"Emois et Moi": Entretien avec Nicolas Dupont-Aignan
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22ComplaisanteRéponse directe
Est-ce que vous désirez boire quelque chose ?
- 0:38OuverteRéponse directe
Pour quelles raisons avez-vous ajouté le nom de votre mère, Aignan ?
- 1:25ComplaisanteRéponse directe
Votre maman qui a joué un rôle important dans votre vie.
- 2:05OuverteRéponse directe
Alors d'où vient cette passion pour la politique, si ce n'est pas une culture familiale ?
- 3:26OuverteRéponse directe
En tout cas, à la sortie de l'ENA, c'est décidé, vous allez faire de la politique, et là vous hésitez.
- 4:19ComplaisanteRéponse directe
Cet électorat, nous le connaissons. Il est là, c'est nous, c'est vous.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« Deux raisons. D'abord, à l'école maternelle, quand je suis arrivé, j'ai été refusé. Parce qu'il y avait un autre Nicolas Dupont. »
- 2:11Invité politiqueFait
« Non, j'ai toujours eu cette passion par l'histoire, je pense. J'ai dévoré les livres très jeunes. »
- 2:23Invité politiqueFait
« Croyable à l'école, je faisais des cartes des résultats électoraux. Mais du ciel, quoi, voilà. »
- 3:37Invité politiqueFait
« Ce qui est vrai, parce qu'il y a toujours une part de vérité, c'est intéressant, j'étais profondément gaulliste. »
- 3:46Invité politiqueFait
« Mais en fait, Chevènement, Séguin, c'était pour moi la même famille. Patriote, humaniste. »
- 3:56Invité politiqueFait
« Je détestais la compromission des socialistes avec l'Europe, cette supranationalité, etc. »
- 4:06Invité politiqueFait
« Vraiment, j'ai une admiration sans borne pour Philippe Séguin. C'est lui qui m'a lancé en politique, il faut être honnête. »
- 4:36Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, beaucoup de militants gaullistes vont faire comme moi. Ils vont quitter le RPR et aller au RPF, au Rassemblement pour la France, c'est dur, mais nous allons nous retrouver. »
- 5:11Invité politiqueFait
« Charles Pasquois, un jour, m'a dit : mon petit, mon petit, vous avez... j'ai eu tort. Partez avant qu'il ne soit trop tard. »
- 5:53Invité politiqueFait
« C'est-à-dire d'être candidat à la présidence de la République et de se libérer de leur passé. »
- 6:51Invité politiqueChiffre
« Les gens disent « seul », non, parce qu'on a eu quand même près de 2 millions d'électeurs, c'est quand même pas si mal. »
- 7:40Invité politiqueFait
« Entre la finance et la France, il faut choisir. Je n'aurais, je n'aurais jamais pu, jamais pu me regarder dans le miroir de l'histoire de France s'il avait manqué une seule voix pour gagner dimanche. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan69 %
- Invité16 %
- ?12 %
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Il
se revendique gaulliste et souverainiste. Et pourtant, son nom est régulièrement associé à l'extrême droite, avec qui il a passé un temps un accord. Cet ancien candidat à la présidentielle trace sa route en solo, avec toujours l'ambition de devenir un jour président. Nicolas Dupont-Aignan, bonjour. Bienvenue.
Merci. Un salébou, je
vous en prie.
Est
-ce que vous désirez boire quelque chose
?
Pourquoi pas. Allez, un jus d'orange.
Alors,
ce
sera une orange
précieuse, s'il vous plaît. Nicolas Dupont-Aignan.
Vous
êtes né Nicolas Dupont.
Oui. Et
vous avez ajouté le nom de votre
mère, c'est ça ? Aignan.
Pour quelles raisons
?
Deux raisons. D'abord, à l'école maternelle, quand je suis arrivé, j'ai été refusé.
Parce
qu'il y avait un autre Nicolas Dupont. Et ma mère, ça a été un quiproquo incroyable, elle a
dit
« mais je l'ai inscrit ». Ben oui, mais il y en avait un autre. Et donc ma mère a supplié de me prendre à l'école maternelle. Et la directrice a dit « mais quel est votre nom, madame ? »
Pour
les dissocier, on va ajouter votre nom de famille. C'est comme ça que je me suis appelé Dupont-Aignan en maternelle. Et puis, j'ai gardé, je vais vous dire pourquoi. Parce que j'ai eu une très belle relation avec ma mère, qui était une femme extraordinaire. Et j'ai trouvé important de porter son nom.
Je
trouvais bien d'avoir les deux noms. Et puis après, ça a été dans la loi. Donc j'ai été récompensé.
