Face à Face : Bruno Retailleau - 18/03
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face. 8h28 sur RMC et BFM TV. Bonjour Bruno Retailleau. Bonjour Apolline Matin. Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le président du parti Les Républicains. Vous êtes d'ailleurs candidat à l'élection présidentielle et ancien ministre de l'Intérieur. On va bien sûr revenir puisque ça y est, les listes sont officiellement déposées, qu'on y voit plus clair sur ce second tour à venir. À gauche, ils ont fait un certain nombre d'alliances entre socialistes et LFI. À droite, finalement, il y en a très très peu, quasiment pas. Est-ce que vous avez hésité quand même à vous allier parfois avec le RN ?
Non mais on n'a pas hésité. Ce qui est incroyable là, c'est que la gauche nous accuse depuis longtemps d'hésiter, de ne pas être clair. Mais c'est la gauche aujourd'hui qui trahit ses idéaux. C'est la gauche et je pense qu'au moins vous pouvez me reconnaître une chose, c'est qu'il y a plusieurs semaines, avant le premier tour, j'avais fait une conférence de presse, c'était au Blanc-Ménil, où j'avais dénoncé les accords de la honte. Cette expression était reprise, elle vient de moi. Ces accords de la honte, c'était avant le premier tour.
Vous les aviez prédits en quelque sorte ?
Je les avais prédits, expliqués. Il y en avait 112 avant le premier tour. Et là, on a vu des gens qui, la main sur le cœur, disaient, mais pas d'accord national, faire des accords partout. À Nantes, à Lyon, à Strasbourg, à Toulouse, sous le prétexte de l'antifascisme. Franchement, est-ce que Jean-Luc Boudinck est le parangon, est la figure symbole du fascisme ? Toulouse, pardon, etc. Donc, vous avez des gens qui, au niveau national, disent, il n'y aura pas d'accord national, mais au niveau local, oui. Ils ont inventé, le Parti Socialiste, les écologistes, en France, ont inventé, en réalité, l'antisémitisme à géométrie variable.
L'antisémitisme à géométrie variable ?
C'est-à-dire qu'il le dénonce au niveau national. C'est inacceptable au niveau national, mais c'est parfaitement fréquentable au niveau local. C'est une bande de tartuffes.
Alors, en même temps, vous dites, on n'en s'est pas associé, mais à Paris, vous avez salué le retrait de Sarah Knafow. Je vous cite, je salue le retrait de Sarah Knafow. C'est une décision sage et responsable qui rend possible l'alternance que les Parisiens attendent. Sarah Knafow, c'est l'extrême droite.
Oui, mais je signe, je persiste. Je dis que c'est une décision sage, et que sans cette décision, il n'y avait aucune chance pour Rachida Dati, pour notre camp, de l'emporter. Moi, je m'adresse aux Parisiennes, aux Parisiens, qui ont été transformés depuis 25 ans de socialisme municipal à Paris en des sortes de cobayes d'un laboratoire pour tous les délires de la gauche, parfois très parisienne, mais très hors-sol. Que veulent-ils aujourd'hui ? Tourner la page ? Eh bien, grâce à Rachida Dati, ils le peuvent. Et il y a une opportunité absolument historique. Sans ce désistement, sans aussi le ralliement de Pierre-Yves Bournazel, que je veux saluer, aucun espoir n'était permis.
Or, il fallait tourner la page de la gauche à Paris.
Tourner la page de la gauche à Paris, mais avec donc une main que vous acceptez de Sarah Knafow.
Mais bien sûr ! Sarah Knafow, il n'y a pas d'accord. Mais il n'y a pas d'accord. Le programme de Rachida Dati n'a pas changé. C'est simplement la décision de Mme Knafow que j'ai saluée.
Vous l'aviez eu au téléphone ?
Non, je ne la connais pas. Et je ne l'ai pas eu au téléphone. D'accord.
Vous n'êtes pas parlé ? Il n'y a pas eu d'échange ?
Il n'y a pas d'échange. Non, non, il n'y a eu aucun échange. Mais en tout cas, ça crée les conditions objectives avec le retrait de Pierre-Yves Bournazel et notamment la fusion de sa liste pour gagner Paris. Ça, c'est fondamental. Paris, c'est la capitale. Ce n'est pas seulement les Parisiens que ça concerne. Ça concerne les Français. Nous, les Français, moi, je suis un provincial. Moi, demain, parce que j'aime la France, j'aime Paris, j'ai envie d'être fier de Paris.
