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interviewBFMTV· 12 janvier 2026 19 min

Colère agricole, Mercosur, oeufs...l'interview d'Annie Genevard en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Annie Gennevard. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes la ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire, de la souveraineté alimentaire en France, avec évidemment cette colère des agriculteurs. Ils sont encore ce matin avec des barrages filtrants sur l'A1, quelques blocages sur le port du Havre, en Savoie. On va y revenir dans un instant. Ils continuent à être en colère et notamment sur le Mercosur. Reste-t-il d'ailleurs une possibilité pour que cet accord n'entre pas en vigueur ? Je vous pose la question dans un instant, mais je voudrais d'abord vous interroger sur les oeufs.

Les oeufs parce qu'il semble que ce soit au fond le symptôme de ce qui ne fonctionne pas ici. Vous l'avez peut-être remarqué, ou en tout cas ceux qui nous écoutent et qui nous regardent l'ont remarqué, c'est sûr. Il manque des oeufs dans les rayons. Il y a même des rayons qui sont vides, qui n'ont plus d'oeufs. Alors oui, il y a eu le problème de la neige et de l'approvisionnement, mais il y avait une très grande tension sur les oeufs. Aujourd'hui, est-ce que vous pouvez nous dire qu'on va simplifier la possibilité pour les agriculteurs de produire des oeufs ?

0:55
Annie Genevard

C'est très symptomatique la crise de l'oeuf. On consomme de plus en plus d'oeufs parce que c'est une protéine pas chère. Mais on n'en produit pas assez. On n'en produit pas assez et pour quelles raisons ? C'est parce que c'est trop compliqué aujourd'hui d'installer des bâtiments d'élevage, des poulaillers. D'une part parce que la réglementation est très contraignante et la loi visant à lever les entraves, la loi dite du plomb, permettra dès lors qu'elle sera parfaitement appliquée de pouvoir lever une partie des freins qui pèsent sur l'installation de bâtiments d'élevage.

Vous savez aujourd'hui que la réglementation sur un poulailler, c'est comme si c'était un bâtiment industriel, une industrie sensible. Mais pardon, Annie Genmar, c'est la France qui s'est tiré une balle d'ancier toute seule. Bien sûr, mais bien sûr, la France surtranspose, la France complique la vie des agriculteurs. Et moi, mon travail, depuis que je suis arrivée, j'ai inscrit la simplification au fronton de mon ministère.

1:54
Présentateur

Vous l'avez inscrit, mais dans les faits, cette histoire est quand même délirante. Pourquoi effectivement on manque de... Vous le disiez, il y a une question de pouvoir d'achat, c'est de la protéine pas chère. Dans le même temps, on a donc contraint tout seul. Personne ne nous le demandait, ni l'Union Européenne, ni personne d'autre. Ce n'est pas la faute du Mercosur ou de qui que ce soit. On a mis en place un objectif, et c'est dans la loi française désormais, d'atteindre 90% de poules pondeuses élevées dans des systèmes d'élevage alternatifs à la cage. C'est très bien, c'est très vertueux.

Sauf que dans le même temps, on met en moyenne deux ans pour un agriculteur pour pouvoir adapter ses locaux. Donc on se retrouve avec une courbe qui se croise, plus de demandes, moins d'offres, on produit moins. C'est la faute de personne d'autre que nous.

2:35
Annie Genevard

Vous avez parfaitement résumé la situation. Et c'est la raison pour laquelle, moi, j'ai défendu cette loi du Plomb-Menonville, dont vous savez à quel point elle a hérissé le poil des écologistes les plus idéologues, les plus radicaux. Mais en réalité, elle pointait du doigt, effectivement, un problème franco-français. Mais je veux ajouter une chose, si vous permettez, Apolline de Baleur. Allez-y, mais... Il faut aussi que les Français acceptent qu'on construise des poulaillers. Il y a quatre projets de poulaillers qui sont retoqués parce que les Français ne veulent plus voir de bâtiments d'élevage.

Parce qu'ils considèrent, pour certains d'entre eux, qui connaissent mal le sujet, que c'est un lieu où on maltraite les animaux. Voilà, c'est devenu un problème, véritablement, qui est un handicap profond et auquel il faut qu'on apporte des solutions.

3:23
Présentateur

On va y revenir sur la question, au fond, ce que vous dites d'une forme presque de... Les syndicats et notamment la coordination rurale estiment aujourd'hui qu'il y a une sorte de contamination, c'est leur expression, écolo dans l'esprit des Français et des politiques. Mais pardon, vous avez dit la loi du plomb, vous avez commencé par dire « permet désormais ». Oui. Mais vous vous êtes reprise et vous avez dit « permettra ».

