L'invité d'Apolline Matin : Éric Coquerel - 12/08
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- Invité politiqueFait
« Il y a un déficit colossal qui ne cesse de s'accentuer. »
- Invité politiqueChiffre
« Le niveau de vie des retraités, souvent propriétaire, il est en moyenne de 6,5% plus élevé que celui de l'ensemble de la population. »
- PrésentateurFait
« On va droit dans le mur avec la politique qui est menée. »
Temps de parole
- Présentateur74 %
- Éric Coquerel26 %
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Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, Rémi Barret. RMC 8h46, face au déficit, le gouvernement cherche 35 milliards d'euros. Et parmi les pistes étudiées à Bercy, la désindexation des retraites, de l'inflation des retraites les plus élevées. Une nouvelle année blanche, objectif affiché ramener le déficit à 4,7% du PIB l'an prochain. Le projet de loi de finances sera présenté au Conseil des ministres le 30 septembre. Le gouvernement n'exclut pas d'utiliser le 49.3. Bonjour, Eric Coquerel. Bonjour. Merci d'être avec nous, Eric Coquerel. Vous êtes député de la France Assoumise de Seine-Saint-Denis, président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale.
Désindexer de l'inflation une partie des retraites les plus élevées, est-ce que c'est une solution ?
Non, c'est évidemment pas une solution. C'est toujours en fait les mêmes recettes, c'est-à-dire qu'on va chercher au nom de la réduction des déficits à baisser les dépenses publiques. Donc on le fait de deux manières. Déjà, on a eu le CTT en juillet, l'état des lieux, disons des dépenses que pourront faire les ministères. Et là, il y a déjà à peu près une dizaine de milliards d'économisés, mais qui ont des impacts sur la vie des Français. J'en avais après. Et puis en plus, on cherche maintenant sur les prestations sociales.
Mais ce qu'il faut comprendre, c'est que non seulement on ne frappe pas ceux qui ont bénéficié des années macronistes depuis 2017, mais surtout, quand vous réduisez le pouvoir d'achat des retraités, vous réduisez la consommation. Et quand vous réduisez la consommation, vous réduisez la croissance de ce pays. Donc c'est des recettes stupides qui ne règlent rien et qui simplement augmentent les problèmes.
Éric Coquerel, malgré tout, il y a un déficit colossal qui ne cesse de s'accentuer. Il faut que chacun, en tout cas c'est ce qu'on en entend, que chacun fasse des efforts. J'ai regardé encore ce matin, le COR, le conseiller d'en notation des retraites, nous dit qu'en moyenne, le niveau de vie des retraités, souvent propriétaire, il est en moyenne de 6,5% plus élevé que celui de l'ensemble de la population. Le niveau de vie des retraités. Donc il ne paraît pas aberrant que les retraités les mieux rémunérés, ceux qui ont les pensions les plus élevées, soient un peu, un petit peu, mis à contribution.
On ne parle pas de réduire de moitié leurs pensions de retraite, on dit simplement de ne pas les indexer sur l'inflation.
Mais encore une fois, on ne prend pas le problème par le bon bout. Là, vous me parlez des déficits. Excusez-moi, je vais vous parler d'un autre sujet. Parce que manifestement, ce budget, moi j'ai demandé, vous le savez, un budget rectificatif dès fin août pour anticiper les prochains incendies, les prochains épisodes des canicules, où on est complètement, j'allais dire, à la rue, faute d'avoir investi comme on devait le faire depuis des années. C'est ça le problème prioritaire, à mon avis, du pays. C'est-à-dire un problème de déficit en matière d'investissement. Et les Français voient bien ce que ça coûte.
Ça coûte en victime, ça coûte économiquement, ça coûte très cher, j'allais dire, matériellement. Parce que, comme on n'a pas anticipé, on est par exemple obligé de louer des canadaires à des heures impossibles. On est obligé de compenser à la va-vite ce qu'on n'a pas anticipé. C'est ça le problème de déficit. Et vous voyez que ce budget, qu'est-ce qu'il fait ? Il ne parle pas de tout ça. C'est-à-dire que le problème qui a été rencontré cette année par les Français, qui est prioritaire, il n'en parle pas. Et ce dont il parle, c'est d'essayer de réduire les déficits. Je rappelle que vous êtes président de la Commission des finances.
Vous savez qu'on va droit dans le mur avec ce déficit, quand même.
Non, oui, mais on va droit dans le mur avec la politique qui est menée. Parce que je remarque une chose, c'est que ça fait des années qu'on nous dit la même chose. On nous dit, on va baisser les dépenses publiques. Donc, on le fait. On baisse quand même les budgets des ministères, des différents... Par exemple, ça fait deux ans que le budget de l'écologie baisse dans ce pays. Est-ce que vous trouvez normal, dans les périodes que nous vivons, que le budget de l'écologie baisse ? Bon, ça, c'est l'impact des politiques décidées. Donc, on fait ça. Et quelles sont les conséquences ? Économiquement, ça ne va pas. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de relance de l'économie.
On va mettre 8% de chômage, etc. Et ça se passe mal. Et la deuxième conséquence, c'est qu'en plus, les déficits ne baissent pas. C'est-à-dire que l'objectif atteint, cette année, par exemple, très vraisemblablement, on sera à 5, 3, 5, 4 de déficit, contrairement à ce qu'avait annoncé le gouvernement. Donc, vous voyez bien que ce n'est pas comme ça qu'il faut faire. Ce qu'il faut faire... Oui, attendez, laissez-moi juste répondre à la question qu'on m'aviez posée.
