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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 19 avril 2023 26 min

Emmanuel Macron, élections européennes, endométriose, sécheresse, RSA, Adrien Quatennens... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Sandrine Rousseau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Sandrine Rousseau, on en parlait dans le journal de l'8h, l'un des plus grands groupes privés en France, le groupe Carrefour, va accorder jusqu'à 12 jours par an rémunérés à ces salariés femmes qui souffrent d'endométriose, c'est-à-dire des règles particulièrement douloureuses. Il faudra fournir une attestation de la sécu une fois pour toutes. Est-ce que les choses avancent ?

0:22
Sandrine Rousseau

Oui, les choses avancent et d'ailleurs à l'Assemblée Nationale, on est en train de réfléchir avec deux autres députés, Sébastien Pétavie et Marie-Charlotte Garin, à proposer une loi sur un congé menstruel, ce qui serait 14 jours, donc on passe de 12 à 14 jours, et qui permettrait aux femmes qui souffrent d'endométriose ou qui souffrent de règles pathologiques douloureuses, etc., de pouvoir prendre un congé sans avoir à repasser chez le médecin à chaque fois, ce qui serait une avancée et vraiment une avancée très importante pour les femmes.

0:51
Présentateur

Elles ne s'ajoutent aux congés, pas qu'ils sont pris sur le stock de congés, les 14 jours.

0:55
Sandrine Rousseau

Non, ce sont des arrêts maladie, en fait, pour douloureurs. On ne touche pas aux congés, ce n'est pas un congé. Non, bien sûr, ce n'est pas des vacances, non, non, c'est des congés maladie.

1:03
Invité

Aujourd'hui, chaque entreprise fait un peu ce qu'elle veut en fonction de ses moyens aussi. Est-ce que l'État doit donner l'exemple, notamment dans la fonction publique, pour inciter les entreprises à faire de même ?

1:15
Sandrine Rousseau

Oui, ce serait très bien que l'État avance dans ce sens-là, surtout qu'il y a vraiment un énorme sujet. L'endométriose a été très tardivement diagnostiquée. Elle est très mal encore diagnostiquée. Et ce sont des douleurs qui, parfois, sont insupportables pour les femmes. Ça va même jusqu'à des paralysies, l'endométriose. Il faut bien comprendre quand même que ce n'est pas une petite pathologie. Donc, il serait normal qu'enfin, ces pathologies spécifiquement féminines, j'ai envie de dire, soient reconnues dans le monde du travail.

1:43
Invité

Mais vous entendez aussi les craintes des associations féministes qui disent, si on met des règles comme celle-ci en place, on risque de pénaliser davantage la carrière des femmes.

1:53
Sandrine Rousseau

Oui, je sais qu'elles sont inquiètes de la discrimination que subissent les femmes sur le lieu de travail. Mais précisément, ça fait aussi l'objet d'une discrimination que de ne pas pouvoir bénéficier de congés maladie quand on a ce type de pathologie. Et là, moi, je dis, il va falloir lutter contre la discrimination d'une manière générale. Mais c'est aussi mettre le corps des femmes, en fait, dans le monde du travail avec tout ce que ça suppose.

Et je pense, et d'ailleurs, on y travaille dans le cadre de la proposition de loi dont je vous parlais, qu'il y a aussi un sujet, par exemple, autour de la ménopause, où il y a des femmes qui ont des ménopause extrêmement difficiles et douloureuses et qu'elles pourraient aussi bénéficier de congés particuliers. Les femmes ont un corps et ce corps, dans le monde du travail, a des spécificités. Et je trouve que c'est bien d'enfin les visibiliser.

2:35
Présentateur

Après la promulgation de la réforme des retraites par Emmanuel Macron, vous avez tweeté, je vous cite, là où nous conduit l'hubris d'un homme, un seul dans sa folie de toute puissance. Ça veut dire quoi ?

2:45
Sandrine Rousseau

Ça veut dire qu'Emmanuel Macron, et d'ailleurs, sa dernière allocution nous l'a montré, a un seul type de discours qui consiste à dire j'ai raison, vous ne comprenez pas, mais j'ai raison et je me fiche du fait que vous ne compreniez pas.

2:59
Présentateur

Et vous pensez qu'il a fait cette réforme par orgueil ?