3:44
Annie Genevard

Oui, parce que ça... Parce qu'il n'y a toujours pas les décrets. Parce que fin janvier, vous savez, il y a des procédures... Qu'est-ce qu'on attend ? Mais oui, mais il y a... Il faut bien considérer que d'abord, il y a un temps incompressible durant lequel les lois trouvent leur expression sur le terrain dans la réalité des choses. Bon, il y a le Conseil d'État, il y a les consultations publiques. Mais là, ça date d'avant l'été dernier. Mais oui, mais ça, c'est le fonctionnement de nos institutions. Donc nous, on bouscule le calendrier parce qu'effectivement, il y a une forme d'urgence. La colère des agriculteurs, elle est profonde. Leurs revendications sont légitimes.

Et nous les entendons au plus haut niveau du gouvernement. Et elle me touche, cette colère. Mais il faut apporter des solutions.

4:30
Présentateur

Moi, je ne veux pas de blabla. Là, on est quand même dans un moment où on se rend compte qu'il y a des intentions d'un côté et il y a la réalité de l'autre. La réalité, et quand on dissèque cette problématique de l'œuf, on s'en rend bien compte, vous dites, ça va aller plus vite, mais ça fait des années que vous leur dites et les décrets, encore une fois, ne sont toujours pas paru. Non, la loi a été... Pouvez-vous vous engager à ce que les décrets de la loi du plomb soient effectivement publiés

4:55
Annie Genevard

avant la fin du mois ? En tout cas, sur les JCP, les installations classées pour les bâtiments d'élevage, oui, les décrets seront pris avant la fin du mois. Mais pas pour toute la loi, j'en déduis, puisque vous précisez qu'il y a un morceau

5:12
Présentateur

qui ne passera pas les autres.

5:13
Annie Genevard

Mais en tout cas, celui-là, il est extrêmement attendu. Il est extrêmement attendu. Mais qu'est-ce qui bloque le reste ? Oui, mais le législateur a voulu des consultations publiques, a voulu une gestion interministérielle des sujets. Il y a beaucoup de sujets qui relèvent de l'agriculture, mais il y a beaucoup de sujets qui relèvent aussi d'autres ministères. Et donc, cette dimension interministérielle, elle est un fait. On fait avec ce que... Mais au fond, les agriculteurs se moquent de tout cela. Les agriculteurs veulent des résultats tangibles. Et je peux leur dire, prenons un autre exemple, la question de l'eau, qui est une question extrêmement sensible.

La simplification, nous l'avons décrétée. Le Premier ministre a pris un engagement très clair. On réduira le contentieux. Et lorsqu'il y aura des recours abusifs contre des projets de stockage de l'eau, eh bien, ceux qui feront preuve d'un recours abusif pourront être poursuivis.

6:12
Présentateur

Vous l'avez dit, tous les dossiers hydrauliques bloqués actuellement seront réétudiés pour les débloquer le plus vite possible.

6:19
Annie Genevard

Le plus vite possible, ça veut dire quand ? Le plus vite possible, ça veut dire qu'il faut réduire le temps du contentieux. C'est un engagement que le Premier ministre et moi avons pris devant les agriculteurs. Parce que beaucoup de projets de stockage de l'eau font l'objet de recours de la part de ceux qui ne veulent pas du tout de stockage. Et c'est un vrai scandale parce qu'il y a des régions françaises, et en particulier l'Occitanie, où il n'y a pas d'eau. Et s'il n'y a pas d'eau, il n'y a pas de production agricole et il n'y a pas de souveraineté alimentaire.

6:46
Présentateur

Encore de très nombreuses questions très concrètes à vous poser. Mais le Mercosur d'abord. Vendredi, Ursula von der Leyen partira au Paraguay pour signer officiellement le traité samedi. Est-ce que c'est fichu ?

6:57
Annie Genevard

Pour le parafait. La ratification, elle sera une fois que le Parlement se sera prononcé. Le Parlement européen. Vous êtes sûre de ça ? Ah ben oui, le Parlement européen se prononcera sur le Mercosur.

7:08
Présentateur

Non, parce que vous l'avez vu, un certain nombre de députés européens, et notamment Céline Imar, qui est de la même famille politique que vous, elle est de la famille des Républicains, elle a tweeté, alerte Mercosur, écoeuré, j'apprends que la présidence chypriote a retiré du vote la déclaration qui suspendait l'entrée en vigueur du Mercosur jusqu'au vote du Parlement. Cet article serait absent du traité tel qu'il a été signé. Est-ce vrai ?

