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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 25 juillet 2026 66 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsJusticeÉconomie & entreprisesImmigration & asile

Trump : une taupe au cœur du pouvoir ? - C dans l’air - 26.06.2026

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 99 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    Est-ce le récit d'une fin de règne, le syndrome d'une décadence, le bassin d'une icône mémorielle que D.Trump voulait transformer en piscine bleue?

  • 1:24RelanceRéponse directe

    Pourquoi dit-il cela? Le fait qu'il craigne lui-même des enregistrements, ça veut dire que tout est vrai?

  • 2:08OuverteRéponse directe

    Donc peut-être une taupe. D.Trump la cherche en ce moment?

  • 2:51OuverteRéponse directe

    Est-ce que D.Trump a un terrain paranoïaque?

  • 3:36OuverteRéponse directe

    Mais c'est étrange de voir le vice-président américain lui-même s'interroger sur des enregistrements. On peut imaginer une grande partie de Cluedo en ce moment à la Maison-Blanche?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Mais c'est étrange de voir le vice-président américain lui-même s'interroger sur des enregistrements. On peut imaginer une grande partie de Cluedo en ce moment à la Maison-Blanche? On regarde tous ceux qui étaient autour de la table?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:24J.D.VanceFait
    « Il y a cette histoire qui est sortie dans le "New York Times". La moitié à peu près était fausse, l'autre vraie. Mais il y a des éléments qui font légitimement craindre qu'il y ait eu des enregistrements. »
  • 2:08S.DridiFait
    « Quand j'ai vu cet extrait sur Epstein, dont parle J.D.Vance... Il y a cette réunion dans la Situation Room, où D.Trump n'est pas présent, mais où il y a J.D.Vance et d'autres conseillers. »
  • 2:51A.CasseFait
    « Donc peut-être une taupe. D.Trump la cherche en ce moment? »
  • 3:36P.GélieFait
    « Je ne suis pas clinicien... Il a un gros ego. Il est complètement narcissique. »
  • 4:18P.GélieFait
    « Ils font un travail de journalistes très factuel, très vérifié, très précis et circonstancié. Ce n'est pas un livre sur ce que pensait D.Trump à ce moment-là, un jeu de suppositions... »
  • 5:00A.BauerFait
    « Il n'y a pas d'enquête, ils ont tous parlé! Et ils le savent. »
  • 5:44A.BauerFait
    « Dans l'interview organisée par S.Wiles dans "Vanity Fair", elle met en photo tous ceux qui ont parlé et qui sont cités dans le journal, y compris la partie où elle explique qu'il faut traiter D.Trump comme son grand-père ou son père alcoolique. »
  • 6:29A.BauerFait
    « Quand J.D.Vance dit que c'est moitié vrai et moitié faux, c'est 99 % vrai et 1 % où on rajoute les mots qui manquent dans les phrases. »
  • 7:09A.BauerFait
    « J.D.Vance est le seul à avoir dit qu'il y avait des choses à moitié vraies et à moitié fausses. Il parle beaucoup car il est en conflit avec M.Rubio, secrétaire d'Etat et conseiller à la Sécurité nationale, dans une compétition qui devient de plus en plus dure. »
  • 7:51A.BauerFait
    « Le plus intéressant, c'est comment une réunion sur J.Epstein... Que cette réunion se fasse dans la Situation Room, qui est l'endroit où on fait la guerre, parce que c'est une crise énorme, c'est l'élément le plus impressionnant du livre. »
  • 8:34A.BauerFait
    « Tous les jours, il y a des auditions au Congrès, qui racontent des éléments encore plus invraisemblables mais réels de l'imprégnation du système Epstein autour des équipes politiques, dont l'équipe actuelle au pouvoir. »
  • 9:17P.AllémonièreFait
    « Ce qui est étonnant, c'est que ces 2 journalistes sont inattaquables. Aux Etats-Unis, on s'entoure d'une flopée d'avocats et de juristes, tout est contrôlé et vérifié. »
  • 9:57P.AllémonièreFait
    « On apprend qu'il dirige toute la politique migratoire d'une main de fer, avec fermeté. Il prend à partie tous les gens en leur disant: "Je vous saque dans l'heure si vous n'acceptez pas mes règles." »
  • 10:41P.AllémonièreFait
    « Il y a Miller, mais aussi S.Witkoff, avec la Russie. C'est une autre forme de directoire, ce royaume construit autour de Trump qui s'appuie sur des hommes pivots, tout comme dans les grandes cours. »
  • 11:25S.DridiFait
    « Je ne suis pas sûre, de la part de la petite-fille, que ce soit une réponse au livre. Mais elle est très présente sur les réseaux sociaux. »
  • 12:08S.DridiFait
    « La 1re administration était moins tenue, beaucoup de gens se tiraient dans les pattes. A la fin, on savait tous qui faisait ces fuites. Dans cette nouvelle administration, il y a beaucoup moins de fuites. »
  • 12:49A.BauerFait
    « Elle est malade. »
  • 13:18S.DridiFait
    « Une collègue du "Daily Mail" mentionne qu'elle en aurait aussi assez du fonctionnement de certaines choses qui se passent à la Maison-Blanche. »
  • 13:56A.CasseFait
    « C'est un livre qui n'en finit pas d'enflammer les médias américains. »
  • 14:39Chiffre
    « 500 pages, 14 mois d'enquête, plus de 1000 entretiens, dont 1 avec le président lui-même. »
  • 15:23Fait
    « Pendant l'été 2025, certains des plus proches conseillers de Trump, au plus haut niveau du gouvernement, se sont réunis dans la Situation Room... »
  • 16:06Fait
    « Trump avait l'habitude de dire à son personnel que Natalie était la seule personne qu'il aimait autant que sa femme et ses enfants, ajoutant: "Vous finirez tous par partir pour gagner de l'argent, mais elle ne me quittera jamais." »
  • 16:50J.D.VanceFait
    « Si le Watergate se produisait demain, ça ferait les gros titres pendant seulement une douzaine d'heures. L'idée qu'un tel scandale puisse faire tomber une présidence paraît aujourd'hui improbable. »
  • 17:34Chiffre
    « D.Trump et ses caprices monumentaux... A Washington, un arc de triomphe, donc, une salle de bal et un grand bassin bleu. 16 millions de dollars de travaux plus tard, les algues ont tout envahi et la peinture s'écaille. »
  • 18:15P.GélieFait
    « Il s'en soucie d'une manière très particulière. En fait, j'ai découvert grâce à D.Trump que les gens qui ont un énorme ego n'ont pas d'amour-propre. »
  • 18:59P.GélieFait
    « Trump gouverne l'Amérique comme il gouvernait son groupe immobilier. »
  • 19:42A.CasseFait
    « La piscine en question... Ca résume tout ce qui ne va pas dans la présidence Trump. Il croit être plus malin que tout le monde. »
  • 20:26S.DridiFait
    « Ca raconte en tout cas un D.Trump de plus en plus isolé. Il dit de plus en plus aux gens qui l'entourent, quand ils ne sont pas d'accord: "C'est moi le président, pas vous." »
  • 21:10A.CasseFait
    « Malgré tous les autres dossiers qu'il doit gérer, évidemment l'Iran, mais aussi une inflation record, le prix de l'essence... »
  • 21:54A.BauerFait
    « Natalie Harp, elle a ce rôle feel good. C'est un rôle très important. Elle ne lui dit que des trucs sympas. Elle lui remonte le moral. »
  • 22:36A.BauerFait
    « Ca ne date pas d'aujourd'hui, l'environnement de D.Trump. »
  • 23:20A.BauerFait
    « Il a appelé l'une des deux journalistes. Il dit: "Je gagne toujours et vous ne parlez que de mes échecs. Le moment est venu que vous disiez la vérité." »
  • 24:00A.BauerFait
    « Il a gagné 2 fois la présidentielle, il est revenu du fond du trou, il a gagné dans un raz-de-marée, il n'a jamais eu autant de votes populaires et de votes de grands électeurs, et ils le prennent pour un âne bâté... »
  • 24:42A.CasseFait
    « Il y a l'envie de régler ses comptes, mais aussi le sentiment de surpuissance nourri notamment par N.Harp, qui lui dit tous les jours qu'il est formidable, et par tous ceux autour de lui qui lui vouent un culte. »
  • 26:00P.AllémonièreFait
    « Il voudrait faire passer une loi qui demanderait aux Américains d'avoir une pièce d'identité pour les élections. »
  • 26:41P.AllémonièreFait
    « Il essaie de passer par la fenêtre. »
  • 27:24S.DridiFait
