MÉLENCHON VEUT RECONQUÉRIR LE PEUPLE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Pour faire bref : s'il y a beaucoup de gens qui votent, on arrivera au deuxième tour. S'il y a peu de gens qui votent, on n'y arrivera pas. Nous pouvons travailler ensemble, nous le montrons notamment, évidemment, à Grenoble depuis 2014.
On va peut-être faire "step by step", étape par étape. Il faut accélérer le mouvement, il faut y croire. Les défaites culturelles précèdent toujours les défaites électorales.
Quatre jours pour se mettre en ordre de bataille. A Chateauneuf-sur-Isère, où se tient l’université d’été de la France insoumise, les Amfis, Jean-Luc Mélenchon et ses amis affûtent arguments et stratégie. L’heure est à la reconquête des classes populaires qui se sont abstenues en masse lors des dernières consultations.
C’est la clé de la présidentielle. Tu es prometteuse ! Visiblement heureux d’être parmi les siens, le député des Bouches-du-Rhône improvise un point de presse.
Pour faire bref : s'il y a beaucoup de gens qui votent, on arrivera au deuxième tour. S'il y a peu de gens qui votent, on n'y arrivera pas. Parce que ça signifiera que les quartiers populaires ne sont pas venus voter.
Et nous on dépend de ça. C’est normal d’ailleurs. Je me résume : l’abstention vote Macron.
Pour Jean-Luc Mélenchon, la France se cherche. Le pays est devenu comme tout le reste, très imprévisible, très volatil et en interrogation. Pour l’instant, les gens ne sont pas vraiment encore dans l’élection présidentielle mais ils vont y entrer.
Et moi, je fais le pari qu’ils y entreront avec des questions simples et des exigences radicales. Une radicalité qui s’exprime déjà dans les manifestations contre le passe sanitaire. J’ai cherché dans les annales historiques où et quand il y avait eu des trucs pendant l’été.
Si j’ai trouvé : grève générale en 1953. Je n’y étais pas, dans la grève. J’en avais à peine fini avec la bataille d’Alésia, mon cher monsieur Faubert.
Non mais c’est pour dire : c’est sans précédent. Et en l’occurrence ce que défendent les gens, c’est qu’ils refusent la logique du passe sanitaire et de la société de contrôle. Il ne faut pas chercher plus loin.
Le vaccin, personnellement je suis vacciné, je crois au vaccin. Celui-ci ne nous protège pas à 100%, on le sait, il diminue le risque. La désertion des communistes reste une énigme pour le chef de la France Insoumise.
Avec les communistes, je ne sais pas en quoi aujourd’hui nous avons un sujet suffisant pour avoir deux candidatures, donc je ne comprends pas. Et lorsqu’on lui pose une question sur Fabien Roussel, le secrétaire national du PC, la réponse se veut cinglante. Je ne le connais pas assez pour qu’il me manque.
Le secrétaire national du PC fait valoir son âge dans les médias. Agé de 52 ans, il a 18 ans de moins que Jean-Luc Mélenchon. L’avantage de l’âge, c’est l’expérience.
L’inconvénient, c’est que, comme me l’a dit un collègue, on peut se démotiver. Alors bon, ce n’est pas mon cas. Sans les communistes, les signatures pour se présenter à l’élection présidentielle sont plus difficiles à recueillir.
Le patron des insoumis n’en fait pas mystère. Pour les signatures, monsieur Mélenchon ? Ah, mais je vous en réserve la surprise.
L’étendue de mes malheurs sera bientôt publique. C’est clair que c’est difficile, je ne vais pas raconter que c’est facile, ce n’est pas vrai. Moi je vous dirai la vérité.
On ne va pas biaiser. C’est une campagne présidentielle où j’ai de grands espoirs, que je pense gagner. Je sais que ma conviction peut paraître étrange dans le moment parce que ce n’est pas ce que disent les sondages, mais je pense que la situation est favorable.
Avec les écologistes, en revanche, le courant passe mieux. Eric Piolle, le maire de Grenoble, a fait le déplacement de Châteauneuf-sur-Isère. C’est la deuxième année consécutive qu’il vient aux Amfis.
Ici, je sais que, un, je suis accueilli. Je sais que, deux, nous pouvons travailler ensemble, nous le montrons notamment, évidemment, à Grenoble depuis 2014. Et c’est important de maintenir ce dialogue avec cet après-midi aussi un débat sur l’Europe.
Un dialogue qui a déjà sa conclusion pour Jean-Luc Mélenchon. Si je devais être encore plus clair que ça, je vous dirais la chose suivante : si le candidat Eric Piolle ou le candidat Mélenchon devaient être au deuxième tour, l’un ou l’autre, on n’y sera pas les deux, je suis certain que l’un appellerait à voter pour l’autre, voilà. Une autre candidate à l’investiture des Verts, Sandrine Rousseau s’est également déplacée.
