs de l'Institut Laabéie plutôt à l'analyse de Cédric Duran, mais je ne veux pas lui créer d'ennemis supplémentaires en lui disant mon amitié.

Donc disons qu'on s'en inspire et c'est un peu cette relation qu'on qu'on cherche à voir. On travaille à partir de ce que les intellectuels dont c'est le rôle, dont c'est la fonction, dont c'est souvent le métier apporte. Et puis comme nous ne sommes pas totalement ignorants, nous nous éprouvons nous nous confrontons les thèses qui nous sont proposées à la réalité.

Pour ce qui concerne ce moment spécial, vraiment nous sommes au cœur d'un débat qui chez nous a été, je parle des fondateurs du mouvement assoumis, fondateur hommes des femmes central. C'est la question de qui est le sujet de l'histoire. Alors, on peut dire "Oh là là, tu parles d'une question ?" Bah si ça nous intéresse parce que nous appartenons à la tradition du matérialisme historique et que nous avons appris dans nos cahier de départ que la classe qui allait en s'émancipant émanciper l'humanité la classe ouvrière et que par conséquent il y avait un acteur un sujet central à l'étape que l'histoire humaine allait franchir qui s'appelle la classe ouvrière.

Alors dès le début il y a eu une difficulté c'est que cette classe était minoritaire dans nos sociétés. Par conséquent, les stratégies du socialisme, là pardon, je redeviens un responsable politique d'une organisation politique. Les stratégies du socialisme ont commencé tout de suite par la question des alliances de cette classe ouvrière avec les autres classes de la société.

Vous pouviez mettre un S. Il y avait des artisans propriétaires de leur moyens de production, des paysans par million propriétaires de leur moyen de production et une classe ouvrière. Bien.

Donc euh à partir de là, le S avait un sens des classes et la stratégie d'alliance. Il fallait une très grande énergie pour arriver à convaincre que c'est pour leur bien qu'on allait leur confisquer ce qu'ils avaient. Et bon, à vrai dire, personne n'y est jamais arrivé. ou seulement dans quelques régions, je parle pour la France, par exemple, dans l'Aude, euh les coopératives viticoles jouaient un grand rôle dans la construction d'une conscience socialiste, populaire et paysane.

Euh d'autres endroits du pays comme ça, euh mais en majorité euh la paysannerie française est restée longtemps dans la main et sous le contrôle des dominants avec lesquels elle partageait l'illusion d'avoir en commun un bien qui s'appelle la propriété, bien indépassable et inaliénable. Voilà, ça c'est le tableau de ce qu'on a connu, j'abrège hein. Et puis nous voici rendu à notre époque.

Et évidemment que depuis les années 70, faut pas croire qu'on vient de découvrir ça maintenant, tout le monde s'aperçoit que euh bah qu'est-ce qu'on fait de ceux qui sont pas des ouvriers salariés qui produisent directement de la plusvalue ? Alors, c'est la classe ouvrière et ses alliés. Alors, on met un S et puis on met tout ça dans un brouillard qui évite d'aller chercher de trop près de quoi il s'agit.

Mais c'est quand même une grande question. En tout cas, dans la stratégie politique, c'est une question fondamentale. Vous pouvez pas gagner une élection, vous pouvez pas amener un combat de masse si vous savez pas à qui vous adressez, ni quels sont les intérêts réels profonds qui peuvent animer les différentes catégories de la population.

Et après la chute de l'URSS, il s'est produit un autre événement, c'est que il y a plus une seule révolution socialiste dans le monde. Ce qui porte à s'interroger sous le caractère socialiste, tout le monde, celle qui avait lieu avant. Mais en attendant, on se trouvait devant autre chose.

Pour autant, les peuples n'étaient pas les deux pieds dans la même chaussure. En attendant que passe le néolibéralisme, le pinochétisme et cetera et cetera. Ils agissaient, ils combattaient, ils se mobilisaient.