Vous avez entendu sans doute Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, dit qu'à titre personnel, s'il votait à Paris, il voterait pour Rachida Dati.
Ah ben, je ne sais pas, mais son candidat fait moins de 2%.
Oui, 1,5%.
Il n'y a plus d'enjeux. Les jeux sont faits.
Le fait qu'il vote pour vous... Est-ce qu'il n'y a pas, au fond, une sorte d'union par les urnes ?
Ah non, mais l'union par les urnes, c'est très bien. Moi, j'ai toujours revendiqué, j'ai toujours rejeté l'union des appareils. D'ailleurs, le Rassemblement national, sans doute, on en parlera sur Marseille, dit qu'il n'est pas de droite, dit qu'il va se maintenir dans des villes, j'ai la liste ici, où il pourrait faire gagner la gauche contre la droite, contre nous, mais ils ne sont pas de droite. Mais dans les urnes, oui. Moi, j'accepte et j'assume de dire aux électeurs du Rassemblement national, votez pour Rachida Dati.
Votez surtout nos candidats, parce que ce sont nos candidats qui, dans la plupart des cas, notamment maintenant à Strasbourg, mais à Nantes et ailleurs, peuvent, par exemple aussi à Toulouse, peuvent faire échouer la gauche. Et parfois, et souvent, désormais, une gauche, elle est visée. C'est le cas à Toulouse, c'est le cas à Nantes, c'est le cas à Strasbourg, c'est le cas à Lyon, c'est le cas...
Ça veut dire, Bruno Retailleau, que pour vous, la digue est absolument nette. Quand vous voyez à Nice, ce qui s'est passé, avec un Éric Ciotti, qui au fond a fait cette union avant. Éric Ciotti, ce n'était pas juste un républicain, c'était le président des républicains, c'était votre prédécesseur à la tête de votre parti. Est-ce que vous pensez qu'il a changé d'idée ?
Je ne sais pas, mais en tout cas...
Je veux dire, il a changé d'étiquette, mais est-ce qu'il a changé d'idée ? Est-ce qu'au fond, Éric Ciotti, quand il était président des républicains, il partageait vos idées puisqu'il était président de votre parti ?
J'observe d'ailleurs que dans sa campagne, il n'y a pas eu beaucoup de logos du Rassemblement National, d'ailleurs, à Nice.
Non, mais aujourd'hui, au fond, vous seriez à Nice, vous hésiteriez ?
Non, mais... En vrai ? Les choses sont très claires pour nous. Éric Ciotti était notre président. Et il nous a quittés au plus mauvais moment. Souvenez-vous, au moment où nos combattants, nos candidats devaient partir au front dans les conditions les plus mauvaises puisque c'était la dissolution ratée d'Emmanuel Macron. Et c'est à ce moment-là qu'il a choisi de déserter le champ de bataille.
Sur le plan des idées, est-ce que vous pensez qu'Éric Ciotti a changé aujourd'hui ?
C'est à lui qu'il faut poser cette question.
Si vous étiez à Nice, encore une fois, vous voteriez Christian Estrosi sans état d'âme ?
Écoutez, on avait un accord national avec Horizon, notamment, qui comprenait Nice. Maintenant, cette campagne était délétère. Donc, la question que vous me posez désormais, j'y réponds en disant c'est désormais aux Niçoises et aux Niçois de trancher dans les yeux.
Vous ne voulez pas choisir entre Christian Estrosi et Éric Ciotti ?
Nous avions un accord. Je vous l'ai dit, nous avions un accord. Mais compte tenu, la campagne qu'il y a pu y avoir
à Nice... Vous parlez de la fin de campagne, vous parlez de la tête de cochon, avec des doutes que vous êtes de la presse locale notamment et les enquêtes.
Je parle aussi de l'appel au communautarisme.
De la part de Christian Estrosi ?
Voilà. Pour vous,
Christian Estrosi a basculé ?
Je dis que la campagne est délétère. Donc, vous ne m'emmèderez pas sur ce terrain-là. je dis que c'est désormais aux électeurs. Ce n'est pas moi qui leur ai une consigne.
Est-ce que Christian Estrosi peut toujours se revendiquer du soutien des Républicains ?
C'est désormais aux électeurs et à eux seuls de choisir. Vous me parliez justement des urnes. Eh bien, je vous réponds par les urnes. C'est à eux de décider.