3:01
Sandrine Rousseau

Je pense qu'il y a eu un entêtement, et je pense que la promulgation de la loi dans les heures qui ont suivi l'avis du Conseil constitutionnel est le signe de cet entêtement. C'est-à-dire qu'il est dans une affaire personnelle, enfin même pas presque, il est dans une affaire personnelle sur la gestion de cette réforme des retraites, et on est au bout de la Ve République. On est dans le pire de la Ve République, c'est-à-dire dans un pouvoir qui est extrêmement concentré à l'Elysée. Je rappelle quand même que dans sa dernière allocution, le président Macron n'a pas mentionné sa première ministre. Elle n'existe pas, ce qui est quand même fascinant.

Et donc, en fait, on a l'impression que c'est lui qui gère. Lui, et en plus, il se met en scène face au mouvement syndical. Il y a eu des fuites qui disaient qu'il avait maîtrisé, il avait battu le mouvement syndical. Vraiment, ce sont des codes qui sont complètement dépassés de la politique, et par ailleurs, ça s'appuie sur une politique qui me semble être très datée, en réalité, des années 80, un libéralisme un peu forcené.

3:54
Invité

Et vous pensez que ça aurait été différent si ça avait été une femme à l'Elysée ?

3:57
Sandrine Rousseau

Je pense que Tatière n'a pas été très différente, mais je pense que là, on a besoin de déviriliser la politique, oui. Oui, je le pose comme ça, oui.

4:06
Présentateur

Déviriliser, c'est-à-dire ?

4:07
Sandrine Rousseau

C'est-à-dire sortir de la figure des chefs autoritaires qui imposent et qui sortent conquérants de conflits sociaux. Je pense qu'on doit aller vers la coopération, vers la discussion, vers l'échange, vers l'humilité aussi, parce que les représentants politiques doivent être humbles vis-à-vis des personnes qu'ils représentent. Et moi, je n'ai pas senti d'humilité chez Emmanuel Macron.

4:28
Invité

Pardon, mais alors ça veut dire dans votre logique qu'une Marine Le Pen n'aurait pas réagi comme ça ?

4:32
Sandrine Rousseau

Non, c'est pour ça que je vous dis que Tatière, ce n'est pas une question finalement de sexe de la personne qui occupe la fonction, c'est des codes du pouvoir qui sont encore très emprunts de chefs de guerre et d'un monde qui s'effondre. Mais là, on est quand même dans des limites et planétaires et sociales et on voit bien que cette manière de faire de la politique n'a plus de sens auprès des Français.

4:57
Invité

Toujours sur le choix de vos mots, Sandrine Rousseau, après la décision du Conseil constitutionnel de valider la réforme en grande partie, vous avez réagi en disant que c'était une réforme légale mais illégitime politiquement. Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, dit qu'opposer la légitimité politique contre le droit, ça s'appelle le coup d'État.

5:16
Sandrine Rousseau

Au moins. Ça vous fait sourire ? Bien sûr que ça me fait sourire. Les conservateurs, là, ont très peur de la situation. Le Conseil constitutionnel a jugé que la réforme était légale. Très bien. Pour autant, quand 80% des salariés s'opposent à cette réforme et que ça ne diminue pas, quand 70% des Français dans leur ensemble, entre 65 et 70% des Français dans leur ensemble, sont contre cette réforme, il y a une forme d'illégitimité de la réforme qui est menée. La démocratie, ça n'est pas le fait de confisquer le pouvoir vis-à-vis du peuple, c'est au contraire de représenter le peuple.

Et à quel moment, en fait, représentons-nous le peuple quand il y a 80% des salariés qui sont contre cette réforme ?

5:58
Présentateur

Lors de l'élection présidentielle ou législative ?

6:01
Sandrine Rousseau

Oui, mais ça, c'est un des débats sur la démocratie représentative. Est-ce que, pendant 5 ans, le fait d'avoir eu un mandat fait que, pendant 5 ans, on ne revient pas vers le peuple, en fait, et on ne le représente plus parce qu'on a un mandat pendant 5 ans et qu'on est en roue libre, en quelque sorte, pendant 5 ans ? Ou est-ce qu'au contraire, on est dans une posture humble vis-à-vis des gens qui manifestent dans la rue ? Moi, je suis plutôt sur cette seconde question.

6:23
Présentateur

Est-ce que vous faites partie de ceux qui disent qu'il faut revoir la composition du Conseil constitutionnel nommé par l'Assemblée nationale, le Sénat et le chef de l'État ?

