Élisabeth Borne : "On n'invite pas les Français à envisager des vacances à l'étranger"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 1:23OuverteRéponse directe
On peut avoir le sentiment qu'une page est tournée, que la vie reprend son cours, que le pire est derrière nous. C'est une mauvaise impression ou une bonne impression, Elisabeth Borne ?
- 1:43RelanceRéponse partielle
Vous diriez malgré tout que le pire est derrière nous ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Et vous avez le sentiment que les Français sont plutôt disciplinés ou que cette phase de déconfinement est aussi l'occasion de ce que certains présentent comme un relâchement ?
- 3:34OuverteRéponse directe
On nous dit de réserver pour les vacances, ça pour faire fonctionner le tourisme. Mais pour l'instant, Aurélie est fermée et on ne sait toujours rien sur les transports aériens. Quand est-ce que les choses vont être connues ou normalisées ?
- 4:29RelanceRéponse directe
A partir de quand est-ce qu'on peut commencer à réserver ses vacances ? Ou en tout cas à partir de quelle date pourra-t-on vraiment voyager et rêver par exemple, aller sur une plage ou à la montagne ou ailleurs ?
- 5:10OuverteRéponse directe
Que dites-vous aux Français qui souhaitent partir en vacances à l'étranger ? Pour préciser, d'une part, et de manière plus globale, pensez-vous que le ferroviaire et l'aérien reprendront une activité tout à fait normale dans les semaines ou les mois à venir ? Ou bien pensez-vous que cette crise sanitaire, qui est aussi une crise de la mobilité, laissera des traces profondes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:34Invité politiqueFait
« Écoutez, je pense qu'il faut quand même avoir en tête que le virus circule toujours en France. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Moi, je ne vais pas faire des pronostics sur la crise sanitaire. »
- 2:13Invité politiqueFait
« Je pense que globalement, les Français ont fait preuve vraiment de beaucoup de civisme. »
- 2:39Invité politiqueFait
« On a une phase de déconfinement à la première phase qui se passe bien parce que chacun y a mis du sien, que ce soit les entreprises qui ont maintenu du télétravail ou qui ont décalé les horaires pour se rendre au travail ou quitter son travail. »
- 3:52Invité politiqueFait
« Donc vous avez compris qu'on souhaite que ce déconfinement, il soit progressif. »
- 4:06Invité politiqueFait
« Mais je le confirme, le Premier ministre a indiqué que les Français pouvaient préparer leurs vacances, faire des réservations. »
- 4:13Invité politiquePromesse
« Les professionnels aident beaucoup puisqu'ils se sont engagés à rembourser intégralement les réservations si l'épidémie devait évoluer dans le mauvais sens. »
- 5:41Invité politiqueFait
« Vous savez que les frontières avec l'espace hors Schengen restent très contrôlées. »
- 5:46Invité politiqueFait
« On n'invite absolument pas les Français à envisager des vacances à l'étranger. »
- 6:40Invité politiqueFait
« Et je pense que c'est important d'écouter les avis des scientifiques pour que cette épidémie ne reparte pas. »
- 9:33Invité politiqueFait
« Je pense que la crise sanitaire va certainement changer profondément les habitudes des Français dans beaucoup de domaines. »
- 10:24Invité politiqueFait
« Moi, je suis convaincu que ça veut dire aussi qu'il faut protéger la biodiversité, ne plus agresser les écosystèmes qui, du coup, peuvent conduire à des épidémies comme celles qu'on connaît. »
- 12:02Invité politiquePromesse
« on a demandé à la compagnie de prendre des engagements sur l'accélération de sa transition écologique et parmi ces engagements, il y a précisément le fait de réduire drastiquement les vols sur les trajets pour lesquels il y a une alternative ferroviaire en moins de 2h30. »
- 20:56Invité politiqueChiffre
« 1 000 km de pistes temporaires qui ont été réalisées en quelques semaines par les élus. »
- 21:11Invité politiqueChiffre
« En 10 jours, on a 45 000 vélos qui ont déjà été réparés. »
- 28:11Invité politiquePromesse
« En échange du prêt de l'État, garantie par l'État, je vous confirme que Air France a pris des engagements très forts de réduire de 50% les émissions de CO2 de ces vols domestiques d'ici 2024. »
- 37:54Invité politiqueChiffre
« on a fait une prime à la conversion pour accompagner les Français les plus modestes pour changer de voiture. »
- 37:59Invité politiqueChiffre
« on a un chèque énergie qui permet d'accompagner les plus modestes. »
- 38:04Invité politiqueFait
« on veut rénover les passoires thermiques qui sont souvent les logements occupés par les Français les plus modestes. »
- 41:56InvitéChiffre
« rendre obligatoire la prime de mobilité durable et augmenter les montants du fonds vélo de 50 à 200 millions d'euros par an. »
- 42:06InvitéFait
« mettre fin à la publicité dans les espaces publics. »
- 43:35Invité politiqueFait
« il y a effectivement une préoccupation très forte des Français et je pense que les écologistes peuvent porter ce message. »
- 46:05Invité politiqueFait
« je pense que ces débats ils sont un peu hors sol aujourd'hui. »
- 49:05Invité politiqueFait
« cette crise sanitaire qui s'est abattue sur toute la planète doit forcément nous interroger sur notre modèle. »
- 51:31Invité politiqueFait
« c'est très important qu'on porte un projet écologique, les enjeux de qualité de vie sont majeurs à Paris. »
- 51:44Invité politiqueFait
« les Français aspirent à avoir plus de nature en ville. »
Temps de parole
- Élisabeth Borne69 %
- Présentateur15 %
- Invité6 %
- Invité 25 %
- Invité 35 %
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Bonjour et merci d'écouter Questions politiques avec l'équipe du dimanche, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions, Solène de Royer du journal Le Monde et Laurence Perron de France Inter. Bonjour à toutes les trois. Bonjour, bonjour à tous. Bonjour. Notre invitée aujourd'hui rêve-t-elle que tout change ou que rien ne change ? Elle est en charge de quelques-uns des grands enjeux du moment. Faire en sorte que la vie reprenne son cours, que les choses reviennent à la normale, que les trains puissent rouler, que les avions volent à nouveau, qu'on puisse se déplacer librement et dans les meilleures conditions à travers la France et ailleurs.
Mais elle doit aussi espérer que la crise que nous traversons soit l'occasion d'un vrai tournant écologique et que l'urgence économique ne laisse pas de côté l'environnement. Elle nous dira comment faire face à ces contradictions. La ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, est en direct avec nous jusqu'à 13h pour réagir, pour intervenir. Le hashtag QuestionPol ou l'application mobile France Inter.
France Inter. Question politique. Alibadou.
Bonjour Elisabeth Borne. Bonjour. Merci d'être à l'antenne de France Inter. Il suffit d'allumer sa télévision. Je ne sais pas si vous l'avez fait ce matin, de regarder les images de la France ce week-end prolongé. On peut avoir le sentiment qu'une page est tournée, que la vie reprend son cours, que le pire est derrière nous. C'est une mauvaise impression ou une bonne impression, Elisabeth Borne ?
Écoutez, je pense qu'il faut quand même avoir en tête que le virus circule toujours en France. Évidemment, c'est bien de retrouver un peu de liberté, mais il faut absolument continuer à être prudent, à respecter les gestes barrières qui nous protègent tous.
Vous diriez malgré tout que le pire est derrière nous ?