7:33
Annie Genevard

Ce qui se passe, c'est qu'il était convenu que le Parlement se prononce avant l'application provisoire. Voilà. Et la présidence chypriote, effectivement, a retiré cette possibilité, qui était dérogatoire, parce que l'application directe, et de droit commun, pour permettre que le Parlement s'exprime avant l'application provisoire, il faut une délibération. Et c'est cette délibération qui a été retirée.

8:01
Présentateur

Attendez, Annie Gennevard, ça veut dire que samedi, quand ce sera signé, c'est d'application immédiate ? C'est d'application provisoire.

8:08
Annie Genevard

Ça peut être d'application provisoire. Ça sera d'application immédiate. Samedi soir, ça s'applique. Ça peut être d'application provisoire immédiate, effectivement, parce que c'est le droit commun. Ça veut dire quoi ? Ça le sera ou ça ne le sera pas ? Écoutez, moi je ne sais pas, la conférence des présidents, vous savez que chaque séance du Parlement est précédée d'une conférence des présidents. Cette conférence des présidents déterminera ou non si cette disposition... Ça a l'air assez mal parti, ça veut dire qu'en réalité... On verra, on verra à la conférence des présidents ce qui est inscrit véritablement à l'ordre du jour.

Moi, je considère que la démocratie impose que le Parlement soit consulté. Soit consulté à toutes les étapes de la procédure. Mais in fine, moi je dis à Céline Imard, je dis à mes amis républicains, je dis à tous ces parlementaires européens, c'est vous maintenant qui avez la main. C'est vous qui avez la main et vous devez convaincre autour de vous, effectivement...

9:05
Présentateur

Je suis quand même assez surprise, Agnès Gennevard. Ça veut dire que non seulement la voix de la France n'a pas été entendue, mais ça veut même dire que les quelques garde-fous qu'il y avait ont été volontairement supprimés de ce traité.

9:19
Annie Genevard

Non, alors je vous reprends sur ce point. Je voudrais vous dire, parce que moi ça fait des mois maintenant que je sillonne les capitales européennes pour convaincre nos partenaires de ne pas voter ce projet d'accord, que j'ai toujours considéré comme mauvais, parce qu'il expose des filières qui sont très sensibles chez nous, le bœuf, la volaille justement, l'éthanol, le sucre, le miel. Et en même temps que la France se battait pour que l'accord ne soit pas signé, nous nous sommes battus aussi pour imposer la clause de sauvegarde, la réciprocité des normes, l'augmentation des contrôles. Ce sont les combats de la France.

Le projet d'accord tel qu'il sera paraffé au Paraguay n'est pas le même que celui qui a été paraffé à Montevideo il y a un an. Ce n'est pas le même et c'était la France qu'on le doit. La France, à la fois, a fait bouger les lignes et en même temps, elle a exprimé un choix, un choix courageux, un choix qui défend le monde de l'agriculture, parce que c'est un combat noble, un combat juste, et qui, même si on est... Vous savez, l'Union européenne, c'est 27 États souverains. Tout le monde n'a pas la même agriculture en Europe. Et ce n'est pas un hasard si la Pologne, la Hongrie, l'Irlande, l'Autriche, la Belgique nous ont rejoints, parce que ce sont de grands pays agricoles comme nous.

Mais ce n'est pas parce qu'on risquait d'être minoritaires que ce combat, il ne fallait pas le mener. Nous l'avons mené et nous avons fait bouger des lignes. Alors évidemment, je ne vais pas vous dire le contraire, on aurait préféré que l'accord ne soit pas adopté, mais je peux vous dire une chose, Apolline de Malherme, c'est que ce combat que nous avons mené, que j'ai mené personnellement avec Benjamin Haddad, avec le Premier ministre, avec le Président de la République, fait que les prochains accords de libre-échange que l'Union européenne conclura au nom des pays membres ne seront pas les mêmes qu'avant ces négociations sur le Mercosur.

11:08
Présentateur

Au fond, ce qui m'intéresse, c'est les effets concrets. On l'a bien compris, vous avez parlé d'un nom puissant. Ce nom, il a été quand même globalement impuissant à faire empêcher ce traité qui donc sera signé samedi et vous le confirmez ce matin, qui entrera en vigueur immédiate tout en pouvant être suspendu si le vote du Parlement le 20 janvier prochain votait contre.