6:30
Sandrine Rousseau

En fait, il y a plusieurs manières d'avoir ce type d'instance dans les démocraties.

6:36
Présentateur

Qu'est-ce qu'on pourrait faire de mieux ?

6:38
Sandrine Rousseau

En l'occurrence, le fait que, là, ce soient des politiques qui soient essentiellement nommés, fait qu'il y a une sorte de lien factuel avec leur ancienne carrière politique et leurs anciennes loyautés politiques. Et donc, évidemment, ça entache les décisions qu'ils prennent d'un soupçon d'aspect partisan. Vous dites que le Conseil constitutionnel n'est pas indépendant ? Non, je ne dis pas ça, parce que je pense que, précisément, il doit être indépendant et qu'on doit... Moi, j'ai toujours respecté... Et dans les faits, est-ce qu'il l'est ? Non, mais moi, j'ai toujours respecté la décision du Conseil constitutionnel.

Je dis juste qu'il y a le droit et il y a aussi la manière de rendre le droit. Et, en effet, pour que rendre la justice soit légitime, il faut aussi qu'il y ait vraiment une certitude d'indépendance, ce qui, aujourd'hui, n'est pas totalement présent, je pense, dans les faits.

7:30
Présentateur

Et donc, vous préférez quoi ? Des personnalités qui n'ont jamais eu de parcours politique avant ? Ou alors des personnalités qui seraient...

7:34
Sandrine Rousseau

Je pense qu'à minima, il faut un mixte. Qu'à minima, il faut un mixte.

7:37
Présentateur

C'est quel cas, aujourd'hui ?

7:38
Sandrine Rousseau

Pas complètement, puisqu'il y a une majorité, quand même, qui dépend du politique.

7:43
Présentateur

Sandrine Rousseau, vous restez avec nous. 8h40, le fil info avec Maureen Suignard. Et on poursuit dans un instant.

7:48
Invité

Les opposants à la réforme des retraites promettent de l'accueillir avec un concert de casserole. Emmanuel Macron est en Alsace, aujourd'hui. Le président doit parler travail et industrie au sein de la société Matisse, qui est notamment chargée de construire plusieurs bâtiments pour les Jeux olympiques de Paris 2024. A l'Assemblée nationale, le groupe Lyot n'a pas dit son dernier mot. Ces élus ultramarins et centristes qui avaient déposé la motion de censure contre le gouvernement préparent maintenant une loi pour abroger la réforme des retraites dans son ensemble ou simplement la mesure des 64 ans. Les appels à la trêve ne fonctionnent pas au Soudan.

Des tirs, des explosions encore entendues dans la capitale ce matin. 4 jours de combat entre l'armée et les paramilitaires qui ont fait près de 200 morts. Sur France Info, le quai d'Orsay demande aux Français sur place de rester confinés chez eux. Pour la première fois depuis le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan, la France a renvoyé un ressortissant afghan à Kaboul. C'était en février dernier. Il avait été condamné pour apologie du terrorisme. Contacté par France Info, le ministère de l'Intérieur assure que l'homme était volontaire pour rentrer en Afghanistan.

8:54
Présentateur

France Info Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

9:03
Invité

Toujours avec Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris. Le militant écologiste Hugo Clément est la cible d'attaque de la part d'une partie de la gauche et des écologistes car il a accepté l'invitation du magazine Valeurs Actuelles pour débattre de l'écologie avec Jordan Bardella, le patron du Rassemblement National notamment. Est-ce que vous dites, comme Hugo Clément, l'écologie, ça se défend partout ?

9:21
Sandrine Rousseau

Non, moi j'avais été invitée à ce débat de Valeurs Actuelles. J'ai refusé d'y aller précisément parce que je pense qu'il y a deux sujets. Déjà, l'écologie ne peut pas être d'extrême droite et vraiment, là-dessus, il faut être très clair parce qu'il y a des enjeux nord-sud, il y a des enjeux de migration autour des effets du réchauffement climatique et qu'on ne peut pas avoir un discours xénophobe et être écologiste. C'est la première chose. Et la deuxième chose, pardon, c'est qu'en plus, il y a quelque chose autour de la banalisation du Rassemblement National aujourd'hui et des idées d'extrême droite.

On est, à mon avis, pas loin du point de bascule et donc, tout ce qui contribue à banaliser l'extrême droite contribue au fond à la ferme.