Moi, je ne vais pas faire des pronostics sur la crise sanitaire. On voit que la situation s'est améliorée. Elle s'est améliorée aux urgences. Elle s'est améliorée dans les services de réanimation. Et pour que ça continue à bien se passer, je le redis, il faut qu'on reste tous prudents et qu'on continue à appliquer les gestes barrières que tout le monde connaît maintenant.
Et vous avez le sentiment que les Français sont plutôt disciplinés ou que cette phase de déconfinement est aussi l'occasion de ce que certains présentent comme un relâchement ?
Je pense que globalement, les Français ont fait preuve vraiment de beaucoup de civisme. Moi, je vois ce qui s'est passé dans les transports. On a une phase de déconfinement à la première phase qui se passe bien parce que chacun y a mis du sien, que ce soit les entreprises qui ont maintenu du télétravail ou qui ont décalé les horaires pour se rendre au travail ou quitter son travail, que ce soit les grandes entreprises de transport qui se sont vraiment beaucoup mobilisées pour mettre du gel hydroalcoolique, pour aussi faire des marquages au sol.
Et puis les Français qui ont respecté les consignes, notamment le port du masque dans les transports en commun, ce n'était pas du tout dans nos habitudes. Et là, vraiment, très majoritairement, les Français respectent ces règles et c'est pour ça qu'il faut continuer pour que ça se passe bien.
Pas de relâchement avant de passer la parole à Nathalie Saint-Cricq. Pour vous, les choses vont plutôt dans le bon sens et les Français sont plutôt respectueux des normes et des règles sanitaires.
Oui, je crois qu'il faut le souligner. On peut toujours mettre en avant ce qui ne marche pas. Là, on a quand même globalement des Français qui respectent les règles et qui font preuve de beaucoup de civisme pour que ça se passe bien pour tout le monde.
Alors justement, beaucoup de questions à vous poser, notamment des questions de calendrier pour que les choses se passent bien. Pour reprendre vos mots, Nathalie Saint-Cricq.
Elisabeth Borne, bonjour. Alors on nous dit de réserver pour les vacances, ça pour faire fonctionner le tourisme. Mais pour l'instant, Aurélie est fermée et on ne sait toujours rien sur les transports aériens. Quand est-ce que les choses vont être connues ou normalisées ?
Donc vous avez compris qu'on souhaite que ce déconfinement, il soit progressif. Donc là, depuis le 11 mai, on a une première phase. Comme on l'a annoncé, on prendra des décisions dans la semaine qui vient pour poursuivre le déconfinement. Et donc les règles seront données au fur et à mesure. Mais je le confirme, le Premier ministre a indiqué que les Français pouvaient préparer leurs vacances, faire des réservations. Les professionnels aident beaucoup puisqu'ils se sont engagés à rembourser intégralement les réservations si l'épidémie devait évoluer dans le mauvais sens. Mais donc voilà, chacun peut commencer à réserver ses vacances.
Et puis on annoncera les nouvelles règles dans le courant de la semaine.
A partir de quand est-ce qu'on peut commencer à réserver ses vacances ? Ou en tout cas à partir de quelle date pourra-t-on vraiment voyager et rêver par exemple, aller sur une plage ou à la montagne ou ailleurs ?
Je vous dis, on avance progressivement. Et c'est ce qui est nécessaire pour qu'on continue à maîtriser cette épidémie qui n'est pas de deuxième vague. Non bien sûr, mais vous comprenez la question du calendrier, elle est importante.
Vous dites réserver vos vacances, mais sans nous dire quand ?
A priori, dès maintenant, on peut réserver ses vacances pour le mois de juillet, pour le mois d'août. Sur le mois de juin, on précisera les choses dans le courant de la semaine.
Solène Doroyer.
Oui, pardon d'insister, mais que dites-vous aux Français qui souhaitent partir en vacances à l'étranger ? Pour préciser, d'une part, et de manière plus globale, pensez-vous que le ferroviaire et l'aérien reprendront une activité tout à fait normale dans les semaines ou les mois à venir ? Ou bien pensez-vous que cette crise sanitaire, qui est aussi une crise de la mobilité, lassera des traces profondes ?
Elisabeth Borne.
Je pense qu'on a dit très clairement aux Français qu'aujourd'hui, il faut organiser ses vacances en France. Vous savez que les frontières avec l'espace hors Schengen restent très contrôlées. On n'invite absolument pas les Français à envisager des vacances à l'étranger. Mais ça tombe bien, on a beaucoup de sites formidables et très beaux à visiter en France. Donc cette année, ça sera plutôt l'idée de passer ses vacances en France.
Malgré tout, regardez l'Espagne qui a annoncé hier que le pays sera ouvert aux touristes étrangers cet été. L'Italie ouvrira de nouveau ses frontières le 3 juin aux citoyens européens. En France, pourquoi tarder à prendre une décision comparable ?
Écoutez, on ne peut pas à la fois nous dire qu'on tarde de nous à prendre des décisions pour protéger les Français et en même temps qu'on tarderait à, au contraire, relâcher les règles. Donc je pense qu'on a engagé une première phase de déconfinement le 11 mai. Pour l'instant, tous les indicateurs vont dans le bon sens. On va avancer progressivement. On va continuer à consulter le conseil scientifique qui nous accompagne. Et je pense que c'est important d'écouter les avis des scientifiques. pour que cette épidémie ne reparte pas. Et donc on avance progressivement. Et je pense que c'est la raison de le faire comme ça.
Donc pour comprendre, vous dites aux Français, ne pensez pas aller en Espagne ou en Italie cet été ?
Je dis aux Français qu'il y a beaucoup de belles destinations en France. Et que là, notre ministre, la vie, commençait à réserver.
Pourquoi ne pas dire les choses clairement ? Je ne comprends pas votre réponse.
Je vous dis qu'a priori, je ne peux pas recommander aux Français de réserver des vacances en Espagne aujourd'hui.
Le pays sera ouvert aux touristes d'étrangers ?
Oui, d'accord, c'est le choix de l'Espagne. En même temps, l'Espagne a aussi mis des règles sur les gens qui arrivent en avion. Donc c'est un peu contradictoire. Donc on va attendre de voir comment la situation évolue. Et à ce jour, moi je le redis, on peut privilégier des vacances en France cette année.
Ça, on l'aura compris, mais malgré tout, l'Italie sera ouverte. On peut se demander pourquoi cette exception française ? Le 15 juin, les vols EasyJet, certains vols EasyJet vont reprendre. Vers où, par exemple ?
Moi je comprends que vous soyez impatient, qu'on annonce ce qui se passera dans un mois, dans deux mois. En fait, ce n'est pas comme ça qu'on procède.
Le 15 juin, ce n'est pas dans deux mois ?
Oui, mais on peut reposer la question. Ce que je vous dis, c'est qu'on fait évoluer les règles progressivement pour pouvoir à chaque fois évaluer l'impact sur la situation sanitaire, pas prendre de risques. Je pense que personne n'a envie d'avoir une deuxième vague d'épidémie. Ça c'est sûr. Ni nos soignants qui ont été en première ligne pendant des semaines et qui ont aussi besoin de souffler, ni les Français.
Donc les Espagnols et les Israéliens sont imprudents, Madame la Ministre.
Il peut y avoir des choix de priorité. Vous voyez l'importance du tourisme, moi je le comprends. La priorité du gouvernement, c'est de continuer à maîtriser cette crise sanitaire et d'éviter à tout prix d'avoir une deuxième phase d'épidémie. C'est une attitude prudente et progressive. Je vais donner la parole dans une seconde à Solène de Royer.
