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interviewRMC — Face à Face· 10 février 2025 20 min

Face à Face : Olivier Faure - 10/02

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face. Apolline de Malherbe. Il est 8h32, vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Olivier Faure.

0:14
Olivier Faure

Bonjour Apolline de Malherbe.

0:15
Présentateur

Vous êtes le premier secrétaire du parti socialiste. C'est quoi être français ?

0:20
Olivier Faure

C'est quoi être français ?

0:21
Présentateur

Pour vous c'est quoi être français ?

0:23
Olivier Faure

C'est tout simplement d'abord vivre en France. C'est ensuite partager un projet. Et quelles que soient ses origines, sa religion, sa couleur de peau, la France, ça reste un projet. Et depuis la révolution française, ce sont aussi des valeurs essentielles qui sont rappelées au front de nos mairies, de nos écoles. Liberté, égalité, fraternité, auxquelles nous avons rajouté la laïcité. Et donc ce projet partagé, il permet à des gens qui ont une histoire qui peut plonger ses racines à des milliers de kilomètres de Paris, et bien de venir consolider ce que nous sommes. L'identité nationale, ça n'est pas une identité figée.

Nous sommes tous, même personnellement, appelés à modifier cette identité chaque jour en fonction de nos histoires respectives, en fonction de nos apports, en fonction de tout ce que nous vivons. Et donc, plutôt que d'avoir cette vision passéiste, un peu rance, disons les choses, et bien moi je souhaite que nous puissions avoir au moins la...

1:27
Présentateur

Ça veut dire quoi une vision passéiste ? On va y revenir, j'ai bien compris que dès le début...

1:30
Olivier Faure

Mais conservatrice, avoir cette idée que...

1:32
Présentateur

C'est quoi l'idée rance et conservatrice ? Ce serait laquelle ? Ce serait quelle vision de cette identité ou du fait d'être français ?

1:39
Olivier Faure

Cette espèce de rengaine sur une France qui serait blanche, catholique, etc. La France n'est pas ça. La France est un pays qui est un pays métissé.

1:48
Présentateur

Mais qui dit ça, aujourd'hui ?

1:50
Olivier Faure

Écoutez, je pense que...

1:51
Présentateur

Non mais est-ce que vous estimez...

1:53
Olivier Faure

Bruno Retailleau, Gérald Darmanin et toute une série de gens qui, aujourd'hui, cherchent à plaider un espèce de retour à des sources fantasmées, ça existe.

2:01
Présentateur

Les deux dont vous parlez sont membres du gouvernement.

2:03
Olivier Faure

Oui, absolument.

2:04
Présentateur

Un gouvernement que vous n'avez pas censuré. Olivier Faure, vous allez juste peut-être dire... On va y revenir, mais vous dites quand même ce matin que Bruno Retailleau ou Gérald Darmanin ont une vision d'une France qui serait une France blanche et catholique.

2:16
Olivier Faure

Ils ont une vision figée de ce qu'est notre pays. Avec cette idée qu'il faudrait revenir à des sources fantasmées de ce qu'aurait été la France, un âge d'or mythique et auquel il faudrait revenir. La vérité, c'est que tous les pays, et c'est valable pour le nôtre comme pour tous les autres, il évolue. Et la France, je le répète, est aujourd'hui un pays métissé, pluriculturel, plurireligieux et qui, aujourd'hui, plonge ses racines à la fois dans son histoire, mais aussi dans les apports successifs migratoires.

2:46
Présentateur

Est-ce qu'il faut changer les règles ? Et d'abord, est-ce qu'il faut en débattre ? Quand je vous entends et que vous avez l'air de dire que les choses peuvent évoluer et qu'elles ont évolué d'ailleurs au filet du temps, vous considérez-vous que le débat qui est en train de s'installer, et c'est pour ça, évidemment, que je vous pose la question, est finalement salutaire, le fait qu'il y ait un débat ? Vous dites pourquoi pas, c'est bien ?

3:04
Olivier Faure

Moi, ce que je crois, c'est qu'en 2008-2009, Nicolas Sarkozy avait déjà posé le débat. Sur l'identité de la France. Et qu'à l'époque, la gauche avait considéré que c'était un piège. C'était un piège, c'est vrai. Mais moi, je crois que parfois, il faut prendre son risque et plutôt que de laisser la place vide, qui est ensuite immédiatement occupée par la droite et par l'extrême droite, il faut que la gauche puisse parler fort de ce qu'elle pense être l'identité du pays.

