MÉLENCHON : «LE PLAN B, C'EST LE PLAN DE LA PAIX»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:00Locuteur 2Fait
« le CETA a une valeur juridique supérieure à tout ce que l'Union Européenne pourrait décider »
- 9:00Locuteur 2Fait
« avoir interdit l'harmonisation sociale, avoir interdit l'harmonisation fiscale a eu pour principal résultat de jeter les nations les unes contre les autres »
- 14:00Locuteur 2Promesse
« notre première revendication commune du plan A est l'harmonisation sociale par le haut »
- 15:00Locuteur 2Promesse
« nous voulons que l'harmonisation fiscale soit possible »
- 16:00Locuteur 2Promesse
« il faut rompre avec les traités actuels »
- 19:00Locuteur 2Fait
« le plan B est un plan internationaliste »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Mes chers amis, et camarades, mes remerciements d'abord à nos hôtes italiens, non seulement pour avoir organiser cette nouvelle session du forum du Plan B mais peut-être davantage encore pour avoir infligé la défaite qu'il a subi à Matteo Renzi, et de préparer la suivante pour le prochain référendum qui a lieu bientôt sur la base des revendications de la centrale syndicale. Mes remerciements aux présents que je prie d'excuser pour le désordre qu'introduit la campagne présidentielle française dans le déroulement de nos travaux. Vous le savez, ou plus exactement vous ne le savez pas, notre réunion participe de la réalité de la campagne présidentielle en France, pourquoi ? parce que à l'heure à laquelle nous parlons, 50% des électeurs en France - qui est une chose jamais vue - ne savent ni s'ils vont aller voter, ni pour qui ils vont voter, si bien que nous avons une situation totalement volatile dans laquelle chaque acte politique compte pour la formation du jugement des citoyens.
Je remercie donc particulièrement les médias français qui se sont déplacés pour assister à notre réunion et en rendre compte. Nous avons décidé de tenir notre rencontre ici à Rome parce que c'est un lieu symbolique à l'heure du 60ème anniversaire de la signature du traité. Pour ma part je suis allé me ressourcer ce matin sur le forum antique, près des rostres des tribuns du peuple et de la première grève politique de l'histoire en -494 quand le peuple s'est retiré sur l'Aventin, pour obliger les patriciens à réaliser que sans lui, ils n'étaient rien.
Et maintenant me voici parmi vous. Lorsque le traité de Rome a été proposé, déjà de nombreuses voix, et parmi les plus éminentes en France, ont fait remarquer qu'il avait un contenu qui le mènerait à des dégats. Ce contenu, c'est l'idée centrale que le marché doit être le régulateur des activités humaines.
Si le marché devient le régulateur des affaires humaines, alors il n'y a plus d'intérêt général humain, il y a seulement la loi de l'échange des marchandises et la loi de l'échange des marchandises implique que celles-ci coûtent toujours moins cher, c'est-à-dire que les travailleurs et les salariés soient toujours plus exploités et la nature toujours plus détruite. Au fond, cette longue histoire de la construction de l'Union Européenne telle qu'elle résulte du traité de Rome a connu des hauts et des bas. On ne peut pas dire qu'il n'y ait pas eu de magnifiques occasions présentes au cours de cette histoire.
Elles ont été manquées, en particulier lorsque les gouvernements socio-démocrates étaient en majorité en Europe avant de s'effondrer lamentablement dans un système généralisé de grandes coalitions entre les partis socio-démocrates et la droite, faisant l'aveu du fait qu'il n'y a aucune différence dans leur vision du futur. Et de la sorte, ce système de grande coalition a abouti à une paralysie politique telle que l'extrême droite partout a pu prendre pied et connaître les développements que nous connaissons aujourd'hui et qui sont une menace pour la démocratie dans chacun de nos pays. L'Europe est entrée en fin de cycle, mais l'idée européenne n'appartient pas à l'Union Européenne, elle appartient au peuple qui le premier l'a formulé dans le passé dans un espoir toujours renouvelé du fait qu'en coopérant toujours plus étroitement il y aurait un processus d'harmonisation sociale par le haut, en coopérant toujours plus étroitement on repousserait la menace de la guerre.