Mais donc, à vous écouter, les Espagnols et les Italiens ont fait le choix du tourisme et de l'économie plutôt que le choix sanitaire. En tout cas, ils ont fait ce choix, cette priorité-là. Et donc, c'est ce qui expliquerait ce qu'ils ouvrent, leurs frontières.
Je pense que c'est un peu rapide, vous voyez. Et donc, on ne souhaite pas les suivre dans cette voie. On prendra les décisions le moment venu, une fois qu'on aura bien évalué l'impact sur l'épidémie. Et je pense qu'il faut absolument avancer progressivement si on ne veut pas avoir de retour en arrière.
Solène de Royer.
Oui, vous n'avez pas tout à fait répondu à ma question tout à l'heure, à la deuxième partie de ma question. Pensez-vous que la crise sanitaire va changer profondément les habitudes des Français en matière de transport ?
Elisabeth Borne.
Je pense que la crise sanitaire va certainement changer profondément les habitudes des Français dans beaucoup de domaines. Donc là, c'est à la fois ce qu'ils auront envie de faire et quelles seront les règles. Les règles, aujourd'hui, elles sont très strictes. On pourra être amené à les faire évoluer, notamment sur la façon dont on peut accueillir des passagers. Aujourd'hui, on doit respecter absolument une distance d'un mètre, ce qui réduit très fortement la capacité de remplissage des avions ou des trains. Ces règles, elles pourront évoluer en fonction des assurances qu'on pourra avoir sur la bonne maîtrise de l'épidémie. Mais je pense qu'on pourra y revenir.
Mais évidemment, vous savez, ça ne s'est quand même jamais passé dans l'histoire de l'humanité d'avoir la moitié de la population qui soit confinée, qui, du coup, a été obligée de faire une espèce de pause. Et certainement, ça fait réfléchir. Ça fait réfléchir sans doute à comment tout ça nous est arrivé et quelles conséquences il faut qu'on en tire. Moi, je suis convaincu que ça veut dire aussi qu'il faut protéger la biodiversité, ne plus agresser les écosystèmes qui, du coup, peuvent conduire à des épidémies comme celles qu'on connaît. Donc ça, c'est un peu dans les grandes politiques qu'on peut vouloir mener.
Et puis chacun dans son quotidien a aussi dû changer ses habitudes avec certaines choses qui sont négatives. Évidemment, c'est agréable pour personne de rester chez soi confinée. En même temps, des choses positives, moins de fatigue pour aller au travail, une consommation de produits plus locaux. On a tous pu constater que l'air était plus pur. Donc évidemment que cette crise va changer beaucoup de choses.
Laurence Perron.
Madame la ministre, est-ce qu'il ne serait pas temps, on parle beaucoup de Grenelle en ce moment, de faire un Grenelle des transports, de remettre peut-être sur le métier la loi orientation et mobilité pour justement repenser, vous disiez que l'air était plus pur. C'est aussi parce que les avions circulent moins. Et si on restait même juste en France, beaucoup d'écologistes prônent aujourd'hui la fermeture de lignes aériennes qui finalement polluent beaucoup et ne servent pas à grand-chose au profit peut-être cette fois du transport ferroviaire.
Est-ce que ce type de questions, pour parler un peu comme Nicolas Hulot, est-ce que le temps est venu de réfléchir à de nouvelles formes de mobilité moins polluantes aussi ? Elisabeth Borne.
Alors vous savez, c'est tout le sens de la loi mobilité, donc je pourrais le redévelopper. Mais en tout cas, s'agissant des lignes aériennes, vous aurez sans doute noté qu'en contrepartie de l'accompagnement des 7 milliards de prêts garantis par l'État pour Air France, on a demandé à la compagnie de prendre des engagements sur l'accélération de sa transition écologique et parmi ces engagements, il y a précisément le fait de réduire drastiquement les vols sur les trajets pour lesquels il y a une alternative ferroviaire en moins de 2h30. Donc moi j'entends tous ceux qui appellent à faire des choses, qui regardent tout simplement ce qu'on est en train de faire. On le fait.
Jusqu'à quand est-ce que la limite des déplacements sera fixée à 100 km à vol d'oiseau ? Quand est-ce que cette limite-là va être levée, Mme la Ministre ?
Ça fait partie des points sur lesquels on sera amené à donner des éléments cette semaine. Je ne vais pas vous faire les annonces, vous voyez, sur la phase suivante du déconfinement, alors qu'on a annoncé qu'on allait les faire dans la semaine qui vient. Mais évidemment, c'est une contrainte importante. En même temps, chacun peut aussi comprendre qu'au moment où on a des régions en France qui sont préservées de cette épidémie où le virus circule moins et d'autres dans lesquels il circule davantage, c'est important évidemment d'éviter les déplacements qui pourraient conduire à faire circuler le virus de façon importante partout en France. C'est certain.
Mais les 11 juin, on pourra malgré tout aller au Puy-du-Fou ?
Alors, vous savez qu'il y a beaucoup de parcs d'activité qui sont en train de préparer leur réouverture. Évidemment, dans un premier temps, ça sera plutôt en accueillant les personnes qui habitent à proximité. Et puis, quand on aura ajusté les règles, ça sera sur un périmètre plus large. Ça n'empêche pas un certain nombre. Par exemple, moi, j'ai en tête des parcs zoologiques qui rouvrent en respectant les gestes barrières, la distanciation physique et en accueillant des gens qui viennent de plus près.
Malgré tout, vous comprenez quand même ce paradoxe. Les parcs et jardins sont fermés dans de nombreuses villes, par exemple dans la capitale. Et on apprend donc que le Puy-du-Fou va rouvrir. Et c'est un lieu où se pressent de très, très nombreuses personnes. On n'arrive pas à comprendre, en fait, comment fonctionne le calendrier établi par le gouvernement ?
Alors, vous aurez noté que le Puy-du-Fou n'est pas ouvert. Mais il va rouvrir. Il prépare sa réouverture. Les règles sur les parcs et jardins, elles sont plus strictes quand on est dans les zones rouges. Le Puy-du-Fou n'est pas dans une zone rouge. Il est dans une zone verte. Et donc, ces règles sur les parcs et jardins, elles pourront évoluer. Et ça fait partie des sujets qui seront évoqués dans la phase suivante du déconfinement. Et il est normal aussi que quand on est dans des zones vertes, on ait des règles, ça va de soi, plus souples. Et que chacun commence à réfléchir aux étapes suivantes dans ces zones. Avec une réouverture d'un certain nombre de parcs d'activité.
Le Puy-du-Fou en est un exemple. Et je pense que c'est bien que, comme un certain nombre de parcs zéologiques qui ont déjà ouvert l'ont fait, ils commencent à réfléchir aux règles qui se mettront en place. Ça ne sera pas comme avant. Ça ne sera pas, évidemment, sans être attentif à la distance entre les visiteurs et en respectant les mêmes règles que celles qui prévalent pour l'ensemble des activités.
Ça, c'est sûr. Donc, le 11 juin rouvrira le Puy-du-Fou et les européennes de La Rochelle pourront avoir lieu cet été ?
Je ne sais pas vous dire aujourd'hui.
Les francopholies, pardon, de La Rochelle.
Je pense que les grands rassemblements, on a dit que d'ici la fin de l'été, ça ne serait sans doute pas possible. Ce n'est pas la même chose de faire un grand concert où, par définition, on accueille beaucoup de monde et d'ouvrir un parc d'activité dans lequel on peut limiter le nombre de visiteurs à un moment donné.
Nathalie Saint-Cricq.
À propos de la liberté d'aller y venir, Mme Borne, est-ce que vous considérez que la Corse fait partie de la France ? On a un impression en ce moment avec les négociations sur le Green Pass, voire un numerus clausus de touristes, que c'est comme si c'était un département étranger.