11:30
Annie Genevard

Est-ce que là-dessus je suis... Non, l'application immédiate n'est pas certaine. Tout dépendra de ce qui se passera au Parlement le 20 janvier. Tout dépend. Écoutez, moi je dis à tous mes amis républicains, je dis à tous ceux aussi qui nous donnent des leçons matin, midi et soir, faites la preuve que vous pouvez mobiliser au Parlement pour obtenir que le Parlement s'exprime et empêche l'application provisoire et surtout, voilà.

11:59
Présentateur

Vous appelez tous les députés européens français à voter contre. Annie Gennevard, autre question très concrète. Vous vous étiez engagée, et vous avez pris cet engagement vis-à-vis notamment des agriculteurs, à interdire l'importation de fruits venus d'Amérique du Sud qui comprendraient des résidus de produits interdits ici. Vous parliez notamment de l'avocat, de la goyave, de la mangue. J'ai posé la question à la grande distribution cette semaine, et notamment à Alexandre Bompard à la tête de Carrefour. Il dit en fait que c'est théorique, puisque dans les faits, ça n'existe déjà plus.

12:33
Annie Genevard

Ça veut dire peut-être que chez Carrefour, il y a peu de produits importés de cette nature. On verra bien. De toute façon, vous savez, les Français demandent à ce que les agriculteurs soient soumis aux mêmes règles français, et les mêmes règles que les agriculteurs étrangers. Et la réciprocité des normes en matière de produits phytosanitaires, ça me paraît être une exigence sanitaire et économique minimale.

13:02
Présentateur

– Évidemment, mais le problème c'est aussi nos voisins, dans ce cas, pas seulement l'Amérique du Sud. – C'est l'Espagne, c'est l'Allemagne, c'est la Hollande. – Ces produits sont interdits partout dans l'Union Européenne. – Oui, mais les autres, en fait, à partir du moment où on applique cette logique-là, pourquoi on ne l'applique pas à nos voisins ?

13:19
Annie Genevard

– Alors, parce qu'on a surtransposé précisément. On s'est mis un boulet, un de plus, au pied. Et moi, mon travail, c'est d'enlever les boulets, les uns après les autres. Mais vous avez vu le combat, moi je me suis exposée dans le combat sur l'acétamipride, qui est devenu un objet irrationnel. Il est utilisé partout dans l'Union Européenne. Quand je vais voir les arboriculteurs, et qu'un arboriculteur, producteur de pommes, me dit en larmes, voyez ma récolte, parce que je n'ai pas pu traiter les ravageurs.

Moi, je dis à tous ceux qui nous donnent des leçons en la matière, je leur dis, allez discuter avec les arboriculteurs, osez leur dire en face, nous on a raison, votre récolte, elle est perdue, mais ce n'est pas le problème. Le problème, c'est d'interdire une substance que tous les pays européens autorisent, à moins de considérer qu'ils empoisonnent tous.

14:12
Présentateur

– Soit on l'interdit à tout le monde, soit on l'autorise pour tout le monde. – Sur cette question des importations d'Amérique du Sud, vous aviez parlé d'une brigade qui allait être mise en place pour vérifier. Ça va se passer comment ? Et cette brigade, c'est combien de personnes ?

14:28
Annie Genevard

– Alors, dès qu'on sera sortis du processus Brexit, c'est-à-dire, vous savez qu'à la suite du Brexit, on a conclu des accords, l'Union Européenne a conclu des accords avec le Royaume-Uni. Donc, ça va libérer des personnels qui étaient dédiés au contrôle des importations britanniques. Donc, avec ces personnels-là, je vais pouvoir monter… – C'est quand ? C'est quoi le calendrier ? – C'est imminent, c'est dans le premier trimestre ou le premier semestre de 2026. Et puis, je vais faire ce travail avec Amélie de Montchalin, qui est la ministre des Douanes.

15:04
Présentateur

– Ça veut dire que vous n'allez pas recruter en particulier ? Vous attendez qu'ils soient libérés d'autres missions ?

15:07
Annie Genevard

– On va à la fois utiliser, parce qu'on partage avec la ministre des Douanes cette compétence du contrôle des denrées importées. Donc, on va se mettre d'accord pour mettre sur pied cette brigade le plus vite possible, parce qu'on voit bien que les mouvements de blocage sur le port du Havre ou dans le nord de la France, point du doigt, le sujet des contrôles. Et les contrôles, c'est la responsabilité… – Un barrage de trance sur l'A1, blocage du port du Havre et un blocage de dépôt de carburant. – C'est la responsabilité de l'État. Et moi, je comprends tout à fait que les agriculteurs mettent l'accent sur cette question des contrôles. – Mais Annie Gennevard, sur cette question des contrôles…

– Notamment sur les contrôles qui viennent des ports du Nord, des ports européens du Nord, par lesquels transitent les denrées importées.