Mais ce que nous avons sous les yeux, c'est exactement le contraire et nous n'avons pas besoin d'invoquer des raisons idéologiques pour parler de la fin de l'Union Européenne, il nous suffit de constater les faits, cette fin est commencée. Le Brexit en est le signal [coupure vidéo] mais la signature du CETA en est un deuxième signal extrêmement violent car qu'est ce que le CETA ? En soi, un viol de la démocratie.
Ce traité, avec le libre échange avec le Canada, s'appliquera avant même que tout parlement représentatif du peuple se soit exprimé sur le sujet. Et deuxièmement, il crée un ensemble de normes sociales, environnementales, qui s'imposera à tous les développements futurs de l'Union, autrement dit l'Union européenne, quoi qu'elle dise, quoi qu'elle veuille, ne pourra jamais aller plus loin que ce qu'il y a dans le CETA parce que en droit international, un traité a une valeur supérieure à la loi nationale par conséquent le CETA a une valeur juridique supérieure à tout ce que l'Union Européenne pourrait décider à propos des normes qui sont établies par le CETA. Si bien que le CETA est en quelque sorte le signal d'une fin de partie du projet de progression du projet de l'Union Européenne.
Et enfin il y a eu dans ce contexte, après le Brexit, après le CETA, après toutes ces violences contre Chypre ou contre la Grèce, où l'on a mis un revolver sur la tempe des peuples en les privant de la circulation monétaire pour les obliger à capituler, il y a ce sommet que vous avez vu à Versailles qui a tout aggravé, parce que tout d'un coup, l'Europe des 28 a vu que 4 pays prétendaient décider pour tous les autres. Et encore quand on dit 4, on à l'impression qu'il y en a deux qui se cachaient derrière les deux autres, et quand on dit deux, on a l'impression qu'il y en avait une qui se cachait derrière les 3 autres. Si bien que ce spectacle a aggravé les divisions en Europe, provoqué des protestations légitimes de ceux qui se sentent égaux en droit et qui ont été écartés du sommet de Versailles.
Tout ceci est venu par dessus un édifice branlant et à moitié écroulé, la logique folle des traités budgétaires européens : avoir interdit l'harmonisation sociale, avoir interdit l'harmonisation fiscale a eu pour principal résultat de jeter les nations les unes contre les autres en concurrence tout en prétendant construire une union. Nous sommes tous devenus concurrents dans une concurrence cyniquement organisée, selon l'aveu de M.Barroso, pour que chaque pays se paye son ajustement structurel sur le dos des autres, et comme il est significatif de voir qu'à la compétition du dumping social, du dumping fiscal, se soit donnée pour président M.
Junker, que l'on peut considérer comme le premier tricheur d'Europe puisque c'est sous son autorité que le Luxembourg s'est donné le droit de créer des faveurs fiscales qui ont été un véritable hold-up sur tout le reste des trésors publics en Europe. C'est dans ce contexte que la logique de grande coalition qui fait que partout les partis socios-démocrates, qui sont souvent le premier parti venant de cette longue et vieille histoire du progrès social, coalisés avec la droite, ont absolument étranglés toute possibilité d'expression en dehors de ses rangs. Le résultat, nous l'avons sous les yeux, partout le nationalisme le plus étroit et le plus borné, partout des mouvements qui sont une régression politique, intellectuelle et démocratique incroyable.
C'est contre cette pente que nous allons Et voici que les 4 importants ont décidé de se lancer dans une fuite en avant dont le plan Junker est le cadre, peut-être que vous le savez, mais peut-être que vous êtes comme nous en France. Nous en France nous ne savons jamais rien, quelques députés essayent de dire, d'informer mais le grand nombre ne sait rien, on ne lui a pas dit que M.Junker a proposé 4 plans pour redévelopper l'Europe : premièrement, on continue comme avant, il était obligé de dire ça, il pouvait pas dire qu'avant c'était nul, il pouvait pas dire si on était obligé de réfléchir à un nouveau plan c'est parce que le précédent a lamentablement échoué.