Votre maman qui a joué un rôle important dans votre vie.
Merci. Et
pourtant, elle, elle ne trouvait pas d'intérêt à la politique.
Quand
vous, à 13 ans, vous vous êtes engagé.
Oui,
elle avait peur de la politique en fait. Pour elle,
c
'était un monde dangereux pour moi. Je crois qu'elle avait comme tout parent, pour ses enfants, on a toujours un peu peur quand ils se livrent à l'aventure. Donc pour elle, c'était une aventure et elle ne comprenait pas en fait.
Parce
que c'était une
artiste
et qui vivait dans son monde. Et pour, oui, je pense que ça lui faisait peur.
Elle
ne vous a pas soutenu. Si, elle m'a beaucoup soutenu. Mais je sais qu'elle appelait ma femme avant chaque élection en disant mais pourquoi il se présente, pourquoi il se présente. Et ce qui désespérait ma femme, qui lui disait mais ayez confiance.
Alors d'où vient cette passion, la politique, si ce n'est pas une culture familiale ?
Ah,
ce n
'est
pas du tout une culture familiale, pas du tout. Non, j'ai toujours eu cette passion par l'histoire, je pense. J'ai dévoré les livres très jeunes. Et puis, la volonté de changer les choses, l'épopée de De Gaulle que j'ai lue dans les livres. Non mais, croyable à l'école, je faisais des cartes des résultats électoraux. Mais du ciel, quoi, voilà.
Vous étiez atypique ?
Totalement atypique. Totalement atypique. J'étais passionné de la politique, mais dès l'âge de 10-11 ans. Je vais vous dire, on n'avait pas la télévision chez moi.
Mes
parents étaient hostiles à la télévision. Et je leur ai fait acheter une télé, c'est-à
-dire
qu'ils ont loué,
Locatel,
parce que je voulais voir les questions d'actualité
du
Parlement qui commençaient à être transmises, c'était les premières. Et je voulais les voir, je dis mercredi après-midi, je voulais les voir. Vous imaginez
?
Et on me prenait, j'ai eu très mauvais résultat scolaire en quatrième,
parce
que c'était la campagne électorale de 1974, et je collais des affiches de Chamondelmas.
Et
on a convoqué mes parents
en
disant, mais qu'est-ce qui se passe ? Il y a un drame familial,
il
ne fout plus rien, il ne vient même plus à l'école. Et ma mère a répondu au proviseur, mais c'est la campagne présidentielle.
Et
ils l'ont regardé en se disant, mais ils sont bizarres dans cette famille. Donc vous voyez, c'était comme ça.
En
tout cas, à la sortie de l'ENA, c'est décidé, vous allez faire de la politique,
et
là vous hésitez.
On
dit que vous auriez été tenté par la gauche à cette époque.
Ce n
'est
pas totalement juste. Ce qui est vrai, parce qu'il y
a
toujours une part de vérité, c'est intéressant, j'étais profondément gaulliste. Et j'étais séduit, c'est vrai, ça a été vrai par chevènement.
Mais
en fait, chevènement, Séguin, c'était pour moi la même famille. Patriote, humaniste. Et j'ai penché sans doute du côté du RPR, parce que je détestais la compromission des socialistes avec l'Europe, cette supranationalité, etc. Et c'est Séguin qui m'a fait... Vraiment, j'ai une admiration sans borne pour Philippe Séguin. C'est lui qui m'a lancé en politique, il
faut
être honnête.
Et
vous avez rejoint Demain la France, le
mouvement
de Charles Pascouin et Philippe Séguin. On va revenir ensemble sur ce parcours, justement.
Cet
électorat, nous le connaissons. Il est là, c'est nous, c'est vous.
Premier transfert post-électoral, déjà présent aux côtés de Charles Pascouin, le député de l'Essonne, Nicolas Dupont-Aignan, franchit le pas et quitte le RPR pour rallier le nouveau mouvement du président des Hauts-de-Seine.
Aujourd'hui, beaucoup de militants gaullistes vont faire comme moi. Ils vont quitter le RPR et aller au RPF, au Rassemblement pour la France, c'est dur, mais nous allons nous retrouver, parce que je suis convaincu que tous les gaullistes vont nous rejoindre, petit à petit, et déjà dans beaucoup de départements, les standards explosent. Donc les gens vont nous rejoindre, le peuple va nous rejoindre, et c'est ce qui compte. Vous voyez, je n
'ai
jamais changé, en fait. À ceux qui m'accusent d'avoir changé,
c
'est incroyable, ça.
J
'ai toujours eu la même idée
d
'avoir un grand parti patriote humaniste.