3:30
Présentateur

Vous prendrez votre part dans ce débat ?

3:33
Olivier Faure

Je ne sais pas quelle forme il prendra. Ce que je dis simplement, c'est qu'on ne peut pas considérer à tout moment qu'en fuyant le débat, on consolide ses positions. Je crois au contraire que parfois, il faut affronter frontalement les positions de la droite et de l'extrême droite et rappeler que la France, c'est la révolution française, que c'est le Conseil national de la résistance, que c'est la décolonisation, que c'est aussi la construction européenne. Et que c'est ça qui forge aujourd'hui notre identité. Et qu'on n'est pas obligé de toujours considérer que comme le débat est piégé, il faut le fuir.

Moi, je ne veux pas fuir, je veux au contraire affronter, me confronter à ce que la droite et l'extrême droite portent aujourd'hui.

4:10
Présentateur

Affronter le débat, en débattre, mais jusqu'où ? C'est-à-dire, est-ce qu'aujourd'hui, vous estimez qu'il faudrait restreindre le droit du sol ?

4:19
Olivier Faure

Non, pas du tout. Pas du tout ? Pas du tout ?

4:21
Présentateur

En aucune manière ?

4:22
Olivier Faure

Mais justement, si on parle d'identité de la France, pardon, mais enfin, ça fait cinq siècles que le droit du sol, bien avant même la révolution française, était déjà la règle.

4:31
Présentateur

Tout à fait, depuis 1515 même, pour être tout à fait précis.

4:34
Olivier Faure

Voilà, exactement. Et donc, on a là un des éléments constitutifs de ce que nous sommes, qui a été consolidé ensuite par la révolution, par la république.

4:42
Présentateur

Mais ensuite, il y a eu des contours, c'est-à-dire, il y a la question de l'automaticité ou non de la nationalité française avec le droit du sol. Et il y a désormais cette question. Vous évoquiez vous-même l'idée qu'être français, c'est partager un certain nombre de valeurs et même un projet commun. Est-ce qu'il faut que ce soit exprimé ? Ma question, c'est, est-ce que partager ce projet, c'est automatique quand vous naissez en France et donc que vous devenez français à 18 ans ? Ou est-ce que, comme certains au gouvernement commencent à le laisser entendre, il faudrait exprimer la volonté de partager ce projet, c'est-à-dire demander cette nationalité ?

5:22
Olivier Faure

Vous, vous avez demandé à quel moment votre nationalité française, à quel moment avez-vous exprimé votre adhésion au projet ? Moi non plus, je ne l'ai pas fait.

5:33
Présentateur

Oui, mais c'est la question, je ne sais pas si vos deux parents, Olivier Faure, votre question est un peu étrange parce que vous-même, vous le savez, en France, il y a deux manières de devenir français. Oui, bien sûr. Il y a le droit du sang et le droit du sol. On ne vous a pas demandé parce qu'effectivement, vous rentriez dans la première catégorie. La question, c'est la deuxième. Est-ce qu'effectivement, Olivier Faure, vous considérez ? Aujourd'hui, ça, ça a évolué. Ça a évolué, y compris récemment. Parfois, il faut encore faire la démonstration d'y avoir vécu cinq ans. Est-ce que ça doit être moins ? Est-ce que ça doit être plus ? Je ne vous dis pas forcément qu'il faut le durcir.

Est-ce qu'il faut changer ces règles-là ?

6:04
Olivier Faure

Non, il ne faut pas les changer. Et ce que je dis simplement, c'est que je disais effectivement, la France est un projet au sens où ça n'est pas simplement une histoire, un patrimoine, une langue, mais c'est aussi un projet partagé. Mais ce projet, il doit, c'est à nous de le faire partager à celles et ceux qui vivent sur notre sol. Et quand vous avez un enfant qui est né en France, qui ne connaît que la France, vous voulez lui refuser vraiment la capacité à devenir français à 18 ans, mais pour quelle autre nationalité ? Pour quel autre pays qu'il ne connaît pas ? La vérité, c'est qu'on est là où on vit. Et la réalité, elle est celle-là.

Et donc, je ne vois pas très bien quelle est cette vision

6:42
Présentateur

d'exprimer le partage de ces valeurs dont vous parliez. Il n'y a pas besoin de les exprimer.