Deuxième plan : nous allons faire seulement le marché unique, quel bel idéal européen ! mais eux-même s'en alarme en disant si nous faisons seulement le marché unique nous allons être obligé de passer par dessus bord les deux-tiers des décisions que nous avons déjà prises dans le passé. Et même M.Junker arrive à dire "Si nous ne faisons que le marché unique il y aura un danger environnemental".
Troisième plan : nous allons faire moins mais mieux, la fameuse formule de Lénine, appliquée à M.Junker, est assez drôle, car si on peut faire mieux en faisant moins, ben faisons le, pourquoi ne l'a t'on pas fait ? Et enfin, le dernier plan c'est cette Europe à plusieurs vitesses qui est vendue partout comme une nouveauté, quelque chose qui vient d'être découvert, mais qui est une vieillerie que nous français nous connaissons puisqu'elle a été proposé il y a plus de 10 ans et que de toute façon, d'ors-et-déjà c'est la réalité.
Il y a une Europe à plusieurs vitesses. L'euro ne concerne que 19 pays sur 28. L'accord de Shengen n'inclut pas tous les pays de l'Union Européenne, et j'ajoute que sur le plan militaire, qui est devenu la grande nouvelle idée européenne, il y a un pays neutre qui est l'Autriche qui ne participera jamais à aucune coalition militaire quelle qu'elle soit.
Si bien que l'Europe à plusieurs vitesses est une présentation dans un nouvel emballage de quoi ? du fait que le coeur réactionnaire de l'Europe que représente le gouvernement de Mme Merkel veut se donner de nouveaux moyens de coercition, d'embrigadement autour d'un noyau central qui continuera à défendre bec et ongle la stratégie du capital transnational qu'incarne le traité budgétaire et le mécanisme européen de stabilité financière. Leur Europe à plusieurs vitesses c'est juste une stratégie pour maintenir un édifice branlant qui partout reçoit les coups des peuples, c'est seulement ça.
Que pas un seul d'entre vous n'ait le moindre doute sur leurs intentions et j'espère que les français le comprendront vite. Il est intéressant, puisque je vous parle comme un français, de voir comment chez nous la social-démocratie qui a réussi ce tour de force d'investir en quelque sorte deux candidats au fond se retrouve sur le plan européen. L'un est M.Macron, qui recopie quasi mot pour mot les directives de la commission européenne.
Je sais que ça peut vous paraître incroyable mais nous qui sommes des connaisseurs des textes nous avons retrouvé tel quel les réclamations de la commission européenne contre la France comme programme présidentiel d'un des candidats. Si jamais quelqu'un a mérité d'être appelé "le candidat de la commission" c'est bien lui. Et l'autre candidat de la social-démocratie propose la constitution d'un parlement de la zone euro et d'un gouvernement économique de la zone euro, ajoutant que dès que 50% des peuples des nations seraient d'accord, il s'appliquerait.
Ils ne nous disent ni ce qu'ils feront de ceux qui ne sont pas dans la zone euro mais qui étaient réputés être tout aussi européen que les autres, ni non plus de quoi s'occupera ce deuxième parlement et ce sixième président du parlement au milieu de toute cette cohue de présidents, d'assemblées, de conseils qui au fond ne change rien à rien puisqu'ils ont dit eux-même que leur assemblée et leur gouvernement n'abrogeraient pas les traités mais les complèteraient. Coment peut-on compléter un traité qui interdit l'harmonisation sociale en prétendant faire de l'harmonisation sociale ? Comment peut-on compléter un traité qui interdit de l'harmonisation fiscale en proposant de l'harmonisation fiscale ? tout ça est incohérent !
Mais cette incohérence est un signal de détresse et je voudrai reprendre l'expression du début de mon discours : l'idée européenne, l'idée pacifique et de progrès sociale n'appartient pas à l'Union Européenne et à ses dirigeants actuels, qui sont incapables de gérer cette idée, et qui l'ont amenée à la catastrophe vers laquelle nous nous dirigeons. Double catastrophe. Catastrophe sociale et catastrophe dans le domaine de la paix.