    « Je constate qu'il y a de plus en plus de fuites. Au début de la présidence, c'était souvent les mêmes scoops, mais là, S.Wiles dit qu'elle a l'intention de partir en fin d'année, qu'elle est de plus en plus lassée par ce qui se passe à la Maison-Blanche. »
  • 28:05S.DridiFait
    « La Maison-Blanche est quand même encore assez bien tenue. M.Rubio n'a aucun intérêt à parler pour l'instant. »
  • 28:46S.DridiFait
    « La personne qui s'est confiée aux journalistes du "Daily Mail", on sent qu'au sein de l'administration Trump, dans les autres départements, les langues se délient un peu plus. »
  • 29:16P.GélieFait
    « J.D.Vance a évoqué le Watergate, on n'est pas du tout sur le Watergate. La Maison-Blanche ne va pas tomber sur ce livre. »
  • 30:00P.GélieFait
    « La crise n'est pas tellement au niveau de la gestion de la Maison-Blanche. Ca a toujours été chaotique, avec D.Trump, et c'est toujours fondé sur des relations personnelles avec lui. »
  • 30:44P.GélieFait
    « Le 2e ressort de son succès jusqu'ici, c'était qu'il faisait peur. Il fait de moins en moins peur, à la fois aux Iraniens, aux républicains... »
  • 31:22P.GélieFait
    « Le nouveau slogan des républicains, c'est: "YOLO, on n'a qu'une vie." »
  • 32:05P.AllémonièreFait
    « Peut-être d'une fracture. Je crois que quelque chose se délite quand même de l'intérieur. »
  • 32:48P.AllémonièreFait
    « La base MAGA est fracturée. Il y a des républicains qui ont été mis de côté et attaqués par D.Trump, qui n'a soutenu que ceux qu'il voulait dans les primaires républicaines... »
  • 33:31S.DridiChiffre
    « En parlant des républicains et des primaires, sur les 10 candidats soutenus par D.Trump, 8 ont quand même gagné. »
  • 34:13A.BauerFait
    « Pour les élections, il n'a perdu qu'une seule fois. Tous ceux qu'il a soutenus... »
  • 34:57A.BauerFait
    « "Ce n'est pas moi. J'ai toujours raison, je n'ai jamais tort. Quoi qu'il arrive, c'est la faute de quelqu'un d'autre." »
  • 35:41A.BauerFait
    « Ne t'excuse jamais. Tu as toujours raison. Il faut saturer par les mots et les images, et avoir un réseau puissant pour répéter, répéter, ce qui permet de créer une réalité alternative. »
  • 36:23P.AllémonièreFait
    « Il reste quand même très soutenu par son parti, malgré les défections. T.Carlson, un grand commentateur conservateur, très connu aux Etats-Unis et dans le monde, a quand même décidé de quitter le Parti républicain. »
  • 37:08S.DridiChiffre
    « 15 millions dépensés, c'est énorme. Pour l'opposition, c'est le symbole de la corruption. »
  • 37:44S.DridiFait
    « Les Américains aimeraient surtout que leur quotidien s'améliore. »
  • 38:28A.CasseFait
    « Les journalistes du "New York Times" racontent comment la Maison-Blanche a tenté d'étouffer l'affaire Epstein. »
  • 39:12A.BauerFait
    « Le "Washington Post", c'était le grand journal économique, qui ne faisait pas dans le scandale politique. »
  • 40:39Fait
    « Etre irréprochable, dans un contexte où les journalistes américains sont pris pour cible par le président des Etats-Unis, mis en cause dans l'affaire Epstein. »
  • 41:18A.CasseFait
    « D.Trump qui n'hésite pas à attaquer en justice les médias. Il a porté plainte pour diffamation contre le "Wall Street Journal" après la publication d'un article lui attribuant la rédaction d'une lettre obscène à J.Epstein. »
  • 42:01Chiffre
    « Le 13 avril, le président américain a été débouté de sa plainte contre le "Wall Street Journal". D.Trump réclamait 10 milliards de dollars au quotidien. »
  • 42:40A.BauerFait
    « R.Murdoch... C'est une relation très complexe. »
  • 43:24A.BauerFait
    « Trump a fait une campagne en disant: "Je vais tout révéler sur l'affaire Epstein. C'est que des démocrates pourris dans les sous-sols d'une pizzeria." »
  • 44:51A.CasseFait
    « La justice française a mis beaucoup de temps avant de réagir. »
  • 45:33P.GélieFait
    « S'il y avait ce que les Américains appellent une incrimination manifeste et indubitable, on le saurait déjà. »
  • 47:35S.DridiFait
    « D.Trump, un des rares moments où on le sent vraiment en colère, c'est quand il y a des questions sur l'affaire Epstein. »
  • 48:11A.CasseFait
    « Pas tous. Il y en a encore qui l'ont traité de pédophile... »
  • 48:56A.CasseFait
    « Une enquête du "New York Times" nous révèle les heures qui ont précédé la mort de J.Epstein. Il écrivait des lettres au procureur pour faire tomber D.Trump. »
  • 49:38A.BauerFait
    « A qui écrivait-il véritablement? Le long papier explique que ce n'est pas simple. »
  • 50:22A.CasseFait
    « Il y a même un 3e suicide, celui de la victime... »
  • 51:06A.BauerFait
    « Elle a libéré la parole. Elle a tenu jusqu'au bout. Elle a publié un livre, qui doit paraître bientôt en français. »
  • 51:50P.AllémonièreFait
    « Les articles continuent à sortir dans une certaine presse. Et c'est tellement à l'encontre de D.Trump... »
  • 52:35P.AllémonièreFait
    « Elle ponctue son gouvernement. Ca ressort régulièrement, et il ne peut pas passer à autre chose. »
  • 53:17A.CasseFait
    « En face, quel rival côté démocrate? D.Trump semble avoir choisi son meilleur ennemi en la personne de Z.Mamdani, qui vient de faire gagner ses poulains aux primaires du Parti démocrate. »
  • 54:00Fait
    « Ouvertement propalestiniens, ils remettent en question le soutien historique des Etats-Unis à Israël. »
  • 54:39Fait
    « Un virage à gauche, de quoi irriter D.Trump. »
  • 55:21Fait
    « Et si les vrais opposants à Z.Mamdani se trouvaient au sein de son propre camp? »
  • 56:45A.CasseFait
    « Pourquoi D.Trump fait-il des compliments au maire de New York, alors qu'on a l'impression que tout les oppose? »
  • 57:29S.DridiFait
    « C'est un gagnant... Il a réussi à utiliser les réseaux sociaux pour faire campagne. Il est impressionné par ce personnage. »
  • 57:59S.DridiFait
    « Il trouve qu'ils sont beaux, charismatiques. En même temps, il est horripilé par lui parce qu'il sent qu'il a la mainmise sur New York, sa ville. »
  • 58:43P.GélieFait
    « Il passe pour être d'extrême gauche, aux Etats-Unis. Même s'il ne prône pas la révolution... Il serait quelque part entre le PS et Mélenchon. »
  • 59:26P.GélieFait
    « Un phénomène similaire se produit côté démocrate. Ca veut dire que c'est probablement en réaction aux politiques menées par D.Trump. »
  • 1:00:10P.GélieFait
    « Beaucoup d'électeurs de Trump avaient voté pour Obama. C'est courant. »
  • 1:00:51A.CasseFait
    « Alors ce serait qui? On parle parfois du gouverneur de Californie. Ca pourrait être G.Newsom? »
  • 1:01:30A.BauerFait
    « Je ne pense pas qu'ils trahissent, contrairement à ce... On a essayé de faire passer... Il n'y a pas de taupe. »
  • 1:02:06S.DridiFait
    « Ce que l'on sait, c'est qu'il a dit que c'était un gros problème pendant cette réunion à la Situation Room. Il était plutôt pour la transparence. »
  • 1:03:25P.AllémonièreFait
    « Il voudrait faire passer une loi qui demanderait aux Américains d'avoir une pièce d'identité pour les élections. »
  • 1:04:01P.AllémonièreFait
    « Il essaie de passer par la fenêtre. »
  • 1:04:41S.DridiFait
    « Je ne suis pas sûre que Mamdani ait une ambition politique plus que la Mairie de New York. »
  • 1:05:19S.DridiFait
    « Je ne pense pas qu'il ait envie... »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Des couleurs éclatantes ... - A.Casse: Bonsoir. Bienvenue. Est-ce le récit d'une fin de règne, le syndrome d'une décadence, le bassin d'une icône mémorielle que D.Trump voulait transformer en piscine bleue? L'homme le plus puissant du monde est-il en train de perdre pied? C'est la thèse des journalistes du "New York Times". "Regime Change" a été vendu à plus de 150 000 exemplaires en une seule journée. Il révèle les secrets de D.Trump. Qui a parlé? Y a-t-il un traître à la Maison-Blanche? L'affaire Epstein continue à hanter le pouvoir. On en parle ce soir avec A.Bauer, professeur émérite au Conservatoire national des arts et métiers, auteur de "La Vérité du système Epstein". S.Dridi, ça fait plaisir de vous voir en face. Vous êtes journaliste spécialiste des Etats-Unis, correspondante à Washington pour LCI et France 24.