15:50
Présentateur

– C'est là encore une question, j'allais dire, où on a été nous-mêmes les artisans de notre propre faiblesse. C'est que, comme vous le dites, nous n'avons pas assez de personnes pour contrôler. Donc on est obligé d'attendre qu'ils soient libérés d'une mission pour pouvoir s'occuper de l'autre. Dans le même temps, Annie Gennevard, il ne vous aura pas échappé également qu'on a promis davantage de contrôles sur les petits colis. C'est les mêmes. C'est tout ça à durée à peu près stable. Parce que vous savez combien de nouveaux douaniers vont être recrutés cette année ? – 18.

16:18
Annie Genevard

– Ah non, mais moi… – 18 pour la France. – Non, non, mais ce sera une brigade beaucoup plus nombreuse. « Permettez tout de même, je viens de l'annoncer ». Donc c'est une démarche qui est forte, une annonce qui est forte. Quand on va se mettre à contrôler avec plusieurs dizaines de douaniers, de personnels dédiés, alors à la fois sur les analyses qu'on va faire sur les produits importés, puis contrôler aussi qu'il n'y a pas ce qu'on appelle la francisation, qui est un délit. – C'est quoi la francisation ? C'est faire semblant que ce sont des produits français ? – C'est faire passer pour français des produits qui ne le sont pas.

16:53
Présentateur

– Parce qu'ils seraient passés juste sur une étape en France. – Voilà. Annie Gennevard, mercredi, il y a deux motions de censure qui seront examinées, du RN et de la France insoumise, contre le Mercosur, voulant censurer le gouvernement à cause du Mercosur. Comment vous réagissez à ça ? Et qu'est-ce que vous dites aux députés français ?

17:11
Annie Genevard

– Moi je dis que c'est d'un cynisme et d'une incohérence absolue. Enfin, songer qu'à propos du Mercosur, on dépose des motions de censure. – Pourquoi ? Pour condamner un vote qu'ils appelaient de leur vœu ? On a voté non. C'est complètement, c'est vraiment de la petite politique.

Parce que si le gouvernement est censuré, ce qui est en jeu, les 130 millions annoncés pour la viticulture, qui est exsangue budgétairement, financièrement, les 40 millions du Fonds d'urgence pour les grandes cultures, qui ont eu des récoltes désastreuses et qui sont confrontées à une augmentation de leurs charges, le triplement du fonds hydraulique qui va permettre d'apporter de l'eau là où elle n'est pas, le doublement de l'aide que je vais apporter aux éleveurs dont les animaux sont bloqués en raison de la dermatologie.

18:02
Présentateur

– Tout ça ne serait pas appliqué, faute de budget.

18:05
Annie Genevard

– Tout ça ne sera pas délivrable, faute de budget. Donc tous ces parlementaires-là de la viticulture, je leur dis, il y en a beaucoup du Rassemblement national, vous voulez censurer le gouvernement ? Qu'est-ce que vous allez dire à vos viticulteurs demain qui attendent le déblocage des aides à l'arrachage pour essayer de diminuer la production de vin ?

18:29
Présentateur

– Donc vous les appelez à la cohérence. Annie Gennevard, une dernière question. La DNC, vous venez d'en parler, il n'y a toujours pas de nouveaux cas. C'est stable ?

18:34
Annie Genevard

– Non, c'est stable. Il n'y a plus de cas actifs de DNC dans le pays. – Oui, l'épidémie, l'épizotie est sous contrôle. Même si je veux dire à quel point je mesure que c'est une épreuve, une épreuve terriblement douloureuse.

18:51
Présentateur

– Mais au moment où on se parle, Annie Gennevard, il n'y a pas de nouveaux cas, l'épidémie est sous contrôle.

18:54
Annie Genevard

– Il n'y a pas de nouveaux cas. Et ça, c'est une bonne nouvelle. Le froid nous y aide et surtout la vaccination. Le Premier ministre et moi, nous étions engagés à ce que la vaccination soit la plus rapide possible. Presque 90% en trois semaines. C'est un exploit qui va permettre d'installer l'immunité collective.

19:11
Présentateur

– Merci Annie Gennevard, ministre de l'Agriculture, d'avoir répondu à mes questions. 8h27 sur MMC BFF.