Je ne sais pas, je n'ai pas regardé les affiches de Christian Estrosi à Nice. Moi non plus. Moi non plus. Mais il y a sans doute encore le logo quelque part des Républicains
qui le soutient. Je ne le sais pas, mais c'est une histoire. En tout cas, ce matin,
vous n'apportez pas votre soutien à Christian Estrosi.
C'est au Niçois. On leur a mes consciences de faire ce choix.
Mais quand Jordan Bardella dit à titre personnel je voterai pour Rachida Detti, vous ne vous dites pas à titre personnel je voterai pour Eric Ciotti ?
Non.
Non.
Non.
Vous ne voulez pas choisir entre l'un et l'autre ?
Je ne donne pas de consigne dans les conditions de cette campagne absolument délétère dans laquelle je ne me retrouve pas.
Pour vous,
cette campagne délétère ? Ni d'un côté ni de l'autre. Ni d'un côté ni de l'autre.
Vous condamnez les deux ?
Je ne condamne pas. Je dis, je m'en remets aux électeurs. On peut continuer l'émission. Non, non, mais vous avez l'air surtout... On peut continuer les 20 minutes sur Nice. Nice, c'est rien. À Pauline de Maillard. Oui, mais je vais vous dire. J'en ai marre du parisianisme. Y compris des médias. Parce que depuis dimanche... Là, je vous parle de Nice, justement. Attendez, depuis dimanche, justement, depuis dimanche, il y a une France dont on parle beaucoup. C'est la France des grandes villes. C'est 15% de la population française. Et ce débat-là, à Pauline de Maillard, cannibalise totalement les débats. Alors, évidemment, dans ce débat, dans ces villes, il y a une existence de l'EFI.
Il y a une existence du Rassemblement National. Mais qu'est-ce qu'on fait des 85% de Français ? De la France périphérique. Qui, en effet, de la France... Qui, en effet,
ont surtout voté, d'ailleurs, à droite ou à gauche, mais je dirais la droite et la gauche classique, c'est-à-dire les Républicains ou le Parti Socialiste.
Les communes de plus de 9000 habitants, à 56%, à plus de 56%, ils ont voté pour un candidat investi ou soutenu par LR. Les chiffres du ministère de l'Intérieur sont très clairs. On a récolté, nos candidats, soutenus ou investis par nous, ont récolté au premier tour 5 400 000 voix. Ceux de la gauche, PS, 5 millions. Ceux LFI, 600 000, je crois. Et le RN, c'est 4 fois moins que nous. Et ça, on n'en parle pas. Vous voyez ? On se focalise sur des cas de figure qui sont parfois totalement aberrants, mais qui ne sont pas représentatifs de la France.
Cette France majoritaire, 85%, elle est totalement cannibalisée sur les plateaux parisiens par, justement, la France métropolitaine qui doit exister, évidemment. On en parle et j'en parle chaque jour. Il ne faut pas oublier la France du réel.
Je trouve ça, évidemment, très juste de parler de la France du réel. Mais vous comprenez bien que Nice est un endroit très emblématique puisqu'à Nice, Éric Ciotti, c'est un des vôtres, au départ. Et il a choisi une autre stratégie que la vôtre, c'est-à-dire une stratégie d'alliance avec le RN. Pour l'instant, force est de constater que sa stratégie a plutôt fonctionné et que vous ne la condamnez pas totalement.
Non, la stratégie, je l'ai condamné. J'étais le premier il y a un an, j'étais président du groupe LER, j'avais fait au Sénat, j'avais fait une conférence de presse, on ne déserte pas le champ de bataille au plus mauvais moment.
Et je précise,
pour moi, c'est un comportement dans la vie qui est important. Et je pense que la vie politique, c'est aussi la vie tout court.
Et je précise, parce que vous disiez qu'Éric Ciotti ne s'était pas beaucoup vanté d'être soutenu par le RN. Christian Estrosi, semble-t-il, ne s'est pas non plus tellement vanté d'être soutenu par vous parce qu'on vient de vérifier, et mon équipe, Laurie m'a dit, je la cite, vient de vérifier, il n'y a pas le logo LR, pas d'étiquette sur l'affiche de Christian Estrosi. Mais on a compris pour l'instant que vous ne lui apportiez pas franchement un soutien franc et massif. Il y a donc trois villes où des candidats ou des ex-LR fusionnent avec le candidat RN. Alors, à Reims, c'était un candidat dissident. Vous, vous avez soutenu Arnaud Robinet qui est en tête.