Et donc, il était évident qu'il y avait là un acteur politique nouveau. Et comme il faut comment le nommer ? Voilà la difficulté.

Nous, on a choisi le mot peuple, mais on est d'accord pour dire que c'est un mot encombrant parce que il existe depuis l'antiquité. Il y a trois mots en grec pour le définir. Demos, Laos et euh et quoi le troisème ?

C'est quoi ? Vous le savez pas ? Bon, moi non plus j'ai oublié à cet instaur là hein.

Tu le sais pas toi ? Même toi l'intellectuel, tu dis quoi toi ? Tu dis rien.

Voilà, tu as peur dégonfler. Bon, il y a trois mots hein pour le définir et c'est les mêmes en latin. Ça veut dire tantôt, ça veut dire je le traduis en français tel que nous l'avons décidé.

Il y a le peuplement, c'est les gens qui sont là. Bon, ils mènent leur vie et cetera. Il y a la population qui a un cran au-dessus, je dirais, parce qu'on l'a défini par les relations culturelles, sociales qu'elle a une population.

Et puis il y a l'acteur politique. Quand la population devient un acteur politique, c'est le peuple. Et euh voilà.

Donc c'est ce peuple que nous avons vu à l'œuvre. Mais il ne collait pas avec la théorie. Le peuple qui envahit les rues et qui fait une constituante en Équateur, le peuple qui est présent et qui euh bat le le régime pour construire le tabisme.

Euh le peuple qui le peuple, le peuple le peuple. à chaque fois, ça correspond à rien de ce qui était prévu. C'est-à-dire, ce ne sont pas les ouvriers dans leurs usines qui les occupants prennent le capital à la gorge et lui confisque l'accumulation.

Ça ne se passe nulle part comme ça. Etquipe plus apparaissent des composants de la lutte qui perturbent le schéma traditionnel. Ça n'est pas par un éveil à la conscience des rapports de classe que se construit une conscience révolutionnaire.

On voit apparaître des luttes antiracistes. On voit apparaître le phénomène qui d'abord est considéré comme secondaire et puis qui finalement occupe toute la place qui est l'émergence de d'un féminisme matérialiste qui est le signal d'un changement d'une bascule d'époque. Voilà, tout ça c'est pour dire comment nous en tout cas en partant des exemples concrets et des luttes concrètes révolutionnaires, nous avons été conduits à reconstruire une vision d'ensemble de la lutte en disant quels sont les gens qui s'opposent dans cette affaire pour nous insoumis en tout cas pour ceux qui ont formulé ces thèses.

Il y a d'un côté le peuple et de l'autre côté l'oligarchie. Et ça résulte du fait que le capitalisme a embrassé à englober toutes les relations sociales et qu'une société ne se décrit pas seulement par le lieu où se produit la production, mais par l'ensemble des rapports sociaux et culturels qui contribuent à sa stabilité, c'est-à-dire à la production permanente et reproduction permanente de cet ordre social. Je reviens à mon point de départ.

Il n'y a donc pas de distinction entre les batailles idéologiques et les batailles dites concrètes pour tel ou tel point précis. Ces deux faits nous ont amené à définir bon il fallait bien trouver un mot alors pour provoquer. Au début on on disait mais vous êtes des populistes.

Mais populistes oui si on si on avait pris le mot à temp on l'aurait fait mais on l'a pas pris à temp. Donc les autres l'ont surchargé d'un contenu négatif au sens de c'est le peuple, la pleèb quoi, la canaille avec ses ses passions brutales hein. Moi je disais mais pardon, qu'est-ce qu'il y a de brutal dans mes passions ?

Si vous voulez bien me le dire, ça m'aiderait à devenir meilleur. Bon c'est quoi la 6e République, la planification écologique ? C'est quoi mon instinct brutal qui s'exprime théoriquement ?

Bon, vous m'avez compris, trop tard, la place était prise et populisme a été surchargé. Une des leçons de ceux qui nous ont appris à mener ces luttes, c'est que il faut faire attention aux batailles qu'on mène sur les mots. Si on passe plus de temps à se battre sur les mots qu'à se battre réellement, on perd son temps.