10:03
Présentateur

Mais du coup, vous laissez tomber les 41% de Français qui ont voté Marine Le Pen au second tour. On ne va pas les chercher.

10:07
Sandrine Rousseau

Non, je ne les laisse pas tomber mais je ne vais pas dans un débat de Valeurs Actuelles pour leur parler et je leur parle depuis la place où je suis d'écologiste et en leur disant que l'écologie, c'est avant tout la coopération, l'égalité, la solidarité et que ça ne peut pas être de fermer nos frontières et de stigmatiser les plus vulnérables.

10:24
Présentateur

Vous dites qu'il ne peut pas y avoir d'écologie d'extrême droite. Est-ce qu'il peut y avoir une écologie de droite qui ne soit pas de votre camp ?

10:30
Sandrine Rousseau

Mais en tous les cas, regardez Arnold Schwarzenegger, par exemple. Je ne pensais pas celui-là. En Calibre républicain. Non, mais il était de droite et il a eu une véritable politique écologiste.

10:41
Présentateur

En France, il y a des écologistes sincères de droite ou pas ?

10:43
Sandrine Rousseau

Aujourd'hui, je n'en vois pas. Où sont-ils, en fait ? J'aimerais bien les voir, j'aimerais bien qu'ils sortent à l'Assemblée, j'aimerais bien que la question écologique sorte de la NUPES, en fait, parce que c'est une question si importante et tellement majeure qu'on devrait en parler bien plus, quitte à se confronter sur les positionnements qui sont défendus.

11:03
Invité

Je reviens juste sur le sujet important de la migration à cause du réchauffement climatique. Hugo Clément a alerté pendant son discours sur les vagues d'immigration massives que personne ne pourra arrêter à cause du réchauffement climatique. Quand il dit ça sur scène pendant un débat à Valeurs Actuelles, il fait le jeu du RN, pour vous.

11:20
Sandrine Rousseau

Oui, parce que, justement, c'est la grande crainte quand même, les migrations sur le RN. Je rappelle quand même que le RN et le mouvement initié par Éric Zemmour sont des mouvements suprémacistes blancs. Enfin, je veux dire, il faut le poser comme ça et on peut tourner autour du pot, mais à la fin, c'est ça. Donc, ça veut dire qu'on est frais pour qu'il ferme les frontières. Moi, je pense qu'au contraire, on doit repenser le rapport Nord-Sud, qu'on doit aussi accepter la responsabilité que nous avons dans le réchauffement climatique. Et cela, ça nécessite, encore une fois, d'avoir une posture, certes, humble, mais de considérer que tout humain mérite la vie, le respect et la dignité.

11:59
Présentateur

Mais sur le fond, il a tort ou pas ? De dire, plus le réchauffement va arriver, plus les phénomènes climatiques seront importants, plus il y aura une migration.

12:05
Sandrine Rousseau

Bien sûr, il va y avoir une migration de population de manière très importante. Je pense que la migration est un sujet trop important pour le discuter avec l'ERN, en réalité.

12:17
Présentateur

Depuis l'été dernier, et même sans doute les étés précédents, le pays, la France, est marqué par la sécheresse. La situation risque à nouveau d'être compliquée. Le mot est sans doute faible, même pour cet été. À la place du gouvernement, Sandrine Rousseau, vous feriez quoi ?

12:29
Sandrine Rousseau

Je ferais très différemment. Surtout, je prendrais la mesure de la sécheresse, non pas comme un phénomène temporaire, mais comme quelque chose qui est en train de s'installer dans notre météorologie, puisque le réchauffement climatique va accentuer les moments de sécheresse, leur durée et leur intensité. Et là, en l'occurrence, rien n'est prêt. C'est-à-dire qu'on l'a vu, on le voit aussi bien sur les maisons qui sont victimes des sécheresses et qui s'écroulent en raison du retrait gonflement des argiles.

13:00
Présentateur

Mais en amont, qu'est-ce que vous faites ?

13:02
Sandrine Rousseau

Mais par exemple, 43% de l'eau, aujourd'hui, est utilisée par l'agriculture. Quel est le plan mis en place avec le monde agricole pour diminuer la quantité d'eau dont ils ont besoin ?

13:11
Présentateur

Il y a des contrats qui sont passés. Il y en avait un d'ailleurs à Sainte-Solines. Sainte-Solines ?