On
a échoué avec le RPF. Ça a foiré lamentablement. C'était terrible. D'ailleurs, Charles Pasquois, un jour, m'a dit, mon petit,
mon
petit, vous avez... j'ai eu tort. Partez avant qu'il ne soit trop tard.
J
'aimais beaucoup Charles Pasquois.
Est-ce que vous entre Charles Pasquois et
Philippe Seguin ?
Non,
il
n
'y a
pas de choix.
C
'est tellement différent. Mais c'était deux hommes d'exception. Et quand on voit le niveau de la classe politique aujourd'hui,
c
'est effrayant. Qu
'est-ce que
vous gardez de ces deux hommes
?
Des personnalités exceptionnelles, de
sens
de l'État, de la France. Et en même temps,
ils
ont flanché.
C
'est-à-dire qu
'ils
n
'ont
pas eu le courage, à un moment,
de
tout casser. C'est-à-dire d'être candidat à la présidence de la République et de se libérer de leur passé. Et on ne peut comprendre mon parcours
et
mes candidatures un peu audacieuses en 2012 et 2017,
c
'est-à-dire à tout casser, tout partir,
parce
que j
'ai
eu l'expérience avec Philippe
et
Charles Pasquois.
Qu
'au moment où il fallait s'imposer, en 1995, j'avais dit, j'étais tout jeune, j'avais dit à Philippe Seguin, présentez-vous, entre Chirac et Balladur, « Mais il n
'y a
pas photo, vous êtes tellement meilleur.
»
Et cet homme qui avait été le porteur du nom à Maastricht, qui était président de l'Assemblée nationale, je me souviens encore, je le vois encore, on m'a regardé, il m
'a
dit « Mais je ne
peux
pas faire ça. » Mais je lui dis « Si, vous devez y aller. » Et il n
'y
a pas été. Et vous voyez, ça m
'est
toujours resté.
Et
je me suis dit, ces hommes qui avaient tout, n'ont pas eu le courage, à un moment, d'aller devant les Français. Donc moi, j'aurais le courage.
Vous, vous avez décidé de tracer toujours votre voie.
Oui, d'être moi-même. En
solo.
Mais pas en solo. Les gens disent « seul », non, parce qu'on a eu quand même près de 2 millions d'électeurs, c'est quand même pas si mal. En tout cas, quand la situation l'exige, quand mes collègues, je l'estime, trahissent la nation, parce que c'est ça dont il s'agit,
on
ne peut pas faire de compromis. Et le fait qu'on ait quand même de plus en plus de monde prouve que je pense que j'ai eu raison. Maintenant, c'est dur.
C
'est dur. Je ne
vais
pas vous dire que c'est facile tous les jours.
Vous
avez une sacrée dose de confiance en vous pour partir seul à la présidentielle.
Mais je ne me sentais pas seul. Et c'est ça que les gens ne comprennent pas. Je ne me sens pas seul. Après, c'est aux Français de choisir. Je ne
peux
pas les forcer. S'ils veulent rester soumis et vivre comme un pote d'esclave, c'est le choix des Français.
Le Front National a un nouvel allié, Nicolas Dupont-Aignan.
Entre la finance et la France, il faut choisir. Je n'aurais, je n'aurais jamais pu,
jamais
pu
me
regarder dans le miroir de l'histoire de France s'il avait manqué une seule voix pour gagner dimanche.
Les militants lui font un accueil triomphal.
J'ai donc...
Nicolas ! Nicolas !
Attendez la suite
! Nicolas ! J
'ai donc choisi la France, j'ai choisi Marine. Mais je ne regarde pas un instant.
Et
si c'était à refaire, j'en ferais la même chose. Parce que face à Macron, cette destruction du pays, il fallait choisir. Voilà. Marine n
'est
pas parfaite, comme je ne suis pas parfait, comme d'autres ne sont pas parfaits. Voilà. Nous sommes concurrents,
c
'est clair.
Mais
comme quand François Mitterrand fait alliance avec le Parti Communiste, il n
'est
pas stalinien.
Il
est différent. Il fait alliance avec le Parti Communiste. Et il réussit, il gagne.
Vous
n'êtes pas d'extrême droite
?
Jamais. Mais jamais. Qui peut croire que je sois d'extrême droite ? D'ailleurs, Marine Le Pen n'est pas d'extrême droite. Franchement.
C'est la sémantique. Qui peut croire ? Ah
non, ce n
'est
pas la sémantique.
Ah
non. Je n'aurais pas fait ça vis-à-vis de Jean-Marie Le Pen.
Très
clairement. Très clairement.