Donc il faut trouver un autre ancle. Dans le bouquin que j'ai fait, j'appelle ça le peuplisme, histoire de créer une ambiance. Ça n'a pas marché.

La provocation n'a pas fonctionné et personne ne m'a accusé d'être peupliste. Bon, je reviendrai à la charge une autre fois, hein. Mais regarder planification écologique, ça a bien marché.

C'était une provocation au départ. Évidemment, tout le monde m'a sauté à la gorge. Elle nous a sauté à la gorge.

Ah, c'est l'URSS. Parce qu'évidemment, tous ces gens étant des ignorants ignorent absolument que la planification n'est pas une invention de l'URSS mais de Henry Ford. Bon voilà, c'est comme ça.

Alors, il en est ainsi souvent des débats, ça dépend qui les empogne hein. Alors, donc là pour nous, le moment est venu de dire ouvrons la discussion sur la définition de qui est l'acteur de l'histoire et pourquoi c'est celui-là. Nous-même nous avons fait beaucoup de travail.

Il y a un petit laboratoire à l'intérieur de l'institut qui s'appelle l'air du peuple et de la révolution citoyenne qui en permanence travaille et étend l'application de la théorie à des domaines de plus en plus divers. Bon, en particulier, une fois tout ce travail initial fait, nous l'avons appliqué à la France avec l'esprit de la théorie de l'aire du peuple et de la révolution citoyenne qui nous a amené à formuler nos premières thèses que vous retrouverez bientôt sur la Nouvelle-Fance. Cette Nouvelle France, c'est celle qui correspond à l'état du peuple aujourd'hui tel que socioculturellement il est.

Et vous voyez que dans notre esprit, pas de pratique révolutionnaire claire, sans théorie claire et nous en sommes là. Comment lancer ce débat ? Donc on a demandé aux intellectuels qui sont autour de nous, avec qui on dialogue, avec qui on discute, de nous aider.

Et c'est comme ça qui est né ce bouquin euh avec une interpellation qui a pas été, vous allez voir he on parle de théorie là. Donc au début, il était question de classe populaire. Donc je ne vous dirai pas qu'il a cassé les pieds à tout le monde, mais euh classe populaire, de quoi vous parlez ?

Pourquoi vous mettez un S ? Qui sait ? Parce que des paysans, il y en a plus.

Il en reste 400000, il y en avait 7 millions. Les classes populaires, est-ce que vous voulez dire par là les gens qui ne sont pas au travail mais qui partagent la condition de tout un chacun, c'est-à-dire quoi ? Les retraités par exemple, ils étaient ils sont maintenant plus de 15 millions, ils étaient pas temps il y a encore 30 ans.

C'est les jeunes en formation, c'est c'est Bref, on aperçoit vite qu'il y a en réalité un peuple composé de catégories sociales en effet différentes. C'est du détail mais les amis, les idées peuvent pas avancer si on ne trouve pas euh euh le sujet qui nous permet par la discussion de faire avancer un concept. Voilà comment est venue l'idée du livre et qu'on a dit nouveau peuple, nouvelle gauche.

Car évidemment dès lors que vous avez une définition de l'acteur social, alors ben faut tout changer. Il est clair que ce n'est pas le parti d'avant-garde révolutionnaire de l'époque où il y a une classe ouvrière minoritaire dans la société et dont l'unité se fait au prix de la présence de ce parti ou de son syndicat comme c'est le cas de la charte d'amien qui a été écrite pour organiser la grève générale révolutionnaire. Je le rappelle à tous ceux qui s'en serent pour essayer d'expulser la politique que c'est pourtant exactement le contraire qui est écrit dans le texte.