C'est sur cette question que je viens vers ma conclusion. Le plan A est dans notre esprit, quelque soit la diversité de nos situations dans chacun de nos pays, diversité qui est d'une extrème importance, car comme les élections nationales n'ont pas lieu toutes le même jour dans toute l'Europe, il est impossible d'avoir une stratégie européenne progressiste autrement que dans le cadre de la lutte nationale et donc de la capacité que nous avons à mobiliser nos peuples tout entier en direction d'un objectif politique. La stratégie révolutionnaire de la révolution citoyenne s'appuie sur la volonté démocratique de chacun de nos peuples, et nécessairement l'un après l'autre.
C'est la raison pour laquelle nous avons évoqué l'idée du plan B et nous avons appelé notre forum le "forum du Plan B" exactement comme d'autres avaient appelé leur forum en Amérique Latine le "forum de San Paolo",même s'il ne s'est réuni qu'une seule fois à San Paolo, assemblée qui au début faisait sourire les importants et les puissants, mais assemblée dans laquelle on a recruté 11 gouvernements depuis. Je forme le voeu qu'on trouve dans cette salle les 11 prochains gouvernements de l'Union Européenne. Mais soyez assuré que nous travaillons au moins à garantir le prochain chez nous.
Le plan A, c'est au fond ce que nous avons en commun, nous ne voulons plus continuer une Europe où est interdit l'harmonisation sociale, c'est pourquoi notre première revendication commune du plan A est l'harmonisation sociale par le haut, parce qu'il y a une harmonisation sociale qui est en train de se faire par le bas. Nous ne voulons plus d'une Europe où il n'y a pas d'harmonisation fiscale parce que c'est ce qui permet aux sociétés de déplacer leur siège vers les endroits où l'imposition sera la plus basse, c'est-à-dire la contribution au bien commun. Et donc nous voulons que l'harmonisation fiscale soit possible.
Ces deux points nous obligent à dire qu'il faut rompre avec les traités actuels parce que ces deux points sont dans les traités actuels, ce n'est pas une affaire purement idéologique (encore qu'on ait le droit d'avoir des visions idéologiques) mais c'est une affaire concrète et pratique. Nous voulons sortir de traités qui prennent deux dispositions absurdes qui ruinent et tuent l'idée Europe au coeur même de sa mise en mouvement. Et qu'est ce que le plan B ? qu'est ce que le plan B ? en dépit de toutes nos divergences sur la question ? le plan B c'est d'abord le fruit de l'histoire.
A cette tribune il y a Zoé, qui a été la présidente du parlement grec et qui a maintenu sa fidélité à un engagement de combat sur lequel elle avait été élue. Que s'est-il passé ? la Grèce isolée a affronté les autres pays et en particulière l'arrogance insupportable du gouvernement de Mme Merkel, sa violence, sa brutalité à travers les propos inaceptables de M.Schäuble.
La Grèce parce qu'elle était isolée, parce que nous n'étions pas capables d'organiser tous ensemble le mouvement qui aurait permis de l'épauler, a été mise dans la situation où ses dirigeants ont pensé qu'en faisant de bonnes manières ils obtiendraient de bons résultats. La discussion est terminée sur ce sujet, et quels sont les résultats : aucun. Par conséquent la méthode ne valait rien, la seule qui vaut quelque chose c'est d'avoir un plan B.
S'ils ne cèdent pas sur le plan A alors nous passeront au plan B. Qu'est ce que le plan B ? Qu'est ce que le plan B ?
Le plan B c'est le plan que je viens de présenter comme plan A, si les autres n'en veulent pas alors nous le faisons quand même entre ceux qui sont d'accord. Par conséquent le plan B est un plan internationaliste. Ce n'est pas un plan nationaliste où chacun rentre à la maison et se débrouille avec sa situation nationale, c'est un plan internationaliste et c'est là que nous jouons un rôle nous dans cette salle, tel que nous sommes.