1:24

P.Allémonière, vous êtes grand reporter, ancienne correspondante permanente à Jérusalem. P.Gélie, vous êtes directeur adjoint de la rédaction au "Figaro". Qu'il est étrange de voir et d'entendre le vice-président américain J.D.Vance faire lui-même la promo du livre qui fait paniquer la Maison-Blanche! - J.D.Vance: Il y a cette histoire qui est sortie dans le "New York Times". La moitié à peu près était fausse, l'autre vraie. Mais il y a des éléments qui font légitimement craindre qu'il y ait eu des enregistrements. - A.Casse: Pourquoi dit-il cela? Le fait qu'il craigne lui-même des enregistrements, ça veut dire

2:08

que tout est vrai? - S.Dridi: Oui... Quand j'ai vu cet extrait sur Epstein, dont parle J.D.Vance... Il y a cette réunion dans la Situation Room, où D.Trump n'est pas présent, mais où il y a J.D.Vance et d'autres conseillers. En lisant cette partie, je crois que J.D.Vance dit à un moment que c'est catastrophique... Les mots et les détails sont très précis. La façon dont l'un des anciens avocats de D.Trump, qui est dans la scène ensuite, interjette, pour dire à quel point c'est grave... Il dit qu'il va falloir contrer, il lance des questions... C'est vraiment très précis. On se dit qu'il est très possible qu'il y ait un enregistrement.

2:51

- A.Casse: Donc peut-être une taupe. D.Trump la cherche en ce moment? - S.Dridi: Lui et d'autres. Depuis l'arrivée, le retour de D.Trump à la Maison-Blanche, il y a un esprit de revanche. Les auteurs du livre expliquent qu'il a surtout voulu se représenter pour éviter d'aller en prison. Il arrivait avec cet esprit de revanche. On sent un certain stress et une colère à la Maison-Blanche. - A.Casse: Est-ce que D.Trump a un terrain paranoïaque? - P.Gélie: Je ne suis pas clinicien... Il a un gros ego. Il est complètement narcissique. Il a une relation très complexe avec les médias. Il aime bien aussi qu'on parle de lui. Je ne sais pas s'il y a une seule taupe,

3:36

en l'occurrence. Je pense que M.Haberman et J.Swan ont toutes les sources qu'on peut avoir. Il y a beaucoup de gens frustrés, au jour le jour. C'est sur une période très longue. Ils ont mis 2 ans et demi à faire ce livre. Ils ont eu plein d'éléments, même plus d'ailleurs, car ils ont commencé sur la campagne et il n'y a presque rien dessus dans le livre. Ils avaient beaucoup d'informations qu'ils n'ont pas utilisées dans le livre. Ils disent dans une interview au "New York Magazine"

4:18

que ça les a presque tués, qu'ils étaient épuisés de faire ce livre. Il faut suivre au jour le jour les foucades, les changements de pied du président... Je pense qu'ils ont toutes les sources possibles, en réalité. Il y a plein de gens à la Maison-Blanche qui sont frustrés par des situations où on leur a donné tort, et qui se confient à M.Haberman car elle suit Trump depuis toujours, depuis même avant sa 1re candidature. Elle travaillait dans les tabloïds new-yorkais. Elle le connaît depuis qu'il est promoteur immobilier. - A.Casse: Elle connaît Trump avant Trump, c'est ce que vous dites? - P.Gélie: Avec une nuance: elle ne cherche pas à nous dire ce qui se passe dans sa tête.

5:00

Ils font un travail de journalistes très factuel, très vérifié, très précis et circonstancié. Ce n'est pas un livre sur ce que pensait D.Trump à ce moment-là, un jeu de suppositions... - A.Casse: Mais c'est étrange de voir le vice-président américain lui-même s'interroger sur des enregistrements. On peut imaginer une grande partie de Cluedo en ce moment à la Maison-Blanche? On regarde tous ceux qui étaient autour de la table? K.Patel, directeur du FBI, est sur la sellette. P.Bondi, qui a été virée... S.Wiles, qui trouve peut-être que D.Trump va trop loin... Il faut mener ce type d'enquête? - A.Bauer: Il n'y a pas d'enquête, ils ont tous parlé! Et ils le savent.

5:44

Dans l'interview organisée par S.Wiles dans "Vanity Fair", elle met en photo tous ceux qui ont parlé et qui sont cités dans le journal, y compris la partie où elle explique qu'il faut traiter D.Trump comme son grand-père ou son père alcoolique. C'est elle qui le dit... Elle les prend tous en photo car tout le monde se tient. Tout le monde exprime sa frustration du moment. Tout le monde donne un bout d'information. En fait, on est dans le Watergate, dans "Les Hommes du président", où la reconstitution de dialogue se fait par des sources diverses et compatibles avec des variations millimétriques.

6:29

Quand J.D.Vance dit que c'est moitié vrai et moitié faux, c'est 99 % vrai et 1 % où on rajoute les mots qui manquent dans les phrases. Quand il dit qu'il y a peut-être des enregistrements... La seule manière que la Maison-Blanche a réussi à trouver pour dire que le livre... A aucun moment, ils mettent en cause le livre. Il n'y a pas le début du commencement d'une dénégation sur le contenu du livre, rien! Ils essayent de faire le coup des micros du Watergate à l'envers: "Nous avons été espionnés..."

7:09

Mais il n'y a aucune remise en cause. J.D.Vance est le seul à avoir dit qu'il y avait des choses à moitié vraies et à moitié fausses. Il parle beaucoup car il est en conflit avec M.Rubio, secrétaire d'Etat et conseiller à la Sécurité nationale, dans une compétition qui devient de plus en plus dure. Aujourd'hui encore, il y a des fuites sur leur désaccord sur l'Iran, qui montrent à quel point le narratif sur l'Iran devient extraordinairement compliqué.

7:51

Le plus intéressant, c'est comment une réunion sur J.Epstein... Que cette réunion se fasse dans la Situation Room, qui est l'endroit où on fait la guerre, parce que c'est une crise énorme, c'est l'élément le plus impressionnant du livre. Il y a plein d'anecdotes sur l'alcool, beaucoup de sujets... Mais ça, ça montre l'ampleur de la crise que D.Trump a lui-même créée en se récupérant comme un boomerang le cas Epstein contre les démocrates, par l'alliance inattendue des plus enragés des élus MAGA du Congrès avec les démocrates. Tous les jours, il y a des auditions au Congrès, qui racontent des éléments encore plus invraisemblables mais réels de l'imprégnation du système Epstein autour des équipes politiques, dont l'équipe actuelle au pouvoir. - A.Casse: Qu'est-ce qui vous marque le plus dans ces révélations?

9:17

Quand on apprend que D.Trump colle lui-même à la super glue les dorures dans le bureau Ovale, la chambre séparée avec M.Trump? - P.Allémonière: Ce qui est étonnant, c'est que ces 2 journalistes sont inattaquables. Aux Etats-Unis, on s'entoure d'une flopée d'avocats et de juristes, tout est contrôlé et vérifié. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles toutes ces anecdotes... Ce livre est truffé d'anecdotes. On voit comment, à un moment, son fils apprend la mort d'un influenceur qu'on a vu... Il le console pratiquement au téléphone. On apprend des petits détails, mais aussi des détails plus durs. Sur l'affaire Miller, ça m'a intéressé de voir ce personnage qu'on découvre. On pourrait presque dire que c'est l'influenceur idéologique...

9:57

- A.Casse: Vous parlez de S.Miller, peut-être le mage de la Maison-Blanche? - P.Allémonière: Oui, l'idéologue en chef, très avancé et très radical sur les questions d'immigration. On apprend qu'il dirige toute la politique migratoire d'une main de fer, avec fermeté. Il prend à partie tous les gens en leur disant: "Je vous saque dans l'heure si vous n'acceptez pas mes règles." On voit que derrière cette Maison-Blanche, il y a D.Trump qui dirige à l'instinct... On le savait, mais on a les preuves dans ce livre. On a au-dessus de lui des personnages majeurs qui dirigent, dans un relationnel avec Trump. Il y a Miller, mais aussi S.Witkoff,

10:41

avec la Russie. C'est une autre forme de directoire, ce royaume construit autour de Trump qui s'appuie sur des hommes pivots, tout comme dans les grandes cours. - A.Casse: C'est une présidence impériale qui est racontée dans ce livre. Les auteurs disent que cette présidence joue la transparence, mais qu'elle excelle à garder des secrets quand elle le souhaite. Je voulais opposer cette phrase avec la vidéo qu'on a vue ces dernières heures, la petite-fille de D.Trump dans le bureau Ovale. - S.Dridi: Je ne suis pas sûre, de la part de la petite-fille,

11:25

que ce soit une réponse au livre. Mais elle est très présente sur les réseaux sociaux. Je l'ai vue il y a quelques semaines, quand D.Trump faisait encore ses départs depuis la pelouse de la Maison-Blanche. Elle est très présente auprès de lui. C'est une carte intéressante à jouer pour la famille Trump car elle est plutôt populaire, elle a plein de followers. Que cette administration ne soit pas transparente, ça me paraît assez évident. La différence avec cette administration, comparée à la première... Jusqu'à présent, on avait quand même moins de fuites.