6:48
Olivier Faure

Mais l'expression, elle doit être quotidienne et elle doit d'abord venir de celles et ceux qui ont la charge du pays de faire partager un projet, de fédérer le projet. Voilà ce que moi, je crois. Et ce n'est pas, enfin, je ne comprends pas très bien comment on irait demander à un jeune de 16 ans de lui demander de partager un projet qu'il ne connaît pas. C'est le cas déjà,

7:07
Présentateur

il peut le faire spontanément. Vous le savez, j'imagine que vous avez bien en tête toutes les règles. En France, c'est automatique à 18 ans. Mais on peut également le demander. C'est-à-dire, on peut justement spontanément avoir cette demande par anticipation. Ça veut dire, Olivier Faure, qu'aujourd'hui, vous dites qu'il faut pouvoir en débattre. Mais la réponse que vous apportez déjà à ce débat, c'est que ça n'est pas pour changer la loi.

7:31
Olivier Faure

Oui, absolument. Moi, je souhaite la confrontation. Je souhaite qu'on en finisse avec ces fantasmes qui sont en permanence véhiculés par une partie de la droite et par l'extrême droite. Je vois cet alignement progressif de ces deux planètes sur les mêmes sujets. Je vois que des gens qui autrefois étaient en réalité avec une vision plus républicaine, plus affirmée. Et aujourd'hui, je vois qu'il y a un glissement progressif d'une partie de la droite vers les thèmes qui sont ceux de l'extrême droite. Et donc, ce que je souhaite, c'est que la bataille culturelle soit menée par la gauche et que nous n'acceptions pas de cette lente dérive.

Surtout que nous n'acceptions pas non plus de fuir le débat parce que ce débat que nous fuyons, il laisse un vide et ce vide, il est progressivement occupé par la droite et l'extrême droite.

8:17
Présentateur

Quand vous dites qu'il y a ce glissement, est-ce que c'est le glissement des partis ou est-ce que c'est le glissement des Français ? Quand je vois que les Français eux-mêmes, et notamment interrogés par l'Institut Ipsos pour la tribune dimanche hier, disent que 74 des Français estiment qu'il faudrait une consultation populaire sur les aspects sociaux de la politique migratoire et notamment sur une question dont ils considèrent qu'il faut la poser, est-ce qu'il faut ou non un accès au logement et aux allocations sociales pour les étrangers ? Est-ce que vous considérez que c'est les Français ?

8:43
Olivier Faure

Là, on a dérivé d'un sujet à un autre, d'ailleurs, vous le remarquerez. Tout à fait, tout à fait.

8:47
Présentateur

Et on sent bien que c'est aussi ces questions-là qui agitent. Est-ce que tout cela, vous estimez que c'est une sorte de paquet de l'extrême droite qui aurait contaminé à la fois la classe politique française et les Français ?

8:57
Olivier Faure

Absolument. Il y a aujourd'hui une forme d'aversion entretenue pour l'étranger qui devient l'ennemi systématique alors même que rien ne le justifie. Et là, tout à l'heure, on parlait des Français, des jeunes Français qui deviennent à 18 ans

9:15
Présentateur

ou avant, s'ils le demandent.

9:16
Olivier Faure

Eh bien, la réalité, c'est qu'on parle de 30 000 personnes par an. Et donc, on est là à parler de submersion, à parler, en fait, de phénomènes miratoires. Submersion,

9:25
Présentateur

c'est donc le mot du Premier ministre. C'est le mot

9:26
Olivier Faure

du Premier ministre et qui est surtout d'abord un mot de l'extrême droite. Et donc, malheureusement, ce que je vois, c'est que progressivement, la sémantique utilisée par une partie de la droite reprend celle de l'extrême droite et renvoie à des concepts qui sont développés par l'extrême droite depuis longtemps et qui font appel à cette idée que nous serions aujourd'hui envahis, que nous serions à la veille d'un grand remplacement, grand remplacement qui n'existe nulle part. Les étrangers en France, c'est moins de 10% de la population. Est-ce que vous estimez ? En Suisse, c'est 30%. Et qui pense qu'aujourd'hui, les Suisses sont devenus autre chose que ce qu'ils ont toujours été.

10:00
Présentateur

Est-ce que vous estimez qu'il faudrait un référendum sur l'immigration ?

10:02
Olivier Faure

Non, je ne pense pas que ce soit un sujet qui soit possiblement tranché par un oui ou un non. La question est plus complexe. Ça peut être le débat d'une élection présidentielle. Ça peut être le débat qui serait organisé aussi au Parlement. Mais je ne souhaite pas que ce soit un débat qui devienne caricatural et qu'on transforme les étrangers en bouc émissaire. Ce serait trop simple.