C'est que moi, ce qui me tend à l'île, ce n'est pas que des retraités et 6% de pouvoir d'achat supplémentaire que les Français qui ont un pouvoir d'achat moyen qui baissent, c'est par exemple le fait qu'il y ait des milliers de personnes dans ce pays qui ne payent pas d'impôt sur le revenu, qui payent à peu près, soit un moitié moins imposé que la moyenne des Français, et qui sont les plus riches. Et ça, ça nous coûte des dizaines de milliards par an, ça a été organisé. C'est confirmé par un rapport dirigé par Charles de Confronte et tous, au sein de l'Office, sur cette existence. Vous voyez ça, ça me scandale. Là, il y a de l'argent à aller chercher.
Éric Coquerel, Jean-Luc Mélenchon dit qu'il suffit de prendre les titres de la dette et de les brûler, de les foutre au feu. Est-ce que franchement...
Excusez-moi, mais ne réduisez pas la pensée de Jean-Luc Mélenchon sur la dette là-dessus. La question de la dette...
C'est quand même le sens de ce qu'il a dit dans la presse.
Non, il n'a pas dit ça. Le sens... Il n'a pas dit ces mots-là, il n'a pas dit ces termes-là, il n'a pas dit ces choses-là. Donc moi, je vais vous dire que la question... Aujourd'hui, la dette n'est pas un problème. Voilà. Je vais vous dire autrement. Et ce qui n'est pas moi qui le dis, c'est le ministre Roland Lescure interrogé à ma commission il y a peu de temps où, par exemple, j'émettais l'idée que pour un grand plan d'investissement écologique, on pourrait faire comme avait fait la Banque Centrale Européenne au moment de l'accueil du Covid, c'est-à-dire prêter directement aux États sans passer par les marchés. C'est ce qui s'était passé.
Moi, j'estime qu'on est dans la même situation d'urgence. La réponse de Roland Lescure à ce moment-là, c'était ne faisons pas quelque chose qui pourrait inquiéter les marchés parce qu'aujourd'hui, à l'instant T, au moment où je vous parle, ce ne sera plus le cas dans quelques années, et à l'instant T, la charge de la dette et la dette de ce pays est largement digérée par le pays. Voilà, c'est ça la réalité. Et je vous enverrai, si vous pouvez aller vérifier cette audition de Lescure. Donc, la question aujourd'hui, arrêtons de laisser penser que... On fait peur aux Français ? Oui, bien sûr, on fait peur aux Français. Pourquoi on fait peur aux Français ?
Parce que ça fait des années qu'on fait peur aux Français au service d'une politique qui baisse les dépenses publiques, qui baisse les moyens des services publics, qui privatise, et qui, en plus de ça, se permet des cadeaux fiscaux. J'en reviens, parce que ça, là-dessus, ce n'est pas quelque chose qui manifestement nous choque, à des milliers de personnes qui, elles, je veux dire, n'ont pas plus 6% de pouvoir d'achat par rapport aux Français. Elles ont doublé leur fortune depuis 2017, et ça veut dire à peu près une fortune qui a augmenté de 600 milliards d'euros. Donc, tout ça nous coûte beaucoup d'argent. Donc, inversons cette donnée.
C'est-à-dire que, moi, ce que je crois qu'il faut faire, c'est d'abord, par qui ont des besoins ?
On se préoccupe trop de la dette, et il vaut mieux investir, notamment... Exactement.
On se préoccupe trop de la dette, et comme on se préoccupe trop de la dette, on fait une politique de l'offre qui va avoir un impact négatif sur la consommation, notre économie en pâtit. Ce que je crois aujourd'hui, c'est qu'on voit bien qu'on a des besoins d'investissements massifs en matière, je le répète, climatique. Malheureusement, c'est même plus pour réunir. Maintenant, c'est pour guérir, tellement on en est arrivé à une situation. Il faut mettre de l'argent. Cet argent va servir pour l'économie. Je donne l'exemple. Si vous décidez demain d'avoir un très, très grand plan d'isolation thermique des bâtiments...
Donc, on rend la confiance aux Français, en leur rendant la confiance, ils vont consommer davantage, et ça relancera l'économie.
Et ça va relancer l'économie. Et dans le même temps, cette croissance-là, il faut absolument l'appuyer sur une réforme fiscale qui fait que les plus riches arrêtent de payer moins d'impôts que la moyenne des Français. C'est ça qui n'est pas normal.
Une dernière question. Vous demandez un projet de loi de finances rectificatives pour les incendies et le rappel du Parlement. On en est où ? Pour davantage de moyens
pour les Français ? Je n'ai pas eu de réponse. J'espère en avoir eu de... Parce que de ce point de vue-là, je sais que Sébastien Lecornu, pour en avoir discuté avec lui, est inquiet. J'espère en avoir une. Mais tout simplement, c'est très rationnel ce que je veux dire. On sait qu'on va avoir besoin de milliards d'investissements pour le matériel d'incendie et pour la canicule, pour les prochaines de l'été prochain. Si on attend janvier le budget de l'État, on sera en retard. Donc je pense qu'il ne faut pas être en retard. Mais manifestement, pour l'instant, on le budget de l'État et c'est un nouveau problème. Cet argent-là n'est pas prévu.
Donc on ne voit bien qu'on ne règle pas les problèmes.
Merci beaucoup Éric Coquerel d'avoir été avec nous, député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, président de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale.
Éric Coquerel