Je pense que ce n'est évidemment pas le cas. Vous savez que forcément, la Corse, avec sa situation insulaire, il y a moins de facilité. D'abord, elle a des capacités hospitalières qui ne sont pas infinies. Et on voit bien que c'est plus simple de transporter, comme on a pu le faire, des malades en TGV entre des régions sur le territoire hors Corse que d'aller vers la Corse. Donc la logique, elle est simple. Elle est de dire qu'on tient compte, et c'est vrai aussi dans les départements d'outre-mer, de la capacité hospitalière et de la capacité qu'on peut avoir à faire appel à la solidarité des territoires voisins.
Quand on est dans un département insulaire, il faut avoir des précautions particulières. Mais tout ça se discute évidemment avec les élus de Corse.
Donc plutôt ne pas penser réserver ses vacances en Corse ?
Non, je n'ai absolument pas dit ça.
C'est ce qu'on vient de comprendre, Elisabeth Borne.
Dans ce cas-là, je m'exprime plus clairement.
Vous nous dites préparer vos vacances et vous pouvez planifier en France. Mais n'allez pas en Corse.
Mais la Corse fait partie de la France, je pense que ça n'aura pas échappé.
Justement, c'est la raison pour laquelle je vous pose la question.
Donc je redis que, vous savez, la logique, elle est simple. Elle est de vouloir redonner le maximum de liberté en ne prenant pas de risque, en étant attentif à ce que les gens puissent bouger évidemment davantage, sans rouvrir une propagation du virus sur tout le territoire. Et quand on est dans des zones dans lesquelles les capacités hospitalières sont ce qu'elles sont et dans lesquelles c'est moins facile de faire appel à la solidarité des territoires voisins, on est forcément plus attentif. Et on essaie de revenir le plus rapidement à la normale en tenant compte de ces contraintes. Et je pense que c'est la logique de tout ce qu'on est en train de faire actuellement.
Pas facile à comprendre malgré tout, malgré vos efforts de pédagogie. Laurence Perron.
Oui Madame la Ministre, je voudrais revenir sur le cas parisien des parcs Zéjardin. Vous avez pu voir les images. Paris est l'une des villes les plus denses d'Europe, voire du monde. Est-ce que ça ne pose pas un problème si à un moment donné on se rendait compte que cette densité avait créé des contaminations plus importantes parce qu'on n'a pas réouvert les parcs Zéjardin ? Et la deuxième question un peu, c'est est-ce que vous ne craignez pas justement que ces plaintes, il y a déjà 71 plaintes contre le gouvernement, finissent à un moment donné par peser très lourd ?
Elisabeth Borne.
Écoutez, vous savez, je pense que dans la période actuelle, il y a ceux qui sont à l'action, qui essayent de prendre les meilleures décisions en écoutant l'avis des scientifiques et puis il y a ceux qui sont en train de déposer des plaintes. À la fin, on pourra se demander quels sont ceux qui sont plus utiles au pays. S'agissant des parcs Zéjardin à Paris, il y a une règle qui vaut dans toute la zone rouge. On a une différence entre la zone verte et j'attire votre attention sur le fait que la circulation du virus, elle n'est pas du tout la même en Ile-de-France ou dans le Finistère ou dans le Cantal. Donc, il y a des règles différentes. Je pense que chacun peut le comprendre.
Donc, on a bien entendu les demandes des élus parisiens de rouvrir les parcs. C'est évidemment quelque chose qui va être examiné dans la phase suivante du déconfinement. Mais je pense qu'à un moment donné, on peut aussi comprendre que quand on est dans une zone, et c'est le cas de l'Ile-de-France, c'est sans doute la zone dans laquelle, au début du déconfinement, il y avait le plus de cas de contamination et le virus circulait le plus, on prenne des précautions particulières.
Mais alors, pourquoi est-ce que le parc de Vincennes est ouvert, par exemple, et pas le jardin ou les parcs des Buttes-Caumont ?
Je pense que vous parlez du bois de Vincennes. Il y a des règles qui s'appliquent pour les bois, vous voyez, qui sont des espaces ouverts. Et puis, il y a des règles qui s'appliquent pour les parcs, qui pour l'instant sont fermés.
C'est clair.
Mais on a bien entendu la demande des élus parisiens, et je pense qu'on examinera la situation dans la zone rouge cette semaine pour préparer la phase suivante du déconfinement.
Solène Deroyer.
Oui, Elisabeth Borne, le gouvernement veut promouvoir l'utilisation du vélo dans les grandes villes, mais le vélo n'est-il pas un moyen de transport réservé aux privilégiés qui vivent dans les centres-villes ? Et que dites-vous aux habitants de la périphérie qui redoutent de reprendre les transports en commun par peur du virus et qui se rabattent tout simplement sur leur voiture ?
Alors, vous savez, je pense que c'est une fausse idée de penser que le vélo s'est réservé au centre-ville. Moi, ça fait depuis le début du quinquennat que je soutiens le vélo comme mode de déplacement. Et dans la période actuelle, je pense que c'est vraiment un mode de déplacement dont toutes les qualités peuvent s'exprimer, à commencer par le fait qu'on y respecte naturellement les gestes barrières, qu'en plus, c'est bon pour la planète, c'est bon pour la santé et c'est bon pour le porte-monnaie. Et effectivement, à l'occasion du déconfinement, il y a une mobilisation exceptionnelle des élus dans tous les territoires pour créer des pistes cyclables temporaires.
Il y a des pistes qui permettent de faire des trajets importants en région parisienne. Il y a des pistes aussi partout en France. 1 000 km de pistes temporaires qui ont été réalisées en quelques semaines par les élus. Et moi, j'ai souhaité soutenir ce mode de déplacement en donnant un coup de pouce de 50 euros pour prendre en charge des frais de réparation. C'est une opération qui a un succès absolument formidable. Vous voyez, en 10 jours, on a 45 000 vélos qui ont déjà été réparés. Et je pense qu'on va continuer et on accélère. Donc voilà, ça montre que les Français trouvent que ce mode de déplacement est particulièrement approprié maintenant.
Et je suis convaincu que quand on essaye le vélo, on l'adopte définitivement. Donc ça continuera longtemps.
Question de Nathalie Saint-Cricq.
Oui, mais pour suivre la question de Solène, quand vous avez des parents âgés et plusieurs enfants, comment vous faites ? Vous faites des tandems, des tricycles, tout le monde sur les pistes cyclables ? Ou est-ce que vous comprenez qu'on soit obligé de reprendre sa voiture ?
Oui, je crois qu'il ne faut pas caricaturer. Je ne pense pas avoir dit que c'était le mode de déplacement universel. Je dis que pour tous ceux qui peuvent utiliser leur vélo, c'est une bonne idée. Évidemment, quand on a une personne âgée, quand on a un enfant petit, on peut être amené à prendre sa voiture. Je pense que ce qui est important, c'est que tous ceux qui peuvent faire autrement, le fassent. Et c'est bien ce qui est en train de se passer.
Laurence Perron.
Alors, puisqu'on parle transport, on va parler voiture et économie. Renaud, alors je sais que c'est moins votre dossier, c'est plutôt celui de Bruno Le Maire, mais tout de même...
Je vous confirme qu'on le partage avec Bruno Le Maire. Vous savez, les primes à la conversion, les bonus, c'est bien le ministère de la Transition écologique qui les porte.