10:23
Présentateur

Olivier Faure, est-ce que vous regrettez d'avoir maintenu en quelque sorte en place ce gouvernement pour qu'aujourd'hui, comme vous le dites, un Brune Retailleau ou un Gérald Darmanin à vos yeux reprennent les thèmes de l'extrême droite ?

10:35
Olivier Faure

Ce que nous avons fait, nous l'avons fait en responsabilité avec l'idée qu'il fallait un budget pour la France et que faire tomber le gouvernement au moment où on adopte le budget, c'était une très mauvaise idée pour des raisons qui sont simples à comprendre. Jusqu'au mois de juin, en gros, nous n'aurions pas eu de budget. Est-ce qu'un grand pays comme la France peut se passer de budget pour ses collectivités locales, pour ses associations, pour les entreprises qui vivent de la commande publique ? Bref, toute une série de conséquences économiques qui auraient été gravissimes parce que les entreprises, par exemple, ont besoin d'un cadre fiscal et social pour savoir comment avancer.

Est-ce qu'elles investissent ? Est-ce qu'elles embauchent ? Est-ce qu'elles... Donc, il n'y a pas de regret. Donc, il n'y a pas de regret. En revanche, il y a évidemment une confusion que je ne voudrais pas entretenir. C'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'à un moment, on refuse de censurer le gouvernement pour permettre d'avoir un budget pour la France qu'il faudrait considérer que nous soutenons l'ensemble de l'œuvre de ce gouvernement. Nous n'avons pas soutenu le budget. Nous avons demandé est-ce qu'il y a un budget ? Mais ce budget n'était pas le nôtre et il n'est toujours pas le nôtre.

Et quant à la politique que je vois se développer jour après jour, notamment sur la question migratoire, eh bien là, il n'y a aucune raison de soutenir ce gouvernement. Nous sommes dans un tipote de ce que nous portons.

11:44
Présentateur

Est-ce que ça veut dire que vous pourriez aller jusqu'à le faire chuter ?

11:46
Olivier Faure

Ça veut dire que le 19 février prochain, eh bien, il y aura ce qu'on appelle un 49-2, non pas un 49-3, mais qui portera notamment sur toutes les questions qui n'ont pas été traitées jusqu'ici et qui méritent de l'être parce que nous avons une vision différente de ce qu'est le pays, de ce qu'est son avenir et de la concorde à créer entre les Français et les Français et donc nous irons effectivement à l'aventure. Olivier Faure,

12:12
Présentateur

c'est une sorçure pour du beurre.

12:13
Olivier Faure

Pourquoi pour du beurre ?

12:14
Présentateur

C'est une sorçure pour du beurre. Vous savez très bien qu'elle n'a aucune chance de passer.

12:17
Olivier Faure

Mais pas moins que celle qui a été proposée par les Insoumis il y a quelques jours. Et d'ailleurs,

12:22
Présentateur

l'auriez-vous déposée ? Si vous aviez un doute, j'en crois, les propos de François Hollande lui-même qui jusqu'à preuve du contraire est quand même membre de votre parti, de vos rangs et qui dit qu'en fait cette censure du 49-2 que vous déposerez dans quelques jours n'a pas vocation à censurer pour de vrai.

12:39
Olivier Faure

Ça c'est François Hollande qui le dit pour lui-même. Je pense que lui n'a pas envie de la voter. Mais moi ce que je sais c'est qu'il y a eu une décision à la fois du parti et du groupe et que la décision était très claire. C'est-à-dire qu'on ne censure pas au moment du budget pour laisser un budget à la France. En revanche, on le censurera au moment opportun, c'est-à-dire après la séquence budgétaire. Pourquoi il le dit ? Mais je n'en sais rien pourquoi il le dit. Ce que je sais c'est qu'il ne s'exprime qu'en son nom personnel et que la décision collective qui a été prise n'est pas celle-là.

13:06
Présentateur

Mais est-ce que vous ne vous retrouvez pas finalement, Olivier Faure, à déposer cette motion de censure pour faire genre ? C'est-à-dire pour dire allez, regardez, on a quand même un peu censuré.

13:14
Olivier Faure

Mais vous avez l'impression que je fais genre ? Vous avez l'impression que...