Ça
doit être une décision lourde à ce moment-là.
Oui,
très difficile. Il faut être honnête.
Parce que finalement, on vous assimile à Marine Le Pen.
Non. Mais non. Les médias m'ont assimilé parce qu'il fallait me détruire. Il fallait détruire Marine Le Pen et tout. Mais les gens voient très bien la différence. Très bien la différence. Donc, non, je ne
suis
pas inquiet.
Vous avez les mêmes vocailles sur l
'immigration, notamment sur le grand remplacement, sur la détestation des élites, sur l'UMPS
? Oui, bien
sûr.
Vous savez, en fait, on partage le même constat, mais on le partage avec parfois Jean-Luc Mélenchon qui dit la même chose, ou des gens à gauche ou à droite qui le pensent pareil. Après, c'est la question des solutions. Mon programme, je dirais, est plus,
je
pense, plus crédible, plus sérieux, plus modéré. Bon, en 2022, je n
'ai
pas envie qu'on retrouve le même choix. Parce que je veux combattre Macron.
Vous
voulez être l'autre choix
? Je
pense que je suis, je suis prétentieux peut-être, mais je pense que je suis davantage capable de battre Macron. Et je vais vous dire, c'est marrant, souvent des gens m'arrêtent dans la rue et me disent, ah, si vous aviez été au débat
face
à lui. Et je pense qu'ils n'ont pas tort.
Vous l'assumez de paraître prétentieux
? Pas
prétentieux. Je n
'ai
jamais été prétentieux.
C'est vous qui avez utilisé ça ?
Oui, non, j'ai dit cette expression.
Vous
savez, quand on prétend
diriger
le pays, obligatoirement, on a une dose d
'affirmation
en soi.
Mais
quand je vois la concurrence,
je
me dis que je peux être utile à mon pays.
Voilà. Très
modestement,
mais
sans humilité.
Vous
avez un autre point commun avec le Rassemblement National. Ce sont ce qu'on appelle les fake news. Avec
cette
question, notamment, par exemple, du traité d'Aix-la-Chapelle. Ce sont quelques-unes de vos
interventions sur Twitter. Mais
je n'ai jamais fait de fake news sur Aix-la-Chapelle, personnellement. Personne, je connais peu de pays démocratiques qui acceptent de partager son privilège diplomatique et militaire. C'est exactement ce que fait la France aujourd'hui. C'est-à-dire que pour la session de l'ONU qui commence là, ils ont même fait une vidéo qui est restée en Allemagne et qui a été effacée du site du ministère des Affaires étrangères. Donc ce que j'ai dit...
Factuellement,
la France ne partage pas son siège.
Mais factuellement...
Factuellement,
la France propose à l'Allemagne de l'aider à obtenir un
siège. Non, non, il y a
deux choses. Ça,
c
'est vrai. Mais factuellement, justement, la France, là,
commence
à le partager de fait.
Malgré toutes les dénégations
de la classe politique, des journalistes...
Mais j'en ai rien
à faire.
Une question que le personnel, le buzz, vous ne le vivez pas toujours bien.
Et
votre entourage
?
Très mal. Voilà. Très mal. C'est très dur pour les enfants.
Je
leur dis toujours... Je leur dis toujours, vous avez beaucoup de chance
parce
que vous êtes favorisé par rapport aux enfants normaux
et
en même temps, vous le payez très cher parce qu'on vous regarde toujours à travers moi.
Est
-ce que ça fait peser quelques-unes de vos décisions
? Au
moment du choix du second tour, ce fut familialement difficile. Très difficile. Et parfois, je leur explique que les décisions m'appartiennent parce que c'est les décisions que
je
fais pour mon pays. Et que ça peut ne pas leur plaire.
Avec vos parents aussi, ça a été difficile
? Non,
pas trop parce que...
Ils se sont tenus à distance en tout cas.
Je les adorais, mais je ne
les
ai jamais écoutés.
Vous tracez votre voix.
Mais non,
mais
attendez, on ne
va
pas... Sans ça, d'abord, on n'élit pas la famille.
On
élit une personne. Donc, simplement, après, ça peut être douloureux familialement quand des choix ne sont pas partagés. Mais il faut les expliquer. Et puis, voilà, ils savent qui je suis, je pense.
Que
je le fais honnêtement, en tout cas. Et sincèrement. Ce qui est assez rare.
Merci à vous. Merci, Nicolas Dupont
-Aignan. Merci
à
vous.
Merci
d
'avoir accepté de vous livrer dans Émois et Émois.
Sous
-titrage
ST' 501
Nicolas Dupont-Aignan