Eh bien, parfaitement. Et pour en revenir aussi à la grande tribune de Nicolas Hulot, le temps est venu. Est-ce qu'à un moment donné, il ne faudrait pas faire en sorte de mettre une pression plus importante sur Renault qui s'apprête donc à avoir un prêt garanti par l'État de 5 milliards d'euros et qui menace de fermer aujourd'hui 4 sites en France ? Est-ce qu'il ne faudrait pas imposer aux entreprises qui bénéficient d'aide de l'État de relocaliser ?
Elisabeth Borne ?
Vous savez, c'est exactement ce qu'on fait. Moi, j'adore tous ceux qui donnent des conseils. Est-ce qu'ils peuvent juste regarder ce qu'on est en train de faire ? On discute évidemment avec Renault, qui est un des constructeurs au monde les plus engagés sur les véhicules électriques. Ils ont été pionniers dans ce domaine. Évidemment, en contrepartie du soutien que l'État est en train de leur apporter, il y aura des engagements, enfin, on souhaite tous préserver l'emploi au maximum. C'est bien le sens du plan de soutien que l'État met en place. On souhaite que ce soit aussi l'occasion d'accélérer la transition écologique.
Moi, évidemment, ce que je porte pour ce plan de relance, c'est que ce soit l'occasion de faciliter l'achat de véhicules électriques par tous les Français et que ce soit aussi, donc ça c'est les bonus, et que ce soit aussi l'occasion d'aider encore davantage les Français, y compris les plus modestes, à changer de voiture pour passer à un véhicule plus propre. Donc c'est exactement ce qu'on fait.
Comment faire malgré tout pour soutenir une société, une société aussi importante que Renault, qui est face à des problèmes de fonds, des problèmes de structure, avec un marché automobile qui s'est complètement effondré, avec des problèmes de mobilité ? Est-ce que c'est peine perdue de financer Renault, ou est-ce que les conditions que vous imposez à cette société vont permettre de gagner de nouveaux consommateurs, par exemple, de nouveaux acheteurs de voitures ? Est-ce qu'il faudra inciter de nouveau les Français à acheter des voitures ?
Renault avait des difficultés avant la crise, et donc, évidemment, la crise n'a rien arrangé. Je pense que ce qui est important, c'est que Renault, je le redis, est un des constructeurs qui s'est engagé dans la transition écologique avec des véhicules propres depuis très longtemps, et donc, ça leur donne une avance par rapport aux autres constructeurs. Vous savez, quand moi j'entends les constructeurs d'autres pays qui appellent à remettre en cause les objectifs de réduction des émissions de CO2, ceux-là, ils vont dans le mauvais sens, et l'avenir ne leur donnera pas raison.
Et des entreprises comme Renault, qui ont fait le pari des véhicules électriques, je suis sûr que demain, c'est eux qui gagneront.
Laurence Perron.
Madame la Ministre, vous n'avez pas répondu sur la deuxième partie de ma question, sur la relocalisation. Est-ce qu'on peut, à un moment donné, envisager de contraindre les entreprises françaises qui bénéficient de prêts garantis par l'État à relocaliser ?
On demande évidemment aux entreprises qui bénéficient de ces prêts de faire le maximum pour l'emploi et pour l'activité sur notre territoire. Et c'est bien le sens des discussions qui sont en cours avec Renault. D'arrêter, par exemple, voyez, de développer des capacités de production à l'étranger, comme ça a pu se faire ces dernières années. Donc c'est bien le sens des discussions qu'on mène avec Renault.
Solène Deroyer.
Vous venez d'adresser une lettre à 90 patrons, Madame la Ministre, afin de les inciter à faire davantage pour l'écologie. Comprenez-vous les inquiétudes de certains d'entre eux qui réclament un coup d'arrêt de la politique écologique du gouvernement le temps que reprenne l'économie ?
Alors, j'ai effectivement adressé une lettre auprès de 100 dirigeants de grandes entreprises qui avaient signé une tribune appelant à mettre la transition écologique au cœur de la relance économique et qui nous ont dit vouloir s'engager dans ce sens. Donc moi, je prends ça comme une très bonne nouvelle, mais je leur dis chiche, je leur dis chiche, donnez corps à la tribune, prenez des engagements concrets, par exemple parmi les mesures que j'ai listées, et effectivement, avançons ensemble.
Vous avez déjà eu des réponses quand on pense par exemple à Patrick Pouyanné qui est le patron de Total, il y a d'autres patrons à qui vous avez écrit également, il y a notamment le patron de Michelin, il y a de très nombreuses entreprises qui ne sont pas toutes écologico-compatibles. Ils vous ont répondu en prenant des engagements, Augustin de Romanel du groupe Aéroport de Paris par exemple.
Alors, moi, je peux vous confirmer que j'ai commencé à appeler personnellement certains dirigeants depuis l'envoi de la lettre. Moi, je note qu'il y en a beaucoup qui sont motivés pour apporter des réponses claires et précises, et je ne doute pas que tous, tous ceux qui ont signé la tribune et puis d'autres encore, auront à cœur de démontrer que cet engagement, il se traduit par des choses concrètes. Par exemple, un engagement sur un plan qui les amènera vers la neutralité carbone, comme la France est engagée, vous savez, à être neutre en carbone en 2050, c'est-à-dire à ne pas émettre plus de gaz à effet de serre que ce que la planète peut absorber.
Et puis, je leur demande aussi de prendre des engagements très concrets qui sont bons pour l'écologie et qui sont aussi bénéfiques pour leurs salariés, comme par exemple le télétravail, le forfait mobilité durable pour accompagner les salariés qui vont au travail en vélo ou en covoiturage, de la mise en place de parking vélo. Voilà, donc moi, je sais qu'un certain nombre de ces dirigeants me disent qu'ils sont tout à fait motivés et qu'ils prendront des engagements concrets, mais j'attends les engagements des autres. Mais je pense...
Air France KLM, par exemple, vous a donné des garanties sur son engagement pour la transition écologique ?
Alors là, ça reboucle avec ce qu'on évoquait. En échange du prêt de l'État, garantie par l'État, je vous confirme que Air France a pris des engagements très forts de réduire de 50% les émissions de CO2 de ces vols domestiques d'ici 2024, avec notamment une réduction drastique des liaisons sur les trajets où on a une alternative ferroviaire en moins de 2h30, ou de renouveler la flotte pour avoir des avions qui polluent moins, ou de développer les biocarburants. Donc ces entreprises s'engagent, et je suis convaincu que toutes les entreprises auront à cœur de le faire. Question de Nathalie Sacric.
Est-ce que vous n'avez pas peur, Mme Borne, que finalement les perspectives en matière d'emploi étant tellement catastrophiques que finalement l'écologie, ça passe au second rang, parce que ça ne sera pas ça la priorité ?
Mais très franchement, je pense que c'est une approche totalement dépassée que de penser qu'on doit choisir entre la transition écologique et les emplois. Et je pense que beaucoup d'entreprises, des grandes comme des petites, ont bien compris que préparer l'avenir quand on est un dirigeant, c'est précisément s'engager dans la transition écologique. Je pense qu'il faut arrêter de voir la transition écologique comme une contrainte, mais c'est une opportunité économique, et je pense que la responsabilité d'un dirigeant, c'est bien de préparer l'avenir de son entreprise. Moi, je suis convaincu que ne pas prendre le virage écologique aujourd'hui, c'est mettre en danger son entreprise.
Et je vous le dis, moi je discute avec évidemment les dirigeants de ces grandes entreprises, mais j'ai eu aussi des échanges très intéressants avec des dirigeants de PME qui m'expliquent qu'en économisant des ressources, en économisant l'énergie, on améliore ses performances.