13:16
Présentateur

Là-dessus, je me demande. Honnêtement, vous avez été trouver un truc, un 49-2 pour pouvoir dire que vous censuriez. Et en même temps, vous savez très bien. Et d'ailleurs, François Hollande, alors je veux bien qu'il ne s'exprime qu'en son nom, mais il était présent à toutes ces réunions. Et François Hollande, il dit si l'on avait le moindre signal sur le fait que le RN s'apprêtait à signer cette motion de censure avec nous, à la voter, c'est-à-dire donc à potentiellement faire tomber le gouvernement, alors on prendrait nos responsabilités. Sous-entendu, on la retirerait.

13:43
Olivier Faure

Mais vous imaginez le ridicule ? Vous imaginez, en fait, que nous déposions une motion de censure et qu'ensuite, parce qu'elle a des chances de passer, on ne la vote pas ? Non mais attendez, le ridicule peut tuer.

13:56
Présentateur

Donc il invente complètement, il fantasme, pour reprendre notre expression de tout à l'heure. Je ne dis pas

13:59
Olivier Faure

s'il fantasme, mais en tout cas, je trouve que cette position est absurde. On ne peut pas dire je souhaite que le gouvernement tombe et si le gouvernement tombe, ah non, mais je retire tout, pardon, je me suis trompé.

14:09
Présentateur

Donc vous souhaitez vraiment que le gouvernement tombe ?

14:11
Olivier Faure

Mais moi je souhaite que comme pour toutes les mesures de censure, elle a son terme et nous verrons bien ce qu'il se passera. Soit elle est votée par toute la gauche et par d'autres à l'extrême droite et donc le gouvernement tombera et ce ne sera pas un malheur parce que la réalité c'est qu'il y a déjà un budget et donc que nous pourrons continuer à avancer. Vous souhaitez

14:28
Présentateur

que le gouvernement tombe ?

14:30
Olivier Faure

Moi je souhaite qu'il y ait demain une loi de finance rectificative. Je souhaite que demain on puisse corriger ce budget. donc je préférerais un premier ministre ou une première ministre de gauche plutôt qu'un premier ministre de droite. Ça me paraît une évidence. Je ne suis pas passé, je n'ai pas basculé à droite d'un seul coup dans la nuit sans m'en rendre compte. Pardon, mais je suis resté un homme de gauche et je continue à croire qu'il faut une politique de gauche que j'ai payé. C'est pas à moi qu'il veut dire,

14:51
Présentateur

Olivier Faure, c'est d'abord à vos partenaires ou ex-partenaires qui ont fait ce fameux montage. Vous aviez demandé des excuses, Olivier Faure, où on voyait les deux faces d'une seule et même personne, Marine Le Pen et vous-même étant les deux faces d'une seule et même personne. Vous aviez demandé des excuses, Mathilde Panot, ici même, vous les a refusées.

15:12
Olivier Faure

Je regrette. Je regrette cette attitude qui est complètement incompréhensible de la part de gens qui, en réalité, s'estiment capables de rassembler la gauche. Mais qui veulent-ils rassembler avec ce type de montage ? C'est tout simplement honteux. Renvoyer le Parti Socialiste à l'extrême droite et du même coup banaliser l'extrême droite ? Ça a quel sens ? Bon, ils l'ont retiré subrepticement, ce qui prouve qu'ils n'étaient pas forcément très à l'aise avec leurs propres gestes. Mais franchement, il y a des moments où on se demande ce qui peut traverser leur esprit.

15:47
Présentateur

Est-ce qu'aujourd'hui, vous dites LFI et l'EPS, c'est fini ?

15:51
Olivier Faure

Je dis que moi, je continue à considérer qu'il faut rassembler l'ensemble de la gauche. Mais il y a aujourd'hui des gens, je distingue, les électeurs de la France Insoumise qui sont des gens parfaitement, des gens avec qui je suis parfaitement à l'aise, des gens avec qui je discute chaque semaine, des gens qui parfois ne comprennent même pas celui avec lequel ils ont pourtant partilié, je pense à Jean-Luc Mélenchon.

Et puis, en même temps, il y a parfois leurs dirigeants, Jean-Luc Mélenchon, de dérapage en dérapage, une partie des siens qui deviennent incompréhensibles, illisibles, parce que qui pense-t-il convaincre par ce type de comportement et comment peuvent-ils penser gagner un jour une élection quelconque en divisant systématiquement la gauche ?

16:41
Présentateur

Ça veut dire que pour vous, aujourd'hui, LFI ne peut plus gagner les élections ?