13:14
Sandrine Rousseau

Oui, mais voilà, pour faire des bassines, très bien, pour s'accapager. Non, non, non, il y a des contrats

13:18
Présentateur

à la construction des bassines en échange des engagements des agriculteurs à utiliser moins d'eau par ailleurs.

13:23
Sandrine Rousseau

Non, mais pas à changer d'agriculture. Et par ailleurs, parce que la grosse question, c'est le maïs et l'élevage. Et on a eu un débat à l'Assemblée nationale sur l'alimentation, avec le fait qu'il fallait développer les repas végétariens parce qu'on sait que l'élevage est très consommateur d'eau. Eh bien, il y a eu une opposition majeure à ce que le repas végétarien progresse dans nos cantines. Donc, en fait, on prend toujours les choses par petits bouts et on ne déroule pas toute la pelote de laine.

Et si on veut que l'agriculture dépense moins d'eau, alors il faut aussi diminuer la part de viande, il faut diminuer la part de maïs, il faut changer les espèces, il faut revoir notre manière de faire de l'agriculture.

14:07
Présentateur

Est-ce qu'il faut envisager de moins exporter que la France, qui est aujourd'hui une grande puissance agricole, le soit moins demain ?

14:13
Sandrine Rousseau

Je pense qu'il y a quelque chose autour de la résilience à penser maintenant en France et il faudrait que tout euro que nous dépensions d'argent public soit consacré et à la diminution des gaz à effet de serre et à l'adaptation, donc à la résilience.

14:25
Présentateur

Ce n'est pas ma question.

14:26
Sandrine Rousseau

Si, parce qu'en l'occurrence, la question, c'est comment on devient autonome sur le plan alimentaire et comment on n'utilise pas l'agriculture française pour alimenter des marchés très spéculatifs par ailleurs, internationaux, d'importation, d'exportation ? Et comment on retrouve une agriculture locale et une agriculture de qualité, en réalité, qui ne détruit ni les vers de terre, ni qui a besoin de pesticides, comme on le voit aujourd'hui ? Là, on est dans une agriculture qui est droguée aux pesticides. C'est-à-dire que si vous arrêtez du jour au lendemain les pesticides, eh bien, il y a un nombre d'agriculteurs qui ne peuvent pas poursuivre leur activité.

Donc, on ne peut pas continuer ce modèle-là. Comment on fait pour le transformer globalement, quitte à renoncer à des exportations, mais pour mieux alimenter la population française ?

15:12
Présentateur

Pour les particuliers, est-ce que ça passe pour vous par des restrictions strictes dans certains usages, les golfes, les piscines ?

15:20
Sandrine Rousseau

Bien sûr, il va falloir se poser la question. On a un bien rare, on a un bien qui devient rare, l'eau. Quels sont les usages prioritaires ? Et les usages prioritaires, c'est évidemment tout ce qui est de l'ordre de la vie, c'est-à-dire se nourrir, manger, se laver, entretenir. Et après, un golf, ça n'est pas prioritaire, non.

15:42
Présentateur

Donc, par exemple, interdire les constructions de futures piscines chez les particuliers ?

15:47
Sandrine Rousseau

En tous les cas, faire en sorte, parce qu'il y a aussi différents types de piscines, et faire en sorte qu'il n'y ait pas un accaparement des eaux aussi massifs qu'il y a aujourd'hui comme on le voit dans les piscines, comme on le voit aussi le fait de laver sa voiture en pleine sécheresse, par exemple. C'est un bien absolument essentiel, c'est un bien commun. Et donc, la question qui nous est posée aujourd'hui, c'est comment on le partage ?

16:10
Invité

Sandrine Rousseau, Emmanuel Macron va doubler les moyens de contrôle contre les fraudes fiscales et sociales. Est-ce qu'il a raison de vouloir traquer les fraudeurs ?

16:20
Sandrine Rousseau

Oui, il a raison de vouloir traquer les fraudeurs, mais attention... Ça me fait sourire

16:24
Présentateur

de dire ça, parce que vous êtes d'accord avec un point d'Emmanuel Macron, on vous voit...