Vous voyez, on a des PME formidables, moi j'ai échangé récemment avec des PME dont le cœur de métier n'est pas la transition écologique, une par exemple qui fabrique du pain d'épices, ou l'entreprise qui fabrique des jouets, je pense que vous connaissez Sophie la girafe, tous nos enfants, voilà, l'entreprise qui fabrique Sophie la girafe, est une entreprise très engagée dans la transition écologique, qui a regardé tout son process de production, qui fait des économies sur les matières premières, qui fait des économies sur l'eau, qui fait des économies sur l'énergie, et c'est comme ça qu'on a un modèle économique performant. Donc arrêtons d'opposer l'écologie et l'économie.
Franchement, aujourd'hui, cette vision est totalement dépassée.
Elle n'est pas totalement dépassée, on sait qu'il y a un certain nombre d'entreprises qui doivent être sauvées aujourd'hui, alors même qu'elles auront beaucoup de mal à faire leur transition écologique, et qu'il est d'abord urgent de sauver les emplois, plutôt que de leur demander de changer de fond en comble, leur cœur de métier. Si l'on songe, par exemple, je reprends mon exemple d'Air France, KLM, ou de Total, c'est vrai que ce n'est pas pour demain qu'on pourra vraiment en faire des entreprises vertueuses sur le plan écologique.
Air France a pris des engagements de réduire considérablement ses émissions de gaz à effet de serre. Quand je vous dis de réduire de 50%, ça veut dire diviser par deux ses émissions de gaz à effet de serre sur ses vols domestiques d'ici 2024, c'est un engagement qui est très fort.
Et donc, je pense que chaque entreprise dans son domaine, je pense que toutes les entreprises peuvent faire des choses simples, comme je l'évoquais, qui sont à la fois bénéfiques pour l'environnement et pour leurs salariés, et puis chacune, dans leur domaine, peut prendre des engagements pour réduire la consommation d'énergie, pour mettre en œuvre des technologies vertes, et je pense que chacun peut s'engager dans cette transition écologique. Oui, vous venez de le dire,
le plan de soutien à Air France sera conditionné à la fermeture de certaines lignes. On peut imaginer que la navette, par exemple, Orly-Bordeaux, sera fermée à terme. Alors, les élus de la Nouvelle-Aquitaine redoutent l'impact économique de cette décision, et c'est aussi, Mme la ministre, que vous pensiez, il y a quelques années, vous étiez opposée à cette interdiction des vols intérieurs quand le trajet peut s'effectuer en moins de deux heures en train. Vous avez changé d'avis ? Pourquoi ? Et comprenez-vous,
les élus sur le plan économique ? Attendez, je n'ai jamais été opposé à privilégier le train quand on a une offre qui est effectivement performante, et c'est bien le cas sur Paris-Bordeaux. Peut-être, ce que j'ai dit à l'époque, c'est que je pense que tout ne passe pas par des lois. Vous voyez, moi, j'en ai un peu assez de ceux qui pensent que l'écologie, c'est toujours une contrainte, une punition, une loi. Je pense qu'à un moment donné, les Français, ils savent aussi choisir le TGV quand on a une offre performante et que c'est aussi effectivement comme ça qu'on fait avancer la cause écologique, pas en ayant toujours à la bouche des punitions, des sanctions, des contraintes.
Moi, je pense que c'est une opportunité, c'est une opportunité pour les Français, c'est une opportunité pour beaucoup d'entreprises. Évidemment, il faut fixer un cadre, mais il faut aussi trouver des solutions qui ne sont pas toujours des sanctions, des contraintes.
Question de Nathalie Saint-Cricq.
Et quand Nicolas Hulot fait un certain nombre de propositions, comme l'a dit Laurence Perron tout à l'heure, vous vous dites, eh bien, c'est peut-être l'occasion de retravailler avec lui, vous trouvez que c'est complètement baroque comme idée ?
Écoutez, moi, j'ai vu la tribune de Nicolas Hulot et j'ai vu beaucoup de tribunes, de gens d'origine diverse, des chefs d'entreprise, effectivement, Nicolas Hulot, des élus qui plaident pour qu'on donne encore davantage de place à la transition écologique. Vous imaginez que, à titre personnel, moi, je suis évidemment très contente de voir tous ces appels à accélérer sur la transition écologique.
Après, je pense qu'il faut aussi, au moment qu'on vit, écouter les Français, écouter ce qu'ils ont vécu dans la crise, écouter ce que les scientifiques ont à nous dire sur l'origine de la crise et la façon dont on peut éviter que des crises de ce type se reproduisent, écouter aussi les économistes, les sociologues et c'est le sens de ce que j'ai lancé avec une démarche de conférence en ligne, diagnostique commun, pour écouter tout ce qu'on est partagé et échangé sur ce que cette crise nous dit et la façon d'éviter qu'elle ne se reproduise.
Non, mais je vais aller plus loin. C'est-à-dire, ce n'est pas simplement un partage. Emmanuel Macron a laissé entendre qu'il fallait revoir tout pour l'acte 3, c'est-à-dire élargir, mélanger plusieurs colorations politiques, faire appel à toutes les bonnes volontés. La question est simple, est-ce qu'on peut encore travailler avec Nicolas Hulot après ce passé et ce passif qu'il y a entre le gouvernement, Emmanuel Macron et lui ? Elisabeth Borne ?
Écoutez, moi, je n'ai jamais cessé d'échanger avec Nicolas Hulot. Je pense qu'il a dit très clairement qu'il ne souhaitait pas participer à un gouvernement. Donc, il est dans son rôle à continuer à alerter sur les enjeux écologiques. Je pense que beaucoup de Français en sont aujourd'hui convaincus et que c'est important aussi d'être au charbon et de passer aux actes.
Est-ce que vous êtes d'accord avec le diagnostic qu'il fait justement qu'à travers cette crise, nous recevons une forme d'ultimatum de la nature comme si la nature se vengeait ? Qu'est-ce que ces réflexions vous inspirent ?
Je pense que ce que cette crise nous montre, vous savez, c'est que, par exemple, il y a beaucoup de scientifiques d'ONG qui ont alerté sur la perte de biodiversité, sur le risque qu'on prend à déforester, enfin, voilà, à détruire des forêts, des écosystèmes remarquables qui abritent une biodiversité très riche. Et ce que cette crise nous montre, c'est que c'est non seulement important de protéger la biodiversité parce que c'est une source d'émerveillement pour tout le monde, parce que c'est le plaisir qu'on peut avoir à aller dans la nature, mais que ne pas protéger la biodiversité, ça nous met en danger.
Donc je crois qu'il y avait beaucoup de Français, avant même cette crise sanitaire qu'on vit tous, qui avait pris conscience de l'urgence climatique, que finalement, ne pas agir pour limiter l'ampleur de la crise climatique nous met en danger, ce qu'on voit au travers de cette crise, c'est que ne pas protéger la biodiversité nous met en danger. Donc je pense que ça nous renforce dans la nécessité d'agir pour lutter contre le réchauffement climatique et pour protéger la biodiversité.
Il y a l'urgence climatique, évidemment, les questions écologiques et aussi les questions sociales simultanément, Solène de Royer.
Oui, Gérald Darmanin a plaidé ce matin dans le journal du dimanche pour une politique en faveur du peuple. Il propose de donner la priorité à la réduction des inégalités en réinventant, par exemple, la participation à cette vieille idée du général de Gaulle. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui, Mme Borne ? Et est-ce à dire, au fond, que la politique menée par le gouvernement depuis trois ans était déconnectée des aspirations populaires ?