12:08

La 1re administration était moins tenue, beaucoup de gens se tiraient dans les pattes. A la fin, on savait tous qui faisait ces fuites. Dans cette nouvelle administration, il y a beaucoup moins de fuites. S.Wiles, que vous avez mentionnée... Des collègues américains m'ont dit qu'elle pensait vraiment faire cette interview pour un livre qui allait sortir après. C'est vrai qu'elle balance plein de choses hyper intéressantes, qui donnaient les 1res coulisses. Ensuite, son personnage est intéressant car on a appris récemment... Elle aurait l'intention de démissionner d'ici la fin de l'année.

12:49

- A.Bauer: Elle est malade. - S.Dridi: Une collègue du "Daily Mail" mentionne qu'elle en aurait aussi assez du fonctionnement de certaines choses qui se passent à la Maison-Blanche. En tout cas, avec ce livre, "Regime Change"... Je ne pense pas que tout le monde balance, cette administration est encore bien tenue, mais il y a des personnages comme S.Wiles ou J.D.Vance qui pourraient être de meilleures sources que d'autres. - A.Casse: Est-ce qu'on assiste aux 1res fissures? - S.Dridi: Je pense que c'est vraiment le début. Il y a de plus en plus de fuites. On entend de plus en plus parler de fuites. - A.Casse: Il y a les révélations dans le livre, et aussi l'attitude

13:56

de D.Trump... D.Trump crie au complot sur le bassin du Lincoln Memorial. - C'est un livre qui n'en finit pas d'enflammer les médias américains. - C'est l'enquête la plus fouillée sur les coulisses de la Maison-Blanche. - Pouvoir, vengeance, vanité, corruption... Ce n'est pas des mots habituels pour décrire le président des Etats-Unis. - Un regard captivant sur les coulisses de son 2d mandat. Quand on parle d'un ouvrage renversant... C'est totalement renversant.

14:39

500 pages, 14 mois d'enquête, plus de 1000 entretiens, dont 1 avec le président lui-même. Sur les plateaux télé, les 2 journalistes du "New York Times" racontent un président qui se sent tout-puissant. - Trump nous a montré un document où il est comparé à Mao, Staline, Hitler, Alexandre le Grand, J.César, G.Khan, Attila le Hun, Guillaume le Conquérant... Vous savez, tous ces grands démocrates libéraux de l'histoire! Trump veut nous dire qu'il dispose d'un pouvoir sans pareil.

15:23

- D.Trump et ses penchants autoritaires... Le président est notamment fragilisé par l'affaire Epstein. Quand il refuse que les dossiers soient publiés, son administration panique. - Pendant l'été 2025, certains des plus proches conseillers de Trump, au plus haut niveau du gouvernement, se sont réunis dans la Situation Room... - Qui est normalement utilisée pour la sécurité nationale, ou pour répondre à des catastrophes... Cette réunion portait sur la façon de gérer les retombées politiques autour de la Maison-Blanche. - Un président tenu à l'écart. L'enquête le décrit comme isolé, au point de n'avoir confiance qu'en quelques personnes, surtout des hommes, et une femme: Nathalie Harp, son assistante.

16:06

- De nouveaux détails émergent sur sa collaboratrice. Trump avait l'habitude de dire à son personnel que Natalie était la seule personne qu'il aimait autant que sa femme et ses enfants, ajoutant: "Vous finirez tous par partir pour gagner de l'argent, mais elle ne me quittera jamais." - Des dialogues rapportés mot à mot. Alors, y a-t-il une taupe à la Maison-Blanche? C'est en tout cas le sentiment du vice-président, qui cherche à minimiser la tempête. - J.D.Vance: Si le Watergate se produisait demain, ça ferait les gros titres pendant seulement une douzaine d'heures. L'idée qu'un tel scandale puisse faire tomber une présidence paraît aujourd'hui improbable.

16:50

Quand on regarde la manière dont l'Etat profond a fait tomber R.Nixon, ce n'est finalement pas si différent que ce que les mêmes groupes de personnes et les mêmes institutions ont essayé de faire à D.Trump et sa 1re administration. Il y a un parallèle. - En sursis ou pas, D.Trump prépare en tout cas sa postérité avec une obsession: construire des monuments à sa gloire, notamment avec un gigantesque arc de triomphe. - Nous racontons dans le livre une scène où il appelle le président français E.Macron pour lui poser des questions sur l'Arc de Triomphe. "Parlez-moi de votre Arc, Emmanuel. Est-ce que des gens sautent d'en haut?" Il veut laisser son empreinte physique sur l'Amérique, mais aussi sur le monde entier.

17:34

- Une empreinte sur le monde, mais en or, s'il vous plaît! La propre petite-fille du président s'en amuse. - Il a décidé de mettre plein de dorures dans le bureau Ovale. Il adore l'or, alors il en a mis partout. - D.Trump et ses caprices monumentaux... A Washington, un arc de triomphe, donc, une salle de bal et un grand bassin bleu. 16 millions de dollars de travaux plus tard, les algues ont tout envahi et la peinture s'écaille. - Notre argent est gaspillé par les projets mégalos du président. En plus, c'est même pas du bon boulot! - Et quand Trump cherche à rebaptiser le Kennedy Center à son nom, c'est refusé par la justice. Etonnamment, depuis quelques jours, une immense bâche recouvre le nom de son illustre prédécesseur.

18:15

- A.Casse: Question. - P.Gélie: Il s'en soucie d'une manière très particulière. En fait, j'ai découvert grâce à D.Trump que les gens qui ont un énorme ego n'ont pas d'amour-propre. Ca semble paradoxal, mais en réalité, ça veut dire qu'il est prêt à faire n'importe quoi pour être là où il veut être, sur la photo de la postérité, tel qu'il est en train de bâtir sa légende. Il se moque de ce qu'on dit au jour le jour, des moyens qu'il utilise pour y arriver.

18:59

Il y a cette espèce de comportement psychologique assez spécial, un peu comme les gens qui jouent des coudes pour être sur la photo quoi qu'il arrive. Mais eux auront la photo avec le président sur la commode dans leur salon et c'est ce qui compte. Trump gouverne l'Amérique comme il gouvernait son groupe immobilier. Chaque personne qui a une responsabilité vis-à-vis de lui, l'Iran, la Russie... La piscine en question... Ca résume tout ce qui ne va pas dans la présidence Trump. Il croit être plus malin que tout le monde. Il désigne sans appel d'offres son "piscinier". Il dépasse le budget pour un résultat désastreux. - A.Casse: Tout cela mis bout à bout, est-ce que ça raconte une fin de règne? - S.Dridi: Ca raconte en tout cas un D.Trump de plus en plus isolé. Il dit de plus en plus aux gens qui l'entourent, quand ils ne sont pas d'accord: "C'est moi le président, pas vous." Il a de plus en plus la folie des grandeurs. Il est obsédé par ce qu'il va laisser.

20:26

Son passé d'agent immobilier se voit de plus en plus. Il est obsédé par ses projets. Vous avez mentionné le bassin, l'arc de triomphe, l'arche qu'il a érigée à la Maison-Blanche... Et il y a quelques semaines, on l'a vu rentrer de son golf à la Maison-Blanche. On attendait tous de prendre la photo et la vidéo. C'était en pleine guerre avec l'Iran. Il s'arrête et il regarde une colonne, pendant quelques minutes. Il envoie un photographe prendre la photo. J'ai vu il y a quelques jours qu'il avait fait repeindre cette colonne. C'est un détail, mais c'est ce qui l'obsède en ce moment.

21:10

Malgré tous les autres dossiers qu'il doit gérer, évidemment l'Iran, mais aussi une inflation record, le prix de l'essence... Un sénateur démocrate disait il y a quelques jours que les Américains croulent sous les factures et que lui s'intéresse à ce bassin qui croule sous les algues... Il avait fait une déclaration de ce type. D.Trump Apparaît de plus en plus déconnecté de ce qui préoccupe vraiment les Américains au jour le jour. - A.Casse: Comme s'il perdait pied. Parmi les histoires du livre, il y a celle de son assistante, qu'on avait surnommée un certain temps "l'imprimante humaine". Elle s'appelle Natalie Harp.