Il y a Brie Contrebert quand même, où, arrivé respectivement troisième et quatrième à l'issue du premier tour, il y a le candidat RN, le candidat Les Républicains
qui va fusionner. On commence par Nice, on commence par cette ville et métropole. Maintenant, on va aller chercher dans le détail. On va Brie Contrebert qui n'est pas une ville et métropole. Les choses sont très claires. Ils sont exclus. À chaque fois qu'il a franchi la ligne, ils sont exclus. Donc, on est très, très net. Très, très net. On est de droite et je pense que la droiture, quand on est de droite, c'est une valeur qui compte.
Votre droite, est-ce que c'est celle aussi justement de ceux qui sont beaucoup plus large ? Je pense notamment à Jean-Michel Hollasse. Jean-Michel Hollasse, il est soutenu par vous, il est soutenu par Horizon, il est soutenu par Renaissance. Bien sûr. Est-ce que c'est cette alliance-là qui, pour vous, a vocation à perdurer ?
Non, c'est une alliance pour les municipales parce que moi, j'assume totalement que vous avez cité à Lyon, mais on pourrait aussi citer Nantes avec Fouchon-Marc-de-Lauve. Si on veut ébranler et parier pour Bordeaux, si on veut ébranler cette gauche souvent LFisée, notamment écologiste, alors il faut s'allier parce que sinon, il n'y a pas de voie de passage. Donc je pense que c'est une bonne chose et entre nous, pour les élections locales, ça se fait toujours. Ça s'est toujours fait autour d'une table d'un conseil municipal. Il y a toujours des sensibilités qui sont différentes.
Bordeaux, vous pensez pouvoir gagner Bordeaux ?
Je l'espère.
C'est arithmétiquement tout à fait possible ?
Écoutez, je l'espère. Je l'espère. C'est un choix que nous avons fait. J'avais discuté avec Philippe de Certines. L'alliance n'avait pas pu se faire. Qui s'est donc retiré. Et il s'est retiré. Je l'ai eu avant-hier. Mais j'ai appris le téléphone,
vous lui avez demandé de se retirer ? Je lui ai dit
qu'il ne pouvait pas gagner. J'ai beaucoup, beaucoup, franchement, c'était un excellent candidat. Et il a fait tout seul, sans aucun soutien, d'aucun parti, 20%. C'est assez inédit. C'est quelqu'un que je respecte. Et j'ai de l'estime pour Philippe de Certines. Je le lui dis et je pense que, là aussi, je voudrais le remercier de sa décision qui a été une décision difficile à prendre, je le sais, mais courageuse.
À Marseille, j'imagine la déception ?
Bien sûr, à Marseille, une déception.
Déception. Martine Vassal, qui arrive donc troisième, elle se maintient. Certains l'appelaient à se retirer. Vous avez hésité ?
Non, mais j'avais été la soutenir parce que c'est une candidate valeureuse. Elle est extrêmement courageuse et elle m'avait indiqué qu'elle souhaitait se maintenir et je pense que c'est la bonne solution. Je le répète. Et je crois qu'elle a des idées à défendre. Il y a derrière d'autres enjeux, d'ailleurs, de la métropole. C'est un peu pour ça,
en vrai, qu'elle reste. Il y a quand même une histoire de poste. Si elle reste, elle a une chance de pouvoir l'exécuter
de la métropole. Elle a un projet pour Marseille. Le projet pour Marseille n'est pas celui de M. Payan. Ce n'est pas non plus celui de M. Alizio. Donc, ce projet-là, elle va le défendre jusqu'au bout.
Vous vous souvenez, j'imagine, de ses valeurs ? Travail, famille, patrie ?
C'était une maladresse, franchement. Pensez un seul instant. Franchement, quand on connaît Martine Vassal, l'affilié au Maréchal Pétain, ça fait rigoler. Ça fait rigoler. Qui a eu cette phrase malheureuse ? Très bien. Ce que je veux dire quand même à M. Bardella qui m'a interpellé sur Marseille, c'est que M. Bardella, c'est faites ce que je dis mais pas ce que je fais. Parce qu'il voudrait le retrait de Martine Vassal, d'ailleurs,
qui n'a pas d'étiquette
qui n'a pas d'étiquette ELR. Mais qu'est-ce qu'il fait, lui, dans les villes où on est confrontés, nous, à la gauche ? Qu'est-ce qu'il fait à Gap ? Qu'est-ce qu'il fait à Brest, à Fougère, à Alençon, à Comblaville, à Plaisir, à Limoges ? Et je ne les cite pas tous. Ils se maintiennent. Regardez Mme Le Pen. Ils ont commencé la semaine en disant qu'ils ont vraiment juré leur grand Dieu qu'ils n'étaient pas de droite, qu'en toutes circonstances ils se maintiendraient et ils se maintiennent, y compris quand on est opposé à la gauche, y compris quand la gauche peut nous battre, c'est-à-dire qu'ils feront gagner la gauche et en même temps, et en même temps, ils nous demandent de nous retirer.