Vous savez, moi, je suis à la tête d'un ministère de la transition écologique et solidaire. Et donc, ce mot solidaire, il veut dire que la transition écologique, ce n'est pas pour quelques happy few, que ça doit permettre à chacun de vivre mieux, à chacun d'avoir une alimentation de meilleure qualité, de respirer un air plus pur, d'avoir les moyens de se déplacer dans un véhicule propre. Donc, moi, je suis évidemment convaincu qu'on doit embarquer l'ensemble des Français, qu'il faut au contraire effectivement réduire les inégalités et que chacun doit pouvoir participer à cette transition écologique. Donc, je crois que c'est ce que je porte depuis le début.
C'est pour ça qu'on a fait une prime à la conversion pour accompagner les Français les plus modestes pour changer de voiture. C'est pour ça qu'on a un chèque énergie qui permet d'accompagner les plus modestes. C'est pour ça qu'on veut rénover les passoires thermiques qui sont souvent les logements occupés par les Français les plus modestes qui vivent dans des mauvaises conditions qui ont froid l'hiver. Mais avouez malgré tout
que c'est surprenant d'entendre un ministre aussi important que Gérald Damanin au bout de trois ans aidé de mandat de présidente de la République d'Emmanuel Macron qui dit qu'il faut se souvenir du peuple. Nathalie Saint-Cricq.
Je ne le comprends pas comme le fait qu'on ne s'en serait pas occupé jusqu'à maintenant. Vous savez, je pense que chacun a en tête qu'il y a une crise sanitaire, que derrière cette crise sanitaire, il y a une crise économique qui nous menace et évidemment un risque pour les personnes les plus fragiles d'être les premières victimes de cette crise. Donc il faut plus que jamais être attentif aux plus fragiles quand on travaille sur la sortie de cette crise. Et je pense que tout le gouvernement et le président de la République portent cette préoccupation.
Nathalie Saint-Cricq.
Oui, justement, à propos de cette crainte d'être coupée de la base, on apprend dans un papier de ma charmante consoeur Solène de Royer qu'Emmanuel Macron a téléphoné à Jean-Marie Bigard qui fut à un moment donné très proche des Gilets jaunes pour essayer de renouer le contact. Qu'est-ce que vous pensez de ce genre d'initiative ?
Je pense que le président de la République, il a toujours dit qu'il fallait effectivement discuter et écouter tout le monde. Si on se referme sur le petit cercle des gens qui sont spontanément d'accord avec nous, je pense que ce n'est pas comme ça qu'on fait avancer les sujets. Et je pense que c'est très important, je le redis, dans cette sortie de crise avec un risque pour les personnes fragiles de regarder quels sont tous les moyens de protéger les plus fragiles.
Jean-Marie Bigard qui assure donc que le chef de l'État lui a donné raison quand il réclamait la réouverture des bars. Papier de Solène de Royer dans Le Monde il y a quelques jours, il lui a même promis un échéancier. Est-ce que vous avez une idée justement des dates du calendrier pour la réouverture des bars en France ?
Donc je ne vais pas vous faire les annonces de la phase suivante du déconfinement. Il faudra attendre
que Jean-Marie Bigard le dise sur sa page Facebook ?
Écoutez, il prend ses responsabilités. Moi, mon habitude c'est de laisser le Premier ministre présenter les plans qu'il a annoncés et je pense qu'on aura forcément des règles aussi qui seront différentes. C'est bien le sens des deux zones qu'on a actuellement en France mais je pense qu'on est tous conscients à la fois qu'il y a une forte attente des professionnels concernés qui souhaitent pouvoir redémarrer leur activité et puis que ça fait partie aussi de notre qualité de vie que c'est quelque chose de très important de pouvoir se retrouver et bien il faudra trouver les bonnes règles pour que ça puisse se faire le plus vite possible.
Célène Deroyer.
Oui, le Président a en effet téléphoné à l'humoriste Jean-Marie Bigard. Il a téléphoné aussi à Éric Zemmour. Il a été voir le professeur Raoult à Marseille. Est-ce que vous redoutez comme d'autres au sommet de l'État et comme le Président en particulier l'émergence surprise d'un leader populiste dans cette période d'immense défiance envers le pouvoir ?
Écoutez, je pense que les leaders populistes comme vous dites jusqu'à présent ils n'ont pas montré leur grand sens des responsabilités leur capacité à faire des propositions je pense que les Français ils vont aussi attendre des responsables politiques qui savent prendre leurs responsabilités comme on le fait qui portent des politiques cohérentes qui sont à l'action plutôt que de passer leur temps à critiquer et donc je pense que voilà, c'est important de continuer à agir dans ce sens.
Laurence Perron.
Alors justement en parlant des gens que vous n'avez pas cités la convention c'est 150 citoyens de la convention citoyenne pour le climat qui a rendu en avril un rapport avec 50 propositions parmi lesquelles notamment rendre obligatoire la prime de mobilité durable et augmenter les montants du fonds vélo de 50 à 200 millions d'euros par an il y a aussi parmi ces propositions mettre fin à la publicité dans les espaces publics est-ce que c'est des propositions que vous allez éventuellement retenir et travailler ? Elisabeth Borne.
Évidemment on attend avec impatience les propositions de la convention citoyenne qui devrait finaliser son travail un des derniers week-ends de juin sans doute celui du 21 juin ça a été dit depuis le départ le gouvernement évidemment intégrera ses propositions dans le plan qu'il prépare pour la sortie de crise moi je voudrais souligner que c'est vraiment remarquable on a 150 citoyens qui y compris en plein confinement ont souhaité et alors que c'est des citoyens comme les autres donc des citoyens qui étaient en première ligne des soignants ou bien en deuxième ligne qui étaient dans le transport routier dans l'énergie qui ont continué à faire fonctionner notre pays ces citoyens ils ont eu à coeur de continuer leur travail pour faire des propositions pour permettre à notre pays de mener cette transition écologique et in fine de vivre mieux donc évidemment qu'on prendra évidemment en compte les propositions qui sont faites par les citoyens et ces conclusions qui nous seront rendues fin juin
question de Solène Doroyer
oui on a vu que le premier tour des municipales avait consacré une percée importante des écologistes est-ce le signe selon vous que les électeurs au fond n'ont pas tout à fait perçu le bilan écologique du gouvernement
il y a effectivement une préoccupation très forte des français et je pense que les écologistes peuvent porter ce message je crois qu'aujourd'hui il faut être très clair pour moi l'écologie c'est pas le monopole d'un parti et je pense que vous avez aussi vu dans la campagne des municipales que finalement tous les élus proposent des avancées écologiques pour leur ville et ça me semble bien normal la transition écologique elle doit être au coeur de notre projet de société comme elle doit être au coeur de notre économie et beaucoup d'élus ont fait des propositions dans ce sens
est-ce qu'on peut être maire d'une grande ville et ministre Elisabeth Borne ?