16:45
Olivier Faure

Je pense qu'aujourd'hui, LFI fait la démonstration qu'en s'isolant jour après jour, en découpant la gauche en petits morceaux, ils ne peuvent pas gagner. Et moi, ce que je souhaite du plus profondement même, c'est évidemment d'éviter une catastrophe absolue que serait la victoire de l'extrême droite en 2027 ou avant si le chef de l'État devait démissionner. Et donc, ça suppose non pas de chercher à découper en rondelles la gauche, mais au contraire, à faire en sorte

17:10
Présentateur

Est-ce que ça veut dire qu'au moment où on se parle, vous souhaitez toujours, vous espérez toujours avoir un candidat commun LFI-PS pour 2027 ?

17:18
Olivier Faure

Moi, je souhaite un candidat commun de la gauche. J'ai compris que les insoumis auraient leur candidat et donc, ils auront leur candidat. Et je souhaite qu'il y ait un candidat commun pour le reste de la gauche.

17:27
Présentateur

Mais s'ils proposaient une forme de primaire de la gauche allant de LFI au PS en passant par les écolos et les communistes ?

17:36
Olivier Faure

Écoutez, ils s'y sont déjà refusés. Vous avez entendu Jean-Luc Mélenchon dire que cette fois-ci, ce sera tout le projet, rien que le projet des insoumis. Et je propose, Jean-Luc Mélenchon, à la gauche, dans un mouvement de générosité incroyable, je propose d'avoir un candidat commun de toute la gauche qui sera celui ou celle qui défend le mieux le projet que j'ai construit. Bon, en gros, j'ai mon projet et je serai le candidat. Bon, ben voilà, cette histoire est terminée.

Donc, maintenant, la question, c'est de savoir si le reste de la gauche et des écologistes sont capables ou non de produire un candidat commun qui permette d'arriver à l'élection présidentielle en fédérant le plus largement possible la gauche pour accéder au second tour.

18:15
Présentateur

Écologistes et socialistes. Olivier Faure, le 19, il y aura donc votre motion de censure le 20 février à l'agenda. Il y a une proposition de loi défendue par Gérald Darmanin sur l'interdiction de mariage lorsque l'un des époux est en situation irrégulière. Est-ce que vous avez vu cette histoire ? Robert Ménard, donc le maire de Béziers, qui avait refusé alors qu'il voyait se présenter en mairie un couple, une femme de nationalité française, mais un ressortissant algérien sous le coup d'une obligation de quitter le territoire au QTF. Par ailleurs, connu des services de police pour vol et pour violence, il a refusé de les marier. C'était en 2023.

Il est donc convoqué devant la justice cette semaine. Il risque jusqu'à 50 prisons et 75 000 euros d'amende. La contradiction entre le fait que le mariage est l'un des motifs d'annulation possibles d'OQTF et justement une OQTF qui, pour se marier, serait refusée par un maire. Vous auriez fait quoi, vous, à la place de Robert Ménard ?

19:09
Olivier Faure

Quand on a face à soi un mariage qu'on considère comme un mariage blanc, il est légitime de s'y opposer. C'est-à-dire que si c'est un mariage blanc, pour rappel, c'est un mariage factice et qui a seulement pour but de permettre...

19:22
Présentateur

Vous l'auriez donc refusé ?

19:23
Olivier Faure

S'il y a la preuve qu'on est face à un mariage blanc, la logique, c'est effectivement de s'y opposer. Là, la question,

19:29
Présentateur

ce n'est pas le mariage blanc. On ne sait pas si l'amour était sincère. La question, c'est de l'occuter.

19:33
Olivier Faure

C'est là où je voulais en venir. C'est que si c'est un mariage qui est un mariage blanc, c'est-à-dire si les gens ne se connaissent pas, s'ils n'ont aucune vie commune qui précède le mariage, si, à l'évidence, personne ne les a jamais vues ensemble, il faut s'y opposer. Parce que là, c'est une fraude. L'OQTF, à vos yeux,

19:48
Présentateur

n'est pas en soi ?

19:49
Olivier Faure

Mais l'OQTF, en soi, ça ne veut pas dire que les gens ne s'aiment pas. Peut-être que ces gens vivaient ensemble depuis 5 ans, 10 ans et qu'ils avaient des liens tels que le mariage se justifiait pleinement. Et donc, ce qu'il faut rechercher, ce n'est pas de savoir s'il y a une OQTF, c'est de savoir si les gens ont véritablement des liens qui font d'eux un couple. Voilà, exactement.

20:11
Présentateur

Merci Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste et député de Seine-et-Marne, d'être venu ce matin. Il est 8h52 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV.

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