Donc voilà comment par exemple pour nous, il y a un lien entre le peuplisme, tiens je l'utilise et l'idée que nous ne sommes pas un parti mais un mouvement et que donc nous devons avoir des méthodes qui correspondent à cette à ce nouvel état de la société. le mouvement n'ayant pas pour vocation d'être une direction révolutionnaire, mais d'être, comme je l'ai dit, il y a un instant à récupérer, d'être l'instrument qui accompagne les phases de la révolution citoyenne car la révolution citoyenne est un produit nécessaire guillemet. Nécessaire veut dire qu'il ne peut pas ne pas être au sens philosophique.

Donc nécessaire de l'aire du peuple. l'air du peuple mais à l'ordre du jour mécaniquement la révolution citoyenne laquelle passe par des étapes euh l'étape instituante l'étape destituante qu'il s'en ailleent tous et l'étape constituante bah on décide comment va fonctionner la société qui correspond très exactement à la stratégie du mouvement insoumis le mouvement insoumis s'efforce d'être toujours là au moment où le mouvement populaire va s'instituer puis devenir dégagiste puis devenir constituant c'est notre stratégie Il y a jamais eu aucun mystère là-dessus parce que je lis il y a des gens qui s'étonnent que dit "Oh, c'est des révolutionnaires." Tu parles d'une découverte, c'est écrit dessus.

C'est écrit c'était pas une découverte, c'est oui, en effet, mais partisans de la révolution citoyenne. Mais dans la bourgeoisie, ces affidés petits bourgeois et compagnie, pour eux, la révolution c'est un exercice sanglant avec des barricades, des coups de fusil, du sang partout. Bon euh ça ça correspond à à d'autres temps.

Aujourd'hui, on n'est pas là-dedans. On est comme vous venez de le voir si vous suivez au Népal, en Indonésie dans des mouvements de masse de millions de gens qui submergent toute la réalité politique. Et en France, nous sommes aux alentours de la phase numéro 1, la phase instituante.

Le 10 septembre, il y avait de ça. Le 18, ça va se renforcer. Quoi qu'on pense qui espèrent mettre un caden avec le 18, mais non, il y aura pas de cadenna. les choses vont avancer.

Alors bon, je vais pas plus loin. Ce que je vais dire, c'est comment nous nous sommes nourris quand même. Voyez-vous, le peuple c'est d'abord l'enfant des villes.

La ville n'est pas le grossissement du village. La ville depuis le départ est un projet politique. Depuis mo- 6000 avant notre ère, les premières villes ont des plans, ont un cadastre et correspondent à un projet politique qui va permettre de gérer un problème fondamental de la société humaine, le stockage.

Le stockage, ça veut dire produire plus que ce dont on a besoin et donc distribuer ce surplus quand le moment vient de le distribuer parce que ça manque dans la nature. ça vous donne et ben il faut une police, il faut des prêtres, il faut un état, faut une armée et cetera et bien d'autres choses qui sont passé inaperçu jusque-l par exemple quel rapport il y a entre la naissance de la ville et le capitalisme ? Ben vous voyez bien qu'il y en a une racine.

Quel rapport il y a entre la ville et le patriarcat ? Il y a une racine évidemment parce que la condition humaine changeant, tout changeait y compris les rapports à l'intérieur de la relation homme-femme et cetera et cetera. Donc le fait numéro 1, c'est la ville et nous sommes dedans.

En 2008, pour la première fois, il y a plus de monde en ville qu'il y en a euh à la campagne. C'est un fait qui renverse un ordre millénaire. Millénaire pour faire bref, la ville crée autre chose immédiatement, instantanément le réseau, le réseau d'électricité, le réseau des goûts, le réseau de l'eau, le réseau de ceci, le réseau pour la nourriture qu'on va acheter ici ou là au marché et cetera et cetera et cetera.

Et donc le réseau est l'outil par lequel les individus sont branchés sur la structure sociale. Pour produire et reproduire leur existence matérielle, il leur faut accéder au réseau. Et donc les rapports de domination se créent à l'intérieur de cette relation de domination de la nécessité du réseau.