c'est pas moi qui définis ces règles je pense que le président de la république non mais on a dû vous les exposer
quand vous êtes rentré au gouvernement
je pense qu'effectivement la règle elle a été qu'on se consacre pleinement à sa tâche de ministre
mais
mais
Gérald Darmanin qui est maire et ministre
écoutez Gérald Darmanin il vient effectivement d'être investi à nouveau comme maire de Tourcoing pour le moment je vais vous dire je pense qu'il y a d'autres urgences que de savoir s'il pourra durablement rester et maire et ministre aujourd'hui on est en pleine crise sanitaire ça ne vous a pas échappé ça ne vous a pas échappé et donc je pense que dans la période qu'on vit c'est évidemment important de garder tout le monde à bord et c'est bien c'est bien ce qu'on va faire avec effectivement enfin on n'est vraiment pas dans le moment de poser ce genre de questions je pense
écoutez c'est lui-même qui viole une règle qui a été édictée par le premier ministre et on a du mal à comprendre la cohérence en l'occurrence donc il ne sera pas vraiment maire il se consacrera essentiellement à son travail de ministre
vous savez quand il est entré au gouvernement il est resté un certain temps maire donc voilà tout ça se gère dans le temps et c'est pas moi qui vais donner le temps nécessaire mais je pense que c'est vraiment pas l'urgence du moment
Nathalie Saint-Cricq
alors c'est peut-être pas l'urgence du moment mais tout le monde trouve beaucoup de rumeurs autour du départ éventuel d'Edouard Philippe pour incarner justement l'acte 3 voulu par Emmanuel Macron est-ce que vous pensez que c'est logique ou plausible de vouloir remplacer un premier ministre alors qu'il est plutôt en hausse dans les sondages et qu'il est plutôt crédité d'avoir bien géré la crise sanitaire
vous savez je pense que ces débats ils sont un peu hors sol aujourd'hui je pense que les français ils ont besoin d'avoir un gouvernement qui est au travail qui jour après jour prend des décisions importantes et difficiles pour à la fois surmonter la crise sanitaire qui est une des pires crises qu'on ait jamais connue dans notre pays et qui menace aussi de se transformer en crise économique et sociale donc je crois que c'est vraiment un débat qui est totalement hors sol par rapport à la réalité de ce que les français attendent aujourd'hui qu'on arrive à sortir de cette crise sanitaire et qu'on s'assure que l'économie repart que les personnes qui peuvent être mises en difficulté dans cette crise peut-être encore plus qu'avant qu'on leur porte la plus grande attention donc je pense que c'est ça qui préoccupe les français
non mais que ça préoccupe les français mais ça préoccupe également les politiques je peux vous assurer que cette question n'est pas hors sol on n'entend parler que de ça avec tous les membres du gouvernement est-ce que vous trouvez vous qu'il ne mérite pas de rester vu sa popularité et sa gestion de la crise
enfin moi je vous redis effectivement on peut toujours avoir des commentaires en tous sens je pense qu'aujourd'hui le gouvernement est au travail pour surmonter une crise sanitaire sans précédent pour nous prémunir d'une crise économique sans précédent avec des conséquences sociales qu'on imagine et je pense que c'est ça les vrais sujets du moment et moi je ne commenterai pas davantage
Solène Deroyer
Alors on a vu que des marcheurs dissidents venaient de créer un neuvième groupe à l'Assemblée Nationale ce qui fait perdre à En Marche la majorité absolue il s'agit Madame Borne d'un groupe à tendance écolo est-ce que vous soutenez cette initiative ?
Ce que je peux vous dire c'est que depuis le départ l'écologie est au coeur de l'engagement de notre mouvement à la fois de ses membres et de ses élus donc vous évoquez ce groupe moi je voudrais souligner l'initiative qui a été prise par 50 députés qui ont décidé au sein du groupe de marquer davantage leur engagement en créant l'association En Commun moi je salue cette démarche et je suis convaincu que d'autres les rejoindront alors effectivement il y a également un groupe de 17 députés 50 et 17 qui s'est constitué avec des députés qui avaient déjà quitté En Marche avec d'autres qui n'y avaient jamais été et puis certains qui effectivement les ont rejoints en venant du groupe En Marche ça ne met pas en danger la majorité ils nous disent qu'ils veulent être constructifs ben écoutez on verra les propositions
Nathalie Saint-Cric Nathalie Saint-Cric qui est avec nous
j'essaie d'être avec vous et de rester avec vous non je voulais juste revenir deux minutes même si vous considérez que ce n'est pas une question opportune quand Emmanuel Macron parle de réinvention qu'est-ce que ça peut vouloir dire et quel est le signal que vouloir envoyer aux français
Elisabeth Dorn
écoutez je pense qu'il le dira le moment venu je crois que ce que pointe le président de la république c'est que cette crise sanitaire qui s'est abattue sur toute la planète doit forcément nous interroger sur notre modèle sur un modèle qui a mis en péril la biodiversité qui a favorisé la circulation de virus qui était jusqu'à présent porté par la faune sauvage dans des forêts tropicales et que ça dit beaucoup aussi d'un modèle de mondialisation qui a délocalisé des productions aux quatre coins de la planète en privilégiant la production dans les pays qui ne respectent pas nos normes environnementales
et se réinventer lui-même ça veut dire réinventer la politique ça veut dire quel est le message et le signal fort qui va être envoyé aux français
je pense que le président de la république le dira lui-même vous voyez
vous allez changer de stratégie
qu'il faille répondre à toutes ces problématiques qui sont mises en lumière dans cette crise je pense que ça va de soi et qu'il faille tenir compte de ces enjeux écologiques encore plus qu'avant je pense que c'est clair qu'il faille être attentif à ceux qui vont être fragilisés par la crise je pense que c'est également clair et on en parlait et c'était notamment ce qu'évoquait Gérald Darmanin donc qu'effectivement il faille tirer les leçons de cette crise je pense qu'il ne faut pas non plus brûler les étapes je le redis il ne faut pas non plus brûler les étapes et je pense que c'est aussi important de prendre le temps de l'écoute pour savoir comment les français ont vécu cette crise qu'on prenne le temps d'écouter aussi les scientifiques sur ce qu'ils ont à nous dire et je crois que voilà ne brûlons pas les étapes et prenons le temps d'écouter ce que cette crise nous dit
une question politique électorale est-ce qu'à Paris Agnès Buzyn peut encore représenter la majorité ou est-ce qu'il faut changer de candidat
écoutez c'est elle qui le dira moi je ne vais pas me prononcer à sa place
et pourtant vous avez bien un avis comme citoyenne et comme citoyenne parisienne
je pense que c'est à Agnès Buzyn de voir si elle a la disponibilité et l'envie d'autant que vous avez travaillé à la mairie de Paris
vous étiez directrice de l'urbanisme pendant des années ce sont des questions que vous connaissez bien
je confirme que je connais bien la ville de Paris et je pense que c'est très important qu'on porte un projet écologique les enjeux de qualité de vie sont majeurs à Paris que ce soit d'avoir plus de nature et en sortie de confinement moi je suis convaincu que les français aspirent à avoir plus de nature en ville à continuer à avoir un air comme ils ont pu en bénéficier un air plus pur et donc ces enjeux sont évidemment majeurs à Paris maintenant sur la façon dont En Marche va s'organiser et ce que souhaite faire Agnès Buzyn je ne vais pas vous répondre ce matin
Nathalie Saint-Cric dernière question
j'ai parlé tout à l'heure on a parlé tout à l'heure du Nicolas Léo je voulais savoir est-ce que vous aviez des contacts avec Yannick Jadot et ces contacts sont de quelle nature ?
non je n'ai pas de contacts avec Yannick Jadot vous voyez j'ai rencontré nos députés les députés français élus au Parlement européen je pense qu'il avait autre chose à faire donc on n'a pas eu l'occasion d'échanger donc voilà
c'est très clair merci Elisabeth Borne d'avoir répondu à nos questions bon dimanche question politique se termine merci à Alexandre Gilardi aux équipes techniques de Radio France et de France Inter Thomas Robin pour la liaison avec le ministère et madame la ministre Elisabeth Borne je vous donne rendez-vous dimanche prochain je vous donne rendez-vous
Élisabeth Borne