16:27
Sandrine Rousseau

Oui, mais je souris, pourquoi ? Parce qu'il y a une deuxième partie dans la phrase. parce que la fraude sociale, c'est un milliard d'euros et donc, quand on fraude aux prestations, il faut de toute façon, évidemment, sanctionner ces personnes, mais c'est un milliard d'euros, tandis que la fraude fiscale et l'évasion fiscale, c'est entre 80 et 100 milliards d'euros.

16:46
Invité

Il dit qu'il y va sur les deux, lui ?

16:47
Sandrine Rousseau

Oui, oui, enfin, moi j'entends beaucoup, beaucoup la question du RSA qu'il faudrait travailler et là, je trouve qu'il y a une stigmatisation très forte autour des bénéficiaires du RSA en ce moment qui sont soupçonnés de ne pas véritablement chercher du travail et on va les obliger à aller chercher du travail qui sont soupçonnés, ça a été les mots de Bruno Le Maire, d'envoyer l'argent au Maghreb.

Enfin, quand on est dans ce niveau de stigmatisation, je rappelle quand même que le président du département de Seine-Saint-Denis a renoncé à l'expérimentation de travail contre le RSA parce qu'il disait qu'on augmentait le nombre de contrôles et la pression sur les plus vulnérables de la société et qu'il n'arrivait plus à se regarder dans le miroir. Bruno Le Maire dit qu'on ne doit pas

17:30
Présentateur

pouvoir transférer à l'étranger des allocations qu'on a touchées en France si on passe plus de la moitié de son temps à l'étranger. Là-dessus, vous êtes d'accord ou pas ?

17:38
Sandrine Rousseau

Non mais le RSA est un droit pour les personnes qui travaillent en France, enfin qui sont en France et qui bénéficient de ces ailes. Donc quand elles sont à l'étranger,

17:46
Présentateur

ces personnes ?

17:47
Sandrine Rousseau

Mais je ne sais pas quelle est la part de personnes qui bénéficient du RSA à l'étranger. Par contre, je sais la part de grandes entreprises et de multinationales qui bénéficient de l'évasion fiscale en étant à l'étranger, ça je le sais.

17:59
Présentateur

Sandrine Rousseau, députée Europe Écologie, Lever de Paris et l'invité de France Info jusqu'à 9h, 8h51. Le fil info avec Maureen Suignard.

18:06
Invité

Dans le doute, on appelle le 15, le SAMU. Voici la recommandation du ministre de la Santé au français ce matin pour aider à désengorger les urgences et avoir une réponse la plus adaptée à son problème, dit François Braune. Le plafonnement de la rémunération des médecins remplaçants conduit en ce moment à des difficultés supplémentaires dans certains services hospitaliers. France Info vous dévoile ce matin les conclusions du rapport remis aujourd'hui au ministre du Travail, celui avant le lancement de France Travail qui doit remplacer Pôle emploi et permettre d'atteindre le plein emploi d'ici 4 ans. Selon le gouvernement, une mesure est déjà contestée.

Les bénéficiaires du RSA devront mener 15 à 20 heures de travail d'activité obligatoire par semaine. Un peu plus de 787 millions de dollars. Voici ce que la chaîne américaine de télé Fox News va devoir payer à l'entreprise de machines de vote électronique Dominion. Un accord vient d'être trouvé. Fox News avait présenté le groupe comme étant au service des démocrates pendant l'élection présidentielle de 2020 qui, pour rejoindre le Milan AC et le Real Madrid en demi-finale de la Ligue des champions de football. Rendez-vous à 21h ce soir pour la suite des quarts de finale. L'Inter Milan est face au Benfica et le Bayern Munich reçoit Manchester City.

19:22
Présentateur

France Info Le 8.30 France Info Salia Braquia Marc Fauvel Sandrine Rousseau Adrien Catenins a réintégré le groupe de la France Insoumise à l'Assemblée Nationale après 4 mois de suspension. Vous lui avez reparlé depuis ou pas ?

19:35
Sandrine Rousseau

Non.

19:36
Présentateur

Vous le ferez ou pas ?

19:37
Sandrine Rousseau

Je ne sais pas. Aujourd'hui je ne l'ai pas croisé et je ne sais pas vraiment je ne sais pas répondre à cette question.

19:43
Présentateur

Si vous le croisez que lui direz-vous ?

19:47
Sandrine Rousseau

Mais je... Enfin je le croise depuis... En fait il n'a jamais quitté l'Assemblée Il siégeait plus, il siégeait à côté. On croisait, ben oui, donc on se croise dans les couloirs, ça arrive.

