« Il est très mauvais pour l'Etat de se mêler de la gestion des entreprises privées » (B. Arnault)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Bernard ArnaultFait
« je considère que le groupe LVMH et peut-être le groupe le plus patriote qui existe en France dans le CAC 40 »
- 1:00Bernard ArnaultFait
« il est très mauvais pour l'État de se mêler de la gestion des entreprises privées hein et en général ça mène à la catastrophe »
- 3:00Bernard ArnaultChiffre
« 80 % à peu près des ventes de cognac dans le monde se font entre la Chine et les États-Unis »
- 3:30Bernard ArnaultChiffre
« 800 personnes environ va être dans un état catastrophique »
- 5:00Bernard ArnaultFait
« l'Europe est un allié traditionnel des États-Unis réciproquement »
- 5:30Bernard ArnaultChiffre
« nous avons moyen de négocier 450 millions de consommateurs »
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Euh d'abord euh je l'ai dit dans mon exposé liminaire, je considère que le groupe LVMH et peut-être le groupe le plus patriote qui existe en France dans le CAC 40. Bon, pour toutes les raisons que j'ai développé, l'emploi, les investissements en France, les ateliers en France, les impôts que l'on paye de manière beaucoup plus importante en France que notre chiffre d'affaires et cetera. Premièrement.
Deuxièmement, euh quand j'ai repris le groupe LVMH et notamment Louis Vittuon en 1989, il produisait déjà aux États-Unis, hein. Donc il y a rien de nouveau sous le soleil, hein. Et je dirais que aujourd'hui c'est un avantage parce que il y a cette menace sur laquelle je vais revenir des droits de douanes américains dont on sait pas encore exactement où ils vont aller.
Bon lorsqu'un de mes concurrents dit qu'il n'a pas envie de fabriquer aux États-Unis, pays où ses ventes ont baissé fortement, ça me surprend pas hein. Mais nous on n'est pas dans ce cas-là, nos ventes augmentent et donc on va devoir vendre plus aux États-Unis. Et donc faut-il arrêter l'expansion qui existait déjà et l'implantation qu'on avait déjà aux États-Unis parce que on reçoit des consignes ?
Je je crois qu'il est très mauvais pour l'État de se mêler de la gestion des entreprises privées hein et en général ça mène à la catastrophe. Bon, donc euh je pense pas qu'il soit très opportun hein de tenir compte de des conseils de ce genre d'où qu'il vienne. Ça c'est une chose.
Ensuite, on enverra la réponse au président Macron. Ensuite ensuite je pense aussi que les États-Unis et le premier marché du monde, c'est vrai pour nous et qu'il est très important d'arriver à trouver pour l'Europe un accord avec les États-Unis. Et je dirais que jusqu'à aujourd'hui, ça me paraît relativement mal parti. hein.
Je pense que la négociation, elle doit être menée de manière constructive, elle doit être menée pour aboutir et donc avec des concessions réciproques. Vous avez vu ce qu'on fait les anglais hein qui ont très bien négocié. J'espère arriver à convaincre avec mes petits moyens et mes contacts l'Europe de prendre une attitude aussi constructive parce que pour la France et il faut que la France aide évidemment cela pour la France le risque est majeur en particulier pour le cognac et le champagne mais surtout pour le cognac.
Je voudrais juste vous dire ce qui ce qui peut se passer pour que j'ai j'ai l'impression qu'en France on n'est pas conscient vraiment du problème hein. Mais euh aujourd'hui 80 % 80 % à peu près des ventes de cognac dans le monde se font entre la Chine et les États-Unis. Aujourd'hui, il y a un problème très sérieux avec la Chine.
Vous savez, c'est en quête de dumping antidumping qui est en fait une réponse aux difficultés que qu'on fait l'Europe qu'a fait l'Europe pour les voitures électriques apportées en Europe. Bon et on a le problème également de la négociation globale des droits de douane entre l'Europe et les États-Unis. Imaginons le pire une seconde hein.
C'est-à-dire que la Chine reste avec les conséquences catastrophique hein qui ont pour l'instant été délayé jusqu'au mois de juillet mais qui sont d'augmenter les les les droits de douanes d'environ 40 %. Et que les États-Unis et l'Europe ne se mettent pas d'accord. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que de manière concrète, on pourra plus vendre de cognac dans ces deux pays. Donc 80 % hein de la viticulture de la Charante qui emploie 800 personnes environ va être dans un état catastrophique. Nous achetons de l'eau de vie des petits producteurs et s'il n'y a plus de demande, si la demande s'arrête, on va devoir arrêter d'acheter hein, on pourra pas faire autrement.
Donc je pense que ce problème quand même majeur sur le plan social et ça monsieur le rapporteur, ça doit vous intéresser particulièrement parce que vous êtes sensible à ces questions, j'imagine hein. Vous ne faites pas qu'imaginer. Bon voilà.
Donc il faudrait qu'il y ait une conscience qui se prenne de ce problème et qu'on fasse tout avec l'Europe mais en négociant et non pas en faisant en brandissant des ou en allant à Washington menacer de je ne sais quoi l'administration du président des États-Unis. Euh quand même euh il faut négocier comme font comme on fait les anglais hein. C'est pas faut pas dire on approuve, on désapprouve, il faut discuter.
C'est le premier marché du monde hein. Et pour l'instant cette négociation, je ne suis pas sûr qu'elle soit menée comme il faut au niveau de l'Europe. Voilà ce que j'ai dit.
Je je Bon histoire de la bureaucratie, tout ça, la bureaucratie, il y en a partout. Il y en a en France, il y en a partout. Ça c'est une autre question.
Mais je crois que il faut qu'il y a un moment une prise de conscience. Peut-être pourriez-vous avec le Sénat y contribuer hein parce que le jour où ça va arriver, il sera trop tard et là on va être dans les plans sociaux. Enfin, ça va être une catastrophe.
D'autant plus que nous sommes pas d'un poids léger. On sous-estime le problème. D'autant plus que nous sommes pas d'un poids léger parce que si les États-Unis sont notre premier marché h l'Europe est le premier marché des États-Unis aussi.
Donc nous avons moyen de négocier 450 millions de consommateurs. Oui, mais il faut, je crois qu'il faut prendre le problème d'une manière positive, hein. L'Europe est un allié traditionnel des États-Unis réciproquement.
Voilà. et monsieur Trump est très ouvert à ça. Mais si on le menace, si on lui dit soit nous on arrive, on va prendre telle ou telle mesure, soit on veut plus que nos entreprises investissent aux États-Unis, on aura le résultat inverse.
C'est sur quoi j'essaie d'intervenir modestement, hein. Je ne sais pas si je vais y arriver, mais je pense que il est de l'intérêt général du pays de prendre conscience de ce problème et de motiver les pouvoirs publics pour agir, hein. Il faudrait qu'on aille en Chine, il faudrait qu'on aille discuter.
Voyez, c'est c'est ce que font les anglais. Voilà. Voilà ce que je voulais dire. [Musique]