21:54

Elle a 35 ans. Dans le livre, on dit qu'elle lui écrit des mots d'amour. Qu'est-ce que ça raconte du système Trump? On a l'impression qu'il a de l'emprise sur elle? - A.Bauer: En fait, elle est là pour lui donner des bonnes nouvelles. Il y a une chaîne de télévision aux Etats-Unis qui ne donne que des bonnes nouvelles! Natalie Harp, elle a ce rôle feel good. C'est un rôle très important. Elle ne lui dit que des trucs sympas. Elle lui remonte le moral. Elle lui explique que tout va bien tout le temps. Ce qui explique le côté particulier de son espace.

22:36

Ca ne date pas d'aujourd'hui, l'environnement de D.Trump. Je ne crois pas qu'il y ait une connexion avec une fin de règne. Il n'y a rien de nouveau dans ça. Quand il va faire un discours aux Nations unies, l'essentiel du discours, c'est que l'escalator est en panne et que la qualité du marbre n'est pas terrible. "Si j'avais construit cette maison, d'ailleurs j'aurais dû, mais vous ne m'avez pas pris..." Et tout à coup, au milieu de ce truc, vous avez 2 parties très importantes sur le changement de politique internationale. Vous avez une partie aussi sur le prompteur en panne... En fait, il y a plein de D.Trump dans D.Trump. J'ai essayé d'expliquer dans un ouvrage

23:20

comment il fonctionnait. Je suis assez d'accord avec l'analyse qui a été faite sur l'amour-propre et le super-ego. Mais dans l'interview qu'il donne pendant une heure à ces 2 journalistes, car il leur parle aussi beaucoup, et pas seulement dans l'interview... Il a appelé l'une des deux journalistes. Il dit: "Je gagne toujours et vous ne parlez que de mes échecs. Le moment est venu que vous disiez la vérité." Il y a le retour du "vous ne m'appréciez pas à ma juste valeur". Il a gagné 2 fois la présidentielle, il est revenu

24:00

du fond du trou, il a gagné dans un raz-de-marée, il n'a jamais eu autant de votes populaires et de votes de grands électeurs, et ils le prennent pour un âne bâté... Eh bien non! Il y a un sujet de reconnaissance de: "J'ai gagné 2 fois la présidentielle, donc vous devez prendre en compte la réalité et sortir des illusions, du fait que je suis un usurpateur." Lui, il n'a pas le syndrome de l'imposteur. Il considère que tous les autres le prennent pour un imposteur et que c'est injuste. - P.Allémonière: Il considère aussi avoir gagné 3 présidentielles!

24:42

- A.Casse: Il y a l'envie de régler ses comptes, mais aussi le sentiment de surpuissance nourri notamment par N.Harp, qui lui dit tous les jours qu'il est formidable, et par tous ceux autour de lui qui lui vouent un culte. - P.Allémonière: C'est la cour au niveau impérial et royal. Mais D.Trump, c'est aussi celui qui marche à l'instinct. On le voit dans ses décisions et dans le livre. Il a effectivement cette cour autour de lui, qui aujourd'hui se fracture. Pourquoi J.D.Vance fait cette déclaration, en disant qu'il y a eu des fuites? Quand on reprend ce qui est sorti dans le livre sur l'affaire Epstein, J.D.Vance est celui

25:27

qui veut tout le temps sortir l'information, ne pas la masquer. M.Rubio, c'est surtout présenté comme le président le veut. J.D.Vance a une marque à part. On voit que cette cour n'est pas totalement homogène autour du président. C'est pour ça qu'il y a quand même une fracture. Trump 1, il vidait. Là, il vide, mais ce n'est pas avec la même rapidité. Il garde quand même. Au dernier moment, tous baissent quand même la tête devant le roi. - A.Casse: Le roi ou le canard boiteux? C'est la question qu'on a reçue. On arrive à un moment où la succession va se poser. La taupe pourrait-elle être M.Rubio? - P.Allémonière: On ne sait pas. Je pense que la Maison-Blanche et D.Trump ont quand même les moyens de faire une enquête. On va bien voir. Mais je suis d'accord, tout le monde a envie de parler. Il y avait en plus des gens qui avaient des intérêts à parler. Est-ce que c'est M.Rubio?

26:41

- S.Dridi: Je pense qu'il n'a pas tellement d'intérêts. - P.Allémonière: Ce qu'ils veulent, c'est la suite, accrocher la présidence. Si on savait que c'était eux qui avaient abîmé D.Trump par ces révélations, ce serait fatal. - A.Casse: Dans notre partie de Cluedo, on raye les noms... Qui a intérêt à être la taupe? - A.Bauer: Tous ont intérêt à faire passer le message qui les intéresse. En fait, ceux qui ne sont pas dans le Cluedo sont les plus importants, les assistants, les conseillers... - A.Casse: Il n'y a pas de Colonel Moutarde dans notre histoire? - A.Bauer: Il n'y a que des Colonel Moutarde!

27:24

Mais ils ne sont pas tous dans la bibliothèque. En fait, tout le monde parle à tout le monde dans les couloirs de la Maison-Blanche, autour de la Maison-Blanche, dans les bars à côté de la Maison-Blanche... Tout le monde raconte des histoires impressionnantes. Ce qui nous donne ce choc, c'est que ce livre ne date pas de la semaine dernière. Tous les livres de B.Woodward qui raconte l'ère Bush sont des livres décalés dans le temps, mais qui racontent autant d'informations avec autant de précision.

28:05

Simplement, là, ça arrive relativement vite. Ce livre devait parler de la campagne qui l'a mené au pouvoir, mais ils n'en parlent quasiment pas. Leur projet s'est transformé, par l'ampleur des informations qui arrivaient, de tout le monde. - A.Casse: Vous constatez vous aussi dans les cafés attenants à la Maison-Blanche que les langues se délient? - S.Dridi: Je constate qu'il y a de plus en plus de fuites. Au début de la présidence, c'était souvent les mêmes scoops, mais là, S.Wiles dit qu'elle a l'intention de partir en fin d'année, qu'elle est de plus en plus lassée par ce qui se passe

28:46

à la Maison-Blanche. L'article dit aussi que D.Trump lui-même est de moins en moins fan du style de S.Wiles, qui jusqu'à présent tenait très bien la Maison-Blanche. La personne qui s'est confiée aux journalistes du "Daily Mail", on sent qu'au sein de l'administration Trump, dans les autres départements, les langues se délient un peu plus. Mais la Maison-Blanche est quand même encore assez bien tenue. M.Rubio n'a aucun intérêt à parler pour l'instant. Il y a encore des conseillers qui ne parlent pas. On n'est pas encore au niveau de la 1re Maison-Blanche.

30:00

- A.Casse: Il y a plusieurs voix possibles. On dit que la Maison-Blanche n'est pas tenue, que de plus en plus de monde parle sans prendre en compte les conséquences de ces révélations, ou alors qu'il y a quelqu'un qui en veut à D.Trump. - P.Gélie: J.D.Vance a évoqué le Watergate, on n'est pas du tout sur le Watergate. La Maison-Blanche ne va pas tomber sur ce livre. Il est très intéressant à lire, mais ça va glisser, comme tout le reste. La crise n'est pas tellement au niveau de la gestion de la Maison-Blanche. Ca a toujours été chaotique, avec D.Trump, et c'est toujours fondé sur des relations personnelles avec lui. Il se lasse des gens. Mais la crise est politique. Elle tient au fait que son pouvoir de séduction s'émousse

30:44

à force de faire un peu n'importe quoi, de prendre tout le monde à contre-pied, y compris auprès de sa base MAGA. Elle reste solide, mais par moments, on voit qu'ils sont un peu sans illusions sur D.Trump, ses capacités et ses limites. Le 2e ressort de son succès jusqu'ici, c'était qu'il faisait peur. Il fait de moins en moins peur, à la fois aux Iraniens, aux républicains... Le nouveau slogan des républicains, c'est: "YOLO, on n'a qu'une vie." C'est le nouveau club des gens que Trump a éliminés. Il a soutenu des opposants à ces gens-là... Maintenant, ceux-là n'ont plus aucune limite, ils se lâchent. - A.Casse: Une des images de la semaine, c'est le bassin du Lincoln Memorial, celui du discours de M.Luther King, qui devait devenir bleu éclatant.