19:55
Présentateur

Sans jamais se parler ?

19:57
Sandrine Rousseau

Non, je ne crois pas qu'on se soit adressé à la parole depuis. Enfin je ne veux pas dire de bêtises mais je ne crois pas, non.

20:02
Présentateur

Vous avez dit pendant les 4 mois où il était suspendu à chaque fois qu'il parlera je sortirai ce que vous avez fait. Vous allez faire quoi maintenant ?

20:10
Sandrine Rousseau

J'ai décidé de rester dans l'Assemblée parce que ça n'est pas aux féministes de quitter l'Assemblée. Voilà. Après je continuerai à porter les combats d'égalité femmes-hommes et je continuerai à porter haut et fort le combat pour protéger les femmes qui sont victimes de violences conjugales et de violences sexistes et sexuelles.

20:29
Présentateur

Vous auriez préféré

20:29
Sandrine Rousseau

que ce soit un vote

20:33
Présentateur

de toute la gauche plutôt qu'uniquement des Insoumis ?

20:36
Sandrine Rousseau

Je ne me suis jamais posé la question comme ça mais c'est vrai que ça aurait pu être ça. Ceci dit, il appartient au groupe Insoumis et c'est les Insoumis qui avaient aussi décidé de la sanction de 4 mois. Tu collais à sa condamnation

20:47
Présentateur

avec sursis. Oui, mais... C'était pour ça les 4 mois.

20:50
Sandrine Rousseau

Oui, oui, c'est tout à fait. Bon, après on pourrait discuter sur le fond de cette affaire mais en tous les cas c'était les LFI qui avaient décidé cette mise à l'écart de 4 mois. Moi, ce que je regrette et je le dis et je l'ai déjà dit mais c'est que ça n'ait pas été 4 mois de silence. Enfin, je veux dire 4 mois, c'était quand même pas énorme comme sanction. La décence aurait été d'avoir 4 mois de silence.

21:11
Présentateur

Si c'était tu, s'il n'avait pas donné d'interview, s'il n'avait pas repris la parole à l'Assemblée, vous auriez passé l'éponge aujourd'hui ?

21:16
Sandrine Rousseau

Je pense que ça aurait été un signe qu'il avait compris qu'il avait fait quelque chose. Et là, moi j'ai surtout eu le sentiment de quelqu'un qui voulait revenir quoi qu'il arrive. Et ça, je pense que la décence voulait qu'il se teste 4 mois. Je pense que c'était le minimum. Par ailleurs, je rappelle que moi

21:32
Invité

j'étais pour sa démission. Vous pensez que c'est sa proximité avec Jean-Luc Mélenchon qui lui a permis de revenir aussi vite ? Je ne sais pas. Peut-être. Je ne sais pas. Il vous sourit encore. Donc du coup, c'est un message. Dans votre partie, Sandrine Rousseau, un homme aussi a été écarté de la direction avant d'être réintégré. C'est Julien Bayou. À la rentrée, vous aviez dénoncé en direct à la télé son comportement à l'égard de son ancienne compagne. Est-ce que vous considérez aujourd'hui que l'affaire est close ?

21:56
Sandrine Rousseau

Il n'y a pas eu d'enquête au sein d'Europe Écologie Les Verts. Je m'en suis ouverte à la direction de ce parti et à la secrétaire nationale. Moi, je pense qu'on ne peut pas clore quelque chose tant qu'il n'y a pas eu d'enquête quand il y a eu six personnes qui ont parlé. Après, aucun des partis... Dans la presse. Mais il n'y a pas eu signalement,

22:17
Invité

il n'y a pas eu d'audition dans la commission interne, il n'y a pas eu de plainte, il n'y a pas eu d'enquête, vous venez de le dire.

22:23
Sandrine Rousseau

Tout à fait. Mais elles ont quand même eu suffisamment confiance pour en parler à des journalistes. Donc ça veut dire qu'elles étaient prêtes à parler. Ça veut dire qu'elles étaient prêtes à l'intérieur du parti. Je sais qu'il y a un audit de la cellule qui va être réalisé. J'espère que cet audit révélera les raisons pour lesquelles ces femmes n'ont pas eu confiance.

22:43
Présentateur

Mais du coup, si on vous demande aujourd'hui si Julien Bayou est coupable ou innocent, qu'est-ce que vous répondez ?