Le capitalisme va donc passer son temps à créer des déserts pour que les réseaux aient de plus en plus de valeur. Alors des aires alimentaires, des aires médicales, des airs ceci, des airs cela, c'est la caractéristique du capitalisme créer la rareté pour permettre que les choses prennent la valeur qui leur permet l'accumulation la plus profonde. C'est comme ça que nous avons été amenés à adopter les thèses de David Harvé sur la géographie critique et en particulier comprendre que la ville, de ce point de vue, est non seulement un projet, mais qu'elle a un contenu politique.

C'est pas juste un arrière-plan. Alors, comme les municipales arrivent, vous aurez l'occasion de bénéficier de nos exposés sur le sujet. Mais le plus important, je dois dire le le plus décisif a été la relation à Nancy Frazer parce que à partir du moment où elle montrait comment les tâches de reproduction sociale qui semblent aux yeux de tous des tâches naturelles naturellement dédiées aux femmes, et bien si toutes ces tâches sont des tâches socialement nécessaires, elles sont nécessairement incluses dans le process du capitalisme.

Car le capitalisme, ça c'est le plus gros le plus gros apport théorique que nous avons reçu, n'est pas une chose mais un processus. Le capitalisme, ce n'est pas seulement le moment où par le travail gratuit. Le capitalisme, c'est toute la chaîne jusqu'au moment où, comme le dit Marc lui-même, on s'y intéresse peu, il dit bah le l'objet fait le saut périeux de devenir une marchandise.

Si la marchandise n'est pas rendue, l'objet n'est rien. Il n'a aucune valeur d'usage ni aucune valeur d'échange. Voilà cet apport là.

Le capitalisme comme processus a été décisif pour nous pour comprendre l'importance de ce que faisait Nancy Frazer en nous disant les tâches de reproduction sociale qui sont assumés gratuitement par les femmes participent du travail gratuit global qui est nécessaire à l'accumulation capitaliste et à la reproduction du capital. On l'avait sous les yeux mais on éétait pas capable de le dire. C'est donc une contribution décisive qui vient conforter la théorie de l'air du peuple.

C'està-dire oui, l'acteur nouveau, le peuple, il inclut des catégories qui participent à la reproduction du capital sans avoir aucun lien de travail ou de domination ou d'exploitation dans l'entreprise. Voilà, cette fois-ci, j'ai réellement fini sur ce que j'avais à dire, sur pourquoi, comment se situe le livre. J'espère pas avoir été bon par nécessité de rapidité, j'espère vous pas repoussé du sujet qui est toujours le risque hein, mais plutôt à pâé.

Et donc il y a toutes sortes de vous allez avoir plusieurs textes dans ce livre et ces textes permettent de réfléchir à tel ou tel aspect euh de de la réalité dans laquelle nous sommes. Ce que je vous ai livré, c'est la synthèse qui est la nôtre, mais ce ne sera pas nécessairement la vôtre. Et puis tout doit bouger par la force des choses.

Nous ne sommes pas des dogmatiques. Nous produisons des cadres d'explication et ma fois s'il ne fonctionne pas bah on enchange et on regarde ce qui va pas pour passer à d'autres outils. Voilà, j'ai un peu abusé de votre patience.

J'espère ne l'avoir pas fait trop. Euh la Nouvelle-France, ben vous en entendrez parler bientôt. Ce sera la conclusion la conclusion une des conclusions de de ce travail qui est de remettre sous le nez de nos contemporains à quel point ce pays n'a plus rien à voir avec ce qu'il était au début de la constitution de 1958 quant à sa population, quant aux relations culturelles qu'ont les gens entre eux, la place des femmes, la place des hommes, la place des enfants, le mélange de culturel, la créolisation de la société.

La France est entièrement nouvelle. Alors comme toujours avec un bagage parce que on part jamais des manus, on a des bagages, on fait avec et puis la direction, on sait pas où juste où ça va mais bon, il faut le faire. Alors on le fait et on va tâcher de faire en sorte que ce soit un projet émancipateur.

Voilà, merci pour votre attention et votre patience.

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