Ici se passe quand même quelque chose de l’ordre d’une écologie et d’une société de rupture. Et si monsieur Mélenchon est au deuxième tour, vous voterez pour lui ? On va peut-être faire “step by step”, étape par étape je vous propose, et puis on va déjà passer la primaire des écologistes, ensuite on fait la campagne présidentielle et puis après on voit qui vote pour qui.
Oui oui, mais moi, je te promets que si tu es au deuxième tour je vote pour toi. Eh bien, je m’engage alors, s’il est au deuxième tour, à voter pour lui. Et voilà !
Du côté des militants, on croît à la victoire, confortés par un sondage récent qui donne Jean-Luc Mélenchon toujours en tête des candidats de gauche. Il apparaît ce matin à 11%. Et c’est le premier candidat de gauche à avoir ce pourcentage-là, au vu des sondages très récents.
Madame Hidalgo est à 6%, Jadot à 8%. Aujourd’hui, la dynamique semble être en sa faveur, donc il faut accélérer le mouvement quoi, il faut y croire. Ce jeune insoumis estime que la multiplicité des candidatures à gauche sert son champion.
Moi, je pense que plus il y a de candidats, et plus un candidat qui porte et qui est nationalement connu comme Jean-Luc Mélenchon a des chances d’accéder au second tour. Sur le féminisme, qui s’annonce comme un des ressorts de la campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon convainc également les militantes. La seule personne qui ait dit des choses concrètes à mon goût, c'est-à-dire sur comment changer certaines situations tragiques des femmes, c’est sur le mouvement des Insoumis et Jean-Luc Mélenchon qui donc est dans ce cadre-là.
Au détour des allées, on découvre un drôle de professeur d’instruction civique. Il s’agit du député de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière qui éveille les plus jeunes aux vertus de la République. Des enfants rebaptisés ici les insouminots.
La bataille des idées pour reconquérir l’opinion commence très tôt. C’est comment, par ce qui va venir, on arrive à recréer ce grand mouvement qu’on avait connu en 2017, de culturel j’ai envie de dire, autant que politique. Ce qu’on appelle culturel, c’est-à-dire de ce moment particulier, dense, d’une campagne électorale où les gens réfléchissent collectivement.
Il y a toujours un soin particulier qui est apporté par la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon, d’une pédagogie dans la campagne. Les défaites culturelles précèdent toujours les défaites électorales. Et à l’inverse, les victoires électorales sont annoncées par des victoires idéologiques et culturelles.
On voit bien qu’on est dans un mot. Cette question du culturel, on cite Gramsci mais elle est importante. Il y a des émetteurs culturels, et vous qui êtes un média vous le voyez, puissants, nouveaux pour un homme de ma génération.
Moi j’ai 53 ans, je n’ai jamais connu une époque où il y a une chaîne de télé d’extrême-droite aujourd’hui, je pense à CNews notamment. Alors on n’est pas les plus maladroits sur les réseaux sociaux, qui est un formidable vecteur de circulation d’idées. il y a aussi, j’évoquais ce média mais il y a aussi toute une série d’autres médias plus horizontaux, dont vous êtes une illustration, et il y en a plein d’autres.
On voit bien que le citoyen aujourd’hui, et la citoyenne, se forgent une opinion pas seulement dans ces grands médias verticaux mais aussi dans ces médias horizontaux. Donc, ça c’est passionnant dans la période. Et après il y a, quand j’évoquais tout à l’heure tous ces milieux populaires aussi, le contact, le travail militant.
Et ça, c’est par la démultiplication d’actions, des plus modestes aux plus significatives, qu’on peut faire circuler des idées. Pour conduire ce travail de bouton de veste, La France insoumise a mis sur pied des brigades mobiles qui iront engager la discussion avec la population. Brigade mobile, c’est qu’en fait, là en fait les gens ils ont réfléchi sur une question à poser dans l’espace public, mais au lieu que ce soit un porteur de paroles, c’est-à-dire ce que tu vois là, les gens partent avec leur panneau et ils se baladent dans un endroit, et ils attendent de voir quelle est la réaction des personnes.
L’objectif, ce n’est pas que les militants se mettent en haut et les gens en bas. C’est vraiment une discussion d’égal à égal. Bien sûr, l'actualité internationale était au cœur des préoccupations.
Écoutez Adrien Quattenens s’exprimer sur l’Afghanistan. C’était avant que ne soient connus les attentats de Kaboul. Et l’on se rappelle que pendant que celles et ceux qui sont nés de la dernière pluie et viennent maintenant pleurer des larmes de crocodiles sur ce qui est en train de se passer en Afghanistan, ce sont souvent les mêmes qui ont validé, voté pour toutes les interventions militaires sur place et pour les occupations pendant que Jean-Luc Mélenchon depuis le début dénonçait l’intervention américaine parce qu’on pouvait déjà prévoir le résultat des courses que l’on voit sous nos yeux.
Jean-Luc Mélenchon joue son va-tout dans cette campagne qui sera sans doute la dernière qu’il conduira. Comme son inspirateur François Mitterrand, il caresse l’espoir que sa troisième candidature à l'Élysée sera la bonne. L’histoire le dira.
Jean-Luc Mélenchon