22:48
Sandrine Rousseau

J'ai dit que j'en sais toujours rien, qu'il y a une présomption d'innocence parce que c'est la République française, mais que je n'en sais toujours rien.

22:54
Invité

La France Insoumise vous tend la main pour une liste et un programme commun aux européennes. Manuel Bompard, le coordinateur de la France Insoumise, de débloquer la situation. Quelle est votre réponse ?

23:08
Présentateur

Salia ne pose plus de questions au bout d'un moment. Vous y allez ou pas ?

23:13
Sandrine Rousseau

Sur la tête de liste, ils avaient déjà fait cette proposition. Moi, je pense qu'on a un sujet un peu de fond, mais là-dessus, c'est la direction d'Europe Écologie qui va faire ce travail. Donc, je ne me substitue pas à la direction d'Europe Écologie, vous l'aurez bien compris. Le sujet de fond, c'est de savoir

23:29
Présentateur

si vous êtes pour la même Europe ou pas ?

23:30
Sandrine Rousseau

Ceci étant, je pense que pour moi, il y a un sujet vraiment de fond qui est que la NUPES a suscité un espoir. Maintenant, il faut que ça se transforme en une machine capable de gagner. Et en fait, pour cela, je crois qu'il faut que ça s'inscrive dans le temps. C'est pour cela que moi, je suis pour qu'on aille sur une union aux Européennes quand bien même il y a des discussions sur le fond. Et d'ailleurs, il faut que nous présentions nos propres propositions et qu'on voit comment les Insoumis réagissent à notre vision de l'Europe. Vous êtes pour une liste commune ? Oui. Moi, je suis pour une liste commune.

24:06
Présentateur

Vous n'êtes pas nombreux.

24:07
Sandrine Rousseau

Ce n'est pas ce que dit votre direction, Marine Tordelier. C'est pour ça que je vous dis que c'est la direction qui décidera et que oui, nous n'avons pas la même position. Il y a des forceurs, elle dit, Marine Tordelier. Oui, c'est pour ça que je vous dis qu'il y a des forceurs même dans son propre parti. En tous les cas, je pense que vraiment, il y a un enjeu mais au-delà de la plaisanterie, il y a un enjeu très fort à ce que la NUPES qui a été quelque chose d'incroyable, qui a été fait en très peu de jours comme ça à l'issue de la présidentielle, s'inscrive dans le temps. Et pour qu'elle s'inscrive dans le temps, il faut aussi revoir les rapports de force à l'intérieur de cette NUPES.

C'est pour ça que j'ai appelé un acte 2 de la NUPES. Je pense qu'il faut qu'il y ait vraiment un débat, qu'il y ait même une forme de constituante pour essayer de réfléchir à comment, qu'est-ce qu'on fait de cet outil de la NUPES. Est-ce que c'est juste le groupe parlementaire ou est-ce qu'on en fait un outil qui s'inscrit dans le paysage politique français et qui représente une alternance à l'arrivée possible du Rassemblement National aux prochaines élections. Et c'est ça l'enjeu. Et moi, j'ai envie de dire que c'est une responsabilité historique.

25:08
Présentateur

En un mot, si vous voulez bien, Sandrine Rousseau, Yannick Jadot, qui était votre candidat à l'élection présidentielle après vous avoir battu aux primaires, veut se présenter au sénatorial à Paris. En un mot, oui, non, ou ne se prononce pas. Vous le soutenez ou pas ?

25:21
Sandrine Rousseau

Je soutiendrai les candidats qui sont issus et pour l'instant, il n'est pas encore fini puisqu'il a encore la CPE.

25:27
Présentateur

Il a gagné le premier vote des militants ? Oui, non, oui, non, simplement.

25:31
Sandrine Rousseau

Oui, oui, il y a encore la CPE et quand ça sera sorti de la CPE, je soutiendrai les candidats qui sortiront de la CPE et sans aucune réserve. Voilà.

25:39
Présentateur

Mais ce ne sera pas forcément lui.

25:40
Sandrine Rousseau

Eh bien, ce sera les personnes qui sortiront de la CPE.

25:42
Présentateur

Merci Sandrine Rousseau, bonne journée à vous.

Emmanuel Macron, élections européennes, endométriose, sécheresse, RSA, Adrien Quatennens... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Sandrine Rousseau — Sandrine Rousseau · Pourquijevote