Ça ne marche pas comme ça.
Vous lui demandez ce matin, alors c'est un peu tard parce que les listes sont déposées, mais on peut toujours décider à la fin de ne pas y aller, de se retirer dans ces villes-là ?
Vous auriez apprécié ? Madame Le Pen l'a dit en débutant la semaine qu'ils ont des idées différentes, ils ne sont pas de droite et qu'ils se maintiennent. Regardez pour ça à Knafou. Regardez les tweets de M. Tongui. Elle se présente, il accuse de trahir ses idées, elle se désiste, il accuse de trahir ses électeurs. Est-ce que vous y comprenez quelque chose ? Moi, je n'y comprends rien.
Pour les présidentielles, vous l'avez peut-être entendu, Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, dit hier, au fond, nous pourrons discuter pour qu'avec Édouard Philippe, avec les uns et les autres, je pense à Bruno Retailleau, je pense à Gabriel Attal, nous puissions ensemble soutenir un seul candidat. C'est ça pour vous, aujourd'hui, la droite ?
Non, l'élection présidentielle... Vous ne discuterez pas avec... Je ne le dis pas, l'élection présidentielle, c'est la rencontre d'un homme quand on est gaulliste et d'un peuple. Je porte des convictions, je n'en ai jamais changé. Ces convictions que l'école doit instruire plutôt que déconstruire, que le travail doit payer beaucoup plus que l'assistanat, que la justice doit sanctionner beaucoup sévèrement, que l'immigration n'est plus une chance, eh bien, ces convictions ne sont pas partagées par M. Attal et par d'autres, d'ailleurs. Ces convictions sont les miennes. Elles sont partagées par ce que j'appelle la majorité nationale, la France des honnêtes gens.
Et je pense que ces convictions sont aussi les solutions pour relever la France. Je les porterai.
Bruno Retailleau, vous êtes président du parti Les Républicains. Il y a un maire, Les Républicains, qui a été élu dès le premier tour. C'est celui d'Arcachon, Yves Foulon. Face à, notamment, un élu écologiste, son opposant, Vital Baud, voilà ce qu'il lui a dit dimanche devant un bureau de vote.
Ce sont nos confrères
du média d'investigation Vakita qui ont enregistré cet échange. Si je pouvais vous coincer derrière les poubelles, ça me ferait plaisir de vous mettre une branlée. Je vais tout faire pour vous baiser et je vais trouver quelque chose. C'est digne d'un maire Les Républicains, ça ?
Ses propos sont inacceptables. J'ai eu Yves Foulon, je lui ai demandé de s'excuser. Il m'a néanmoins expliqué le contexte. C'est que ce candidat avait publié sur des documents de propagande sa maison, la photo de sa maison personnelle. C'est donc une atteinte à la vie privée. Voilà. Ça n'excuse pas du tout pour moi les propos, simplement, je les replace.
S'il s'excuse, il sera pardonné ou est-ce que vous estimez qu'il faut des sanctions ? Je lui demande de s'excuser.
Compte tenu de ce qui s'est passé avant, de ce que je viens de vous dire, je pense qu'on doit éviter toute violence et je pense que publier sur des photos la maison privée d'un élu, révéler ce point qui appartient à l'intimité d'une vie privée...
mais c'est une maison visiblement emblématique d'Arcachon semble-t-il et pour laquelle il a donné lui-même les autorisations de destruction.
C'est ce que dit
en tout cas son opposant.
Oui, ça a été tranché par le Conseil d'État.
Tout à fait.
Donc la plus haute juridiction a tranché. Simplement, je le redis solennellement, ce sont des propos qui sont inacceptables. Mais vous n'allez pas lui retirer ? Je lui demande de clarifier cette position et de s'exprimer.
Il vous a dit
qu'il le ferait ? Il m'a dit qu'il le ferait par incommunité.
Bruno Retailleau, merci d'avoir répondu à mes questions. Vous êtes le président du parti Les Républicains, candidat à l'élection présidentielle. Il est 8h47 sur RMC BFM TV.
Bruno Retailleau