32:05

Un chantier de 15 millions de dollars entamé par D.Trump, censé être terminé. Voici comment, petit à petit, la couleur s'est dégradée. C'est maintenant un marécage. C'est le miroir de quoi? - P.Allémonière: Peut-être d'une fracture. Je crois que quelque chose se délite quand même de l'intérieur. Ils sont encore tenus, à l'intérieur de la Maison-Blanche, mais il y a quelque chose qui se fracture et qui pourrit, à l'image de ce qui se passe dans le pays. Le bassin, finalement, est à l'image de la base de son électorat. On a un peu l'impression... - A.Casse: C'est des algues, quoi! - P.Allémonière: Il y a des algues dans son électorat. La base MAGA est fracturée. Il y a des républicains qui ont été mis de côté et attaqués par D.Trump, qui n'a soutenu que ceux qu'il voulait

32:48

dans les primaires républicaines... On a l'impression que la maison est mal tenue, à l'image de ce bassin. Et D.Trump ne le supporte pas. - A.Casse: Il ne cherche pas la taupe, il cherche le responsable de cette contamination... - P.Allémonière: En tant que constructeur impérial, il ne peut pas échouer. - P.Gélie: Comme c'est lui qui s'en est occupé en direct, il reste dans le conspirationnisme, en cherchant les vandales. - A.Casse: Une jeune femme a été arrêtée, ainsi qu'un touriste d'un certain âge... - P.Allémonière: Bientôt, ce sont les immigrés! - S.Dridi: L'administration parle de plus en plus d'un changement de régime. C'est quand même très frappant de voir les gardes nationaux qui tournent autour de cette piscine, un peu comme des vautours, prêts à arrêter

33:31

cette pauvre touriste qui avait mis sa main dans l'eau et qui a été longuement questionnée. D'autres ont été arrêtés... Pour moi, c'est l'image d'un régime qui devient de plus en plus autoritaire, avec un président qui a des projets grandioses, qui est obsédé par ça, une police de plus en plus présente, des gardes nationaux partout dans les parcs et les rues de Washington... En parlant des républicains et des primaires, sur les 10 candidats soutenus par D.Trump, 8 ont quand même gagné. Il reste quand même très soutenu par son parti,

34:13

malgré les défections. T.Carlson, un grand commentateur conservateur, très connu aux Etats-Unis et dans le monde, a quand même décidé de quitter le Parti républicain. Donc oui, il y a quelque chose qui se passe, mais les dernières primaires ont montré que D.Trump a une mainmise assez importante. - A.Casse: Comment vous regardez le feuilleton de la piscine? Est-ce que D.Trump est en train de perdre pied? - A.Bauer: Non, c'est une illusion très parisienne. Il n'y a aucun effet sur son électorat.

34:57

Pour les élections, il n'a perdu qu'une seule fois. Tous ceux qu'il a soutenus... - A.Casse: Je reviens à ma piscine. Ce serait un contrat sans appel d'offres, confié à un copain, avec des travaux vertigineux... C'est du Trump classique. - A.Bauer: "Ce n'est pas moi. J'ai toujours raison, je n'ai jamais tort. Quoi qu'il arrive, c'est la faute de quelqu'un d'autre." Rien n'a changé depuis que Trump fait de la politique, depuis 40 ans. C'était les conseils de son mentor: "Ne t'excuse jamais. Tu as toujours raison. Il faut saturer par les mots et les images, et avoir un réseau puissant pour répéter, répéter, ce qui permet de créer une réalité alternative." Il n'y a pas de nouveauté en la matière. Là, ça fait désordre, mais la théorie de quelqu'un qui a versé quelque chose, la théorie du complot, ça marche, mais il n'y a pas d'effets sur l'électorat. L'électorat MAGA continue à tenir le Parti républicain

36:23

et tous les opposants à D.Trump, à une exception près, et ce n'est d'ailleurs pas un opposant qui a été élu mais quelqu'un qui était hors du jeu... Ils ont tous été battus. - P.Allémonière: Je pense au contraire que c'est un symbole. Ca interpelle les gens. Dans le vote, il ne faut pas dire que tous ces candidats ont été réélus, mais simplement: qui vote? En France, quand on avait fait un vote ouvert pour le parti LR... Là, c'était un vote fermé. Ce ne sont que les motivés qui vont voter. - A.Bauer: Ce n'est pas vrai.

37:08

- S.Dridi: Bien sûr que ça choque des gens. 15 millions dépensés, c'est énorme. Pour l'opposition, c'est le symbole de la corruption. D.Trump qui ne fait pas d'appel d'offres, qui choisit son pisciniste de Mar-a-Lago, qui n'a aucune expérience en rénovation de monuments historiques, c'est assez ridicule. On le voyait présenter cette image il y a quelques semaines, pour que ce soit bleu comme le drapeau américain... Bien sûr que ça choque une partie des Américains. L'opposition trouve que c'est un symbole de corruption, que c'est ridicule.

37:44

Les Américains aimeraient surtout que leur quotidien s'améliore. Mais évidemment, pour les soutiens de Trump, ce n'est pas quelque chose sur lequel ils s'arrêtent. - A.Casse: Les journalistes du "New York Times" racontent comment la Maison-Blanche a tenté d'étouffer l'affaire Epstein. Le journal révèle ces derniers jours comment Epstein, les jours précédant sa mort, a essayé de faire tomber D.Trump. Le "Wall Street Journal", exceptionnellement, a ouvert ses portes à une de nos équipes. - C'est un journal emblématique qui fait trembler la Maison-Blanche.

38:28

Ces derniers mois, le "Wall Street Journal" a publié plusieurs scoops sur l'affaire Epstein à partir des documents déclassifiés par l'administration américaine. Exceptionnellement, le quotidien nous a ouvert les portes de sa rédaction à New York. - Voici le coeur du bureau new-yorkais, le siège du "Wall Street Journal". Vous voyez en temps réel les articles les plus lus qui sont publiés sur le Web ou sur notre application. Dès que nous publions un article sur Epstein, notre audience est très élevée. - Ce journaliste pilote le pôle d'investigation de journal sur l'affaire Epstein.

39:12

- C'est un article que nous avons publié et qui expliquait les liens entre Epstein et son rabatteur français, J.-L.Brunel. Avant de mourir, Brunel est allé raconter aux procureurs fédéraux ce que faisait Epstein. Il était prêt à trahir. On a vraiment l'impression que ça ne s'arrête jamais et que chaque jour apporte son lot de surprises. - Le scandale Epstein, une affaire tentaculaire. Plus de 1000 femmes auraient été victimes du pédocriminel américain. Sous pression, la Maison-Blanche a rendu publics 3,5 millions de documents qu'il faut trier et surtout recouper. - J'ai utilisé notre outil d'IA pour extraire toutes les références à J.-L.Brunel dans les fichiers. Cela m'a donné accès à une synthèse. - Ce que nous avons principalement fait,

39:56

c'est entrer chaque document dans l'IA et lui demander de nous dire de quel document il s'agit, qui y figure. Nous pouvons également saisir une requête et l'IA passe alors 5, 10 ou 20 minutes à parcourir tous les documents pour essayer de déterminer s'il existe un lien plus important que nous pouvons établir. - Des fichiers parfois caviardés, où apparaissent des centaines de noms, victimes ou complices du pédocriminel. De quoi alimenter les fantasmes des sphères complotistes. - Nous avons entendu parler de personnes qui entendaient mettre en évidence des liens entre les personnes et Epstein,

40:39

mais de manière qui n'était pas vraiment sérieuse. Nous avons exploré certaines pistes, mais pas nécessairement publié d'article à ce sujet. Il y a beaucoup de cas où les gens essayaient de faire valoir une théorie du complot ou un lien qui n'existe tout simplement pas. Notre métier, c'est de limiter nos publications à ce qui est digne d'intérêt et à ce que nous pouvons vérifier. - Etre irréprochable, dans un contexte où les journalistes américains sont pris pour cible par le président des Etats-Unis, mis en cause dans l'affaire Epstein. - D.Trump: Je n'en reviens pas que vous me posiez encore des questions sur Epstein. Je pense que vous êtes une très mauvaise journaliste. Tais-toi, cochonne!

41:18

- D.Trump qui n'hésite pas à attaquer en justice les médias. Il a porté plainte pour diffamation contre le "Wall Street Journal" après la publication d'un article lui attribuant la rédaction d'une lettre obscène à J.Epstein. - Nous essayons de ne pas nous mettre en position de confrontation. Quand vous attaquez le journaliste au lieu d'aborder les faits, cela signifie en général que les faits ne sont pas en votre faveur. Le rôle que nous jouons est d'autant plus important en période de troubles, comme l'administration agit comme elle le fait actuellement.

42:01

La démocratie fonctionne quand le public sait ce que font ses dirigeants. C'est dans cette optique que nous travaillons. - Le 13 avril, le président américain a été débouté de sa plainte contre le "Wall Street Journal". D.Trump réclamait 10 milliards de dollars au quotidien. - A.Casse: Qu'est-ce qui vous marque dans les coulisses du métier de journaliste d'investigation? - A.Bauer: Le "Washington Post", c'était le grand journal économique, qui ne faisait pas dans le scandale politique. On sent qu'on est dans la schizophrénie la plus absolue de leur relation. R.Murdoch...