Nous jouons un rôle parce que nous préfigurons ce plan B. Les gens qui veulent savoir qu'est ce que le plan B, qu'est ce que l'internationalisme du plan B n'ont qu'à venir vous voir, vous chacun dans vos pays, ou vous sur ces bancs. Le plan B, c'est le plan A maintenu tel que nous l'imaginons, tel que nous le voulons, pas par idélogie mais parce que cela correspond aux intérêts de nos peuples, et cela nous replace dans la perspective qui est la nôtre.
C'est-là dessus que je veux finir. Nous avons fait l'Europe pour le bien-être social, on le pensait, on le croyait, nos peuples le croient, et cette formidable adhésion qui se conserve dans nos peuples pour l'idée européenne a un enracinement profond qui n'est pas comme on l'a dit la peur. Non, nos peuples sont attachés à la paix, nos peuples sont plus raisonnables que les dirigeants, ils savent que l'Europe est la matrice de toutes les guerres.
Ils savent que toutes les guerres mondiales sont nées en Europe et que les cicatrices sur nos frontières sont encore fraîches dans bien des endroits et qu'il suffirait d'un faux mouvement pour les réouvrir. Nos peuples savent que la paix est une construction qui nécessite de la vigilance, de l'application et pas la désinvolture stupide que nous voyons au pouvoir aujourd'hui. Oui la paix est menacée en Europe, elle est menacée parce que les USA y jouent un jeu extrèmement trouble dont on ne sait plus s'il a pour objectif principal de diviser les européens ou de se confronter à la Russie désignée comme un adversaire.
Nous savons que nous ne voulons pas de la guerre en Europe. Nous voulons la paix, et pour cela nous ne pouvons pas accepter qu'un pays soit désigné comme un adversaire par nature. Pour nous français, dans notre histoire profonde, quel que soit le régime en place en Russie, qu'il ait été celui du tsar sous la IIIe république (la nôtre) ou qu'il ait été celui de Staline du temps du Général De Gaulle, la France a toujours eu la Russie comme partenaire.
C'est la géographie et l'histoire qui nous dictent cette obligation, et par conséquent nous ne devons pas accepter d'aller à la guerre comme nous sommes en train de le faire. La Suède a rétabli le service militaire obligatoire. On a installé des batteries de missiles anti-missiles en Pologne, a quoi répondent maintenant des batteries de missiles du côté russe.
L'escalade est commencée, c'est notre rôle de faire tout pour l'empêcher. Il faut donc qu'il y ait une conférence de la sécurité et de la paix en Europe car l'effondrement de l'empire soviétique n'a été discuté nul part, il a été abandonné à la loi du plus fort. Et pendant toutes ces années, les dirigeants de l'OTAN n'ont cessés de mentir à leur partenaire russe, il ne faut pas s'étonner qu'après cela eux aussi se soient mis à faire des démonstrations de force.
Le plan B est plus que jamais le plan de la paix contre les tentations de guerre. Je trouve désolant que le président de la république française, M.François Hollande, ait dit que l'Europe pouvait se relancer en tant qu'Europe de la défense.
Europe de la défense ? contre qui ? Pour quoi faire ?
Quelle Europe de la défense ? Ca n'existe pas ! l'Europe de la défense c'est l'Europe de la guerre.
Et nous nous voulons construire l'Europe de la paix. C'est sur ces mots que je vais achever. Mes amis, je sais que le moment venu, si les urnes nous sont favorables, à nous en France dans cette situation si changeante, si volatile, le moment venu vous viendrez à la rescousse, car aucun d'entre nous ne peut penser demain gouverner quelqu'état que ce soit sans l'appui des autres.
Mais l'appui des autres, c'est d'abord l'appui du peuple, c'est le peuple qui compte, c'est lui qui doit être le souverain. Et si puissante que soit la France, et elle l'est, elle n'est rien si les autres peuples ne reconnaissent pas dans la parole qu'elle porte quelque chose qui les concerne très directement. La France gouvernée par nous, ce serait la France du plan B, ça serait donc la votre, c'est la France universelle.
Merci.
Jean-Luc Mélenchon