42:40

C'est une relation très complexe. - A.Casse: R.Murdoch n'a pas empêché les relations sur l'affaire Epstein alors que Trump l'aurait voulu. - A.Bauer: Trump a fait une campagne en disant: "Je vais tout révéler sur l'affaire Epstein. C'est que des démocrates pourris dans les sous-sols d'une pizzeria." Il est parti tellement loin que tout le monde l'a suivi. Fox News, le "Wall Street Journal"... Tout le monde est parti sur l'affaire Epstein comme une garantie de la corruption des démocrates,

43:24

avec la photo de B.Clinton. Le moment est venu où... Il y a un peu tout le monde, dans l'affaire Epstein. On voit des réseaux de réseaux avec des procureurs qui deviennent ministres de l'administration républicaine... Cette affaire a 30 ans. Elle commence en 96. Elle a été étouffée... C'est une journaliste du "Miami Herald" qui a fait une enquête sur Epstein en 2019. Elle révèle des morceaux de conspiration... "Conspiration" au sens américain. Les gens qui ont créé un réseau criminel ont manipulé

44:08

les complotistes pour faire croire que ça n'existait pas tellement ça devenait dingue. Quand vous voyez les révélations autour de ce dossier... Aujourd'hui, au Nouveau-Mexique, là où sont soi-disant enterrées des victimes... Le "ranch de l'horreur"... Des squelettes ont été exhumés. Il y a des potentiels homicides dans cette affaire et pas seulement des gens... Il y a un énorme cas Epstein. Et nous avons notre petit dossier français. En France, on n'en est qu'au début de l'affaire. - A.Casse: La justice française a mis beaucoup de temps avant de réagir. - A.Bauer: Les dossiers Epstein... Les Anglais ont mis... Il a fallu attendre 2020 pour que la BBC révèle qu'il y a des lupanars à Londres où sont passées des centaines de jeunes filles... - A.Casse: Question. - P.Gélie: S'il y avait ce que les Américains appellent une incrimination manifeste et indubitable, on le saurait déjà. Il y a énormément de choses à trouver

45:33

dans ces milliers de documents. Il y a les relations de camaraderie et de fâcherie entre Trump et Epstein. C'est documenté. On ne sait pas trop quel rôle a joué son épouse là-dedans. S'il y avait quelque chose d'incriminant, je serais étonné qu'on le découvre seulement maintenant. Il y a un mystère dans le fait que l'attitude de D.Trump pousse constamment les médias à lui reposer la question, à tirer un fil qui n'a mené nulle part pour l'instant en ce qui concerne Trump...

46:17

Et son attitude vis-à-vis des "files"... Pendant la campagne, il disait qu'il allait tout publier. A peine élu, il a fait un virage à 180 degrés soi-disant pour protéger les sentiments de gens qui n'auraient rien fait de répréhensible... Pourquoi veut-il tout étouffer alors que son staff, dans cette fameuse réunion, veut publier en aménageant les choses? Son comportement maintient le point d'interrogation au-dessus de cette affaire... - A.Casse: Et le fait que la salle de crise extrême

46:57

a été utilisée pour l'affaire Epstein... - S.Dridi: Je ne sais pas s'ils ont craint qu'il chute, mais la Maison-Blanche a eu très peur. C'est indéniable. Il y a eu cette réunion dans la Situation Room. Il y a un autre moment qui m'a marquée... Au moment où l'un des républicains s'est allié aux démocrates... Il a perdu aux primaires. Il s'est allié aux démocrates pour demander la publication des documents. Ils ont convoqué une élue républicaine dans la Situation Room pour lui mettre la pression. C'était un moment marquant.

47:35

La Maison-Blanche a eu peur. D.Trump, un des rares moments où on le sent vraiment en colère, c'est quand il y a des questions sur l'affaire Epstein. On le sent, quand on est dans le bureau Ovale ou ailleurs. On le sent frustré et en colère. La Maison-Blanche a eu peur. Il y a eu une accusation. Une jeune fille accuse directement D.Trump. C'est un cas qui peut faire poser des questions. De là à ce que ça provoque sa chute... Beaucoup d'Américains sont passés à autre chose.

48:11

- A.Casse: Pas tous. Il y en a encore qui l'ont traité de pédophile... Le fantôme de J.Epstein va rester à la Maison-Blanche. - S.Dridi: Il y a un autre moment marquant. On connaît M.Taylor Greene, qui a fini par partir du Congrès. Elle a fait de la politique surtout pour D.Trump. Ensuite, elle a été désavouée par D.Trump. Elle est dans son bureau au Congrès. Son téléphone était sur haut-parleur. Il dit: "Marjorie, des gens vont tomber." Il voulait la pousser à ne pas se mettre aux côtés des démocrates et des républicains qui ont voté pour la publication des documents Epstein. On entend D.Trump faire pression sur M.Taylor Greene pour ne pas que les documents sortent. - A.Casse: Une enquête du "New York Times" nous révèle les heures qui ont précédé la mort de J.Epstein. Il écrivait des lettres au procureur pour faire tomber D.Trump. Il y a des dizaines de pages, des notes manuscrites. Il a tenté de donner des informations sur D.Trump. J.Epstein a pu être tué, mais ça aurait nécessité

49:38

un dispositif sophistiqué. - A.Bauer: A qui écrivait-il véritablement? Le long papier explique que ce n'est pas simple. Il a vraiment essayé de se suicider une première fois. La 2e fois, c'est controversé. Le cumul d'incidents... Les gardiens qui ne viennent pas, les caméras qui tombent en panne, le médecin légiste... Il y avait plusieurs experts qui disaient des choses différentes. Comme le dit le journal... "C'est possible, mais c'est extraordinairement compliqué d'arriver à gérer, dans ce petit créneau horaire et dans ces conditions, un assassinat." Mais ce n'est pas impossible. Le problème, c'est dans la fin du papier, qui dit que ce n'est pas impossible. Le cumul des événements fait qu'on est incapables... Autant J.-L.Brunel s'est probablement suicidé... Il n'y avait aucun événement précurseur... Autant dans l'affaire Epstein, je suis incapable de donner un avis définitif sur sa mort. - A.Casse: Il y a même un 3e suicide,

51:06

celui de la victime... - A.Bauer: Il n'y a pas de débat. Elle a libéré la parole. Elle a tenu jusqu'au bout. Elle a publié un livre, qui doit paraître bientôt en français. - A.Casse: Il est paru la semaine dernière. - A.Bauer: Il y a une détermination... Un millier de victimes! Quelques-unes sont connues et ont décidé d'assumer avec beaucoup de courage de donner leur nom. Le fantôme de l'affaire Epstein est là et très vivant. - A.Casse: Il va continuer à hanter D.Trump. D'autres révélations vont sortir. Le "New York Times" a sorti 2 articles en 2 semaines. - P.Allémonière: Les articles continuent à sortir

51:50

dans une certaine presse. Et c'est tellement à l'encontre de D.Trump... Il aime quand les affaires se règlent vite. Il s'est emmêlé les pieds. Au début, il a dit qu'il allait tout révéler... Ca l'insupporte, cette affaire. Au-delà de la vérité du suicide ou des moeurs qu'il a pu avoir dans sa 1re phase de vie, qu'on retrouvera forcément un jour... Ce qui l'insupporte, c'est que cette histoire ne s'arrête pas, qu'il n'arrive pas à y mettre un terme.

52:35

Elle ponctue son gouvernement. Ca ressort régulièrement, et il ne peut pas passer à autre chose. D.Trump aime régler les choses. Ca le poursuit. - A.Casse: En face, quel rival côté démocrate? D.Trump semble avoir choisi son meilleur ennemi en la personne de Z.Mamdani, qui vient de faire gagner ses poulains aux primaires du Parti démocrate. - Il avait mené campagne comme un coach fier de ses 3 poulains. Carton plein pour le maire de New York. Mardi dernier, tous ses candidats remportent les primaires démocrates en vue des midterms de novembre. Il confirme son influence. - Illustration de force politique de Z.Mamdani. - Tout le monde parle de Z.Mamdani comme d'un faiseur de rois. - Il a notamment battu 2 élus sortants. - La plus jeune a seulement 32 ans. Des nouveaux visages et, surtout, de nouvelles idées plus radicales.

54:00

- Je vais défendre New York en abolissant l'ICE. - Ouvertement propalestiniens, ils remettent en question le soutien historique des Etats-Unis à Israël. - Les électeurs démocrates ont déclaré qu'ils ne voulaient plus payer pour les guerres de Nétanyahou. - La stratégie Mamdani, une communication agressive et des résultats. Il vient d'obtenir le gel des loyers pour 1 million de logements à New York, lui qui se pose en défenseur des classes populaires. - Ce que représente leur élection, c'est un basculement du rapport de force entre les travailleurs et les puissants.

54:39

- Un virage à gauche, de quoi irriter D.Trump. - D.Trump: Ils basculent vers l'extrême gauche. On parle de social-démocrates, mais c'est des communistes en réalité. - Des attaques récurrentes. D.Trump sait aussi reconnaître l'instinct politique de son rival. Echange d'amabilités lors de leur 1re rencontre. - D.Trump: Je voulais féliciter le maire. Il a mené une campagne incroyable contre beaucoup de personnes intelligentes. Je pense qu'il va faire un travail incroyable.

55:21

Je pense qu'il va en surprendre beaucoup parmi les conservateurs. - Et si les vrais opposants à Z.Mamdani se trouvaient au sein de son propre camp? Avec ses positions extrêmes, il bouscule les piliers du Parti démocrate. - On n'était pas du tout d'accord sur le choix de ces candidats. Il y aura du travail à faire entre ses équipes et les démocrates au Congrès. - La bataille féroce au sein du camp démocrate se joue en direct à la télévision. - C'est l'heure de gloire de la gauche poubelle. Ses candidats sont scandaleux. Certains veulent abolir l'ICE, les frontières, la police.

56:02

Une d'entre elles a dit "fuck K.Harris". - K.Harris, grande perdante des élections de 2024, semble avoir disparu du paysage politique. Elle n'a pas félicité publiquement les nouveaux candidats démocrates, mais ne renonce pas aux présidentielles 2028. - Allez-vous vous représenter en 2028? - K.Harris: Je pourrais. J'y réfléchis. - Divisés, les démocrates semblent toutefois garder l'avantage pour les midterms en novembre. D'après les derniers sondages, ils pourraient obtenir la majorité des sièges de la Chambre des représentants et du Sénat.

56:45

- A.Casse: Pourquoi D.Trump fait-il des compliments au maire de New York, alors qu'on a l'impression que tout les oppose? - S.Dridi: J'étais à la Maison-Blanche le jour où Z.Mamdani est arrivé au bureau Ovale. On a été surpris de cette séquence. On ne s'attendait pas à autant d'échanges d'amabilités. Un journaliste demande: "Est-ce que vous diriez toujours que D.Trump est un fasciste?" "Tu peux lui dire oui, si tu veux." Ce n'est pas étonnant dans le sens où D.Trump est séduit par Mamdani, comme il est séduit par beaucoup de personnes. Il est impressionné... - A.Casse: Qu'est-ce qu'il aime, chez lui?

57:29

- S.Dridi: C'est un gagnant... Il a réussi à utiliser les réseaux sociaux pour faire campagne. Il est impressionné par ce personnage. Il aime les hommes qui se présentent bien. Il doit le trouver séduisant... - A.Casse: Il dit qu'il est charmant. - S.Dridi: Comme avec le président syrien... Il le dit lui-même. Il trouve qu'ils sont beaux, charismatiques. En même temps, il est horripilé par lui parce qu'il sent qu'il a la mainmise sur New York, sa ville. Je pense qu'il n'y a rien de vraiment personnel. C'est quelqu'un qui l'impressionne, mais c'est aussi quelqu'un qui le défie dans sa propre ville. - A.Casse: Question. - P.Gélie: Il passe pour être d'extrême gauche, aux Etats-Unis. Même s'il ne prône pas la révolution... Il serait quelque part entre le PS et Mélenchon.

58:43

Ce qui est déjà assez à gauche. Selon les critères américains, où le centre de gravité politique est plus à droite qu'en Europe, c'est assez à gauche. C'est un mouvement, pas de balancier... C'est une sorte de reflet de ce qui se passe dans le Parti républicain. Les 2 grands partis sont des grandes tentes où il y a beaucoup de courants. Côté républicain, il y a les MAGA, la droite dure, qui a l'ascendant. Un phénomène similaire se produit côté démocrate. Ca veut dire que c'est probablement en réaction aux politiques menées par D.Trump. C'est aussi par défaut dans la mesure où il n'y a pas de leader démocrate capable de rassembler tous les courants sous cette grande tente. Et de séduire aussi les indépendants. Il y a 3 gros tiers dans la politique américaine. Il y a un tiers républicain, un tiers démocrate et un tiers indépendant.

1:00:10

Beaucoup d'électeurs de Trump avaient voté pour Obama. C'est courant. Les démocrates sont à la recherche de ce leader. - A.Casse: C'est Mamdani? - P.Gélie: Je ne pense pas que ça puisse être lui. Il peut être élu à New York, il peut faire élire ses associés à New York, mais dans l'Ohio, l'Iowa, le Midwest, je pense qu'il n'a aucune chance. - A.Casse: Alors ce serait qui? On parle parfois du gouverneur de Californie. Ca pourrait être G.Newsom? - P.Gélie: Le problème, c'est qu'il est à la fois démocrate et californien. Pour être un démocrate qui a une chance,

1:00:51

il faut venir de l'Ohio, comme Obama. Le problème de G.Newsom, c'est qu'en tant que gouverneur de la Californie, où tout le pouvoir est aux mains des démocrates... Il a signé une loi qui permet aux enfants de 13 ans de changer de sexe sans l'autorisation de leurs parents. Aller faire campagne avec cette casserole dans le Sud américain, dans le Midwest... Il faudrait que l'Amérique soit tellement dans un rejet du trumpisme... - A.Casse: On passe à vos questions. Elles sont nombreuses. Je veux des réponses courtes!

1:01:30

Question. - A.Bauer: Je ne pense pas qu'ils trahissent, contrairement à ce... On a essayé de faire passer... Il n'y a pas de taupe. On n'est pas dans la partie liquidation et règlement de comptes. Ca va venir. - A.Casse: Question. - S.Dridi: Ce que l'on sait, c'est qu'il a dit que c'était un gros problème pendant cette réunion à la Situation Room. Il était plutôt pour la transparence. C'était un calcul risqué, mais je pense que J.D.Vance voyait que ça prenait de plus en plus de place au sein du Parti républicain, que ça risquait d'exploser. Il ne savait peut-être pas tout ce qu'il y avait dans ces dossiers... - A.Casse: Question.

1:02:40

- P.Allémonière: C'est le risque que tout le monde évoque. Il a un autre projet: le "filibuster"... C'est cette incapacité à faire sauter... Comment dire... Au Sénat, la majorité... Pour faire certaines lois, il faut avoir 60 voix. Il voudrait faire passer une loi qui demanderait aux Américains d'avoir une pièce d'identité pour les élections. Les Américains votent sans pièce d'identité. Il y a beaucoup d'électeurs démocrates qui n'ont pas de pièce d'identité, pas de passeport, pas de permis de conduire. Ca favoriserait son électorat. - P.Gélie: Ca ne passera pas. L'élimination du "filibuster"... - A.Bauer: Il peut faire quelque chose de différent... Les votes par correspondance comptent énormément aux Etats-Unis. Ils n'enverraient plus de bulletins de vote aux gens qui ne seraient pas sur les listes...

1:04:01

Il essaie de passer par la fenêtre. - P.Allémonière: Même pour le filibuster, il peut invoquer la loi atomique. On ne va pas rentrer dans ce détail... Il a la possibilité de le faire. Tout le monde craint qu'il ne reconnaisse pas les résultats. Qu'est-ce qu'il va se passer? - P.Gélie: Il ne les reconnaît pas. - A.Casse: Question. - S.Dridi: Je ne suis pas sûre que Mamdani ait une ambition politique plus que la Mairie de New York. Je pense que ce serait une personnalité compliquée à faire accepter à un électorat plus large. Je ne pense pas que ce serait un bon candidat pour les démocrates, même s'il est très soutenu par beaucoup de démocrates progressistes. - A.Casse: Obama pourrait revenir? - S.Dridi: Je ne pense pas. Je ne pense pas qu'il ait envie... - P.Gélie: Mais il est resté dans la tête de Trump. Il a dit qu'il habitait dans la tête de D.Trump, tellement...

1:05:19

- S.Dridi: Il est plutôt inquiet de voir l'évolution du pays... - A.Bauer: Au Dîner des correspondants, il a humilié D.Trump. - A.Casse: Tout de suite, "C à vous". Bonsoir. - M.Bouhafsi: C'est l'homme qui était au coeur de la tempête. Le principal syndicat de magistrats estime que le garde des Sceaux a perdu la confiance des magistrats. G.Darmanin répondra à cette polémique dans un instant. Canicule record. Les soignants craignent le pire.